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TARIK RAMADAN

TARIK RAMADAN

Je l’ai vue pleurer.

Des doutes, des remords, des blessures et des secrets.

 

Je l’ai vue révoltée.

De la bêtise des hommes, de leur duplicité, de leurs mensonges.

 

Je l’ai vue sourire.

De la tendresse, de l’affection, de la douceur et des regards.

 

Je l’ai vue se perdre et se gagner, tomber et se relever. Elle cherchait, comme tout le monde ; se blessait, comme tout le monde ; doutait, comme tout le monde. Comme tout le monde qui ne ressemblait à rien. Elle faisait le métier de toutes les attractions et de toutes les répulsions, le métier du jeu et des mensonges. Le métier des sombres miroirs qui reflètent tant de vérités.

 

 

Je l’ai vue pleurer.

Des doutes, des remords, des blessures et des secrets.

 

Je l’ai vue révoltée.

De la bêtise des hommes, de leur duplicité, de leurs mensonges.

 

Je l’ai vue sourire.

De la tendresse, de l’affection, de la douceur et des regards.

 

 

Je l’ai vue prier à l’heure des joies et des blessures. Revendiquer sa solitude et ses amours. Se parler, se raconter l’histoire, un rêve, un avenir, une autre vie, un autre métier. Les blessures étaient profondes à la mesure du jeu et des protections cadenassées. Une apparence qui révélait tout, de rien. Au cœur des nuits profondes et de l’ennui, il y avait bien au fond un peu de lumière, un peu de vie.

 

Je l’ai vue pleurer.

Des doutes, des remords, des blessures et des secrets.

 

Je l’ai vue révoltée.

De la bêtise des hommes, de leur duplicité, de leurs mensonges.

 

Je l’ai vue sourire.

De la tendresse, de l’affection, de la douceur et des regards.

 

J’ai croisé sa quête, son besoin de sens et ses désillusions. J’ai croisé mes impuissances. La proximité d’un cœur qui s’ouvre et reste fermé. J’ai confié à l’Unique le sens de mes questions. Il m’a répondu, une fois, à l’aurore des aubes : de ton silence naîtra la lumière de tes mots. Je connaissais le chemin, j’ignorais la musique. Au loin me parvenait l’appel du dernier, du cinquième rendez-vous. J’ai écouté, j’ai entendu. Du fond de mon cœur son sourire m’a répondu.

Ne l’oublie jamais

par Tariq Ramadan   

Viens, écoute, assieds-toi près de moi.

 

J’aurais tellement aimé te raconter des histoires. Pour te faire oublier ou pour te rappeler. Des histoires de femmes et d’hommes qui cherchent, qui se blessent, qui se perdent. Qui trouvent.

 

Assieds-toi, je t’en prie.

 

Regarde au loin, dans ma direction. Là-bas, très loin. Vois-tu le soleil ? Devines-tu la pluie de ses rayons qui offre tant de chaleur sans jamais sécher de larmes ? Apprends-moi. Apprends-moi à t’apprendre.

 

Je t’en prie.

 

Ne dis rien. Tu n’as pas besoin de dire. Dis-moi. Ton silence, ton regard, ta lumière. C’est vrai ? Il te parle ? L’entends-tu ? Vois-tu Ses signes ? Les comprends-tu ? Toujours ? Tu vois, mes questions parlent pour toi. J’aime tes réponses. J’aime ta présence. Tu Lui parleras de moi, n’est-ce pas ? Tu prieras ? Pour moi ?

 

Tout près, s’il te plaît.

 

J’apprends, tu sais. Les apparences sont trompeuses. Vraiment. Vraiment, vraiment ! Souviens-toi de cet ermite qui revint à la source de sa quête. Suis-je déjà en route ? Es-tu sur ma route ? Dis... as-tu une route, une voie, un chemin, un sentier ? M’entends-tu ?

 

Là, tout tout près.

 

Tu es un cadeau. Un si beau cadeau. Un signe. Sur ma route. Regarde au loin, regarde-moi. Sommes-nous deux ? Nous sommes deux, nous sommes à Dieu. Je t’ai raconté une histoire, je t’ai parlé du soleil, de sa chaleur. Je t’ai parlé d’amour aussi. J’apprends. C’est difficile. Tu es là, j’aime ta présence. S’il te plaît, regarde au loin. Entends-moi, tout près.

 

Je t’aime.

 

Ne l’oublie jamais.

Source  : Libération

Débat entre Tariq Ramadan et Daniel Cohn-Bendit

 

"Islam en Europe"

 

vendredi 31 mars 2006, par Tariq Ramadan

Le 29 mars 2006, un débat entre Daniel Cohn-Bendit et Tariq Ramadan s’est tenu au Parlement européen sur l’Islam en Europe.

 

Daniel Cohn-Bendit et Tariq Ramadan ont échangé leurs points de vue lors d’un débat public au Parlement européen. La discussion tournait autour du rôle de l’Islam en Europe, autour des préjugés existants et la nécessité de les combattre. Ils ont également abordé les différentes formes de l’intégration, les différentes cultures politiques et le statut des immigrés dans les sociétés respectives.

 

Pour écouter le débat cliquer ici

 

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Dans la presse :

 

Cohn-Bendit se frotte au controversé Tariq Ramadan

A Bruxelles, le leader Vert a partagé pour la première fois une tribune avec l’intellectuel musulman.

 

par Alain AUFFRAY

 

 

 

« Prenons-le au mot ! Qu’est-ce qu’on risque ? » Après deux heures de débat public, Daniel Cohn-Bendit s’est senti conforté dans sa décision de rencontrer Tariq Ramadan, le plus controversé des intellectuels musulmans. Ce face-à-face a eu lieu mercredi soir à Bruxelles dans le cadre d’une conférence internationale sur l’« islam en Europe » organisée par les Verts des Pays-Bas, traumatisés par les tensions intercommunautaires. Cohn-Bendit avait reçu de nombreuses mises en garde. « Comment peux-tu, toi, discuter avec le "prédicateur" d’un islam radical ? Ramadan, c’est un artiste du double langage », lui ont déclaré en substance des compagnons de route. Elevé en Suisse où il enseigne la philosophie, le petit-fils du fondateur des Frères musulmans égyptiens, a été parfois empêché de réunions publiques en France. Dans le même temps, en Grande-Bretagne, le gouvernement Blair l’associait à sa réflexion sur l’extrémisme musulman.

Mercredi soir, au Parlement européen, on se bousculait pour assister à la confrontation entre le soixante-huitard libéral-libertaire et le quadragénaire musulman altermondialiste. Beaucoup de femmes, presque toutes voilées, dans un public essentiellement composé de musulmans belges, français et hollandais.

Face à un Cohn-Bendit qui s’était juré de ne tolérer aucune ambiguïté, l’élégant Ramadan a déroulé un discours irréprochable. Il « refuse » l’interdiction faite au musulman, sous peine de mort, de quitter sa religion. Il conteste le fondement théologique de cet interdit. Pour en finir avec les mariages forcés, les répudiations et les violences faites aux femmes, il faut, dit-il, « changer l’islam de l’intérieur ».

 

Ramadan demande une « désislamisation » des problèmes sociaux qui s’expriment en France à travers la crise des banlieues. Le vrai communautarisme, selon lui, c’est celui qui parque dans des ghettos « une jeunesse musulmane de la troisième, voire de la quatrième génération pour qui la question n’est plus celle de l’intégration mais de l’accès à la citoyenneté ».

 

Et quand le président du groupe Vert objecte que, sans « islamiser » les problèmes, on peut « s’interroger sur ce qui se passe aujourd’hui en France dans des quartiers où des enfants juifs ont peur d’aller à l’école », Tariq Ramadan rappelle solennellement qu’il a toujours été « parfaitement clair » dans sa dénonciation de l’antisémitisme. Il annonce l’avènement d’un islam qui n’a « aucun problème avec aucune législation européenne » et qui s’accommode parfaitement de la « sécularisation comme espace de gestion du religieux ».

 

« Je ne sais pas ce que dit Tariq Ramadan ailleurs, mais ce qu’il dit ici a sa cohérence », a lâché Cohn-Bendit, pour conclure. C’est alors seulement que le débat s’est échauffé avec une théâtrale colère de Ramadan : « Dire cela, c’est rendre impossible notre dialogue. Il faut arrêter de fantasmer. On parle de double discours, de double appartenance, on tient sur nous le discours qu’on a tenu sur les juifs. Ta responsabilité c’est de savoir ce que je dis ailleurs ! » « Tu ne vas tout de même pas m’obliger à lire tout Tariq Ramadan ! » a fait remarquer son interlocuteur. « Alors, a répondu l’autre, si tu n’as pas la preuve de mon double discours, tu dois me faire confiance. »

 

Cohn-Bendit y est prêt. Hier, alors que s’achevait à Bruxelles la conférence sur « l’islam en Europe », le leader écologiste proposait de poursuivre, dans de nouveaux débats publics, la « clarification » engagée.

Source  : Libération

 

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