A plus d’un an et demi de la présidentielle d’octobre 2009, la classe politique tunisienne s’agite déjà. Le 14 février, Nejib Chebbi, 63 ans, fondateur du
Parti démocrate progressiste (PDP, opposition radicale), est le premier à annoncer sa candidature. Il devance ainsi les partis d’opposition, plongés dans les préparatifs de leurs congrès,
qu’ils doivent tenir dans les prochains mois, soit pour présenter leurs propres candidats, soit pour se prononcer sur celui qu’ils soutiendront. Quant au Rassemblement constitutionnel
démocratique (RCD, au pouvoir), il est en précampagne depuis novembre 2006. Ses militants exhortent quasi quotidiennement le président Zine el-Abidine Ben Ali, 71 ans, à briguer sa propre
succession « pour continuer à conduire la marche de la Tunisie sur la voie de l’essor et de la prospérité ». « Ben Ali, 2009 ! », c’est le slogan scandé par les foules lors des
déplacements du chef de l’État, ou reproduit par les journaux à longueur de colonnes, ou encore inscrit sur des affiches ou des banderoles déployées à travers le pays. En février, la
précampagne du RCD s’est accélérée avec le démarrage des réunions préparatoires de son congrès, prévu pour juillet 2008, au cours duquel, selon toute vraisemblance, Ben Ali devrait
répondre positivement aux exhortations et se porter candidat à un cinquième mandat de cinq ans. Compte tenu du rapport des forces sur l’échiquier politique tunisien et de l’enracinement
du RCD, le seul parti de masse du pays, le président devrait être réélu haut la main.
Tradition de plébiscite
Ce qu’il faut garder à l’esprit pour comprendre les scrutins de 2009, c’est que la Tunisie n’a pas de tradition pluraliste en matière de présidentielle. Depuis l’indépendance (1956), et
ce pendant plus de quatre décennies, l’élection revenait à plébisciter un candidat unique. Après quatre mandats successifs, Habib Bourguiba a fini par en faire l’économie en se faisant
élire « président à vie » en 1975. Dès son arrivée au pouvoir, en 1987, Ben Ali abolit la présidence à vie. Mais il n’en sera pas moins l’unique candidat aux deux présidentielles
suivantes (1989, 1994). À cela une explication simple : le code électoral est verrouillé par le système de parti unique et des conditions de parrainage difficiles à satisfaire pour un
candidat indépendant. Il faudra attendre le scrutin de 1999 pour voir des dispositions dérogatoires permettre à un chef de parti de l’opposition représenté à la Chambre des députés et
ayant cinq ans d’ancienneté à ce poste de se porter candidat. Les premiers à entrer en compétition avec Ben Ali sont Mohamed Belhaj Amor et Abderrahmane Tlili, qui, et c’est là une
spécificité tunisienne, se disent dans l’opposition tout en soutenant la personne du chef de l’État. En 2004, un pas supplémentaire est franchi avec de nouvelles dispositions dérogatoires
étendant à tout membre de l’instance exécutive d’un parti représenté à la Chambre des députés la possibilité de briguer la magistrature suprême. Si bien qu’outre les candidatures de
Mohamed Bouchiha et Mounir Beji, dirigeants de partis de la mouvance présidentielle, on enregistre celle d’un indépendant, Mohamed Ali Halouani, qui se présente avec le soutien de
l’Initiative démocratique (sorte d’union de la gauche) et sous l’étiquette du mouvement Ettajdid. Ben Ali l’emporte avec 99,91 % des voix en 1999 et 99,44 % en 2004. Ses concurrents étant
peu connus du grand public et à la tête de partis faiblement implantés, les conditions de l’alternance n’étaient pas encore réunies. Mais, symboliquement, ces candidatures ont contribué à
l’instauration progressive du pluralisme.
Ce processus va-t-il se poursuivre lors de la présidentielle de 2009 ? À ce jour, le gouvernement ne s’est pas prononcé sur ses intentions quant aux conditions requises pour se porter
candidat. Les procédures visant un amendement de la loi électorale nécessitant trois à quatre mois, il a encore plus d’une année devant lui. Trois choix s’offrent à lui : reconduire les
dispositions dérogatoires de 2004, introduire des conditions inédites, ou maintenir les dispositions en vigueur, lesquelles stipulent que pour être validée une candidature doit être
soutenue par trente députés ou présidents de conseils municipaux. Théoriquement, cela est possible depuis la législature de 2004. Certes, le parti au pouvoir dispose de la totalité des
182 sièges pourvus au niveau des circonscriptions et de la présidence de tous les conseils municipaux. Mais les six partis d’opposition totalisent 37 sièges de députés qui leur sont
réservés par la loi et repartis à la proportionnelle au niveau national. C’est auprès d’eux qu’un éventuel candidat indépendant pourrait obtenir les signatures nécessaires. Le pourrait-il
dans les faits ? Difficilement. En Tunisie, la pratique du parrainage n’est pas établie et l’émiettement de l’opposition rend quasiment impossible une candidature d’union entre les partis
de la mouvance présidentielle et les autres. À cela s’ajoutent les barrières psychologiques et politiques…
Quelles que soient les conditions requises, la candidature de Chebbi est en tout cas bien mal partie, et ce pour au moins quatre raisons. La première est que, n’ayant aucun élu à la
Chambre des députés, il ne peut bénéficier des mesures dérogatoires et, partant, n’est pas à même de se présenter. La deuxième est qu’après avoir cherché à prendre de vitesse les autres
partis d’opposition, qualifiant même certains d’entre eux de partis de « décor » ou de « l’allégeance » (au pouvoir), il ne peut plus solliciter leur soutien pour obtenir les parrainages
requis. La troisième raison est qu’il demande au pouvoir d’amender le code électoral afin de permettre à « tout Tunisien qui s’estime à la hauteur d’être candidat à la présidence »,
peut-on lire dans le manifeste de son comité de soutien, proposition aussi séduisante que démagogique, car elle ouvrirait la voie aux candidatures fantaisistes ou non représentatives. «
Comment s’y prendra-t-il pour obtenir une telle révision du code électoral, se demande un enseignant en sciences politiques. Va-t-il faire pression, et comment ? » C’est là qu’intervient
la quatrième raison, qui a soulevé un tollé au sein de la classe politique. Les conditions dans lesquelles s’est déroulée la conférence de presse de Chebbi pour annoncer sa candidature
ont en effet choqué ceux des Tunisiens soucieux de préserver la souveraineté nationale et permis à ses détracteurs de parler d’« agenda étranger ». Al-Mawkif, l’hebdomadaire dont Chebbi
est le directeur de la publication, a rapporté la présence à cette conférence de « hauts représentants » des ambassades allemande, française, norvégienne, britannique, américaine,
portugaise, belge, et de la délégation de l’Union européenne à Tunis. Relevait-elle d’une simple « activité de routine » pour information, comme nous l’a précisé l’une des ambassades
citées ? Ou pouvait-elle être interprétée comme un appel à l’étranger, comme le pensent les responsables de plusieurs partis de l’opposition modérée ? « Nous rejetons la stratégie qui
vise à mettre sous tutelle étrangère le processus démocratique », a déclaré Mondher Thabet, secrétaire général du Parti social libéral (PSL). Idem pour le Parti de l’unité populaire
(PUP), dont le secrétaire général, Mohamed Bouchiha, « rejette la surenchère et l’appel à l’étranger », ou encore pour l’Union démocratique unioniste (UDU).
Nejib Chebbi isolé
Ce n’est pas tout. Même parmi ses amis politiques, Chebbi ne fait pas l’unanimité. Le mouvement Ettajdid et le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), qui peuvent eux
aussi nourrir des ambitions présidentielles, lui reprochent de faire cavalier seul. Au sein de l’élite de gauche, il n’a pas rallié grand monde. Une quinzaine de personnes, pour la
plupart peu connues, ont rejoint son comité de soutien, dont le porte-parole, Khemais Chammari, ex-député et dissident du Mouvement des démocrates socialistes (MDS), joue auprès de Chebbi
le rôle d’un directeur de campagne. Selon nos informations, plusieurs personnalités sollicitées se sont poliment excusées. Quant au Parti ouvrier communiste tunisien (POCT) et au Congrès
pour la République, mouvements d’extrême gauche non autorisés, membres de la coalition dite du 18 octobre, dont le tandem Chebbi-Chammari a été l’un des artisans en 2005, ils ont eux
aussi pris leurs distances. À l’intérieur de son propre parti, Chebbi fait face à une contestation grandissante. Quatre de ses dirigeants, Mohamed Goumani, Fethi Touzri, Jilani Abdelli et
Habib Bouajila, qui représentent près du tiers de la direction, s’opposent depuis l’été à la radicalisation du PDP et préconisent une approche plus « réaliste et modérée ». Jugeant sa
candidature à la candidature prématurée, ils se sont prononcés contre son annonce.
Chebbi a donc suscité des remous que beaucoup assimilent à de la provocation gratuite. « Il fait de l’agitation », estime un défenseur des droits de l’homme non engagé dans les disputes
politiques. Coutumier du fait, l’ex-leader du PDP a mené, en 2005 et en 2007, deux grèves de la faim qui avaient été largement médiatisées à l’étranger. Une gesticulation
contre-productive qui n’aura fait que détourner l’opinion du véritable enjeu : renforcer les partis d’opposition et les rendre plus populaires pour qu’ils puissent faire avancer les
réformes politiques et gagner les élections, et non pas attendre que le pouvoir leur offre sur un plateau des sièges de député… ou un fauteuil présidentiel !
La scène politique tunisienne compte neuf partis légaux, dont sept sont représentés à la Chambre des députés. Elle est dominée par le RCD (au
pouvoir). Les huit autres, qui ne comptent chacun que quelques centaines d’adhérents, sont classés parmi les partis d’opposition, dans la mesure où ils ne participent pas au
pouvoir. Mais en réalité, cinq d’entre eux (MDS, PUP, UDU, PSL, PVP) soutiennent la politique du président Ben Ali, et font donc partie de la mouvance présidentielle. Les trois
autres, nettement opposants, sont Ettajdid, le PDP et le FDTL. Seuls les partis représentés à la Chambre des députés bénéficient de subventions budgétaires, proportionnelles à
leur poids électoral, pour leur fonctionnement et pour le financement de leurs publications.
Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, au pouvoir). Issu du Néo-Destour, qui a dirigé la lutte pour l’indépendance, le RCD compte 2,5 millions d’adhérents, soit autant
que le nombre de ménages en Tunisie. Son atout ou sa faiblesse, selon les points de vue, est qu’il est l’héritier du parti unique : confusion parti-État, quadrillage du pays
jusqu’aux administrations et entreprises publiques, rôle de courroie de transmission. Le RCD a pour président Zine el-Abidine Ben Ali et détient 152 des 189 sièges à la Chambre
des députés.
Mouvement des démocrates socialistes (MDS, mouvance présidentielle). Fondé dans les années 1970 par des personnalités libérales dissidentes du parti unique, le MDS a d’abord fait
figure de parti destiné à assurer l’alternance. Mais, depuis 1988, des luttes intestines ont entamé son crédit. Il a soutenu la candidature du président Ben Ali à la
présidentielle de 2004. Le MDS publie un hebdomadaire, Al-Mostakbal, occupe 14 sièges à l’Assemblée et a pour secrétaire général Ismaïl Boulahya.
Parti de l’unité populaire (PUP, mouvance présidentielle). Fondé dans les années 1970 par des dissidents du parti unique, le PUP publie un hebdomadaire bilingue, L’Unité
(Al-Wahda). Son secrétaire général, Mohamed Bouchiha, s’est présenté à l’élection présidentielle de 2004, tout en soutenant le programme du président Ben Ali. Le PUP a 11
députés.
Union démocratique unioniste (UDU, mouvance présidentielle). Créée en 1988 par un membre du parti unique pour représenter la sensibilité nationaliste, l’UDU publie Al-Watan,
bimensuel en langue arabe, a pour secrétaire général Ahmed Inoubli et occupe 7 sièges à la Chambre des députés.
Parti social-libéral (PSL, mouvance présidentielle). Fondé en 1988 pour représenter la sensibilité libérale, le PSL a connu plusieurs luttes intestines. Il a pour secrétaire
général Mondher Thabet et occupe 1 siège à l’Assemblée.
Parti des Vert pour le progrès (PVP, mouvance présidentielle). Fondé en 2006 par Mongi Khamassi, un transfuge du PSL, pour supplanter sur le plan légal son prédécesseur, le Parti
des Verts tunisiens (PVT, non reconnu). Il dispose de 1 siège à la Chambre des députés.
Mouvement Ettajdid (Le Renouveau, opposition). L’ex-Parti communiste tunisien a reçu le renfort de plusieurs personnalités indépendantes consécutivement à l’Initiative
démocratique qui a permis de présenter un candidat de gauche à l’élection présidentielle de 2004. Ettajdid a pour secrétaire national Ahmed Ibrahim et compte 3 députés.
Parti démocrate progressiste (PDP, opposition). Fondé en 1983 et reconnu en 1988, le PSP rassemble d'ex-socialistes baasistes et d'ex-militants d'extrême gauche. Sa secrétaire
générale, Mme Maya Jribi, a succédé fin 2006 à Nejib Chebbi, qui demeure membre du bureau politique. Le PDP publie un hebdomadaire en langue arabe, Al-Mawkif, connu pour sa
liberté de ton. Le PDP n'a aucun élu à la Chambre des députés.
Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL, opposition). Créé en 1994 par des démocrates, des syndicalistes et des militants des droits de l’homme, ce mouvement a dû
attendre octobre 2002 avant de se voir accorder un statut légal par les autorités. Son secrétaire général et fondateur, Mustapha Ben Jaafar, est l’une des personnalités les plus
respectées de l’opposition. Le mouvement n’a aucun élu au Parlement.
Les mouvements non reconnus
Le PDP et le FDTL mènent une action politique commune au sein du pôle appelé « 18 octobre » avec d’anciens dirigeants du mouvement islamiste Al-Nahdha (islamiste, toléré en
1988-1989, puis interdit) et des représentants de mouvements non reconnus comme le Parti ouvrier communiste tunisien (POCT, de Hamma Hammami), le Parti des Vert tunisiens (PVT,
d’Abdelkader Zitouni) et le Congrès pour la République (de Moncef Marzouki, en exil).
Hasard ou non du calendrier, depuis plusieurs semaines, les signes de décrispation entre le pouvoir et la société civile se multiplient.
Geste de conciliation à l’égard d’un barreau qui passe pour être l’une des bêtes noires du régime, le président Ben Ali a reçu Béchir Essid, bâtonnier de l’ordre des
avocats, opposant politique et défenseur des droits de l’homme, et satisfait les revendications professionnelles des avocats. Il a aussi ordonné la levée du dépôt légal,
procédure à travers laquelle une censure déguisée était exercée sur la distribution des livres. « Plus aucun ouvrage n’est aujourd’hui retenu », dit-on dans les milieux
officiels. Dans les médias publics comme privés, le dégel est réel. Des indépendants ont pu remporter la majorité au sein du bureau du syndicat des journalistes
(ex-Association des journalistes tunisiens) face à des candidats proches du pouvoir qui y tenaient le haut du pavé depuis une quinzaine d’années. Enfin, pour renforcer le
pluralisme à la Chambre des députés, le chef de l’État a annoncé, en novembre, une prochaine révision de la loi électorale de manière à porter de 20 % à 25 % la part de
sièges de député réservée aux partis d’opposition.
************************************
C.R.L.D.H. Tunisie
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en
Tunisie
Membre du Réseau Euro méditerranéen
des Droits de l’Homme
21ter rue Voltaire – FR-75011
PARIS - Tel/Fax : 00.33. (0)1.43.72.97.34
Répression sauvage dans le bassin
minier de Gafsa suivie de dizaines d’arrestations
Les villes de Redaïef et de Moularès, dans le bassin minier de Gafsa, au Sud du
pays, ont été le théâtre d’une vague de répression inégalée qui a touché, ce week-end, les principaux acteurs syndicalistes.
Cette région et ses centaines de chômeurs diplômés, sont en ébullition constante depuis plus de trois mois pour réclamer leurs
droits fondamentaux à l’emploi et à la dignité. Ces confrontations ont été suivies par des arrestations multiples et de violentes agressions physiques.
Rappelons que le grondement populaire que vit
le bassin minier de Gafsa à Métlaoui, Redaïef et Moularès depuis plus de trois mois, a éclaté le 5 janvier 2008, jour de la publication de résultats du concours de
recrutement professionnel au sein de la Compagnie de « Phosphate Gafsa », principal employeur de la région, des résultats considérés par l’ensemble de la
population comme frauduleux et basés sur le favoritisme (Voir Communiqués du CRLDHT du 22 janvier et 10 mars 2008).
C’est une première depuis l’accession au pouvoir de M. Ben
Ali : depuis le début de l’année en cours, des centaines d’hommes et des femmes, toutes générations et catégories sociales confondues se sont trouvés dans la rue
criant leur colère et leur refus de se sacrifier davantage au profit d’une politique injuste marquée par la corruption et le
népotisme.
Le samedi 5 avril dernier, la société civile tunisienne a exprimé
son soutien à la population du bassin minier de Gafsa et à ses revendications légitimes en organisant une journée de solidarité nationale au siège de l’Association
Tunisienne des Femmes Démocrates avec la participation de leur Comité national de soutien. Cette journée a marqué la présence de toutes les sensibilités associatives,
sociales et politiques.
La vague de répression des représentants syndicalistes s’est
déclenchée le lendemain avec le retour de Tunis de ces derniers. Le dimanche 6 avril, vers 5h du matin, les forces policières, appuyées par des renforts, ont encerclé
la ville de Redaïef et pris position dans ses principales artères. Une première confrontation avec les habitants a éclaté vers 13h pour, quelques
heures plus tard, s’étendre et toucher toute une population, avide de justice sociale et qui ne croit plus aux fausses promesses tenues par les
différents responsables régionaux et nationaux.
Le lundi 7 avril 2008, vers 8h du matin, la police politique a
procédé à l’arrestation des Ms. Adnane Hajji, secrétaire général du syndicat de
l’enseignement de base et membre actif de l’Union locale de l’UGTT, Boujemaa Chraïti, secrétaire général du
syndicat de la santé de Redaïef ainsi que son fils Ghanem Chraïti, étudiant , Taïeb Ben Othman et Adel El Jayar, deux enseignants syndicalistes. Tous
ont été violemment battus lors de leur arrestation devant le siège local de l’UGTT.
Le jour même à Moularès, une manifestation a été sauvagement
réprimée, neuf des manifestants ont été hospitalisés. Des dizaines de jeunes ont été arrêtés puis relâchés sous la pression de la population, venue en masse protester
devant le poste de police et de la gendarmerie.
Aujourd’hui, des dizaines d’arrestations de jeunes tunisiens ont
été enregistrées à Redaïef, accompagnées par des descentes policières musclées. Un climat de frayeur a été instauré dans toute la
ville en violant l’immunité des domiciles et en procédant à des intrusions menaçantes dans tous les quartiers
assurant le bouclage total de la ville et l’arrêt de toute circulation..
Parmi les personnes arrêtées, il y a : Ms.Fouad Khenaissi, Ben Salah Jedidi, Abdelwaheb Jedidi, Sami R’hili, Fayçal Dhaouadi, Ameur Jedidi, Fayçal Massi, chômeur.
Lassâad Semmi, Hassène Rahhali, Lassâad Zbidi, Mohamed Baya, Mohamed Bellakhda, Fayçal Ben Amor, Abdelwaheb Ben Salah, Anis Majdi, Mohamed Ben
Othmane, Mahmoud Chriti, Fathi R’hili, Issam Rguili, Rabiî Deguachi.
Adnane
Hajji, porte parole de ce mouvement de protestation populaire des familles
des miniers est particulièrement mis à mal car il souffre d’une insuffisance rénale.
En même temps, les écoles et le lycée ont fermé leurs
portes : élèves et enseignants ont rejoint les manifestants à travers toute la ville. Les commerçants également ont fermé leurs magasins et vers 14h de
l’après-midi, tous les syndicats ont annoncé une grève générale illimitée dans toute la ville jusqu’à la libération des leurs.
L’épouse de M. Adnane
Hajjia entamé une grève de la faim illimitée devant la section locale de
l’UGTT, décidée à poursuivre son action jusqu’à l’élargissement de son époux.
Le CRLDHT s’insurge contre cette nouvelle vague de répression qui
s’abat sur toute une région, parmi celles qui ont été sacrifiées au nom du « miracle économique Tunisien » !
Il exige de toute urgence la libération
immédiate de toutes les personnes arrêtées.
Il appelle le pouvoir tunisien à mettre fin à
la politique du tout répressif et à engager de nouveau les négociations avec les différents représentants locaux.
Il exprime son soutien à la population du bassin minier de Gafsa
et à leurs syndicalistes dans leur lutte pour le droit au travail et à la dignité.