L'OMBRE ET LA PROIE
Par Bilel
Nul ne peut contester la volonté de la plus part des tunisiens de ce libérer de cette dictature avilissante , réductrice et destructrice de toutes les valeurs humaines , et de faire triompher
la justice , le droit et les droits de l’homme , la démocratie , la liberté et la paix , ces valeurs universelles ,qui sont qu’on le veuille ou pas , la marque des grandes nations et des
sociétés libres. Et , de fait , jour après jour , à l’instar de tous ces pays qui de plus en plus nombreux tournent le dos à la barbarie , l’arbitraire , le népotisme et la dictature , les
tunisiens sont prêt, intellectuellement et humainement, pour choisir leur avenir , définir leur destinée par les urnes et le suffrage universel , malgré le déficit total de toute forme
d’organisation cohérente et pragmatique d’une opposition qui a quand même le mérite d’exister , une opposition , ou plutôt certaines de ses franges, qui se complaisent dans un angélisme
autodestructeur puéril , par la force des choses , par cette folie étouffante d’une dictature barbare , par l’amateurisme et même la déchéance morale d’une vision fragmentée, par opportunisme
souvent , et aussi, par manque de courage et de personnalité pour ne pas dire de crédibilité, presque toujours .Mais dans le fond et l’ensemble, sous la chape de plomb des uns et la forfaiture
des autres, beaucoup de tunisiens s’impliquent vaille que vaille , résistent dans ce terreau de la désespérance et de l’obituaire de leur ÊTRE, qu’est devenu leur pays , ce pénitencier à ciel
ouvert, ils résistent quand même et malgré tout , par de prises de conscience successives et lancinantes dans cette vision unipolaire qui semble secouer la planète et sa morbide léthargie.
Bien sûr , il faut plus que jamais être vigilant, et justement ne pas se laisser bercer par l’euphorie des stratégies établies par les intérêts et autres rapports de force imaginés par les uns
et les autres , surtout quand les autres n’ont absolument rien à voir avec le devenir et l’émancipation totale et réelle des tunisiens et de la Tunisie , ni par l’illusion des apparences , des
manipulations , des surenchères qui ne sont en fait que des substituts superfétatoire usés jusqu’à la corde , et des placebo qui ne remettent absolument rien en cause et en profondeur des maux
endémiques qui dévastent notre société .
Une culture politique démocratique, un sentiment national valorisant , où l’ÊTRE domine l’AVOIR sans le soumettre , le complexer et le désespérer, une éthique sociétale de droiture,
constitutionnelle, institutionnelle et libératrice dans le plein sens du terme, se cultive , elle ne se décrète pas.
Dans l’état actuel de régression citoyenne et morale de notre pays .Aujourd’hui , il faut être réaliste , ni les élections , ni les urnes, selon les codes et les normes de la dictature
tunisienne actuelle, ne donneront une démocratie pleine et effective à la Tunisie, dévastée et en jachère, trop d’automatismes putatifs et thuriféraires, de mutisme , de soumissions , de bas
instincts , de suffisances , de renoncements , de pratique du compromis et des compromissions, et de refoulement, sécrètent le poison, de cette overdose mortelle, de la dépendance et de la
fragmentation des forces vives et démocratiques tunisiennes, qui menace la société tunisienne. Ce sont, après une période de transition sous surveillance, cette période issue d’élections
vraiment libres et sous la surveillance d’observateurs internationaux impartiaux, les tunisiens, plutôt leurs représentants de la société civile réformée , responsables et intègres , les
appareils politiques responsables et conscients de l’énormité de la tâche , débarrassés de leurs égoïsmes éreinteur et prébendier , les courants organisationnels et les acteurs syndicaux , les
hommes de culture , d’art et de plumes , surtout , qui imposeront ce renouveau et cette démocratie radicale et visible à l’ordre politique dominant, et au-delà , à l’attentisme assisté et
naturellement clientéliste des masses ; cet ordre politique divinisé , toujours tentés par l’instrumentalisation aveugle du pouvoir , souvent opportuniste et réducteur qui a toujours sévit dans
les pays arabes en général et en Tunisie en particulier , quelle que soit l’époque ou l’air du temps , pour confisquer , réduire , limiter et occulter les libertés publiques.
La défaite de la dictature sera un progrès et une victoire en trompe-l’œil, si nous continuons à résumer la démocratie à de simples procédures électorales.
Il s’agit , avant toute chose , de renforcer par tous les moyens les institutions tunisiennes , une fois libérées du conditionnement de la bureaucratie dictatoriale qui depuis une cinquantaine
d’années de pseudo indépendance a pris efficacement la relève de l’ordre colonial , renforcer les contre-pouvoirs qui seront leur pare-feu et , la source de toute alternative vraiment
consensuelle à l’ordre établi, quel qu ’il soit .Car au vu de presque tout le personnel politique de l’opposition tunisienne , les années de lutte , de sacrifices , de souffrance et de solitude
de la plus par d’entre eux ,et c’est dans la nature de l’homme de croire à sa destinée par opposition à toutes les autres , la tentation du pouvoir absolu est grande aussi chez nous, ce n’est
pas un crime en soi, mais cela doit couler de raison.
Il serait irresponsable et puéril que l’affect domine la raison et de continuer comme à nos habitudes de croire au sauveur , à l’éternel sauveur qui de lui-même et avec les pleins pouvoirs fera
la Tunisie moderne et civilisée .Il serait même criminel pour les militants et les forces démocratiques de croire et de laisser croire que beaucoup de ces ténors politiques qui se sont révoltés
et qui se révoltent contre le système abjecte de ben Ali recevront une illumination strictement humaniste et éthique , démocratiquement pragmatique et réaliste, parce qu’ils auront triomphé
régulièrement dans un scrutin , ou par le jeu des alliances stratégiques et de la surenchère politicienne , leur donner un chèque en blanc, dés maintenant, c’est prendre le risque de perpétuer
la dictature avec d’autres noms .Ces derniers , franchement et vraiment malgré l’amitié qui me lie à beaucoup d’entre eux , certains d’entre eux , dans leurs façons de faire actuellement en ce
qui concerne les élections truquées de BEN ALI en ce 2009 de tous les dangers , leur durée de vie et la domination qu’ils exercent à la tête de leurs formations politiques , cette façon de tout
monopoliser et de rien déléguer, ne plaident pas pour eux..
Oui la vigilance civique et citoyenne des tunisiens pour l’après ben Ali doit être critique et s’exercer à tous les niveaux sans aucune autre modération que celle des institutions, de la
constitution et de la loi, pour tout un chacun des tunisiens et en premier lieu pour le personnel politique, ceci pour dire et prévenir que partout dans l’histoire de l’humanité et bien plus
souvent qu’à son tour, la démocratie naïve et condescendante a fait le lit de ses pires ennemis.
Le monde va vite , très vite , l’ubiquité , le temps perpétuellement dépassé , aujourd’hui la prédominance du virtuel , du toc et de l’apparence rendent , tout , éphémère et irréel. Dans notre
pays ce qui veut paraître comme la liberté d’un choix individuel , est plutôt , au vu de l’état général lamentable de la TUNISIE , l’expression d’un égoïsme pervers et nihiliste , cela est plus
que vérifiable à tous les niveaux de la société , y compris au niveau des élites politiques démocratiques et progressistes, ou qui veulent paraître en tant que tel. Ainsi , c’est à un niveau
purement culturel que les nouvelles générations , qui prétendent libérer leur pays de sa décadence violente et imposée , doivent absolument renverser la vapeur. Les points de repères
civilisateurs , l’histoire , les références ainsi que les objectifs à atteindre sont identifiés , disponibles , existent tout autour de nous dans ce monde de la vitesse et de la communication ,
ces nouvelles générations doivent absolument pour leur propre salut et celui de la Tunisie, s’engager , indiquer et conduire les tunisiens au besoin d’être eux _mêmes , plutôt que d’être un
troupeau d’esclaves et de moutons ,inviter le peuple et la masse au besoin de rêver et de se retrouver autour de vies partagées. Celles où on est fiers de sa condition , solidaires ,
responsables , honnêtes , libres et déterminés ,celles où l’on a des racines , des valeurs , des envies , des codes , des rites , des signes de reconnaissance , un projet , une ambition , un
idéal , une éthique , et tout cela ne peut être symbolisé désormais en Tunisie que par une opposition réformée , avec du sang neuf et représentatif , une opposition conquérante , crédible ,
visible , cohérente , et vraiment sans aucun complexe , ni à priori , ni préjugés , courageusement engagée dans une nécessité vitale et collective qui dénigre totalement les petits calculs ,
les icônes , les chapelles , les statures et leurs petites velléités partisanes et égocentriques.
La scène politique tunisienne au jour d’aujourd’hui est sclérosée dans son côté le plus noble , et la dictature est plus que jamais une entité compacte qui ne subit presque aucun affront et pas
de siége du tout , tous ses dérapages , sa méthode , ses crimes et son existence se normalisent profondément et sûrement dans les habitude et les esprits , avec un fatalisme plus que suicidaire
de notre part . Notre façon de faire est rétrograde et lourde de conséquences, et dans le cas heureux de notre libération et de la démocratisation de la Tunisie, il ne faut pas se faire trop
d’illusions, on mettra des générations pour payer les pots cassés .Il est plus que temps de nous ressaisir tous, de faire notre autocritique et de définir de véritables stratégies rigoureuses,
vigoureuses, disciplinées et vivantes qui seront notre feuille de route collective, il ne faut pas se faire d’illusions, nos désunions sue l’essentiel surtout, nous condamneront à jamais à
l’échec et à la défaite..
Nous sommes dans une impasse et sans nous rendre compte, nous sommes vraiment la dynamique qui tient la dictature debout.
C’est pourquoi il faut réfléchir tous ensemble et comprendre que les modèles de mobilisation classiques ont fait leur temps, ils se diluent, perdent de leur pertinence ; quel leader de
l’opposition démocratique peut prétendre aujourd’hui rallier les tunisiens sur un projet niveleur qui prends en compte toutes les différences, et les groupes pourtant nombreux qui sont isolés
dans l’attente d’en découdre vraiment et une fois pour toute avec la dictature ?aucun ! Or les motifs de mobilisation de la société tunisienne sont plus que nombreux et les forces qui se
proposent de les prendre en charges sont multiples et désorganisées , figées bureaucratique ment dans l’ombre du chef du parti, incohérentes , divisées , invisibles , inaudibles et inefficaces.
Il faut comprendre que seule cohésion peut apporter une réponse globale à l’action politique qui peut démonter le régime , tendis que l’action et la prétention partisane ne peut apporter qu’une
simple réponse individuelle , isolée et même faible , une réponse individuelle nécessaire certes dans la pratique démocratique , mais pas à ce stade de la mobilisation , nous ne pouvons nous
permettre ce luxe , car la dictature veille à s’engouffrer par toutes les brèches et à asseoir sa terreur par la division et l’occupation du vide.
Notre cohésion ne peut-être qu’une vision globale du monde et de notre futur en opposition totale avec la dictature, une traduction concrète et rationnelle d’un bénéfice singulier de chaque
parti et pensée indépendante démocratique tunisienne, et son adhésion déterminée à un pacte de salut national.
Encore une fois, la démocratie qui devra s’instaurer dans notre pays traumatisé, doit aller bien au-delà d’un simple scrutin , déjà et en premier lieu , elle doit pour l’exemple à donner aux
tunisiens , se parfaire , s’exercer et s’activer pleinement aux niveaux des appareils oppositionnels du bloc dit démocratique , car c’est un ensemble de droits , de devoirs et de normes qui la
définissent et la différencient de la dictature. Faute de les mettre en œuvre à ce stade , ici et maintenant et à notre niveau face à ben Ali , elle n’est et ne sera , cette démocratie tant
espérée par notre peuple , qu’illusion et tromperie.
Elle pourra même servir pour les benalistes et les extrémistes de tout bord de cheval de Troie dans notre pays rongé par la misère, la violence, la corruption, la spéculation, l’immoralité et
la désespérance, pour pérenniser leurs crimes .
Il faut reconnaître ,et en être fier, qu’aujourd’hui, de nouvelles forces et de nouveaux talents tunisiens sont dans l’attente et même poussent aux portillons , devant le tigre en papier qui
est la dictature , qu’ils méprisent et combattent , mais aussi face à eux malheureusement , et qui freine et épuise leurs énergies , l’incroyable vent de la démagogie qui souffle sur une partie
des forces démocratiques , et certains de ses ténors confortablement installés dans leurs certitudes et leurs vérités , prétendant d’une « légitimité » et d’une « légalité » qui n’a plus aucun
sens .Et il ne s’agit pas d’être un grand clerc pour comprendre que la mobilisation générale des masses tunisiennes dites dévoyées , amorphes et attentistes ,soi-disant loin du concept
démocratique , qui ne peut être que l’affaire des technocrates et des élites en Tunisie , cette mobilisation vitale et nécessaire se brisera toujours sur cet obstacle , pour le plus grand
bénéfice de ben Ali.