L’horreur, encore une fois, en Algérie
. Deux jeunes qui se suicident pour pouvoir tuer le plus d’innocents possible dans leur propre pays, deux
cerveaux lavés par le discours de la « guerre sainte ». Comment est-ce possible ? Quel désespoir, quel aveuglement peuvent frayer le chemin à autant
d’inhumanité ? Et d’abord, qui souffre et qui meurt dans cette « guerre » ? Les populations civiles, les familles, les peuples, et au premier rang des
cibles ceux du Maghreb et du Moyen-Orient, qui doivent subir en même temps la misère, le despotisme et ce terrorisme inhumain. Pays riches, peuples pauvres, gouvernants corrompus et, comme
monstrueux et si utile repoussoir, le « vive la mort ! » des kamikazes.
Le « Guide suprême » Kadhafi
, « ami de la France » officielle, est bien à
sa place dans ce sinistre tableau. Vendredi encore, il justifiait le terrorisme. Lundi, Nicolas Sarkozy
lui vendait en notre nom des armes lourdes. Hier,
il riait au nez des journalistes : bien sûr que nous n’avons pas parlé des droits de l’Homme en Libye, Sarkozy et moi, parce qu’il n’y a pas de problème des droits de l’Homme en Libye.
Les démocrates libyens, comme hier les infirmières bulgares, torturés dans leurs cachots. Les Algérois massacrés par les assassins poseurs de bombes. Mouammar Kadhafi reçu comme un prince à l’Elysée. Rama Yade se déclarant « dérangée » par cet accueil – ou plutôt par le fait qu’il ait eu lieu le 10 décembre et pas le 11 – mais qui bien sûr reste à son poste avec « l’amitié et la confiance » renouvelées de l’hôte de Kadhafi.
Il a raison, le « Guide suprême » : il n’y a pas de problème des droits de
l’Homme
en Libye. Pas de
désespoir en Algérie. Pas de compromission à l’Elysée et au Quai d’Orsay. Seulement des contrats, des commissions et du cynisme. En attendant le prochain attentat. « Eyes
wide shut ».
Le Portfolio de Dilem, dessinateur de presse algérien![]()
Le caricaturiste algérien Ali Dilem, d’origine kabyle, est né en 1967 à El-Harrach, une banlieue d’Alger. Il a fait ses études à l’Ecole nationale des beaux arts d’Alger. Dilem a commencé sa
carrière de caricaturiste en travaillant pour l’hebdomadaire communiste Alger Républicain. Depuis 1996, Dilem est le dessinateur humoristique du quotidien algérien indépendant de langue
française « Liberté ».
Il travaille en outre pour l’émission française Kiosque, sur TV5. En 2000, Dilem a reçu le prix international
du dessin de la presse écrite. En 2005, il a obtenu le Trophée de la liberté de la presse et en 2006, le prestigieux Cartoonist Rights Network Award lui a été décerné. Dilem a acquis une
réputation internationale pour sa façon de dépeindre la situation politique en Algérie
et pour son soutien au pluralisme politique dans son pays.