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Gaza : Une des dernières fresques du Sionisme.....


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Gaza : Une des dernières fresques du Sionisme

Que c’est beau de tuer, que c’est juste de mourir ![1]

(Ce qui suit est une traduction presque intégrale de l’article paru sur un site web[2]).

La colère de Dieu n’est pas seulement juste, mais elle est surtout belle. Sa beauté même dénote sa justice suprême. Dès lors comment ne pas succomber devant cet extraordinaire tableau d’El Bosco[3], peint par l’aviation militaire sioniste dans toutes les dimensions de l’espace céleste et terrestre, du monde, de Gaza ? Est-ce que toutes ces maisons détruites et ces corps calcinés font réellement partie de cette admirable fresque faite par ces feux divins et ces apothéoses de lumières éblouissantes ? Tous ceux qui ne meurent pas, ceux qui résistent, ceux qui maudissent entre les ruines, ne sont-ils pas coupables et ne réclament-ils pas, à travers leur survivance même, un autre jaillissement de souffre, de phosphore et de feu ?

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Les plus anciens des atavismes religieux se servent des moyens de destruction les plus sophistiqués. Au-delà ou en de ça des manipulations, des mensonges on ne peut que s’incliner devant la brutalité sioniste non seulement parce qu’elle est d’une violence abyssale, mais parce qu’elle fuse directement du ciel. Nous nous inclinons fascinés par leurs forces brutales, mais jamais pour leur « cause ». Et c’est précisément pour son caractère incontestablement vertical que cette force soit dotée d’une légitimité hors de portée de la raison, elle est au-dessus de toute raison: effectivement parce qu’elle est en même temps, théologique et esthétique et coulée dans le même moule. Dans le passé seul Dieu avait l’exclusivité de faire disparaître des villes entières. Aujourd’hui les sionistes peuvent le faire aussi et même beaucoup plus que ça.[4]

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De là-haut, du ciel, n’arrivent que les bénédictions miraculeuses ou les châtiments mérités. La supériorité technologique sioniste et leur suprême mépris pour la vie humaine  enclenchent cette légitimité théologique que les responsables sionistes exploitent à conscience et sciemment à tel point que la propre caractéristique techno-théologique biblique des bombardements aériens, devient l’unique source de légitimité, ce qui les oblige à le répéter à chaque fois à une échelle encore beaucoup plus élevée.   

C’est tellement gracieux, tellement agréable, tellement facile et tellement justicier de réduire en décombres toute une ville, qu’il serait tellement difficile, tellement laid et tellement dégradant moralement d’essayer de se faire le plaidoyer  du sionisme sous quelque forme rationnelle que ça soit.

Le Dieu de la Bible qui détruit du haut du ciel est aussi juste et aussi beau à chaque fois que son pouvoir d’annihilation est plus fulminant. Ses victimes donnent de la beauté à Sa puissance. Elles justifient Son existence. Elles glorifient Sa miséricorde. Plus le nombre des morts augmente, plus les cadavres sont coupables et plus est sublime l’agresseur. Plus d’enfants, de femmes et de vieillards qui tombent sous ces merveilleux faisceaux de lumière, plus est merveilleuse la lumière et plus le châtiment est mérité.

«Disproportionné», «démesuré», hors de toute proportion, seulement l’est Yahvé et  c’est ce que veulent dire exactement les moyens d’informations et les gouvernements quand ils qualifient ainsi – respectueusement et admiratifs – l’usage de la force par l’Israël des sionistes. Ils veulent dire que c’est « divin », surnaturel, surhumain et enfin ils veulent dire que c’est tellement justifié qu’il nous est impossible de le critiquer et encore beaucoup moins le condamner sans commettre un sacrilège. Les moyens (de destruction) justifient toutes les fins. La «disproportion» technologique déclare son droit à être au-dessus des lois humaines et nécessite peu de propagande pour s’imposer. Il suffit d’être en mesure d’imiter Dieu et « détruire des villes entières avec tous leurs habitants» dans un torrent de lumières. Même chez les agnostiques les plus silencieux que nous sommes, nous fermerons les yeux sur tous les morts pourvu qu’ils soient beaucoup plus nombreux et liquidés sous les bombes à fragmentations et les bombes au phosphore blanc. Et que les assassins soient omnipotents et que leur puissance soit d’ordre religieux et surnaturel. Israël est peut être un état théocratique dans son mode de vie. Mais il n’y a aucun doute sur son caractère « théocratique » quand il s’agit de tuer. Le reste du monde l’admire précisément pour cela. Et quand nous retournons le regard vers le spectacle, nous nous  transformons, comme la femme de Lot, en colonnes de sel.  

L’air est pur et le ciel est dégagé. Les pilotes sionistes des F16 ne se sont même pas dépeignés. Élégants, sophistiqués, méticuleux dans l’accomplissement de leur mission, ils sont désinfectés de tous les bas instincts  qui auraient pu perturber leur regard, brillant, ironique sérieux et juste. Imitant Dieu et à  el Bosco, ils seront de retour à Tel Aviv bien à temps pour aller se régaler d’un repas dans un nouveau restaurant philippin ou chinois et commenter avec la fiancée  les détails des meubles qu’on vient d’acquérir chez Ikea.

Et en bas ? Que se passe-t-il, entre temps, en bas ? Comment sont-ils les gens d’en bas ? – Là on les voit. Ils sont des terrestres. Ils sont affectifs. Ils crient. Ils sont de teint obscur. Ils sont horizontaux, ils sont vulnérables et enfin de compte ils ne sont pas indispensables. Ils sont humains. Contrairement aux maîtres du ciel qui préfèrent enterrer leurs morts dans l’intimité, les palestiniens de Gaza, ça les enchante d’exhiber les cadavres de leurs enfants et crier jusqu’à l’indécence leur douleur. Pour des fins anthropologiques, les journaux oublient de mentionner d’autres différences aussi péremptoires : alors que les maîtres du ciel aiment mourir bien vieux dans un hôpital ou au foyer dans l’intimité, les palestiniens de Gaza eux, sont ravis de mourir dans la rue, en publique, aplatis, écrasés par les bombes bibliques lancées du ciel. Et quand les maîtres du ciel aiment, sans se perturber, tuer et être de retour à temps pour le souper à Tel Aviv sans s’être décoiffé, ainsi ils n’ont pas à passer par le coiffeur alors que les palestiniens de Gaza eux, adorent lutter pour se faire tuer, car la rage et le ressentiment ne leur permettent pas de faire autrement. Si la «disproportion» sioniste se justifie à elle-même, les proportions humaines des palestiniens s’élimine aussi d’elle-même. Il suffit de voir les images du bombardement sioniste pour se convaincre de sa justesse. Comme il suffit de voir la photographie d’un enterrement palestinien pour se convaincre du péché palestinien.

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La différence entre les sionistes et les palestiniens se résume dans ces deux images et dans leur contraste que les médias, intentionnellement ou non, nous abreuvent sans arrêt : La supériorité esthétique et théologique des uns basée exclusivement sur leurs arsenaux d’armements et la infériorité « naturelle » des autres réduits – depuis toujours – à matières combustibles qui ne servent qu’à alimenter le feu de Yahvé, à de simple combustible de la Lumière Divine (D’après cette bande d’assassins qui prétendent, tout comme le fourbe Bush, être en communication directe et constante avec Dieu). Aucune raison ni supplication ne pourrait jamais gommer ces différences. Non plus aucune roquette Qassam ne pourrait le faire.

Il y a seulement deux formes pour corriger un tel contraste incrusté dans nos rétines et bien synthétisé dans nos regards. Ou on arme les palestiniens avec les missiles, les bombes à fragmentations et au phosphore blanc ou on désarme les sionistes et on dissout l’état d’Israël.

A bien disparue l’URSS et tous nous avons applaudi des deux mains. A disparu la Yougoslavie et nous nous sommes réjouis. Ont disparus des dizaines de pays, Tchécoslovaquie, Rhodésie, l’Afrique du Sud raciste entre autres. Et rien ne s’est passé, le monde a continué. Et pourquoi serait-il criminel de réclamer aujourd’hui tout bonnement et simplement la disparition de l’état sioniste et criminel d’Israël ? Ne soyons pas dupes : L’unique solution au problème sioniste, qui met en danger certain la paix du monde, se trouve dans la dissolution de l’état d’Israël. Que les millions de réfugiés palestiniens regagnent leur pays et que les juifs israéliens regagnent aussi leur pays d’origine…On peut objecter qu’une telle solution n’est pas réaliste. Mais la répartition de la Palestine en 1948 était-elle réaliste ? La résolution 242 de l’ONU était-elle réaliste ? La Feuille de Route était-elle réaliste ? Les accords de  capitulation d’Oslo étaient-ils réalistes ? Annapolis était-il réaliste ? La solution de deux états était-elle réaliste ?

Et la démocratisation exemplaire palestinienne ? Alors que des voix pleines d’hypocrisie s’élèvent encore et demandent aux palestiniens d’être plus réalistes. C'est-à-dire ils doivent cesser de se défendre. Ils doivent cesser de crier. Ils doivent cesser de pleurer. Ils doivent cesser de respirer. Évidemment si les critères du réalisme les dictent les sionistes et sont endossés par les Etats-Unis, l’Union Européenne et les régimes traîtres dans le monde arabe il ne reste devant les palestiniens aucun espoir. Et si finalement le réalisme veut dire le génocide, si le réalisme veut dire l’injustice totale et le crime permanent, si le réalisme veut dire jeter définitivement dans la poubelle, le Droit International, les Droits Humains et la civilisation la  plus élémentaire, si le réalisme veut dire la disparition de toute espérance pour le peuple de Palestine, eh bien dans ce cas les palestiniens ont tout le non-droit du monde, afin de continuer d’exister une minute de plus ou simplement de se venger – utilisant tous le moyens y inclus de me tuer à moi ou vous tuer à vous, tous nous autres qui n’avons rien fait pour empêcher cet état d’Israël de mettre l’humanité entière hors d’elle-même. Et ainsi nous avons perdu le droit de protester, de nous scandaliser et à moraliser. Le mot Holocauste signifie – sacrifice total – cadre parfaitement avec tout ce que sont en train de faire l’état d’Israël, les U.S.A, l’UE et les tyrans arabes.[5]

Et tant que tel ne se produit pas, ça ne sert de rien que la justice humaine soit du côté des palestiniens, dans un monde qui bave fasciné – les Etats-Unis, l’Union Européenne, les régimes arabes, l’ONU, les médias – devant cette fresque qu’on peut attribuer à l’imaginaire du peintre El Bosco mais peinte dans les dimensions réelles par l’aviation sioniste avec la « beauté biblique » qui les accompagne. Et tant que la justice humaine ne nous semble pas plus juste et plus belle qu’un bombardement sioniste, les palestiniens avec tout ce qu’ils peuvent faire, ils ne feront qu’élargir le fossé qui les séparent des sionistes, et donneront plus de prétexte à « Yahvé » pour qu’il les tue à distance avec son élégance impassible.

Ne leur donnez-pas prétextes, on vous en supplie : Ne lancez pas de roquettes, ne tirez pas avec vos fusils, ne vous servez pas de vos couteaux, ne défendez pas vos maisons, ne donnez pas protection à vos enfants, ne criez pas, ne pleurez pas, ne mangez pas, ne respirez pas. Mais s’il n’y a pas de justice humaine et que les palestiniens sont coupables devant Dieu, coupables de respirer (ou encore mieux de saigner), ils font ce qu’ils font, ils sont condamnés pour toujours, il reste honteux que nous aussi les condamnions assis confortablement dans nos avionnettes morales. Dans certaines circonstances c’est plus immoral,  précisément, de moraliser que d’assassiner.

À présent la différence s’est réduite un petit peu. Dans ma maison bien chauffée, sous le toit des F16, dans la honte et l’émoi, je sens malgré tout  la satisfaction de voir les sionistes renoncer à l’impunité divine et sont entrés, par voie terrestre, à Gaza. Toujours infiniment supérieurs, ils bougent à ras de sol et ainsi, ils deviennent un tout peu palestinien, un tout petit peu humain, un tout petit peu vulnérables. Peut être ils peuvent aussi mourir un peu. Peut être, espérons-le, au lieu de les craindre ou de les admirer, quelques uns finiraient par nous inspirer aussi de la compassion.

La « Disproportion » s’appelle Dieu. La « proportionnalité » s’appelle justice humaine. La « proportionnalité divine » est la beauté. La « disproportion humaine » s’appelle la compassion. Peut être, dans les prochains jours nous verrons enfin l’image d’un char sioniste détruit par les héros défenseurs de Gaza et nous nous laissons emporter par la joie, par la disproportion de la compassion – inespérée, incompréhensible, irrationnelle – face au corps d’un sioniste fait prisonnier, blessé ou mort. Faute de proportionnalité, de justice, les assassins se trouvent à présent à la portée du faible, du laid et courageux feu défensif, peut être les sionistes morts, prisonniers ou blessés étendu dans la douleur par terre, pourraient finalement avoir – pour une fois – des apparences humaines.

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[1] Titre original de l’article

[2]  Santiago Alba Rico  www.rebelion.org  du 06/01/2009

[3] El Bosco voir Wikipédia.

[4] Les soulignements sont de la traduction

[5]  La traduction d’un fragment d’un autre article du même auteur paru sur le même site le 10/012009.

PS: Texte envoyé par notre ami MIZAANOUN

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