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Les girouettes politiques tunisiennes.

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Un thème tabou : Les girouettes politiques tunisiennes.
Un vrai débat contradictoire 100% tunisien (non à la langue de bois)
Par

Tsar Boris

Aujourd'hui le cercle des libres penseurs tunisiens a le plaisir de vous inviter à son débat politique annuel sur le thème des girouettes politiques dans la Tunisie post-Bourguiba et ante-successeur de Zaba.

Présentateur et animateur : Camarade Mezri
Invité vedette : Doc Zouki alias Monsieur 2M.
Invité spécial : Abderrahmane Kraiem
Momo Charfi est pas venu, on ne l'a pas invité non plus.
Zein El Abidine : excusé (longue maladie proche de la sénilité).

Mezri : Merci cher Mustapha d'avoir accepté mon invitation à de débat.
AK : Pas de quoi. Au fait, je ne m'appelle pas Mustapha. Je suis maître Abderrahmane Kraiem!
MH : Ok faih Mustapha. Je ne sais pas pourquoi je vous appelle Mustapha, ya Mustapha. Vous me rappelez une chanson à la mode de jadis, du temps de Bourguiba, un petit air entraînant, cela me rappelle ma jeunesse, le bon temps colonial d'avant qui ne reviendra plus.
AK : Mustapha ya Mustapha?
MH : Exactement! Vous me faites pensez à Ben Jaafar, pas l'opportuniste, l'agent du régime. Il a fini directeur général des prisons.
AK : C'est mon ami!
MH : Je n'en doute pas, depuis le temps que vous vous fréquentez! Comment va sa femme.
AK : Madame va bien surtout depuis qu'elle travaille.
MH : Comment cela?
AK : Elle est magistrate : quelle planque!
MH : Ah bon?
AK : Oui, son seul boulot est d'ouvrir l'enveloppe fermée au moment du verdict et de la lire devant les accusés. Le chiffre indiqué dedans c'est le nombre d'années de prison ferme. Pour le reste, on peut toujours négocier.
MH : Elle reçoit des enveloppes?
AK : Par messager spécial venant directement du ministère.
MH : Dans une fourgonnette?
AK : Exactement. Ils roulent très vite.
MH : A propos, as-tu vu qui a renversé MAM (Mohamed Ali Mansouri) pendant que tu pousais son fauteuil?
AK : Oui. Il conduisait sans permis en état d'ébriété, je ne m'explique pas autrement le fait qu'il ait raté un invalide en fonçant avec une camionnette.
MH : C'était qui?
AK : Facile! Le seul qui a été relaxé, c'est Samir le mercenaire, alias Mondher Chedli pour les intimes. Un gamin aurait pu résoudre l'énigme : comme tu es con Mezri!
MH : Je ne suis plus un gamin. Et pourquoi a-t-il fait cela?
AK : Sur ordre direct de Zaba, oralement bien sûr, via son ministère de tutelle.
MH : Tu crois que Zaba s'amuse à faire cela Mustapha?
AK : Oui, bien sûr, je m'appelle...
MH : Je sais comment tu t'appelles! Pourquoi ils ne l'ont pas flingué dans le cachot du palais de justice?
AK : Parce que c'était la victime! Il s'est présenté au tribunal.
MH : Ah oui, c'est vrai. C'est rare que les victimes soient libres en Tunisie.
AK : Oui, contrairement aux coupables, toutes les victimes du régime sont en prison.
MH : A propos de victimes et de coupables, pourquoi as-tu retourné ta veste?
AK : Pour des raisons strictement personnelles premièrement. J'ai remarqué que la Ligue et le RCD ne font pas bon ménage. Tu connais les éradicateurs. Ils ont sabordé la ligue. Tant que la Ligue était du côté du régime, je me sentais bien. Mais quand elle s'est émancipée en devenant un peu plus indépendante, je me suis aperçu que certains Ligueurs ont commencé à me regarder de travers.
MH : Parce que tu était membre du RCD?
AK : Exactement. On ne pouvait plus manger et boire comme on voulait et ne rien faire. Les ligeurs se sont réveillés. Ils voulaient écrire des rapports, défendre les droits de l'homme, bref être indépendants!
MH : Mais c'est bien pour une Ligue qui est censée émaner de la société civile!
AK : Justement : Au RCD, j'étais tout seul à adhérer dans mon quartier, dans ma rue et dans ma ville. On m'a fait comprendre que je ne pouvais pas rester à la ligue si je voulais continuer à profiter de tous les avantages du RCD.
MH : Qui on?
AK : D'après toi? Le seul qui adhère à ce parti de merde!
MH : AH oui, je vois. Et les autres?
AK : Ce sont tous des guignols. Aucun n'a son mot à dire!
MH : Même dans le politburo?
AK : Ceux-là ne viennent même pas quand il y a à boire et à manger, il faut aller les chercher de force et insister pour qu'ils se lavent. Et quand ils arrivent ils sont toujours en retard.
MH : Est-ce que tu as des idées pour trouver un autre nom pour le RCD?
AK : Non, aucune. On n'a pas besoin d'un nouveau parti. Le changement, j'en ai ma claque!
MH : Mais tu sais qu'il va partir le vieux parce qu'il ne pourra  bientôt plus gouverner.
AK : Je m'en fous, qu'il crève!
MH : Ce n'est pas parce que les autres ne t'ont plus parlé que tu as quitté la Ligue tout de même!
AK : Je n'avais plus d'avenir à la Ligue. Aucune chance de devenir président. Et puis je n'ai pas de parents ou d'nefants en prison alors qu'est-ce que je vais foutre dans une boutique pareille?
MH : La solidarité tu sais ce que c'est?
AK : Non. Pour moi il n'y a que le pognon qui compte. Et plus on en a, plus on veut en avoir.
MH : Ils t'ont payé?
AK : Ouais.
MH : Combien?
AK : Combien. Mustapha (voir au début) m'a dit que si je quitte la Ligue j'aurai le double.
MH : C'est-à-dire?
AK : 5000 fois deux.
MH : 10000 dinars!
AK : Ouais. Cinq patates pour mes honoraires, 10 patates en tout.
MH : Et tu n'es pas content? Moi à ta place j'aurais pris l'argent et je me serais barré à l'étranger, c'est assez pour émigrer en Alaska Mustapha.
AK : Je sais. Je me serais barré bien volontiers de ce pays de fous, mais le problème, c'est que Mustaphe en a gardé la moitié sous le prétexte que sa quatrième villa lui coûte trop cher et qu'il ne peut plus payer tout son personnel, qu'il doit construire une nouvelle maison parce que sa piscine est trop près de la terrasse.
MH : Et il t'a emprunté 5000 dinars?
AK : Ouais, il m'a même menacé de faire un séjour en prison dans un cachot et de me présenter un certain Samir qui brûle d'envie de me connaître.
MH : ET vous avez eu peur qu'il vous agresse? C'est pour cela que vous avez quitté la Ligue?
AK : Non, je n'ai peur de rien. Je suis un avocat froid et sans scrupule. Je l'ai fait pour l'argent uniquement.
MH : Est-ce qu'ils vous ont fait comme moi des pressions familiales?
AK : Non, aucune. Je leur aurais été très reconnaissant de me débarrasser de ma belle-mère.
MH : Est-ce que vous leur avez demandé?
AK : Oui. J'aurais bien voulu émigrer et aller tenter ma chance ailleurs dans le monde mais ils ne m'ont donné pas assez.
MH : Quoi pas assez, moi avec 3 dinars je peux survivre pendant quatre ans!
AK : Moi je ne suis pas un ascète et j'ai besoin d'argent pour payer la mafia.
MH : Mais à l'étranger tu pourras travailler et gagner de l'argent, tu n'auras plus besoin de payer qui que ce soit, tu seras libre!
AK : Et toi, ils-t-on eu comment? Pressions familiales, menaces, procès politique?
MH : Rien de tout cela. Ils m'ont m'ont donné une villa avec des vignes pour me récompenser.
AK : Je vois. Tu es encore plus con que ce que je pensais.
MH : Et toi tu es un ripoux, je ne comprends pas comment tu peux encore te regarder dans la glace.
AK : OK je suis intéressé mais pas débile ou stupide!
MH : Je ne comprends pas ce qui t'intéresse car toi-même tu es sans intérêt.
AK : Oui je trouve aussi. J'étais autrement avant. Le nouveau régime m'a rendu complètement idiot. Je m'ennuie en Tunisie. A quoi cela sert d'apprendre les lois si le régime les bafouent sans arrêt?
MH : Que désir primitif que de faire la loi!
AK : Toi l'intellectuel je suis sûr que tu as été la chèvre dans ton régiment!
MH : Je suis l'incarnation de l'esprit tunisien.
AK : Bon pour l'asile.
MH : Et toi tu aimerais bien fuir, n'est-ce pas? Mais d'abord il faut apprendre à nager car avec ton passé je doute que tu puisses te faire passer pour un opposant.
AK : Pas une seule seconde je ne me suis opposé à quoi que ce soit. Depuis que j'ai compris qu'il faut avoir la carte du RCD pour gagner des affaires, je n'ai pas hésité, et puis j'ai compris que ce régime pourri va bientôt tomber, toute la question est de savoir à quelle date exactement. C'est de la spéculation pure. S'il a encore trois jours à faire je démissionne demain et après-demain je rentre dans l'opposition. Mais si cela doit encore durer dix ans, je ne peux pas rester tout ce temps au chômage. Il faudrait que je trouve quelqu'un dans ma famille pour entrer dans l'opposition au cas où c'est l'opposition qui gouverne un jour, mais je préfère être dans le camp des forts pour gagner moi-même tout en sachant que je risque aussi de perdre. C'est un véritable dilemme cet engagement. J'ai essayé d'être à la fois dans l'opposition et dans la majorité mais c'est une situation intenable, alors il  afallut choisir et j'ai choisi de retourner ma veste, c'est tout.
MH : Vous avez vendu votre âme au diable pour quelques roupies, vous n'avez pas honte?
AK : Exactement. Et comme je n'ai plus d'âme je n'ai plus de conscience non plus : je ne peux plus avoir aucun sentiment, alors l'honneur ou la honte je m'en fous.
MH : Est-ce que vous jouez les verdicts des procès au poker?
AK : Non, plutôt à la belotte. Je ne sais pas mentir.
MH : Et vous gagnez souvent avec la carte du RCD?
AK : Cela dépend. Le ministère se trompe parfois dans ses verdicts. Un simple voleur de sac se retrouve avec 10 ans de prison ferme, les tortionnaires sont acquittés, c'est le monde à l'envers.
MH : Et le juge, il ne dit rien?
AK : S'il veut rester juge il a effectivement intérêt à ne rien dire. Tu as vu tous les problèmes qu'a eu ce pauvre Mokhtar?
MH : C'est affreux si la justice se trompe à ce point, plus personne n'est en sécurité dans ce pays.
AK : Ils ont attrapé des touristes qui voulaient se faire photographier à côté des flics, on les a mis dans le premier avion, d'autres n'ont pas eu cette chance, ils sont restés longtemps dans des cachots surpeuplés où ils ont fait la connaissance de Belazreg.
MH : C'est aussi ton ami à toi Mustapha?
AK : Tous les flics sont mes amis. J'ai appris à ne pas crier quand ils me tappent dessus. Parce que si tu ne fais pas ce qu'ils veulent ils te frappent encore plus. C'est fou mais c'est comme cela.
MH : Tes amis te tappent dessus?
AK : Oui, c'est normal en Tunisie. Parfois j'arrive à les calmer.
MH : Comment?
AK : Avec des billets.
MH : Et ils en font quoi de tout cet argent?
AK : Ils le jouent au monopoly ou ils se torchent le cul avec.
MH : Combien cela coûte de corrompre un juge?
AK : Je n'en sais rien. Après avoir payé les flics, il ne me reste plus rien. Je sais seulement combien cela coûte pour les avocats. Moi mon tarif c'est 5000.
MH : Alors si je te les donne, tu repasse immédiatement dans l'opposition?
AK : Ouais. J'émigre au Canada.
MH : Je peux te faire des recommendations. J'ai des bons amis là-bas : Slim Belhaiza, Valérie, Jooneed, Abdo, Mohamed, Taïeb, Jamel, Lise etc.
AK : Tu me mets l'eau à la bouche. Cela me donne envie de partir!
MH : Mais je t'en prie Mustapha, faits tes valises. Il vaut mieux être chauffeur de taxi à Montréal qu'avocat aux ordres à Tunis. C'est une question d'honneur.
AK : Est-ce que j'aurai un petit boulot de porteur de valises dans un grand hôtel?
MH : Peut-être. Tu pourras au moins manger à ta faim tous les restes du brunch, et puis tu verras tes anciens maîtres quand ils sont de passage.
AK : Ceux là je leur servirai un plat de ma composition.
MH : Ou une tarte à la crème. On sonne : c'est Moncef! Hé connard, t'as vu à quelle heure t'arrives?
Moncef : Oui je sais, je suis en retard. Je voulais vous faire savoir que je suis encore vivant et comprendre que je vous dis merde. Moi je ne parle pas aux girouettes ni aux intellectuels tunisiens.
AK : Les billets tu sais, c'est l'alpha et l'oméga. Moi non plus je ne parle pas aux opposants.
MH : Poil aux dents! Hé Moncef, c'était bien les vacances en Tunisie? Merci d'être venu à cet entraînement de débat démocratique. Du fric, Mustapha, il en a eu beaucoup plus que moi qui n'ai reçu qu'une ruine et un peu de mauvais vin tunisien qui fait gerber et qui donne la chiasse, une cuvée vice-présidentielle chaptalisée.
Moncef : Cela va Mezri, pas de détails. J'ai un autre problème : j'ai perdu mon conseiller préféré et pour ce débat, je ne sens pas très inspiré parce que mon éminence grise ne m'a pas dit ce matin ce que le peuple voulait entendre. Tu sais, nous les vieux opposants, sans les jeunes autour de nous, on est complètement coupés du monde et de la réalité.
MH : Un peu de bluff n'a jamais fait de mal à personne : tu improviseras ton discours, comme Zaba.
Moncef : Oui mais c'est plus facile pour les singes décérébrés que pour les êtres humains.
AK : Zaba est un gorille : il est très proche des humains. Il peut hurler, gesticuler et dévorer ses enfants même quand il n'a pas faim.
MH : Notre thème, c'est les girouettes politiques dans la Tunisie post-coloniale post-Bourguiba post-Ben Ali pré-vrai-changement.
Moncef : Moi j'ai jamais changé de camp. Ils ne voulaient pas de moi à la tête du RCD alors j'ai choisi la tête de l'opposition.
AK : Moi j'ai vu que je n'avais plus aucun avenir à la Ligue dés que la Ligue est redevenue libre. J'aurais pu essayer de la dominer mais la place était déjà prise, alors j'ai changé comme le dit la propagande.
MH : Quel con tu es de croire au changement! Moi ils m'ont fait des pressions familiales et professionnelles, ils m'ont dit que si je ne me soumettrais pas ma vie allait devenir impossible, ils m'ont menacé de mort et pour finir ils m'ont exilé au loin près de Monastir dans une vieille villa en ruine avec des vignes. Je suis devenu le chien de Zaba. Il me lance le Figaro et crie « Va chercher », quelle humiliation!
AK :  C'est mieux de ramener le papier toilette au despote que d'être l'hôte d'un cachot de Borj El Amri, ou du palais de Justice; les pauvres types qui sont là-dedans on les entend crier jusque dans les salles d'audience, c'est insupportable.
Moncef : Au moins dans les cachots on ne trouve pas de membres du RCD! Cela fait vingt ans qu'ils me connaissent. Ils savent que cela ne sert à rien de me frapper. A lamoindre atteinte contre ma personne, au moindre regard de travers, je le publie dans tous les journaux, c'est mon fonds de commerce. Après, je peux me faire inviter n'importe où et même trouver du boulot. C'est toute la différence entre moi, qui suis un opposant professionnel, et ce crétin de Kraiem qui n'est qu'un amateur. Je comprends que tu ne sois pas resté à la Ligue : tu es vraiment trop con. Il n'y a pas de place pour deux à la tête de cette honorable institution. Moi j'en ai été le chef. C'est évident que personne d'autre n'aurait pu avoir mon fauteuil à ma place. A ta place, j'aurais fait comme toi. J'aurais aussi quitté le RCD parce que tu le seul adhérent dans ce parti de merde. Si tu crois que Zaba va te donner une promotion, tu peux attendre longtemps. Il y a une place à prendre dans mon parti : je cherche une éminence grise, un jeune de préférence, parce que depuis que mon ancienne m'a quitté j'ai des petits problèmes avec mon site informatique. Alors si cela t'intéresse tu prends tes clics et tes clacs et nous allons à Paris, capitale de la Tunisie.
AK : Et j'aurais des billets pour corrompre tous les magistrats?
MH : Est-ce que tu as déjà quitté la Tunisie?
AK : Non, jamais. J'ai été en Algérie autrefois, là-bas j'ai acheté mon diplôme. Cela m'a coûté beaucoup de billet (il montre la hauteur du tas).
MH : Oh là là, ils ont bien gagné avec toi nos voisins algériens!
Moncef : Tes anciens amis du RCD peuvent te donner des billets de Tunisair pour aller voir ta grand-mère quand elle se cassera la patte en jouant au foot. Tu n'as pas besoin de billets à Paris, il y a suffisament de restes excellents à manger dans les poubelles.
AK : Et j'aurai une parisienne?
Moncef : Si mes communiqués sont prêts le matin et sans fautes tu auras tout ce que tu voudras.
MH : Ouais, on t'offrira une petite voiture à pédale, un frigo et un vieux lit à ressort.
AK : Un lit à ressort qui grince! J'en ai toujours rêvé en Tunisie. C'est le but de tout une vie de travail en Tunisie, un frigo et un vieux lit.
Moncef : Et si tu ramènes ta biquettes tu feras des économies substancielles de bordel : tu l'utilises avant et tu vas mater les putes à Saint-Denis après, c'est le secret de la richesse à Paris.
AK : Quoi, on peut devenir riche en travaillant honnêtement sans avoir recours à la corruption?
MH : Si je te le dis. Tous les hommes sont égaux.
Moncef : Riche, je ne sais pas, mais personne ne te suivra en permanence dans la rue. Les chômeurs ne sont pas tous flics en France. On leur donne quelque chose à bouffer.
AK : Et dire qu'en Tunisie il y a des juges chômeurs!
MH : Et des juges qui ne chôment pas. Quand je pensent que ce sont toujours les mêmes têtes de noeuds qui répriment les islamistes, cela me donne la nausée (notez-bien : J'ai la nausée!).
Moncef : Je les connais bien! Mais tu sais, dés que l'opposition prendra le pouvoir on va faire une réforme de la Justice et on mettra tous les magistrats aux ordre de la dictature dehors.
AK : Tous les avocats pourris aussi?
MH : Tout le monde! Alors autant quitter le système le plus rapidement possible et apprendre à vivre dans la pauvreté. Il y en a qui vont être surpris à la fin de l'ère Ben Ali.
Moncef : Moi vieux fossile n'ai rien à perdre et tout à gagner, mais je suis conscient que je suis soudé au dictateur. Nous disparaîtrons ensemble. Zaba, c'est mon despote chéri. Je veux avoir l'insigne honneur de vivre en direct l'heure de son départ, tout en étant conscient que ce sera également le moment de ma mise en retraite. Je ne survivrai pas à trois dictatures consécutives. Je l'ai déjà dit au jeunes : le moment est venu de me remplacer. Je vais entrer dans l'Histoire tunisienne comme ayant été le guide de l'opposition.
MH : Et moi je sortirai de l'histoire parce que je n'en vois pas le sens.
AK : Et moi je vais entrer dans un mouvement de rotation de plus en plus rapide jusqu'à changer de couleur. Je vais devenir une trubine qui fournira de l'electricité à toute la Tunisie.
Moncef : Ce sera bien la première fois qu'un con produit de la lumière.
MH : Moi je suis au-dessus de tous les débats. Il faut faire la différence entre un débat et Le Débat. Mon esprit a traversé de manière irréversible les nuages ultimes de la pensée. Au dessus des ténèbres de la dictature brille le soleil de la liberté, mais cela vous ne pouvez pas le savoir puisque vous êtes trop bêtes, les uns à gagner seulement de l'argent, les autres à toujours vouloir être le chef au prix de vous retrouver tous nus et tous seuls dans votre parti.
Moncef : Au moins toi, Abder-Mustapha, on te comprends, tu as fait cela pour de l'argent, mais toi Mezri, la cause de ton transfuge m'échappe. Je me dis qu'au moins tu as vécu pendant quelques années dans l'opposition. Mais la question qui me hante est la suivante : étais-tu un espion de l'opposition?
MH : Pour le savoir tu dois regarder dans mon dossier de la police politique.
Moncef : Nous as-tu espionnés oui ou non pendant que tu étais à Paris?
AK : Moi j'ai espionné comme un fou, c'est normal en Tunisie, ma voisine dans sa salle de bains, j'ai fais des trous dans les murs pour instaler des micros et des caméras, j'ai écrit 30000 pages de rappors, j'ai fait le guet pendant des semaines pour voir ce que font mes amis, j'ai espionné ma famille, mon clan, mon chien pendant qu'il fait ses besoins et je l'ai même dénoncé le jour où il a pissé sur la chaussure d'un flic en civil.
Moncef : Toi ferme-là, on ne t'a rien demandé. Je parle à Mezri!
MH : Je propose que l'on fasse un référendum pour répondre à cette question!
Moncef : On n'est pas sortis de l'auberge.








Mohamed Saïdani : jamais entendu parler

Depuis quand doit-on lire le New York Times pour savoir ce qui se passe en Tunisie?
Depuis quand l'Amérique nous fait-elle la leçon?
Depuis quand l'information outre Atlantique est-elle plus crédible que la sagesse et la mémoire collective populaire?

Il y a des journaux-torchons-épluches-patates (La Presse de Tunisie), des journaux qu'on lit dans les  toilettes (presse américaine) et des journaux qu'on garde pour montrer à son voisin qu'on sait parler l'anglais, qu'on fait des voyages et qu'on a une vie intéressante. Il y a les bons journaux d'information sérieux et les mauvais.

C'est tout de même curieux qu'après le 11 septembre on ne cherche plus les terroristes, on les trouve.

New York Times du 11/12/2001 : North African in Europe Said to Preach War) par Susan Sachs.

Cet article, c'est de la shit en tube. Je l'ai lu ou plutôt survolé. Cela pue la désinformation, l'intoxe, la fausse-nouvelle, le pré-digéré qu'on nous vend au prix du scoop, la propagande bénaliste qu'on essaie de faire passer pour de l'information.

Pourquoi suis-je aussi dubitatif? Parce que principal accusé, un certain Mohamed Saïdani : je n'en ai jamais entendu parler. S'il était connu, cela se saurait dans le village. Et je sais par expérience que tous les soi-disant islamistes sont hyper connus. Cela fait au moins 30 ans qu'ils sont fliqués, pourchassés, mis à l'index, réprimés, et par seulement eux : tout leur clans et même leurs amis et les gens des villages d'à côté jusqu'à cent milles à la ronde.

Quand un scribe tunisien écrit de la merde, on soupçonne la censure d'être l'auteur de la dictée. Ils sont paranoiaques au ministère de l'intérieur, c'est normal, ce sont des fachos. Mais des rédacteurs étrangers qui ne parlent pas un mot de tunisien, comment les croire quand ils écrivent sur nous? D'où vient leur informations? Normalement, les journalistes citent leurs sources, ils font la liste des témoins, ils nous font vivre l'histoire qu'ils racontent en essayant de nous convaincre grâce à la raison ou aux émotions.
Dans ce cas, rien de tout cela : écoutez la parole et croyez-moi parce que ce que je dis est toujours vrai parce que je suis un journaliste du New York Times. Croyez-moi et fermez-là. New-York Tunis même pratiques. Il n'y a que de la merde dans cette article. Et l'equation : Emigré + Musulman pratiquant = T... ? C'est une débilité à l'état pur.

On construit une image négative des arabes. Il y va de notre honneur national. J'ai connu les américains autrement. Il fut un temps où ils aimaient beaucoup les Arabes. Ils y avait un grand respect entre les peuples. Et ils respectaient la doctrine Monroe : ils ne se mêlaient pas des affaires des autres. Les temps ont changé. Ils ont élu un imbécile, un conservateur incapable comme président et ce fut le début de la catastrophe : le déclin de l'empire américain. Aujourd'hui même les conservateurs sont fâchés : ils voulaient un type propre et surtout pas de scandale, ils ont un ancien alcoolique aussi nul que belliqueux. Il voulait faire la guerre, il l'a faite, sans aucun soucis pour ses citoyens et aucun égard pour tout autre être humain. Un nouveau Vietnam. Il a forcé tous ses amis dictateurs à faire comme lui, contre la volonté profonde de leurs peuples. Rares sont ceux qui ont osé s'opposer. Et même ceux-là, quand ils étaient gouvernés par des imbéciles, ont réussi à se fâcher contre tout le monde.

La version des autorités tunisiennes : ils ont envoyé beaucoup d'innocents à l'échaffaud. Quelle aubaine pour Ben Ali le Terrorisme. On dirait qu'il s'est associé avec Ben Laden pour faire plus de répression. Tous les Ben se ressemblent : finalement ils manquent de personnalité s'ils s'identifient seulement àleurs parents. Leur seul chance de montrer leur intelligence serait de traiter leurs enfants de fils d'imbéciles : si au moins ils ont conscience qu'ils sont cons, alors peut-être ils ne sont pas aussi cons qu'ils en ont l'air. Celui qui sait qu'il est con, il est moins con que celui qui ne le sait pas. Le jour où Ben Ali, qui fait beaucoup le con, commencera à penser qu'il y a peut-être 1% de chance qu'il se comporte comme un con, peut-être qu'il démissionnera. Ou bien il nommera comme Poutin un autre à sa place et essaiera de se faire oublier, on ne sait jamais, si les tunisiens sont comme il le croit tous à 99% bénalistes alors de vraies élections non truquées ne sauraint poser aucun problème. Des cons au pouvoir, on en a vu d'autres. Que ce soit Ben Ali ou Ben X, quelle différence? On pourrait aussi avoir : Ben Brick, Bensedrine, Ben Charfi, Ben Marzouki, Ben Hassine, n'importe qui car tout le monde est interchangeable. Le jour où Ben Ali ne sera plus au pouvoir, son clan sera dans l'opposition, à moins qu'il réussisse à caser l'un des siens, ou un Traboulet, ou mais lequel?
La Tunisie cherche un nouveau président. N'importe qui, n'importe ou, n'importe quand. Quand on sait que le coup du jasmin a été fait à la dernière minute dans la plus grande improvisation, alors n'importe quel candidat peut rédiger quand il siège sur le trône pour évacuer ou vidanger une nouvelle déclaration, signée en rouge s'il vous plaît tradition oblige.
Moi je me demande s'il n'est pas opportun de créer un nouveau parti beylical. Ils ont complètement gagas alors ils ne peuvent pas être trop méchants. Redevenir une colonie turque, pourquoi pas? Mais je ne sais pas si c'est intéressant pour eux d'annexer la Tunisie car ils n'auront pas plus de chance de rentrer dans l'Europe. Tout est possible en Tunisie : nouveau président (à vie?), nouvelle constitution, c'est le pays du changement, nouvelles grâces pour tous ceux qui n'ont pas encore été condamnés.

Tout le monde sait qu'il n'y a pas plus poli et gentil que les tunisiens. Mêmes pauvres et sans rien à manger ils restent dignes. Ils ne vont pas mendier comme dans d'autres pays d'Afrique du Nord. Ils travaillent dur et gagnent peu. Avoir une religion est synonyme avant tout de morale. Ils sont tolérants, n'ont jamais eu de conflits avec leurs voisins juifs ou chrétiens. Les tunisiens sont bien éduqués, pacifiques, ouverts au monde et accueillants.

Le régime politique tunisien est une bande d'opportuniste sans foi ni loi. Ils pratiquent le vol, la troture, l'assassinat politique et l'emprisonnement arbitraire. Et ils en ont inventé des histoires pour faire du mal aux gens. Certains flics qui sont en réalité des chômeurs déguisés ne travaillent que pour cela. Le ministère de l'intérieur, au lieu de travailler à assurer la sécurité dans le pays, invente des histoires. Ils censurent d'un côté et écrivent ce que les citoyens doivent croire, penser et dire de l'autre.

Ils ont écrit un livre de mensonges pour diffamer Salah Karker, un statisticien ancien prof d'économie à l'université, arabisant évidemment. Ben Ali ne sait pas lire alors il considère tous les intellectuels comme étant suspects. Est-ce notre faute si le despote a des complexes au niveau de son éducation?

Et maintenant ils veulent accuser la jeunesse de tous les maux.
En Tunisie : JEUNE + PRIERE = TERRORISTE

D'abord ils accusent, après ils disent : « Oui, mais... »

Monsieur Mèmètte Trucmuche Ben Zzz est un (imaginez ce qui vous fait le plus peur ou une expression à la mode dans la presse de boulevard), MAIS IL N'EST PAS LE PLUS IMPORTANT dans son réseau/cellule/groupement/secte. Il y en a d'autres : garou garou! L'utilisation du mythe de l'ennemi intérieur dans la politique sécuritaire. Cela justifie la répression.

Les américains ont été encore plus loin : tirer une roquette contre un avion de ligne parce qu'on le suspecte d'avoir des terroristes dedans, cela nous fait des frissons dans le dos surtout quand on sait que la décision a été prise en quelques minutes. « Oh excusez-moi, je me suis trompé, il n'y avait pas de terroristes dans l'avion! »

Moi ce que je critique dans cet article, c'est qu'on n'a jamais entendu parler de ces soi-disant terroristes islamiques ni avant, ni après les événements. On nous apprend dans le New York Times ce qui se passe chez nous, il faut le faire! Il y a tout de même une police et une justice qui pourrait nous informer de ce qui se passe. Cela ne se fait pas du tout d'enlever les gens dans la rue et de les envoyer à Guantanamo.

Tous ces pseudo journalistes qui servent à leurs lecteurs du tout cuit ne font pas leur profession correctement. S'ils ne font pas d'enquête ou d'investigations, ce ne pas de vrais journalistes mais des rédacteurs, des publicistes. Et dans cette histoire et eux et leurs commanditaires de la CIA ou du régime tunisiens perdent leur crédibilité, leur intégrité et leur réputation.

Moi je crois que tous ces flicards plus ou moins discrets ne sont pas du tout compétents, comme l'avenir l'a démontré. Pendant qu'on inventait des histoires à dormir debout, d'autres se préparent activement, à commencer par la mafia qui est au gouvernement.

Enfin la question n'est pas de savoir si Mohamed Saïdani est un terroriste ou non, ou s'il a vraiment existé. Moi je pense que le président Ben Ali devrait s'excuser publiquement pour tous les égarements des tunisiens parce que cela vient de son pays et lui-même en est in fine responsable. Rien ne se passe en Tunisie sans l'accord ou le contrôle de Ben Ali. Si certains tunisiens commettent des crimes ou des délits c'est parce que les dirigeants de ce pays ont fait des erreurs. C'est facile de manipuler les élections mais très difficile ensuite de faire croire qu'il y a en Tunisie une vraie démocratie. Il faut donner à tout le monde sa chance. Le fait que des jeunes tunisiens deviennent délinquants, c'est la faute à la dictature qui ne leur laisse aucune perspective d'avenir, aucune chance de réussite professionnelle, pas de bonne éducation ou formation. Le jeune (ils sont jeunes à 99%) tunisien est dans la rue.
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