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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 11:44

Tunisie : "L'erreur c'est la Constitution elle-même"

- kaïs saïed(8)

31/01/2014 à 09:04 Par Frida Dahmani

L'assemblée constituante le 23 janvier. © AFP

Kaïs Saïed, vice-président de l'Association tunisienne de droit constitutionnel et professeur universitaire, se prononce en homme libre et sans concessions sur la nouvelle Constitution tunisienne, promulguée le 26 janvier.

Jeune Afrique : Quels sont les apports de la nouvelle Constitution ?

Kaïs Saïed : Par rapport à la constitution de 1959, c’est certainement au niveau de certains droits et libertés qu’on distingue une différence. Tout un chapitre leur est consacré, de ce point de vue l’apport est certain mais il serait extrêmement exagéré d’en faire un texte révolutionnaire. L’innovation est d’avoir constitutionnalisé ces droits et libertés ; beaucoup existaient déjà en droit interne de l’État et c’est d’ailleurs ce qui a permis à la Tunisie de ratifier de nombreux accords de droit internationaux tel que le pacte de 1966 [sur les droits civils et politiques, NDLR], ceux sur les droits des femmes ou ceux concernant les enfants. L’autre innovation est d’avoir consacré dans ce texte des institutions telles que l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie), la Haute autorité indépendante pour la communication audiovisuelle (Haica) et celle dédiée au développement durable. En ce sens, c’est une constitution du 21e siècle et non du siècle dernier.

>> Lire notre dossier consacré à la nouvelle Constitution tunisienne

Vous avez déclaré que les constituants ont repris les erreurs et répété les échecs de la Constitution de 1959, sans pour autant se préoccuper de l'intérêt général, qu’entendez-vous par là ?

L’absence de volonté politique pour une réelle révision du système et créer un nouveau régime en rupture avec le passé est patente.

Le texte de 1959 avait été taillé sur mesure pour un parti et un homme. Aujourd’hui les constituants ont adopté la même démarche mais ont taillé plusieurs costumes de taille différentes, c’est toujours du sur mesure en respectant les équilibres issus du scrutin du 23 octobre 2011. Dans ce contexte, des tiraillements sont à prévoir pour les prochaines élections au vu des changements d’équilibres politiques intervenus entre temps. L’absence de volonté politique pour une réelle révision du système et créer un nouveau régime en rupture avec le passé est patente.

Le scénario de 1959 se répète aujourd’hui puisque les demandes de la révolution n’ont pas été entendues et consacrées. Les élus n’ont pas perçu que les causes de l’échec de l’ancien régime n’étaient pas liées à la Constitution mais aux revendications formulées avec insistance depuis 2010 par les régions intérieures. La même erreur a donc été reproduite. Schématiquement, c’est l’apoplexie au centre et la paralysie en périphérie. On aurait du partir du local pour remonter vers le national, inverser la démarche qui est la cause de cinquante années d’échec. Le pilier de la démocratie est la démocratie locale, alors que celle qui a été mise en place est celle des partis. Cela est confirmé par le projet de code électoral qui reprend le système de liste qui favorise les formations politiques.

Quels sont les défauts de cette constitution ?

Le texte est sans défaut, l’erreur c'est la Constitution elle-même. Elle est faite pour légitimer le pouvoir et est entre les mains des gouvernants or une véritable loi fondamentale doit être entre les mains des gouvernés. Elle n’est donc pas intériorisée par les citoyens qui ne se sentent pas concernés.

Dans les démocraties, il s’agit de dépasser l’État de droit pour aller vers une société de droit. Tant que l’idée de Constitution n’est pas intériorisée, elle sera un instrument du pouvoir pour se légitimer et nous aurons un État de droit de façade. Il faut des moyens d’actions pour éviter cette instrumentalisation.

Maintenant que le texte est promulgué, il faut penser à le réformer autour d’un concept participatif pour que le citoyen se sente citoyen.

Comment composer avec ce texte qui fonde la deuxième république tunisienne ?

Cette formulation n’est pas adéquate car elle se réfère à un autre régime et un autre temps. Maintenant que le texte est promulgué, il faut penser à le réformer autour d’un concept participatif pour que le citoyen se sente citoyen. Il s’agit de continuer de lutter pour une nouvelle organisation politico administrative. Nous verrons quels sont les moyens qui vont être mis en œuvre par le pouvoir. J’espère qu’il n’y aura pas de retour en arrière.

__________

Propos recueillis par Frida Dahmani

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 09:52

DE LA PLANIFICATION
La Tunisie doit absolument se doter d'un ministère régalien de la planification pour répondre d'une façon radicale, et surtout claire et efficace aux défis qui se posent à notre pays, et qui ne sont pas insurmontables si seulement et seulement si, avec volonté et patriotisme, on les "travaille" d'une façon rationnelle. Ce ministère chapeautera, le ministère de la défense, celui de l’agriculture, de l’industrie, de la santé, et des finances; un secrétariat d'état aux énergies alternatives, un secrétariat d'état à la formation, un secrétariat d'état à la recherche et à la technologie. Ce ministère régalien, son ministre n'aura de compte à rendre qu'au président de la république, au chef du gouvernement et au président de l'assemblée, une fois par semaine il réunit les ministres et les secrétaires d'état qui dépendent de lui , et une fois par semaine, il se réunit avec le président de la république, le chef du gouvernement et le président de l'assemblée pour faire le point sur toutes les actions décidées et mises en place en toute transparence, sur tout ce qui a été accompli et ce qui reste à accomplir du planning du travail établi; c'est au président de la république de réunir selon ces décisions les principaux chefs de l'opposition afin de les tenir informés de ces actions. Ce ministère régalien doit être pensé comme une sorte d'état major en temps de guerre, c'est à dire avec un dispositif et des objectifs clairs et généraux pour le pays, à atteindre. Dans la gestion des propriétés de l'état, et leur sécurisation, l'armée et ses cadres doivent être totalement impliqués et associés à toutes les étapes du processus. Ce ministère de la planification est naturellement le coordinateur légal entre tous les ministères et secrétariats d'état cités dans ce projet .Il aura pour tâche de moderniser le pays et à veiller à l'entretien de ses infrastructures sur tous les plans.
LES OBJECTIFS :
* Assurer un niveau de vie respectable pour les tunisiens, surtout de leur sécurité alimentataire, du travail et du logement, de la question sanitaire et de l'éducation.

*Moderniser et équiper d'une façon scientifique les activités de base et de production du pays, phosphates, électricité, sidérurgie, ciment, machinisme agricole, les transports et l'agriculture qui est l'essentiel du dispositif qui peut résoudre les problèmes économiques qui minent notre pays depuis plus de 50 ans et le règne de la dictature .La Tunisie, il ne faut jamais l'oublier, est un petit pays par sa superficie, mais c'est un grand pays par son histoire et ses potentialités humaines, en se libérant et en se démocratisant, elle s'est donnée les moyens ultimes de sa résurrection et de sa prospérité, à partir de là, la nation tunisienne peut relever tous les défis, sans aucun doute.
*Affecter à la reconstruction des infrastructures routières et ferroviaires, et aux logement et autres dépôts et bâtiment de productions le maximum de moyens, en tenant compte des besoins des activités de base et en modernisant l'industrie des matériaux de construction et celle du bâtiment et des travaux publics ; le privé comme le public devront collaborer pour ce faire, nous pouvons imaginer d'importantes sociétés mixtes, où l'état soutient l'initiative privée qui lui garantira la stabilité de l'emploi et les investissements productifs sans aucune forme de spéculation, l'état pourra agir en toute confiance sur les crédits, les charges sociales et la formation du personnel.
*Moderniser et de développer les industries d'exportation pour assurer l'équilibre de la balance des comptes, environnement immédiat de la Tunisie et sa prolongation régionale sont demandeurs, là aussi l'état devra aider à la logistique, au transport et à la formation d'un personnel qualifié, sans oublier l'important travail en amont qui sera à la charge de notre diplomatie, nos consulats et des tunisiens expatriés pour promouvoir nos produits et nos productions.
Il s'agit de renforcer et dans certains domaines de créer l'outil de production et satisfaire les besoins essentiels de la population, et ainsi élever le niveau de vie et améliorer les conditions de l'habitat et de la vie collective. Il faut pour ce faire imposer la reconstitution des outillages et des équipements publics et privés endommagés ou détruits du fait des spoliations de la dictature et des destructions, et des opérations de sabotages pendant la la révolution et qui sont énormes. Notre action doit être centrée à ses débuts, de façon très sélective, sur des secteurs de base : phosphate, électricité, ciment, machinisme agricole, transport agriculture productions culturelles, industries des loisirs, et industries vertes et renouvelables.
Cette planification doit aussi insuffler un nouvel état d'esprit parmi les chefs d'entreprises et les travailleurs en général, sans porter atteinte à l'initiative privée. La place de l'État dans le système productif, par ses productions propres et le contrôle des prix, doit favoriser une bonne maîtrise des évolutions économiques. L’intervention contrôlée de l'état doit assurer le financement d'une grande partie des investissements des secteurs de base.
Dans la durée cette planification doit comporter toujours des objectifs quantitatifs et qualitatifs en matière de production, le nombre de secteurs pris en compte étant plus élevé. Elle doit s'étendre aux domaines des investissements publics, notamment des équipements scolaires et hospitaliers. L'établissement de programmes pluriannuels doivent être engagés, non pas à la demande des ministres compétents, mais à l'initiative du ministre de la planification, soumis à une accumulation de demandes de crédits et soucieux de définir des priorités, ces dernières doivent être définies par président de la république élu, du chef de gouvernement et celui de la planification nommés.
Cette planification remplace les secteurs de base par des actions destinées à assurer une plus grande efficacité des ressources matérielles et humaines, recherche et développement, organisation des marchés agricoles, reconversion des entreprises et réadaptation professionnelle de la main-d'œuvre, et la productivité.
L’économie tunisienne doit être clairement engagée dans un régime de croissance soutenue. La Tunisie doit ainsi passer d'une situation de pénurie relative menaçante dans l'absolu, à une relative abondance maîtrisée et scientifique. Il ne s'agit pas uniquement d'orienter la production vers des secteurs prioritaires, mais d'assurer les meilleures conditions possibles au développement économique et social du pays à moyen et long terme. Il faudra aussi insister sur la modernisation de secteurs réputés "lourds", le secteur hospitalier, les autoroutes, l’éducation nationale et les télécommunications.
La planification devient alors plus significative quand elle se fixe des objectifs dont la satisfaction ne dépend plus uniquement de l'État, mais dans une complémentarité des moyens avec le secteur privé ou semi-privé et les régions. Bien que l'approche soit de plus en plus macro-économique, nous devrons veiller à la dimension sociale qui doit absolument être prise en compte. Cette planification doit porter approbation d'un plan de développement économique et social pour l'équilibre général du pays.
A toutes ses phases cette planification doit s'articuler autour trois objectifs fondamentaux :
- une croissance forte dans le respect des grands équilibres.
- une progression des équipements collectifs deux fois plus rapide que celle du PIB.
- un effort de correction des inégalités sociales et régionales. L'attention devra se porter sur les problèmes de répartition des fruits de l'expansion, "le partage du surplus", en particulier la part à réserver aux services collectifs dans l'ensemble des dépenses de consommation.
Il s'agit de mener de front un essor industriel rapide et le progrès social par un développement des équipements collectifs, fixer des normes indicatives de prix et de salaires afin de juguler les tendances inflationnistes.
Le développement de la compétitivité de l'appareil de production, le contrôle de l'évolution des revenus et des prix deviennent les premières préoccupations
qui appellent des restructurations profondes dans notre façon de penser le progrès.
En parallèle, le Plan doit prendre en compte les facteurs structurels qui limitent les performances de l'économie tunisienne: la relative importance de la population au chômage, la nécessité d'améliorer la gestion et les relations sociales dans les entreprises, le manque d'infrastructures qui freine la mobilité professionnelle, c'est la notion de fonction collective qui doit veiller à élargir le champ de la planification des équipements collectifs. Ainsi nous pourrons combiner toutes les grandes orientations qui sont une croissance forte, un impératif industriel, avec un faible taux d'inflation, une croissance de la part des équipements collectifs plus rapide que celle de la production, et l'amélioration des conditions de vie des tunisiens en général. Nous devrons aussi anticiper par l'utilisation du modèle macro-économique, et l''élaboration d'une politique économique axée sur l'emploi, surtout.
Nous devons travailler à l'établissement d'une société volontaire dans laquelle les membres vivent en conformité avec un contrat social, et des conventions collectives, fondée sur des principes égalitaires et communautaires dans un cadre social et économique qui ne souffre d'aucune forme d'injustice.
Les terres domaniales de tous les gouvernorats devront être répertoriées, ces terres devront être gérées selon une organisation simple et claire selon leurs importances, sous la houlette d'une autorité militaire, dans une commission composée de militaires et de fonctionnaires technocrates civils. Chaque entité définie doit comprendre :
- Une unité d'étude ou unité de recherche.
- Un service vétérinaire
- Un service médical.
- Une unité de production
- Une coopérative d'achats aux producteurs privés.
- Un garage moderne d'achats et de réparations des machines agricoles et des mécaniques d'entretien de la voie publique et des espaces verts.
Ces machines appartenant à l'état doivent être en nombre et en qualité et doivent servir à titre gracieux aux labours et aux récoltes des terres domaniales et privées, à l'entretien des grands axes routiers et à l'intervention dans les espaces municipaux, selon un planning strict élaboré par une commission d'intervenants de toutes les spécialités sous l'égide d'un haut fonctionnaire de l'état qui peut -être le gouverneur, et d'un officier supérieur qui gère les interventions des corps d'armée concernés.
- la coopérative doit disposer d'un budget assez conséquent pour acheter toutes les productions, d'avoir ses techniciens pour le conditionnement, et la présentation des produits dans les marchés régionaux et ainsi réguler d'une façon directe sans la surenchère des intermédiaires et des spéculateurs qui sont de véritables parasites sociaux, les prix.
- Pour le cheptel, les poissons des régions côtières, le lait et toute sorte de produits du secteur alimentaire, nous devons agir sur le même principe pour éradiquer un temps soi peu la spéculation et établir des stocks stratégiques.
A cela nous devons pour chaque région militaire créer des centres de formations techniques pour les engagés, les appelés et les civils et dans tous les domaines, celui de la mécanique, des technologies, des industries vertes, de l'énergie solaire, électrique, hydraulique et nucléaire, dans le domaines de la santé avec des infirmier(e)s et des médecins pour occuper d'une façon rationnelle tout le territoire tunisien, ceux des appelés qui désirent rester dans ces unités de production et selon leur compétence doivent être pris en charge, ce facteur humain sera le fondement essentiel de notre planification, car investir le marché de l’emploi efficacement et méthodiquement, résout d'une façon empirique et drastique les problèmes les plus dramatiques du pays et prévient la plus part des conflits et les dérives sociales de notre nation. Le pain, la liberté, la dignité, la citoyenneté tiennent de la sécurité des personnes, et la première des sécurités est l’emploi.
Ces unités civiles et militaires tiendront du volontarisme et de la coopérativité choisie dans tous les domaines, et en priorité dans les domaines de l'éducation, la culture et la vie sociale. Chaque membre de cette unité fait partie d'un ensemble qui est plus large que sa propre famille par ses références patriotiques qui en fin de compte, se mobilise et fonctionne pour le bien-être collectif.
Ces unités fonctionneront selon le principe que tous les bénéfices générés par elles et ses membres seront mis au service de la région pour dégager l’État de son endettement général. Ces revenus serviront au fonctionnement de la région, à faire des investissements et à assurer un salaire à tous les membres de l'unité, responsables les uns envers les autres, d'où la nécessité d'une gestion militaire des richesses de tout ce qui appartient à l'Etat et qui est mis à la disposition de la région en ses secteurs publics et privés. Cette planification est régie par un système de démocratie participative directe dans laquelle chaque individu a le pouvoir d'influencer directement sur les questions touchant la communauté.
Dans ces unités régionales entièrement autonomes, le collectif ainsi que l'éthique du travail jouent un rôle majeur dans la participation à l'effort collectif.
24 Régiments (génie et infanterie) pour les 24 Gouvernorats.
Chaque régiment est chargé d'administrer les domaines de l'état de sa région, il doit disposer d'un hôpital militaire, avec un centre de formation pour le personnel médical, un centre de formation technologique, un garage moderne pour l'entretien des machines, un centre vétérinaire moderne, de recherche et de traitement, une compagnie de pompiers et de la protection civile, pour les régions côtières la gestion et la formation du personnel nécessaire à l'entretien des usines de dessalement qui devront être nombreuses, et de petites unités civiles de production d'énergie électrique hydraulique et nucléaire. Ces régiments doivent planifier et fournir une aide au secteur de la production privée agricole et environnementale en leur fournissant les machines nécessaires et en achetant leurs productions à un prix raisonnable pour éviter les intermédiaires et tuer dans l’œuf la spéculation, les productions des domaines de l'état qui sont à leurs charges serviront à équilibrer le marché intérieur et à nourrir les appelés et les populations démunies.
Nous devons exposer et clarifier les buts de cette planification et l’expliquer d’une façon basique pour avoir l’adhésion du plus grand nombre, car elle ne pourra être pérennisée que si la majorité des représentants du peuple tunisien y adhérent ; c’est un sacerdoce et un bouleversement en profondeur comme la Tunisie moderne n’en n’a jamais connu, et tout ce temps perdu depuis le départ du colonialisme français. Une mobilisation humaine et administrative d’une façon totale, ce faisant, on peut l’ inscrire pour son essentiel dans une moyenne durée, et pour son référentiel dans une longue durée, elle dépasse les limites d’une seule législature, et sa durée peut raisonnablement être celle d’une génération pionnière ; le travail le plus important qui se présente à nous est du domaine psychique et psychologique, car il faudra habituer nos mentalités à la discipline, la rigueur, le volontarisme et le patriotisme désintéressé. Il faut comprendre qu’une planification d’une grande envergure doit reposer sur un volontarisme et un civisme à tout épreuve, elle ne doit obéir qu’à l’intérêt suprême de la nation tunisienne au-delà de tout esprit partisan ou curée idéologique, d’où la nécessité d’un contrôle citoyen et politique à tous ses niveaux.
A partir de là, le législateur est dans l’obligation d’exprimer ses intentions et les buts poursuivis ; clairement, dans la transparence ; il doit définir avec rigueur sa finalité et ses ambitions dans le processus mis en place. Les politiques et les experts choisis pour ce faire doivent présenter une analyse pointue à chaque étape et à chaque fonction de l'environnement socio-économique dans sa progression, consistant à déterminer les éléments clés du contexte dans lequel opéreront les institutions appelés à prendre en charge cette planification; il faut déterminer aussi une évaluation constitutionnelle servant à définir les points forts et les faiblesses de ces institutions pour définir efficacement leur complémentarité et les priorités qui engagent l’ensemble du processus.
Notre stratégie doit être mise en branle sur la base des résultats de ces analyses, qui devront seulement se fonder sur les points forts des institutions concernées, et déterminer les domaines clés nécessitant des améliorations, de façon à permettre aux institutions de mieux servir le projet de planification commun et d'atteindre l’objectif d’une rentabilité matérielle et intellectuelle à moyen ou long terme.
-Etablissement et exposition de la mission de chaque institution et de ses objectifs.
La mission de chaque institution partie prenante de cette œuvre de planification se compose de ses principes directeurs, de sa singularité, et de son orientation générale. Une déclaration d'objectifs organisationnels ; ces objectifs reflètent la façon dont l'institution souhaite mener à bien sa mission selon ses possibilités humaines et techniques. L'objet de ce ministère régalien de la planification est en premier lieu la coordination rationnelle et rigoureuse des institutions mises à sa disposition pour mener une activité pérenne et rentable au service du développement socio-économique des tunisiens, en leur permettant de participer à des activités génératrices de revenus et en leur offrant l'accès aux centres de suggestions et de décisions.
Cette planification est avant tout être, pour la légitimité et la transparence, une planification politique, cela veut dire un instrument stratégique de la gestion publique. Elle doit être par essence et dans l’absolu à la fois vigie, pilotage et coordination. Elle doit aussi à la base, fondamentalement offrir un moyen d’identifier et de résoudre les problèmes qui se posent dans les corrélations complexes qui surviennent au fur et à mesure dans la société tunisienne. Cette planification et la législature, ainsi que le plan de financement intégré à cette stratégie et cette idée générale sont les principaux instruments d’une politique de redressement et de valorisation nationale politique à moyen terme. Les objectifs, les mesures et les ressources doivent être définis à l’échelon stratégique pour une période d’au moins cinq ans. Le plan directeur, doit porté sur une période de dix ans, et lui aussi il doit être considéré comme un outil essentiel de la planification politique.
Les intervenants dans le cadre de cette planification devront adosser le futur schéma de cohérence territoriale à une charte d'objectifs précis
-Mettre en place une organisation territoriale structurée autour de villages densifiés permettant la maîtrise du développement ainsi qu'une utilisation économe de l'espace, la campagne tunisienne sera un des éléments essentiels, sinon l’élément le plus important du redressement économique du pays, dans un premier temps son objectif sera la suffisance alimentaire, et dans un second temps viser les marchés de l’exportation avec des produits de qualité
-Permettre un développement raisonné des communes à un rythme compatible avec leur capacité d'assimilation, en particulier sur le plan démographique, d’où l’importance d’une décentralisation totale des moyens de formation et de production et même du pouvoir politique sans qui rien ne sera efficace. Les moyens de transports doivent être importants, les écoles, les hôpitaux, les universités et les administrations devront être accessibles et à proximité
-Répondre aux besoins de la population actuelle et future en matière d'équipements collectifs et de services publics, travailler sur les infrastructures et améliorer en tout point de vue les grands et petits axes de circulation, les routes, le chemin de fer et les aéroports
-Poursuivre la politique de gestion et de valorisation des espaces naturels, miser sur les industries verts, l’écologie et l’environnement demandeuse d’une main d’œuvre spécialisée et nombreuse et productrices de biens, qui seront fixer la population et les capacités à leurs lieues affectifs
-Affirmer la vocation économique, sociale et culturelle de l'agriculture, et des industries vertes, non polluantes et productrices de plus-values
-Encourager le développement du tourisme de proximité, convivial et à visage humain, comme les maisons d’hôte, les campings et le logement chez l’habitant.
-Développer une activité économique équilibrée, créatrice d'emplois, permettant de limiter les déplacements pendulaires entre les grands centres. Ces déplacements doivent être à la charge des autorités publiques, quand ils sont indispensables
-Afficher une priorité, pour les relations avec l'agglomération, aux transports collectifs, surtout les transports publics et scolaires, et mettre en place des modes de transport innovants afin de mieux desservir le territoire régional.
-Valoriser l'identité de chaque région par ses productions et la positionner en partenaire reconnu par rapport aux territoires périphériques, l’état et les opérations internationales des jumelages entre les villes pour augmenter les échanges sous toutes leurs formes, le monde est désormais un village, la petite Tunisie peut tirer son épingle du jeu par la joie de vivre, l’esprit d’initiative et le sens de l’histoire de son peuple, mais aussi par la qualité de ses produits et de ses services, la biodiversité de nos régions sont un atout économique majeur.
Cette planification doit exprimer dans toute la Tunisie un choix original d’équilibre total, entre le "tout urbain" et le "tout rural", afin que le tunisien puisse vivre et habiter le territoire de la manière la plus complète et la plus harmonieuse possible.
-Travailler au développement de l'emploi sur place, et renforcer l'organisation du territoire.

DE LA PLANIFICATION
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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 09:37

FATMA
Le 26 janvier 2014 23h la TUNISIE vient de se doter de la deuxième constitution de son histoire, une Tunisie démocratique, née d’une révolution pacifique, cernée de saboteurs et d’hostiles systèmes de la prédation vient pour la seconde fois d’être un exemple pour le monde libre réduit à sa peau de chagrin. Je suis né avec l’indépendance, je suis de cette génération et pendant plus de 50 ans je n’ai connu que la dictature, le népotisme et l’arbitraire, FATMA mon unique et grand amour m’a mis au monde biologiquement et elle s’est confondue avec ma TUNISIE idéale, cette TUNISIE que je retrouve en mes frères de lutte. Pour nous et pour ceux qu’on aime, le combat continu. Je ne te parlerais plus dans ma solitude, ma FATMA, plus dans ma tristesse et dans ma longue nuit crépusculaire, je n'ai plus peur , je ne suis plus un orphelin mon bel et incroyable amour.
Ma Fatma tu es ma république au goût du lait maternel, tu me nourris, tu m'as toujours nourris, en exil, partout dans l’Être et l’Avoir, dans le souffle, tu es ma terre nourricière de tous les sens du mot, dans les mouroirs criminels de tes violeurs, ou dans les fastes solitudes de ce terrible occident (oxydant) où les valeurs se perdent peu à peu.
Tes principes fondamentaux sont énoncés dans ton acte de naissance, ma toute à moi, Liberté, Fraternité, Solidarité, Justice, Devoir, Dignité, ils se traduisent par des droits intangibles, à la fois politiques et sociaux, qui ont été reconnus aux citoyens par les exigences et différentes valeurs humanistes de tous ceux des tunisiens qui ont résisté à l'horreur, les vivants, les morts, et mêmes les autres ceux qui se sont terrés, parce que la terreur, la violence.
Bref par la majorité des tunisiens, pas par les collaborateurs de la dictature et ses sicaires et ses miliciens, ses ministres et Hommes de paille depuis 1956, ces gens là ont été formaté dans les forges de la dictature ma Fatma, pleutres et lâches, aujourd'hui, ils parlent encore en ton nom, mais ton peuple saura nettoyer les écuries d'Augias, justice sera rendu, pas de vengeance bestiale, mais l'application de l’État de droit.
Tu as fait de nous, les démocrates de toutes tendances, la grande majorité des tunisiens, de tous mouvements, de tous courants, tu as fait de nous depuis l'aube du temps, un peuple, un peuple architecte, oui, oui je sais, nous fûmes aussi, pour beaucoup d'entre nous, un peuple maton de sa propre dégénérescence; oui, oui, Fatma mon amour, en ce après janvier accouché, il n'est pas le fruit du hasard, de tant et tant de luttes et de sacrifices, qui peut oublier tous ceux qui avaient donné leur jeunesse et leur vie pour toi, depuis plus de 50 ans, ceux du bassin minier aussi, surtout?? Oui Fatma, Qui? L'ingratitude et le mensonge sont la seule raison d'être des thuriféraires, de la prébende, des opportunistes, des usurpateurs, des imposteurs et des résistants de la 25ème heure, oui Fatma, mon amour de l'immense et de la servitude, mon amour de la grandeur et de la bassesse humaine, sans le savoir, sans le savoir, ils t'ont marqué au fer rouge de leur infamie, à travers nous, mon amour, toi aussi, maintenant, tu retrouves ton humanité, aussi, je ne peux qu'aimer infiniment, tous ceux à qui j'ai dit "je t'aime"; et dans cette salope de vie de leur oratoire insipide de la régulation, à tout moment je croyais en toi, toujours j'ai compris que tout est possible, puisque je t'aime, puisque je ne veux que Toi, que grâce à cet amour aveugle, le pire peut-être le meilleur, et que rien, absolument rien pour le genre, ne pourra justifier le désespoir et le renoncement.
Fatma mon aimée, cela fait des mois et des murmures qu’une poignée des miens, des tiens s'est sacrifiée, cela fait plus de 60 ans que l'immense F.Hached s'est fait assassiner par la "main rouge" la maffia du colonialisme français, cela fait tout ce temps à nous imparti, que les braves de la Tunisie avaient vomi le crépuscule des monstres et des lâches, sonné le tocsin de toutes les putes vérolées de trouille, de peur, les tubes digestifs; cela fait tout ce temps et même avant de naître que je t'aime et que je pisse à la raie de l'ignorance, tout ce temps que je fais la nique à Satan, la quille pour de bon de la bêtise humaine; oui tous tes amants, ici ou dans l'au delà ont survécu à la crapule mégalomane du "traître suprême", qu'ils disaient combattant suprême; et en ce janvier 2014 béni, exit la mauviette mauve, gominée comme un travelo brésilien, avec un goût de chiottes et sa Lucrece Borgia, oui Fatma, en ces jours pour la première fois de ma longue et belle vie, j'ai peur de m'endormir et de ne plus me réveiller; j'ai peur de la mort et de la déchéance; oui ma Fatma, je ne voudrais pas te laisser seule, du moins pas encore, les charognards sont tapis dans le ventre de la bête immonde et elle bouge encore; pas encore, je ne voudrais pas te laisser seule, ni toi ni ceux que j'aime et ils sont des millions, je voudrais marier mes petits enfants, mes nièces et mes neveux, la joie en ma Tunisie à l'éternité des aubes et des aurores, dans ton ordre de l'honneur et de la liberté, dans une vraie vie où chaque soupir pèse de son poids d'émerveillement; jouir de toi, de ma terre et de ma Tunisie, je ne voudrais pas mourir avant de revoir toutes nos régions, nos plaines et nos vallées revenir à la vie, la vraie, celle de l'insouciance et de la bonté, celle des choses simples et du pain béni .Je ne dors plus, je ne fume plus, je ne bois plus, et pas d'artifices, je mange à peine, je vole la quiétude de mes enfants et des tiens aux miens semblables, je marche des heures et des jours et des fièvres dans tes artères, je baise le sourire de tes femmes, je souris comme un demeuré, je crie comme un possédé, surtout ton nom, surtout l'invisible, et je veille, ce n'est plus du bonheur, et cela tient de la psychiatrie, encore heureux que je ne me contrôle plus, autrement j'aurais l'impression de te trahir, je suis fort de toi ma Fatma, et mon vieux corps, malgré tout, et les tenailles du bourreau surtout, mon corps est gracieux, je suis beau, en ton sein, de tout, de tout ton amour diffus sur atmosphère et les hémisphères.

La Tunisie est une République indivisible, arabo-musulmane, démocratique et sociale. Behi ?
Seul le silence et l'action sont grands, tout le reste est faiblesse. Béhi ?
Oui Fatma tu es indivisible aucune partie du peuple, ni aucun individu, ne peut s’attribuer l’exercice de TA souveraineté nationale. Seul les Tunisiens exerceront cette souveraineté par la voix de ses représentants, ton unité et ton indivisibilité garantiront une application uniforme du droit sur l’ensemble du territoire national.

Ta démocratie Fatma implique le respect des libertés fondamentales et la désignation des différents pouvoirs au suffrage universel, le droit de vote accordé à tous les citoyens majeurs, (ouvert à tous les citoyens majeurs), égal (chaque électeur dispose d’une voix) et secret (chacun vote librement à l’abri de toute pression), et le civisme et la pédagogie citoyenne, la responsabilité citoyenne enseignée dés le biberon.
Enfin, Ton caractère social de la République résulte de l’affirmation du principe d’égalité. Il s’agit de contribuer à la cohésion sociale et de favoriser l’amélioration de la condition des plus démunis, naturellement dans notre civilisation arabo-musulmane, galvaudée par les traîtres, nous avons toute cette éthique, ces qualités et ces traits de caractère.
En ton sein la tempérance doit lier sagesse et courage, oui cette tempérance qui comme dit le proverbe arabe, cette tempérance est un arbre qui a pour racine le contentement de peu, et pour fruits le calme et la paix. La justice, car c'est bien elle, et elle seule, le socle de toute démocratie, confère à la tempérance, le courage et la sagesse, la capacité de se produire et garantit la sauvegarde de leur existence ; la justice dans l’individu est comparable à la justice dans un État oui, entre un homme juste et un état juste, il n’y aura aucune différence par-rapport à la forme elle-même de la justice, d'où la nécessité de l'engagement des Hommes tunisiens justes.

FATMA
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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 09:33

De la culture
La culture tunisienne devra être populaire dans le bon sens du mot, sans caricature ni à priori, elle devra représenter une forme de culture dont la principale caractéristique est d'être produite et appréciée par le plus grand nombre de tunisien, à l'opposé de cette fausse culture élitiste qui se veut avant-gardiste, mais qui est aliénée et qui historiquement et socialement déficitaire, elle qui ne touche qu'une partie de tunisiens soumis à toute forme de prébende et qui dans la plus part des cas produisait de voyageurs de commerce, les alimentaires au fait du prince
On ne doit pas confondre la culture populaire authentique avec la culture médiatique qui tient généralement du mercenariat et de la propagande.
Le propre de notre culture tunisienne devra être accessible à tous et, ne pas priver pour autant de références plus ou moins explicites à de nombreuses autres œuvres (courant dans les émissions et séries télévisées, par exemple), et demeurer compréhensible et appréciable à plusieurs niveaux, sans exiger nécessairement de connaissances culturelles approfondies au préalable.
La culture tunisienne sera démocratique ou la démocratie ne sera pas, et démocratique, elle ne pourra qu'être populaire, c'est à dire capable de toucher tout le monde à l'exception de ceux qui en font un rejet sectaire, les aliénés, les thuriféraires, les conservateurs de l'ancien ordre élitiste établi à coups d'injonctions, d'interdit et de coup de matraques, dorénavant notre culture libérée ne se définira plus en fonction de la culture officielle (celle des élites courtisans et des dirigeants illégitimes) mais grâce aux différentes productions culturelles reconnues et aux mœurs ancestrales ou nouvelles reconnues librement par les tunisiens.
Notre culture sera un levier nécessaire et indispensable à la lutte des jeunes, des femmes et des travailleurs de tous le pays, pour rendre la démocratie évidente pour tous les tunisiens et pour la mener jusqu'à son terme. Le feu de la culture pour tous, accessible qui aidera les tunisiens à être forts, à avoir confiance en eux, à avoir conscience qu'ils forment une nation historique porteuse de valeurs, d'espoirs et progrès pour tout son espace de vie et de pensée et pour toute l'humanité comme naguère, du temps de notre apogée.
Ces cinquante ans de notre vécu de tunisiens opprimés par une dictature absurde, l'évolution sociale et les progrès technologiques universels ont apporté des éléments de culture importants et inédits à des centaines de millions de citoyens libres dans le monde, cela s'est opéré au travers des contradictions terribles dominées par le pouvoir de l'argent. Ce pouvoir détériore et pétrifie les relations humaines de même qu'il dessèche la culture et limite sa diffusion, nous avons la chance d'être un pays "neuf" avec de grandes potentialités humaines, ce qui nous permettra de nous reconstruire sur du solide, notre destin est entre nos mains.
Les obstacles pour la majeure partie de la population pour accéder aux formes de culture les plus toniques et les plus enthousiasmantes étaient avant tout sociaux et politiques. Il y avait le temps qui manquait après avoir fait face à toutes les difficultés de la vie, la précarité, la terreur imposés par la dictature qui avait fait de la créativité, de la convivialité donc de la liberté son principal et mortel ennemi. Aujourd'hui, grâce à la démocratisation de notre pays ces obstacles mortifères sont contrebalancé par l’émergence et l'existence de mouvements de jeunes, de femmes, de travailleurs ou de chômeurs mettant suffisamment l'accent sur l'importance de la culture dans la lutte pour l'émancipation de tous. Le patrimoine du mouvement oppositionnel et démocratique de plus de cinquante ans de lutte contre la dictature, ses idées, ses combats, la vie de ses militants s'est en grande partie imposée à notre mémoire collective. Se réapproprier ce patrimoine nous est vital.
Ces aliments culturels qui nous manquaient, il va donc falloir nous en emparer, les chercher, les assimiler selon nos besoins et en accord avec nos aspirations personnelles et collectives.
Le lien entre notre culture et notre révolution devra s'affirmer d'une façon drastique et même radicale pour participer pleinement à l'édification d'une démocratie qui porte en elle l'authenticité et les singularités du peuple tunisien.
A la culture stérilisée, lobotomisée et conditionnée qui nous a été imposé par ce totalitarisme post -colonialisme incomplète et malaisée, à cette culture pauvre, hypocrite, déshonorée, instable et précaire, il faudra travailler d avec passion à partir de l'héritage du passé, cet l'héritage encore vivant, pour en prendre possession réelle et le revivifier. Il le faut pour maintenir et élever la dignité tunisienne, qui ne peut se priver de culture pour retrouver ainsi notre humanité profonde, la révolution tunisienne est humaine, elle ne pourra être qu'enracinée dans la culture. Il nous faut croire plus que jamais à la nécessité de la culture, à la nécessité de son organisation, à la nécessité de la culture pour l'organisation sociale économique et politique.
La culture démocratique idéale, que pédagogiquement nous devons transmettre d’une façon militante aux futures générations tunisiennes, c'est que chaque tunisien devra être animé et doté de suffisamment de raison pour se gouverner, quant à ses propres affaires, quant à sa manière de vivre, quant aux choix vitaux qui l’engagent vis-à-vis des autres et de la nation, oui cultiver la notion de responsabilité d’où découlera la morale publique et républicaine. Si chacun est doté de cette raison démocratique, alors nul ne peut indiquer à autrui, quelle doit être sa manière de se comporter, cela devra couler de source, et ce n’est pas de l’utopie, les pays scandinaves par exemple, identiques démographiquement à la Tunisie et n’ayant pas son illustre Histoire, descendants d’une société Viking, barbare et violente en est un magnifique exemple du vivre ensemble et du progrès. Dans notre pays nous devrons agir toujours dans la méritocratie, la seule inégalité qui se justifiera sera une inégalité de type technique, une inégalité qui se justifiera par une tâche à accomplir, par une fonction à faire. Dans notre société démocratique à pérenniser, le « supérieur », le méritant sera tenu de montrer le bon exemple, en exerçant exercer sa fonction précise.
Notre culture doit être à la base de toutes nos actions, elle doit être le fondement de notre jeune démocratie, elle doit être, contrairement à la médiocrité du passé, un mouvement social vers des connaissances artistiques, de créations culturelles qui puisent dans les réalités tunisiennes et participer d’une façon ouverte, tolérante et singulière au mouvement universel, garder son âme et participer aux idées pour s’accomplir et accomplir le destin des tunisiens qui, avec la révolution, sortent d’un isolement forcé, une réclusion barbare qui a failli détruire la Tunisie. Elle doit tendre et prétendre à un système d’éducation, un mode de vie social et de pensée, un style de comportement, traduit par des actes de consommation responsable, des codes de reconnaissance sociale, comme l’explique Ibn Khaldoun, sans aucune autre entrave que le respect du vivre ensemble, et du respect critique du travail de créativité accompli, il suffit! de cette dictature de la pensée unique, de ce terrorisme intellectuel des lobbys mafieux qui malheureusement sévissent encore après la révolution tunisienne, sur tous les moyens de communication et de diffusion, un monopole de fait sans aucune forme de compétitivité et de prise de risque pour séparer le bon grain de l'ivraie, où les mêmes intervenants qui sous la dictature faisaient la pluie et le bon temps ou pis, l'exposition de pâle figurants qui débitent le conformisme, les plagiats et la suffisance, à défaut d'avoir du talent, ils ont des parrains crapuleux, ils sont instrumentalisés par des marionnettistes qui depuis plus de 50 ans persiflent des horreurs aliénés qui défigurent incontestablement l'identité tunisienne.
La culture tunisienne doit être radicalement de masse pour être vraiment démocratique et évolutive, dans le sens où elle doit concerner l’ensemble de la société tunisienne, et accessible globalement, au-delà des classes sociales, pour cela, c'est le rôle de l'état de multiplier les festivals, les lieues de rencontre, les théâtres, les cinéma, les galeries d'exposition, les formations techniques accessibles au plus grand nombre et dans toutes les régions tunisiennes, afin de ne laisser personne au bord de la route.
La diffusion de notre culture devra répondre à des critères de production et de rendement, mais aussi d’éducation, de civisme et de liberté. Elle doit viser le bien être, le plaisir, s'impliquer pleinement et se revitaliser par le désir de la société tunisienne, ce qui la conceptualise sur le plan commercial, car la quantité quand elle est authentique et vraie n’offense en rien la qualité.
La culture tunisienne devra s’adresser à tous les tunisiens et à chacun en même temps, elle devra viser le plus grand nombre tout en s’adressant à l’individu dans ce qu’il a de plus spécifique.

De la culture
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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 20:50

JAN

29

En défense de FARIDA BELGHOUL, cible d’un LYNCHAGE MEDIATIQUE pour avoir défendu les VALEURS DE L’ENFANCE dans le scandale de la PROPAGANDE SEXUELLE A L’ECOLE, écoutons la grande voix de l’ancienne otage FLORENCE AUBENAS, meilleure journaliste de FRANCE




Revenue plus forte, et, osons-le, plus belle encore, de deux terribles épreuves qui auraient pu mutiler sa vie pour toujours, dont une prise d’otage par la résistance Irakienne suivie d’un détention cruelle, incarnation vivante, donc, de l’aphorisme Nietzschéen prisé du capitaine Barril, “Ce qui ne me tue pas me rend plus fort”, Florence Aubenas, rescapée aussi d’une expérience on ne peut plus formatrice au desk société Info Géné de Libération, en compagnie de Dominique Conil, Michel Henry, et du pauvre François Bonnet, qui allait mal tourner, vient de faire une incursion éclatante dans le difficile dossier du mouvement des “retraits d’école” animé par la courageuse Farida Belghoul – cible principale, aujourd’hui,



d’un sordide lynchage médiatique dans les colonnes même du petit journal du soir où Florence publie le texte –ci-dessous – encore accessible à cet instant pour 2 euros dans la version papier mais retiré de l’accès gratuit au site lemonde.fr quelques secondes après que L’ESPOIR, bien inspiré, et fort de la même rigueur que celle du desk société pré-cité, ça ne surprendra pas ceux qui savent, l’y eut subtilisé.

Au début, écrit, donc, FLORENCE, les gens se retournaient sur Alix quand elle venait distribuer des tracts au marché d'Asnières (Hauts-de-Seine). Alix est « une mère au foyer classique » – c'est elle qui le dit : cinq enfants, un mari dans l'industrie, des cours de catéchisme. Au premier abord, rien à voir avec les HLM des cités du nord de Paris, tout autour. Et rien à voir non plus avec les jeunes gens qui tractent à côté d'elle, Lotfi, par exemple, né et grandi là, aujourd'hui ingénieur en informatique. « Savez-vous que dans les écoles, on présente des pratiques sexuelles à vos enfants sous couvert de lutte contre l'homophobie ? », dit Alix, pour aborder les familles.

Sur le marché, comme aux réunions de quartier sur le même sujet, des parents se bousculent. On écoute. Contrairement aux tracts pour les municipales, celui-là est gardé avec soin. Un homme s'énerve : « Hors de question d'aller au boulot en laissant mon fils à l'école comme à l'abattoir. » Un autre : « Nos gamins vont être déstructurés, je vais devenir fou. »

Une panique commence à monter, tangible. A chaque fois, c'est pareil depuis que l'association locale Touche pas à nos gosses s'est lancée à Asnières, voila trois mois. Lundi 27 janvier, elle a vidé quatre des établissements de la ville, tous dans les quartiers populaires, de 30 % d'élèves en moyenne en relayant le mot d'ordre de la Journée de retrait de l'école.

A Asnières, Lotfi est un des initiateurs du mouvement, après être « tombé » sur un film d'animation, racontant une histoire d'amour entre deux poissons du même sexe. « Pourquoi l'éducation nationale montre ça à nos enfants ? Il faut au moins attendre le collège. » On est à l'époque des manifestations contre le mariage pour tous.

Ce courant compte une déléguée à Asnières, mais au sud, dans le « quartier chic ». Lotfi imagine une maison « avec des tableaux du XVIIe, comme dans les films », redoute une assemblée « à la droite de la droite ». Quand il se décide à y aller, il trouve « les canapés tout simples et la télé petite ». C'est chez Alix. Lotfi fait sensation en parlant de « l'école de la République qui met les enfants en danger ».

Alix et Lotfi commencent à compiler des documents trouvés sur Internet, comme sur Ligne Azur, site contre l'homophobie relayé par l'Education nationale, où un dénommé Rachid témoigne s'être « touché avec un moniteur en colo » et avoir aimé ça.

« Au début, je ne voulais pas le croire », dit Zouhair, 39 ans. Lui, c'est une figure d'Asnières, connu pour des actions comme un procès gagné contre les HLM pour des charges excessives. Zouhair part à son tour dans les méandres d'Internet. « Dès le début, on a viré ceux qui parlaient de francs-maçons ou de complots : nous, on veut des explications sur les programmes, c'est tout », dit-il. « Il est possible qu'on se trompe, mais l'école n'a jamais organisé de réunion. On s'est tout de suite fait traiter d'intégristes ou de fachos. Fin du débat public. »

Au-delà des quartiers nord et sud, on se découvre soudain ce sentiment commun de se faire sans cesse ridiculiser, voire maltraiter, par les institutions et les médias. Alix se trouve bien mieux reçue dans le quartier nord que « chez les bobos, qui nous méprisent ».

Le jour du retrait de l'école, certains enseignants d'Asnières tiennent les parents au courant de la mobilisation, « mais en cachette, sans oser dire qu'ils sont avec nous », triomphe une mère de famille. A l'académie de Versailles, une consigne a été envoyée aux inspecteurs, recommandant « d'appeler la police » en cas de démarche de parents sur la voie publique.

Tout cela, continue Florence Aubenas, soude encore un peu plus les « pro-retraits » dans une défiance générale contre le système scolaire.

Elle vient de loin, selon Lotfi, profondément ancrée dans chaque famille. Lui se souvient de son collège du quartier nord, le même que celui de son petit frère aujourd'hui, où la majorité des élèves sont systématiquement orientés vers le technique – mécanique ou électronique pour les garçons, action sanitaire ou vente pour les fil
les. « L'école prétend lutter contre les stéréotypes en apprenant aux gamins à jouer avec des poupées alors qu'elle est la première à fabriquer ces discriminations sexistes ou sociales », s'amuse Lotfi.

Le lendemain du retrait, les parents ont appelé l'association pour dire leur crainte « d'être punis » par l'école. Zouhair explique que la plupart n'ont pas les moyens d'aller dans le privé. Des projets de cours collectifs à la maison sont de plus en plus sérieusement envisagés.”

De par ses grandes qualités de journaliste de gauche indépendante et progressiste, douée pour l’enquête autant que pour l’écriture, combinées à un dynamisme rieur et un entrain communicatif, sans même évoquer sa terrible expérience professionnelle en Irak, Florence Aubenas est intouchable.

C’est sans doute ce qui explique l’incroyable carence du service de censure de la police politique du Monde, qui a laissé passer cet article digne de publication dans L’ESPOIR, d’ailleurs, maintenant, il y est – alors que les pages sur le sujet sont consacrées à une pieuse défense du Ministère de l’Education nationale (et de la dépravation de l’enfance NDLR L’ESPOIR). Même si on peut y lire, tout de même, que le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon”, dans ses efforts besogneux pour « rassurer tous les parents » (que par ailleurs il menace de sanctions... déclare: « Ce que nous faisons, ce n'est pas la théorie du genre – je la refuse ». Une “prétendue théorie du genre” qui, selon le même ministre, et le même journal, n’existe pas, et n’est qu’une invention de propagande...

« Sous couvert de lutter contre l'homophobie et pour l'égalité des sexes, se diffuse une propagande pour l'idéologie du genre et pour l'homosexualité », déclare, recentrant les débats sur l’essentiel, l’imam du sud de la France Abdallah Dliouah.

Rappelons en effet que n’est nullement en cause le juste combat pour l’égalité femmes-hommes, combat pour l’égalité des droits et pas pour la construction, fantasmatique, d’une même identité.

Et que personne ici ne conteste la liberté, pour chaque être humain en possession de ses pleines capacités d’être humain, donc sorti de la période d’apprentissage fragile de l’enfance et de l’adolescence, de mener sa vie comme il l’entend, avec les partenaires de son choix, quelle que soit leur propre orientation sexuelle et la sienne.

Il s’agit de combattre une campagne menée au nom de la “morale”, selon les termes même du responsable d’une administration publique financée par l’impôt qui recommandait encore il y a peu de temps, avant de le faire effacer dans la hâte et la honte, la consultation d’un site d’ “éducation” des jeunes garçons faisant l’apologie de pratiques de “touche pipi” avec leurs moniteurs de colo tombant clairement sous le coup de la législation de protection des jeunes contre les manipulations pédophiles venues de personnes en charge de leur sauvegarde.

Cette campagne d’Etat, soyons encore plus clairs, ne défend nullement “les homos” -minorité tout aussi respectable dans ses droits qu’une écrasante majorité de gens ouverts à l’amour de l’autre, y compris quand il est de l’autre sexe.

Cette campagne est particulièrement vicieuse et insidieuse quand, s’en prenant à une militante des luttes d’immigrés comme Farida Belghoul, elle tente de la salir et de la marginaliser en l’assimilant au combat d’une extrême-droite homophobe, raciste,dont l’un des principaux protagonistes, caricature d’homosexuel refoulé jouant les gros virils à gros muscles et crâne rasé, qui voit des juifs partout, et la main juive partout, proclame en fait ainsi “JE SUIS PARTOUT” - puisque, fils de mère juive lui-même, selon ses dires, il est donc, dans sa propre fantasmagorie raciale, juif. Mais juif hanté par une haine de soi raciste relevant, comme sa haine homophobe, de la psychanalyse ou plutôt de la psychi
atrie.

jpcruse

THÉORIE DU GENRE
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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 16:38

Tunisie : L’adoption de la nouvelle constitution marque une journée historique

Tunis, 28 janvier 2014

L’Organisation Mondiale Contre la Torture félicite tous les intervenants et protagonistes qui par leurs apports et concessions ont permis d’arriver à l’adoption de la nouvelle Constitution, le 26 janvier 2014. Ainsi, la Tunisie franchit une étape historique et un cap important dans la transition démocratique.

« Que cet édifice, construit par les tunisiens et les tunisiennes, toutes générations et toutes tendances confondues, soit le garant d’un avenir prometteur pour ce pays qui est en train de tracer un chemin vers la démocratie participative et citoyenne. Le texte de la constitution reflète le large consensus qui prévaut dans la société qui affirme que nulle circonstance ne peut plus jamais justifier la torture », estime Gabriele Reiter, Directrice du bureau de l’OMCT à Tunis.

Ce texte suprême qui inclut la protection des droits, des libertés et des principes universels des droits de l’homme, y inclut la prohibition absolue de la torture, a fait l’objet, après de laborieuses discussions, d’un très large consensus. L’OMCT salue notamment la confirmation de l’imprescriptibilité du crime de torture comme élément important dans la lutte contre l’impunité.

Malgré les dispositions de l’article 22 de la Constitution qui autorise des exceptions légales au droit sacré à la vie, l’OMCT encourage les autorités tunisiennes à continuer son moratoire sur l’application de la peine de mort en vue de son abolition.

« Une constitution est un instrument vivant. Elle va être jugée par sa mise en oeuvre », ajoute Gabriele Reiter. L’OMCT s’engage à soutenir les efforts de la Tunisie vers la mise en œuvre d’instruments qui permettront de résorber les injustices du passé, de remédier aux actuels dysfonctionnements notamment dans le traitement des cas de victimes de torture et d’établir un état de droit respectueux de la dignité humaine et dans lequel règne la confiance dans les institutions publiques.

Contact de presse : Halim Meddeb, hm@omct.org, +216 23 660 689

Tunisia: The adoption of the new constitution marks an historic day

Tunis, 28 January 2014

The World Organisation Against Torture congratulates all stakeholders who, by their contributions and concessions, brought about the adoption of the new constitution on 26th January 2014. Thereby, Tunisia marked an historic moment and an important milestone in her democratic transition.

"This achievement that all generations and all tendencies of society have contributed to, is the warranty for Tunisia’s promising future for forging a path towards a participatory democracy. The text of the constitution reflects the broad consensus within society that no circumstances can ever justify torture," said Gabriele Reiter, Director of the OMCT Office in Tunis.

This supreme text, that includes the protection of rights, freedoms and universal principles of human rights, including the absolute prohibition of torture, was passed by a large consensus after lengthy discussions. In particular OMCT welcomes the fact that crimes of torture are not subject to any statute of limitation as an important element in the fight against impunity.

Despite the provisions of Article 22 of the Constitution authorising legal exceptions to the sacred right to life, OMCT encourages the Tunisian authorities to continue their moratorium on the application of the death penalty with a view to its abolition.

“A constitution is a living instrument. It will be judged by its implementation," added Gabriele Reiter. OMCT is committed to supporting Tunisia's efforts to put in place instruments to reverse past injustice, to address current shortcomings, especially in the treatment of cases of torture victims, and to strengthen rule of law that respects human dignity and reinforces confidence in public institutions.

Press Contact: Halim Meddeb, hm@omct.org, +216 23 660 689

تونس

تثمن المنظمة العالمية لمناهضة التعذيب مجهودات و تنازلات كل الأطراف و المتداخلين من اجل المصادقة على الدستور الجديد يوم 26 جانفي 2014.

"هذا الهيكل الذي ساهم في تشييده كل التونسيين و التونسيات من كل الأجيال و التيارات من المنتظر أن يكون خير ضمانة لمستقبل واعد لهذا البلد الذي هو بصدد رسم طريقه نحو الديمقراطية التشاركية و المواطنة. نص الدستور يعكس مدى الوفاق الحاصل في المجتمع الذي يعتبر أنه لا تبرير للتعذيب مهما كانت الظروف", قالت غابريال رايتر , مديرة مكتب تونس للمنظمة العالمية لمناهضة التعذيب.

و بعد مناقشات مطولة تم التوافق على هذا النص الذي يحمي الحقوق و الحريات و يدمج المبادىء الكونية لحقوق الانسان و من يبنها منع كل أشكال التغذيب. ترحب المنظمة العالمية لمناهضة التعذيب تدوين عدم سقوط جريمة التعذيب بالتقادم في الدستور باعتبار هذا المعطى عنصرا هاما في مكافحة الفلات من العقاب.

على الرغم من أحكام المادة 22 من الدستور الذي يخول الاستثناءات القانونية لمبدىء قدسية الحق في الحياة , تشجع المنظمة العالمية لمناهضة التعذيب السلطات التونسية مواصلة وقف تنفيذ أحكام الاعدام تمهيدا لالغاء هذه العقوبة.

"الدستور هو أداة حية سيقع الحكم عليه عند تطبيق بنوده" , تضيف غبريال رايتر. تلتزم المنظمة العالمية لمناهضة التعذيب بدعم الجهود التي تبذلها تونس من أجل وضع اليات تطوي صفحة مظالم الماضي و تعالج أوجه القصور الحالية و من أهمها كيفية معالجة ملف ضحايا التعذيب. هذا التطرق سيسهم حتما في ارساء دولة قانون يحترم فيها كرامة الانسان و تكون فيها مؤسسات الدولة محل ثفة المواطن.

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 13:07

La nouvelle Constitution tunisienne marque une "étape historique"

Les écueils étaient et restent nombreux sur la voie, inexorablement sinueuse, de la transition politique, à la fois porteuse de grandes espérances mais aussi de craintes face à l’avenir (...)

Rome ne s’est pas construite en un jour, et il aura fallu près d’un siècle pour que la démocratie française triomphe de ses soubresauts tumultueux, alors comment, à la lueur des enseignements de la grande Histoire, ne pas se réjouir de la page historique que vient d’écrire la Tunisie en promulguant, dimanche, sa nouvelle Constitution, pierre angulaire de la construction de son présent et de son futur, à l’issue de trois années de tous les espoirs mais aussi de tous les dangers ?

Les écueils étaient et restent nombreux sur la voie, inexorablement sinueuse, de la transition politique, à la fois porteuse de grandes espérances mais aussi de craintes face à l’avenir, en l’occurrence de voir les prémices démocratiques confisqués par une nouvelle élite. Les attentes de la population n’en étaient que plus fébriles face aux immenses défis à relever, dont celui, prioritaire, du redressement économique du pays, comme le mettait en lumière, en mai 2012, l’enquête d’opinion réalisée conjointement par l’Institut Républicain International (IRI) et Elka Consulting, une société tunisienne spécialisée dans les études de marché.

Supplantant tous les autres sujets de préoccupation, l’emploi, cette denrée rare, était considéré comme essentiel pour 74% des tunisiens interrogés, devant la crise économique jugée alarmante pour 59% d’entre eux, la peur de la violence et de la délinquance, troisième source majeure d’inquiétude, n’habitant que 36% des sondés, même si par ailleurs elle s’en trouvait ravivée par rapport à 2011. Cette photographie précise de l’opinion faisait également ressortir la défiance accrue à l’égard de la Troïka alors au pouvoir pour 61% des personnes interrogées, lesquelles estimaient que leur pays se fourvoyait, soit une augmentation du taux de mécontentement de l'ordre de 31% en l’espace d’un an.

On mesure mieux dès lors tout le chemin législatif qui restait à parcourir, parsemé d’embûches et agité par des débats houleux, avant d’aboutir à ce dimanche 26 janvier 2014, où les drapeaux et des doigts en signe de victoire ont été brandis au sein de l’Assemblée constituante, pendant que l'hémicycle résonnait de l’hymne national, pour célébrer la signature du texte fondamental plébiscité, la veille, à une majorité écrasante des voix (200 pour, 12 contre et 4 abstentions).

Saluant "une victoire contre la dictature", Moncef Marzouki, le chef de l’Etat, fut le premier à parapher le texte, précédant en cela le Premier ministre sortant, Ali Larayedh, et le président de la Constituante, Mustapha Ben Jaafar, se réjouissant d’avoir gravé dans le marbre un texte qui consacre un exécutif bicéphale, accorde une place réduite à l’islam, et faits notables, introduit pour la première fois dans le monde arabe un objectif de parité homme-femme dans les assemblées élues et garantit la liberté de conscience.

Tout à sa joie qui l’a conduit à embrasser le document, Moncef Marzouki a néanmoins fait preuve de lucidité quant aux prochaines étapes à venir : "Le chemin est encore long. Il reste un grand travail à faire pour que les valeurs de notre Constitution fassent partie de notre culture", a-t-il souligné. "En cette journée, on célèbre la naissance d’un texte qui traduit la quintessence de nos douleurs et de nos espoirs. En cette journée, nous célébrons le parachèvement de notre victoire contre la dictature, et de notre victoire contre le terrorisme qui a voulu arrêté l’élan émancipateur incarné par notre constitution. C’est une victoire pour nous tous. Vive la démocratie, vive la Tunisie !", s’est-il exclamé, avant de scander : "Fidèles, fidèles au sang des martyrs de la révolution."

De son côté, Mustafaa Ben Jaafar a loué la dimension fédératrice de cette Constitution, dans laquelle "tous les Tunisiens et Tunisiennes se retrouvent, préservant nos acquis et jetant les fondements d’un Etat démocratique", tandis le secrétaire général des Nations Unis, Ban Ki-moon, adressait ses félicitations à la Tunisie, qualifiant l’élaboration de sa Constitution "d’étape historique" susceptible de servir de "modèle pour les autres peuples aspirant à des réformes".

Alors que les Tunisiens ne se berçaient guère d’illusions, en mai 2012, sur la capacité de leurs dirigeants à solutionner les vrais problèmes à court terme, à savoir le chômage, le niveau de vie, les réformes constitutionnelles et légales, la corruption, les disparités, la précarité…, comme le démontrait le sondage édifiant cité précédemment, les espoirs placés dans le gouvernement d’indépendants, fraîchement constitué et chapeauté par le ministre de l’Industrie sortant, Mehdi Jomaâ, n’en seront-ils que plus grands à présent.

"J’ai formé ma liste sur la base de trois critères : la compétence, l’indépendance et l’intégrité", a confié ce dernier, après avoir remis la liste des ministres au président Moncef Marzouki. Ce cabinet est "une équipe extraordinaire qui a conscience des défis", a-t-il ajouté, en reconnaissant l’extrême difficulté de la mission qui incombe à une équipe ministérielle apolitique, dont la feuille de route prévoit deux échéances cruciales en 2014 : les élections législatives et présidentielles.

Quelques articles phares parmi les 149 qui composent le texte fondateur de la nouvelle République de Tunisie, qui selon Moncef Marzouki établit "une relation sans précédent dans notre histoire ancienne et récente entre le peuple et son Etat, entre les citoyens eux-mêmes et entre eux et leur environnement proche et lointain."

Article 1 : « La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l'islam est sa religion, l'arabe sa langue et la république son régime. Il n'est pas permis d'amender cet article. »

Article 2 : « La Tunisie est un État à caractère civil, basé sur la citoyenneté, la volonté du peuple et la primauté du droit. Il n'est pas permis d'amender cet article. »

Article 6 : « L’État est gardien de la religion. Il garantit la liberté de croyance, de conscience et le libre exercice des cultes ; il est le garant de la neutralité des mosquées et lieux de culte par rapport à toute instrumentalisation partisane. L’État s’engage à diffuser les valeurs de modération et de tolérance, à protéger les sacrés et à interdire d’y porter atteinte, comme il s’engage à interdire les campagnes d’accusation d’apostasie et l’incitation à la haine et à la violence. Il s’engage également à s’y opposer. »

Article 31 : « Les libertés d’opinion, de pensée, d’expression, d’information et de publication sont garanties. Ces libertés ne sauraient être soumises à un contrôle préalable. »

Article 46. « L'État s'engage à protéger les droits acquis de la femme, les soutient et œuvre à les améliorer. L’État garantit l’égalité des chances entre la femme et l’homme pour assumer les différentes responsabilités et dans tous les domaines. L'État œuvre à réaliser la parité entre la femme et l'homme dans les conseils élus. L’État prend les mesures nécessaires afin d’éradiquer la violence contre la femme. »

Article 127 : « L'instance de la communication audiovisuelle est chargée de la régulation et du développement du secteur de l’information. Elle veille à garantir la liberté d’expression et d’information, le droit d’accès à l’information et l’instauration d’un paysage médiatique pluraliste et intègre. L'instance jouit d'un pouvoir réglementaire dans son domaine compétence et est obligatoirement consultée pour les projets de lois relatifs à son domaine de compétence. L’instance se compose de neuf membres indépendants, neutres, compétents, expérimentés et intègres qui effectuent leur mission pour un mandat unique de six ans avec renouvellement du tiers de ses membres tous les deux ans.
»

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 17:57

Un algérien espion du Mossad pour 1500 dollars par mois

La presse algérienne est revenue sur les propos du journaliste Said Sahnoune, espion pour le compte des services secrets israéliens “le Mossad”, qui a donné un entretien au quotidien espagnol El Pais.

Quelques extraits de l'article paru sur Algérie.com

Said Sahnoune a été recruté à Tel-Aviv en 1998 après avoir subi plusieurs tests avant d’être embauché par les services de renseignement israéliens. A ce propos, il a confié qu”ils m’ont soumis à de longs interrogatoires, avec des détecteurs de mensonge inclus, en ce qui concerne ma propre vie et motivations” avec cette question soulevée à maintes reprises : “Avez-vous été envoyé ici par un service étranger “.

"Sahnoune a passé tous les tests avec succès et a, finalement, été recruté par le Mossad. Mais ce n’est qu’après un essai de deux semaines à Tel-Aviv, qu’un chef du Mossad, Sami, s’était identifié en acceptant de dîner avec lui à Tel-Aviv."

"Le journaliste algérien affirme avoir posé certaines conditions à ses nouveaux employeurs, à savoir, ne pas travailler contre son pays et ne pas tuer quelqu’un, lesquelles conditions ont été acceptées."

En usant de sa qualité de journaliste, il espionnait pour le Mossad à Abidjan en Côte-d’Ivoire. Il était chargé de la surveillance de la colonie libanaise chiite en Afrique de l’Ouest. Sahnoune espionnait également en Tunisie, mais surtout au Liban après le retrait d’Israël du Sud du pays, qu’il occupait jusqu’en 2000.

Selon le journaliste algérien, le Mossad s’intéressait à un Libanais qui avait travaillé pour l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), ainsi qu’ à un ancien ambassadeur du Liban, un militaire et un couple de chiites dans le Sud. Il avait établi des contacts avec eux pour savoir si ces personnes se rendaient en Europe ou si elles pourraient être invités à un événement en Europe.

Pour Sahnoune, le Mossad voulait les recruter, mais pas au Liban. Le paiement de l’espion algérien se faisait en espèces à Chypre à raison de 1.500 dollars par mois en plus de la prise en charge de ses frais de mission qui lui permettaient de gagner jusqu’à 6.000 dollars quand les cibles étaient atteintes.

 

Un algérien espion du Mossad pour 1500 dollars par mois

 
 

 

 
P
 

La presse algérienne est revenue sur  les propos du journaliste  Said Sahnoune, espion pour le compte des services secrets israéliens “le Mossad”,   qui a donné un entretien au quotidien espagnol El Pais.  

Quelques extraits de l'article paru sur Algérie.com

Said Sahnoune  a été recruté à Tel-Aviv en 1998 après avoir subi plusieurs tests avant d’être embauché par les services de renseignement israéliens. A ce propos, il a confié qu”ils m’ont soumis à de longs interrogatoires, avec des détecteurs de mensonge inclus, en ce qui concerne ma propre vie et motivations” avec cette question soulevée à maintes reprises : “Avez-vous été envoyé ici par un service étranger “.

"Sahnoune a passé tous les tests avec succès et a, finalement, été recruté par le Mossad. Mais ce n’est qu’après un essai de deux semaines à Tel-Aviv, qu’un chef du Mossad, Sami, s’était identifié en acceptant de dîner avec lui à Tel-Aviv."

"Le journaliste algérien affirme avoir posé certaines conditions à ses nouveaux employeurs, à savoir, ne pas travailler contre son pays et ne pas tuer quelqu’un, lesquelles conditions ont été acceptées."

En usant de sa qualité de journaliste, il espionnait pour le Mossad à Abidjan en Côte-d’Ivoire. Il était chargé de la surveillance de la colonie libanaise chiite en Afrique de l’Ouest. Sahnoune espionnait également en Tunisie, mais surtout au Liban après le retrait d’Israël du Sud du pays, qu’il  occupait jusqu’en 2000.

Selon le journaliste algérien, le Mossad s’intéressait à un Libanais qui avait travaillé pour l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), ainsi qu’ à un ancien ambassadeur du Liban, un militaire et un couple de chiites dans le Sud. Il avait établi des contacts avec eux pour savoir si ces personnes se rendaient en Europe ou si elles pourraient être invités à un événement en Europe.

Pour Sahnoune, le Mossad voulait les recruter, mais pas au Liban. Le paiement de l’espion algérien se faisait en espèces à Chypre à raison de 1.500 dollars par mois en plus de la prise en charge de ses frais de mission qui lui permettaient de gagner jusqu’à 6.000 dollars quand les cibles étaient atteintes.

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 12:41

Les généraux d'Alger, "nouveaux pieds-noirs"

PAR FRANÇOIS GÈZE

Les généraux d'Alger, "nouveaux pieds-noirs" ? Ce n'est pas l'accusation d'un opposant au régime algérien, mais l'incroyable aveu d'un haut dignitaire du régime, le colonel Ali Benguedda, fait en novembre 2012 au journaliste français Nicolas Beau, à propos de la guerre au Mali qui s'annonçait: "Il faut comprendre que dans une grande partie du Sahel comme en Algérie, les sociétés sont profondément islamisées. Nous, républicains et progressistes, sommes un peu les derniers pieds-noirs, dans la mesure où nous défendons des valeurs de société qui sont désormais minoritaires. Nos amis français doivent nous laisser agir, car nous connaissons le mode de fonctionnement des groupes islamistes." Décryptage nécessaire...

Le terrible aveu d’un dirigeant algérien : « Nous sommes les derniers pieds-noirs »

par François Gèze, Algeria-Watch, 24 janvier 2014

http://www.algeria-watch.org/fr/article/tribune/geze_derniers_pieds_noirs.htm#sdfootnote10anc

En octobre 2013, le journaliste Nicolas Beau, rédacteur en chef du site d’information Mondafrique, a publié un petit livre très informé sur l’intervention militaire française au Mali, la fameuse « opération Serval » lancée en janvier de la même année : Papa Hollande au Mali. Chronique d’un fiasco annoncé (Balland). Démontrant la planification de longue date de cette intervention par les chefs de l’armée française, ce livre fourmille d’informations pour la plupart largement ignorées par les médias de l’Hexagone : une lecture hautement recommandable à tous ceux qui s’intéressent à cette pénible affaire, pétrie d’intérêts économiques inavoués et de manipulations en tous genres.

Des « décideurs » algériens criminels et corrompus

Parmi celles-ci, Nicolas Beau s’intéresse au « double jeu algérien » dans la région saharo-sahélienne : depuis des années, explique-t-il en substance, les généraux du DRS (Département de renseignement et de sécurité, le service de renseignement de l’armée) qui dirigent le pays ont « instrumentalisé » (p. 56) les groupes armés islamistes présents au Sahara afin de « marquer leur territoire » (p. 54) face aux puissances occidentales, France et États-Unis en tête. En bref, les chefs du DRS ont encouragé les actions violentes de ces groupes qu’ils manipulaient, dans le but d’apparaître aux yeux de leurs soutiens occidentaux comme des partenaires incontournables pour les combattre[1].

Qu’ils prétendent être les seuls à pouvoir lutter efficacement contre le terrorisme au Sahara et au Sahel, c’est ce qu’a clairement confirmé en octobre 2012 dans une interview à Nicolas Beau l’un des anciens cadres supérieurs du DRS, le colonel Ali Benguedda, dit « Petit Smaïn » (car il a été durant des années un exécutant dévoué du général Smaïl Lamari, dit « Smaïn », chef de la Direction du contre-espionnage du DRS de 1990 jusqu’à sa mort en 2007, l’un des principaux organisateurs de la « sale guerre » des années 1990 contre le peuple algérien)[2]. Le propos de cet « homme influent », officiellement retraité, recueilli par le journaliste français à Alger (à l’occasion d’un colloque de la Sonatrach auquel l’un et l’autre assistaient), est d’une sincérité explosive : « Il faut comprendre que dans une grande partie du Sahel comme en Algérie, les sociétés sont profondément islamisées. Nous, républicains et progressistes, sommes un peu les derniers pieds-noirs, dans la mesure où nous défendons des valeurs de société qui sont désormais minoritaires. Nos amis français doivent nous laisser agir, car nous connaissons le mode de fonctionnement des groupes islamistes. […] Les Français sont fous de vouloir intervenir au Mali. On se croirait revenu à l’affaire du canal de Suez en 1956 lors de l’intervention franco-anglaise. Nous assistons au retour du refoulé colonial. Il faut aller vers une solution politique au Mali et nous pouvons jouer un rôle majeur pour permettre aux différentes parties, le gouvernement de Bamako et les Touaregs, de s’entendre[3]. »

« Nous, républicains et progressistes… » : cette affirmation grotesque ferait sourire si l’on oubliait que ce « nous » désigne en réalité un cartel d’officiers supérieurs tous auteurs ou complices de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans les années 1990, perpétrés contre la population pour préserver leur accaparement des richesses pétrolières et gazières. Des criminels et des corrompus qui n’ont évidemment rien de « républicains » ni de « progressistes », comme l’ont prétendu également leurs nombreux relais français, acteurs plus ou moins actifs de la nébuleuse de la « Françalgérie » – vocable désignant les réseaux de corruption croisée entre les deux pays, mais aussi de connivences politiques et médiatiques. En revanche, l’aveu est de taille quand « Petit Smaïn » voit ces hommes – dont lui-même – comme les « derniers pieds-noirs », surnom péjoratif tardivement accolé aux colons français et stigmatisant surtout les plus riches d’entre eux[4] : là, il est dans le vrai, car c’est bien ainsi que l’immense majorité de la population algérienne les perçoit, eux et leurs alliés civils nombreux à s’enrichir sur le dos d’une population qu’ils méprisent absolument.

En témoignait par exemple en 2001 Yasmina, une Algérienne vivant en France, qui écrivait après un séjour au pays : « À Alger, il n’existe plus de classe moyenne, il y a seulement deux clans : les pauvres et les riches. Le deuxième groupe est riche : voitures décapotables, villas sur les bords de mer, restaurants et hôtels dont ils sont les maîtres incontestés. Ils vivent dans un autre monde. Il y a deux mondes, mais deux mondes qui ne se côtoient pas, qui ne se voient pas… C’est fou. Les riches vivent sur une autre planète. Ils ne parlent que français, ils vivent et ils parlent exactement comme le faisaient les colons français riches avant l’indépendance : les gens du peuple, ils les appellent… les “bougnoules”[5] ! »

Même écho sous la plume du journaliste Sid Ahmed Semiane, quand il évoquait en 2005 le Club des pins[6], cette vaste résidence ultrasécurisée située à vingt kilomètres à l’ouest d’Alger et où vit depuis les années 1990 une bonne partie des « élites » du pays : « C’est une forteresse, une citadelle imprenable dans laquelle s’est isolée la nomenklatura de l’Algérie, se coupant ainsi définitivement de la réalité d’une société qu’elle ignore outrageusement. C’est aussi l’antichambre du pouvoir. Une caserne de luxe où sont esquissés des plans de bataille. L’arrière-boutique des complots politiques. Un État parallèle. Une zone franche. Un symbole de la décadence de l’Algérie postcoloniale. Une principauté autonome. Une colonie expansionniste. […]

« Club des pins est, à l’origine, une belle plage sans histoire, cernée par une magnifique forêt de pins maritimes. […] La France en a fait un lieu de détente, conçu pour la bourgeoisie coloniale. […] Club des pins a permis aux colons de jouir d’un climat méridional pour faire bronzette, sans se rendre compte que, de l’autre côté du soleil, un peuple brûlait de colère ; et que cette brûlure n’était pas due au soleil, mais à leur profond mépris. Un demi-siècle plus tard, la France a quitté les lieux, mais d’autres “colons” les ont investis, dès l’indépendance. Un autre mépris a pris ses aises qui, dans un parfait mimétisme, reproduit l’arrogance des prédécesseurs. Et la colère des “indigènes”, des “bougnoules” – c’est ainsi que les ressortissants de la principauté Club des pins perçoivent aujourd’hui ceux de l’Algérie réelle –, est toujours là. Intacte. Plus grosse que jamais. »

Un système postcolonial au bout du rouleau

Une colère qui, hélas, ne trouve pas aujourd’hui d’autre exutoire que des émeutes sans aucun débouché politique, pour le logement, pour l’emploi, contre la hogra (mépris)… Depuis 2002, ces émeutes se multiplient dans tout le pays et, depuis 2010, elles sont devenues de plus en plus fréquentes et violentes, avec saccages des établissements publics (écoles, hôpitaux, commissariats, etc.) ou affrontements armés entre bandes rivales, parfois meurtriers comme à Ghardaïa en décembre 2013 et janvier 2014, ou à Constantine et Tipasa en ce mois de janvier…

Seules la répression et la redistribution clientéliste d’une partie de la (considérable) rente pétrolière par les « derniers pieds-noirs » qui dirigent l’Algérie d’aujourd’hui empêchent cet impressionnant chaos social – très largement ignoré par les médias occidentaux – de dégénérer plus encore vers une sorte de « somalisation » du pays. Car le « système » est bel et bien au bout du rouleau : les chefs militaires et civils « janviéristes » (ceux qui avaient organisé le coup d’État de janvier 1992) meurent les uns après les autres dans leur lit, impunis de leurs crimes, sans être parvenus à stabiliser durablement le système mafieux de corruption et d’enrichissement qu’ils ont construit depuis les années 1980, afin d’en transférer, comme ils le souhaitaient, les rênes à leurs enfants. (Nombre de ces derniers ont d’ailleurs préféré s’exiler, afin de jouir paisiblement dans des pays riches des fortunes indécentes accumulées par leurs pères.)

Non seulement l’État algérien n’existe plus que sous la forme d’une administration délabrée et inefficace (sauf pour les forces de répression), mais ceux qui le dirigent ne sont même plus capables d’organiser le ravalement de sa façade pseudo-démocratique pour remplacer un président fantoche en poste depuis quatorze ans, réduit depuis plusieurs années à un état semi-végétatif (trois mois avant l’élection présidentielle prévue le 17 avril 2014, les « indigènes » algériens ignoraient toujours les candidats à ce scrutin qui sera inévitablement truqué, à l’image des « élections Naegelen » de 1948 et de l’immense majorité de celles de l’Algérie indépendante, qui s’en sont inspirées).

Mais, dans la très extraordinaire déclaration de « Petit Smaïn » rapportée par Nicolas Beau, le plus révélateur est certainement son affirmation, très représentative de la mentalité des actuels « décideurs » algériens et de leurs affidés successifs depuis les années 1980, qu’ils sont les « derniers pieds-noirs », avec cette explication : « Nous défendons des valeurs de société qui sont désormais minoritaires. Nos amis français doivent nous laisser agir [souligné par moi], car nous connaissons le mode de fonctionnement des groupes islamistes. » C’est en effet la première fois qu’une « huile » du DRS – qui a joué de surcroît depuis des années un rôle actif au cœur des réseaux de la Françalgérie – exprime ainsi ouvertement, et non en « off » comme de coutume, à un journaliste français le sentiment de ses pairs vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale.

Un double message (évidemment codé) à « nos amis français »

Le message ainsi discrètement adressé à Paris est double. Conjoncturellement, il manifeste le dépit de ces « décideurs » de n’avoir pas été assez associés à la gestion internationale de la crise malienne, ainsi qu’un certain désarroi face au fait de ne plus avoir, du côté français, autant de relais dévoués que dans les années 1980 et 1990, les « belles années » de complicités (idéologiques, politiques ou financières, corruption aidant) au plus haut niveau de la Françalgérie. En témoigne également la tonalité agressivement antifrançaise de certains « sites d’information » algériens récemment créés et notoirement liés au DRS,

Et, plus structurellement, le message adressé à « nos amis français » par les chefs du DRS est en substance le suivant : « Nous sommes dans votre camp, celui de la “mission civilisatrice” et “progressiste” des colons que vous avez été et que vous êtes toujours aujourd’hui pour notre pays, sous d’autres formes ; mais pour la gestion des “affaires indigènes”, laissez-nous faire, nous sommes bien mieux placés et plus compétents que vous. » Un discours très directement hérité de ceux des khalifa, bachaga et autres agha, auxiliaires algériens recrutés pour assister les officiers français au sein des « bureaux arabes » (créés très tôt après la conquête de 1830 et officialisés en 1844) chargés du maintien de l’ordre et de l’administration dans l’Algérie coloniale du xixe siècle – et dont le fonctionnement sera poursuivi sous d’autres formes jusqu’à la guerre d’indépendance[7].

Cette imprégnation de l’héritage de la « collaboration coloniale » est profonde dans le fonctionnement de nombre de dirigeants de l’Algérie indépendante, surtout depuis la mort du président Houari Boumediene en 1978[8]. En témoigne notamment – parmi bien d’autres du même genre – une déclaration alambiquée mais assez sincère, en octobre 2010, de Sid Ahmed Ghozali, ancien ingénieur formé à l’École nationale des Ponts et chaussées de Paris, président de la Sonatrach de 1966 à 1977, puis ministre à divers postes et, enfin, Premier ministre (de juin 1991 à juillet 1992) : « Je n’ai jamais fait partie du système. [...] Moi et d’autres, nous n’avons jamais pris la décision. Quelque part, je le dis aujourd’hui, nous avons été les “harkis du système”. Nous l’avons servi. De bonne foi, car nous nous croyions commis de l’État, d’un État. On n’a pas compris que nous n’étions que ses instruments. Le système, ce n’est donc pas ce que l’on voit ou croit savoir. Il emploie tout le monde et il nous a employés[9]. »

Cette diatribe révèle évidemment la fausseté de la prétendue morale que son auteur entend faire valoir – inutile de s’appesantir sur ses compromissions avec les chefs du DRS, comme tant d’autres de ses pairs technocrates –, mais elle vaut surtout par la vérité qu’elle révèle : en se qualifiant lui-même de « harki du système », Ghozali a confirmé la similitude du régime des généraux avec celui des « gouverneurs » français de la période coloniale.

Dans ce contexte, la révélation des aveux décomplexés de « Petit Smaïn », même si celui-ci entend dénoncer hypocritement le « retour du refoulé colonial » – une rhétorique largement promue par les médias algériens « Made in DRS » –, sonne comme un sombre avertissement : la France du président « social-démocrate » François Hollande, triste héritier de son prédécesseur colonialiste Guy Mollet (1905-1975), ardent promoteur de l’« Algérie française », n’a toujours pas clairement rompu avec une histoire qui « gangrène » aussi bien la société française que la société algérienne, comme l’avait bien montré dès 1991 l’historien français Benjamin Stora[10], devenu depuis sur les « affaires algériennes » un conseiller – trop tiède ou mal entendu ? – de ce président pusillanime et opportuniste.

[1] Sur cette stratégie machiavélique, mais bien réelle, voir mon article : François Gèze, « Le jeu trouble du régime algérien au Sahel », in Michel Galy (dir.), La Guerre au Mali. Comprendre la crise au Sahel et au Sahara. Enjeux et zones d’ombre, La Découverte, Paris, 2013.

[2] Voici ce qu’en disait en 2003 l’ancien colonel du DRS Mohammed Samraoui, devenu dissident en 1996, dans son livreChronique des années de sang. Algérie : comment les services secrets ont manipulé les groupes islamistes (Denoël) : « Le colonel Benguedda est un officier de moralité douteuse, valet des généraux Toufik et Smaïl Lamari, plusieurs fois mis sur la touche et toujours récupéré par les responsables mafieux qui le protègent. Ancien responsable du bureau de sécurité de la SM à l’ambassade d’Algérie à Bonn en 1988, il fut également en poste en Namibie et en Afrique du Sud de 1992 à 1994. Sous-directeur à la DDSE de 1994 à 1997,il a assuré de 1997 à 1999 les commandes de l’antenne du DRS à Paris, où il sous-traitait avec les services français pour le compte de son ami, le général Smaïl Lamari. »

[3] Nicolas Beau, Papa Hollande au Mali, Balland, Paris, 2013, p. 57.

[4] D’origine incertaine, le qualificatif de « pieds-noirs » n’est apparu qu’après le déclenchement de la guerre d’indépendance en 1954, pour désigner, par opposition aux « indigènes », les Français d’origine européenne qui habitaient l’Algérie. Cette appellation, initialement assez neutre, a été rapidement appropriée par ces derniers, toutes classes sociales confondues. L’aspect péjoratif de l’appellation ne s’est imposé en Algérie (et en partie en France) qu’à la fin de la guerre d’indépendance.

[5] Yasmina, « Alger, août 2001 : silence, mon peuple se meurt », <algeria-watch.org>, septembre 2001.

[6] Dans son livre Au refuge des balles perdues et autres chroniques des deux Algérie (La Découverte, 2005).

[7] Voir Abderrahmane Bouchène, Jean-Pierre Peyroulou, Ouanassa Siari Tengour et Sylvie Thénault (dir.), Histoire de l’Algérie à la période coloniale (1830-1962), La Découverte/Barzakh, Paris/Alger, 2012 (<http://ur1.ca/ghesf>).

[8] De 1965 à 1978, son régime avait certes été lourdement marqué lui aussi par cet héritage, mais son indépendance nationaliste vis-à-vis de l’ancienne métropole était indiscutable, politique qui sera radicalement inversée par ses successeurs (sauf lors des brèves années d’ouverture de 1989 à 1991). Sur cette histoire complexe, voir le livre éclairant et très documenté de Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, Françalgérie, crimes et mensonges d’États. Histoire secrète, de la guerre d’indépendance à la « troisième guerre » d’Algérie, La Découverte, Paris, 2004.

[9] Kamel Daoud, « Sid Ahmed Ghozali au Quotidien d'Oran : les “harkis du système”, l’armée politique et la question iranienne »,
Le Quotidien d’Oran, 18 octobre 2010.

[10] Benjamin Stora, La Gangrène et l’Oubli. La mémoire de la guerre d’Algérie, La Découverte, Paris, 1991.

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 10:30

Tunisie : l'Assemblée nationale constituante adopte la nouvelle Constitution

Des membres de l'Assemblée constituante saluent l'adoption par la Tunisie d'une constitution. © AFP

Dimanche soir, une nouvelle Constitution a été adoptée en Tunisie par l'Assemblée nationale constituante, moment historique pour le berceau du Printemps arabe. Dans le même temps, un nouveau gouvernement a été formé dans le but de sortir le pays d'une profonde crise politique et d'organiser des élections dans l'année.

Trois ans après la chute de Zine el-Abidine Ben Ali, la Tunisie a enfin une nouvelle Constitution. Dimanche 26 janvier, l'Assemblée nationale a adopté la loi fondamentale avec une majorité écrasante de 200 voix pour, 12 contre et 4 abstentions, dépassant largement la majorité nécessaire de 145 votes.

>> Lire notre dossier consacré à la Constitution tunisienne

Les élus ont célébré l'évènement en chantant l'hymne national, brandissant des drapeaux tunisiens et les doigts en signe de victoire. Ils ont ensuite scandé "fidèles, fidèles au sang des martyrs de la révolution" de janvier 2011, qui chassa Zine el-Abidine Ben Ali du pouvoir. "Nous sacrifions notre âme et notre sang pour toi, Tunisie", ont-ils également crié dans un moment d'unité rare dans cet hémicycle, marqué pendant plus de deux ans par les disputes, les échanges d'invectives et les controverses.

"Dans cette Constitution, tous les Tunisiens et Tunisiennes se retrouvent, [elle] préserve nos acquis et jette les fondements d'un État démocratique", a déclaré Mustapha Ben Jaafar, le président de l'Assemblée, qui avait annoncé juste avant le vote que "l'Histoire [retiendrait] avec beaucoup de fierté cette journée".

L'adoption de ce texte a été saluée par le secrétaire-général des Nations unies, Ban Ki-moon, pour qui la Tunisie vient de vivre une "étape historique", offrant un "modèle pour les autres peuples aspirant à des réformes".

Un exécutif bicéphale et une place réduite à l'Islam

La nouvelle Constitution consacre un exécutif bicéphale et accorde une place réduite à l'islam. Elle introduit aussi pour la première fois dans le monde arabe un objectif de parité homme-femme dans les assemblées élues. Ce compromis vise à éviter toute dérive autoritaire, mais aussi à rassurer ceux qui craignaient que les islamistes n'imposent leurs positions dans un pays à forte tradition séculière.

Élue en octobre 2011, l'Assemblée devait achever la loi fondamentale en un an mais les crises à répétition, opposant notamment les islamistes d'Ennahdha majoritaires et leurs détracteurs, ont été la cause d'un retard considérable. "Je me sens pour la première fois réconciliée avec cette Assemblée", a déclaré Nadia Chaabane, députée du parti Massar, opposée aux islamistes, en référence aux multiples controverses qui ont marqué les travaux de l'Assemblée constituante (ANC).

Ce lundi, deux cérémonies sont prévues, l'une ce matin à l'Assemblée où la Constitution sera paraphée par les dirigeants tunisiens, et une seconde, dans l'après-midi, à la présidence. L'adoption de ce texte intervient quelques heures après l'annonce de la composition d'un gouvernement d'indépendants devant conduire la Tunisie vers des élections législatives et présidentielle en 2014. Les islamistes d'Ennahdha ont en effet accepté de quitter le pouvoir pour laisser un cabinet politique sortir la Tunisie de la profonde crise déclenchée par l'assassinat du député d'opposition Mohamed Brahmi, attribuée à la mouvance jihadiste, en juillet dernier.

La compétence, l'indépendance et l'intégrité

Le nouveau gouvernement, qui doit recevoir, cette semaine, la confiance de la Constituante, a été composé par le ministre de l'Industrie sortant, Mehdi Jomaâ. Six semaines auront donc été nécessaires à la classe politique pour accepter de lui laisser les rênes. "J'ai formé ma liste sur la base de trois critères : la compétence, l'indépendance et l'intégrité", a-t-il annoncé, après avoir remis la liste des ministres au président Moncef Marzouki. Ce cabinet est "une équipe extraordinaire qui a conscience des défis", a-t-il ajouté, "la mission n'est pas facile", la Tunisie étant sans cesse déstabilisée par l'essor de jihadistes, les batailles politiques et les conflits sociaux, déjà moteur du soulèvement de 2011.

Le gouvernement regroupe aussi bien des hauts fonctionnaires, des magistrats que des personnalités venues du privé. Le ministre de l'Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, a par ailleurs été maintenu, bien que ses détracteurs aient lutté jusqu'au bout pour qu'il quitte ses fonctions. Mehdi Jomaâ a souligné enfin que "les élections représentent la priorité des priorités".

À ce titre, les travaux de l'ANC ne sont d'ailleurs pas finis puisqu'une législation électorale doit encore être adoptée. Par ailleurs, le gouvernement devra faire face à une situation économique très difficile, la croissance restant en berne et le chômage très élevé, notamment en raison de l'incertitude et de l'instabilité dans le pays depuis 2011. Des vagues de violences, nourries par la misère, éclatent régulièrement. La Tunisie, berceau du Printemps arabe, a cependant réussi, jusqu'à présent, à ne pas basculer dans le chaos.

(Avec AFP)

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