Le glacis
Par Derbali
Depuis 21ans que la machine broyeuse d’hommes et d’idéaux s’est mise en branle en Tunisie , rien n’a changé au pays du « miracle tunisien » , à ce jour, à cette heure, à cette instant.....La stratégie criminelle de Ben Ali et son clan est implacable, elle est empreinte de leur sale mentalité mafieuse, et sans aucune forme d'espoir, son aucune forme de procès, cette mouvance criminelle plonge la Tunisie et les tunisiens dans les abysses et le néant sans aucun espoir de retour, le retour de notre pays à la normale , celui sans eux et après eux, sera très dur et se fera sur des générations, il ne faut pas se faire d'illusions, les destructions que la Tunisiens a depuis l'indépendance par les menées irresponsables de ces irresponsables, bons à enfermer et à les livrer au tribunal pénal international, à tous les niveaux, et matériels et humains, sont tellement abjects et gigantesque, que le pays n'a plus les moyens de s'éviter encore plus de sacrifices, de stoïcisme et d'analyses , pour se redresser un tant soi peu, et revenir dans le monde civilisé des vivants, dire le contraire aux tunisiens, c'est leur mentir et continuer à les prendre pour des blaireaux.
L'expression monstrueuse de leur folie sans bornes ni limites s'est inscrite en lettre de sang dans le subconscient collectif, la chaire et la mémoire des tunisiens.
Nous subissons l’arbitraire avec une facilité déconcertante , nous autres tunisiens, et plus le bât blesse de l'incurie, plus la dictature trouve chaussure à ses pieds des sept lieues, et plus cette dictature barbare pratique le nettoyage par le vide; et bizarrement encore plus d’opportunités de félonnes se présentant à elle ,et plus d'arrogance et de lâchetés expriment son unique volonté à pérenniser ses dogmes, allez comprendre quelque chose à la nature humaine, ceux qui se battent contre l'oppression en Tunisie, sont généralement des tunisiens qui ne sont dans aucun besoin, qui peuvent vivre à l'aise grâce à leurs situations et à leurs rentes. D'un autre côté aussi, les opportunistes se pressent à ses portillons de l’incurie sans foi ni loi, par peur des lendemains qui remettent en cause leur fond de commerce idéologique. Cette dictature foule la constitution aux pieds, elle dérègle comme bon lui semble les hommes et les institutions, que cela ne tienne ! certains ont le culot pour solder à son avantage son compte criminel , et lui donner sans cesse, une nouvelle virginité , certains sont dans l'obligation immorale de l’ennoblir en participant à ses élections truqués , à ses démonstrations de force aveugle et barbare, impudique et délétère , des élections où ils seront les dindons de la farce , comme d'habitude, les potiches , mais pas seulement , ce qu’il faut retenir ces spéculations absurdes, c’est que leur activisme sur ce coup ultra médiatisé, les élections de 2009, est aussi criminel contre le peuple tunisien, que les menées mafieuses de ben Ali et ses clans lascifs et laudatifs , oui au même titre que ces derniers, ils participent à la torture et au meurtre du peuple tunisien , à son désespoir et son mal-être, à la confiscation de toutes ses libertés , au liberticide ambiant qui vide de son sens toutes les couches sociales tunisiennes, à la spoliation des biens publics, et à la dégradation des mœurs et des institutions , ils ne le font pas directement ? Pire ! Ils justifient par leurs calamiteuses compromissions et collaborations, l’existence même de la dictature aux yeux du monde, et renforcent sa domination sur les esprits par la désespérance des volontés, et des dispositions populaires aussi minimes soient-elles, au sacrifice et à l’honneur citoyen aussi délétère soit-il.
Il va de soi, pour la transparence et l’intégrité morale et politique, que le fait de refuser ces élections prétoires, c’est contester une bonne fois pour toutes, et il est bien temps, les normes liberticides qui nous sont imposées par la violence et la terreur depuis l’indépendance, et écrire résolument une nouvelle page digne, et sans aucune fallacieuse concession ni renoncement à notre histoire. Ceci dit, il faut être aveugle ou exister par la déformation et l’indifférence, pour ne pas constater que la négation sociale et politique de ce véreux système par les tunisiens est un fait généralisé et accompli depuis le début, une réalité claire, une vérité quintessenciée qui caractérise la vie de la seule conscience nationale des tunisiens, du moins de leur immense majorité, cette majorité qui veut rester fidèle à ses logiques et profondes réalités. Cette révolte souterraine et muette est notre mystique culturelle, synonyme de ce qui nous reste de dignité enfermée , ainsi il n’y’a pas d’autres alternatives que de refuser la collaboration et s’inscrire, à cette occasion et jusqu’à l’éradication total de ce pouvoir antidémocratique par essence, pouvoir qui est et restera toujours vacant parc qu'illégitime et corrompus , dans la seule désobéissance civile visible , le boycott de tous ses effets d’annonce, au tyran de Carthage, et ses élections truqués en sont sa plus belle démonstration ; toute autre action est vouée lamentablement à l’échec , à l’affaiblissement des forces démocratiques et à la sublimation d’un pouvoir crépusculaire.
La désacralisation du suffrage universel, mais aussi de ses propres tendances intrinsèques, propices au progrès et à la stabilisation des mœurs en général et en premier lieux, publics , ainsi qu’à la réconciliation dans l’immuabilité de l’être- citoyen ont considérés, quand elles ne l’ont pas rendu impossible , ce combat avec la réalité et avec soi , qui caractérise aussi sans aucun doute l’eschatologie démocratique , dés lors l’interrogation des valeurs s’est transformée en indifférence morbide et nihiliste , entendu par indifférence , la fixation culturelle et historique des anciennes valeurs, et le rejet des nouvelles qui dépassent le cadre normal où sont tenus en respect les citoyens, et auquel ils ne peuvent accéder que par l’élimination radicale de leurs oppresseurs, ces valeurs de progrès sont un danger imminent et mortel pour la dictature et pour l’ordre ancien en général dont on suspend l’interrogation. Ce que le pouvoir nous présente comme la liberté de marché , la sécurité , le miracle tunisien depuis sa révolution mafieuse et violente dans tous les sens du terme , la révolution du jasmin qui fut le plus souvent une ordonnance calamiteuse et dévastatrice pour l’abandon total du questionnement(historique) rétrospectif, au profit d’un rejet pur et simple de toute notre histoire et de notre culture millénaire , de tout l’ancien pour que de nouveaux dogmes travestis (les siens) prennent sa place , n’est que le mensonge permanent érigé en discours de conditionnement et de propagande, qui ne peut tenir que par la pression constante et l’impedimenta des masses populaires. La démocratie n’est pas un concept psychédélique , bien au contraire , elle est la pratique quotidienne des choses qui oblige le citoyen à ses droits et à ses devoirs , de s’inscrire et de contrôler à travers des institutions libres les applications administratives des choix politiques , économiques et sociaux du plus grand nombre , limiter à l’épure les excès bureaucratiques et ses scories, qui sont l’injustice , les privilèges , les détournement , la spéculation , l’arbitraire , enfin tous les traits de caractère du régime odieux de ben Ali , que ce dernier grâce à son armada policière , sa milice , ses tueurs et tortionnaires, refuse cela , truque les élections , fausse et saccage l’avenir du pays c’est logique et compréhensible, il est dans son statut de dictateur , de criminel et d’assassin ,mais que de soi-disant démocrates lui tendent la perche , s’exposent sans vergogne dans son jeu de masques , revendiquent à corps et à cris une part de son gâteau empoisonné , ils ne peuvent être que dans son camp , ils ne valent pas mieux que lui , ils sont même ses meilleurs défenseurs , ses meilleurs VRP , ses meilleurs vendeurs à la criée , ils trahissent à leur minable façon encore plus durement les attentes du peuple tunisien , à ce niveau de parjures, je ne comprends vraiment pas l’ingratitude du maître des céans , il devrait leur élever des statuts et rémunérer à la juste valeur de leurs abjections et de la sueur de leurs fronts, ces traîtres et ces Judas, ce sont ses plus fidèles serviteurs , et ses alliés malgré tout , contre vents et marées , et contre la Tunisie surtout.
La conscience éclairée transforme dans la durée l’impuissance des citoyens en regrets, remords et culpabilité plus grave encore en autodestruction , par le mépris et la haine de soi, et retourne contre eux leurs propres agressivités dans une dérive masochiste morbide, et arriver à voir en leur tyran le moindre mal .Les élections à la mode ben Ali qui provoquent les sourires en coin et les hochements de tête du tunisien , ces élections spectacles que certains cautionnent en y participant travaillent activement et en profondeur à la défiguration mentale, et à l’acceptation en désespoir de cause par le peuple du poison du mensonge et de la violence du pouvoir de ben Ali , système déflagrateur, érigé en vérité absolue face à un peuple soumis , face à un monde qu’il floue et arnaque par l’étalage, entre autres choses et surtout, de ces pseudos opposants qui sont « libres » de participer à ses « élections ».
La société tunisienne agite un besoin de liberté et de démocratie, profonde et irréductible, en retour elle ne subit que des violences et des injustices patentes, et face à ces barbaries rétrogrades, elle est aujourd’hui de plus en plus favorable à un nouveau projet progressiste et moderne, sur le plan culturel, économique, social et politique, pour s’y investir et demeurer compatible avec lui. Cette poussée de liberté se dirige, de ce fait , contre toutes formes ou exigences politiques et civilisatrices qui tente d’imposer par le haut la régulation du pays et des aspirations populaires , c'est-à-dire en l’état actuel des choses, contre le pouvoir et ses manigances et contre ceux qui lui servent d’alibi , comme ces potiches , dans ses menées opportunistes comme ces fallacieuses et calamiteuses élections d’octobre 2009, qui nous mènent tout droit vers une élection d’espérance de vie (terme employé à juste titre par un avocat tunisien ) , mais aussi contre cette opposition collaboratrice, et l’autre opposition attentiste qui se complaît dans ses conforts et ses remontrances médiatiques, comme si la mannequinât pouvait arrêter le bras du bourreau ou faire taire le rire des armes , cette opposition soporifique , laide , frileuse , calculatrice , notable qui ne mobilise en rien et qui fait jerker le poulailler. Ces « élections » , ces tripotages ridicules sont le fait accompli contre le peuple tunisien , contre la volonté de la majorité des tunisiens d’être libres dans leurs têtes et dans leur pays , un acte contraire à toute conscience morale , un crime contre des citoyens désarmés par la peur et la terreur ; c’est un crime de plus, accompli par ben Ali , ses complices et tous ceux qui participent à cette mascarade , le soutiennent et réconfortent ses assises , ils accomplissent le même crime en connaissance de cause , ils sont le billot contre lequel viendra s’appuyer la hache du bourreau, qui une fois encore pourra impunément trancher dans le vif les énergies et les espoirs de toute la nation .
La participation de ces rudistes est un vrai appel à la soumission totale à ben Ali, le résultat étant connu d’avance, leur présence sur ce terrain d’élections truquées confirme l’obligation opportuniste et vénale qu’ils ont envers ben Ali, rien qu’en cela, ils sont autant, sinon plus liberticides que lui, renoncer à tout et inviter par l’ignominie les citoyens à le faire, renoncer à cette liberté pulsionnelle, sous prétexte de compromis nécessaires à la sauvegarde de la vie ! Quelle vie ? Celle qui perdure sous la botte de ben Ali et qui semble les arranger.
L’hostilité de la majorité des tunisiens contre cette tyrannie et ses sicaires, ne s’oppose à aucun programme rationnel et juste, à aucune démarche civilisatrice ou nationale, elle s’oppose à un vide effarent et mortifère qui nous entraîne dans sa chute en enfer, elle nous oppose aussi à des opportunismes et des arrivismes qui seront les premiers à se prétendre des résistants de la 25 ème heure, le jour venu de la délivrance. Notre lutte et le boycott contre ces élections iniques et malfaisantes sont des éléments de première importance , et somme toute, le contenu essentiel de notre volonté à unir les forces démocratique , de notre refus total de la décadence , c’est ceci qui nous diffère, nous autres démocrates, de la gabegie et du népotisme , c’est notre volonté et notre valorisation et notre choix de l’humanisme , du droit , de la loi , de la démocratie et de la liberté , de la vie tout court, contre la déchéance ,l’exploitation et l’esclavagisme.
Les apories de la liberté sont l’élément essentiel du discours de la dictature et d’une certaine opposition, toutes deux conscientes que les choix futures du peuple dans son ensemble seront le principal acte d’accusation qui désignera les responsabilités de la faillite du pays, toutes les responsabilités, et demandera à la justice de suivre son cours et de s’appliquer sans aucune complaisance.
Nous devons pour sauver notre patrie , la libérer sans renoncer à un certain nombre d’idéaux intangibles et absolus , la démocratie à tous les niveaux , le suffrage universel sont des fondamentaux dogmatiques pour prétendre aller vers le progrès et la civilisation humaine , dans cette seule perspective possible , la dictature , mais aussi tout ceux qui l’ont si bien servie , ceux qui ont composé avec elle par consumérisme sur le dos du peuple, démunis et réduit à sa seule expression animale, doivent par l’application de la seule justice , le droit civique et humain, être écartés de toute prétention de continuer à nier et à démystifier notre vécu , notre histoire passée , présente et celle à venir.
La démocratie parlementaire telle que nous la désirons, contrairement aux trucage et montages de la dictature, ne peut-être qu’une source de progrès et de paix; en tant que peuple spolié et floué, nous n’avons pas d’autre but extérieur à nous même , nous sommes notre propre but, quitter la pesanteur esclavagiste et inhumaine de la dictature, pour devenir un peuple de citoyens c’est aussi simple et dramatiquement complexe que cela . Notre première liberté réside en fait dans l’unique liberté du choix entre le bien et le mal , cela fait des lustres que dans notre pays que nous avons identifié et désigné le mal absolu qui nous ruine , nous ronge et nous détruit , le combattre et l’éradiquer, est une question de salut public , une question de survie pour tout tunisien digne de ce nom , comment alors débattre de la question de participer ou non à ces élections , en débattre c’est déjà les ennoblir et se faire l’avocat du diable , comment certains s’abaissent –ils à raisonner le mal, et croire à sa réhabilitation . Participer à ces « élections » fantoches quand on sait qu’elles viendront grossir et amplifier la source du mal et son éternelle mousson, quand on sait qu’elles sont son chant des sirènes, le faire, c’est sans aucune ambiguïté prendre le parti de la dictature et continuer à lui servir de cheval de Troie, ou plutôt de crachoir.