La pensée rationnelle doit être l’ensemble des procédures de l'action politique et des prétentions des démocrates tunisiens qui permettront de produire et de contrôler la validité de nos jugements selon les critères de la cohérence logique des propositions et de l’accord entre elles avec l’expérience quantitative ou qualitative universalisable et reproductible des tunisiens qui combattent la dictature , du moins des quelques figures de proue intègres qui ont l'expérience et le vécu du terrain ;pour exemple et c’est l’évidence même , les grévistes de la faim d'octobre et les quelques autres justes et irréductibles comme A.ZOUARI , JEBALI, MARZOUKI ect..., la Tunisie ne manque vraiment pas d’ « élites » qui sont dans cette situation et perspective. Cette définition vaut pour tous les domaines de la pensée et de l’action qui dénient à la politique de la dictature toute jurisprudence. Le terme de raison pour nous autres tunisiens plus à l'aise dans l’attentisme, le mutisme et aussi le verbiage réducteur doit nous faire prendre conscience et au plus vite de la substantification malheureuse de cette activité réflexive, dès lors qu’elle suscite l’idée fausse qu’elle serait une faculté métaphysique transcendante à cette activité et aux procédures qu’elle met en œuvre , j’insiste encore une fois les tunisiens qui demandent la mobilisation de la rue sont dans la seule vérité qui nous reste pour ébranler le système. Le principe fondateur de la réflexion rationnelle pour l’action de masse, est en effet le doute méthodique qui a pour objet toutes les évidences mais aussi ce qu’elle considère comme ses principes et ses méthodes d’examen propres, l’élargissement du débat, la cohérence des stratégies, le « commandement » unifié sur les quelques principes fondamentaux de l’acte démocratique apparaissent donc et désormais comme la condition sine qua non à tout minimum de toute légitimité. C’est dire que la raison raisonnante est non seulement critique, mais autocritique pour les « élites » du bloc démocratique tunisien, sera la réponse radicale au régime dictatorial, et la réponse attendue d’énormément de tunisiens cloués dans le déchirement, l’isolement et la désorganisation. C’est là sa fonction essentielle, et celle-ci est négative si elle ne se donne pas les moyens militants surtout d’occuper la scène par tous les moyens pacifiques et démocratiques.Dans l’espace politique tunisien qui milite contre la dictature , ce que la pensée sceptique et scientifique a mis en évidence c’est que la pratique de la raison ,dans des cénacles et des cercles fermés d’initiés plus procéduriers qu’activistes , ne peut aboutir qu’a des énoncé plus ou moins valides sur fond de remise en question de toute vérité dogmatique présupposée ou produite.
Ainsi l’activité rationnelle évolue dans les présupposés heuristiques qui permettent de produire des connaissances ou des jugement pratiques généraux valides pour mobiliser les masses et occuper toutes les espaces de résistances .La culture de résistance a une histoire ; elle se construit en produisant le savoir théorique et pratique de l’expérience, et leur donne n’est que de la pure démagogie. L’histoire de la culture de résistance est dialectique, elle avance sous la contrainte des contrariétés qui l’animent. L’activité politique donc doit, pour le rester, sans cesse se remettre en question, afin d’élargir à des champs nouveaux de l’expérience ses axiomes, ses procédures et ses paradigmes heuristiques en les transformant selon les choix déterminés du plus grand nombre.
Bref, la raison à l’intérieur d’un bloc démocratique cohérant et unifié, pour être efficace, n’imposera aucune autre contrainte que celle de la cohérence de la pensée et de l’action. Celle-ci est bien une condition transcendantale de la connaissance et de la pratique ; car elle est la condition de possibilité pour tenir un discours sensé sur le réel et l’action.