Par Nassim Brahimi
Et maintenant? Bouteflika a été réélu. Il a eu sa majorité. Les Algériens sont allés voter en masse (oui, on fait semblant de croire que 3 personnes sur 4 ont voté !).
Sarkozy est satisfait. Ben Ali aussi. Pour Obama c’est oui mais… Enfin, rien qui mérite une attention particulière.
Tout a été parfait dans le meilleurs des mondes. Et maintenant? A quelle révolution va-t-on assister? Le président réélu l’a clairement exprimé: ça sera la continuité. Encore. Toujours. La continuité comme rempart au changement. Comme thérapie de groupe à un système qui véhicule maladivement sa peur du nouveau et sa phobie de l’avenir.
A en constater le culot offensant de nos responsables, leur mensonge incorporé et l’hystérie populiste de leurs satellites, ce troisième mandat ne sera visiblement qu’une réplique fidèle aux deux précédents.
Encore plus de clans, de clients, de rentiers et de bains de foules (pratique propre aux nations très sous-développées).
Dans quelques jours, on oubliera, tous, le climat qui a caractérisé ces élections, les dépassements signalés, les agitations du FFS et du RCD. Seule la conférence de presse de Zerhouni traversera l’histoire, faisant croire que la majorité des Algériens a voté, et on s’en fout pour qui.
C’est à se demander qu’est-ce que se dit Bouteflika face à un miroir, lui qui sait très bien que le chiffre de
74% est totalement fallacieux. C’est à demander s’il est conscient qu’il ne peut faire un pays seul, ou avec des soutiens subventionnés.
Le drame serait en réalité, qu’une fois la duperie lancée, tout le monde oublie que c’en est une.
N.B.
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Les Etats-Unis se sont déclarés “préoccupés” par les accusations de fraude électorale après la réélection du président algérien Abdelaziz Bouteflika, avec plus de 90% des voix, sans toutefois remettre en cause la légitimité du scrutin.
“Tout d’abord, nous serons heureux de coopérer avec le président Bouteflika alors qu’il entame son troisième mandat”, a déclaré à la presse un porte-parole du département d’Etat, Richard Aker.
“Nous voulons coopérer avec lui au moment où il poursuit ses réformes économiques et politiques et la réconciliation qu’il a entamée lors de ses premiers termes”, a ajouté le porte-parole au cours d’un point de presse.
“Nous avons connaissance de plaintes et du fait que certains partis de l’opposition ont boycotté l’élection et nous coopèrerons avec le gouvernement algérien pour régler ce problème”, a-t-il ajouté.
“Nous sommes préoccupés par ces questions et nous souhaitons que le gouvernement y réponde mais pour l’instant, nous ne voyons aucune raison de ne pas croire que nous allons continuer à coopérer avec le président (Bouteflika) pendant son prochain mandat”, a-t-il conclu.
Source: AFP
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Abou Djerra Soltani a déclaré « Je n’ai aucun regret concernant ma participation aux élections avec le parti du FIS (Front Islamique du Salut) durant les législatives du mois de Juin 1991, avant de me retirer ». M. Soltani répond ainsi à ses détracteurs à l’intérieur du mouvement, qui lui reprochent sa candidature pour le FIS allant même jusqu’à dire « si quelqu’un doit se retirer du parti MSP, eh bien c’est sûrement Soltani qui s’est présenté aux côtés de Ali Belhadj et de Abbassi Madani ».
Abou Djerra Soltani a déclaré qu’il avait présidé une conférence secrète à Oran pour la Ligue de la Prédication Islamique qui était dirigée par feu Ahmed Sahnoune, avant les élections législatives durant le mois de Juin 1991, et toutes les factions avaient convenu que le FIS soit le courant politique à se présenter aux élections législatives avec des listes communes.
Soltani a fait allusion à la rébellion civile qui a été entreprise par la direction du FIS en date du 27 mai 1990, et il avait donné des indices faisant état que la direction de ce part avait violé l’accord sur la conférence secrète d’Oran. Il a expliqué qu’il s’était rendu à Alger où il avait annoncé son retrait définitif du FIS. S’adressant à ses détracteurs, l’orateur a déclaré qu’il est « prêt à comparaître devant la commission de discipline et de comptabilité avec un effet rétroactif, et je présenterai mes justifications et je n’ai aucun regret ».
Soltani a avoué que l’image lors des prochaines présidentielles sera dépourvue « de concurrence » de candidats forts en mesure de concurrencer la candidat du parti Abdelaziz Bouteflika, mais Soltani a donné une toute autre lecture sur le refus de nombreuses directions de se présenter. Il a précisé « Ils ont peur de concurrencer Bouteflika et ils voulaient se présenter aux présidentielles qu’au cas où ils assurent des taux élevés lors de la confrontation ».
Soltani a déclaré que le mouvement propose au Président Abdelaziz Bouteflika un agenda politique associé à la promotion de la réconciliation nationale en Algérie « l’agenda commence par la levée de l’Etat d’urgence, et donne la chance aux leaders du parti FIS dissout d’exercer leurs activités en vertu de la Constitution du pays, à condition d’éviter la violence ».
Source: El Khabar
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En 1999, pour marquer son retour en Algérie, Bouteflika s’est présenté comme l’homme providence dans un pays où le peuple croit encore que le changement peut venir d’un seul homme, et non pas qu’il soit le résultat d’un effort collectif.
Comment serait notre Obama national ?! On se le demande bien?
Durant ses deux premiers mandats, Bouteflika s’est assené la tâche de relever l’Algérie et de la réconcilier avec elle même.
L’ambition d’être l’homme providence est une qualité, mais le pouvoir est enivrant.
Bouteflika est un homme du système, avant toute autre chose. C’est la transcendance de soi qui permet de réaliser des faits marquants. Dans ce domaine, Bouteflika s’est avéré incapable. Tout pareil comme ses homologues arabes.
Par ailleurs, vouloir rester président, juste pour le titre, est l’autre ambition cachée du président, certainement celle qui le motivait le plus, mais qu’il n’osait pas avouer publiquement. Alors on maquille la réalité par des grands discours, pour mieux la travestir.
Bouteflika vieillit mal; plutôt que de cultiver la sagesse, il cultive le culte de sa personnalité.
Décider de rester au pouvoir à 72 ans, c’est une pratique que l’on rencontre que dans les pays réfractaires à la démocratie dans les urnes !
La parenthèse de 1988, avec tous les espoirs qu’elle a suscité, va vraisemblablement laisser place à un retour à la case du « faux départ » du début: le changement dans la continuité, à savoir la pratique d’un pouvoir sans partage, comme au temps du parti unique.
Pour revenir à notre notre président fraîchement réélu, il faut savoir que tout homme politique qui se respecte, dressera un jour ou l’autre le bilan de son parcours. Il osera enfin se livrer à une autocritique pour savoir quel homme il était.
Le jour où Bouteflika fera le bilan, et tirera les conclusions qui s’imposent, sans faux semblant; alors ce jour là , son dernier plébiscite, avec 90 % des voix, lui causera un véritable cas de conscience. Ce n’est pas le score d’un démocrate, loin s’en faut, mais plutôt d’un Ben Ali, le président tunisien.
Bouteflika, comme le peuple algérien au lendemain du scrutin, aura du mal à avaler ses propres couleuvres, tellement elles sont énormes.
Ou bien, et c’est une autre hypothèse tout à fait plausible, Bouteflika aurait déjà tiré son bilan, qui se résumerait à cette conclusion : “après moi, le déluge”…
Fayçal Anseur