
A propos d'un livre de ROGER GARAUDY "Pour l'avènement de la femme".
ISLAM, FEMINISME, SEXE, ATHEISME, BOLCHEVISME: - QUELLE LIBERATION?
Par
JPC
J'ai dit à quelques copains, vous vous êtes athées plus par médiocrité d'âme que par idéal. Si vous l'on disait par exemple que l'athéisme exige de faire la prière
ou le ramadan, vous cesserez immédiatement d'être athées, et que vous deviendrez croyants en Dieu, si l'on vous assure qu'il n'y a aucune de ces contraintes.
L'ouvrage de Roger Garaudy, "Pour l'avènement de la femme" (éd.
1981) est très instructif. J'y ai découvert plusieurs faits historiques.
Ce qui m'a plu dans cet ouvrage:
- C'est d'abord, son orientation résolument progressiste. Il dénonce entre autres ceux qui disent : "Bien sur que nous sommes pour l'égalité entre les femmes et les hommes,
mais chaque sexe a sa spécificité (social)" selon la nature, en jouant sur l'ambiguïté du mot spécificité, qu'ils feignent de confondre avec différence.
-Le fait qu'il lie aussi bien les conditions d'oppression de la femme que les moyens de sa libération au système économique, politique....
- Il évoque la question du lien entre la sexualité et l'amour, où il cite certaines auteures féministes. Je pense moi aussi depuis longtemps la même chose. Je dis à certains dans mon entourage,
même pour une passade avec une femme, nous avons besoin d'un minimum de sentiment, à savoir de la sympathie pour sa partenaire ,et inversement.
- Garaudy rappelle que le célibat des prêtres n’a aucune prescription dans l’Evangile. Qu’il a été décidé par le Vatican entre le IVe et XIVe siècle pour
des raisons sordides : préserver l’immense patrimoine de l’Eglise de l’héritage, suite au mariage des prêtres.
- Il rappelle les idées misogynes des philosophes de l’antiquité et des Pères de l’Eglise, notamment saint Thomas d’Aquin qui dit que :
« La femme est, par nature, soumise à l’homme, car l’homme jouit avec plus d’abondance du discernement de la raison ». Ou
bien Richelieu dans son Testament politique à propos de la femme : « Rien n’est plus capable de
nuire à l’Etat que ce sexe ».
- Le fait qu'il s'appuie surtout sur des penseurs ou des féministes chrétiennes progressistes. Cela ne déplait pas du tout, bien au contraire. Car il mène la contradiction au sein même des fiefs des justifications idéologiques de l'oppression des femmes. Cela casse aussi la vision de la religion, qui n'est pas celle de Marx.
Certes, dans l'absolu, la religion est oppressive ou fort contraignante dans la vie, mais elle n'est pas toujours instrumentalisée dans un but d'oppression, comme
l'a fait l'Eglise, la Synagogue ou les islamistes. Elle peut être aussi mobilisée dans le combat pour l’émancipation nationale et/ou sociale.
C'est pour cette raison que contrairement à l'extrême gauche, nous, communistes, algériens, et ceci est valable pour nos camarades dans les autres pays musulmans, menions notre combat
politico-idéologique contre les islamistes (sans exception de tendances) qui bafouent l'islam notamment par le mensonge en disant que la laïcité, c'est l'athéisme, que tous les communistes sont
des athées, afin de nous isoler de la masse des musulmans.
et
esclavage
Nouveau livre de Malek Chebel
"Au terme d’une longue enquête qui l’a mené de Nouakchott à Brunei, Malek Chebel dresse un constat accablant de l’esclavagedans les sociétés se réclamant de l'islam.
Le mot le plus courant, en arabe, pour désigner l’esclave est ‘abd, duquel dérivent des termes comme ‘ubudiyya (« esclavage »). D’autres vocables sont encore utilisés, tels que raqîq (« mis en
servitude »), jâriya (« esclave femme »), ghulîm (« esclave homme »).
(...)Au Proche-Orient, zandj (probablement issu de Zanzibar) et aswad désignent l’esclave noir, alors que mamlûk (littéralement « possédé ») s’applique à une catégorie particulière, la caste
militaire servile. Ce n’est donc pas le vocabulaire qui manque.
Cette richesse sémantique tranche toutefois avec le mutisme qui entoure le phénomène. Un mutisme d’autant plus choquant, aux yeux de Malek Chebel, que l’esclavage a pris des dimensions
considérables tout au long de l’histoire de cette région du monde et qu’il reste à bien des égards très présent dans le quotidien de centaines de millions de gens.
C’est pour briser ce silence assourdissant que l’anthropologue algérien, bien connu (...) pour ses nombreux ouvrages autour de l’islam, s’est livré à une longue enquête.
Fruit d’innombrables lectures, son pavé de 500 pages est aussi et surtout le compte rendu d’un voyage de plusieurs mois qui l’a conduit des rives de l’Atlantique au fin fond du Sud-Est asiatique en passant par les pays du Golfe, l’Asie mineure, l’Afrique saharienne.
Le constat final est accablant : « À Brunei, au Yémen, dans les pays du Sahel, chez les Touaregs, en Libye, dans le Sahel tunisien, en Égypte, en Arabie, en Mésopotamie, au Soudan ou à Djibouti,
il n’est pas un lieu gagné par l’islam où ne se soit jamais pratiqué le commerce d’esclaves. »
Encore convient-il d’établir des distinctions entre les pays et de relever les caractéristiques propres des différentes contrées concernées.
La Libye et l’Algérie, par exemple, débouchés naturel des routes commerciales transsahariennes, ont surtout servi de voies de transit.
Des pays tels que l’Égypte ou l’Arabie saoudite actuelles étaient, eux, de gros consommateurs, osera-t-on dire, de marchandise humaine. Idem pour la Turquie. Les Européens ont fantasmé sur les
odalisques des harems d’Istanbul, sujet de prédilection pour les peintres orientalistes, et se sont extasiés sur les exploits militaires des janissaires de l’Empire ottoman. Faut-il rappeler que
les premières comme les seconds étaient des captifs ?
En Afrique, on le sait, c’est à la lisière du monde noir que l’esclavage prit les plus grandes proportions.
Au Maroc, où la composante négroïde de la population saute aux yeux du voyageur, les traces en sont manifestes. Que sont les fameux musiciens gnaouas sinon les descendants de Noirs « importés » de la zone soudanienne au temps où le Maroc était une grande puissance régionale ?
Et puis, il y a le cas de la Mauritanie, où, malgré les démentis, l’esclavage reste une réalité manifeste. La preuve en est que le Parlement a voté à plusieurs reprises des textes l’interdisant. Malek Chebel rappelle un indice qui ne trompe pas : de nombreuses associations d’affranchis tentent de se constituer en force politique.
« En attendant, commente l’auteur, chaque foyer de Beidane (“Blancs”) entretient des harratine noirs, fils d’anciens esclaves auxquels il donne le nom de “serviteurs”, un peu comme on faisait
naguère à la Barbade, où l’on gratifiait pudiquement du nom d’“apprentis” les esclaves fraîchement libérés de leurs chaînes. »
Ainsi donc, une bonne part de la main-d’œuvre servile utilisée dans le monde arabe venait d’Afrique subsaharienne - en Tunisie, le même mot, abîd, désigne indistinctement l’esclave et le Noir… -
et tout particulièrement du Sahel, de l’Éthiopie ainsi que de la côte orientale du continent. Mais les Balkans et les steppes de l’Asie centrale furent également d’importants bassins pourvoyeurs.
Combien furent-ils ?
Dans le cas de la traite occidentale, les éléments de chiffrage existent : les négriers tenaient des journaux de bord dans lesquels était reporté le détail de leur commerce honteux. Rien de tel avec la traite orientale. Confrontant les diverses sources, Malek Chebel estime à plus de 20 millions le « volume total de l’esclavage en terres arabes et musulmanes ». Ce nombre englobe aussi bien les captifs de guerre slaves, les concubines et les domestiques circassiennes, que les domestiques noirs achetés à des négriers ou razziés dans les villages du Sahel, les marins chrétiens capturés par les corsaires barbaresques en Méditerranée.
Les négriers arabes auraient donc fait « mieux » que leurs homologues européens. Les uns ont, il est vrai, sévi pendant quatorze siècles, contre moins de quatre pour les autres.
Faut-il chercher dans le Coran la cause du mal ? (...)
L ’islam est né dans une région du monde où l’esclavage était quasiment un mode de production. Mais il tente d’en limiter les abus, tout comme il apporte
un progrès incontestable à la situation des femmes (notamment en limitant à quatre le nombre des épouses autorisé).
Par ailleurs, l’affranchissement est recommandé au croyant dont il favorise l’accès au Paradis.
Le prophète Mohammed n’avait-il pas donné l’exemple en la matière ?
Vivement encouragé en théorie, l’affranchissement n’a, hélas, guère été suivi en pratique.(...) En dehors de l’Égyptien Mohamed Abdou, du Syrien Rachid Ridha, de l’Iranien Mirza Ali Mohamed,
fondateur, au XIXe siècle, du bâbisme, qui a fermement condamné cette pratique, la plupart des réformateurs sont restés étonnamment discrets sur la question.
Et que dire des islamologues ! Louis Massignon, Vincent Monteil ou Jacques Berque disposaient des informations qui leur auraient permis, en plein XXe siècle, de
tirer la sonnette d’alarme. Peut-être ont-ils préféré, écrit Malek Chebel, « la hauteur mystique des grands penseurs, des philosophes et des théosophes de l’islam aux réalités scabreuses des
marchands de chair humaine ».(...)
Quand bien même la réalité de l’esclavage arabe est reconnue, c’est souvent pour en atténuer la rudesse : il n’aurait pas abouti à la dépersonnalisation de l’esclave, comme cela
a été le cas avec le commerce triangulaire Afrique-Amérique-Europe, affirme-t-on. Comme s’il pouvait y avoir une graduation dans l’infamie…
Mais le pire est peut-être dans l’impact que l’esclavage a eu sur les mœurs politiques du monde arabe. Dans un livre tout récent*, l’universitaire marocain Mohammed Ennaji explique en
quoi il a fondé le rapport au pouvoir et donc l’absolutisme qui est encore souvent la règle dans cette partie du monde.
(...)
Malek Chebel (...) a dû « parcourir au moins 120 000 kilomètres » pour en arriver à cette terrible conclusion : « L’islam dit l’inverse de ce que les musulmans pratiquent, et c’est une énigme en soi. La duplicité humaine qui consiste à transformer un message d’émancipation en goulag humain fait partie intégrante de ce paradoxe. »