par Al Faraby
— "Que s’est-il passé précisément au Koweït ?"
— "Excellente question, ni Poivre d’Arvor ni Chazal ne se l’ont posée mais t’as raison de le faire..."
— "Alors ?"
— "Ecoute, apparemment c’est un - remake - du sommet d’Istambul d’il y a six mois"
— "Mais encore ?"
— "C’est une rencontre entre les grandes puissances et les voisins de l’Irak, dans une tentative de stabilisation de la situation intérieure de ce dernier pays"
— "Voyons voir, c’est-à-dire entre les Etats-unis, la Russie, l’Angleterre, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, la Chine, avec la Turquie, l’Arabie saoudite, le Koweït, l’Iran, la
Syrie, l’Irak et bien sûr l’ONU..."
— "D’où la visite surprise à Bagdad de Condoleezza Rice, qui n’arrête pas de faire des déclarations fracassantes"
— "Tu trouves ?"
— "Dès qu’elle a un micro devant elle c’est pour lancer des injonctions aux Etats de la région, voire des menaces... pas plus loin que dimanche soir elle martelait, je cite - "Des ajustements vont devoir être faits dans la manière dont les pays arabes voient l’Irak" - fin de citation.
— "Bien relevé, c’est effectivement l’un des problèmes posés aux Américains mais aussi aux Irakiens... d’ailleurs, Maliki emboîte le pas à Rice et déclare à son tour, je cite - "Il y a des pays qui ne reconnaissent pas notre processus politique et incitent aux troubles. Je suis étonné par la position de ces pays "- fin de citation.
— "Ah ! de quels pays parle-t-il ?"
— "Sans aucun doute de l’Iran et de la Syrie... sûrement aussi de l’Arabie saoudite !"
— "Pourquoi sûrement ?"
— "A cause des chiites..."
— "Là, ça demande une explication, que viennent faire les chiites dans cette histoire ?"
— "Si tu veux toujours comprendre la situation dans la région et les problèmes qui lui sont liés, il faut avoir constamment le modèle à l’esprit"
— "Quel modèle ?"
— "Le modèle israélien"
— "Là aussi, ça demande une explication, que viennent faire les Israéliens dans cette histoire ?"
— "Je t’explique, les Israéliens ont le soutien et la garantie de toutes les grandes puissances que nous avons énumérées plus haut que leur Etat est celui des juifs..."
— "Et alors ?"
— "Cet État servant de modèle pour toute la région... les Saoudiens, à l’immense majorité sunnite, prend les devants et se méfie d’un nouvel Etat qui regrouperait à sa frontière tous les
chiites"
— "Ah ouais !... de fil en aiguille, il n’y aurait à l’arrivée que des États confessionnels ?"
— "Le nouveau Moyen-Orient ou le grand Moyen-Orient ou le nouveau grand Moyen-Orient... cher aux Américains, aux Israéliens... sûrement aussi à quelques Libanais"
— "Pourquoi sûrement ?"
— "Tant qu’à faire... autant regrouper les chrétiens dans cette partie de la région pour en faire un nouvel Etat !"
— "Sauf qu’au sommet du Koweït, les Libanais étaient absents..."
— "C’est sans importance... un sommet sur le Liban s’est tenu malgré tout, en marge à celui consacré à l’Irak"
— "Avec quel ordre du jour ?"
— "L’élection d’un Président de la République, la formation d’un gouvernement et le projet d’une nouvelle loi électorale"
— "Tout cela en l’absence des Libanais !?"
— "Et alors... ce n’est pas la première fois !"
— "Y avait-il les Syriens à ce sommet sur le Liban !?"
— "Même pas"
— "Et à qui est due cette initiative farfelue ?"
— "Kouchner, bien sûr !"
— "Décidément, il n’en rate pas une... mais en même temps, je comprends mieux"
— Tu comprends mieux quoi ?"
— "Que Poivre d’Arvor et Chazal n’en aient pas parlé"
— "... ?!?"
(...)
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عظَّم الله أجركم... في دولة بوش
د. عادل سمارة
أما فلسطين كوطن، فباقية، لا سيما بعد موت دعوة بوش.
هل يسعنا التسرع هكذا في تحليل الموقف؟
الجواب: نعم.
وذلك لأسباب عديدة، لكن أهمها، وهذا قد يبدو غريباً ولا يعجب كثرة من "الأميركيين العرب و/أو الصهاينة العرب. الجواب نعم، لأن وعد بوش منوط ومرهون بقبول الكيان الصهيوني الإشكنازي. ولأن هذا الكيان، صحيح من توليدات سايكس-بيكو، ولكن لديه فرصة مناورة أوسع بكثير من نظيراته من القطريات العربية التي هي كذلك من توليدات سايكس-بيكو. ألم تقل القصة التراثية " محمد يورث ومحمد لا يورث"!
لم يقطع بوش اي وعد على حساب أي كيان قطري عربي إلا وحققه. هل هناك أكبر من احتلال العراق وتدميره! لقد وعد بوش بذلك، ولأنه على حساب العرب فقد قدم له معظم الحكام العرب كل ما يساعده على ذلك.
ليس هؤلاء وحسب، ولكن قدمت له المساعدات المعنوية والإستشارات السياسية والفكرية، والقراءات الأنثروبولوجية، والشيوعية المرتدة واليسارية المتهالكة وبالطبع راس المال الخاص وكلها، والله مدفوعة الأجر. هذه شهادة لله والتاريخ أن الأميركي يدفع، حتى قبل تدهور سعر صرف الدولار. كل هؤلاء نفذوا ما طلبه بوش بل تطوعوا. وكثرة منهم بررت ذلك بأن بوش سيجلب الديمقراطية إلى العراق! وقد لا يكون هذا المهم. بل المهم: أننا لم نسمع عن انتحار أي منهم! على الأقل احتراماً لذاته. ولأنهم لم يفعلوا، يبدو أنهم كانوا عملاء لا عقائديين! والله أعلم!
قال بوش ذات مرة: انه حلم بأن الله قال له أعط دولة للفلسطينيين. ولكي يقول الله له: شاطر يا بوش، فقد تحدث عن هذا ووعد به.
وجائت السيدة سمراء البيت الأبيض إلى الوطن العربي المنكوب في زيارات تسومانية إلى المنطقة، خمس عشرة مرة، لتوزع حلوى التسوية.
ولكن. مكروا ومكر الصهاينة، بل مكروا مع الصهاينة. كيف؟
كان لا بد من تفجير لغم كبير يقطع طريق الضغط على الكيان في تقديم اية تسهيلات من طراز "دولة" من بوش للفلسطينيين. فكان لغم إيهود أولمرت. الذي ستكشف ارشيفات الأعداء ذات ثلاثين سنة مقبلة أن بوش نفسه كان قد قبل بهذا العرض بمعنى:
ابق عرضك سيدي الرئيس للفلسطينيين المتساوين مع التسوية قائماً.
ونحن نفجر رئاسة الوزراء، عبر تهم فساد، محاكمة، اعتكاف، تعيين تسيفي لفني رئيسة وزراء مؤقتة، الجدل حول انتخابات مقبلة وسينتهي العام "الوسخ" 2008. وبالطبع ستقول سيدي الرئيس للفلسطينيين من أهل التسوية: "لا يمكن التوصل إلى حل "كبير" بحجم دولة فلسطينية طالما هناك فراغ سياسي في دولة الصهاينة.
وبهذا تنقضي بقايا ايام العام، ويكون موعدنا في العام المقبل. وعندها، إذا جاء ما-كين، سيكون بوش في فترة حكمه الثالثة، وإن فاز الأسود الصغير، سيقتلونه وربما يُقتل قبل ان يجيىء، وحتى لو سلم وجاء، فستبقى الطبقة الحاكمة هناك عدوة من الدرجة الكبرى، وستحصل وعوداً بدولة فلسطينية، ولكن من يدري، قد يتم رفع أل "سبورتينغ ماشين" عن انف شارون ليقول: "دولة في الوطن البديل- في الأردن".
ايها الإخوة الأردنيين ، نحبكم، ولكن لن نغادر هذا ال
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par Al Faraby
— "Laisse-moi te raconter une petite histoire"
— "Oui mais vite fait, j’ai de la route à faire, nous sommes à la veille d’un week-end prolongé..."
— "Elle est courte"
— "Je t’écoute"
— "C’est l’histoire de quatre petits garçons du village de A’adchit au sud du Liban. Houssaïn, Ali, Ahmad et Hassan jouaient dans un terrain vague, à la sortie du village, quand l’un d’eux a
heurté une mine à fragmentation plantée dans le sol par l’armée israélienne lors de son agression en juillet 2006... elle en a laissé plus d’un million avant de se retirer"
— "Je sais tout ça... mais pourquoi tu me racontes cette histoire ?"
— "Parce que ça dépend du coin où tu vas avec ta famille ce week-end... comme je sais que tu as une petite maison dans le nord"
— "Oui, et alors !?"
— "J’ai entendu dire, qu’à certains endroits de cette région, le sol est truffé de bombes datant des deux grandes guerres"
— "C’est sympa de me prévenir, mais les habitants du village où je suis sont bien informés et sensibilisés sur la question... la mairie et l’armée font régulièrement des rappels, surtout à
l’occasion des congés et des vacances... et puis, il y a des endroits qui sont strictement interdits au public, ces endroits-là sont circonscrits et mis sous surveillance constante."
— "Vous en avez de la chance !"
— "La chance n’a rien à voir à ça... c’est la moindre des choses que l’Etat assure la protection des citoyens"
— "C’est bien ce que je dis..."
— "Je ne comprends pas !"
— "Vous avez de la chance d’avoir un Etat qui se préoccupe de votre sécurité et de celle de vos enfants même quand vous êtes en vacances et que vos enfants vont jouer à l’extérieur"
— "M’enfin, que racontes-tu là ? l’Etat nous protège tout le long de l’année, tout le long de notre vie, partout où nous puissions être... c’est un devoir, une obligation..."
— "Comment faites-vous pour garantir ce droit... assurer cette obligation ?"
— "Mais la question ne se pose pas... cette fonction de l’Etat, comme tant d’autres, découle du mode d’organisation de notre société... cette organisation, ce sont les citoyens qui se la
donnent au travers des institutions et des élus... notamment ceux de l’Assemblée nationale."
— "Chez nous, ils n’arrivent même pas à élire un Président de la République... les institutions ne fonctionnent pas et les ministres sont tous des anciens chefs de milices qui espèrent le
redevenir un jour... les jeunes instruits et qualifiés foutent le camp à l’étranger, le peu d’usines qui existent ferment l’une après l’autre, la terre n’est plus cultivée... "
— "Et pourquoi les paysans ne travaillent-ils plus la terre ?"
— "Je te dis... à cause des mines à fragmentation qui explosent sous les pieds de nos enfants qui vont jouer dehors, et sont tués ou mutilés, comme hier, Houssaïn, Ali, Ahmad et
Hassan..."
— "Il y a quand même 15.000 soldats de la FINUL au sud du Liban, que font-ils par rapport à ces mines ?"
— "Rien... ils disent que ça ne relève pas de leur mission de les détecter et de les désamorcer"
— "Et qu’elle est leur mission ?"
— "Veiller à l’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU"
— "Mais encore !?"
— "En gros, garantir la sécurité d’Israël"
— "Puis il y a environ 15.000 soldats de l’armée libanaise, que font-ils ceux là ?"
— "Ils coordonnent leur mission avec celle de la FINUL mais sous l’autorité du Gouvernement"
— "Quel Gouvernement ?"
— "Libanais, bien sûr !"
— "... ?!?"
(....)
par Al Faraby
— "Excusez-moi docteur, je cherche la salle des soins intensifs..."
— "Vous voulez voir qui ?"
— "Le petit Houssaïn Zrik"
— "Vous êtes de la famille ?"
— "En quelque sorte..."
— "Comment ça, en quelque sorte ?"
— "Dans son cas, comment ne pas l’être !"
— "Comprenez-moi bien, je suis l’un des chirurgiens qui l’ont opéré, chargé de surveiller l’évolution de son état d’ici encore quelques heures, je ne peux laisser n’importe qui l’approcher
pour une raison inconnue"
— "Je suis venu, pensant être de mon devoir de le faire"
— "Si vous me disiez, tout simplement, qui vous êtes ?"
— "J’ai lu dans mon journal ce qu’il lui est arrivé avec ses camarades et depuis je ne peux m’empêcher d’y penser, c’est comme un mélange d’obsession et de culpabilité qui hante mon
esprit..."
— "Allez-vous enfin me préciser le lien de parenté qui vous lie à cet enfant ?"
— "D’après l’article que j’ai lu, il aurait le même âge que Nabil"
— "Qui est Nabil ?"
— "Mon fils... j’ai hésité à l’amener avec moi"
— "L’hôpital n’est pas un lieu de rencontre très recommandé pour les enfants"
— "Je me suis dit que peut-être une présence d’un jeune de son âge à ses côtés pourrait lui procurer un peu de réconfort"
— "Nabil et Houssaïn, se connaissent-ils ?"
— "A leur âge, ils se ressemblent tous, ils jouent aux mêmes jeux, à l’école ils apprennent les mêmes choses, ils fredonnent les mêmes chansons, le temps qui passe n’a pas prise sur eux,
ils sont plus forts que lui, ils rient de tout... je crois bien qu’ils sont tous amoureux !"
— "Je vois que vous connaissez bien les jeunes de cet âge là..."
— "Vous pensez que je les connais !... en plus de mon Nabil, je les côtoie presque tous les jours de l’année..."
— "Comment ça ?"
— "Tous mes élèves sont à peu près de cet âge... ça fait plus de douze ans que je m’occupe de leur éducation physique.., c’est dire que je les connais par leur esprit et par leur
corps !"
— "Vous êtes donc professeur de sport"
— "On peut appeler ça comme ça... moi, je préfère dire -éducation physique- je ne leur fais pas faire seulement du sport, courir, sauter, nager, grimper... je leur apprends surtout à
découvrir et connaître leurs corps et à se les approprier..."
— "Si j’avais eu un professeur comme vous, je n’aurais probablement jamais touché à la cigarette..."
— "Très probablement docteur"
— "C’est sûrement aussi un professeur comme vous que le petit Houssaïn aura besoin"
— "vous m’en voyez flatté"
— "Ce n’est pas mon intention première, je le pense réellement"
— "Pourquoi dites-vous ça ?"
— "A cause de la conception que vous avez de votre métier, mais surtout de l’état physique du petit... nous avons été trois chirurgiens à nous relayer pour l’opérer et le maintenir en vie.
Il nous a fallu opérer le ventre, le rein et le coeur... il avait tout le corps criblé par des éclats de fer qu’il fallait absolument extraire... de plus..."
— "Quoi docteur ?"
— "On l’a amputé de sa jambe droite, elle était totalement déchiquetée... impossible de la lui sauver... plus de chaire, plus de muscles, plus d’os... plus rien"
— "Dites-moi docteur... il est hors danger ?"
— "Pour l’instant, il est sous perfusion... il dort sous l’effet de la drogue... il ne sent rien... il est inconscient, s’il remporte cette épreuve, alors le réveil va être très dur pour
lui... il va se rendre compte qu’il ne pourra plus jamais courir, sauter, nager, grimper... c’est à ce moment qu’il va avoir besoin d’un professeur d’éducation physique comme vous..."
— "Je serai là docteur !"
— "Je n’en doute pas... mais dites-moi, je ne sais toujours pas ce qui vous lie à ce gamin !?"
— "Mon autre fils, le frère de Nabil"
— "Ils se connaissent avec Houssaïn ?"
— "Non, il a été tué par l’une de ces maudites mines"
— "Venez mon ami, pour l’instant, ça ne sert à rien de rester ici..."
— "Je reviendrai docteur et je lui ré-apprendrai... à courir, sauter, nager, grimper avec une seule jambe... c’est fou ce qu’ils apprennent vite à cet âge là !"
(...)
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