QUE CREVE L’ORDURE Par Naoufel La notion de liberté est multiple, il existe toutes sortes de libertés , mais même son socle le plus naturel et le plus élémentaire est totalement absent du paysage social tunisien , nous vivons et ce depuis la fin du protectorat une dictature liberticide , cela ne veut pas dire comme veulent nous le faire croire certains abrutis que sous la colonisation française nous vivons une quelconque liberté , nous vivions sous une occupation armée et il faut reconnaître qu’il y’avait de la place pour l’esprit et l’activisme patriotique tunisien de s’exprimer dans les différences des choix culturels et politiques , au jour d’aujourd’hui et depuis 50 ans cet espace est mis sous contrôle totale par une « occupation » policière à tous les niveaux . Les pouvoirs dictatoriaux post colonisation, de tout temps, s’ingénient à nous offrir « la liberté » conditionnelle à leur despotisme radical, mais même cette liberté est toujours parcellaire et n’évite pas la prison et la répudiation pour le profane tunisien qui essaie juste de survivre à son désespoir et, surtout,il devient de plus en plus évident qu’il n’est pas en mesure de remettre en cause l’absolu de ce pouvoir mortifère, de remettre en cause la volonté totalitaire de pouvoir des nouveaux mercenaires et jeunes générations de fils de…. On constate, particulièrement dans cette société de consommation néolibérale et maffieuse du « miracle tunisien », influencée et tenue à bout de bras par un néocolonialisme conquérant, support et arme de la mondialisation marchande et financière, cette dérive sans fin qui ne laisse aucun espoir à la majorité des tunisiens de pouvoir humainement s’en sortir sur tous les plans. Et comble de la misère, on nous ressasse sans cesse que jamais nous n’avons été aussi libres. Mais le fait même que les centres de pouvoirs en Tunisie, quelles que soient leurs formes, se sentent obligés de nous ressasser cela, montre que nous sommes très loin de la liberté effective.
Et si on parlait de la démocratie et de la fraternité en Tunisie?
La liberté pour les tunisiens est-elle un idéal utopique ? Est-elle un rêve inaccessible pour nous autres ? Mais pourtant, me direz-vous, le rêve élève l’âme, Alors ? Alors brisons nos chaînes, les pires celles que nous avons scellées nous mêmes avec notre suffisance et notre lâcheté
Notre monde actuel subit de grands bouleversements, et nous nous tenons sagement à plat ventre à l’écart. Nous pouvons le constater tous les jours aussi bien sur le plan politique, économique, scientifique, technologique mais aussi sur le plan religieux, social, moral, mais notre Tunisie est délétère sous le charme venimeux du cobra, désarticulée amorphe dans sa soumission honteuse
Tous ces bouleversements mondiaux ne vont pas dans le sens du bien et peuvent même nous donner une étrange impression de déclin de la civilisation humaine. On peut ressentir cela et vouloir le traduire par une régression de l'humanité alors que, au contraire elle a beaucoup évoluée. De plus en plus de personnes s'opposent à la guerre, à l'intégrisme, à l'inégalité, au dénuement extrême de certains peuples, au non respect de l'environnement , et nous tunisiens nous demeurons spectateurs de notre propre mort programmée par des lâches et des incompétents
Même si en apparence on est en droit de douter, pour être honnête avec nous même , dans le respect de nos morts et nos enfants qui ne nous ont rien fait , on se doit d’être en proie à l'interrogation que soulève aujourd'hui la nécessité de donner à notre avenir une orientation plus digne , plus évolué et donc aussi plus conforme à l’idéal humain. L'homme sans liberté est incapable d'accéder aux joies auxquelles son âme aspire.car c'est presque une mission de vie qu'il s est 'imposé dans sa quête de l'épanouissement de son être intérieur mais aussi dans sa quête de l’Absolu, sa quête d’être.
Mais sans son courage d’exister libre, le tunisien se condamne dans sa propre réclusion au sein de la civilisation à laquelle il appartient, à la honte et à la perdition
La conviction de ce combat pour notre liberté prend sa source dans notre âme Les grands fléaux de notre pays sont l'égoïsme et l'intolérance. C'est ce qui ravage notre pays et nous empêche d'accéder à la paix, car tant que le tunisien ne se sentira pas concerné par le bonheur de son prochain, il se perdra dans les méandres de la matérialité empêchant toute évolution vers sa libération La démocratie est un acte collectif. La liberté est un acte individuel.