La Banque Mondiale a publié un document de 400 pages, accessible sur le site www.worldbank.org/mna,
intitulé "The Road Not Traveled : Education Reform in The Middle East and North". Cette étude stigmatise les insuffisances criantes des systèmes éducatifs des pays du Maghreb et du Moyen
Orient.
Cette étude a montré que la Tunisie a le plus important taux de chômage au Maghreb parmi les diplômés soit de 42,5%, tandis que le Maroc a un taux de 29,6% et
l'Algérie de 37,8%. Pour une comparaison fine, voici les chiffres de quelques pays arabes :
Les diplômés Chômeurs en % du nombre Total des chômeurs :
Cela traduit une insuffisance des mesures prises dans le système éducatif pour permettre aux jeunes d'accéder au monde du travail, malgré qu'un pays comme la
Tunisie effectue des investissements massifs dans le système éducatif avec plus de 20% du budget de l'Etat, soit l'équivalent de 5% du PIB annuel.
En effet, la stratégie de la Tunisie vise la quantité, et ce, en mettant plus de moyens que les pays de l'Asie de l'Est ou l'Amérique Latine, mais pas la
qualité au niveau des incitations, programmes, enseignants ou infrastructures ; Avec beaucoup de déchets, des échecs en cours de route, et surtout un taux de chômage anormal pour les diplômés du
supérieur, due à l'inadéquation entre la formation et le marché de l'emploi et les besoins de l'économie.
Il faut dire que la Tunisie a fait des efforts immenses sur le chemin de la qualité, ainsi que de l'orientation vers les nouveaux métiers, spécialement en TIC
ou le taux des étudiants suivant cette branche représente 10% du total des étudiants, soit 2 fois la norme mondiale ou des pays de l'ODCE, qui ont un taux de 5%. Ce qui explique pourquoi plusieurs SSII internationales délocalisent en Tunisie, du fait de la disponibilité d'un grand nombre d'ingénieurs et de compétences
techniques.