Lettre à un repenti
Par
Sonia.D
« Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse » ALFRED DE VIGNY
On a tellement écris sur le retour de CHOKRI HAMROUNI (tunisnews 19.09.08 http://www.tunisnews.net/19septembre08f.htm) en Tunisie, pour les uns et surtout pour certains de ses anciens amis et nos toujours amis résidants en Tunisie, il s’agit , tout simplement d’une reddition, et comme chacun sait et c’est humain, chaque reddition a son prix, qui peut imaginer, le voyou de Carthage et ses chiens de garde, faire excès de compassion et d’humilité ? Chokri à l’époque de son départ a défendu son point de vue et son choix qui sont somme toute respectables, il n’a de compte à rendre à personne, et je suppose que sa démarche fut réfléchie et libre. Ce qui commence à devenir gênant, lourd et pénible dans cette histoire, son histoire avec un tout petit « h » qui est un non événement, tellement qu’avec ce genre de bisbilles à deux balles, certains s’amusent et amusent la galerie à la fixer sur le dérisoire et le futile, mais des fois même dans ces dérives on peut trouver matière, en fait le cas HAMROUNI est banal, ce qui ne l’est pas, c’est cette frénésie des ego dans l’usurpation des conditions, jusqu’à plonger la majorité silencieuse des tunisiens dans la lassitude, à bien réfléchir, beaucoup d’autres que HAMROUNI, et d’un autre calibre, rentrent ou vivent en Tunisie, sans peur ni reproches, comme M.MARZOUKI, M.YAHYAOUI, MAATAR, HAROUNI, ZOUARI ect.. et nous évitent leurs états d’âme, ils assument totalement leurs conditions, et n’attendent rien de personne, ils sont dans la fidélité, la solidarité, les principes et l’éthique, c’est en cela qu’ils seront toujours supérieurs à la dictature, et aux second couteaux de l’opposition, ces justes exercent leurs libertés, ou plutôt courageusement essaient malgré tout de les imposer et de les exercer, sur tous les sujets , ils écrivent, s’expriment ect…malgré la répression et le harcèlement permanent, dont eux et les leurs sont les victimes expiratoires, donc et à partir de là, chaque tunisien qui s’engage et assume sa condition, le fait en conscience et librement, avec toutes les conséquences que cela suppose, aucun tunisien , pas plus HAMROUNI que quiconque n’est dans l’obligation de lutter et de militer ; mais si on le fait, on évite dans son droit légitime de renoncement de cracher dans la soupe, et de salir les autres, ni de se mettre mine de rien, avec subtilité et puérilité , dans une autojustification pompeuse et mensongère, comme si cela pouvait apporter quelque chose au débat de fond ; de justifier ses échecs, en se mettant au service, même d’une façon light, avec roublardise, de ce qu’hier encore on diabolisait à juste titre, c'est-à-dire la dictature, c’est petit et c’est humiliant, c’est payer trop cher l’embrouille, et en plus cela produit l’effet contraire de l’effet recherché, tant d’amateurisme fait pitié, CHOKRI ne mérite pas autant de bassesses, et les démocrates tunisiens non plus. Oui tous ceux qui sont dans le système, qu’ils soient ministres, fonctionnaires ou militants au RCD, le parti unique, quoiqu’en pense HAMROUNI, doivent assumer devant l’histoire les crimes de la dictature.BEN ALI n’est que la muse de cette dictature tunisienne, tout le reste et les fondements qui la maintiennent en place, d’une façon dramatique, sont ces légions de janissaires qui brodent ses limites, sans eux BEN ALI, les TRABELSI et CIE, ne pèsent pas lourd, Chokri le sait, pourquoi ce retournement ? Oui ces JANISSAIRES ne sont pas des tunisiens comme les autres, la majorité des tunisiens sous le harnais, ce sont le bras armée d’une dictature qui avilisse le peuple tunisien, qu’ils soient alimentaires, opportunistes, arrivistes, kobbzistes ou débiles mentaux, cela ne change rien au problème, ce n’est pas une excuse, ils ont été dans une stratégie de mort et de destructions, tout est relatif dans cette vie terrestre, mais chacun doit assumer ses errements. Dans une Tunisie libre et future, cela sera à une justice libre, indépendante, de faire la part des choses, et aux gens comme HAMROUNI et tout autre tunisien d’avoir le choix d’être des témoins à charge ou à décharge, pas besoin de justifications ou d’usurpations dans un système régit par le droit, tout est affaire de vérité historique, les témoins et les archives servent à cela, c’est le propre de la démocratie, c’est notre vision de démocrates, nous ne nous abaisserons pas à utiliser les mêmes méthodes que la dictature, des méthodes archaïques et barbares, qui semblent ne PLUS déranger HAMROUNI qui fait étalage, sans vergogne, sans aucune pudeur, de ses sublimes amitiés occidentales, nous, nous serons toujours dans la responsabilité, la justice et le droit, et tout le reste est affaire de faits accomplis et de rapports de force.
Je me demande par quelle opération du saint esprit, HAMROUNI compte servir son pays qu’il dit aimer tant, en faisant l’impasse sur tout ce qui l’enlaidit tant. Si pendant toutes ses années d’exil, il a pu acquérir la moindre expérience, des savoirs et des savoir-faire, comme il le dit si bien, devant le népotisme et la gabegie qui ruine la Tunisie , il devrait ou bien affirmer son engagement contre la dictature, se taire et se terrer dans l’attentisme, ou bien ouvertement se mettre au service de la dictature, il n’y’a d’autres choix dans l’état actuel des choses en Tunisie, et plus que tout, n’importe lequel de ces trois choix est inscrit dans l’honnêteté, c’est cela l’éthique. Un drôle de mot, mais malheureusement, nous en sommes en manque dans notre culture politique, quelque part, c’est pour cela que le système BEN ALI perdure et risque de perdurer bien après sa mort.
« Se rendre utile autrement, servir et non se servir de mon pays toujours avec la même dignité et le même sens du devoir », je reprends la même phrase que CHOKRI, car elle est pleine de bon sens, prise dans un autre contexte, mais dans la situation actuel de notre pays, c’est de la pure démagogie, aujourd’hui on ne peut SERVIR la Tunisie , sans SE SERVIR, qu’en combattant radicalement la dictature de BEN ALI, toute compromission, ou même écoute des prétentions de cette dernière, ce n’est pas servir notre patrie, mais bel et bien servir la Tunisie de l’ère nouvelle de BEN ALI, et donc par voie de conséquence se servir, si c’est cela le sens du devoir de HAMROUNI, je regrette, moi j’appellerais cela le sens du compromis, et du parjure ; c’est le droit de CHOKRI de procéder ainsi, ce n’est pas son droit par contre de pêcher par opportunisme et d’enfiler par effraction l’habit du moine et de la pureté.
D’après ses dires, HAMROUNI a côtoyé d’immenses personnalités, ce qui est le plus malheureux dans la litanie de son étalage, c’est son idolâtrie de leurs actes les plus aboutis, sans aune conscience, ces exemples n’ont jamais été dans le renoncement. CHOKRI HAMROUNI est très loin du cheminement d’un SARFATY ou d’un NEGRI, il n’a absolument rien compris à leur démarche et à leur projection dans l’avenir, le leur, et celui de leur cause, je lui conseille de réviser, et revisiter leurs fondamentaux et leurs lieux communs, s’il a la moindre conscience politique ou lucidité, il comprendra facilement, que lui et ses semblables, sont la parfaite contradiction philosophique et humaine de ces grands hommes. Quand au folklore familial de l’amour de notre terre , de l’équipe national de football et bla bla bla, les gens du RCD aussi sont dans cette même considération, dans leur délire chauviniste, tous les tunisiens contre la dictature ont cette vibration aussi, d’un côté comme de l’autre cela ne donne aucune preuve de bonne foi, quand à une vision moderniste de la Tunisie, car il s’agit pour nous de morale et de libertés, pas d’affect conditionné, de chants patriotiques détournés par des voyous pour servir leurs intérêts privés, et qui semblent trouver grâce aux yeux de HAMROUNI. Nous sommes aussi pour beaucoup d’entre nous nés ici, en France, mais notre vision de la TUNISIE, est à mille lieues de celle de ben Ali, sa TUNISIE handicapée à tous les niveaux par l’arbitraire et la barbarie. Et ce qui est plus choquant encore dans la pensée de HAMROUNI, c’est l’emploi des mêmes procédés que les propagandistes et les repentis de la dictature honnie de BEN ALI, plus fins que BESSIS, MEZRI, mais aussi répugnants, du genre, ceux qui ne sont pas d’accord avec moi, ceux qui s’activent contre la réalité dictatoriale, sont des opportunistes, des frustrés , voire des irresponsables qui salissent l’image de la TUNISIE…heureusement que le ridicule ne tue pas, CHOKRI HAMROUNI, pire que d’aveuglement, il est atteint de la cécité du cœur, maladie de blaireaux, incurable ; franchement que reste-t-il à salir de l’image de cette TUNISIE défigurée par la dictature depuis l’indépendance ? Elle et ceux des pauvres hères qui se soumettent à elle, salissent la TUNISIE jusqu’au dégoût.