LA TUNISIE CONTRE LA DICTATURE
Par
ASSIA
La continuité historique tunisienne a un rapport superficiel, pas à une origine, mais à des origines d’où l’universalité de la nation tunisienne, à partir de là, elle est relativement élastique et défie l’analyse rigoriste du nationalisme conquérant, du racisme et de l’intolérance.
En ce sens le nationalisme tunisien ne pourra jamais, sortis, des discours opportunistes de la dictature, être réactionnaire, mais il sera toujours progressiste et révolutionnaire grâce à sa composition hétérogène ethniquement parlante et homogène culturellement parlant.
Notre origine, à nous tunisiens, est faite de données historiques , de constructions mythologiques , de métissages et d’ouverture sur les autres , ouverture , brassage et mélange , voilà pourquoi tout en nous dément l’enfermement psychologique , psychique et mentale où nous maintient la dictature ; notre nation est une donnée naturelle en ce sens que dans sa finalité , elle formule de plus en plus ses singularités, sans provoquer en son sein de réaction de rejet de qui que ce soit .C’est une communauté culturelle et historique qui reste malgré tout ouverte et prédisposée au progrès et à l’évolution , la double thématique des différents origines et de la constante , permanente continuité culturelle, s’est adapté et continue à le faire sans peines aux données historiques effectives .Sa double dimension aujourd’hui à la fois politique et culturelle compose , d’une façon marginalisée certes, bien entendu par la seule faute de la dictature et aussi notre suffisance , ses fondements sociaux et économiques et finiront par la libérer du joug qui la pille et la diminue.
Cette communauté nationale tunisienne, opprimée , désormais identifiée par une culture , une langue , une religion et même des us et coutumes et des valeurs propres , a construit par les sacrifices et la maturité sa propre légitimité politique, qui s’est substituée à toute les légitimités « dynastique », et dans la réalité et les faits, expulsé la dictature du champs de la nation , et la désigne au mieux comme une force d’occupation , au pire comme des fonctionnaires étrangers , ben Ali, au mieux, c’est Tintin au Congo, au pire, c’est Bachaga boule au service des racistes de la colonisation française. Dans les deux cas, c’est la honte de la Tunisie dans toute sa démesure.
Oui , la Tunisie, est une communauté de citoyens opprimés et sans aucune considération légale, juridique ou politique, vivant sous le joug d’une dictature de traîtres et de criminels , une nation, à qui depuis toujours, par la force et la violence , on dénie toute citoyenneté , tout acte citoyen ,mais le peuple tunisien dans ses fondements ataviques, sociologiques, culturels et sociaux se place au-dessus des refoulements ethniques , des traditions, et du régime oppresseur , nous ne sommes pas riches, notre plus grande richesse est humaine, c’est la richesse la plus importante dans la vie d’une nation, nous sommes comme la suisse, mais la Suisse d’aujourd’hui est largement plus prospère que la plus part des pays du monde, pourtant comme nous , sa richesse , c’e sont les suisses, ce que la Suisse a plus que la Tunisie, et fait toute la différence et le grand écart entre nous et eux, c’est que le peuple suisse est libre, il pratique la démocratie dans les limites d’institutions exemplaires, avec tout ce que cela suppose de règles de vie publiques, de devoirs et de droits. Oui la nation tunisienne est douée d’une conscience collective et elle a une dimension politique, propre, qui ne se confond jamais avec le régime et l’état de ben Ali, lui, qui comme une certaine opposition illégitime , instrumentalise le pouvoir comme si le peuple tunisien n’existait pas .Mais notre action s’institue dans la durée et délégitime toute action de la dictature, et de ces politicards parasitaires , car notre nation est plus que toute autre définie par sa culture dans son unique sens régalien, arabo-musulman , cette culture recouvre malgré tout les espaces couverts par les concepts de société et de communauté et paradoxalement , par un phénomène ravageur de métissage profond.
Le concept de nation , état-nation tunisien et la civilisation qui définie son peuple ont la même extension .Car elle correspond à l’extension d’une grande religion politique et sociale, et toutes les convictions morales qui lui sont liées , dans ce cas précis aussi , et d’une façon surprenante , l’unité de notre civilisation a consolidé nos fondements nationaux ; notre nation moderne est le fruit de cette unité avec ses traditions morales et ses convictions religieuses .En cela les tunisiens ont une conscience collective de leur propre existence , de leur unité , leur spécifié , c’est ce qui rend leur domination , leur soumission et leur attentisme face à une dictature barbare encore plus incompréhensifs.