Voici quelques semaines la coupe du monde de football débutait...et les calculs « politico-migratoires » aussi.
Pour un grand nombre de personnes, le mondial est synonyme de joie, de célébrations, d’argent ou peu importe. Pour ma part, outre le fait que cette année les matchs sont d’une qualité plus que moyenne, je me dois de commencer à faire mes petits calculs politiques.
La France, nation de football (enfin c’est ce qu’on nous rabâche à tous les JT, moi ce que j’en dis...), semble fortement lier politique et ballon rond. Lorsqu’il est mention de politique il faut comprendre politique d’immigration et non pas seulement politique.
Nous avons tous encore à l’esprit la déconfiture qu’à subie notre équipe nationale lors de la dernière coupe du monde en Corée-Japon, or il se trouve qu’un an auparavant le front national réalisait une percée historique dans le paysage politique français, une entrée des plus impressionnantes mais aussi et surtout des plus inquiétantes.
Ce mondial, fort mal entamé, me force à me poser des questions. Que va-t-il advenir des prochaines présidentielles, dans un an justement ? Si lorsque la France porte haut la flamme du FN, l’équipe de France se retrouve à rentrer au bercail au premier tour que pourrait-il bien advenir lorsque la France, quatre ans plus tard, réitère le même scénario footballistique. D’aucuns diront que nous ne sommes sûr de rien pour le moment, je répondrais de revisionner les matchs France-Suisse et France-Corée.
Si le même scénario footballistique est donc réitéré, il y a fort à parier que le même schéma politique le sera aussi.
Cela ne peut apparaitre qu’étant plus évident encore parce que cette fois les calendriers sont inversés. Si les « petits étrangers » de l’équipe de France ne prouvent pas qu’ils font bien partie du lot des « bons immigrés », il est quasi certain que nombres d’électeurs vont exprimer leur mécontentement, en votant massivement pour l’extrême-droite. Ainsi la France n’aura plus à subir ces maudits Zidane mais pourra enfin mettre en œuvre sa politique d’immigration choisie.
La France à malheureusement maintes fois prouvé qu’elle ne supportait les « étrangers » que lorsqu’ils marquaient des buts. L’icône Zidane est démodé. A vrai dire il est à remarquer que 4000 voitures brulées ont fait réagir la France infiniment plus que trois buts marqués en phase finale de coupe du monde. Il est fort agréable de sentir que dans son propre pays on ne vous considère que lorsque vous êtes utile, et j’entends par là corvéable exclusivement. Il est fort agréable de sentir que dans son propre pays on s’évertue à ne vous reconnaitre que des devoirs, sans jamais ou presque reconnaitre vos droits. Le droit de vivre simplement, sans devoir prouver que l’on est ceci ou que l’on n’est pas cela.
Ecce homo interger !...
Voici l’homme intègre !...
Michel Berthelot
Quand on sait l’honnêteté, la correction, la droiture, la rigueur, la rectitude, le sens de la retenue, que Zinédine Zidane a montré et démontré tout au long de sa carrière de footballeur... On imagine assez aisément ce que cet "enfoiré de tatoué transalpin" a dû lui susurrer lâchement à maintes reprises, lui signifier en gestes odieux et lui cracher en termes abjectes pour le mettre hors de lui et le faire sortir ainsi de ses gonds lui le modeste, le sobre, le réservé, le timide...
Quelle force de caractère dans l’insupportable, quelle maîtrise de soi dans l’inacceptable... Réagir juste ce qu’il faut pour laver l’outrage sans blesser l’immonde qui l’insultait dans ce qu’il a de plus cher... Alors qu’il lui suffisait de hausser simplement d’un cran le coup de boule en pleine gueule au lieu de la poitrine pour lui éclater la tronche et lui interdire de se moucher pendant plusieurs semaines !...
Je sais, je sais !... D’aucuns que j’entends bien me précisent astucieusement "qu’il aurait dû attendre d’être de retour dans les vestiaires pour lui casser abondamment la gueule parce que sur le terrain c’est indigne d’un grand sportif !... Que sans cette expulsion il pouvait faire gagner l’équipe de France en fin de prolongation ou lors des tirs au but... Et qu’ensuite quel départ avec panache... Quelle retraite glorieuse !..."
Bien sûr et pourquoi pas un panache avec des plumes dans le cul pour ajouter à la beauté du spectacle... Et mettre par-ci, par-là une légère touche de brio, de clinquant et d’allant supplémentaires... La cerise sur le glaviot en quelque sorte !... Après tout, comme l’a si bien dit un précédent empanaché : "Paris vaut bien une messe !"... Donc, logiquement, "Enculé d’arabe, va niquer ta mère", ça tu le mets paisiblement dans la poche de ton short afin d’être pour de bon cet enculé qu’on te demande d’être juste le temps que ton pays soit champion du monde... Tu comprends bien que c’est ça l’important... Tape dans le ballon comme tu le dois, jongle avec la baballe pour le prix qu’on te paie... C’est primordial, le reste... Au vestiaire !... Ta fierté, au vestiaire !... Ta mère, au vestiaire !... Ton honneur, au vestiaire !... Ta vie, au vestiaire !...
Ce qui importe c’est que le ballon tourne rond pour ta patrie... Alors comprends-le et sois cet enculé juste le temps de gagner, cela seul est méritoire et fait bander le citoyen... Meurs de honte et d’humiliation s’il le faut mais surtout que la France gagne... Ça c’est honorable... Et que le spectacle soit à la hauteur de nos investissements en téléviseurs "HD Ready" afin d’amortir le contenant par le contenu... À propos de contenu, Patron, resservez-nous donc avant le coup de sifflet final !...
Tandis que là... C’est Cyrano, c’est d’Artagnan, c’est Ruy Blas, C’est le Cid... Victor Hugo, Molière, Dumas auraient été fiers de ce français-là... Quant à Shakespeare il en aurait aussitôt fait une nouvelle tragédie pour les tréteaux du Globe avant que Ben Jonson ne lui soufflât le sujet... C’est beau... C’est rare... C’est humain comme ça n’ose plus assez l’être de nos jours... C’est même très politiquement incorrect... C’est d’ailleurs pour cela que le président Chirac l’a immédiatement soutenu et réconforté...
Je dois dire que j’ai si peu eu l’occasion depuis douze ans d’être en phase et en harmonie avec notre monarque que je n’ai pas boudé mon plaisir !... En effet, l’hommage dithyrambique à François Mitterrand lors de son décès et le soutien à Zinédine Zidane auront probablement été tout au long de ces douzes interminables années de règne les deux uniques satisfactions que m’aura apporté Jacques Chirac !... C’est donc suffisamment exceptionnel et inattendu pour que je le note ici... Que voulez-vous je suis ainsi fait... Provocateur né, j’adore choquer à la fois le bourgeois et le crypto-communiste... Je suis un vilain petit canard boiteux de l’altermondialisme... Pourtant on me l’a répété plusieurs fois... "Fais pas le con, t’as une bonne place !"... Mais c’est plus fort que moi, faut que je la ramène !...
"On n’ose plus être simplement humain de cette façon de nos jours", disais-je avant que vous ne me forciez à vous confier mes plaisirs honteux, mes turpitudes ignominieuses et mes satisfactions contre nature en la douteuse compagnie de notre monarchie présidentielle...
Moi j’aime l’intégrité de cet homme simple aux jambes intelligentes et aux pieds magiques... Pour lequel l’image médiatique, le ballon rond, l’intérêt financier, la vaine gloriole régressent brusquement au second plan au bénéfice de ce qui lui importe le plus finalement dans sa vie : sa famille et sa qualité d’homme qu’il ne tolère pas qu’on avilisse, qu’on bafoue et qu’on humilie impunément...
Michel Berthelot
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Le football aux footballeurs » - 9 juillet 2006 - par PROPOS RECUEILLIS PAR FAOUZI MAHJOUB Avec les programmes PAF, Goal et « Gagner en Afrique avec l’Afrique », vous avez, depuis votre accession à la présidence de la Fifa, lancé une sorte de plan Marshall à destination des fédérations africaines. Est-ce le meilleur moyen de venir en aide au football du continent ?
Joseph S. Blatter : Ces trois programmes ne sont pas des projets à court terme, mais bien des outils de développement du football inscrits dans la durée. La Fifa assure un suivi permanent des infrastructures réalisées. Elle participe aussi à la formation des cadres qui en ont la gestion. Notre objectif est de donner à l’Afrique tous les moyens de se prendre en charge dignement. La philosophie de nos programmes intègre la notion de durabilité.
À l’occasion de la 38e session ordinaire du comité exécutif du Conseil supérieur du sport en Afrique (CSSA), Yahia Guidoum, le ministre algérien de la Jeunesse et des Sports, qui préside actuellement le CSSA, a dénoncé « la position inique, unilatérale et expéditive de la Fifa à l’endroit de certaines fédérations nationales de certains pays africains, dont l’Algérie ». Le leader libyen Mouammar Kaddafi, considère, lui, la Fifa comme un organe opaque au service des intérêts de quelques-uns et le football comme la source de bien des fléaux comme le racisme, la corruption ou l’esclavage moderne. Les relations ne semblent pas s’améliorer entre vous et un certain nombre de pays africains…
Soulignons d’abord que la Fifa respecte évidemment la souveraineté des États. Mais en autorisant leur fédération à rejoindre notre institution, ces derniers acceptent aussi de limiter le pouvoir dont ils disposent sur leur football. Personne n’est contraint d’adhérer à la Fifa et donc d’en respecter les principes et d’en suivre les décisions. En outre, les compétences ne doivent pas être confondues. Le foot doit être géré par les gens du foot et non par les politiques, qui ont d’autres objectifs. Tout se passe bien du reste dans la majorité des pays. Il n’y en a que peu où les ministres des Sports ne réalisent pas qu’ils ne sont pas « ministres du Football ».
Les fléaux dénoncés par Mouammar Kaddafi ne trouvent pas leur origine dans le football, mais dans nos sociétés. Le racisme n’est pas « dans » le football, mais « autour » du football. J’ajouterais même que le foot est un exemple d’intégration. Ce qui n’empêchera pas la Fifa de poursuivre sa lutte contre cette dérive. Nous avons récemment frappé fort pour bouter le racisme hors des stades et nous allons continuer aussi longtemps qu’il le faudra pour l’éradiquer. Enfin, comment Mouammar Kaddafi peut-il nous accuser d’esclavagisme avec les joueurs africains, alors qu’en organisant la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud nous manifestons notre attachement à ce continent et à son football ?
La Fifa exige plus particulièrement des fédérations nationales démocratie et bonne gouvernance. Ces pratiques sont-elles exportables ?
Depuis trois ans, nous faisons un énorme effort de réorganisation des fédérations sur tous les continents : indépendance, élections, refonte et démocratisation des statuts, élimination des dirigeants malhonnêtes, association des acteurs du foot aux mécanismes de décision, etc. Tout n’est pas parfait, mais les progrès sont notables.
À plus ou moins long terme, envisagez-vous de faire réviser les statuts de la Fifa dans le sens d’une plus grande démocratisation (rotation entre les continents à la tête de l’organisation, limitation des mandats du président et des membres du comité exécutif, parité entre les continents au CE) ?
Depuis sa fondation en 1904, la Fifa s’adapte régulièrement pour épouser les évolutions du football. Ainsi l’Afrique y a-t-elle gagné la place qu’elle mérite. De futurs amendements sont, par conséquent, envisageables. La démocratie au sein de la Fifa, elle, est déjà forte et vivante. L’équation « une fédération égale une voix au congrès » en est la meilleure illustration. Mais je ne suis pas en faveur de la rotation. Je préfère que le candidat en qui le congrès se reconnaît l’emporte, quelle que soit son origine géographique. Je suis également opposé à la limitation des mandats. Pourquoi se priver d’un président compétent à partir du moment où le congrès peut en changer quand il le juge opportun ?
D’un côté, vous menez une lutte sans merci contre le racisme dans le foot. De l’autre, vous êtes en faveur de l’identité locale, régionale ou nationale au sein des clubs et avez critiqué ceux qui disposent d’une ossature à forte dominance étrangère. Vous avez même proposé que soit instaurée la règle du 6 (nationaux) + 5 (étrangers). Pour l’organisateur de spectacles sportifs qu’est la Fifa, le talent ne compte donc pas plus que les passeports ?
Il n’y a aucune contradiction. Dans le football européen, le nombre moyen de joueurs étrangers s’élève à 45 % alors que ce chiffre n’atteint que 8 % à 9 % au sein de la population de l’Union européenne. Le football est donc très en avance sur ce plan. En fait le « 6+5 » vise à rééquilibrer le niveau entre les clubs, les plus riches - ou présumés tels - privilégiant le recrutement des meilleurs joueurs de la planète au détriment de la formation des jeunes, du travail à long terme et finalement de l’incertitude de la compétition.
Pourquoi les chaînes de télévision nationales d’Afrique du Nord n’ont-elles pas eu droit à la gratuité des images du Mondial 2006, comme le reste du continent (sauf en Afrique du Sud) ? Pourquoi la Fifa a-t-elle négocié un contrat avec un opérateur privé propriétaire d’une chaîne à péage ?
La Fifa n’a pas négocié directement