Transmises à Gilles de Robien, ces deux propositions ont abouti, quelques mois plus tard à des premières lois sous forme d'arrêtés qui ont été publiés, et qui venaient répondre aux problèmes
de garantie que rencontraient les sociétés HLM, puis un peu plus tard en 2004 à la création d'un nouveau type de prêt pour le logement : le PSLA.
"Il y a eu donc la naissance du Prêt social location-accession (PSLA)", souligne Hakim Latrache, qui précise qu'avec cette solution, "le gouvernement donne un prêt conventionné qui va
permettre au promoteur, ou directement au bailleur HLM, de construire des résidences qui vont être proposées en location avec une option d'achat. Aujourd'hui, on a des biens qui sont
proposés, un peu partout en France, pas beaucoup en Ile-de-France, où l'accédent peut louer un certain nombre d'années, en général cette phase locative dure 4 ans pour des raisons fiscales,
une durée au terme de laquelle le locataire peut lever l'option d'achat."
Mais pour le responsable de la commission immobilière d'AIDIMM, "cette solution comporte un obstacle majeur : la levée d'option se fait avec quel argent ?" Car dans la formule PSLA, comme il
y a un prêt conventionné entre la banque, qui a signé la convention avec l'Etat, et le bailleur HLM, ce qui se passe après c'est qu'on propose un transfert de prêt du bailleur HLM vers le
locataire", nous explique-t-il.
Donc si on propose une formule aux musulmans, il faudrait qu'elle permette dans la durée de la phase locative, de constituer l'épargne nécessaire à la levée d'option avec les fonds propres du
ménage en location. Or, pour Hakim Latrache, "quatre ans, c'est trop court, il faudrait des durées d'au moins 9 ans, le cadre réglementaire le permet", même s'il estime que " la possibilité
de levée l'option en fonds propres serait plus réaliste en province qu'en région parisienne". Ainsi, "une maison qui coûte 135 000 euros, au départ dans la région de Rouen par exemple, après
une phase locative de 4 ans et une décote sur la valeur du bien, il y a une valeur d'option qui peut descendre à 80 000 euros. On peut imaginer qu'il y ait des familles primo-accédantes qui
aient des plans d'épargne logement déjà bien remplis, ou des investissements sous forme de parts de SCI ou d'actions en Bourse, voire qu'ils touchent un héritage, qui leur permette de lever
l'option avec leurs fonds propres", assure-t-il.
"Ce qui est dommage c'est qu'on ne puisse pas lever l'option avec une SCI familiale, en jouant sur la solidarité entre ascendants et descendants", regrette M. Latrache, qui précise que "cette
loi a très peu servi depuis 1984", puisqu'"elle servait uniquement à des promoteurs qui n'arrivaient pas à vendre des rez-de-chaussée et qui les proposaient en location-accession pour
quelques années. Aujourd'hui, étant donné le marché tendu que connaît l'immobilier, on vend des rez-de-chaussée facilement, même quand ils sont très mal situés. Donc cette loi a été très peu
utilisée, avant que le PSLA impulsé par Jean-Louis Borloo ne la dépoussière."
Cette formule est sans équivoque très proche de la formule de finance islamique « Ijara » si elle était déployée à plus grande échelle par les sociétés HLM, avec quelques
aménagements sur la durée et la formulation du contrat (pour bien séparer le contrat de vente de celui de location), elle ferait le bonheur de beaucoup de ménages musulmans résignés à contre
cœur à rester locataires en barres HLM même quand leur revenu leur permettrait de bénéficier d'un crédit à intérêt.