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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 14:12

La Tunisie, vaille que vaille

Par Akram Belkaïd | le 23. janvier 2014 - 9:15

Impatients, inquiets, accablés, les nerfs à vifs depuis ce fameux 14 janvier 2011, les Tunisiens n'ont pas cessé de s'interroger à propos de leur nouvelle Constitution

Akram Belkaïd

Il y a trois ans tombait le régime de Zine el Abidine Ben Ali, du moins était-ce la chute d'un président qui se voyait le rester à vie même si - on le savait déjà à l'époque - son intrigante d'épouse se voyait bien le remplacer. Trente-six mois plus tard, et après bien des péripéties, souvent désespérantes, la Tunisie est toujours engagée dans l'inévitable transition qui suit la fin brutale, d'aucuns diront inattendue, de la dictature. Mais l'espoir est toujours là de voir ce petit pays sans grandes ressources autres qu'humaines s'engager résolument dans un système politique plus moderne et garantissant le droit aux droits pour tous.

Impatients, inquiets, accablés, les nerfs à vifs depuis ce fameux 14 janvier 2011, les Tunisiens n'ont pas cessé de s'interroger à propos de leur nouvelle Constitution. D'incidents en retards, d'attentats terroristes en « grèves des députés », de sit-in en suspension des travaux, il est vrai que l'on commençait à trouver le temps long et à craindre un retour musclé à l'ordre. Une restauration, faut-il le rappeler, souhaitée par les nostalgiques et l'ancienne clientèle du « zaïm » déchu. Mais, dans le même temps, il était évident qu'il ne fallait pas désespérer de la Tunisie et des Tunisiens.

Ces derniers ne s'en sont peut-être pas toujours rendus compte mais leur volonté, parfois tortueuse, de privilégier le compromis et la négociation, a été leur atout essentiel. Cela leur a évité le pire comme par exemple répéter ce que l'on pourrait appeler « l'erreur de janvier », comprendre cette tragique interruption du processus électoral en Algérie aux premiers jours de 1992. Bien sûr, la tentation d'une solution forte a trotté dans la tête de nombreux Tunisiens inquiets de voir le parti Ennahdha remplacer un régime policier par une théocratie musclée. Bien sûr, il y a eu des chants de sirènes encourageant à la violence, suggérant un coup d'Etat ou une solution à l'égyptienne.

Mais, encore une fois, la grande réussite des Tunisiens est d'avoir joué vaille que vaille la carte du dialogue et du compromis. Certes, il ne faut pas être naïf et il est évident que ce résultat est aussi le fruit de circonstances extérieures. En premier lieu, le bain de sang égyptien a fait réfléchir tout le monde à commencer par les islamistes d'Ennahdha qui savent désormais que ce qui s'est passé en Algérie il y a vingt ans peut se reproduire et que l'argument selon lequel le monde a changé depuis n'est guère pertinent. En second lieu, il est plus que probable que la communauté internationale a œuvré pour l'apaisement et pour calmer des passions susceptibles de déclencher l'incendie. Du coup, certains jusqu'au-boutistes de la banlieue nord de Tunis – pourtant abonnés aux réceptions des ambassades occidentales – crient à une ingérence inacceptable et leur colère est d'autant plus forte qu'ils pensaient que l'Europe, les Etats-Unis et, surtout, la France finiraient par applaudir (par s'associer ?) à une chasse aux islamistes.

La route est loin d'être terminée. A l'heure où cette chronique est bouclée, la Constitution n'est pas complètement adoptée et des amendements restrictifs, ou pour être plus direct, réactionnaires et liberticides continuent d'être proposés. Une chose est certaine, le texte fondamental final ne sera certainement pas idéal. Mais existe-t-il ailleurs une Constitution qui le soit ? Beaucoup d'observateurs se sont focalisés sur les questions de la référence ou non à la charia (abandonnée) et de l'égalité de droits entre l'homme et la femme (adoptée) mais là, n'est peut-être pas le plus important. Tout texte de référence ne compte que par la manière dont il est interprété. C'est cela qui va compter. Des lectures divergentes vont forcément exister. Des approches antagonistes vont s'opposer. Mais, au final, c'est l'empreinte politique qui a conduit à la naissance de cette Constitution qui va compter.

En Allemagne, le recours à une coalition au lendemain des élections est en train de devenir un élément de l'identité politique de ce pays (chose qui serait impossible en France). Il ne tient qu'aux Tunisiens d'ériger le compromis et la négociation comme valeur politique intrinsèque voire comme repère premier pour ne pas parler de dogme. D'une part, cela leur garantirait une feuille de route pour l'avenir (laquelle sera indispensable quand il s'agira de faire des choix sur le plan économique). D'autre part, cela pourrait constituer un exemple à suivre pour nombre de pays arabes où l'on décide et où l'on cogne avant de se résoudre à discuter.

A l'heure où il est de bon ton de décréter l'échec définitif du Printemps arabe, l'expérience tunisienne est un cas d'école en matière de transition politique. L'affaire est loin d'être terminée. Il y aura forcément des régressions, des pauses, des alertes. Mais l'optimisme commande de voir que des choses profondes sont en train de se passer avec, parmi elles, une dynamique réelle de la société civile qui ne cesse de se renforcer. Et c'est une très bonne nouvelle pour la Tunisie mais aussi pour le monde arabe dans son intégralité.

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 12:36

Document du B’naï B’rith datant de 1936

B’nai B’rith : L’Ordre indépendant du B’nai B’rith (בני ברית, de l’hébreu : « Les fils de l’Alliance ») est la plus vieille organisation juive toujours en activité dans le monde. Calquée sur les organisations maçonniques, elle a été fondée à New York, le 13 octobre 1843. Wiki.

Goy : Le mot goy (pluriel : « goyim » ou « goym » ou « goys ») a été admis dans des dictionnaires français depuis les années 80′ (terme présent dans le dictionnaire encyclopédique Larousse de 1985, avec un sens parfois péjoratif). Correspondant à ce que les bibles chrétiennes expriment comme les Gentils (du latin Gentiles, les « Nations »), c’est-à-dire les peuples non-Juifs, il est le plus souvent utilisé entre eux par les Juifs pour désigner les membres des nations environnant Israël. Wiki.

Le B’nai B’rith, cette secte maçonnique exclusivement juive, est donc interdite aux Goyim. Les propos qui y furent tenus ont été cités en 1936 :

« Aussi longtemps que subsistera parmi les Goyim une conception morale de l’ordre social, et aussi longtemps que la foi, le patriotisme et la dignité n’auront pas été déracinés, notre règne sur le monde est impossible.

Nous avons déjà accompli une partie de notre tâche mais nous ne pouvons encore prétendre que tout le travail est accompli. Nous avons encore un long chemin à parcourir avant de renverser notre principal ennemi : l’Eglise catholique. Nous devons toujours avoir à l’esprit que l’Eglise catholique est la seule institution qui s’est maintenue et qui, tant qu’elle se maintiendra, nous barrera la route.

L’Eglise catholique, par son travail méthodique et par ses enseignements édifiants et moraux, tiendra toujours ses enfants dans un tel état d’esprit qu’ils auront trop de respect d’eux-mêmes pour plier devant notre domination et pour fléchir devant notre futur roi d’Israël.

C’est pourquoi nous nous sommes efforcés de découvrir le meilleur moyen de secouer l’Eglise catholique dans ses bases profondes. Nous avons répandu l’esprit de révolte et un faux libéralisme parmi les nations des Goyim de façon à les persuader d’abandonner leur foi et même à leur inspirer la honte de professer les préceptes de leur religion et d’obéir aux commandements de leur Eglise. Nous avons conduit de nombreux parmi eux à se vanter d’être des athées et mieux encore, à se glorifier d’être des descendants du singe !
Nous leur avons fourni des théories nouvelles de réalisation radicalement impossible, telles que le communisme, le socialisme ou l’anarchisme.

Ces mythes servent nos fins. Les Goyim, stupides, les ont acceptés avec le plus grand enthousiasme sans réaliser le moins du monde que ces théories viennent de nous et qu’elles constituent un puissant instrument contre eux-mêmes.

Nous avons noirci l’Eglise par les plus ignominieuses calomnies. Nous avons sali son histoire et jeté le discrédit sur ses plus nobles activités. Nous lui avons imputé les torts de ses ennemis et avons amené ces derniers à se rapprocher plus étroitement de nous. Ainsi nous sommes aujourd’hui les témoins satisfaits de rébellions contre l’Eglise dans plusieurs pays.

Nous avons transformé son clergé en objet de haine et de dérision. Nous l’avons exposé au mépris de la foule. Nous avons fait considérer comme démodés et comme perte de temps, les pratiques de la religion catholique.

Les Goyim, à notre stupéfaction, se sont montrés des dupes extraordinaires. On s’attendait à plus d’intelligence et de sens pratique de leur part mais ils ne valent pas mieux qu’un troupeau de moutons : laissons les paître dans nos champs jusqu’à ce qu’ils soient assez gras pour être immolés à notre futur Roi du Monde.

Nous avons fondé de nombreuses associations secrètes qui travaillent à nos fins, sous nos ordres et notre direction. Nous avons fait en sorte que les Goyim considèrent comme un honneur d’en faire partie. Elles sont plus florissantes que jamais grâce à notre or.

Les Goyim qui trahissent ainsi leurs intérêts les plus précieux, doivent ignorer que ces associations sont notre oeuvre et qu’elles travaillent pour nous. L’un des nombreux triomphes de la Franc Maçonnerie est que les Goyim ne soupçonnent même pas que nous nous servons d’eux pour construire leur propre prison, et qu’ils forgent les chaînes de leur propre servilité à notre égard.

Jusqu’ici nous avons conduit nos attaques contre l’Eglise suivant une stratégie opérant de l’extérieur. Mais ce n’est pas tout. Voyons maintenant comment nous avons procédé pour hâter la ruine de l’Eglise, comment nous avons pénétré dans ses cercles les plus intimes et amené une grande partie de son clergé à se faire les chantres de notre cause.

En plus de l’influence de notre philosophie, nous avons pris d’autres mesures pour ouvrir une brèche dans l’Eglise.Nous avons induit certains de nos enfants à se joindre au corps catholique, avec l’intimation explicite qu’ils devaient travailler d’une façon encore plus efficace à la désintégration de l’Eglise en créant des scandales dans son sein. Nous avons obéi à l’ordre séculaire : « faites de vos enfants des chanoines afin qu’ils puissent détruire l’Eglise ».

Malheureusement des Juifs convertis n’ont pas tous été fidèles à leur mission. Plusieurs d’entre eux nous ont trahis. Mais un grand nombre a tenu sa promesse et fait honneur à sa parole.

Nous sommes les pères de toutes les révolutions, même celles qui parfois se sont retournées contre nous. Nous sommes les maîtres suprêmes de la paix et de la guerre. Nous pouvons nous vanter d’avoir été les créateurs de la Réforme. Calvin était Juif, l’autorité juive lui fit confiance et il eut l’aide de la finance juive pour dresser son plan de réforme.

Martin Luther céda aux influences de ses amis Juifs et grâce à l’autorité et à la finance juive, son complot contre l’Eglise fut couronné de succès.

Grâce à notre propagande à nos théories sur le Libéralisme, à notre définition perverse de la Liberté, les Goyim furent prêts à accepter la Réforme. Ils se séparèrent de l’Eglise pour tomber dans nos filets. L’Eglise s’affaiblit, son autorité sur les rois fut réduite à néant.

Nous sommes reconnaissants envers les protestants pour leur loyauté à nos desseins. Mais la plupart d’entre-eux ignorent totalement qu’ils nous sont loyaux. Mais nous leur sommes reconnaissants pour l’aide merveilleuse qu’ils nous donnent dans notre lutte contre le château-fort de la civilisation chrétienne et nos préparatifs vers l’avènement de notre suprématie sur le monde entier et les royaumes de Goyim.

Nous avons réussi à renverser la majorité des trônes d’Europe. Les autres suivront dans un proche avenir. La Russie sert déjà notre domination. La France, avec son gouvernement maçonnique est entièrement à notre merci. L’Angleterre par sa dépendance à notre finance, est sous notre talon et son protestantisme détruira le catholicisme dans le pays. L’Espagne et le Mexique ne sont que des jouets entre nos mains.

De nombreux pays sont entre nos mains : les Etats Unis y sont intégralement. Mais l’Eglise est toujours vivante. Nous devons la détruire sans attendre davantage et sans la moindre pitié. La presse mondiale est sous notre contrôle. Encourageons de façon plus violente la haine contre l’Eglise catholique. Intensifions nos activités dans l’empoisonnement de la morale des Goyim. Répandons l’esprit de révolution dans le coeur des peuples.

Il faut les amener à mépriser le patriotisme, l’amour de leur famille, à considérer leur foi comme une fadaise, leur obéissance à l’Eglise comme une servilité dégradante de sorte qu’ils deviennent sourds à l’appel de l’Eglise et aveugles à ses cris d’alarme contre nous.

Par dessus tout rendons impossible la réunion à l’Eglise des chrétiens qui sont hors de son giron et la réunion des non chrétiens à l’Eglise. Autrement, le plus grand obstacle à notre domination sera raffermi et notre travail restera inaccompli. Les Goyim se retourneraient contre nous dans un esprit de vengeance et notre domination deviendrait impossible.

Tant que l’Eglise aura des militants, nous ne serons pas les maîtres du monde. Les Juifs ne régneront que lorsque le Pape de Rome sera détrôné, comme tous les autres monarques de la terre. »

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 12:19

Gilad Atzmon : "Dieudonné a montré qu’il pouvait résister à la violence de ses détracteurs"

Algerie patriotique : Votre combat contre le sionisme vous vaut des levées de boucliers en Israël et en Occident. Vos détracteurs jouent sur l’amalgame entre « antisionisme » et « antisémitisme ». Quelle est la différence entre ces deux concepts ?

Gilad Atzmon : L’antisémitisme est une notion qui peut prêter à confusion. Elle renvoie en général à une critique des juifs en tant que « peuple », « ethnie » ou « race ». Cette critique, basée sur des considérations « biologiques », est en passe de disparaître. L’antisionisme, en revanche, relève d’un tout autre ordre. Il correspond à la critique de l’État juif, de ses politiques, de ses positions et de son idéologie. Or, il se trouve que je ne me reconnais dans aucune de ces catégories. Certes, je critique les Israéliens avec véhémence, mais ce qui m’intéresse le plus, c’est la signification véritable de l’identité, de la culture, de la politique et de l’idéologie juives. Ma conviction est que, aussi longtemps que l’action politique se place sous la bannière juive, nous avons le droit d’en interroger les mobiles, les positions et la philosophie. C’est parce qu’Israël se définit comme l’État juif que sa judéité doit être remise en cause. Je critique l’Etat juif mais je m’en prends aussi à la gauche juive, voire à ce qu’on l’on appelle communément l’« antisionisme ». En somme, je dénonce tout ce qui relève du « pour-les-seuls-juifs », que cela vienne de la Gauche ou de la Droite. A l’instar du sionisme et d’Israël, l’antisionisme juif se fonde sur des considérations raciales et est judéo-centrique. Sa raison d’être est la défense des intérêts tribaux juifs ; la cause palestinienne n’est qu’un faire-valoir. Dans mon essai The Wandering Who, j’ai fourni assez d’arguments et de preuves pour étayer cette thèse.

Vous considérez que les sionistes sont la cause principale de la crise financière mondiale. Comment ?

Non, pas exactement. Dans The Wandering Who, je dis qu’une bulle financière avait été créée de toute pièce aux Etats-Unis – par la Réserve fédérale – afin de détourner l’attention sur une bavure militaire, à savoir une guerre des sionistes et des néoconservateurs. Plutôt qu’une conspiration, la crise du crédit était accidentelle. Autrement dit, la bulle a explosé au moment où l’on s’y attendait le moins.

On a tendance à croire que le sionisme se limite à la colonisation de la Palestine pour y créer un État. Or, vous dites que celui-ci est « un mouvement mondial alimenté par une solidarité tribale sans équivalent ». Qu’entendez-vous par « solidarité tribale » ?

Pour commencer, votre terminologie est légèrement incorrecte. Le sionisme n’est pas un mouvement colonial, même si beaucoup utilisent ce terme dans cette acception. Le colonialisme est un échange matériel et tangible entre l’État-mère (métropole) et l’Établissement colonial. Dans le cas du sionisme, on peut, certes, identifier l’Établissement colonial, mais pas l’État mère. En outre, l’établissement en Palestine concrétisait une quête spirituelle et idéologique, les considérations économiques n’en étaient pas le moteur. Sauf que, avec les lobbies juifs très actifs dans de nombreuses capitales occidentales (Aipac, Crif, CFI, etc.), qui y promeuvent les intérêts du sionisme mondial et incitent à des guerres contre l’Iran et la Syrie, il est aujourd’hui impossible de nier le fait que le sionisme est un mouvement mondial ayant des intérêts mondiaux. Ces éléments étant versés à la réflexion, il est facile de cerner la solidarité tribale qui renvoie à l’énorme soutien que les juifs du monde entier apportent à leur mouvement national et à leurs campagnes à fortes consonances tribales.

Pourquoi le sionisme doit-il sa survie à la génération de « conflits internationaux d’ampleur gigantesque », pour reprendre votre formule ? Autrement dit, pourquoi le sionisme ne croit-il pas à la paix ?

Car l’identité juive laïque est définie par négation. Le juif politique sans Dieu (par opposition au juif orthodoxe) se définit par l’animosité qu’il évoque chez les autres. Les juifs ont besoin d’ennemis et l’État juif au Moyen-Orient pourrait induire plusieurs autres conflits sectaires dans la région. Mais cela ne se résume pas uniquement à Israël ou à la politique sioniste. La judaïsation du mouvement de « solidarité » palestinienne a ouvert la voie à une chasse aux sorcières, typique de la culture juive du herem (excommunication). Ces dernières années, nous avons vu comment le PSC britannique expulsait les activistes – y compris des Palestiniens – de ses rangs. Manifestement, la politique juive se fonde sur la négation ; elle évoque l’animosité chez les autres.

Si Israël a été créé par les capitalistes britanniques pour contrôler le pétrole du Moyen-Orient au début du XXe siècle, comment se fait-il que le sionisme ait pris l’Occident en otage plusieurs décennies plus tard ? Qu’est-ce qui a conduit à cette inversion des rôles ?

Non, je ne partage pas cette lecture. Israël n’a pas été créé par l’empire britannique et le pétrole n’était pas au cœur du discours derrière la Déclaration de Balfour. Il s’agit là d’un fantasme matérialiste marxiste trivial qui ne repose sur rien et qui sert à induire en erreur. Les lobbies sionistes ont réussi à arracher la Déclaration de Balfour au summum de la Première Guerre mondiale, promettant de pousser les États-Unis a rejoindre la guerre en retour. La Grande-Bretagne avait besoin de l’appui des Américains pour sortir de l’impasse du front occidental. Ainsi, donner la Palestine aux juifs semblait un prix négligeable à payer. Vue sous cet angle, la Déclaration de Balfour semblait destinée à apaiser l’élite financière juive germano-américaine qui s’est empressée de changer d’allégeance, tournant le dos à l’Allemagne pour s’allier aux Anglais. Le message était clair : dès 1917 déjà, le lobby juif américain était parmi les entités les plus influentes aux États-Unis et en Grande-Bretagne.

Les médias occidentaux sont réfractaires à toute critique vis-à-vis du sionisme. Vous êtes vous-même pris sous le feu nourri de plumes acerbes. Actuellement, en France, Dieudonné en est victime. Comment expliquez-vous cet acharnement du complexe politico-médiatique contre cet humoriste ? Dieudonné est-il à ce point un danger pour les sionistes ?

Dieudonné a montré qu’il pouvait résister à la terreur des organisations juives. Toutes les tentatives visant à le détruire ont produit l’effet contraire, l’aidant à affiner son humour et sa critique du pouvoir juif. Mais Dieudonné a réussi à exposer le continuum mortel entre le lobby juif, le soi-disant mouvement de solidarité avec les Palestiniens et l’establishment de la « Gauche » française qui n’existe que dans l’imagination. Il est pour le moins surprenant que le gouvernement qui, il y a à peine quelques semaines, avait tenté – toute honte bue – de faire échec aux négociations avec l’Iran – dans une tentative désespérée d’apaiser le gouvernement israélien – s’en prenne à présent à un comédien noir qui refuse de se plier à la suprématie de la souffrance juive.

Contrairement aux sionistes soudés et organisés, les mouvements antisionistes semblent éparpillés. Pourquoi n’existe-t-il pas une organisation solide pour combattre ce groupe tentaculaire qui « tue au nom de la souffrance juive » ?

La sionisation du mouvement de solidarité avec les Palestiniens – que je suis depuis plus d’une décennie – est quasiment parachevée. Elle a permis de placer les intérêts tribaux juifs au cœur du combat palestinien. Au lieu de défendre les Palestiniens, les organisations de solidarité s’occupent plutôt de la lutte contre l’antisémitisme. Ce mouvement agit, actuellement, comme une opposition sous contrôle. Il est financé généreusement par des sionistes libéraux tels que George Soros qui finance également Jstreet. Soros finance la plupart des ONG palestiniennes, y compris le mouvement BDS. Nous assistons à l’émergence d’un petit « commerce » sous couvert de la solidarité avec la Palestine qui ne va aboutir à rien et dont le mérite, justement, réside dans son incapacité à réaliser quoi que ce soit. Mais, d’autre part, l’on ne peut ignorer quelques évolutions positives. En effet, de plus en plus de gens perçoivent la vraie réalité sur le terrain. Et je n’y ai pas peu contribué. De plus en plus de gens sont conscients de l’activisme des lobbies juifs et de l’instigation des conflits par le sionisme. Ils sont de plus en plus nombreux à mieux appréhender le rôle de la gauche politique. Ils voient bien la tentative du Guardian à faire de Sharon un abcès de fixation. En bref, ils sont de plus en plus nombreux à comprendre que la Palestine est ici, à Paris, Londres, Athènes et Detroit. Dans l’état actuel des choses, nous sommes tous des Palestiniens.

L’immense soutien dont bénéficie Dieudonné est un message cinglant à l’Aipac, au CFI et au Crif, annonçant la fin de la partie. On en a assez. J’aimerais bien voir le lobby juif (tant les sionistes que les antisionistes) se résoudre à reconnaître les changements actuellement à l’œuvre. Mais j’en doute fort. Lecteur avide de l’histoire juive et des dysfonctionnements de la Gauche, je pense que le Lobby se montrera de plus en plus agressif et je crains fort les conséquences inévitables tant pour les juifs que pour nous tous.

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 13:25

Message de Muhammad (PSL) : quelles leçons pour l’humanité ?

Par Bakary Sambe | le 29. décembre 2013 - 23:05

S’arrêtant sur cet aspect de l’œuvre de Muhammad, Lamartine voyait en lui cet homme maître dans l’art de l’harmonie le « créateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel »

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A propos de l'auteur

Bakary Sambe

Le Dr. Bakary Sambe est enseignant chercheur au Centre d’Etudes des Religions (CER), UFR des Civilisations, Religions, Arts et Communication à l'Université Gaston Berger, Saint Louis du Sénégal.

« Je voulais mieux connaître la vie de celui qui, aujourd’hui détient indiscutablement les cœurs de millions d’êtres humains ; je suis, désormais, plus que jamais convaincu que ce n’était pas l’épée qui créait une place pour l’islam dans le cœur de ceux qui cherchaient une direction à leur vie. C’était cette grande humilité, cet altruisme du Prophète, l’égard scrupuleux envers ses engagements, sa dévotion intense à ses amis et adeptes, son intrépidité, son courage, sa confiance absolue en Dieu et en sa propre mission. Ces faits, et non l’épée, lui amenèrent tant de succès et lui permirent de surmonter les problèmes ».

Ce témoignage émane du célèbre dramaturge et critique irlandais, George Bernard Shaw(1856-1950), prix Nobel de littérature 1925, considéré comme l’auteur dramatique le plus important depuis Shakespeare et qui puisa son inspiration dans la critique de la société capitaliste. Ses propos peuvent surprendre plus d’un à notre époque alors que l’auteur, en son temps, n’était pas le seul à manifester autant d’égard au Prophète de l’islam.

Il est vrai qu’en ces moments traversés par d’innombrables questions existentielles et où, plus que jamais, se pose le problème de la destinée humaine, au regard des crises morales et socio-politiques, il peut sembler naïf voire déplacé, pour certains, d’évoquer une figure religieuse et de vouloir tirer une quelconque leçon de son expérience, surtout lorsque cette dernière est dite prophétique.

Le « désenchantement du monde » au sens weberien et le sécularisme triomphaliste peuvent induire l’obsolescence du religieux au profit d’une victoire sans appel du rationalisme. Mais ce serait sans compter avec l’éternelle quête de sens qui n’a jamais cessé de hanter l’humain. Malgré la désaffection à l’égard des religions traditionnelles et/ou classiques, les formes de religiosités qui meublent notre espace - se disant modernes - subsistent, surgissent et ressurgissent ça-et-là avec une ampleur plus ou moins perceptible.

La manifestation la plus nette du phénomène de l’attachement humain aux « moyens de productions » du sens est l’impossibilité conceptuelle et matérielle de distinguer, aujourd’hui, à la manière de Durkheim les domaines du « profane » et du « religieux » dans l’activité sociale. On peut croire que ce besoin de sens est inhérent à la nature humaine et gît en son sein même.

Les religions, en général, avec la montée en puissance des extrémismes, sont au ban de la « société pensante » et des médias d’aujourd’hui. L’islam dont l’approche ne bénéficie pas de la même disposition d’esprit que celle adoptée pour l’étude des autres monothéismes se trouve indexé comme la parfaite illustration du péril religieux menaçant les libertés, la démocratie et aux antipodes de l’esprit laïc et du progrès. Du coup, appréhendée hors des conditions sociales et historiques de son émergence dans les différents contextes où elle est au cœur du monde social, la religion musulmane est stigmatisée et confinée dans des schémas qui en font un monothéisme particulièrement monolithique, donc incapable de fournir l’impulsion et le dynamisme nécessaires à l’entrée dans la modernité.

Pourtant, un retour sur le parcours du Prophète Muhammad (PSL) permettrait de voir, sous plusieurs aspects, comment cette religion qui naquit au 7ème siècle a toujours été source de dynamisme et facteur de changement façonnant aujourd’hui la vie de plus d’un milliard d’individus sur cinq continents. Evoquant la personnalité de Muhammad (PSL), on se rend compte de l’extraordinaire manière dont la religion qu’il a professée a su épouser les contours de diverses cultures, unir dans leur diversité des peuples aux traditions différentes et rapprocher des contrées éloignées aux conditions socio-historiques variées.

Quelles que soient les opinions contradictoires émises par les uns et les autres sur ses formes, l’expansion de l’islam a toujours intrigué les analystes les plus rompus aux processus historiques. L’échelle de temps, l’étendue du champ et les adaptations sociologiques de cette expansion qui n’a pas nui à l’harmonie sociale des sociétés ayant embrassé l’islam sont tant d’éléments qui méritent réflexion.

« Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens et l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie humain, qui oserait comparer un homme de l’histoire moderne à Mahomet ? », se demandait Alphonse de Lamartine en 1854. Ces questionnements s’inscrivent dans cette absence d’explication exhaustive du phénomène Muhammad (PSL). Loin de nous, la prétention d’essayer de fournir toutes les clefs permettant d’établir une grille performante de lecture de l’histoire de cet homme hors du commun pour les Musulmans.

En plus de la qualité de l’homme, le caractère « surhumain » de son dessein rend impossible toute exhaustivité. L’auteur de la Vie de Mahomet prévient que ce n’est point une mince affaire de rendre compte de toutes les facettes de la vie du Prophète de l’islam qu’il considère comme le plus grand : « Jamais un homme ne se proposa, volontairement ou involontairement, un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : Saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la divinité », affirme t-il, sans réserves.

Nous nous limiterons, donc, à une simple re-visite des étapes de sa vie en nous arrêtant surtout sur les conséquences de cette prédication et de ce message sur le cours de l’Histoire. Malgré les désaccords et les divergences de vues, la naissance du Sceau des prophète ce 22 juin 570 (ou 571 d’après d’autres sources) à la Mecque marquera les esprits pour toujours.

Le fils d’Amina et d’Abdallah Ibn Abdelmutallib est né dans une société en pleine mutation à un moment de l’histoire arabe qualifiée par les traditions islamiques de trouble et sombre. Et voici que, selon les termes de Mujtaba-Musawi Lari, qu’ « un autre soleil se leva dans le ciel obscurci dont la lumière éclaira soudain l’horizon sombre de la vie ». Le mérite d’un tel être fut, selon ses adeptes, de devenir l’homme le plus sublime au monde après avoir été élevé dans une société corrompue et injuste.

Les moyens pour arriver à son but ne pouvaient être que très modestes à l’égard de sa condition sociale d’orphelin à l’enfance secouée de péripéties douloureuses. N’ayant jamais vu son père disparu peu avant sa naissance, séparé, très tôt de sa mère par la mort, puis privé de l’assistance de son grand-père Abdelmutallib, ce notable de Quraysh, qui lui fit défaut dès qu’il eût huit ans, Muhammad (PSL) sera sans défense dans la société qu’il voulut transformer et où il ne pouvait plus compter sur l’appui de son oncle, Abû Talib qui quitta ce monde alors que le futur prophète n’avait pas encore commencé sa prédication.

Dans son Khilâs al-Dhahab fî Sîrat Khayr al-‘arab, Seydi El Hadji Malick Sy de Tivaoaune (Sénégal) qui a fait de la célébration du Mawlid un événement d’une grande ampleur, décrit bien cette jeunesse de Muhammad (PSL) et ses multiples péripéties.

L’orphelin qui voulait devenir le père de l’humanité, le refuge des opprimés dans une société inégalitaire et le compatissant des misérables, puisera étonnamment dans l’accoutumance à la souffrance, des dénuements et des malheurs, la force indispensable pour accomplir sa mission. Ainsi, le jeune Mecquois qui ne sortit de son Hijâz naturel qu’à deux reprises : une fois en compagnie de son défunt oncle et lors de son travail de caravanier au service d’une riche veuve qui l’épousera et lui apportera tout son soutien, aura un destin difficile à assumer tellement la tâche était colossale.

La tradition est assez prolixe au sujet des qualités morales et personnelles qu’elle trouvera chez Muhammad (PSL). N’est-ce pas dans cette société mecquoise qui le combattra qu’il gagna le titre d’Al-Amîn « le digne de confiance » ? A première vue, le déroulement de sa carrière prophétique, n’aura aucun caractère original au regard des similitudes avec tous les porteurs de messages religieux ou autres auxquels leur société d’origine a toujours opposé une farouche résistance. Nul n’est prophète chez soi dirait, la maxime ! Mais, on ne saurait nier la spécificité du premier cercle des adeptes de Muhammad (PSL) dès l’an 610 ap.JC.

La tradition universitaire des années 70 fortement inspirée par une analyse marxisante dans sa démarche, a longuement insisté sur la dialectique caractérisant les premières années de la prédication muhammadienne. Il est vrai que certains aspects de sa vie et de sa prédication ont bien l’air sinon d’une « révolution », du moins d’une profonde mutation sociétale.

A une société marquée par un polythéisme faisant partie du système socio-économique, Muhammad (PSL) proposera l’adoration du Dieu unique. Au culte des divinités représentées, sculptées, il tentera de substituer celui d’une religion qui crée le rapport abstrait entre Dieu et l’homme. C’est dans ce sens qu’Alphonse de Lamartine voit en lui « le restaurateur de dogmes rationnels et d’un culte sans images ».

Les premiers adeptes de l’islam naissant viennent de différents horizons mais partagent tous la même condition sociale de dominés dans un contexte hautement hiérarchisé où l’inégalité est érigée en règle. A travers leurs noms, on perçoit la diversité de leurs provenances. Hormis le petit nombre de Compagnons qui pouvaient faire prévaloir un rôle et une place importante dans la société mecquoise, Muhammad (PSL) était entouré d’opprimés et de personnes demandeuses de justice sociale qui trouvaient dans le nouveau message, le réconfort et la solidarité qu’ils ne pouvaient espérer dans un système défavorable.

Bilâl, l’esclave affranchi selon la tradition musulmane, dit ‘al-habashî (l’Abyssin), venant de l’autre côté de la Mer Rouge, de l’Abyssinie (Ethiopie), Souhayb est al-Rûmî, provenant certainement des régions sous la domination de Byzance, Salmân est al-Fârisî, (le Persan) allusion au domaine de l’empire Perse. A leurs côtés, un groupe d’hommes et de femmes qui malgré la condition qui leur était infligée affirmaient, au péril de leur vie, leur loyauté envers Muhammad (PSL) et la foi en l’unicité de Dieu.

Il faut rappeler que l’émergence de l’islam a coïncidé avec une période où l’Arabie vivait un tournant. La sédentarisation progressive, la reconversion de sociétés bédouines, nomades, au commerce et à la finance, faisaient que certaines vertus cardinales de l’homme arabe avaient du mal à perdurer devant l’appât du gain etl’accumulation. Un tel système est de nature à creuser les inégalités et à modifier les hiérarchies. La notion même et les critères du prestige social s’en trouvent bouleversés. Ceux qui sont à la marge du système sont plus que jamais attentifs et réceptif à l’égard de ce Prophète qui leur proposait la justice, l’égalité, le respect de l’orphelin, la charité à l’égard de l’étranger.

Malmenés pour avoir porté atteinte au système établi et défié la puissance de la hiérarchie mecquoise, les membres de la première communauté de l’islam connaîtront très tôt l’exil. Le Négus, souverain de l’Abyssinie, les accueillera avec hospitalité et charité, les protégera dans la pure tradition chrétienne. Quelle heureuse rencontre, quel symbole de tolérance et d’acceptation mutuelle !

Mais, la nouvelle religion professée par Muhammad ne tarda pas à trouver un écho favorable dans différentes régions d’Arabie. Après les persécutions, les blocus, les menaces et les tortures, les habitants de Yathrib qui deviendra Médine (Madinat al-rasûl = la ville du Prophète), accueilleront Muhammad (PSL) et ses fidèles en l’an 622.

Le cadre étroit de cet article ne permet pas l’analyse profonde nécessaire à la compréhension de la nouvelle impulsion à partir de Médine où l’islam arabe à ses débuts allait s’universalisant à la rencontre du monde, des cultures et des différentes civilisations. Ce train de la spiritualité parti de Médine, partout où il s’arrêtera accueillera à son bord en même temps que les Hommes, les vertus et les qualités qui ont fait sa grande civilisation.

S’arrêtant sur cet aspect de l’œuvre de Muhammad, Lamartine voyait en lui cet homme maître dans l’art de l’harmonie le « créateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel ». C’est ce dernier qui a le plus émerveillé les observateurs de sa mission prophétique. Comment en effet une religion née et ayant évolué dans des circonstances aussi difficiles a pu, non seulement, se répandre aussi rapidement, mais créer, en plus, une symbiose dans un océan de diversité.

Dans son Regard sur l’histoire du monde, Nehru exprimait cette interrogation en ces termes : « Chose surprenante, la race arabe qui semblait durant des siècles demeurée dans une contrée sans renom, endormie, ayant perdu totalement sa vivacité, isolée du monde, ignorait apparemment tout ce qui s’y passait, se réveilla soudain, bouleversant avec une force vigoureuse le monde ! ». il conçoit comme « un des merveilles du monde dans l’histoire humaine », cette manière dont « l’aventure de l’islam et l’histoire de sa progression en Asie, en Afrique et en Europe, et, avec, la fondation d’une civilisation magnifique et une culture suprême ».

C’est à cet homme professant l’islam et offrant comme message la fraternité et l’égalité que revient le mérite d’une telle révolution silencieuse et non au génie d’un quelconque peuple car l’histoire de l’islam, hormis la problématique parenthèse omeyyade (approximativement de 661 à 850) est faite de diversité et d’apport des cultures qu’il a traversées, malgré les tentatives d’ethnicisation et d’arabisation depuis Abdul Malik Ibn Marwân.

Comme le rappelle Nehru, « la pensée motrice qui éveilla le monde arabe et le combla de la confiance en soi et de la force créatrice ne fut que l’islam prophétisé par Muhammad ». Cheikh Ahmed Tidiane Sy, le disait lors d’une visite à la Mecque« Si ce n’était pas le Prophète, messager de l’islam, qui connaîtrait cette civilisation se distinguant par l’hospitalité envers l’étranger » (lawla-n-nabiyyu rasûlullâhi mâ ‘urifat/hadâratun sha’nuhâ-t-takrîmu li-l-ghurabâ).

En tout cas, la métamorphise qui a conduit une telle société, de son confinement historique à la conquête d’une grande partie du monde, embrassant cultures et civilisations de l’Atlantique à la Mer de Chine reste, tellement, une énigme, pour les analystes que d’aucuns hésitent d’y voir un simple « phénomène naturel ». Mais, comme le fait remarquer, l’auteur des Méditations poétiques, les utopies ne sont quelques fois que des « vérités prématurés »

Hormis la rapide et durable expansion de l’islam, c’est la pérennité du message de Muhammad (PSL) (mort en 632), ayant déjà traversé quatorze siècles, qui peut attirer l’attention. Sans entrer dans la polémique de l’inimitabilité du Coran (i‘jâz), on ne peut ne pas s’arrêter sur l’emprise qu’eût et a toujours le message du Prophète dans le cœur et l’attitude de plus d’un milliard d’individus à travers le globe.

Il est vrai, l’homme dit illettré dans bien des sources est parvenu avec un élan foudroyant à faire entrer son peuple dans le monde des livres et des sciences. De Baghdad à Ispahan jusqu’à Samarkand, de Cairouan à l’Andalousie en passant par Fèz l’impériale, la civilisation islamique a offert au monde de grands esprits éclairés. Constant Virgil Gheorghui rappelle dans la biographie consacrée au Prophète de l’islam : « quoi qu’il fut illettré, les premiers versets révélés mettent en valeur la plume, la science, l’éducation et l’instruction. Si Muhammad avait été un savant, la révélation, réalisée dans la caverne de « Hirâ », n’aurait pas causé d’étonnement ».

Pour expliquer le caractère pérenne et fortement inscrit dans l’éternité, du message de Muhammad (PSL), plusieurs hypothèses ont été émises. Mais les explications les plus fournies se heurtent à l’ampleur du phénomène et finissent par être quelques fois involontairement réductrices. La nature du message de l’islam, se voulant une synthèse des prophéties qui l’ont précédé, son génie pour l’adaptation et le respect des traditions culturelles de ses prosélytes pourraient être avancés comme des éléments pouvant aider à dégager une piste.

Dans la distinction qu’il fait entre ce qu’il appelle les « lois humaines » et les « lois » divines, Montesquieu (voir de l’Esprit des lois) bien que niant à tort tout dynamisme des normes religieuses, aboutit à une conclusion intéressante pour notre question. Il parvient à l’idée selon laquelle la force principale des lois religieuses vient de ce qu’on les croit ; la force des lois humaines vient de ce qu’on les craint.

Le cas de l’Afrique noire pourrait-être cité en exemple où l’islam s’est rarement imposé mais s’est plutôt substitué et a très vite refaçonné les cultures sans les rejeter. Voici qu’une religion qui naquit du désert d’Arabie, porté par un homme qui avait tout contre lui, arrive à gagner tous les continents, en privilégiant la conquête des cœurs à la soumission des corps.

La diversité fut sa force, la justice sociale son leitmotiv. Autour d’un prophète, d’un message et d’une foi, elle a donné au monde l’une de ses plus brillantes civilisations. Les auteurs les plus apologétiques ont vite atteint leur limite dans la description de ses qualités humaines et morales. Al-Bûsayrî (XIIIème s.) dans sa Burdah se contentera de conclure qu’il est un homme et le meilleur des créatures :fa mablaghul ‘ilmi annahû basharun/ wa annahû khayru khalqi lâhi kullihimi. Le grand Muqaddam de la Tijâniyya, Seydi El Hadji Malick Sy (1855-1922), sur les mêmes rime (qâfiya) et mètre (basît), recourut vite au résumé en affirmant que pour tout qualificatif afférant à la noblesse de l’âme, Muhammad (PSL) mérite le superlatif absolu ! : fî kulli wasfin hamîdin hâza af‘ala tafdîlin rajâ’ul barâyâ yawma muzdahamî

Reste que ce message soit revivifié dans toutes ses dimensions, une fois libérés des préjugés dans lesquels aussi bien les extrêmes qui le dénaturent et en usent, que les tenants de l’essentialisme, portent la malheureuse responsabilité.

Mais quelles que soient les tensions, malgré les déchirures et la percée du virus de l’animosité dans le monde d’aujourd’hui, on ne pourra jamais nier que cette religion appelle au dialogue au respect et à la coexistence pacifique.

N’en déplaise aux théoriciens du choc des civilisations et de la confrontation entre un fantasmatique Orient et un Occident diabolisé, des esprits éclairés s’évertueront toujours à appeler au dialogue et à la compréhension mutuelle. L’exemple donné par Goethe, dans la citation suivante, par laquelle nous conclurons, mérite méditation : « J’ai toujours eu une grande estime pour la religion prêchée par Mohamed parce qu’elle déborde d’une vitalité merveilleuse. Elle est la seule religion qui me paraît contenir le pouvoir d’assimiler la phase changeante de l’existence - pouvoir qui peut la rendre alléchante à toute période. J’ai étudié cet homme merveilleux, et, à mon avis, loin d’être un antéchrist, il doit être appelé le sauveur de l’humanité. (...) J’ai prophétisé sur la foi de Mohamed, qu’elle sera acceptable à l’Europe de demain comme elle commence à être acceptable à l’Europe d’aujourd’hui ».

Message de Muhammad (PSL) : quelles leçons pour l’humanité ?

Par Bakary Sambe | le 29. décembre 2013 - 23:05

S’arrêtant sur cet aspect de l’œuvre de Muhammad, Lamartine voyait en lui cet homme maître dans l’art de l’harmonie le « créateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel »

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A propos de l'auteur

Bakary Sambe

Le Dr. Bakary Sambe est enseignant chercheur au Centre d’Etudes des Religions (CER), UFR des Civilisations, Religions, Arts et Communication à l'Université Gaston Berger, Saint Louis du Sénégal.

« Je voulais mieux connaître la vie de celui qui, aujourd’hui détient indiscutablement les cœurs de millions d’êtres humains ; je suis, désormais, plus que jamais convaincu que ce n’était pas l’épée qui créait une place pour l’islam dans le cœur de ceux qui cherchaient une direction à leur vie. C’était cette grande humilité, cet altruisme du Prophète, l’égard scrupuleux envers ses engagements, sa dévotion intense à ses amis et adeptes, son intrépidité, son courage, sa confiance absolue en Dieu et en sa propre mission. Ces faits, et non l’épée, lui amenèrent tant de succès et lui permirent de surmonter les problèmes ».

Ce témoignage émane du célèbre dramaturge et critique irlandais, George Bernard Shaw(1856-1950), prix Nobel de littérature 1925, considéré comme l’auteur dramatique le plus important depuis Shakespeare et qui puisa son inspiration dans la critique de la société capitaliste. Ses propos peuvent surprendre plus d’un à notre époque alors que l’auteur, en son temps, n’était pas le seul à manifester autant d’égard au Prophète de l’islam.

Il est vrai qu’en ces moments traversés par d’innombrables questions existentielles et où, plus que jamais, se pose le problème de la destinée humaine, au regard des crises morales et socio-politiques, il peut sembler naïf voire déplacé, pour certains, d’évoquer une figure religieuse et de vouloir tirer une quelconque leçon de son expérience, surtout lorsque cette dernière est dite prophétique.

Le « désenchantement du monde » au sens weberien et le sécularisme triomphaliste peuvent induire l’obsolescence du religieux au profit d’une victoire sans appel du rationalisme. Mais ce serait sans compter avec l’éternelle quête de sens qui n’a jamais cessé de hanter l’humain. Malgré la désaffection à l’égard des religions traditionnelles et/ou classiques, les formes de religiosités qui meublent notre espace - se disant modernes - subsistent, surgissent et ressurgissent ça-et-là avec une ampleur plus ou moins perceptible.

La manifestation la plus nette du phénomène de l’attachement humain aux « moyens de productions » du sens est l’impossibilité conceptuelle et matérielle de distinguer, aujourd’hui, à la manière de Durkheim les domaines du « profane » et du « religieux » dans l’activité sociale. On peut croire que ce besoin de sens est inhérent à la nature humaine et gît en son sein même.

Les religions, en général, avec la montée en puissance des extrémismes, sont au ban de la « société pensante » et des médias d’aujourd’hui. L’islam dont l’approche ne bénéficie pas de la même disposition d’esprit que celle adoptée pour l’étude des autres monothéismes se trouve indexé comme la parfaite illustration du péril religieux menaçant les libertés, la démocratie et aux antipodes de l’esprit laïc et du progrès. Du coup, appréhendée hors des conditions sociales et historiques de son émergence dans les différents contextes où elle est au cœur du monde social, la religion musulmane est stigmatisée et confinée dans des schémas qui en font un monothéisme particulièrement monolithique, donc incapable de fournir l’impulsion et le dynamisme nécessaires à l’entrée dans la modernité.

Pourtant, un retour sur le parcours du Prophète Muhammad (PSL) permettrait de voir, sous plusieurs aspects, comment cette religion qui naquit au 7ème siècle a toujours été source de dynamisme et facteur de changement façonnant aujourd’hui la vie de plus d’un milliard d’individus sur cinq continents. Evoquant la personnalité de Muhammad (PSL), on se rend compte de l’extraordinaire manière dont la religion qu’il a professée a su épouser les contours de diverses cultures, unir dans leur diversité des peuples aux traditions différentes et rapprocher des contrées éloignées aux conditions socio-historiques variées.

Quelles que soient les opinions contradictoires émises par les uns et les autres sur ses formes, l’expansion de l’islam a toujours intrigué les analystes les plus rompus aux processus historiques. L’échelle de temps, l’étendue du champ et les adaptations sociologiques de cette expansion qui n’a pas nui à l’harmonie sociale des sociétés ayant embrassé l’islam sont tant d’éléments qui méritent réflexion.

« Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens et l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie humain, qui oserait comparer un homme de l’histoire moderne à Mahomet ? », se demandait Alphonse de Lamartine en 1854. Ces questionnements s’inscrivent dans cette absence d’explication exhaustive du phénomène Muhammad (PSL). Loin de nous, la prétention d’essayer de fournir toutes les clefs permettant d’établir une grille performante de lecture de l’histoire de cet homme hors du commun pour les Musulmans.

En plus de la qualité de l’homme, le caractère « surhumain » de son dessein rend impossible toute exhaustivité. L’auteur de la Vie de Mahomet prévient que ce n’est point une mince affaire de rendre compte de toutes les facettes de la vie du Prophète de l’islam qu’il considère comme le plus grand : « Jamais un homme ne se proposa, volontairement ou involontairement, un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : Saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la divinité », affirme t-il, sans réserves.

Nous nous limiterons, donc, à une simple re-visite des étapes de sa vie en nous arrêtant surtout sur les conséquences de cette prédication et de ce message sur le cours de l’Histoire. Malgré les désaccords et les divergences de vues, la naissance du Sceau des prophète ce 22 juin 570 (ou 571 d’après d’autres sources) à la Mecque marquera les esprits pour toujours.

Le fils d’Amina et d’Abdallah Ibn Abdelmutallib est né dans une société en pleine mutation à un moment de l’histoire arabe qualifiée par les traditions islamiques de trouble et sombre. Et voici que, selon les termes de Mujtaba-Musawi Lari, qu’ « un autre soleil se leva dans le ciel obscurci dont la lumière éclaira soudain l’horizon sombre de la vie ». Le mérite d’un tel être fut, selon ses adeptes, de devenir l’homme le plus sublime au monde après avoir été élevé dans une société corrompue et injuste.

Les moyens pour arriver à son but ne pouvaient être que très modestes à l’égard de sa condition sociale d’orphelin à l’enfance secouée de péripéties douloureuses. N’ayant jamais vu son père disparu peu avant sa naissance, séparé, très tôt de sa mère par la mort, puis privé de l’assistance de son grand-père Abdelmutallib, ce notable de Quraysh, qui lui fit défaut dès qu’il eût huit ans, Muhammad (PSL) sera sans défense dans la société qu’il voulut transformer et où il ne pouvait plus compter sur l’appui de son oncle, Abû Talib qui quitta ce monde alors que le futur prophète n’avait pas encore commencé sa prédication.

Dans son Khilâs al-Dhahab fî Sîrat Khayr al-‘arab, Seydi El Hadji Malick Sy de Tivaoaune (Sénégal) qui a fait de la célébration du Mawlid un événement d’une grande ampleur, décrit bien cette jeunesse de Muhammad (PSL) et ses multiples péripéties.

L’orphelin qui voulait devenir le père de l’humanité, le refuge des opprimés dans une société inégalitaire et le compatissant des misérables, puisera étonnamment dans l’accoutumance à la souffrance, des dénuements et des malheurs, la force indispensable pour accomplir sa mission. Ainsi, le jeune Mecquois qui ne sortit de son Hijâz naturel qu’à deux reprises : une fois en compagnie de son défunt oncle et lors de son travail de caravanier au service d’une riche veuve qui l’épousera et lui apportera tout son soutien, aura un destin difficile à assumer tellement la tâche était colossale.

La tradition est assez prolixe au sujet des qualités morales et personnelles qu’elle trouvera chez Muhammad (PSL). N’est-ce pas dans cette société mecquoise qui le combattra qu’il gagna le titre d’Al-Amîn « le digne de confiance » ? A première vue, le déroulement de sa carrière prophétique, n’aura aucun caractère original au regard des similitudes avec tous les porteurs de messages religieux ou autres auxquels leur société d’origine a toujours opposé une farouche résistance. Nul n’est prophète chez soi dirait, la maxime ! Mais, on ne saurait nier la spécificité du premier cercle des adeptes de Muhammad (PSL) dès l’an 610 ap.JC.

La tradition universitaire des années 70 fortement inspirée par une analyse marxisante dans sa démarche, a longuement insisté sur la dialectique caractérisant les premières années de la prédication muhammadienne. Il est vrai que certains aspects de sa vie et de sa prédication ont bien l’air sinon d’une « révolution », du moins d’une profonde mutation sociétale.

A une société marquée par un polythéisme faisant partie du système socio-économique, Muhammad (PSL) proposera l’adoration du Dieu unique. Au culte des divinités représentées, sculptées, il tentera de substituer celui d’une religion qui crée le rapport abstrait entre Dieu et l’homme. C’est dans ce sens qu’Alphonse de Lamartine voit en lui « le restaurateur de dogmes rationnels et d’un culte sans images ».

Les premiers adeptes de l’islam naissant viennent de différents horizons mais partagent tous la même condition sociale de dominés dans un contexte hautement hiérarchisé où l’inégalité est érigée en règle. A travers leurs noms, on perçoit la diversité de leurs provenances. Hormis le petit nombre de Compagnons qui pouvaient faire prévaloir un rôle et une place importante dans la société mecquoise, Muhammad (PSL) était entouré d’opprimés et de personnes demandeuses de justice sociale qui trouvaient dans le nouveau message, le réconfort et la solidarité qu’ils ne pouvaient espérer dans un système défavorable.

Bilâl, l’esclave affranchi selon la tradition musulmane, dit ‘al-habashî (l’Abyssin), venant de l’autre côté de la Mer Rouge, de l’Abyssinie (Ethiopie), Souhayb est al-Rûmî, provenant certainement des régions sous la domination de Byzance, Salmân est al-Fârisî, (le Persan) allusion au domaine de l’empire Perse. A leurs côtés, un groupe d’hommes et de femmes qui malgré la condition qui leur était infligée affirmaient, au péril de leur vie, leur loyauté envers Muhammad (PSL) et la foi en l’unicité de Dieu.

Il faut rappeler que l’émergence de l’islam a coïncidé avec une période où l’Arabie vivait un tournant. La sédentarisation progressive, la reconversion de sociétés bédouines, nomades, au commerce et à la finance, faisaient que certaines vertus cardinales de l’homme arabe avaient du mal à perdurer devant l’appât du gain etl’accumulation. Un tel système est de nature à creuser les inégalités et à modifier les hiérarchies. La notion même et les critères du prestige social s’en trouvent bouleversés. Ceux qui sont à la marge du système sont plus que jamais attentifs et réceptif à l’égard de ce Prophète qui leur proposait la justice, l’égalité, le respect de l’orphelin, la charité à l’égard de l’étranger.

Malmenés pour avoir porté atteinte au système établi et défié la puissance de la hiérarchie mecquoise, les membres de la première communauté de l’islam connaîtront très tôt l’exil. Le Négus, souverain de l’Abyssinie, les accueillera avec hospitalité et charité, les protégera dans la pure tradition chrétienne. Quelle heureuse rencontre, quel symbole de tolérance et d’acceptation mutuelle !

Mais, la nouvelle religion professée par Muhammad ne tarda pas à trouver un écho favorable dans différentes régions d’Arabie. Après les persécutions, les blocus, les menaces et les tortures, les habitants de Yathrib qui deviendra Médine (Madinat al-rasûl = la ville du Prophète), accueilleront Muhammad (PSL) et ses fidèles en l’an 622.

Le cadre étroit de cet article ne permet pas l’analyse profonde nécessaire à la compréhension de la nouvelle impulsion à partir de Médine où l’islam arabe à ses débuts allait s’universalisant à la rencontre du monde, des cultures et des différentes civilisations. Ce train de la spiritualité parti de Médine, partout où il s’arrêtera accueillera à son bord en même temps que les Hommes, les vertus et les qualités qui ont fait sa grande civilisation.

S’arrêtant sur cet aspect de l’œuvre de Muhammad, Lamartine voyait en lui cet homme maître dans l’art de l’harmonie le « créateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel ». C’est ce dernier qui a le plus émerveillé les observateurs de sa mission prophétique. Comment en effet une religion née et ayant évolué dans des circonstances aussi difficiles a pu, non seulement, se répandre aussi rapidement, mais créer, en plus, une symbiose dans un océan de diversité.

Dans son Regard sur l’histoire du monde, Nehru exprimait cette interrogation en ces termes : « Chose surprenante, la race arabe qui semblait durant des siècles demeurée dans une contrée sans renom, endormie, ayant perdu totalement sa vivacité, isolée du monde, ignorait apparemment tout ce qui s’y passait, se réveilla soudain, bouleversant avec une force vigoureuse le monde ! ». il conçoit comme « un des merveilles du monde dans l’histoire humaine », cette manière dont « l’aventure de l’islam et l’histoire de sa progression en Asie, en Afrique et en Europe, et, avec, la fondation d’une civilisation magnifique et une culture suprême ».

C’est à cet homme professant l’islam et offrant comme message la fraternité et l’égalité que revient le mérite d’une telle révolution silencieuse et non au génie d’un quelconque peuple car l’histoire de l’islam, hormis la problématique parenthèse omeyyade (approximativement de 661 à 850) est faite de diversité et d’apport des cultures qu’il a traversées, malgré les tentatives d’ethnicisation et d’arabisation depuis Abdul Malik Ibn Marwân.

Comme le rappelle Nehru, « la pensée motrice qui éveilla le monde arabe et le combla de la confiance en soi et de la force créatrice ne fut que l’islam prophétisé par Muhammad ». Cheikh Ahmed Tidiane Sy, le disait lors d’une visite à la Mecque« Si ce n’était pas le Prophète, messager de l’islam, qui connaîtrait cette civilisation se distinguant par l’hospitalité envers l’étranger » (lawla-n-nabiyyu rasûlullâhi mâ ‘urifat/hadâratun sha’nuhâ-t-takrîmu li-l-ghurabâ).

En tout cas, la métamorphise qui a conduit une telle société, de son confinement historique à la conquête d’une grande partie du monde, embrassant cultures et civilisations de l’Atlantique à la Mer de Chine reste, tellement, une énigme, pour les analystes que d’aucuns hésitent d’y voir un simple « phénomène naturel ». Mais, comme le fait remarquer, l’auteur des Méditations poétiques, les utopies ne sont quelques fois que des « vérités prématurés »

Hormis la rapide et durable expansion de l’islam, c’est la pérennité du message de Muhammad (PSL) (mort en 632), ayant déjà traversé quatorze siècles, qui peut attirer l’attention. Sans entrer dans la polémique de l’inimitabilité du Coran (i‘jâz), on ne peut ne pas s’arrêter sur l’emprise qu’eût et a toujours le message du Prophète dans le cœur et l’attitude de plus d’un milliard d’individus à travers le globe.

Il est vrai, l’homme dit illettré dans bien des sources est parvenu avec un élan foudroyant à faire entrer son peuple dans le monde des livres et des sciences. De Baghdad à Ispahan jusqu’à Samarkand, de Cairouan à l’Andalousie en passant par Fèz l’impériale, la civilisation islamique a offert au monde de grands esprits éclairés. Constant Virgil Gheorghui rappelle dans la biographie consacrée au Prophète de l’islam : « quoi qu’il fut illettré, les premiers versets révélés mettent en valeur la plume, la science, l’éducation et l’instruction. Si Muhammad avait été un savant, la révélation, réalisée dans la caverne de « Hirâ », n’aurait pas causé d’étonnement ».

Pour expliquer le caractère pérenne et fortement inscrit dans l’éternité, du message de Muhammad (PSL), plusieurs hypothèses ont été émises. Mais les explications les plus fournies se heurtent à l’ampleur du phénomène et finissent par être quelques fois involontairement réductrices. La nature du message de l’islam, se voulant une synthèse des prophéties qui l’ont précédé, son génie pour l’adaptation et le respect des traditions culturelles de ses prosélytes pourraient être avancés comme des éléments pouvant aider à dégager une piste.

Dans la distinction qu’il fait entre ce qu’il appelle les « lois humaines » et les « lois » divines, Montesquieu (voir de l’Esprit des lois) bien que niant à tort tout dynamisme des normes religieuses, aboutit à une conclusion intéressante pour notre question. Il parvient à l’idée selon laquelle la force principale des lois religieuses vient de ce qu’on les croit ; la force des lois humaines vient de ce qu’on les craint.

Le cas de l’Afrique noire pourrait-être cité en exemple où l’islam s’est rarement imposé mais s’est plutôt substitué et a très vite refaçonné les cultures sans les rejeter. Voici qu’une religion qui naquit du désert d’Arabie, porté par un homme qui avait tout contre lui, arrive à gagner tous les continents, en privilégiant la conquête des cœurs à la soumission des corps.

La diversité fut sa force, la justice sociale son leitmotiv. Autour d’un prophète, d’un message et d’une foi, elle a donné au monde l’une de ses plus brillantes civilisations. Les auteurs les plus apologétiques ont vite atteint leur limite dans la description de ses qualités humaines et morales. Al-Bûsayrî (XIIIème s.) dans sa Burdah se contentera de conclure qu’il est un homme et le meilleur des créatures :fa mablaghul ‘ilmi annahû basharun/ wa annahû khayru khalqi lâhi kullihimi. Le grand Muqaddam de la Tijâniyya, Seydi El Hadji Malick Sy (1855-1922), sur les mêmes rime (qâfiya) et mètre (basît), recourut vite au résumé en affirmant que pour tout qualificatif afférant à la noblesse de l’âme, Muhammad (PSL) mérite le superlatif absolu ! : fî kulli wasfin hamîdin hâza af‘ala tafdîlin rajâ’ul barâyâ yawma muzdahamî

Reste que ce message soit revivifié dans toutes ses dimensions, une fois libérés des préjugés dans lesquels aussi bien les extrêmes qui le dénaturent et en usent, que les tenants de l’essentialisme, portent la malheureuse responsabilité.

Mais quelles que soient les tensions, malgré les déchirures et la percée du virus de l’animosité dans le monde d’aujourd’hui, on ne pourra jamais nier que cette religion appelle au dialogue au respect et à la coexistence pacifique.

Message de Muhammad (PSL) : quelles leçons pour l’humanité ?

Par Bakary Sambe | le 29. décembre 2013 - 23:05

S’arrêtant sur cet aspect de l’œuvre de Muhammad, Lamartine voyait en lui cet homme maître dans l’art de l’harmonie le « créateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel »

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A propos de l'auteur

Bakary Sambe

Le Dr. Bakary Sambe est enseignant chercheur au Centre d’Etudes des Religions (CER), UFR des Civilisations, Religions, Arts et Communication à l'Université Gaston Berger, Saint Louis du Sénégal.

« Je voulais mieux connaître la vie de celui qui, aujourd’hui détient indiscutablement les cœurs de millions d’êtres humains ; je suis, désormais, plus que jamais convaincu que ce n’était pas l’épée qui créait une place pour l’islam dans le cœur de ceux qui cherchaient une direction à leur vie. C’était cette grande humilité, cet altruisme du Prophète, l’égard scrupuleux envers ses engagements, sa dévotion intense à ses amis et adeptes, son intrépidité, son courage, sa confiance absolue en Dieu et en sa propre mission. Ces faits, et non l’épée, lui amenèrent tant de succès et lui permirent de surmonter les problèmes ».

Ce témoignage émane du célèbre dramaturge et critique irlandais, George Bernard Shaw(1856-1950), prix Nobel de littérature 1925, considéré comme l’auteur dramatique le plus important depuis Shakespeare et qui puisa son inspiration dans la critique de la société capitaliste. Ses propos peuvent surprendre plus d’un à notre époque alors que l’auteur, en son temps, n’était pas le seul à manifester autant d’égard au Prophète de l’islam.

Il est vrai qu’en ces moments traversés par d’innombrables questions existentielles et où, plus que jamais, se pose le problème de la destinée humaine, au regard des crises morales et socio-politiques, il peut sembler naïf voire déplacé, pour certains, d’évoquer une figure religieuse et de vouloir tirer une quelconque leçon de son expérience, surtout lorsque cette dernière est dite prophétique.

Le « désenchantement du monde » au sens weberien et le sécularisme triomphaliste peuvent induire l’obsolescence du religieux au profit d’une victoire sans appel du rationalisme. Mais ce serait sans compter avec l’éternelle quête de sens qui n’a jamais cessé de hanter l’humain. Malgré la désaffection à l’égard des religions traditionnelles et/ou classiques, les formes de religiosités qui meublent notre espace - se disant modernes - subsistent, surgissent et ressurgissent ça-et-là avec une ampleur plus ou moins perceptible.

La manifestation la plus nette du phénomène de l’attachement humain aux « moyens de productions » du sens est l’impossibilité conceptuelle et matérielle de distinguer, aujourd’hui, à la manière de Durkheim les domaines du « profane » et du « religieux » dans l’activité sociale. On peut croire que ce besoin de sens est inhérent à la nature humaine et gît en son sein même.

Les religions, en général, avec la montée en puissance des extrémismes, sont au ban de la « société pensante » et des médias d’aujourd’hui. L’islam dont l’approche ne bénéficie pas de la même disposition d’esprit que celle adoptée pour l’étude des autres monothéismes se trouve indexé comme la parfaite illustration du péril religieux menaçant les libertés, la démocratie et aux antipodes de l’esprit laïc et du progrès. Du coup, appréhendée hors des conditions sociales et historiques de son émergence dans les différents contextes où elle est au cœur du monde social, la religion musulmane est stigmatisée et confinée dans des schémas qui en font un monothéisme particulièrement monolithique, donc incapable de fournir l’impulsion et le dynamisme nécessaires à l’entrée dans la modernité.

Pourtant, un retour sur le parcours du Prophète Muhammad (PSL) permettrait de voir, sous plusieurs aspects, comment cette religion qui naquit au 7ème siècle a toujours été source de dynamisme et facteur de changement façonnant aujourd’hui la vie de plus d’un milliard d’individus sur cinq continents. Evoquant la personnalité de Muhammad (PSL), on se rend compte de l’extraordinaire manière dont la religion qu’il a professée a su épouser les contours de diverses cultures, unir dans leur diversité des peuples aux traditions différentes et rapprocher des contrées éloignées aux conditions socio-historiques variées.

Quelles que soient les opinions contradictoires émises par les uns et les autres sur ses formes, l’expansion de l’islam a toujours intrigué les analystes les plus rompus aux processus historiques. L’échelle de temps, l’étendue du champ et les adaptations sociologiques de cette expansion qui n’a pas nui à l’harmonie sociale des sociétés ayant embrassé l’islam sont tant d’éléments qui méritent réflexion.

« Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens et l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie humain, qui oserait comparer un homme de l’histoire moderne à Mahomet ? », se demandait Alphonse de Lamartine en 1854. Ces questionnements s’inscrivent dans cette absence d’explication exhaustive du phénomène Muhammad (PSL). Loin de nous, la prétention d’essayer de fournir toutes les clefs permettant d’établir une grille performante de lecture de l’histoire de cet homme hors du commun pour les Musulmans.

En plus de la qualité de l’homme, le caractère « surhumain » de son dessein rend impossible toute exhaustivité. L’auteur de la Vie de Mahomet prévient que ce n’est point une mince affaire de rendre compte de toutes les facettes de la vie du Prophète de l’islam qu’il considère comme le plus grand : « Jamais un homme ne se proposa, volontairement ou involontairement, un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : Saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la divinité », affirme t-il, sans réserves.

Nous nous limiterons, donc, à une simple re-visite des étapes de sa vie en nous arrêtant surtout sur les conséquences de cette prédication et de ce message sur le cours de l’Histoire. Malgré les désaccords et les divergences de vues, la naissance du Sceau des prophète ce 22 juin 570 (ou 571 d’après d’autres sources) à la Mecque marquera les esprits pour toujours.

Le fils d’Amina et d’Abdallah Ibn Abdelmutallib est né dans une société en pleine mutation à un moment de l’histoire arabe qualifiée par les traditions islamiques de trouble et sombre. Et voici que, selon les termes de Mujtaba-Musawi Lari, qu’ « un autre soleil se leva dans le ciel obscurci dont la lumière éclaira soudain l’horizon sombre de la vie ». Le mérite d’un tel être fut, selon ses adeptes, de devenir l’homme le plus sublime au monde après avoir été élevé dans une société corrompue et injuste.

Les moyens pour arriver à son but ne pouvaient être que très modestes à l’égard de sa condition sociale d’orphelin à l’enfance secouée de péripéties douloureuses. N’ayant jamais vu son père disparu peu avant sa naissance, séparé, très tôt de sa mère par la mort, puis privé de l’assistance de son grand-père Abdelmutallib, ce notable de Quraysh, qui lui fit défaut dès qu’il eût huit ans, Muhammad (PSL) sera sans défense dans la société qu’il voulut transformer et où il ne pouvait plus compter sur l’appui de son oncle, Abû Talib qui quitta ce monde alors que le futur prophète n’avait pas encore commencé sa prédication.

Dans son Khilâs al-Dhahab fî Sîrat Khayr al-‘arab, Seydi El Hadji Malick Sy de Tivaoaune (Sénégal) qui a fait de la célébration du Mawlid un événement d’une grande ampleur, décrit bien cette jeunesse de Muhammad (PSL) et ses multiples péripéties.

L’orphelin qui voulait devenir le père de l’humanité, le refuge des opprimés dans une société inégalitaire et le compatissant des misérables, puisera étonnamment dans l’accoutumance à la souffrance, des dénuements et des malheurs, la force indispensable pour accomplir sa mission. Ainsi, le jeune Mecquois qui ne sortit de son Hijâz naturel qu’à deux reprises : une fois en compagnie de son défunt oncle et lors de son travail de caravanier au service d’une riche veuve qui l’épousera et lui apportera tout son soutien, aura un destin difficile à assumer tellement la tâche était colossale.

La tradition est assez prolixe au sujet des qualités morales et personnelles qu’elle trouvera chez Muhammad (PSL). N’est-ce pas dans cette société mecquoise qui le combattra qu’il gagna le titre d’Al-Amîn « le digne de confiance » ? A première vue, le déroulement de sa carrière prophétique, n’aura aucun caractère original au regard des similitudes avec tous les porteurs de messages religieux ou autres auxquels leur société d’origine a toujours opposé une farouche résistance. Nul n’est prophète chez soi dirait, la maxime ! Mais, on ne saurait nier la spécificité du premier cercle des adeptes de Muhammad (PSL) dès l’an 610 ap.JC.

La tradition universitaire des années 70 fortement inspirée par une analyse marxisante dans sa démarche, a longuement insisté sur la dialectique caractérisant les premières années de la prédication muhammadienne. Il est vrai que certains aspects de sa vie et de sa prédication ont bien l’air sinon d’une « révolution », du moins d’une profonde mutation sociétale.

A une société marquée par un polythéisme faisant partie du système socio-économique, Muhammad (PSL) proposera l’adoration du Dieu unique. Au culte des divinités représentées, sculptées, il tentera de substituer celui d’une religion qui crée le rapport abstrait entre Dieu et l’homme. C’est dans ce sens qu’Alphonse de Lamartine voit en lui « le restaurateur de dogmes rationnels et d’un culte sans images ».

Les premiers adeptes de l’islam naissant viennent de différents horizons mais partagent tous la même condition sociale de dominés dans un contexte hautement hiérarchisé où l’inégalité est érigée en règle. A travers leurs noms, on perçoit la diversité de leurs provenances. Hormis le petit nombre de Compagnons qui pouvaient faire prévaloir un rôle et une place importante dans la société mecquoise, Muhammad (PSL) était entouré d’opprimés et de personnes demandeuses de justice sociale qui trouvaient dans le nouveau message, le réconfort et la solidarité qu’ils ne pouvaient espérer dans un système défavorable.

Bilâl, l’esclave affranchi selon la tradition musulmane, dit ‘al-habashî (l’Abyssin), venant de l’autre côté de la Mer Rouge, de l’Abyssinie (Ethiopie), Souhayb est al-Rûmî, provenant certainement des régions sous la domination de Byzance, Salmân est al-Fârisî, (le Persan) allusion au domaine de l’empire Perse. A leurs côtés, un groupe d’hommes et de femmes qui malgré la condition qui leur était infligée affirmaient, au péril de leur vie, leur loyauté envers Muhammad (PSL) et la foi en l’unicité de Dieu.

Il faut rappeler que l’émergence de l’islam a coïncidé avec une période où l’Arabie vivait un tournant. La sédentarisation progressive, la reconversion de sociétés bédouines, nomades, au commerce et à la finance, faisaient que certaines vertus cardinales de l’homme arabe avaient du mal à perdurer devant l’appât du gain etl’accumulation. Un tel système est de nature à creuser les inégalités et à modifier les hiérarchies. La notion même et les critères du prestige social s’en trouvent bouleversés. Ceux qui sont à la marge du système sont plus que jamais attentifs et réceptif à l’égard de ce Prophète qui leur proposait la justice, l’égalité, le respect de l’orphelin, la charité à l’égard de l’étranger.

Malmenés pour avoir porté atteinte au système établi et défié la puissance de la hiérarchie mecquoise, les membres de la première communauté de l’islam connaîtront très tôt l’exil. Le Négus, souverain de l’Abyssinie, les accueillera avec hospitalité et charité, les protégera dans la pure tradition chrétienne. Quelle heureuse rencontre, quel symbole de tolérance et d’acceptation mutuelle !

Mais, la nouvelle religion professée par Muhammad ne tarda pas à trouver un écho favorable dans différentes régions d’Arabie. Après les persécutions, les blocus, les menaces et les tortures, les habitants de Yathrib qui deviendra Médine (Madinat al-rasûl = la ville du Prophète), accueilleront Muhammad (PSL) et ses fidèles en l’an 622.

Le cadre étroit de cet article ne permet pas l’analyse profonde nécessaire à la compréhension de la nouvelle impulsion à partir de Médine où l’islam arabe à ses débuts allait s’universalisant à la rencontre du monde, des cultures et des différentes civilisations. Ce train de la spiritualité parti de Médine, partout où il s’arrêtera accueillera à son bord en même temps que les Hommes, les vertus et les qualités qui ont fait sa grande civilisation.

S’arrêtant sur cet aspect de l’œuvre de Muhammad, Lamartine voyait en lui cet homme maître dans l’art de l’harmonie le « créateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel ». C’est ce dernier qui a le plus émerveillé les observateurs de sa mission prophétique. Comment en effet une religion née et ayant évolué dans des circonstances aussi difficiles a pu, non seulement, se répandre aussi rapidement, mais créer, en plus, une symbiose dans un océan de diversité.

Dans son Regard sur l’histoire du monde, Nehru exprimait cette interrogation en ces termes : « Chose surprenante, la race arabe qui semblait durant des siècles demeurée dans une contrée sans renom, endormie, ayant perdu totalement sa vivacité, isolée du monde, ignorait apparemment tout ce qui s’y passait, se réveilla soudain, bouleversant avec une force vigoureuse le monde ! ». il conçoit comme « un des merveilles du monde dans l’histoire humaine », cette manière dont « l’aventure de l’islam et l’histoire de sa progression en Asie, en Afrique et en Europe, et, avec, la fondation d’une civilisation magnifique et une culture suprême ».

C’est à cet homme professant l’islam et offrant comme message la fraternité et l’égalité que revient le mérite d’une telle révolution silencieuse et non au génie d’un quelconque peuple car l’histoire de l’islam, hormis la problématique parenthèse omeyyade (approximativement de 661 à 850) est faite de diversité et d’apport des cultures qu’il a traversées, malgré les tentatives d’ethnicisation et d’arabisation depuis Abdul Malik Ibn Marwân.

Comme le rappelle Nehru, « la pensée motrice qui éveilla le monde arabe et le combla de la confiance en soi et de la force créatrice ne fut que l’islam prophétisé par Muhammad ». Cheikh Ahmed Tidiane Sy, le disait lors d’une visite à la Mecque« Si ce n’était pas le Prophète, messager de l’islam, qui connaîtrait cette civilisation se distinguant par l’hospitalité envers l’étranger » (lawla-n-nabiyyu rasûlullâhi mâ ‘urifat/hadâratun sha’nuhâ-t-takrîmu li-l-ghurabâ).

En tout cas, la métamorphise qui a conduit une telle société, de son confinement historique à la conquête d’une grande partie du monde, embrassant cultures et civilisations de l’Atlantique à la Mer de Chine reste, tellement, une énigme, pour les analystes que d’aucuns hésitent d’y voir un simple « phénomène naturel ». Mais, comme le fait remarquer, l’auteur des Méditations poétiques, les utopies ne sont quelques fois que des « vérités prématurés »

Hormis la rapide et durable expansion de l’islam, c’est la pérennité du message de Muhammad (PSL) (mort en 632), ayant déjà traversé quatorze siècles, qui peut attirer l’attention. Sans entrer dans la polémique de l’inimitabilité du Coran (i‘jâz), on ne peut ne pas s’arrêter sur l’emprise qu’eût et a toujours le message du Prophète dans le cœur et l’attitude de plus d’un milliard d’individus à travers le globe.

Il est vrai, l’homme dit illettré dans bien des sources est parvenu avec un élan foudroyant à faire entrer son peuple dans le monde des livres et des sciences. De Baghdad à Ispahan jusqu’à Samarkand, de Cairouan à l’Andalousie en passant par Fèz l’impériale, la civilisation islamique a offert au monde de grands esprits éclairés. Constant Virgil Gheorghui rappelle dans la biographie consacrée au Prophète de l’islam : « quoi qu’il fut illettré, les premiers versets révélés mettent en valeur la plume, la science, l’éducation et l’instruction. Si Muhammad avait été un savant, la révélation, réalisée dans la caverne de « Hirâ », n’aurait pas causé d’étonnement ».

Pour expliquer le caractère pérenne et fortement inscrit dans l’éternité, du message de Muhammad (PSL), plusieurs hypothèses ont été émises. Mais les explications les plus fournies se heurtent à l’ampleur du phénomène et finissent par être quelques fois involontairement réductrices. La nature du message de l’islam, se voulant une synthèse des prophéties qui l’ont précédé, son génie pour l’adaptation et le respect des traditions culturelles de ses prosélytes pourraient être avancés comme des éléments pouvant aider à dégager une piste.

Dans la distinction qu’il fait entre ce qu’il appelle les « lois humaines » et les « lois » divines, Montesquieu (voir de l’Esprit des lois) bien que niant à tort tout dynamisme des normes religieuses, aboutit à une conclusion intéressante pour notre question. Il parvient à l’idée selon laquelle la force principale des lois religieuses vient de ce qu’on les croit ; la force des lois humaines vient de ce qu’on les craint.

Le cas de l’Afrique noire pourrait-être cité en exemple où l’islam s’est rarement imposé mais s’est plutôt substitué et a très vite refaçonné les cultures sans les rejeter. Voici qu’une religion qui naquit du désert d’Arabie, porté par un homme qui avait tout contre lui, arrive à gagner tous les continents, en privilégiant la conquête des cœurs à la soumission des corps.

La diversité fut sa force, la justice sociale son leitmotiv. Autour d’un prophète, d’un message et d’une foi, elle a donné au monde l’une de ses plus brillantes civilisations. Les auteurs les plus apologétiques ont vite atteint leur limite dans la description de ses qualités humaines et morales. Al-Bûsayrî (XIIIème s.) dans sa Burdah se contentera de conclure qu’il est un homme et le meilleur des créatures :fa mablaghul ‘ilmi annahû basharun/ wa annahû khayru khalqi lâhi kullihimi. Le grand Muqaddam de la Tijâniyya, Seydi El Hadji Malick Sy (1855-1922), sur les mêmes rime (qâfiya) et mètre (basît), recourut vite au résumé en affirmant que pour tout qualificatif afférant à la noblesse de l’âme, Muhammad (PSL) mérite le superlatif absolu ! : fî kulli wasfin hamîdin hâza af‘ala tafdîlin rajâ’ul barâyâ yawma muzdahamî

Reste que ce message soit revivifié dans toutes ses dimensions, une fois libérés des préjugés dans lesquels aussi bien les extrêmes qui le dénaturent et en usent, que les tenants de l’essentialisme, portent la malheureuse responsabilité.

Mais quelles que soient les tensions, malgré les déchirures et la percée du virus de l’animosité dans le monde d’aujourd’hui, on ne pourra jamais nier que cette religion appelle au dialogue au respect et à la coexistence pacifique.

N’en déplaise aux théoriciens du choc des civilisations et de la confrontation entre un fantasmatique Orient et un Occident diabolisé, des esprits éclairés s’évertueront toujours à appeler au dialogue et à la compréhension mutuelle. L’exemple donné par Goethe, dans la citation suivante, par laquelle nous conclurons, mérite méditation : « J’ai toujours eu une grande estime pour la religion prêchée par Mohamed parce qu’elle déborde d’une vitalité merveilleuse. Elle est la seule religion qui me paraît contenir le pouvoir d’assimiler la phase changeante de l’existence - pouvoir qui peut la rendre alléchante à toute période. J’ai étudié cet homme merveilleux, et, à mon avis, loin d’être un antéchrist, il doit être appelé le sauveur de l’humanité. (...) J’ai prophétisé sur la foi de Mohamed, qu’elle sera acceptable à l’Europe de demain comme elle commence à être acceptable à l’Europe d’aujourd’hui ».Message de Muhammad (PSL) : quelles leçons pour l’humanité ?

Par Bakary Sambe | le 29. décembre 2013 - 23:05

S’arrêtant sur cet aspect de l’œuvre de Muhammad, Lamartine voyait en lui cet homme maître dans l’art de l’harmonie le « créateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel »

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A propos de l'auteur

Bakary Sambe

Le Dr. Bakary Sambe est enseignant chercheur au Centre d’Etudes des Religions (CER), UFR des Civilisations, Religions, Arts et Communication à l'Université Gaston Berger, Saint Louis du Sénégal.

« Je voulais mieux connaître la vie de celui qui, aujourd’hui détient indiscutablement les cœurs de millions d’êtres humains ; je suis, désormais, plus que jamais convaincu que ce n’était pas l’épée qui créait une place pour l’islam dans le cœur de ceux qui cherchaient une direction à leur vie. C’était cette grande humilité, cet altruisme du Prophète, l’égard scrupuleux envers ses engagements, sa dévotion intense à ses amis et adeptes, son intrépidité, son courage, sa confiance absolue en Dieu et en sa propre mission. Ces faits, et non l’épée, lui amenèrent tant de succès et lui permirent de surmonter les problèmes ».

Ce témoignage émane du célèbre dramaturge et critique irlandais, George Bernard Shaw(1856-1950), prix Nobel de littérature 1925, considéré comme l’auteur dramatique le plus important depuis Shakespeare et qui puisa son inspiration dans la critique de la société capitaliste. Ses propos peuvent surprendre plus d’un à notre époque alors que l’auteur, en son temps, n’était pas le seul à manifester autant d’égard au Prophète de l’islam.

Il est vrai qu’en ces moments traversés par d’innombrables questions existentielles et où, plus que jamais, se pose le problème de la destinée humaine, au regard des crises morales et socio-politiques, il peut sembler naïf voire déplacé, pour certains, d’évoquer une figure religieuse et de vouloir tirer une quelconque leçon de son expérience, surtout lorsque cette dernière est dite prophétique.

Le « désenchantement du monde » au sens weberien et le sécularisme triomphaliste peuvent induire l’obsolescence du religieux au profit d’une victoire sans appel du rationalisme. Mais ce serait sans compter avec l’éternelle quête de sens qui n’a jamais cessé de hanter l’humain. Malgré la désaffection à l’égard des religions traditionnelles et/ou classiques, les formes de religiosités qui meublent notre espace - se disant modernes - subsistent, surgissent et ressurgissent ça-et-là avec une ampleur plus ou moins perceptible.

La manifestation la plus nette du phénomène de l’attachement humain aux « moyens de productions » du sens est l’impossibilité conceptuelle et matérielle de distinguer, aujourd’hui, à la manière de Durkheim les domaines du « profane » et du « religieux » dans l’activité sociale. On peut croire que ce besoin de sens est inhérent à la nature humaine et gît en son sein même.

Les religions, en général, avec la montée en puissance des extrémismes, sont au ban de la « société pensante » et des médias d’aujourd’hui. L’islam dont l’approche ne bénéficie pas de la même disposition d’esprit que celle adoptée pour l’étude des autres monothéismes se trouve indexé comme la parfaite illustration du péril religieux menaçant les libertés, la démocratie et aux antipodes de l’esprit laïc et du progrès. Du coup, appréhendée hors des conditions sociales et historiques de son émergence dans les différents contextes où elle est au cœur du monde social, la religion musulmane est stigmatisée et confinée dans des schémas qui en font un monothéisme particulièrement monolithique, donc incapable de fournir l’impulsion et le dynamisme nécessaires à l’entrée dans la modernité.

Pourtant, un retour sur le parcours du Prophète Muhammad (PSL) permettrait de voir, sous plusieurs aspects, comment cette religion qui naquit au 7ème siècle a toujours été source de dynamisme et facteur de changement façonnant aujourd’hui la vie de plus d’un milliard d’individus sur cinq continents. Evoquant la personnalité de Muhammad (PSL), on se rend compte de l’extraordinaire manière dont la religion qu’il a professée a su épouser les contours de diverses cultures, unir dans leur diversité des peuples aux traditions différentes et rapprocher des contrées éloignées aux conditions socio-historiques variées.

Quelles que soient les opinions contradictoires émises par les uns et les autres sur ses formes, l’expansion de l’islam a toujours intrigué les analystes les plus rompus aux processus historiques. L’échelle de temps, l’étendue du champ et les adaptations sociologiques de cette expansion qui n’a pas nui à l’harmonie sociale des sociétés ayant embrassé l’islam sont tant d’éléments qui méritent réflexion.

« Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens et l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie humain, qui oserait comparer un homme de l’histoire moderne à Mahomet ? », se demandait Alphonse de Lamartine en 1854. Ces questionnements s’inscrivent dans cette absence d’explication exhaustive du phénomène Muhammad (PSL). Loin de nous, la prétention d’essayer de fournir toutes les clefs permettant d’établir une grille performante de lecture de l’histoire de cet homme hors du commun pour les Musulmans.

En plus de la qualité de l’homme, le caractère « surhumain » de son dessein rend impossible toute exhaustivité. L’auteur de la Vie de Mahomet prévient que ce n’est point une mince affaire de rendre compte de toutes les facettes de la vie du Prophète de l’islam qu’il considère comme le plus grand : « Jamais un homme ne se proposa, volontairement ou involontairement, un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : Saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la divinité », affirme t-il, sans réserves.

Nous nous limiterons, donc, à une simple re-visite des étapes de sa vie en nous arrêtant surtout sur les conséquences de cette prédication et de ce message sur le cours de l’Histoire. Malgré les désaccords et les divergences de vues, la naissance du Sceau des prophète ce 22 juin 570 (ou 571 d’après d’autres sources) à la Mecque marquera les esprits pour toujours.

Le fils d’Amina et d’Abdallah Ibn Abdelmutallib est né dans une société en pleine mutation à un moment de l’histoire arabe qualifiée par les traditions islamiques de trouble et sombre. Et voici que, selon les termes de Mujtaba-Musawi Lari, qu’ « un autre soleil se leva dans le ciel obscurci dont la lumière éclaira soudain l’horizon sombre de la vie ». Le mérite d’un tel être fut, selon ses adeptes, de devenir l’homme le plus sublime au monde après avoir été élevé dans une société corrompue et injuste.

Les moyens pour arriver à son but ne pouvaient être que très modestes à l’égard de sa condition sociale d’orphelin à l’enfance secouée de péripéties douloureuses. N’ayant jamais vu son père disparu peu avant sa naissance, séparé, très tôt de sa mère par la mort, puis privé de l’assistance de son grand-père Abdelmutallib, ce notable de Quraysh, qui lui fit défaut dès qu’il eût huit ans, Muhammad (PSL) sera sans défense dans la société qu’il voulut transformer et où il ne pouvait plus compter sur l’appui de son oncle, Abû Talib qui quitta ce monde alors que le futur prophète n’avait pas encore commencé sa prédication.

Dans son Khilâs al-Dhahab fî Sîrat Khayr al-‘arab, Seydi El Hadji Malick Sy de Tivaoaune (Sénégal) qui a fait de la célébration du Mawlid un événement d’une grande ampleur, décrit bien cette jeunesse de Muhammad (PSL) et ses multiples péripéties.

L’orphelin qui voulait devenir le père de l’humanité, le refuge des opprimés dans une société inégalitaire et le compatissant des misérables, puisera étonnamment dans l’accoutumance à la souffrance, des dénuements et des malheurs, la force indispensable pour accomplir sa mission. Ainsi, le jeune Mecquois qui ne sortit de son Hijâz naturel qu’à deux reprises : une fois en compagnie de son défunt oncle et lors de son travail de caravanier au service d’une riche veuve qui l’épousera et lui apportera tout son soutien, aura un destin difficile à assumer tellement la tâche était colossale.

La tradition est assez prolixe au sujet des qualités morales et personnelles qu’elle trouvera chez Muhammad (PSL). N’est-ce pas dans cette société mecquoise qui le combattra qu’il gagna le titre d’Al-Amîn « le digne de confiance » ? A première vue, le déroulement de sa carrière prophétique, n’aura aucun caractère original au regard des similitudes avec tous les porteurs de messages religieux ou autres auxquels leur société d’origine a toujours opposé une farouche résistance. Nul n’est prophète chez soi dirait, la maxime ! Mais, on ne saurait nier la spécificité du premier cercle des adeptes de Muhammad (PSL) dès l’an 610 ap.JC.

La tradition universitaire des années 70 fortement inspirée par une analyse marxisante dans sa démarche, a longuement insisté sur la dialectique caractérisant les premières années de la prédication muhammadienne. Il est vrai que certains aspects de sa vie et de sa prédication ont bien l’air sinon d’une « révolution », du moins d’une profonde mutation sociétale.

A une société marquée par un polythéisme faisant partie du système socio-économique, Muhammad (PSL) proposera l’adoration du Dieu unique. Au culte des divinités représentées, sculptées, il tentera de substituer celui d’une religion qui crée le rapport abstrait entre Dieu et l’homme. C’est dans ce sens qu’Alphonse de Lamartine voit en lui « le restaurateur de dogmes rationnels et d’un culte sans images ».

Les premiers adeptes de l’islam naissant viennent de différents horizons mais partagent tous la même condition sociale de dominés dans un contexte hautement hiérarchisé où l’inégalité est érigée en règle. A travers leurs noms, on perçoit la diversité de leurs provenances. Hormis le petit nombre de Compagnons qui pouvaient faire prévaloir un rôle et une place importante dans la société mecquoise, Muhammad (PSL) était entouré d’opprimés et de personnes demandeuses de justice sociale qui trouvaient dans le nouveau message, le réconfort et la solidarité qu’ils ne pouvaient espérer dans un système défavorable.

Bilâl, l’esclave affranchi selon la tradition musulmane, dit ‘al-habashî (l’Abyssin), venant de l’autre côté de la Mer Rouge, de l’Abyssinie (Ethiopie), Souhayb est al-Rûmî, provenant certainement des régions sous la domination de Byzance, Salmân est al-Fârisî, (le Persan) allusion au domaine de l’empire Perse. A leurs côtés, un groupe d’hommes et de femmes qui malgré la condition qui leur était infligée affirmaient, au péril de leur vie, leur loyauté envers Muhammad (PSL) et la foi en l’unicité de Dieu.

Il faut rappeler que l’émergence de l’islam a coïncidé avec une période où l’Arabie vivait un tournant. La sédentarisation progressive, la reconversion de sociétés bédouines, nomades, au commerce et à la finance, faisaient que certaines vertus cardinales de l’homme arabe avaient du mal à perdurer devant l’appât du gain etl’accumulation. Un tel système est de nature à creuser les inégalités et à modifier les hiérarchies. La notion même et les critères du prestige social s’en trouvent bouleversés. Ceux qui sont à la marge du système sont plus que jamais attentifs et réceptif à l’égard de ce Prophète qui leur proposait la justice, l’égalité, le respect de l’orphelin, la charité à l’égard de l’étranger.

Malmenés pour avoir porté atteinte au système établi et défié la puissance de la hiérarchie mecquoise, les membres de la première communauté de l’islam connaîtront très tôt l’exil. Le Négus, souverain de l’Abyssinie, les accueillera avec hospitalité et charité, les protégera dans la pure tradition chrétienne. Quelle heureuse rencontre, quel symbole de tolérance et d’acceptation mutuelle !

Mais, la nouvelle religion professée par Muhammad ne tarda pas à trouver un écho favorable dans différentes régions d’Arabie. Après les persécutions, les blocus, les menaces et les tortures, les habitants de Yathrib qui deviendra Médine (Madinat al-rasûl = la ville du Prophète), accueilleront Muhammad (PSL) et ses fidèles en l’an 622.

Le cadre étroit de cet article ne permet pas l’analyse profonde nécessaire à la compréhension de la nouvelle impulsion à partir de Médine où l’islam arabe à ses débuts allait s’universalisant à la rencontre du monde, des cultures et des différentes civilisations. Ce train de la spiritualité parti de Médine, partout où il s’arrêtera accueillera à son bord en même temps que les Hommes, les vertus et les qualités qui ont fait sa grande civilisation.

S’arrêtant sur cet aspect de l’œuvre de Muhammad, Lamartine voyait en lui cet homme maître dans l’art de l’harmonie le « créateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel ». C’est ce dernier qui a le plus émerveillé les observateurs de sa mission prophétique. Comment en effet une religion née et ayant évolué dans des circonstances aussi difficiles a pu, non seulement, se répandre aussi rapidement, mais créer, en plus, une symbiose dans un océan de diversité.

Dans son Regard sur l’histoire du monde, Nehru exprimait cette interrogation en ces termes : « Chose surprenante, la race arabe qui semblait durant des siècles demeurée dans une contrée sans renom, endormie, ayant perdu totalement sa vivacité, isolée du monde, ignorait apparemment tout ce qui s’y passait, se réveilla soudain, bouleversant avec une force vigoureuse le monde ! ». il conçoit comme « un des merveilles du monde dans l’histoire humaine », cette manière dont « l’aventure de l’islam et l’histoire de sa progression en Asie, en Afrique et en Europe, et, avec, la fondation d’une civilisation magnifique et une culture suprême ».

C’est à cet homme professant l’islam et offrant comme message la fraternité et l’égalité que revient le mérite d’une telle révolution silencieuse et non au génie d’un quelconque peuple car l’histoire de l’islam, hormis la problématique parenthèse omeyyade (approximativement de 661 à 850) est faite de diversité et d’apport des cultures qu’il a traversées, malgré les tentatives d’ethnicisation et d’arabisation depuis Abdul Malik Ibn Marwân.

Comme le rappelle Nehru, « la pensée motrice qui éveilla le monde arabe et le combla de la confiance en soi et de la force créatrice ne fut que l’islam prophétisé par Muhammad ». Cheikh Ahmed Tidiane Sy, le disait lors d’une visite à la Mecque« Si ce n’était pas le Prophète, messager de l’islam, qui connaîtrait cette civilisation se distinguant par l’hospitalité envers l’étranger » (lawla-n-nabiyyu rasûlullâhi mâ ‘urifat/hadâratun sha’nuhâ-t-takrîmu li-l-ghurabâ).

En tout cas, la métamorphise qui a conduit une telle société, de son confinement historique à la conquête d’une grande partie du monde, embrassant cultures et civilisations de l’Atlantique à la Mer de Chine reste, tellement, une énigme, pour les analystes que d’aucuns hésitent d’y voir un simple « phénomène naturel ». Mais, comme le fait remarquer, l’auteur des Méditations poétiques, les utopies ne sont quelques fois que des « vérités prématurés »

Hormis la rapide et durable expansion de l’islam, c’est la pérennité du message de Muhammad (PSL) (mort en 632), ayant déjà traversé quatorze siècles, qui peut attirer l’attention. Sans entrer dans la polémique de l’inimitabilité du Coran (i‘jâz), on ne peut ne pas s’arrêter sur l’emprise qu’eût et a toujours le message du Prophète dans le cœur et l’attitude de plus d’un milliard d’individus à travers le globe.

Il est vrai, l’homme dit illettré dans bien des sources est parvenu avec un élan foudroyant à faire entrer son peuple dans le monde des livres et des sciences. De Baghdad à Ispahan jusqu’à Samarkand, de Cairouan à l’Andalousie en passant par Fèz l’impériale, la civilisation islamique a offert au monde de grands esprits éclairés. Constant Virgil Gheorghui rappelle dans la biographie consacrée au Prophète de l’islam : « quoi qu’il fut illettré, les premiers versets révélés mettent en valeur la plume, la science, l’éducation et l’instruction. Si Muhammad avait été un savant, la révélation, réalisée dans la caverne de « Hirâ », n’aurait pas causé d’étonnement ».

Pour expliquer le caractère pérenne et fortement inscrit dans l’éternité, du message de Muhammad (PSL), plusieurs hypothèses ont été émises. Mais les explications les plus fournies se heurtent à l’ampleur du phénomène et finissent par être quelques fois involontairement réductrices. La nature du message de l’islam, se voulant une synthèse des prophéties qui l’ont précédé, son génie pour l’adaptation et le respect des traditions culturelles de ses prosélytes pourraient être avancés comme des éléments pouvant aider à dégager une piste.

Dans la distinction qu’il fait entre ce qu’il appelle les « lois humaines » et les « lois » divines, Montesquieu (voir de l’Esprit des lois) bien que niant à tort tout dynamisme des normes religieuses, aboutit à une conclusion intéressante pour notre question. Il parvient à l’idée selon laquelle la force principale des lois religieuses vient de ce qu’on les croit ; la force des lois humaines vient de ce qu’on les craint.

Le cas de l’Afrique noire pourrait-être cité en exemple où l’islam s’est rarement imposé mais s’est plutôt substitué et a très vite refaçonné les cultures sans les rejeter. Voici qu’une religion qui naquit du désert d’Arabie, porté par un homme qui avait tout contre lui, arrive à gagner tous les continents, en privilégiant la conquête des cœurs à la soumission des corps.

La diversité fut sa force, la justice sociale son leitmotiv. Autour d’un prophète, d’un message et d’une foi, elle a donné au monde l’une de ses plus brillantes civilisations. Les auteurs les plus apologétiques ont vite atteint leur limite dans la description de ses qualités humaines et morales. Al-Bûsayrî (XIIIème s.) dans sa Burdah se contentera de conclure qu’il est un homme et le meilleur des créatures :fa mablaghul ‘ilmi annahû basharun/ wa annahû khayru khalqi lâhi kullihimi. Le grand Muqaddam de la Tijâniyya, Seydi El Hadji Malick Sy (1855-1922), sur les mêmes rime (qâfiya) et mètre (basît), recourut vite au résumé en affirmant que pour tout qualificatif afférant à la noblesse de l’âme, Muhammad (PSL) mérite le superlatif absolu ! : fî kulli wasfin hamîdin hâza af‘ala tafdîlin rajâ’ul barâyâ yawma muzdahamî

Reste que ce message soit revivifié dans toutes ses dimensions, une fois libérés des préjugés dans lesquels aussi bien les extrêmes qui le dénaturent et en usent, que les tenants de l’essentialisme, portent la malheureuse responsabilité.

Mais quelles que soient les tensions, malgré les déchirures et la percée du virus de l’animosité dans le monde d’aujourd’hui, on ne pourra jamais nier que cette religion appelle au dialogue au respect et à la coexistence pacifique.

N’en déplaise aux théoriciens du choc des civilisations et de la confrontation entre un fantasmatique Orient et un Occident diabolisé, des esprits éclairés s’évertueront toujours à appeler au dialogue et à la compréhension mutuelle. L’exemple donné par Goethe, dans la citation suivante, par laquelle nous conclurons, mérite méditation : « J’ai toujours eu une grande estime pour la religion prêchée par Mohamed parce qu’elle déborde d’une vitalité merveilleuse. Elle est la seule religion qui me paraît contenir le pouvoir d’assimiler la phase changeante de l’existence - pouvoir qui peut la rendre alléchante à toute période. J’ai étudié cet homme merveilleux, et, à mon avis, loin d’être un antéchrist, il doit être appelé le sauveur de l’humanité. (...) J’ai prophétisé sur la foi de Mohamed, qu’elle sera acceptable à l’Europe de demain comme elle commence à être acceptable à l’Europe d’aujourd’hui ».

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 10:28

L’islam est la plus grande religion non-chrétienne des Etats-Unis

Terre de contrastes saisissants, l’Amérique, cette société matérialiste par excellence où la pratique religieuse fait florès, cultive et revendique fièrement son exception spirituelle qui, loin d’être l’ennemie de la laïcité, n’en est pas moins farouchement hostile à sa dérive dogmatique et inexportable à la française.

Sous une bannière étoilée qui a vu fleurir, au fil des décennies, des édifices cultuels de toutes natures, de toutes formes, de toutes tailles, résonnant d’invocations vibrantes tout aussi diverses, la place centrale occupée par la religion dans la vie individuelle et collective est d’autant plus frappante qu’elle côtoie d’autres temples, éminemment mercantiles, sans être menacée dans sa suprématie.

Dans ce paysage cultuel florissant à nul autre pareil, les mosquées font désormais partie du panorama aux côtés des clochers, ouvrant grand leurs portes aux fidèles en recrudescence, disséminés dans l’immensité d’un territoire fédéral, tout en surmontant, sans vaciller, la récurrence des violentes campagnes islamophobes, orchestrées notamment par la figure de proue de l’ultra-sionisme américain, la pasionaria fanatique Pamela Gellar.

Le Washington Post a récemment offert une vue panoramique de cette Amérique qui a la foi et ne s’en cache pas, dans un espace public préservé de la tyrannie de la neutralité religieuse. Parmi les illustrations cartographiques particulièrement édifiantes qui ont été publiées, l’une d’elles met en lumière la nette progression de l’islam qui s’impose comme la plus grande religion non-chrétienne du pays, solidement implantée dans 20 Etats qui s’étendent du Midwest au Sud.

A l’ouest du pays, le bouddhisme est la plus grande religion non-chrétienne dans 13 Etats, tandis que le judaïsme, prédominant dans le Nord-Est, est la plus grande religion non-chrétienne dans 15 Etats. L’hindouisme règne dans deux Etats, le Delaware et l'Arizona, enfin les baha'i sont concentrés essentiellement en Caroline du Sud.

L'islam est tout naturellement en vert


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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 13:36

Mehdi Jomaâ, nommé Premier ministre de la Tunisie


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Du maroquin de l’Industrie aux fonctions suprêmes de Premier ministre tunisien, il n’y avait qu’un vote à entériner pour désigner Mehdi Jomaâ vainqueur des suffrages, après deux mois d’âpres négociations pour faire émerger la personne idoine à ce poste, en d’autres termes suffisamment indépendante pour former un gouvernement apolitique.

Cet ingénieur de profession, peu connu du grand public, qui est diplômé de l'École nationale d'ingénieurs de Tunis en 1988 et titulaire d'un diplôme supérieur de mécanique (DEA), a beau avoir emporté l’adhésion des 21 partis représentés aux pourparlers, sa nomination ne va pas sans susciter les récriminations d’une partie de l’opposition, notamment du principal parti Nidaa Tounès qui a récusé ce choix et, en signe de sa protestation, a boycotté le vote.

"Le dialogue et les discussions ont abouti à un vote et au choix de Mehdi Jomaâ comme candidat au poste de chef de gouvernement", s’est félicité pour sa part Houcine Abassi, secrétaire général du syndicat et principal médiateur des pourparlers. "Notre peuple a beaucoup attendu mais malgré les difficultés et les entraves (...), ce dialogue n'a pas échoué", a-t-il renchéri, en lançant : "Félicitations à la Tunisie".

Après la démission du gouvernement dirigé par Hamadi Jebali à la suite de l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd en février, le nouveau Premier ministre Ali Larayedh avait choisi, en mars dernier, de s'entourer des compétences de Mehdi Jomaâ à la tête du ministère de l'Industrie.

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 09:07

Israël prêt à forer des puits de pétrole en Cisjordanie

Par Jonathan Cook

Mondialisation.ca, 12 novembre 2013

Photo : Le gisement de Meged pourrait s’étendre sur 250 km², une grande partie en territoire palestinien.(Reuters)

Les investisseurs israéliens avaient raison de se réjouir le mois dernier en apprenant qu’Israël pourrait bientôt rejoindre le club des pays producteurs de pétrole, sans compter ses récentes découvertes d’importants gisements de gaz naturel au large des côtes.

Les actions de Givot Olam, société de prospection pétrolière, sont montées en flèche à la nouvelle que les réserves de pétrole sur son site Meged 5 étaient plus importantes qu’estimées précédemment.

La société, qui affirme avoir déjà vendu pour 40 millions de dollars de pétrole depuis que le champ de Meged est devenu opérationnel en 2011, croit maintenant que le puits est assis sur des réserves exploitables allant jusqu’à 3,53 millions de barils. Selon des dirigeants palestiniens, les réserves pourraient même être beaucoup plus importantes.

Un seul nuage se profile à l’horizon. On ne sait pas combien de cette nouvelle richesse pétrolière appartient véritablement à Israël. Le puits se situe sur la Ligne verte, ligne d’armistice de 1948 qui officiellement sépare Israël des territoires palestiniens occupés.

Selon des dirigeants palestiniens, Israël a modifié le tracé de son mur de séparation, en béton et en métal, au prétexte de sécurité, pour fournir à Givot Olam le libre accès au site, entre la ville israélienne de Rosh Haayin et le village palestinien de Rantis, au nord-ouest de Ramallah.

Pour Dror Etkes, chercheur israélien qui suit les activités israéliennes en Cisjordanie, le site de Meged se trouve « à quelques douzaines de mètres » à l’intérieur de la Ligne verte.

Israël et Givot Olam, cependant, en ont rendu l’accès difficile, arguant que Meged 5 est accolé à un champ de tirs israélien, de l’autre côté de la Ligne verte, en territoire palestinien occupé. Dans le passé, les médias israéliens ont été empêchés de filmer ou photographier le site.

Etkes, cependant, affirme ne pas être au courant si un quelconque entraînement militaire a eu lieu sur le champ de tir.

Mais ce qui paraît clair, c’est que le gisement de pétrole s’étend sur une zone vaste, avec une grande partie de la réserve pétrolière qui s’étendrait sur le territoire palestinien en Cisjordanie.

Le pétrole dans les territoires occupés

Bien que le ministère israélien de l’Énergie et de l’Eau ait refusé de faire tout commentaire publiquement à propos de Meged 5, un responsable de premier plan a déclaré en privé à Al Jazeera que le champ s’étendait au moins sur 125 km², et peut-être même jusqu’à 250 km²

Selon les accords d’Oslo, les Israéliens sont tenus de coordonner toute extraction de ressources naturelles en territoire commun avec l’Autorité palestinienne (AP), et d’arriver à des accords sur la façon d’en partager les profits.

Ashraf Khatib, responsable de l’unité de soutien des négociations de l’AP, affirme que la réserve pétrolière de Meged fait partie de « toutes les ressources nationales palestiniennes qui sont volées » par Israël.

« Le problème pour nous c’est que l’occupation ce n’est pas que les colonies et la confiscation des terres. Israël tirent aussi des profits, massivement, de l’exploitation de nos ressources. Il y a là beaucoup d’argent pour Israël, c’est pourquoi l’occupation dure depuis si longtemps » a-t-il dit.

L’an dernier, quand les réserves de Meged 5 ont été estimées à 1,5 million de barils – moins de la moitié des estimations actuelles -, Jamil al-Mutaur, vice-président de l’AP pour la qualité de l’environnement, a menacé de poursuivre Israël devant les tribunaux internationaux pour ses opérations unilatérales à Meged.

Gidon Bromberg, directeur de l’organisation de défense de l’environnement, Les Amis de la Terre/Moyen-Orient, a dit que son organisation allait interroger le gouvernement israélien sur Meged 5.

« S’il y a des réserves en pétrole dans les territoires occupés, alors Israël doit impérativement discuter avec l’AP sur toute prospection entreprise pour ces réserves. » dit-il.

La perspective d’une augmentation spectaculaire des profits à tirer pour Israël à partir du forage de Meged 5 tombe peu après la publication par la Banque mondiale d’un rapport affirmant qu’Israël anéantissait tout espoir pour qu’un futur État palestinien soit économiquement viable.

L’ « étranglement » par Israël de la Zone C

Selon la Banque mondiale, l’occupation israélienne est un obstacle à l’exploitation des Palestiniens de leurs ressources naturelles clés, soit en les pillant à son profit, soit en les rendant inaccessibles aux Palestiniens par les restrictions de mouvements et la classification des secteurs en zones militaires.

Le rapport de la Banque mondiale n’inclut pas le champ pétrolier de Meged dans les ressources naturelles palestiniennes dans sa liste. Un porte-parole a déclaré qu’il n’y avait pas suffisamment d’informations à la disposition de ses chercheurs pour évaluer l’importance du champ pétrolier.

Dans le rapport, la Banque mondiale se concentre sur une vaste région de la Cisjordanie désignée comme Zone C dans les accords d’Oslo, qui reste encore sous le total contrôle d’Israël et sur laquelle Israël a monté plus de 200 colonies.

La Zone C, qui recouvre près des deux tiers du territoire de la Cisjordanie, comprend la plupart des principales ressources des Palestiniens, notamment la terre pour l’agriculture et le développement, des nappes phréatiques, les minéraux de la mer Morte, des carrières, et des sites archéologiques et touristiques. C’est là aussi que se trouvent probablement une grande partie des réserves de Meged.

Le ministère de l’Énergie et de l’Eau d’Israël est sous l’autorité de Silvan Shalom, un allié proche du premier ministre Benjamin Netanyahu et un partisan du programme d’Israël pour la colonisation en Cisjordanie.

Naftali Bennet, ministre du Commerce et de l’Industrie et leader du parti Foyer juif proche des colons, a appelé à maintes reprises à l’annexion officielle de la Zone C par Israël.

Selon les recherches de la Banque, l’AP pourrait générer au moins 3,4 milliards de dollars de revenus supplémentaires, par an, si elle obtenait le total contrôle de la Zone C ; et encore, ce chiffre ne tient pas compte du boom attendu en revenus pétroliers.

Le porte-parole de la Banque mondiale a déclaré que ce chiffre était « très prudent » compte tenu de certaines ressources, tel le gisement pétrolier, pour lesquelles les chercheurs n’ont pas pu recueillir de données.

Néanmoins, les revenus des ressources identifiées par la Banque mondiale devraient à eux seuls augmenter le PIB de l’AP d’un tiers, réduisant un déficit galopant, réduisant un taux de chômage monté à 23 %, soulageant la pauvreté et l’insécurité alimentaire et aidant le jeune État à se libérer de sa dépendance de l’aide.

Mais rien de tout cela ne peut se réaliser, a dit la Banque, aussi longtemps qu’Israël maintient son étranglement de la Zone C – ce que la Banque appelle « le territoire réservé ».

Mariam Sherman, directrice de la Banque mondiale en Cisjordanie et à Gaza, a déclaré : « La libération du potentiel du ‘territoire réservé’… et l’autorisation pour les Palestiniens d’exploiter ces ressources fourniraient de nouveaux domaines d’activités économiques et mettraient l’économie sur les rails d’une croissance durable ».

John Kerry, secrétaire d’État des États-Unis, a relancé les discussions de paix entre Israël et les Palestiniens cet été, après avoir promis à l’AP qu’ils contribueraient à élever de 4 milliards de dollars les investissements dans l’économie palestinienne, la plus grande partie étant dirigée sur des projets en Zone C.

Toutefois, le rapport de la Banque mondial laisse penser que les restrictions israéliennes aux mouvements en Zone C et le refus de remettre des autorisations pour le développement rendent l’entreprise trop risquée pour les investisseurs palestiniens.

Pour Khatib : « L’AP est confrontée à un déficit de 2 milliards de dollars et a besoin désespérément d’investir dans des projets importants tirant profit de nos ressources naturelles. C’est la seule façon de mettre fin à la dépendance de l’AP vis-à-vis de l’aide internationale. »

Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré qu’il menait « une paix économique » avec les Palestiniens dans les territoires occupés, plutôt que des démarches diplomatiques. L’AP, en revanche, caractérise la politique d’Israël comme « une guerre économique » contre les Palestiniens.

La politique suivie de longue date par Israël en ce qui concerne les ressources dans les territoires occupés laisse penser qu’il est bien peu vraisemblable qu’il honore ses obligations au titre des accords internationaux sur les profits futurs sur le gisement pétrolier de Meged.

Etkes a dit : « La réalité est qu’Israël profite des fruits économiques de l’occupation par l’exploitation des ressources qui appartiennent aux Palestiniens ».

Extractions précédentes des ressources

Dans le cas des principales nappes phréatiques de la région, qui s’étendent sous les collines de Cisjordanie, Israël a démoli des centaines de puits palestiniens afin de maintenir son contrôle exclusif sur les ressources en eau. Les colonies et les bases de l’armée sont installées sur les principaux points d’extraction.

Un rapport publié plus tôt cette année par al-Haq montre qu’Israël accapare 89 % de la totalité de l’eau tirée de l’aquifère cisjordanien, ne laissant aux Palestiniens que les 11 % restant. De ce fait, un Israélien a en moyenne 300 litres d’eau chaque jour, à comparer avec les 73 litres par Palestinien – en-dessous donc des 100 litres par habitant recommandés par l’Organisation mondiale de la santé.

Concernant une autre ressource clé, la Cour suprême d’Israël a jugé en 2011 qu’une douzaine de sociétés israéliennes devraient pouvoir continuer l’extraction de la pierre pour la construction dans les carrières de Cisjordanie, car l’occupation israélienne n’était plus considérée comme temporaire mais qu’elle était devenue « prolongée ».

La décision a été largement critiquée par les juristes qui ont fait valoir qu’elle ne tenait pas compte des interdictions de voler les ressources stipulées dans le droit international, notamment dans la Convention de La Haye de 1907.

L’AP a estimé le montant annuel des pierres extraites par Israël dans ses carrières à 900 millions de dollars.

Avec Meged 5, ce n’est pas la première fois qu’Israël est reconnu coupable de pillage des réserves de pétrole de ses voisins.

En 1975, il est apparu qu’Israël avait fait des forages sur les champs d’Abu Rudeis, suite à son occupation de la péninsule du Sinaï durant la guerre de 1967. Le champ pétrolier fournissait les deux-tiers des besoins nationaux d’Israël avant qu’Israël ne soit forcé de restituer les puits à l’Égypte.

Israël a continué ses tentatives d’exploiter le pétrole du Sinaï, forant plus au sud, sur les champs d’Alma, mais il a dû là aussi rendre ces puis après la signature des accords de paix de Camp David avec l’Égypte en 1979.

Des centaines de sites, en Israël et dans les territoires occupés, ont été sondés pour le pétrole dans les années suivantes, sans réels succès, jusqu’à la découverte de Meged.

L’annonce par Israël, ces dernières années, de ses découvertes de vastes gisements de gaz naturel en Méditerranée a fait monter les tensions avec les pays voisins, en particulier le Liban, qui a affirmé qu’Israël forait dans des zones où les frontières maritimes sont contestées.

Avec les deux gisements de Tamar et Leviathan, Israël espère devenir un pays exportateur de gaz d’ici 2016.

Les Palestiniens ont localisé leur propre champ de gaz, important, au large de Gaza. En 2000, le président palestinien d’alors, Yasser Arafat, déclarait que le site « fournira une base solide à notre économie, pour l’établissement d’un État indépendant ».

Mais Israël a maintes fois contrecarré les tentatives d’extraction du gaz, faisant valoir que les profits serviraient à financer le terrorisme. À la place, les Palestiniens sont donc restés dépendants d’Israël pour répondre à leurs besoins énergétiques.

Depuis 2009, Israël viole aussi les accords d’Oslo en réduisant l’accès des Palestiniens aux eaux maritimes de Gaza de vingt à trois miles nautiques.

Selon une analyste, Anais Antreasyan, l’interprétation la plus plausible des actions d’Israël est qu’il espère arriver « à intégrer les gisements de gaz au large de Gaza dans les installations offshores israéliennes voisines », « bloquant ainsi le développent économique des Palestiniens. »

De l’avis d’Atreasyan et de bien d’autres, le but d’Israël est d’empêcher l’émergence d’une forme d’économie palestinienne indépendante qui résulterait de la possibilité par les Palestiniens d’obtenir d’importants revenus des gisements de gaz au large de Gaza et probablement de ceux de pétrole en Cisjordanie.

« De cette manière » a affirmé Khatib, « Israël peut, plus aisément, maintenir les Palestiniens dans une lutte, jour après jour, juste pour survivre économiquement ».

Jonathan Cook

Article original : Al Jazeera, 2 novembre 2013

Traduction : Info-Palestine/JPP

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 20:09

Boris Johnson, le maire de Londres, révèle ses racines musulmanes le 9. novembre 2013 - 16:57 Subscription price Partagez : Share on print Share on email Share on twitter Share on facebook Connu pour ses pitreries et sorties fracassantes qui ont l’art d’égayer la grisaille londonienne, Boris Johnson, le flamboyant maire de Londres à la blonde chevelure souvent en pétard, l’est certainement moins pour ses racines musulmanes venues d’Anatolie. Précédé par une excentricité et des discours exaltés qui ont fait sa légende et grimpé sa côte de popularité, "Boris", comme l’appellent familièrement et même affectueusement ses administrés, a levé un coin du voile sur ses origines, en se vantant d’être le premier maire de Londres « d’origine musulmane », lors de son allocution devant le gotha arabe de la finance venu assister à la neuvième édition du Forum économique islamique mondial, fin octobre. Tenant son auditoire trié sur le volet en haleine, le premier magistrat de la capitale britannique s’est mué en conteur d’un temps lointain, sur les traces de son arrière-grand-père Ahmed Hamdi, un entrepreneur musulman d’une grande piété qui a su prospérer dans la cire d’abeille, jusqu’à bâtir un petit empire. "Je suis très fier d'être ici ce matin parce que je suis sûr que je suis le premier maire de Londres d’extraction en partie musulmane, et en fait le descendant d'un entrepreneur musulman du nom de Ahmed Hamdi", a déclaré en préambule Boris Johnson, avant de réserver le meilleur pour la fin : "Le père du père de mon père, un homme pieux de l'Anatolie qui a fait le Haj et qui avait pratiquement le monopole du marché de la cire d'abeille à Istanbul, ce qui était alors très porteur car il fallait des bougies de cire d'abeille pour éclairer les mosquées, a fait fortune dans ce secteur, et puissamment prospéré comme on dit ici en Angleterre", a-t-il relaté, sûr de son effet auprès de l’aréopage de notables en provenance du Golfe, suspendu à ses lèvres. Fervent avocat de la politique d'immigration de la Grande-Bretagne, louant l'esprit d'ouverture qui règne dans son fief, à l’image des bars à chicha qui ont fleuri dans le paysage urbain sans encombres, le meilleur VRP de Londres a usé de toute sa force de persuasion, puisant aux sources de son histoire familiale pour convaincre les décideurs du monde arabe d’investir dans sa bonne ville. "Construisons les échanges, privilégions la coopération et choisissez de placer votre argent à Londres, là où il y a plus de banques américaines qu’à New York même, plus de musées qu’à Paris, moins de précipitations qu’à Rome, et où s’est implanté le plus grand centre de la finance islamique dans le monde", a plaidé Boris Johnson, se faisant le premier ambassadeur de Londres en tant que place forte financière incontestée, et qui entend bien le rester...

Boris Johnson, le maire de Londres, révèle ses racines musulmanes

Connu pour ses pitreries et sorties fracassantes qui ont l’art d’égayer la grisaille londonienne, Boris Johnson, le flamboyant maire de Londres à la blonde chevelure souvent en pétard, l’est certainement moins pour ses racines musulmanes venues d’Anatolie.

Précédé par une excentricité et des discours exaltés qui ont fait sa légende et grimpé sa côte de popularité, "Boris", comme l’appellent familièrement et même affectueusement ses administrés, a levé un coin du voile sur ses origines, en se vantant d’être le premier maire de Londres « d’origine musulmane », lors de son allocution devant le gotha arabe de la finance venu assister à la neuvième édition du Forum économique islamique mondial, fin octobre.

Tenant son auditoire trié sur le volet en haleine, le premier magistrat de la capitale britannique s’est mué en conteur d’un temps lointain, sur les traces de son arrière-grand-père Ahmed Hamdi, un entrepreneur musulman d’une grande piété qui a su prospérer dans la cire d’abeille, jusqu’à bâtir un petit empire.

"Je suis très fier d'être ici ce matin parce que je suis sûr que je suis le premier maire de Londres d’extraction en partie musulmane, et en fait le descendant d'un entrepreneur musulman du nom de Ahmed Hamdi", a déclaré en préambule Boris Johnson, avant de réserver le meilleur pour la fin : "Le père du père de mon père, un homme pieux de l'Anatolie qui a fait le Haj et qui avait pratiquement le monopole du marché de la cire d'abeille à Istanbul, ce qui était alors très porteur car il fallait des bougies de cire d'abeille pour éclairer les mosquées, a fait fortune dans ce secteur, et puissamment prospéré comme on dit ici en Angleterre", a-t-il relaté, sûr de son effet auprès de l’aréopage de notables en provenance du Golfe, suspendu à ses lèvres.

Fervent avocat de la politique d'immigration de la Grande-Bretagne, louant l'esprit d'ouverture qui règne dans son fief, à l’image des bars à chicha qui ont fleuri dans le paysage urbain sans encombres, le meilleur VRP de Londres a usé de toute sa force de persuasion, puisant aux sources de son histoire familiale pour convaincre les décideurs du monde arabe d’investir dans sa bonne ville.

"Construisons les échanges, privilégions la coopération et choisissez de placer votre argent à Londres, là où il y a plus de banques américaines qu’à New York même, plus de musées qu’à Paris, moins de précipitations qu’à Rome, et où s’est implanté le plus grand centre de la finance islamique dans le monde", a plaidé Boris Johnson, se faisant le premier ambassadeur de Londres en tant que place forte financière incontestée, et qui entend bien le rester...

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 13:42

FOOTBALL - SOCIOLOGIE

« Le joueur "musulman" devient surdéterminé par sa religion »

Co-auteur avec Abdellali Hajjat du livre Islamophobie. Comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman », Marwan Mohammed, sociologue du CNRS, renvoie directement à quelques petites crispations du moment et des vestiaires.

« Le joueur "musulman" devient surdéterminé par sa religion »

Certains affirment qu'aujourd'hui l'Islam imposerait sa loi dans le foot. L'exception qui confirme la règle ?
Pour moi, au contraire, le discours de quelqu'un comme Dianel Riolo illustre parfaitement ce que j'appelle la construction du « problème musulman ». Jusqu'à présent, le foot était plutôt épargné de ce point de vue-là, même si j’ai eu écho de pratiques ou de propos plus que limites tenus à Clairefontaine sur la pratique de l’Islam au niveau foot à 11. On saisit des petits cas particuliers, comme l'affaire du Paris Football Gay, et on fabrique le tout. Le joueur « musulman » devient surdéterminé par sa religion, en tout et tout le temps. Tu retrouves un argumentaire assez répandu désormais : des « personnes » tenteraient d'imposer leurs normes, leurs règles et leurs croyances face à des institutions dépassées par une lame de fond islamiste. Dans la réalité, il existe très peu d'équipes exclusivement musulmanes par exemple, ce qui n'est pas plus choquant d'ailleurs que les clubs portugais ou antillais. La seule question, c'est comment tu vis ensemble. Je me suis longtemps occupé d'un club de futsal et je fréquente encore beaucoup le foot amateur le week-end, et je perçois de fait surtout beaucoup d'accommodements : on entre après les autres dans la douche, on porte des shorts plus longs, etc. Je doute énormément que Daniel Riolo connaisse cette réalité empirique du football amateur, du football populaire. Je n'ai pas l'impression, non plus, que les présidents des clubs pros aient exprimé un profond malaise sur le sujet, y compris face à une pratique telle que le Ramadan qui peut, chez les joueurs pratiquants, induire quelques complications. À part les clashs qui attirent forcément la caméra ou le micro, la plupart du temps, tout le monde arrive à s'arranger.

Vous vous êtes fait connaître avec vos travaux en immersion parmi les bandes, or, depuis Knysna, certains Bleus sont dépeints avec les traits distinctifs des « caïds ». Cela vous semble tenable en terme de « street cred » ?
Franchement, après le boucan médiatique autour de Samir Nasri et de son doigt sur la bouche, je peux te garantir que dans la rue, dans les HLM et ou chez les jeunes de cité, tout le monde a beaucoup rigolé devant une telle disproportion entre le geste et les réactions outrées. Concrètement, il est vrai que les codes et habitudes des quartiers populaires se révèlent plus rugueux, plus rentre-dedans, que dans le reste de la société. Et que comme le foot s'avère un sport légèrement plus populaire que le golf, des attitudes s'y retrouvent immédiatement exprimées avec beaucoup d'intensité. Après tout, c'est quelque part la vertu du foot que de le permettre, d'offrir un espace d'expression à cette forme de culture populaire, de construire du lien social pour employer une forme de langue de bois. Ensuite, quand la rue envahit le terrain, comme récemment à Ivry, tu bascules vers d'autres problématiques. Mais qu'y peuvent les responsables des AS ? Je suis déjà personnellement débordé comme dirigeant. Les stades sont des lieux ouverts, quand deux quartiers ou deux villes sont en conflit, à part repousser le match, ce qui devraient être fait plus souvent, comment réagir ? Dans ce cas, tu ne parles pas du comportement des joueurs, l'enjeu ratisse plus large. Pour revenir à l'équipe de France, par exemple au sujet de Gourcuff, tu constates d'abord un grave défaut de coaching avant de surinterpréter le reste. J'ai été entraîneur avec des gamins, des ados, des adultes aussi, ton premier rôle consiste à gérer les différents caractères. Domenech n'a pas été débordé par les « lascars de halls d'immeubles », quoi qu'en pense madame la ministre, sinon il faudrait m'expliquer pourquoi les mêmes filent droit dans leur clubs ? Franchement, que valent ces fameux « caïds » quand tu vois, de l'autre coté, la réalité de la rue ?

Propos recueillis par Nicolas Kssis-Martov

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 20:58

Au réveil des belles au bois dormant, je tire ou je bois mon coup, c'est toujours le trou normand, c'est fou comment et avec quelle force les langues se délient, les analystes de la semaine des quatre jeudi où on rase gratuit, les petits bras de la connerie, les chiens de prairie qui au premier coup de pétard retourneront illico presto à leurs douillettes tanières, dis moi sœur ANNE qui de toi ou de moi a la meilleure vue? Ou les plus grosses.....l'avenir proche nous le dira, et ceux qui clament que le peuple tunisien n'a plus peur, qu'il est devenu fort et mâture feront des claquettes avec leurs têtes de mort, mais au fait de quel peuple parlent-ils? celui syndiqué à l'absurde avec des cotisations prélevés à la source qu'il soit content ou pas ? Celui des gréves sauvages qui ont fait perdre des milliards au pays? Celui des salopes manufacturées qui jouent aux révolutionnaires avec leurs costards, leurs robes, leurs frusques et leurs caisses de mauvais goût? Celui de ces bouffons qui paradent dans les réunions de leurs microscopiques partis et qui tirent des plans sur la comète à coup de rumeurs ? Celui de ceux qui défoncent des portes ouvertes dans leurs tour d'ivoire au lieu de se frotter vraiment à ce peuple dont ils se proclament les porte parole comme s'ils n'habitaient pas la TUNISIE les menteurs de cons ? Celui de ces enragés attentistes d'hier qui aujourd'hui jurent leurs grands dieux qu'ils peuvent remuer les foules? rien qu'avec leur verbiage de tante et leur tronche de mal baisé? Celui des éternels paillassons de la déconfiture et des médiocres qui se réunissent chaque jour en conclave pour nous pondre leurs petites crottes soporifiques et essayer de nous les vendre comme l'Alfa et l’Oméga des couilles de JUPITER, sa cuisse , c'est trop simpliste pour eux.Bon soyons sérieux messieurs dames, chez l'être il y'a l'inné et l'acquis, votre inné a oublié de changer de siècle et votre acquis pour la plus part a été formaté par tant d'années de soumission, tant d'années de la haine de soi, de lâcheté de rage refoulée, ce n'est pas de votre faute? On ne né pas con, mais juste et bon et l'homme est un roseau pensant, on devient CON par compromission et renoncement, et pour vous dire le fond de ma pensée et votre joie d'imbécile heureux et débilitante à décorner les vaches, il ne faut surtout pas têtes de nœud vous faire d'illusion; le prochain gouvernement et les ministres du prochain gouvernement, et les portiers du prochain gouvernement et même les liaisons adultérines de cette période d'avant les prochaines élections, tout ce capharnaüm sera adoubé par ENNAHDA ou ne sera pas, pensez donc à travailler votre garde, votre défense et votre attaques, pauvres cons, au lieu de faire de grands moulinets et de brasser du vent, en face le style marque des points qui pèseront toujours lourd, en face il y'a un passé, une histoire et des hommes et, ce n'est pas avec vos petits nœuds marins, votre bite et votre couteau que vous allez mette à genoux ce mastodonte, ce n'est pas avec vos cure dents que vous allez ébrécher cette montagne de l'effroyable consistance, vous passez votre misérable temps à vomir, à affaiblir et diffamer les seuls personnes capables de faire trembler cette grande muraille d'ENNAHDA , d'équilibrer un peu les choses dans le bon sens et de donner une autre perspective à la noblesse politique, sales cons, chose que ne savez même pas lire dans le désespoir de vos concitoyens. Oui grâce à BEN ALI et maintenant grâce à vous, le parti islamiste a toutes les bonnes cartes en mains; il sera l'initiateur du nouveau gouvernement jusqu'aux profondeurs de son trou de balle, et plus je vous écoute, plus je vous lis plus je subis vos délires et plus je dis tant mieux, je choisis toujours le côté du torturé par rapport au tortionnaire, il sera ce parti celui qui choisi tout selon ses intérêts propres ou il retire ses billes et pratiquera selon vos méthodes Coué , la rue, les gréves, la diffamation, pauvres cons vous avez creusé vos tombes de vos mains d'imbéciles, et là; grâce à ses militants, des vrais eux, son travail politique et pis, associatif, ENNAHDA sera plus que jamais maître du jeu et vous allez inventer quoi encore pour détruire ce qui reste du pays? Moi je dis que dans tous les cas de figure, il faudra que la majorité des élus veillent à la sauvegarde de la fonction présidentielle, au président, celui qui ne doit pas tomber entre n'importe qu'elles mains, faut-il encore vous rappeler que le président est le chef suprême des forces armées, et si ce poste tombe entre les mains d'un ancien ou nouveau cacique mauve ou d'un réactionnaire comme cette chiffe-molle de TRIFI, bye bye la démocratie, le scénario à la SISSI SERA PLUS QUE POSSIBLE ET ÉVIDENT DANS NOTRE PAYS. Nonobstant CERTAINES PETITES DIFFÉRENCES IDÉOLOGIQUES, et stratégies ET LA QUESTION DE QUELQUES PERSONNES en cette période de tension, vivier et terreau des putschiste et des criminels, mes possibles alliés sont identifiés, et qu'ils soient de mes anciens amours, c'est encore mieux, dommage M.M.M mais tiens bon, on réglera les comptes plus tard , c'est valable pour AYEDI aussi.

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