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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 01:32

The Legislative Measures to ensure the Integrity of the Upcoming Elections

. On September 25th, 2013, the Center for the Study of Islam and Democracy (CSID) organized a seminar entitled "the Legislative Measures to ensure the Integrity of the Upcoming Elections". It was presented by the leader of the Democratic Movement PartyMr. Mohammed Abbou.

The symposium was held at the CSID headquarters and attended by politicians, academics and civil society activists as well as the media. The main objective was to shed light on the issue of elections as a top priority in the national dialogue in the current period and as an essential element in the completion of the transitional phase.

The seminar was opened by the speech of Dr. Radwan Masmoudi, the CSID president, who welcomed the guests and mentioned that Tunisia is confronted with two essential requirements; the first is to finish the drafting of the Constitution and the second is to accomplish the composition of the High Independent Commission for Elections. He stressed the fact that this is the responsibility of all the National Constituent Assembly's deputies. Indeed, deputies at the NCA should be responsible for each postponement in the drafting of the Constitution either individually or collectively.

In his speech, Mr. Mohammed Abbou mentioned that a number of essential bases should be provided for elections to succeed and to be fair in any country worldwide. First of all, guaranteeing the freedom of organizing meetings for all parties. He added that several violations are witnessed in this respect that occurred during the last elections. He called for enacting a law that criminalizes any attempt to prevent any legal party or political assembly.

As a an essential condition for the success of the elections, Mr. Mohammed Abbou spoke about the role of media, press, the support of journalists, and the freedom of expression. He further clarified that the fair distribution of public publicity among all media is a perfect solution to ensure these means' impartiality and to confront the material difficulties, while ensuring these means' commitment to work ethics, non- dissemination of false news, and the investigation in the transfer of information and access to the source.

During his lecture, Abbou emphasized that among the most important mechanisms to ensure the transparency of the upcoming elections are monitoring the financing of political parties and media, preventing buying voters' voices. He pointed to the need to enact a law to prevent the probable illegal practices and the violations that could occur in the electoral process.

Mr. Mohammed Abbou stressed that he called, formerly as a member of the Congress for the Republic Party and currently as a leader of the Democratic Movement Party, for the necessity to neutralize the Administration from the political action. In such a way, public administrations do not serve a particular party at the expense of others, especially regarding the work of governors, mayors, and general managers. He noted that the process of neutralization has, already, started and conveyed his hope that this procedure continues.

Watch the conference

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 12:05

Attention, Israël camoufle ses produits dans votre supermarché !
CAPJPO-EuroPalestine

Les pratiques de tromperie sur la marchandise, d’étiquetage frauduleux destinés à masquer l’exportateur israélien sont légion dans les grandes surfaces. Malgré les plaintes et « signalements » à la Direction des Fraudes, aucune sanction n’a été prise à ce jour. Aujourd'hui, des militants qui ont appelé au boycott des produits exportés par l'occupant israëlien sont poursuivis en justice par le gouvernement...

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 12:01

Contribuables français, vous payez pour les procès du lobby d’Israël ! D’accord ?
CAPJP0-EuroPalestine

2 octobre 2013

Nous en sommes déjà à une quinzaine de procès en France, contre des femmes et des hommes ayant appelé au boycott d’Israël. Aussi, tant que le gouvernement et l’armée de cet Etat opprimeront le peuple palestinien, il nous semble utile d’expliquer à tous ceux qui n’ont pas eu la « chance » d’assister à ces procès, comment fonctionne une telle mascarade. Notamment parce que très peu de gens savent que ce n’est pas le lobby israélien en France qui engage les poursuites contre les militants de la campagne de Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS). En fait, c'est l’Etat français, avec l’argent... des contribuables.

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 23:02

DORMIRA JAMAIS

JE HAIS LES INDIFFÉRENTS, PAR ANTONIO GRAMSCI.


Je hais les indifférents. Je crois comme Friedrich Hebbel que « vivre signifie être partisans ». Il ne peut exister seulement des hommes, des étrangers à la cité. Celui qui vit vraiment ne peut qu’être citoyen, et prendre parti. L’indifférence c’est l’aboulie, le parasitisme, la lâcheté, ce n’est pas la vie. C’est pourquoi je hais les indifférents.

L’indifférence est le poids mort de l’histoire. C’est le boulet de plomb pour le novateur, c’est la matière inerte où se noient souvent les enthousiasmes les plus resplendissants, c’est l’étang qui entoure la vieille ville et la défend mieux que les murs les plus solides, mieux que les poitrines de ses guerriers, parce qu’elle engloutit dans ses remous limoneux les assaillants, les décime et les décourage et quelquefois les fait renoncer à l’entreprise héroïque.

L’indifférence œuvre puissamment dans l’histoire. Elle œuvre passivement, mais elle œuvre. Elle est la fatalité; elle est ce sur quoi on ne peut pas compter; elle est ce qui bouleverse les programmes, ce qui renverse les plans les mieux établis; elle est la matière brute, rebelle à l’intelligence qu’elle étouffe. Ce qui se produit, le mal qui s’abat sur tous, le possible bien qu’un acte héroïque (de valeur universelle) peut faire naître, n’est pas tant dû à l’initiative de quelques uns qui œuvrent, qu’à l’indifférence, l’absentéisme de beaucoup. Ce qui se produit, ne se produit pas tant parce que quelques uns veulent que cela se produisent, mais parce que la masse des hommes abdique devant sa volonté, laisse faire, laisse s’accumuler les nœuds que seule l’épée pourra trancher, laisse promulguer des lois que seule la révolte fera abroger, laisse accéder au pouvoir des hommes que seule une mutinerie pourra renverser. La fatalité qui semble dominer l’histoire n’est pas pas autre chose justement que l’apparence illusoire de cette indifférence, de cet absentéisme. Des faits mûrissent dans l’ombre, quelques mains, qu’aucun contrôle ne surveille, tissent la toile de la vie collective, et la masse ignore, parce qu’elle ne s’en soucie pas. Les destins d’une époque sont manipulés selon des visions étriquées, des buts immédiats, des ambitions et des passions personnelles de petits groupes actifs, et la masse des hommes ignore, parce qu’elle ne s’en soucie pas. Mais les faits qui ont mûri débouchent sur quelque chose; mais la toile tissée dans l’ombre arrive à son accomplissement: et alors il semble que ce soit la fatalité qui emporte tous et tout sur son passage, il semble que l’histoire ne soit rien d’autre qu’un énorme phénomène naturel, une éruption, un tremblement de terre dont nous tous serions les victimes, celui qui l’a voulu et celui qui ne l’a pas voulu, celui qui savait et celui qui ne le savait pas, qui avait agi et celui qui était indifférent. Et ce dernier se met en colère, il voudrait se soustraire aux conséquences, il voudrait qu’il apparaisse clairement qu’il n’a pas voulu lui, qu’il n’est pas responsable. Certains pleurnichent pitoyablement, d’autres jurent avec obscénité, mais personne ou presque ne se demande: et si j’avais fait moi aussi mon devoir, si j’avais essayé de faire valoir ma volonté, mon conseil, serait-il arrivé ce qui est arrivé? Mais personne ou presque ne se sent coupable de son indifférence, de son scepticisme, de ne pas avoir donné ses bras et son activité à ces groupes de citoyens qui, précisément pour éviter un tel mal, combattaient, et se proposaient de procurer un tel bien.

La plupart d’entre eux, au contraire, devant les faits accomplis, préfèrent parler d’idéaux qui s’effondrent, de programmes qui s’écroulent définitivement et autres plaisanteries du même genre. Ils recommencent ainsi à s’absenter de toute responsabilité. Non bien sûr qu’ils ne voient pas clairement les choses, et qu’ils ne soient pas quelquefois capables de présenter de très belles solutions aux problèmes les plus urgents, y compris ceux qui requièrent une vaste préparation et du temps. Mais pour être très belles, ces solutions demeurent tout aussi infécondes, et cette contribution à la vie collective n’est animée d’aucune lueur morale; il est le produit d’une curiosité intellectuelle, non d’un sens aigu d’une responsabilité historique qui veut l’activité de tous dans la vie, qui n’admet aucune forme d’agnosticisme. et aucune forme d’indifférence.

Je hais les indifférents aussi parce que leurs pleurnicheries d’éternels innocents me fatiguent. Je demande à chacun d’eux de rendre compte de la façon dont il a rempli le devoir que la vie lui a donné et lui donne chaque jour, de ce qu’il a fait et spécialement de ce qu’il n’a pas fait. Et je sens que je peux être inexorable, que je n’ai pas à gaspiller ma pitié, que je n’ai pas à partager mes larmes. Je suis partisan, je vis, je sens dans les consciences viriles de mon bord battre déjà l’activité de la cité future que mon bord est en train de construire. Et en elle la chaîne sociale ne pèse pas sur quelques uns, en elle chaque chose qui se produit n’est pas due au hasard, à la fatalité, mais elle est l’œuvre intelligente des citoyens. Il n’y a en elle personne pour rester à la fenêtre à regarder alors que quelques uns se sacrifient, disparaissent dans le sacrifice; et celui qui reste à la fenêtre, à guetter, veut profiter du peu de bien que procure l’activité de peu de gens et passe sa déception en s’en prenant à celui qui s’est sacrifié, à celui qui a disparu parce qu’il n’a pas réussi ce qu’il s’était donné pour but.
Je vis, je suis partisan. C’est pourquoi je hais qui ne prend pas parti. Je hais les indifférents.

11 février 1917

Traduit de l’italien par Olivier Favier.

Odio gli indifferenti. Credo come Federico Hebbel che « vivere vuol dire essere partigiani ». Non possono esistere i solamente uomini, gli estranei alla città. Chi vive veramente non può non essere cittadino, e parteggiare. Indifferenza è abulia, è parassitismo, è vigliaccheria, non è vita. Perciò odio gli indifferenti.
L’indifferenza è il peso morto della storia. E’ la palla di piombo per il novatore, è la materia inerte in cui affogano spesso gli entusiasmi più splendenti, è la palude che recinge la vecchia città e la difende meglio delle mura più salde, meglio dei petti dei suoi guerrieri, perché inghiottisce nei suoi gorghi limosi gli assalitori, e li decima e li scora e qualche volta li fa desistere dall’impresa eroica.
L’indifferenza opera potentemente nella storia. Opera passivamente, ma opera. E’ la fatalità; è ciò su cui non si può contare; è ciò che sconvolge i programmi, che rovescia i piani meglio costruiti; è la materia bruta che si ribella all’intelligenza e la strozza. Ciò che succede, il male che si abbatte su tutti, il possibile bene che un atto eroico (di valore universale) può generare, non è tanto dovuto all’iniziativa dei pochi che operano, quanto all’indifferenza, all’assenteismo dei molti. Ciò che avviene, non avviene tanto perché alcuni vogliono che avvenga, quanto perché la massa degli uomini abdica alla sua volontà, lascia fare, lascia aggruppare i nodi che poi solo la spada potrà tagliare, lascia promulgare le leggi che poi solo la rivolta farà abrogare, lascia salire al potere gli uomini che poi solo un ammutinamento potrà rovesciare. La fatalità che sembra dominare la storia non è altro appunto che apparenza illusoria di questa indifferenza, di questo assenteismo. Dei fatti maturano nell’ombra, poche mani, non sorvegliate da nessun controllo, tessono la tela della vita collettiva, e la massa ignora, perché non se ne preoccupa. I destini di un’epoca sono manipolati a seconda delle visioni ristrette, degli scopi immediati, delle ambizioni e passioni personali di piccoli gruppi attivi, e la massa degli uomini ignora, perché non se ne preoccupa. Ma i fatti che hanno maturato vengono a sfociare; ma la tela tessuta nell’ombra arriva a compimento: e allora sembra sia la fatalità a travolgere tutto e tutti, sembra che la storia non sia che un enorme fenomeno naturale, un’eruzione, un terremoto, del quale rimangono vittima tutti, chi ha voluto e chi non ha voluto, chi sapeva e chi non sapeva, chi era stato attivo e chi indifferente. E questo ultimo si irrita, vorrebbe sottrarsi alle conseguenze, vorrebbe apparisse chiaro che egli non ha voluto, che egli non è responsabile. Alcuni piagnucolano pietosamente, altri bestemmiano oscenamente, ma nessuno o pochi si domandano: se avessi anch’io fatto il mio dovere, se avessi cercato di far valere la mia volontà, il mio consiglio, sarebbe successo ciò che è successo? Ma nessuno o pochi si fanno una colpa della loro indifferenza, del loro scetticismo, del non aver dato il loro braccio e la loro attività a quei gruppi di cittadini che, appunto per evitare quel tal male, combattevano, di procurare quel tal bene si proponevano.
I più di costoro, invece, ad avvenimenti compiuti, preferiscono parlare di fallimenti ideali, di programmi definitivamente crollati e di altre simili piacevolezze. Ricominciano così la loro assenza da ogni responsabilità. E non già che non vedano chiaro nelle cose, e che qualche volta non siano capaci di prospettare bellissime soluzioni dei problemi più urgenti, o di quelli che, pur richiedendo ampia preparazione e tempo, sono tuttavia altrettanto urgenti. Ma queste soluzioni rimangono bellissimamente infeconde, ma questo contributo alla vita collettiva non è animato da alcuna luce morale; è prodotto di curiosità intellettuale, non di pungente senso di una responsabilità storica che vuole tutti attivi nella vita, che non ammette agnosticismi e indifferenze di nessun genere.
Odio gli indifferenti anche per ciò che mi dà noia il loro piagnisteo di eterni innocenti. Domando conto ad ognuno di essi del come ha svolto il compito che la vita gli ha posto e gli pone quotidianamente, di ciò che ha fatto e specialmente di ciò che non ha fatto. E sento di poter essere inesorabile, di non dover sprecare la mia pietà, di non dover spartire con loro le mie lacrime. Sono partigiano, vivo, sento nelle coscienze virili della mia parte già pulsare l’attività della città futura che la mia parte sta costruendo. E in essa la catena sociale non pesa su pochi, in essa ogni cosa che succede non è dovuta al caso, alla fatalità, ma è intelligente opera dei cittadini. Non c’èin essa nessuno che stia alla finestra a guardare mentre i pochi si sacrificano, si svenano nel sacrifizio; e colui che sta alla finestra, in agguato, voglia usufruire del poco bene che l’attività di pochi procura e sfoghi la sua delusione vituperando il sacrificato, lo svenato perché non è riuscito nel suo intento.
Vivo, sono partigiano. Perciò odio chi non parteggia, odio gli indifferenti.

Tratto da « La Città futura », in Il Grido del Popolo, n. 655, 11 febbraio 1917, e Avanti!, anno XXI , n.43, 12 febbraio 1917.

Pour aller plus loin:

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 12:29

L’or à 10 000 $… malgré tout !

Par Dan Amoss

▪ Il y a quelques jours, nous avons assisté au spectacle de la réunion de la Fed la plus attendue de ces dernières années. Au final, la décision (oh surprise !) a été prise de continuer le plan de soutien de l’économie par la Fed, au rythme de 85 milliards de dollars par mois.

Toutefois, la plupart des traders, obsédés par la moindre modification du rythme mensuel d’impression de la Fed, n’ont pas vraiment compris ce qui se passe réellement : la croissance du crédit est allée au-delà du potentiel productif de l’économie, aux Etats-Unis comme dans le reste du monde. Chaque regain de croissance successif de l’argent et du crédit a un impact marginal à chaque fois plus faible sur l’économie réelle ; cela nécessite constamment une politique monétaire souple et peut-être, au final, une dévaluation formelle du papier par rapport à l’or.

Dans son dernier Gloom Boom & Doom Report, Marc Faber affirme que la Fed a perdu le contrôle du marché obligataire. Le rendement des bons du Trésor a doublé depuis les plus bas de l’été 2012 — un développement qui ne faisait certainement pas partie du plan de stimulation économique de la Fed. Les acteurs sur marché actions qui le travaillent habituellement à la hausse se méfient. “Ayant perdu le contrôle du marché obligataire”, écrit Faber, “il est probable que la Fed va également perdre le contrôle du marché actions”.

Faber recommande aux investisseurs de réduire leurs positions actions. Selon lui, le marché risque un brusque déclin. Et de conclure : “les seules classes d’actifs qui ressortent comme étant survendues et d’une valeur relativement bonne sont les matières premières industrielles et les compagnies minières”.

Je suis d’accord. La valeur est rare. Les investisseurs ont fait monter les prix de tout, même des compagnies de peu de qualité, bien au-delà de toutes les estimations de valeur conservatrices.

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 19:02

Rudy Reichstadt : un opportuniste de la galaxie néo-conservatrice
Anticons

9 septembre 2013

Rudy Reichstadt, ce nom vous dit quelque chose ? Rudy-Reichstadt_Les-rhétoriques-de-la-conspiration2Probablement pas. Son occupation principale est de tenir un blog nommé pompeusement « Observatoire du Conspirationnisme » (Conspiracy Watch pour les intimes). Expert autoproclamé, ouvertement sioniste, proche de BHL, disciple de Pierre-André Taguieff et très proche de Caroline Fourest, c’est surtout le jeu des réseaux qui lui ont permis d’exister. Il publiera ainsi sur le site de la revue néo-conservatrice « Le Meilleur des mondes », issu du « Cercle de l’oratoire » groupuscule des néo-conservateurs français les plus extrêmes. Analysons ensemble le réseau de Rudy Reichstadt.

Par deux fois, il se voit offrir une tribune aux "séminaires" de"La Règle du jeu" (le site de Bernard-Henri Lévy). Il y revêt maladroitement le costume d’expert en -isme en tous genre, ânonnant des poncifs pour se raccrocher aux branches. Ce fut le cas par exemple lors du fameux documentaire, réalisé par son amie Caroline Fourest, pour lequel sa prestation fut l’objet d’une critique au vitriol de la part de Pascal Boniface, l’auteur du fameux "Les intellectuels faussaires".

Les "Séminaires" de "La Règle du jeu" ont été créés par BHL et Alexis Lacroix. Rudy Reichstadt, fondateur du site Conspiracy Watch, y est invité le 16 juin 2013. Comme à son habitude, il utilise son répertoire de techniques de manipulation : insinuations, amalgames, diffamations, tout en se proclamant défenseur de valeurs universelles inattaquables : laïcité, démocratie, lutte contre le racisme et l’intégrisme, antifasciste, etc.

Puisque le blogueur estime être victime de procès d’intention sur internet de la part de militants "conspirationnistes", nous avons choisi, dans un souci d’équité, d’utiliser ses propres productions chaque fois que c’était possible pour comprendre ses motivations réelles.

Décryptage d’une rhétorique

Rudy Reichstadt est présenté comme un « politologue » par Alexis Lacroix, à mi-chemin entre le monde médiatique et le monde académique. Lacroix ira même jusqu’à rajouter « vous êtes un véritable chasseur de conspirationnistes ». Chasseur Rudy ? Pourtant vous ne trouverez pas la moindre trace d’un débat contradictoire sur son site, alors chasseur peut-être, mais adepte de la chasse gardée, celle qui lui garantit de ne pas croiser de gros gibiers.

Lors de ce séminaire, M. Reichstadt nous explique qu’il a découvert sa photo sur un schéma très complexe dans lequel les « conspirationnistes » relient les gens entre eux en les étiquetant pour donner l’impression d’une vaste conspiration, d’un fantasme « conspirationniste » d’après ses dires. Voici, selon toute vraisemblance, l’organigramme en question :

Cliquez sur l’image pour l’agrandir En quoi ce schéma est-il si compliqué ? Le blogueur y tient sa place entre Caroline Fourest (qui l’a régulièrement publié dans sa revue Prochoix), et Pierre-André Taguieff et son think tank néoconservateur "Le Cercle de l’Oratoire".

Vous pouvez comparer à présent avec un organigramme … choisi par M. Reichstadt via son site Conspiracy Watch. Il y propose un schéma qui est censé nous éclairer sur la nature du conspirationnisme. Titre du billet : L’organigramme qu’« ILS » ne veulent pas que vous voyiez.

En premier lieu, nous pouvons constater que le champ lexical est identique à celui utilisé dans certaines thèses qu’il prétend combattre. Et quand nous observons le schéma, nous constatons qu’il juxtapose des dossiers où le sérieux côtoie l’absurde, et dont les faits sont très diversement documentés : de l’assassinat de Kennedy au voyage sur la lune en passant par la finance, avec l’ufologie en toile de fond… Il brosse en quelque sorte le portrait d’une véritable « conspiration des conspirationnistes ».

Reichstadt et l’extrême droite : entre tabous et amalgames

Pour garder un semblant de crédibilité, M. Reichstadt tient au passage à se démarquer de la théorie islamophobe Eurabia de l’essayiste Bat Ye’or. Eurabia étant un concept repris par la majeure partie des mouvements sionistes ou de l’extrême droite européenne. Signalons au passage que Bat Ye’Or est également l’une des cibles de Caroline Fourest, cependant il ne faut rien y voir de très courageux. Bat Ye’or est en quelque sorte un ectoplasme inconnu du grand public. Néanmoins Alexis Lacroix, l’animateur du débat qui visiblement ne craint pas les paradoxes, nous rappelle que Pierre-André Taguieff devait être associé à Guy Konopnicki et Rudy Reichstadt, mais aucun d’eux ne soulignera l’implication de Pierre-André Taguieff au sein du siteDREUZ, site internet de propagande de Bat Ye’or, cette « officine incontournable de la fachosphère » pour paraphraser Alexis Lacroix.

Pierre-André Taguieff cité en préambule du séminaire de "La Règle du Jeu"

A l’affirmation de Lacroix « vous êtes un disciple de Pierre-André Taguieff », M. Reichstadt répondra « oui, un disciple peut-être, en tout cas un lecteur assidu. Je ne l’ai jamais rencontré, je ne lui ai jamais téléphoné, juste quelques mails, pour le reste il s’agit d’un délire conspirationniste. » Quoi qu’il en soit une chose est certaine : Pierre-André Taguieff constitue la référence de choix pour Rudy Reichstadt : 65 résultats sur le moteur de recherche de son blog.

Pour l’occasion, M. Reichstadt nous explique dans un résumé plus que sommaire que l’extrême droite est constituée de deux branches : une extrême droite traditionnelle (antisémite), et l’autre (Eurabia) qu’il compare au Maccarthysme. Surtout habitué des faux-fuyants, il se garde bien de nous dire qu’il y a une extrême droite sioniste (Dreuz, Taguieff, Bat Ye’or) et une extrême droite antisioniste (le GUD), le Front National étant le résultat d’un mixte. Pour la partie sioniste du FN, citons par exemple Louis Aliot qui est allé dans deux colonies juives, et Christian Bouchet pour l’anti-sionisme du FN.

Pro-sioniste à l’extrême, Gilles-William Goldnadel (compagnon de route de Bat Ye’or et de Taguieff) est contributeur très régulier du site Dreuz, avec plus de 105 publication à son nom. Goldnadel ne cache pas ses liens avec l’extrême droite : à plusieurs reprises, il a appelé à l’union entre les droites qu’il appelle « L’alliance avec le FN ». Bien entendu, Goldnadel défenseur de la politique de la droite israélienne la plus dure, star du barreau et omniprésent dans les médias, est épargné de toute critique sur le blog de M. Reichstadt Conspiracy Watch.

Syrie, Libye : un exemple de confusion et d’omission

Vous l’aurez compris, Rudy Reichstadt pratique la « langue de bois » quand il s’agit de développer les propos de l’une des extrêmes droites, alors qu’il est très productif dès lors qu’il va pouvoir tirer profit de l’autre. Les récentes guerres de Libye et Syrie lui ont donné l’occasion de faire valoir tout son savoir-faire en matière de manipulation. L’argumentaire par les amalgames est un principe récurrent dans dans la dialectique utilisée par Reichstadt, il englobe sans vergogne et artificiellement des personnalités de gauche comme Michel Collon et Jean Bricmont, avec d’autre de l’extrême droite (celle qui ne lui plaît pas, bien évidemment !). Nous trouvons le meilleur exemple dans une chronique de juin 2012 écrit par Christophe Ayad pour Le Monde et reprise sur Conspiracy Watch (Le petit monde composite des soutiens au régime syrien).

Le Journaliste britannique Robert Fisk, dans une tribune publiée par son journal The Independent écrivait : « Le Qatar et l’Arabie Saoudite arment et financent les rebelles en Syrie, Washington n’émet pas une seule critique vis-à-vis d’eux. Le Président Obama et son secrétaire d’État, Hillary Clinton, disent vouloir la démocratie en Syrie, mais le Qatar est une autocratie et l’Arabie Saoudite est parmi les pires exemples de califats autoritaires de tout le monde arabe. Les dirigeants de ces deux États héritent du pouvoir à travers leurs liens familiaux – tout comme Bachar –, et l’Arabie Saoudite est un allié des rebelles salafistes wahhabites en Syrie, exactement comme ils furent les plus fervents supporters du régime médiéval des talibans pendant les années les plus noires en Afghanistan. Rappelons que Robert Fisk est considéré par le New York Times comme étant l’un des plus grand sinon le plus grand reporter britannique au Moyen Orient.

En novembre 2012, le magazine "Spécial investigation" de Canal+ a proposé un reportage sur le thème « Gaz et pétrole : Guerres secrètes ». L’équipe de Canal + est revenue sur l’évènement : « la France a attaqué la Libye du colonel Kadhafi. Officiellement, il s’agissait d’intervenir au nom des Droits de l’Homme. Mais un document a circulé, stipulant que Total pourrait exploiter 35% du pétrole libyen, en cas de changement de régime ».

Extrême droite sioniste : les oublis de M. Reichstadt

En ce qui concerne l’autre extrême droite (sioniste), M. Reichstadt nous ressert en permanence le même refrain : Bat Ye’or, Bat Ye’or et encore Bat Ye’or. Dans le billet intitulé Le "péril islamique" existe-t-il ? Il ne consacre pas la moindre ligne aux auteurs du site Dreuz.info, malgré des liens directs avec Bat Ye’or et l’extrême droite européenne. Les auteurs en question : Alexandre Del Valle, Michel Garroté, Ivan Rioufol, Gilles-William Goldnadel, Guy Millière, Jean-Patrick Grumberg, Michel Gurfinkiel et M. Taguieff.

On trouvera plus d’informations ici : Ils se revendiquent islamophobes

Quant à MM. Longuet, Madelin, et Devedjian, qui auraient quitté une méchante droite au profit d’une gentille droite, nous rappellerons simplement à Guy Konopnicki que tous les anciens de l’extrême droite des années 60-70 furent purement et simplement recyclés par un certain Georges Albertini, ex-collaborateur acquis à l’Allemagne nazie durant l’occupation. Nous conseillons à Guy Konopnicki la lecture de l’Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours : avant sa prochaine conférence sur l’extrême droite, comme dit le proverbe, « un homme averti en vaut deux »…

Et à Alexis Lacroix qui affirme avoir constaté une symétrie entre l’extrême droite et la gauche qu’il n’aime pas, nous lui rappelons bien volontiers que l’histoire est là pour attester qu’il y a surtout une symétrie entre les droites, et même quelquefois avec la gauche qu’il aime bien, par exemple à l’occasion d’une certaine cohabitation récente : Droite et extrême droite : autopsie d’un lien de consanguinité.

Taguieff l’antiraciste (sic), source d’inspiration de Reichstadt l’antifasciste (sic)

Rappelons les mots de Pierre-André Taguieff, à propos de la journaliste islamophobe Oriana Fallaci : « Fallaci vise juste, même si elle peut choquer par certaines formules. » Signalons que Fallaci fut inculpée pour diffamation contre l’islam : Défendre les thèses d’Oriana Fallaci.

A propos des musulmans de France : « Deux millions de musulmans en France, ce sont deux millions d’intégristes potentiels. » déclara Pierre-André Taguieff sur France Inter en 1997.

A propos de Stéphane Hessel, M. Taguieff osera déclarer : « Faut pas exagérer, après tout il n’a été qu’un tout petit peu arrêté par la Gestapo, et un tout petit peu torturé… » M. Taguieff oublie de préciser que Stéphane Hessel fut arrêté par la Gestapo, torturé, mais aussi déporté vers Buchenwald puis Dora. Au décès de Stéphane Hessel, il fera scandale en écrivant : "Le temps n’est pas encore venu pour prononcer un jugement d’ensemble nuancé sur ce personnage surestimé à tous égards, et que je tiens pour un faux grand homme."

Sur notre observatoire du néo-conservatisme, on trouvera plus d’informations sur P.A. Taguieff : Pierre-André Taguieff, le Néo-Con Lajoie

Rudy Reichstadt se dit surpris d’être qualifié de « néoconservateur »

Pourtant le blogueur a bien collaboré à la revue « Le Meilleur des Mondes ». Cette revue qui a cessé de paraître en 2008 fut le prolongement du Cercle de l’Oratoire, un cercle de réflexion néoconservateur composé d’intellectuels français favorables à la guerre en Irak. En 2006, le journal Libération titrait : Les meilleurs amis de l’Amérique. Le journal commente : Depuis les manifestations contre l’intervention des Etats-Unis en Irak, des intellectuels français, révoltés par l’antiaméricanisme, ont fondé le Cercle de l’Oratoire. Inspirés par les néoconservateurs et pourfendeurs de l’islamisme radical, ils se réunissent à Paris dans un temple protestant.

Des néo-cons à la française, ces partisans de la « guerre juste » ? « Je me vois comme une néoconservatrice de gauche » confie, avec un brin de provocation, une jeune journaliste qui souhaite garder l’anonymat. (…) Les philosophes André Glucksmann et Pierre-André Taguieff, l’essayiste Pascal Bruckner, l’universitaire Stéphane Courtois, coauteur du Livre noir du communisme, Jacky Mamou, ancien président de Médecins du monde, Kendal Nezan, président de l’Institut kurde de Paris … mais aussi de jeunes journalistes, des étudiants, des personnalités comme Bernard Kouchner, Nicolas Baverez, Fadela Amara … sont régulièrement invités à débattre. Depuis ce printemps, le groupe publie sa propre revue, « Le Meilleur des Mondes ».

Rudy Reichstadt est également contributeur de la revue « l’Arche » un journal où nous retrouvons Pierre-André Taguieff, Frédéric Encel, Alexandre Adler, tous membres du Cercle de l’Oratoire. L’Arche est édité par le « Fonds Social Juif Unifié » dont le président n’est autre que Pierre Besnainou, également président de la « Fondation du Judaïsme Français ». Mais le blogueur s’offusque une fois de plus quand Pascal Boniface écrit « ce site est principalement consacré à la dénonciation des critiques de la politique israélienne ».

Conspiracy Watch désigne invariablement les cibles américaines de l’Irak à l’Iran

Des cibles américaines définies en grande partie par les politiques étrangères des deux administrations Bush. Pour s’en convaincre, il suffit de visionner une interview du général Wesley Clark de 2007 où il affirmait qu’un plan était prêt 10 jours après le 11 septembre 2001 pour envahir 7 pays : l’Irak, la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et l’Iran.

http://www.youtube.com/watch?v=2vWe0cVdYRI

L’Iran, une obsession

Le blog Conspiracy Watch réserve à l’Iran un traitement de choix : 98 résultats sur son moteur de recherche. Par simple analogie avec un allié pourtant sulfureux de l’occident, le Qatar, vous ne trouverez pas le moindre article, seulement quelques notes de bas de page qui, en aucune façon, n’attirent l’attention sur la cruauté du régime qatari.

Rappel : Rapport Amnesty International de 2011 sur le Qatar : Les femmes continuaient d’être victimes de discrimination et de violences. Les travailleurs migrants étaient exploités et maltraités et ils ne bénéficiaient pas d’une protection juridique suffisante. Une centaine de personnes étaient toujours privées arbitrairement de leur nationalité. Des peines de flagellation ont été prononcées. Les tribunaux continuaient de confirmer des condamnations à mort, mais aucune exécution n’a eu lieu. Amnesty International | Working to Protect Human Rights Relations France-Qatar : un scandale d’Etat

Rudy Reichstadt et le sionisme

Si aujourd’hui M. Reichstadt assimile toute contestation de la politique anti-impérialiste à de l’antisémitisme, il est utile de rappeler son passé. Mercredi 20 septembre 2006, pour le compte de « l’Observatoire du Communautarisme », il écrit un article à charge contre Sarkozy, lui reprochant en particulier de rechercher des soutiens auprès d’organisations communautaire juives : Du communautarisme au républicanisme incantatoire : que penser du revirement rhétorique de Nicolas Sarkozy ?

Pourquoi ce changement de trajectoire ? Rappelons que M. Reichstadt a fondé le site Conspiracy Watch à l’automne 2007. Nicolas Sarkozy est président de la république depuis environ 6 mois, et avec son arrivée au pouvoir, la politique internationale française se trouve dès lors quelque peu modifiée. L’exemple le plus significatif : Nicolas Sarkozy, habitué de longue date du dîner du CRIF, prononce généralement un discours à sa tribune, alors que le président Chirac avait décliné les invitations au profit d’Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin.

En 2011, Rudy accorde sur son blog une tribune à Samuel Ghiles-Meilhac : Le CRIF a-t-il l’influence qu’on lui prête ? Mais à présent, le ton est bien différent, Reichstadt ne présente plus le CRIF comme une association communautariste. Vous pouvez noter que Samuel Ghiles-Meilhac a collaboré régulièrement à plusieurs revues, dont l’Arche et Le meilleur des mondes. Le CRIF, un lobby ?

Néocon lui va si bien…

Quant certains se font un devoir de demander des comptes à la société, ce qui permet au moins à celle-ci d’éviter le croupissement, M. Reichstadt choisi quant à lui la compagnie de vieux notables beaucoup plus soucieux de conserver leurs privilèges que du bien-être collectif, de vieux notables dont il a singé la suffisance. Les directeurs de conscience

Pour le journaliste Hicham Hamza, Rudy Reichstadt est un Crypto-neoconservateur.

Il est vrai qu’à y regarder de près, par des méthodes astucieuses, M. Reichstadt s’emploie à combiner la défense d’intérêts géopolitiques avec une doctrine économique ultra libérale, toujours sous couvert d’anti–conspirationnisme en utilisant des intervenants bien choisis.

La logique fallacieuse

Un article de l’historien américain Richard Hofstadter, reprenant un texte d’Alain Wolfelsperger, va / être détourné à des fins idéologiques/ servir de caution à M. Reichstadt qui n’a pour seul objectif que de légitimer l’ultra-libéralisme inspiré par les membres de la Société du Mont-Pèlerin.

L’étude d’Hofstadter explore l’influence de la théorie du complot qui a évolué au long de l’histoire américaine, en partie en réponse au Maccarthysme des années 1950. Hofstadter note que le style paranoïaque est un phénomène ancien et récurrent dans la vie publique américaine. Il retrace le style paranoïaque des mouvements de la droite radicale qui ont vu un complot contre l’Amérique planifié par des sociétés secrètes telles que les "illuminatis" ou les "francs maçons" dans son ouvrage publié par le magazine Harper en novembre 1964. Voir : Le style paranoïaque en politique, par Richard Hofstadter (Le Monde diplomatique)

Alain Wolfelsperger détourne Hofstadter pour laisser entendre que l’historien aurait pu faire la même remarque sur les attaques qui concernent le libéralisme d’aujourd’hui. Wolfelsperger écrit : "L’ultra-antilibéralisme ou le style paranoïde dans la critique de l’économie de marché". Le libéralisme économique est aujourd’hui vitupéré en France dans divers milieux intellectuels et politiques se réclamant surtout de la gauche classique ou extrême mais en développant une critique qui n’est pas sans résonance auprès d’une certaine droite classique ou extrême.

Alain Wolfelsperger, l’habile bluffeur

A l’évidence, le but est de fustiger le positionnement des opposants de gauche à l’ultra-libéralisme, alors que la thèse de Richard Hofstadter était principalement axée sur la croisade anti-communiste menée par le sénateur Joseph McCarthy. Il est vrai qu’historiquement, Hofstadter ne considérait pas le style paranoïaque comme l’apanage de la droite, néanmoins il ne fit mention de ce caractère uniquement pour les mouvements politique de droite semblables à ceux qui ont soutenu un proche de McCarthy, le sénateur Barry Goldwater, candidat très à droite à la présidence de 1964. Son conseillé économique n’était autre que Milton Friedman, l’une des figures emblématiques de la société du Mont-Pèlerin. Goldwater / Friedman, le duo qui posa les bases d’un nouveau conservatisme qui vit la victoire de Ronald Reagan en 1980. The Conscience of a Conservative : Barry Goldwater

Juge et partie : Alain Wolfelsperger

Dans sa présentation de Wolfelsperger, M. Reichstadt omet tout simplement de souligner qu’Alain Wolfelsperger a participé à un séminaire de la Société du Mont-Pèlerin. Cette organisation qui regroupe des adversaires déterminés de l’Etat social, la Société du Mont-Pèlerin, a inspiré la politique économique et sociale de Pinochet, Reagan et Thatcher.

Mai 2012 : A l’initiative de L’ALEPS, 21 économistes français contre le programme socialiste. Parmi les signataires, nous retrouvons Alain Wolfelsperger lié comme les 20 autres à un ou plusieurs think tanks néolibéraux : Société du Mont-Pèlerin, Institut Turgot, Association pour la liberté économique et le progrès social (L’ALEPS).

« Le programme de François Hollande et de ses amis socialistes procède de motivations démagogiques, mais qui sont illusoires et destructrices : augmenter le SMIC au lieu de libérer les énergies, punir les riches au lieu d’inciter tout le monde à l’effort productif, dépenser pour stimuler la croissance (en fait pour acheter des clientèles) au lieu d’utiliser au mieux les ressources. » L’appel de 21 économistes français contre le programme socialiste destructeur – Institut Turgot

Elle fut l’une des principales structures de propagande du patronat, une officine reconnue pour avoir recyclé d’anciens militants de l’extrême droite de la fin des années 60, via Georges Albertini, l’ex-Secrétaire général du parti acquis à l’Allemagne nazie, le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat. Albertini avait été condamné en décembre 1944 pour « intelligence avec l’ennemi ». Alain Madelin fut l’un des bénéficiaires du grand recyclage.

Dans son ouvrage « Génération Occident », Frédéric Charpier revient sur le rôle prépondérant de Claude Harmel dans la fondation de l’ALEPS. Harmel, tout comme Albertini, avait rejoint après 1940 le parti collaborationniste (RNP).Congrès AFSP Paris 2013 : intervention d’Alain Wolfelsperger « Le rôle des clubs et des réseaux d’intellectuels libéraux dans la diffusion du néo-libéralisme en France. Le cas de l’ALEPS et du groupe des Nouveaux Économistes »

Autres spécialistes, même méthode

Rudy Reichstadt a également fait appel à un néoconservateur notoire, Brice Couturier, du comité éditorial de la revue néoconservatrice Le Meilleur des mondes. En collaboration avec plusieurs autres membres du "Cercle de l’Oratoire", Brice Couturier participa en 2004 à la rédaction d’un ouvrage en faveur de la guerre en Irak : Irak, An I : Un autre regard sur un monde en guerre

Dans sa chronique sur France Culture, Brice Couturier invite l’économiste Serge Audier. Couturier, grand adepte de la confusion volontaire, profitera de la présence d’Audier pour assimiler à de l’antisémitisme tout regard critique sur les réseaux financiers internationauxLe néo-libéralisme, le vrai ! – Idées – France Culture Retour sur les think tanks néolibéraux qui ont changé le monde

Malgré tous les efforts de M. Reichstadt et de ses amis, de plus en plus d’intellectuels bien informés attirent l’attention sur les liens d’intérêts qui gangrènent la sphère médiatico-politique.

Journaliste durant 15 ans au Monde, Hervé Kempf revient dans son ouvrage L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie sur les puissances d’argent qui ont acquis une influence démesurée. Les grands médias dépendent d’intérêts privés, les lobbies s’efforcent de rédiger les lois en coulisses, les libertés sont jour après jour entamées. Dans tous les pays occidentaux, la démocratie est attaquée par une caste, en réalité, nous sommes entrés dans un régime oligarchique, cette forme politique où le pouvoir est réservé à un petit groupe de personnes qui forment une classe dominante.

Pour Rudy Reichstadt, critiquer les lobbys et dérives antidémocratiques des certaines institutions et groupes privés, c’est être complotiste. Comble du ridicule, selon son site, Julian Assange et Wikileaks sont de dangereux paranoïaques, Wikileaks avec lequel tous les plus grands journaux du monde ont travaillé pour diffuser les affolantes informations sur la guerre en Irak… Bien évidement, il faut voir derrière les gesticulations de Rudy la tentative de défendre une idéologie, celle de la revue le "Meilleur des Monde"

Il apparaît donc évident que le site Conspiracy Watch est un outil de propagande justifiant les pires dérives de notre Histoire contemporaine, sous de faux airs de neutralité, ce site a été créé par un arriviste qui a très vite compris l’importance de se retrouver du côté des puissants. C’est bien cela l’opportunisme.

Sur la forme, peu de comparaisons entre Rudy Reichstadt l’opportuniste, à d’autres néoconcervateurs beaucoup plus fanatiques dans le style des auteurs du site Dreuz.info qui eux se revendiquent ouvertement néo-conservateur. Mais sur le fond le résultat est identique, même ligne idéologique extrémiste associée à une géopolitique de type néo-coloniale, la proximité avec Pierre-André Taguieff ne fait qu’entériner une collusion indéniable.

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 11:18
  • L'opposition mène depuis déjà plus d'un mois une guerre médiatique et psychologique dans le pays, dans l'espoir de provoquer une réaction de panique, un sauve-qui-peut général, qui, comme en Egypte, poussera la population à sortir dans la rue, occuper les places publiques et réclamer la tête des coupables, les islamistes et leurs alliés au pouvoir. Le pays est en faillite ! La transition démocratique a lamentablement échoué ! Les Américains, les Français, les puissants de ce monde, ne veulent plus de votre révolution ! C'est fini ! Cessez de rêver ! Nous autres de l'opposition, nous sommes les plus intelligents, les plus compétents, les plus forts ! L'étranger nous fait confiance, nous envoie ses émissaires, nous soutient ! Vos élus sont de bons à rien, nous allons les chasser du pouvoir et les jeter en prison. Ceux qui les soutiendront seront poursuivis, privés de leur travail, condamnés à la pauvreté et à la misère ! Ils ne trouveront pas de quoi nourrir leurs enfants et les envoyer à l'école pour décrocher un diplôme ! A chaque jour son lot de menaces, d'ultimatums, de mises en gardes, de "conseils d'amis", d'appels au bon sens, pour les plus entêtés, du gouvernement et des dirigeants de la Troïka, ceux qui ne l'ont pas encore compris, qu'il est inutile de résister, qu'il vaut mieux qu'ils dégagent, par la petite porte, pendant qu'il en est encore temps ...
    Ce discours qui rappelle celui des charlatans et des illuminés, qui, dans leur délire, haranguent dans la rue la foule des passants, en les appelant au repentir car demain est le jour du dernier jugement, n'a pas eu, bien évidemment, l'effet escompté, malgré le nombre des médias qui se sont mobilisés pour le diffuser à tous les coins du pays. Personne ne semble, en effet, prendre au sérieux l'opposition et son scénario d'apocalypse. Le mouvement Tamarrod qui prétend avoir recueilli près d'un million et demi de signatures, est pratiquement absent sur le terrain et ses militants sont de parfaits inconnus pour la majeure partie des tunisiens. Les organisations qui parrainent le dialogue national, tout en étant, à la fois, juges et parties, se sont accordées un rôle visiblement au dessus de leurs moyens, peu compatible avec un capital crédit, auprès de la population, quasi nul. Les frictions entre les partisans du Front Populaire, une coalition populiste, de gauche, et ceux de Nidaa Tounès, un regroupement de forces de droite, proches des milieux affairistes du pays, sont quotidiennes. Le Front du salut, formé à la va-vite, sur le modèle égyptien, regroupe, en plus de ces deux factions, aux antipodes l'une de l'autre, un ramassis hétéroclite de petites formations éclatées qui n'ont en commun que la phobie des islamistes et une grande détermination à prendre le pouvoir par n'importe quel moyen. Les députés qui se sont retirés de la Constituante se sont attirés la désapprobation et la colère de l'opinion publique et ont perdu, définitivement, la confiance et l'estime de ceux qui les ont élus.
    L'opposition n'a pas trouvé auprès des pays européens et des américains l'appui qu'elle espérait. Critiqués pour leur inaction, voire leur complicité face à la tournure dramatique des évènements d'Egypte, ces derniers ne pouvaient prendre le risque de soutenir une opposition peu crédible, divisée, et qui a échoué à donner à son action un semblant de légitimité populaire en organisant, d'une façon soutenue, des sit-in et des manifestations de grande envergure, de nature à donner le change et faire passer, comme en Egypte, un putsch pour un ras-le-bol général. Aujourd'hui elle est en bien mauvaise posture. Elle cherche, désespérément une sortie à la crise sans trop perdre la face. Son salut, paradoxalement, est tributaire du degré de magnanimité de la Troïka, seule à pouvoir la repêcher et lui éviter une humiliante capitulation.
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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 10:50

Du Printemps arabe et des promesses de démocratie, il ne reste pas grand-chose. Quant à l’Occident, il assiste aux événements sans beaucoup protester et change d’allié comme de chemise. Tant que ses propres intérêts ne sont pas menacés…

Le mercredi 14 août 2013 marque jusqu’à présent le point culminant du violent combat entre l’armée égyptienne et les Frères musulmans. Et l’avenir ne s’annonce pas bien meilleur. L’armée a ainsi déclaré qu’elle tirerait dorénavant à balles réelles sur les manifestants, et un couvre-feu a été instauré. De leur côté, les Frères musulmans appellent à des manifestations quotidiennes. Cette sanglante confrontation est une dangereuse avancée dans la polarisation encore plus grande en Egypte, et l’issue en est plus qu’incertaine.

Au début de 2011, trois semaines de soulèvement populaire massif ont suffi à chasser le dictateur Moubarak du pouvoir. S’en est suivi un mariage de raison entre les Frères musulmans — qui, après les élections de juin 2012, ont choisi le président — et l’armée égyptienne qui s’est taillé sur mesure le rôle de défenseur de la patrie en laissant tomber son ancien chef au bon moment.

Nouveau soulèvement populaire

Dans ce mariage de raison, les revendications du peuple « Pain, liberté et justice sociale » ont de plus en plus été mises sur le côté. Que l’état-major de l’armée et les Frères musulmans se soient bien entendus n’est cependant guère étonnant. La seule organisation que la dictature militaire de quarante ans a laissé faire comme de si rien n’était, c’est justement les Frères musulmans. Celle-ci concordait avec l’islamisation de la société mise en œuvre par Sadate et Moubarak, ce qui a fait disparaître le nationalisme arabe de Nasser et a jeté les bases d’une division du pays. Toute autre forme d’organisation a lourdement été réprimée. Vu le manque d’organisations existantes, la révolte populaire a facilement été récupérée par l’armée et/ou les Frères musulmans.

Après la période de transition sous la direction du général Tantawi, les Frères musulmans ont gagné les élections financées par l’Occident. Un an après l’élection de Morsi, les vagues de protestations ont repris, de plus en plus fortes. Des millions d’Egyptiens sont descendus dans les rues. L’armée égyptienne a à nouveau saisi la balle au bond pour s’ériger en sauveur du peuple, et se débarrasser ainsi des Frères musulmans. L’épreuve de force qui s’est engagée fin juin 2013 est arrivée à un point culminant le 14 août, et elle est loin d’être finie.

Les généraux dictent la loi

Pour la deuxième fois en deux ans, l’armée chasse un président du pouvoir au nom du peuple. Quel que soit l’angle sous lequel on regarde les choses, il s’agit d’une évolution dangereuse. L’armée égyptienne a dirigé le pays ces quarante dernières années et a soutenu tant Sadate que Moubarak. La situation du pays et celle dans laquelle vivait la population était le moindre de ses soucis. Tant en février 2011 qu’en juin 2013, l’armée s’est engouffrée dans la brèche au bon moment et a ainsi confisqué le pouvoir au peuple pour réaliser ses propres objectifs et pouvoir effectuer elle-même les changements nécessaires.

Que l’armée puisse toutefois très vite changer de camp, les Frères musulmans ont pu s’en apercevoir à leurs douloureux dépens. Entre fin juin et mi-août 2013, les affrontements avec l’armée ont fait 300 morts. Puis, entre le 14 et le 16 août, 700 personnes ont perdu la vie. En sept semaines, il y a eu près d’un millier de morts, soit le même nombre de victimes que lors de la première révolte populaire au début de 2011.

On peut donc aussi plus que s’interroger sur la loyauté de l’armée aux revendications du peuple égyptien. Les généraux importants ont été formés aux Etats-Unis. C’était le cas du général Tantawi, ainsi que du général Al-Sisi qui tire les ficelles depuis le limogeage du président Morsi. Plus encore, l’aide militaire des Etats-Unis à l’armée égyptienne, environ 1,3 milliard de dollars par an, n’a durant cette période jamais été remise en question. Après Israël, l’Egypte est le pays qui reçoit le plus d’aide des Etats-Unis. Mais le rôle des Etats-Unis est encore plus clair lorsqu’on observe plus largement la région. Quelques semaines après l’arrestation du président Morsi, les amis des Etats-Unis — l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït, ont donné 12 milliards de dollars — de soutien à l’Egypte. Tout indique que chasser les Frères musulmans du pouvoir sert plusieurs intérêts en même temps.

L’hypocrisie de l’Occident

Entre-temps, les intérêts des Etats-Unis et de l’Occident continuent à déterminer leur attitude dans la région. Lorsque les Frères musulmans ont gagné les élections en 2012, il n’y avait aucun point noir à l’horizon. Le vent a cependant commencé à tourner en août 2012, lorsque le président Morsi est allé à Pékin et à Téhéran, avant de se rendre à Washington. Morsi était le premier président égyptien à se rendre en Iran depuis quarante ans, et plusieurs prêts et investissements ont été convenus avec la Chine.

Il n’est donc pas étonnant que les Etats-Unis restent au balcon sans vraiment désapprouver lorsque l’armée chasse du pouvoir le président élu. Cela ne peut aussi guère étonner qu’Obama, et tout le monde occidental avec lui, ne s’avance pas davantage pour « appeler à la réserve toutes les parties ». L’annulation d’exercices militaires communs avec l’armée égyptienne peut difficilement être considérée comme une sanction.

Il y a une seule constante que nous pouvons retrouver dans la politique des Etats-Unis : « Comment garder l’Egypte sous contrôle ? » Ce n’est guère surprenant vu l’importance de l’Egypte. Pour les Etats-Unis, l’Egypte est depuis quarante ans un élément crucial de son contrôle dans la région, et ils entendent bien que cela continue. Aussi longtemps qu’il y a un partenaire stable à la frontière sud d’Israël, le contrôle est maintenu sur la canal de Suez, économiquement très important, la libéralisation de l’économie égyptienne sous la pression des prêts du FMI se poursuit, et les profits nécessaires peuvent être engrangés…

Jusqu’au début de 2011, il n’y avait aucun nuage à l’horizon pour les Etats-Unis. Tout était calme en Afrique du Nord. Aujourd’hui il faut cependant intervenir et c’est ce que fait Obama. Aussi longtemps que les détenteurs du pouvoir en Egypte défendent les intérêts des Etats-Unis, ils peuvent en attendre du soutien. Qu’il faille pour cela étouffer dans le sang les acquis démocratiques de la révolution populaire n’est pas un problème. Pas sûr que les Egyptiens pensent la même chose.

Source : Intal

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 10:47


Robert Fisk

Ils ont été littéralement cuits. C’était la première expression qui me vint à l’esprit - exactement dans ces termes - quand j’ai vu les restes de neuf des 34 prisonniers qui sont morts aux mains de la police égyptienne dimanche soir.

Des Égyptiens pleurent leurs proches assassinés (Photo : AP/Khalil Hamra)

Sur la route du désert près de la prison d’Abou Zaabal, ces hommes - enlevés place Ramsès ce samedi après que la police du Caire et l’armée ont fait irruption dans la mosquée al Fath - ont soi-disant tenté de se saisir du fourgon qui les emmenait en prison. Les policiers disent avoir tiré une grenade de gaz lacrymogène dans le véhicule, et ils sont alors tous morts. Après avoir vu ces cadavres horribles dans la morgue puante du Caire, je dois dire que ces pauvres gens - chargés d’aucun crime, sans accusation, sans jugement, victimes du glorieux « état d’urgence » avec lequel l’Égypte est maintenant bénie - sont morts dans des conditions bien plus horribles.

Il arrive un moment où de simples descriptions ne peuvent pas équilibrer l’horreur de la mort. Mais de peur que l’histoire oublie ou ne les traite avec moins de compassion que ce qu’ils méritent, nous devons, je le crains, faire face à la réalité. Ces corps étaient affreusement gonflés et ils avaient été brûlés de la tête aux pieds. Un homme avait une lacération à la gorge, causée peut-être par un couteau ou une balle. Un collègue a vu cinq autres cadavres dans un état similaire, mais avec des orifices faits par des balles au niveau de la gorge. En dehors de la morgue, les voyous embauchés par le Ministère de l’Intérieur égyptien ont essayé d’effrayer les journalistes et de les envoyer au loin.

Un homme d’âge moyen dont l’ami a perdu un fils tué par la police mercredi, s’est extrait des cris des proches - dont certains étaient des vomissements sur le béton - et m’a emmené à un imam sunnite, impeccable dans son turban rouge et blanc, qui doucement m’a conduit à travers deux portes en fer dans la chambre de la mort. L’un des entrepreneurs de pompes funèbres, Mohamed Doma, regardait les cadavres dans l’incrédulité. Ainsi faisait l’imam. Et moi aussi. Après avoir dépassé neuf de ces pauvres créatures - des enfants de l’Égypte - j’aperçus d’autres cadavres dans un autre couloir. Tous, selon le personnel médical, venaient de la prison d’Abou Zaabal.

Non pas qu’ils aient jamais atteint la prison - que je suis allé voir hier - à côté d’un minable canal du Nil bordé de vieilles usines de ciment, 28 miles au nord du Caire. Les murs de la prison sont élevés, ses portes fixées à des piliers néo-pharaoniques. Selon la police, les 34 prisonniers - certains rapports disent 36 morts - ont secoué le camion alors qu’il faisait partie d’un convoi de la police s’approchant du bâtiment pour y être incarcérés. Quand il a été forcé de s’arrêter, les prisonniers - et cela, souvenez-vous, c’est la version de la police, qui est accusée d’avoir tué plus de 1000 de ses concitoyens ces derniers jours - se seraient saisi d’un des policiers et, dans une tentative de le sauver, ses collègues ont tiré une grenade de gaz lacrymogène dans le camion rempli de prisonniers.

Des récits des « force de sécurité » - comme certains récits des Frères musulmans - se sont avérés faux au cours des dernières semaines. Une autre version, de la presse égyptienne, à nouveau totalement mise au pas, rapporte que des « terroristes » ont arrêté le convoi et ont essayé de libérer les prisonniers. Étant donné que les prisonniers sont tous morts, nous ne saurons jamais comment ni pourquoi ils ont été abattus. Inutile de dire que les morts étaient devenus des « terroristes » depuis la nuit dernière - sinon pourquoi d’autres « terroristes » essaieraient-ils de les libérer, si c’est ce qui est arrivé ? Et, une fois que les Égyptiens eurent absorbé les nouvelles du massacre aussi horrible des policiers égyptiens dans le Sinaï, ce massacre est devenu le massacre d’Abou Zaabal, consigné sur la longue liste aux côtés du massacre de Rabaa, du massacre de Nahda, du massacre de la place Ramses et de tous les autres massacres qui vont à coup sûr encore survenir.

Après ces scènes horribles, les statistiques du Centre égyptien pour la recherche économique et sociale prennent un aspect solennel. Le Centre affirme que 1295 Égyptiens ont été tués entre mercredi matin et vendredi, dont 1063 rien que le mercredi - 983 civils, 52 policiers et 28 corps retrouvés sous la plate-forme de la mosquée Rabaa. Treize policiers et trois civils ont été tués dans une attaque contre le poste de police de Kerdasa, 24 civils à Alexandrie, six à Sharqeya, six à Damiette, 13 à Suez, 45 à Fayoum, 21 à Beni Souef, 68 à Minya. Il s’agit d’une tragédie nationale, qui n’est pas limitée au Caire. Mais ces corps à la morgue, je suppose, représentent chacune des victimes.

Source : SilviaCattori

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 10:43

Pirker Von Werner

Selon le porte-parole égyptien de la justice, le dictateur déchu Hosni Moubarak pourrait être remis en liberté cette semaine même. Bien que l’on se soit aperçu que l’ex-président et son clan se soient servis de l’Etat comme de leur coffre-fort personnel et se soient remplis les poches de milliards, le ministère public a rejeté le chef d’accusation de corruption. Ce serait alors son successeur au poste de président, Mohammed Morsi, qui devrait occuper la cellule que Moubarak libèrerait. La revanche contrerévolutionnaire n’aurait pas pu s’écrouler de manière plus évidente.

Pirker Von Werner

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