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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 18:05

Découverte d’un trafic d’armes entre Israël et l’Iran

Gilles Munier

Auteur du livre Les espions de l’or noir (Ed. Koutoubia), Gilles Munier est journaliste indépendant, il a également dirigé la traduction de « Zabiba et le Roi » un conte prémonitoire écrit par Saddam Hussein et publié aux éditions du Rocher.

Alors que Benyamin Netanyahou milite pour le durcissement des sanctions internationales imposées à la République islamique d’Iran, et présente ce pays comme une menace pour Israël, le Proche-Orient et la paix mondiale, des enquêteurs de l’American Homeland Security et d’une unité grecque luttant contre les crimes financiers ont découvert… un trafic d’armes entre Israël et l’Iran !

Le quotidien grec Kathimerini* a révélé, le 16 février, que des containers de pièces détachées d’avions de chassePhanthom F-4, chargés au port de Binyamina-Givat Ada, près de Haïfa, devaient être livrés en avril prochain en Iran, via un cargo battant pavillon grec.

Une compagnie fantôme du nom de Tassos Karras SA, enregistrée à Votanikos, appartenant à un Britannique résident à Salonique, jouait les intermédiaires. La cargaison a été confisquée, mais une première livraison aurait eu lieu en décembre 2012.

Benyamin Netanyahou est attendu en mars aux Etats-Unis. Que va lui dire Barack Obama qui a mis en garde les entreprises du Medef en visite début février à Téhéran? Il ne s’agissait pas de marchands d’armes, mais le président des Etats-Unis a tout de même déclaré – lors de sa conférence de presse en compagnie de François Hollande – que les sociétés démarchant l’Iran le faisaient « à leurs risques et périls » et qu’il leur tomberait « dessus à bras raccourcis » si les pourparlers actuels sur le nucléaire échouaient.

*Israelis tried to send arms to Iran via Greece, probe finds

Ekathimerini

France Irak Actualités

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 10:34

Les personnalités sionistes francophones 2013 !

Publié le : 23 janvier 2014

JSSNews proposait alors 60 noms et chaque électeur avait l’occasion d’en choisir 5.

30 personnes nommées l’avaient été par les lecteurs, et 30 autres par le comité de rédaction de JSSNews.

Sur toute la durée des opérations de vote, nous avons comptabilisé 22.003 votes.

Le grand vainqueur de ce concours, qui devient donc la personnalité sioniste francophone de l’année 2013 est: Le Hacker du site internet de Dieudonné. Il a obtenu un total de 804 votes, juste assez pour passer devant l’essayiste et géopolitologue Guy Millière (781 votes). Le troisième est également la première personnalité franco-israélienne de ce classement, il s’agit de Jonathan-Simon Sellem, le fondateur de JSSNews et personnalité politique (706 votes).

Parmi les grandes surprises de ce sondage, la présence en 4ème position de l’artiste français Doc Gynéco. Sa présence dans le classement s’explique, selon plusieurs électeurs interrogés par JSSNews, par « son amitié envers Israël, son courage politique, et ses apparitions diverses en compagnie de jeunes juifs et de rabbins. » Doc Dynéco est donc la 4ème personnalité sioniste de l’année 2013 avec 667 voix. Il devance l’avocat Gilles-William Goldnadel (591 votes) et Philippe Karsenty (580 voix).

1. Le hacker.
2. Guy Millière.
3. Jonathan-Simon Sellem

Voici le classement complet:

1. Le Hacker de la Dieudosphère – 804
2. Guy Millière – 781
3. Jonathan-Simon Sellem – 706
4. Doc Gynéco – 667
5. Gilles William Goldnadel – 591
6. Philippe Karsenty – 580
7. Véronique Genest – 458
8. Alain Finkielkrait – 457
9. Enrico Macias – 450
10. Eric Zemmour – 445

Personnalités 4 à 12

11. Jean-Patric Grunberg – 431
12. Meyer Habib – 425
13. Pierre-André Taguieff – 400
14. Sammy Ghozlan – 395
15. Clément Weill-Reynal – 390
16. Arno Klarseld – 388
16. Yvan Rioufol – 388
18. Shmuel Trigano – 382
19. Cyril Hanouna – 374
20. Dominique Strauss-Kahn – 373

21. Alexandre Adler – 368
21. Jacques Kupfer – 368
23. Frédéric Encel – 367
24. Serge Klarsfeld – 365
25. Rabbin Joseph Sittruk – 361
26. Jean-Marc Moskowicz – 359
26. Souhail Ftouh – 359
28. Nicolas Sarkozy – 357
28. Bernard-Henry Lévy – 357
30. Yvan Attal – 355

31. Claude Goasguen – 353
31. Patrick Drahi – 353
33. Nina – 351
34. Elysabeth Lévy – 350
35. Simon Veil – 349
35. Roger Cukierman – 349
37. Gil Taïeb – 343
38. Jean-Pierre Bensimon – 339
39. Timothée Larribau – 332
40. Richard Prasquier – 328

41 Arthur – 327
42. Francky Perez – 326
43. Hannah – 323
44. Eric Raoult – 322
45. Michel Boujenah – 321
46. Roger Pinto – 315
46. Pierre Jourde – 315
48. Pierre Moscovici – 314
48. Danilette – 314
50. Michel Correard – 313

51. Jacques Attali – 312
52. Jérémy Sebbane – 310
53. Gladys Tibi – 310
54. Julien Dray – 308
55. Olivier – 307
56. Maurice Lévy – 306
57. Gad Elmaleh – 297
58. Eli Semoun – 291
59. Patrick Bruel – 283
60. Ruth Elkrief – 212

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 13:12

Un jeune indien musulman invente un nouveau système informatique

le 18. février 2014 - 15:53

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Son logiciel cérébral fonctionne à plein régime et ses neurones en effervescence ignorent les bugs, Afreed Islam est un jeune indien de confession musulmane particulièrement talentueux qui vient, à l’âge où d’autres s’adonnent à leur passion des jeux vidéo, de concevoir un ordinateur révolutionnaire ultra-fin, baptisé le ReVo BOOK.

Ce génial inventeur, pour qui améliorer les systèmes informatiques est un jeu d’enfant, a imaginé et élaboré un prototype sans disque dur, relégué au rebut, mais avec une puce informatique contenant un système d’exploitation hybride (compatible Windows/OSX), aux multiples avantages. Vitesse (4 fois plus rapide qu’un disque dur traditionnel), durée de vie, dimension, consommation électrique, capacité de stockage doublée, le système d’exploitation qui a germé dans la tête bien pleine d’Afreed Islam a tout pour plaire, surtout si l’on ajoute à son éventail de qualités des risques minimisés de pertes de données et une résistance au crash à toute épreuve.

"Un disque dur court toujours le risque de perte de données car il a des pièces qui peuvent se bloquer suite à un choc et également lors de la mise dans un champ magnétique à fort mouvement. La puce n'a pas de pièces mobiles et n'est pas non plus influencée par le champ magnétique, donc il y a peu de risques de perte de données du système informatique avec la puce inventée par Afreed", a expliqué Anupam Barman, Senior Systems Consultant à l'Assam Electronics Corporation.

Alors que le brillant adolescent a déposé une demande de brevet, une simple formalité pour le chercheur Siddhartha Debnath, très enthousiaste devant une innovation qui remplit tous les critères pour être homologuée, sa trouvaille a bénéficié du savoir-faire d’une société allemande qui en a assuré la fabrication. Prêt à endosser le costume de VRP et à sillonner le monde pour vanter les atouts de son ReVo Book, Afreed Islam, qui est encore sur les bancs de l'école à Guwahati, espère que sa puce fera bien plus que des sauts de puce dans l’univers informatique…

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 07:40

vv

L’homme au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire

US-WEATHER-FISH

Dans la chaîne alimentaire, l'homme ne se situe pas au sommet, comme il pourrait le penser, mais au même niveau que... les anchois et les cochons. Bien loin, donc, d'un super prédateur. C'est la conclusion d'une étude originale, visant à mesurer l'impact de la consommation humaine sur les écosystèmes, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences lundi 2 décembre.

 

Pour arriver à ce résultat déroutant, l'équipe conjointe de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et d'Agrocampus-Ouest a utilisé un outil classique en écologie, mais qui n'avait jamais été appliqué à l'homme auparavant : le niveau trophique, qui permet de positionner les différentes espèces dans la chaîne alimentaire.

A la base de cette échelle, et donc tout en bas de la chaîne alimentaire, la valeur 1 correspond aux plantes et au plancton. Les maillons suivants ont ensuite un indice égal à celui de l'espèce qui assure leur alimentation, plus 1. Ainsi, les herbivores, consommateurs des végétaux, relèvent du deuxième niveau (1 + 1), les carnivores, prédateurs se nourrissant d'herbivores, sont eux rattachés au troisième (2 + 1). Et ainsi de suite. Une vache, qui se nourrit d'herbe, a alors un niveau trophique de 2, tandis qu'un orque, un requin ou un ours polaire, qui mangent d'autres carnivores, atteignent le niveau maximal de 5,5.

Pour situer l'homme, les scientifiques ont utilisé les données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur la consommation humaine (type et quantité de nourriture) pour la période 1961-2009, disponibles pour 176 des 196 pays référencés. Résultat : le niveau trophique obtenu est de 2,21, soit au niveau des anchois et des cochons. "Contrairement à l'idée communément acquise, l'homme n'est pas en haut de la chaîne trophique. Il n'est pas un super prédateur du point de vue de l'alimentation", commente Sylvain Bonhommeau, principal auteur de l'étude et chercheur en écologie marine à l'Ifremer. Pas si étonnant, en réalité, dans la mesure où l'homme est omnivore.

Au-delà de ce positionnement plutôt savoureux par rapport aux autres espèces, l'indice a pour principal intérêt de comparer les régimes alimentaires des différents pays avec la même échelle de valeur, ainsi que de suivre leurs évolutions dans le temps.

Exemple : le Burundi s'avère le pays avec le niveau trophique humain le plus bas (2,04) en raison d'un régime alimentaire composé à presque 97 % de plantes ; à l'opposé, l'Islande obtient le score le plus élevé avec un indice de 2,54, ce qui correspond à une alimentation majoritairement carnivore (plus de 50 %), en l'occurrence très riche en poisson.

HTL-publi-PNAS

Les auteurs notent par ailleurs une hausse de 3 % du niveau trophique de l'homme depuis 1961, une tendance essentiellement due à la Chine et l'Inde qui consomment de plus en plus de poulets et de cochons. Leur indice est maintenant de 2,20, contre 2,05 en 1960. A l'inverse, celui de l'Occident a légèrement fléchi depuis quelques années. "Au final, cet indice nous permet de mieux comprendre l'impact de notre alimentation sur notre capacité future à nourrir les 9 milliards d'êtres humains en 2050", assure Sylvain Bonhommeau.

Car manger un carnivore n'a pas le même impact que manger un végétal. Comme l'explique l'article, pour produire 1 kg de prédateur du niveau 3, il faut 10 kg de proies de l’échelon 2, et 100 kg de végétaux de l’échelon 1. Se nourrir de plantes mobilise donc moins de ressources et de territoires que de manger de la viande. Pour mieux connaître cette pression sur les écosystèmes, l'équipe de scientifiques travaille maintenant à convertir la consommation humaine en production primaire nécessaire.

"Cette étude fournit un outil très utile pour mesurer le régime alimentaire humain. Par contre, elle ne doit pas laisser penser que l'impact de l'homme sur les écosystèmes est mesuré, prévient Franck Courchamp, écologue directeur de recherches au CNRS. Car cet impact ne se réduit pas à son alimentation. La pollution, les espèces invasives, le braconnage d'espèces : tout cela, qui n'est pas mesuré par le niveau trophique, détruit les ressources et altère les écosystèmes. De ce point de vue, l'homme reste un super prédateur."

Audrey Garric

L’homme au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire

US-WEATHER-FISH

Dans la chaîne alimentaire, l'homme ne se situe pas au sommet, comme il pourrait le penser, mais au même niveau que... les anchois et les cochons. Bien loin, donc, d'un super prédateur. C'est la conclusion d'une étude originale, visant à mesurer l'impact de la consommation humaine sur les écosystèmes, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences lundi 2 décembre.

 

Pour arriver à ce résultat déroutant, l'équipe conjointe de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et d'Agrocampus-Ouest a utilisé un outil classique en écologie, mais qui n'avait jamais été appliqué à l'homme auparavant : le niveau trophique, qui permet de positionner les différentes espèces dans la chaîne alimentaire.

A la base de cette échelle, et donc tout en bas de la chaîne alimentaire, la valeur 1 correspond aux plantes et au plancton. Les maillons suivants ont ensuite un indice égal à celui de l'espèce qui assure leur alimentation, plus 1. Ainsi, les herbivores, consommateurs des végétaux, relèvent du deuxième niveau (1 + 1), les carnivores, prédateurs se nourrissant d'herbivores, sont eux rattachés au troisième (2 + 1). Et ainsi de suite. Une vache, qui se nourrit d'herbe, a alors un niveau trophique de 2, tandis qu'un orque, un requin ou un ours polaire, qui mangent d'autres carnivores, atteignent le niveau maximal de 5,5.

Pour situer l'homme, les scientifiques ont utilisé les données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur la consommation humaine (type et quantité de nourriture) pour la période 1961-2009, disponibles pour 176 des 196 pays référencés. Résultat : le niveau trophique obtenu est de 2,21, soit au niveau des anchois et des cochons. "Contrairement à l'idée communément acquise, l'homme n'est pas en haut de la chaîne trophique. Il n'est pas un super prédateur du point de vue de l'alimentation", commente Sylvain Bonhommeau, principal auteur de l'étude et chercheur en écologie marine à l'Ifremer. Pas si étonnant, en réalité, dans la mesure où l'homme est omnivore.

Au-delà de ce positionnement plutôt savoureux par rapport aux autres espèces, l'indice a pour principal intérêt de comparer les régimes alimentaires des différents pays avec la même échelle de valeur, ainsi que de suivre leurs évolutions dans le temps.

Exemple : le Burundi s'avère le pays avec le niveau trophique humain le plus bas (2,04) en raison d'un régime alimentaire composé à presque 97 % de plantes ; à l'opposé, l'Islande obtient le score le plus élevé avec un indice de 2,54, ce qui correspond à une alimentation majoritairement carnivore (plus de 50 %), en l'occurrence très riche en poisson.

HTL-publi-PNAS

Les auteurs notent par ailleurs une hausse de 3 % du niveau trophique de l'homme depuis 1961, une tendance essentiellement due à la Chine et l'Inde qui consomment de plus en plus de poulets et de cochons. Leur indice est maintenant de 2,20, contre 2,05 en 1960. A l'inverse, celui de l'Occident a légèrement fléchi depuis quelques années. "Au final, cet indice nous permet de mieux comprendre l'impact de notre alimentation sur notre capacité future à nourrir les 9 milliards d'êtres humains en 2050", assure Sylvain Bonhommeau.

Car manger un carnivore n'a pas le même impact que manger un végétal. Comme l'explique l'article, pour produire 1 kg de prédateur du niveau 3, il faut 10 kg de proies de l’échelon 2, et 100 kg de végétaux de l’échelon 1. Se nourrir de plantes mobilise donc moins de ressources et de territoires que de manger de la viande. Pour mieux connaître cette pression sur les écosystèmes, l'équipe de scientifiques travaille maintenant à convertir la consommation humaine en production primaire nécessaire.

"Cette étude fournit un outil très utile pour mesurer le régime alimentaire humain. Par contre, elle ne doit pas laisser penser que l'impact de l'homme sur les écosystèmes est mesuré, prévient Franck Courchamp, écologue directeur de recherches au CNRS. Car cet impact ne se réduit pas à son alimentation. La pollution, les espèces invasives, le braconnage d'espèces : tout cela, qui n'est pas mesuré par le niveau trophique, détruit les ressources et altère les écosystèmes. De ce point de vue, l'homme reste un super prédateur."

Audrey Garric

L’homme au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire

US-WEATHER-FISH

Dans la chaîne alimentaire, l'homme ne se situe pas au sommet, comme il pourrait le penser, mais au même niveau que... les anchois et les cochons. Bien loin, donc, d'un super prédateur. C'est la conclusion d'une étude originale, visant à mesurer l'impact de la consommation humaine sur les écosystèmes, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences lundi 2 décembre.

 

Pour arriver à ce résultat déroutant, l'équipe conjointe de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et d'Agrocampus-Ouest a utilisé un outil classique en écologie, mais qui n'avait jamais été appliqué à l'homme auparavant : le niveau trophique, qui permet de positionner les différentes espèces dans la chaîne alimentaire.

A la base de cette échelle, et donc tout en bas de la chaîne alimentaire, la valeur 1 correspond aux plantes et au plancton. Les maillons suivants ont ensuite un indice égal à celui de l'espèce qui assure leur alimentation, plus 1. Ainsi, les herbivores, consommateurs des végétaux, relèvent du deuxième niveau (1 + 1), les carnivores, prédateurs se nourrissant d'herbivores, sont eux rattachés au troisième (2 + 1). Et ainsi de suite. Une vache, qui se nourrit d'herbe, a alors un niveau trophique de 2, tandis qu'un orque, un requin ou un ours polaire, qui mangent d'autres carnivores, atteignent le niveau maximal de 5,5.

Pour situer l'homme, les scientifiques ont utilisé les données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur la consommation humaine (type et quantité de nourriture) pour la période 1961-2009, disponibles pour 176 des 196 pays référencés. Résultat : le niveau trophique obtenu est de 2,21, soit au niveau des anchois et des cochons. "Contrairement à l'idée communément acquise, l'homme n'est pas en haut de la chaîne trophique. Il n'est pas un super prédateur du point de vue de l'alimentation", commente Sylvain Bonhommeau, principal auteur de l'étude et chercheur en écologie marine à l'Ifremer. Pas si étonnant, en réalité, dans la mesure où l'homme est omnivore.

Au-delà de ce positionnement plutôt savoureux par rapport aux autres espèces, l'indice a pour principal intérêt de comparer les régimes alimentaires des différents pays avec la même échelle de valeur, ainsi que de suivre leurs évolutions dans le temps.

Exemple : le Burundi s'avère le pays avec le niveau trophique humain le plus bas (2,04) en raison d'un régime alimentaire composé à presque 97 % de plantes ; à l'opposé, l'Islande obtient le score le plus élevé avec un indice de 2,54, ce qui correspond à une alimentation majoritairement carnivore (plus de 50 %), en l'occurrence très riche en poisson.

HTL-publi-PNAS

Les auteurs notent par ailleurs une hausse de 3 % du niveau trophique de l'homme depuis 1961, une tendance essentiellement due à la Chine et l'Inde qui consomment de plus en plus de poulets et de cochons. Leur indice est maintenant de 2,20, contre 2,05 en 1960. A l'inverse, celui de l'Occident a légèrement fléchi depuis quelques années. "Au final, cet indice nous permet de mieux comprendre l'impact de notre alimentation sur notre capacité future à nourrir les 9 milliards d'êtres humains en 2050", assure Sylvain Bonhommeau.

Car manger un carnivore n'a pas le même impact que manger un végétal. Comme l'explique l'article, pour produire 1 kg de prédateur du niveau 3, il faut 10 kg de proies de l’échelon 2, et 100 kg de végétaux de l’échelon 1. Se nourrir de plantes mobilise donc moins de ressources et de territoires que de manger de la viande. Pour mieux connaître cette pression sur les écosystèmes, l'équipe de scientifiques travaille maintenant à convertir la consommation humaine en production primaire nécessaire.

"Cette étude fournit un outil très utile pour mesurer le régime alimentaire humain. Par contre, elle ne doit pas laisser penser que l'impact de l'homme sur les écosystèmes est mesuré, prévient Franck Courchamp, écologue directeur de recherches au CNRS. Car cet impact ne se réduit pas à son alimentation. La pollution, les espèces invasives, le braconnage d'espèces : tout cela, qui n'est pas mesuré par le niveau trophique, détruit les ressources et altère les écosystèmes. De ce point de vue, l'homme reste un super prédateur."

Audrey Garric

L’homme au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire

US-WEATHER-FISH

Dans la chaîne alimentaire, l'homme ne se situe pas au sommet, comme il pourrait le penser, mais au même niveau que... les anchois et les cochons. Bien loin, donc, d'un super prédateur. C'est la conclusion d'une étude originale, visant à mesurer l'impact de la consommation humaine sur les écosystèmes, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences lundi 2 décembre.

 

Pour arriver à ce résultat déroutant, l'équipe conjointe de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et d'Agrocampus-Ouest a utilisé un outil classique en écologie, mais qui n'avait jamais été appliqué à l'homme auparavant : le niveau trophique, qui permet de positionner les différentes espèces dans la chaîne alimentaire.

A la base de cette échelle, et donc tout en bas de la chaîne alimentaire, la valeur 1 correspond aux plantes et au plancton. Les maillons suivants ont ensuite un indice égal à celui de l'espèce qui assure leur alimentation, plus 1. Ainsi, les herbivores, consommateurs des végétaux, relèvent du deuxième niveau (1 + 1), les carnivores, prédateurs se nourrissant d'herbivores, sont eux rattachés au troisième (2 + 1). Et ainsi de suite. Une vache, qui se nourrit d'herbe, a alors un niveau trophique de 2, tandis qu'un orque, un requin ou un ours polaire, qui mangent d'autres carnivores, atteignent le niveau maximal de 5,5.

Pour situer l'homme, les scientifiques ont utilisé les données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur la consommation humaine (type et quantité de nourriture) pour la période 1961-2009, disponibles pour 176 des 196 pays référencés. Résultat : le niveau trophique obtenu est de 2,21, soit au niveau des anchois et des cochons. "Contrairement à l'idée communément acquise, l'homme n'est pas en haut de la chaîne trophique. Il n'est pas un super prédateur du point de vue de l'alimentation", commente Sylvain Bonhommeau, principal auteur de l'étude et chercheur en écologie marine à l'Ifremer. Pas si étonnant, en réalité, dans la mesure où l'homme est omnivore.

Au-delà de ce positionnement plutôt savoureux par rapport aux autres espèces, l'indice a pour principal intérêt de comparer les régimes alimentaires des différents pays avec la même échelle de valeur, ainsi que de suivre leurs évolutions dans le temps.

Exemple : le Burundi s'avère le pays avec le niveau trophique humain le plus bas (2,04) en raison d'un régime alimentaire composé à presque 97 % de plantes ; à l'opposé, l'Islande obtient le score le plus élevé avec un indice de 2,54, ce qui correspond à une alimentation majoritairement carnivore (plus de 50 %), en l'occurrence très riche en poisson.

HTL-publi-PNAS

Les auteurs notent par ailleurs une hausse de 3 % du niveau trophique de l'homme depuis 1961, une tendance essentiellement due à la Chine et l'Inde qui consomment de plus en plus de poulets et de cochons. Leur indice est maintenant de 2,20, contre 2,05 en 1960. A l'inverse, celui de l'Occident a légèrement fléchi depuis quelques années. "Au final, cet indice nous permet de mieux comprendre l'impact de notre alimentation sur notre capacité future à nourrir les 9 milliards d'êtres humains en 2050", assure Sylvain Bonhommeau.

Car manger un carnivore n'a pas le même impact que manger un végétal. Comme l'explique l'article, pour produire 1 kg de prédateur du niveau 3, il faut 10 kg de proies de l’échelon 2, et 100 kg de végétaux de l’échelon 1. Se nourrir de plantes mobilise donc moins de ressources et de territoires que de manger de la viande. Pour mieux connaître cette pression sur les écosystèmes, l'équipe de scientifiques travaille maintenant à convertir la consommation humaine en production primaire nécessaire.

"Cette étude fournit un outil très utile pour mesurer le régime alimentaire humain. Par contre, elle ne doit pas laisser penser que l'impact de l'homme sur les écosystèmes est mesuré, prévient Franck Courchamp, écologue directeur de recherches au CNRS. Car cet impact ne se réduit pas à son alimentation. La pollution, les espèces invasives, le braconnage d'espèces : tout cela, qui n'est pas mesuré par le niveau trophique, détruit les ressources et altère les écosystèmes. De ce point de vue, l'homme reste un super prédateur."

Audrey Garric

L’homme au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire

US-WEATHER-FISH

Dans la chaîne alimentaire, l'homme ne se situe pas au sommet, comme il pourrait le penser, mais au même niveau que... les anchois et les cochons. Bien loin, donc, d'un super prédateur. C'est la conclusion d'une étude originale, visant à mesurer l'impact de la consommation humaine sur les écosystèmes, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences lundi 2 décembre.

 

Pour arriver à ce résultat déroutant, l'équipe conjointe de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et d'Agrocampus-Ouest a utilisé un outil classique en écologie, mais qui n'avait jamais été appliqué à l'homme auparavant : le niveau trophique, qui permet de positionner les différentes espèces dans la chaîne alimentaire.

A la base de cette échelle, et donc tout en bas de la chaîne alimentaire, la valeur 1 correspond aux plantes et au plancton. Les maillons suivants ont ensuite un indice égal à celui de l'espèce qui assure leur alimentation, plus 1. Ainsi, les herbivores, consommateurs des végétaux, relèvent du deuxième niveau (1 + 1), les carnivores, prédateurs se nourrissant d'herbivores, sont eux rattachés au troisième (2 + 1). Et ainsi de suite. Une vache, qui se nourrit d'herbe, a alors un niveau trophique de 2, tandis qu'un orque, un requin ou un ours polaire, qui mangent d'autres carnivores, atteignent le niveau maximal de 5,5.

Pour situer l'homme, les scientifiques ont utilisé les données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur la consommation humaine (type et quantité de nourriture) pour la période 1961-2009, disponibles pour 176 des 196 pays référencés. Résultat : le niveau trophique obtenu est de 2,21, soit au niveau des anchois et des cochons. "Contrairement à l'idée communément acquise, l'homme n'est pas en haut de la chaîne trophique. Il n'est pas un super prédateur du point de vue de l'alimentation", commente Sylvain Bonhommeau, principal auteur de l'étude et chercheur en écologie marine à l'Ifremer. Pas si étonnant, en réalité, dans la mesure où l'homme est omnivore.

Au-delà de ce positionnement plutôt savoureux par rapport aux autres espèces, l'indice a pour principal intérêt de comparer les régimes alimentaires des différents pays avec la même échelle de valeur, ainsi que de suivre leurs évolutions dans le temps.

Exemple : le Burundi s'avère le pays avec le niveau trophique humain le plus bas (2,04) en raison d'un régime alimentaire composé à presque 97 % de plantes ; à l'opposé, l'Islande obtient le score le plus élevé avec un indice de 2,54, ce qui correspond à une alimentation majoritairement carnivore (plus de 50 %), en l'occurrence très riche en poisson.

HTL-publi-PNAS

Les auteurs notent par ailleurs une hausse de 3 % du niveau trophique de l'homme depuis 1961, une tendance essentiellement due à la Chine et l'Inde qui consomment de plus en plus de poulets et de cochons. Leur indice est maintenant de 2,20, contre 2,05 en 1960. A l'inverse, celui de l'Occident a légèrement fléchi depuis quelques années. "Au final, cet indice nous permet de mieux comprendre l'impact de notre alimentation sur notre capacité future à nourrir les 9 milliards d'êtres humains en 2050", assure Sylvain Bonhommeau.

Car manger un carnivore n'a pas le même impact que manger un végétal. Comme l'explique l'article, pour produire 1 kg de prédateur du niveau 3, il faut 10 kg de proies de l’échelon 2, et 100 kg de végétaux de l’échelon 1. Se nourrir de plantes mobilise donc moins de ressources et de territoires que de manger de la viande. Pour mieux connaître cette pression sur les écosystèmes, l'équipe de scientifiques travaille maintenant à convertir la consommation humaine en production primaire nécessaire.

"Cette étude fournit un outil très utile pour mesurer le régime alimentaire humain. Par contre, elle ne doit pas laisser penser que l'impact de l'homme sur les écosystèmes est mesuré, prévient Franck Courchamp, écologue directeur de recherches au CNRS. Car cet impact ne se réduit pas à son alimentation. La pollution, les espèces invasives, le braconnage d'espèces : tout cela, qui n'est pas mesuré par le niveau trophique, détruit les ressources et altère les écosystèmes. De ce point de vue, l'homme reste un super prédateur."

Audrey Garric

L’homme au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire

US-WEATHER-FISH

Dans la chaîne alimentaire, l'homme ne se situe pas au sommet, comme il pourrait le penser, mais au même niveau que... les anchois et les cochons. Bien loin, donc, d'un super prédateur. C'est la conclusion d'une étude originale, visant à mesurer l'impact de la consommation humaine sur les écosystèmes, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences lundi 2 décembre.

 

Pour arriver à ce résultat déroutant, l'équipe conjointe de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et d'Agrocampus-Ouest a utilisé un outil classique en écologie, mais qui n'avait jamais été appliqué à l'homme auparavant : le niveau trophique, qui permet de positionner les différentes espèces dans la chaîne alimentaire.

A la base de cette échelle, et donc tout en bas de la chaîne alimentaire, la valeur 1 correspond aux plantes et au plancton. Les maillons suivants ont ensuite un indice égal à celui de l'espèce qui assure leur alimentation, plus 1. Ainsi, les herbivores, consommateurs des végétaux, relèvent du deuxième niveau (1 + 1), les carnivores, prédateurs se nourrissant d'herbivores, sont eux rattachés au troisième (2 + 1). Et ainsi de suite. Une vache, qui se nourrit d'herbe, a alors un niveau trophique de 2, tandis qu'un orque, un requin ou un ours polaire, qui mangent d'autres carnivores, atteignent le niveau maximal de 5,5.

Pour situer l'homme, les scientifiques ont utilisé les données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur la consommation humaine (type et quantité de nourriture) pour la période 1961-2009, disponibles pour 176 des 196 pays référencés. Résultat : le niveau trophique obtenu est de 2,21, soit au niveau des anchois et des cochons. "Contrairement à l'idée communément acquise, l'homme n'est pas en haut de la chaîne trophique. Il n'est pas un super prédateur du point de vue de l'alimentation", commente Sylvain Bonhommeau, principal auteur de l'étude et chercheur en écologie marine à l'Ifremer. Pas si étonnant, en réalité, dans la mesure où l'homme est omnivore.

Au-delà de ce positionnement plutôt savoureux par rapport aux autres espèces, l'indice a pour principal intérêt de comparer les régimes alimentaires des différents pays avec la même échelle de valeur, ainsi que de suivre leurs évolutions dans le temps.

Exemple : le Burundi s'avère le pays avec le niveau trophique humain le plus bas (2,04) en raison d'un régime alimentaire composé à presque 97 % de plantes ; à l'opposé, l'Islande obtient le score le plus élevé avec un indice de 2,54, ce qui correspond à une alimentation majoritairement carnivore (plus de 50 %), en l'occurrence très riche en poisson.

HTL-publi-PNAS

Les auteurs notent par ailleurs une hausse de 3 % du niveau trophique de l'homme depuis 1961, une tendance essentiellement due à la Chine et l'Inde qui consomment de plus en plus de poulets et de cochons. Leur indice est maintenant de 2,20, contre 2,05 en 1960. A l'inverse, celui de l'Occident a légèrement fléchi depuis quelques années. "Au final, cet indice nous permet de mieux comprendre l'impact de notre alimentation sur notre capacité future à nourrir les 9 milliards d'êtres humains en 2050", assure Sylvain Bonhommeau.

Car manger un carnivore n'a pas le même impact que manger un végétal. Comme l'explique l'article, pour produire 1 kg de prédateur du niveau 3, il faut 10 kg de proies de l’échelon 2, et 100 kg de végétaux de l’échelon 1. Se nourrir de plantes mobilise donc moins de ressources et de territoires que de manger de la viande. Pour mieux connaître cette pression sur les écosystèmes, l'équipe de scientifiques travaille maintenant à convertir la consommation humaine en production primaire nécessaire.

"Cette étude fournit un outil très utile pour mesurer le régime alimentaire humain. Par contre, elle ne doit pas laisser penser que l'impact de l'homme sur les écosystèmes est mesuré, prévient Franck Courchamp, écologue directeur de recherches au CNRS. Car cet impact ne se réduit pas à son alimentation. La pollution, les espèces invasives, le braconnage d'espèces : tout cela, qui n'est pas mesuré par le niveau trophique, détruit les ressources et altère les écosystèmes. De ce point de vue, l'homme reste un super prédateur."

Audrey Garric

L’homme au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire

US-WEATHER-FISH

Dans la chaîne alimentaire, l'homme ne se situe pas au sommet, comme il pourrait le penser, mais au même niveau que... les anchois et les cochons. Bien loin, donc, d'un super prédateur. C'est la conclusion d'une étude originale, visant à mesurer l'impact de la consommation humaine sur les écosystèmes, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences lundi 2 décembre.

 

Pour arriver à ce résultat déroutant, l'équipe conjointe de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et d'Agrocampus-Ouest a utilisé un outil classique en écologie, mais qui n'avait jamais été appliqué à l'homme auparavant : le niveau trophique, qui permet de positionner les différentes espèces dans la chaîne alimentaire.

A la base de cette échelle, et donc tout en bas de la chaîne alimentaire, la valeur 1 correspond aux plantes et au plancton. Les maillons suivants ont ensuite un indice égal à celui de l'espèce qui assure leur alimentation, plus 1. Ainsi, les herbivores, consommateurs des végétaux, relèvent du deuxième niveau (1 + 1), les carnivores, prédateurs se nourrissant d'herbivores, sont eux rattachés au troisième (2 + 1). Et ainsi de suite. Une vache, qui se nourrit d'herbe, a alors un niveau trophique de 2, tandis qu'un orque, un requin ou un ours polaire, qui mangent d'autres carnivores, atteignent le niveau maximal de 5,5.

Pour situer l'homme, les scientifiques ont utilisé les données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur la consommation humaine (type et quantité de nourriture) pour la période 1961-2009, disponibles pour 176 des 196 pays référencés. Résultat : le niveau trophique obtenu est de 2,21, soit au niveau des anchois et des cochons. "Contrairement à l'idée communément acquise, l'homme n'est pas en haut de la chaîne trophique. Il n'est pas un super prédateur du point de vue de l'alimentation", commente Sylvain Bonhommeau, principal auteur de l'étude et chercheur en écologie marine à l'Ifremer. Pas si étonnant, en réalité, dans la mesure où l'homme est omnivore.

Au-delà de ce positionnement plutôt savoureux par rapport aux autres espèces, l'indice a pour principal intérêt de comparer les régimes alimentaires des différents pays avec la même échelle de valeur, ainsi que de suivre leurs évolutions dans le temps.

Exemple : le Burundi s'avère le pays avec le niveau trophique humain le plus bas (2,04) en raison d'un régime alimentaire composé à presque 97 % de plantes ; à l'opposé, l'Islande obtient le score le plus élevé avec un indice de 2,54, ce qui correspond à une alimentation majoritairement carnivore (plus de 50 %), en l'occurrence très riche en poisson.

HTL-publi-PNAS

Les auteurs notent par ailleurs une hausse de 3 % du niveau trophique de l'homme depuis 1961, une tendance essentiellement due à la Chine et l'Inde qui consomment de plus en plus de poulets et de cochons. Leur indice est maintenant de 2,20, contre 2,05 en 1960. A l'inverse, celui de l'Occident a légèrement fléchi depuis quelques années. "Au final, cet indice nous permet de mieux comprendre l'impact de notre alimentation sur notre capacité future à nourrir les 9 milliards d'êtres humains en 2050", assure Sylvain Bonhommeau.

Car manger un carnivore n'a pas le même impact que manger un végétal. Comme l'explique l'article, pour produire 1 kg de prédateur du niveau 3, il faut 10 kg de proies de l’échelon 2, et 100 kg de végétaux de l’échelon 1. Se nourrir de plantes mobilise donc moins de ressources et de territoires que de manger de la viande. Pour mieux connaître cette pression sur les écosystèmes, l'équipe de scientifiques travaille maintenant à convertir la consommation humaine en production primaire nécessaire.

"Cette étude fournit un outil très utile pour mesurer le régime alimentaire humain. Par contre, elle ne doit pas laisser penser que l'impact de l'homme sur les écosystèmes est mesuré, prévient Franck Courchamp, écologue directeur de recherches au CNRS. Car cet impact ne se réduit pas à son alimentation. La pollution, les espèces invasives, le braconnage d'espèces : tout cela, qui n'est pas mesuré par le niveau trophique, détruit les ressources et altère les écosystèmes. De ce point de vue, l'homme reste un super prédateur."

Audrey Garric

L’homme au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire

US-WEATHER-FISH

Dans la chaîne alimentaire, l'homme ne se situe pas au sommet, comme il pourrait le penser, mais au même niveau que... les anchois et les cochons. Bien loin, donc, d'un super prédateur. C'est la conclusion d'une étude originale, visant à mesurer l'impact de la consommation humaine sur les écosystèmes, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences lundi 2 décembre.

 

Pour arriver à ce résultat déroutant, l'équipe conjointe de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et d'Agrocampus-Ouest a utilisé un outil classique en écologie, mais qui n'avait jamais été appliqué à l'homme auparavant : le niveau trophique, qui permet de positionner les différentes espèces dans la chaîne alimentaire.

A la base de cette échelle, et donc tout en bas de la chaîne alimentaire, la valeur 1 correspond aux plantes et au plancton. Les maillons suivants ont ensuite un indice égal à celui de l'espèce qui assure leur alimentation, plus 1. Ainsi, les herbivores, consommateurs des végétaux, relèvent du deuxième niveau (1 + 1), les carnivores, prédateurs se nourrissant d'herbivores, sont eux rattachés au troisième (2 + 1). Et ainsi de suite. Une vache, qui se nourrit d'herbe, a alors un niveau trophique de 2, tandis qu'un orque, un requin ou un ours polaire, qui mangent d'autres carnivores, atteignent le niveau maximal de 5,5.

Pour situer l'homme, les scientifiques ont utilisé les données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur la consommation humaine (type et quantité de nourriture) pour la période 1961-2009, disponibles pour 176 des 196 pays référencés. Résultat : le niveau trophique obtenu est de 2,21, soit au niveau des anchois et des cochons. "Contrairement à l'idée communément acquise, l'homme n'est pas en haut de la chaîne trophique. Il n'est pas un super prédateur du point de vue de l'alimentation", commente Sylvain Bonhommeau, principal auteur de l'étude et chercheur en écologie marine à l'Ifremer. Pas si étonnant, en réalité, dans la mesure où l'homme est omnivore.

Au-delà de ce positionnement plutôt savoureux par rapport aux autres espèces, l'indice a pour principal intérêt de comparer les régimes alimentaires des différents pays avec la même échelle de valeur, ainsi que de suivre leurs évolutions dans le temps.

Exemple : le Burundi s'avère le pays avec le niveau trophique humain le plus bas (2,04) en raison d'un régime alimentaire composé à presque 97 % de plantes ; à l'opposé, l'Islande obtient le score le plus élevé avec un indice de 2,54, ce qui correspond à une alimentation majoritairement carnivore (plus de 50 %), en l'occurrence très riche en poisson.

HTL-publi-PNAS

Les auteurs notent par ailleurs une hausse de 3 % du niveau trophique de l'homme depuis 1961, une tendance essentiellement due à la Chine et l'Inde qui consomment de plus en plus de poulets et de cochons. Leur indice est maintenant de 2,20, contre 2,05 en 1960. A l'inverse, celui de l'Occident a légèrement fléchi depuis quelques années. "Au final, cet indice nous permet de mieux comprendre l'impact de notre alimentation sur notre capacité future à nourrir les 9 milliards d'êtres humains en 2050", assure Sylvain Bonhommeau.

Car manger un carnivore n'a pas le même impact que manger un végétal. Comme l'explique l'article, pour produire 1 kg de prédateur du niveau 3, il faut 10 kg de proies de l’échelon 2, et 100 kg de végétaux de l’échelon 1. Se nourrir de plantes mobilise donc moins de ressources et de territoires que de manger de la viande. Pour mieux connaître cette pression sur les écosystèmes, l'équipe de scientifiques travaille maintenant à convertir la consommation humaine en production primaire nécessaire.

"Cette étude fournit un outil très utile pour mesurer le régime alimentaire humain. Par contre, elle ne doit pas laisser penser que l'impact de l'homme sur les écosystèmes est mesuré, prévient Franck Courchamp, écologue directeur de recherches au CNRS. Car cet impact ne se réduit pas à son alimentation. La pollution, les espèces invasives, le braconnage d'espèces : tout cela, qui n'est pas mesuré par le niveau trophique, détruit les ressources et altère les écosystèmes. De ce point de vue, l'homme reste un super prédateur."

Audrey Garric

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 20:08

De l’importance de l’action municipale.

Les municipalités sont à la base du développement social, c'est même le maillon de la chaîne sociétale le plus important, d'où la nécessité de créer à l'échelle national un conseil de maires qui sera un interlocuteur pour le pouvoir politique en place. La municipalité est la source des politiques, des services et des ressources, c'est est le premier lieu de l'organisation des services aux citoyens et de l'aménagement du territoire et, par le fait même, elle joue un rôle majeur dans la qualité de vie de la population. L’implication financière des municipalités dans le développement social des individus et des communautés est vitale et doit être totale pour créer une dynamique de progrès et un vivre ensemble démocratique et tolérant. Le développement social est un concept qui inclut des aspects éthique, économique, social, spirituel, politique, culturel et environnemental. Il aspire d'abord et avant tout à assurer le bien-être individuel et collectif des communautés, qui agissent à la fois comme cibles et comme acteurs. Cet objectif suppose" la possibilité de développer son potentiel personnel, l'autodétermination, la participation à la vie sociale et aux décisions qui affectent la destinée des personnes, l'accès aux ressources humaines et matérielles et le respect des différences.

Les municipalités devront jouer un rôle particulier dans le développement historique institutionnel tunisien qui devra être caractérisé à la fois par sa longue tradition, son importance historique et son impact. Les municipalités tunisienne devront avoir des ambitions et des assisses qui dépasseront le cadre de l’état national, elles devront le précéder Elles devront s'inspirer d'une réalité historique et une légitimité politique qui devront leur être propres. L’importance des municipalités comme institution résulteront sans aucun doute de l’extension de ses compétences, des ressources qu’elles géreront de l’autonomie dont elles disposeront, et de son appareil administratif et technique.

La municipalité est à la fois un rouage de l’administration qui applique des décisions du pouvoir politique et de la bureaucratie comme appareil d’état, et un instrument de représentation des besoins de la population locale face à l’administration, comme fonction de base du conseil municipal. Un ensemble de fonctions relatives au développement urbain relève aussi du pouvoir municipal.

Par ailleurs, les associations ont pour rôle essentiel d’organiser, de représenter et de transmettre les demandes et exigences des habitants à l’administration de l’Etat ; face à qui elles doivent garder une complète autonomie. En principe, les associations ne doivent rendre de comptes qu’à leurs membres, à la population qu’elles prétendent représenter et structurer, pour faire valoir leurs droits, leurs intérêts et leurs demandes. Cependant, dans la pratique politique française, les associations développent des relations contractuelles avec l’appareil d’état pour l’exécution de décisions et de programmes. Dans ces circonstances, elles peuvent être perçues plutôt comme un prolongement de l’administration publique que comme expression de la société civile, bien que cette relation résulte d’une relation contractuelle et pour autant volontaire- et non d’un ordre hiérarchique et bureaucratique. Les relations entre municipalités et associations devront être très larges et variées et jamais marquées par le rapport de force. Les municipalités financeront les associations, elles peuvent passer des accords de travail pour mener des actions communes, elles peuvent établir des contrats aussi pour des opérations ponctuelles ou même permanentes.

Il faut comprendre que dans une démocratie et pour le vivre ensemble l’association est une forme juridique qui prolonge l’appareil municipal dans la gestion du fait, où la responsabilité du fonctionnement de l’association relève du maire. Mais l’association devra garder une autonomie complète par rapport à l’administration pour représenter les demandes de ses membres et/ou d’un secteur de la population.

La municipalité en Tunisie devra des compétences importantes en matière de développement urbain et participer sur la base de ses ressources au financement de son développement. C’est pourquoi il devra exister une interaction entre municipalité et association dans l’exercice du logement par exemple. Elle devra gérer directement ou indirectement le parc de logements sociaux et par là même participer au niveau de la région à l’administration des institutions décentralisées, elle devra aussi administrer pleinement son territoire en structurant les relations avec la population sur les différentes questions qui relèvent de ce qu'il est défini comme l’'accès à la ville. Elle aura à exercer des compétences dans le champ de plusieurs services publics, elle devra prendre des décisions générales pour régler le développement urbain : plan d’occupation des sols et autres documents semblables. Dans chacun de ses moyens d’intervention, la municipalité peut développer des relations de confrontation et de contractualisation avec les associations y compris l’exécution conjointe d’actions et de programmes. La municipalité est le terrain institutionnel privilégié de l’exercice de la démocratie participative, étant donné sa place dans l’administration de l’Etat. Cette démocratie participative peut se pratiquer de plusieurs façons:

-Une consultation systématique qui remplace ou complète la délégation de mandat par la population. Ces consultations peuvent donner lieu à des structures permanentes. L’exemple le plus clair est celui des conseils de quartiers.

-Une consultation sur les décisions mêmes de l’institution municipale. Le cas le plus connu est celui du « budget participatif.

La délégation de décisions et de ressources, depuis la municipalité vers la population, à travers des associations. La municipalité devra parvenir à générer de l’innovation sociale, de concevoir, d’analyser et de mettre en œuvre des solutions novatrices, tout en travaillant de façon concertée avec l’ensemble des ressources et des forces vives de la société civile. L’importance des services municipaux de loisir devrons être au cœur de ces enjeux qui ne devront pas être de simples prestataires d’activités, mais ils devront occuper le rôle fondamental d'organisation et de gestion de ces loisirs au sein de la dans leur communauté en prenant la responsabilité de nombreuses problématiques à caractère social, et catalyser les initiatives citoyennes. Par leur capacité à mettre les citoyens et les milieux de vie au cœur de leurs priorités, leur mandat initial s’élargir pour englober des responsabilités qui débordent les frontières du simple loisir occupationnel. Sont fait rapidement reconnaître comme l’instance privilégiée pour le développement de la culture, de la vie communautaire et du développement social par leur capacité d’assurer une gouvernance efficace des nombreuses organisations vouées à la vitalité de la ville moderne. L’importance de la qualité de vie devra être au cœur des interventions des services municipaux de loisir. La Politique du loisir dans les villes tunisiennes devra être une pierre d’assise par l’ensemble des services municipaux de loisir .L’obsession du citoyen dans le service public, le caractère central de l'administration locale et de son autonomisation, la concertation nécessaire des acteurs pour le partage des ressources du milieu de vie devront être au cœur à la fois des principes de l’intervention des services municipaux de loisir et de la définition des politiques sociales des municipalités de demain. La municipalité et ses services, à tous les niveaux légitimée par les urnes, en collaboration transparente avec les conseils de quartiers seront les meilleurs agents de changement social, en puisant dans ses ressources internes; en impliquant les citoyens, les associations et les partenaires; en brisant les silos: se connaître, se reconnaître, se mobiliser, se concerter en constituant des partenariats durables; en communiquant et en sensibilisant; en aménageant des espaces de vie, des lieux de rencontre et d’échanges; en intégrant les dimensions sociale, culturelle, économique et environnementale d’une action cohérente et concertée, dans des situations souvent complexes; en étant à l’affût des nouvelles tendances; en assurant une accessibilité de la pratique récréative et sportive, pour que le loisir puisse contribuer au développement de tous les citoyens, quelle que soit leur capacité financière. Elle aura à redéfinir les espaces de vie des citoyens tunisiens, et d’adopter de nouveaux paradigmes dans la programmation de ses services. De plus en plus et d'une façon universelle une économie axée sur le savoir se met naturellement en place et Les entreprises, c'est à des villes et ses zones industrielles à s’installer à proximité de leurs matières premières, où elles retrouvent de futurs employeurs créatifs, misant maintenant sur le savoir et le savoir-faire de leurs employés comme principal déterminant du succès en affaires. Non seulement la municipalité aura à investir et développer cette créativité par une myriade d’activités, mais aussi à offrir également des milieux de vie stimulants et attirants pour les citoyens et les entreprises. Un loisir public accessible joue un rôle important dans l’accueil, l’intégration dans les milieux de vie et la création de liens sociaux.

L’offre de qualité de services récréatifs d’une municipalité est l’un des facteurs d’attraction des nouveaux arrivants dans le choix de leur nouvelle résidence. Dans le secteur sportif par exemple et dans pratiquement toute la Tunisie les infrastructures récréatives et sportives sont vétustes, et force est d’admettre que la réfection ou la reconversion des équipements seront longue et coûteuse, d'où la nécessité dans un premier temps de l'intervention de 1 m(état. Les municipalités seront appelées à s’adapter à de nouvelles normes de sécurité et à de nouvelles exigences de leurs partenaires et administrés, tout en s’efforçant de répondre à une pluralité de besoins émergents. Or, la qualité des milieux de vie passe par un aménagement harmonieux du territoire, au sein duquel est assurée la planification efficace des infrastructures en général. Cet aménagement est essentiel à la pratique libre ou organisée, à un cadre de pratique accessible et sécuritaire, ainsi qu’au soutien des associations locales. L’une des conditions sine qua non de la création d’une municipalité de l’avenir est la vitalité des communautés locales. La municipalité de l’avenir passe d’abord et avant tout par le développement et l’animation dynamiques de son territoire. Il faudra mobiliser leurs acteurs et leurs ressources, ce qui à un effet direct sur la capacité de nos milieux de vie à innover, à proposer des solutions et à se prendre en main. Cette situation renforce l’importance des services municipaux de loisir dans le soutien aux initiatives citoyennes, ainsi qu’aux associations locales récréatives, sportives et communautaires, qui connaissent de sérieux problèmes de recrutement et de rétention du capital humain bénévole. Tout passera par une prise en charge et une animation dynamiques de nos communautés locales, essentielles à la qualité de vie des citoyens. Par développement dynamique de nos villes, il faut entendre en premier lieu, les nombreuses initiatives de démocratie participative, d’implication et d’initiatives citoyennes. Elle consiste à rapprocher les citoyens de leur municipalité, il faut comprendre qu’un citoyen responsable est au cœur de la dynamisation de nos milieux. D’où l’importance de la municipalité comme premier lieu d’expression de la démocratie et le rôle du citoyen, qui n’est pas uniquement un bénéficiaire de services publics municipaux, mais un partenaire de l’action municipale. Il importe donc de travailler davantage à l’identification des leaders de la communauté et à l’implication citoyenne dans les communautés. À cet égard, rappelons le rôle essentiel des services municipaux de loisir, qui ont développé une expertise en travaillant étroitement avec les citoyens, mobilisés ou non en groupes affinitaires. il faut croire fermement à l’apport inestimable des citoyens dans la prise en charge de leur communauté. La municipalité a un rôle important à jouer dans ce maillage essentiel entre l’institution locale et la dynamique associative de nos milieux de vie. Les services municipaux de loisir, comme acteurs de première ligne, devront développer cette expertise et agir comme catalyseurs des initiatives de la communauté. Un développement dynamique de nos communautés locales passe également par le rôle essentiel que les services municipaux de loisir jouent dans la concertation des acteurs locaux, dans l’élaboration et la mise en œuvre de ses politiques à caractère social, la municipalité n’a pas les moyens et les ressources d’agir seule. Dans de nombreux dossiers à responsabilité partagée, le service municipal de loisir a développé un réseau Rappelons que les services municipaux de loisir sont, pour plusieurs de ces enjeux, les mieux placés pour assurer un leadership dans la définition des solutions à mettre en place, et pour travailler, avec d’autres partenaires, à l’élaboration de solutions viables, pertinentes et innovantes. L’importance de la municipalité comme premier lieu d’expression de la démocratie et le rôle du citoyen, qui n’est pas uniquement un bénéficiaire de services publics municipaux, mais un partenaire de l’action municipale.

Les services municipaux de loisir jouent un rôle de premier plan reconnu et apprécié. Finalement, un développement dynamique de nos communautés locales passe par l’animation de nos milieux de vie et par l’offre d’une pluralité de services de qualité accessibles à l’ensemble de la population. L’offre de services récréatifs, sportifs, culturels et communautaires s’inscrit dans cette orientation. Le loisir public est indéniablement associé tant au développement des communautés qu’à celui de la personne, ses bienfaits ayant fait l’objet de maintes démonstrations. Le loisir dans les communautés locales réduit la prévalence de comportements antisociaux et diminue les coûts sociaux associés à la délinquance. Le loisir brise l’isolement, dé marginalise et crée des liens sociaux essentiels à la vitalité des communautés. Une offre publique d’activités et d’infrastructures récréatives accessibles est une dimension essentielle de la lutte contre la sédentarité, tant chez les jeunes que chez les adultes, le loisir exerce un rôle essentiel au développement des communautés. Il agit sur la qualité de vie et la santé des personnes, contribue au développement des liens sociaux et du capital social, et constitue un lieu d’expression et d’apprentissage de la vie démocratique. Dans la redéfinition d’une municipalité de l’avenir, non seulement les services municipaux de loisir et leurs professionnels ont développé une expertise essentielle à l’élaboration de politiques sociales locales, mais le loisir public comme tel fait partie intégrante de solutions à des problématiques transversales et complexes. En ce sens, les services municipaux de loisir sont générateurs d’un capital d’innovation sociale indispensable aux institutions locales, aux citoyens et au développement des communautés. Il importe de disposer des outils nécessaires pour faire face à l’avenir, et, de ce fait, l’innovation sociale, l’engagement communautaire et le bénévolat sont des leviers de développement importants. Cette innovation et cette implication émergent lorsque les environnements sont propices et qu’est assuré l’accompagnement des initiatives et des acteurs. Le service municipal de loisir demeure un acteur incontournable du développement communautaire et social du milieu de vie, cette définition et cette mise en œuvre d’une municipalité de l’avenir. Les services municipaux de loisir sont générateurs d’un capital d’innovation sociale indispensable aux institutions locales, aux citoyens et au développement des communautés.

La fonction du Maire est la responsabilité de la tranquillité, de la salubrité mais également de la sécurité publique, en tant que représentant de l’Etat, cela fait partie de ses fonctions.

La Police, dans une démocratie qui se respecte, quand elle est participative et représentative des citoyens, doit être confiée aux Maires, c’est à dire à des représentants élus qui agissent pour la Commune. Les Maires élus devront recevoir recevoir la responsabilité des pouvoirs de Police et devront exercer cette mission à l’aide de la Gendarmerie hors du milieu urbain, il faudra penser la nature du pouvoir local pour en faire une fonction décentralisée intégrée à la structure étatique, pour définir également le champ d’action de cette police qui reste encore très large dans les strictes limites de la loi.

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 13:45

Edgar Morin : « Nous avançons comme des somnambules vers la catastrophe »

Entretien - Que faire dans cette période de crise aiguë ? S’indigner, certes. Mais surtout agir. A 90 ans, le philosophe et sociologue nous invite à résister au diktat de l’urgence. Pour lui, l’espoir est à portée de main. Entretien.

Pourquoi la vitesse est-elle à ce point ancrée dans le fonctionnement de notre société ?

La vitesse fait partie du grand mythe du progrès, qui anime la civilisation occidentale depuis le XVIIIe et le XIXe siècle. L’idée sous-jacente, c’est que nous allons grâce à lui vers un avenir toujours meilleur. Plus vite nous allons vers cet avenir meilleur, et mieux c’est, naturellement. C’est dans cette optique que se sont multipliées les communications, aussi bien économiques que sociales, et toutes sortes de techniques qui ont permis de créer des transports rapides. Je pense notamment à la machine à vapeur, qui n’a pas été inventée pour des motivations de vitesse mais pour servir l’industrie des chemins de fer, lesquels sont eux-mêmes devenus de plus en plus rapides. Tout cela est corrélatif par le fait de la multiplication des activités et rend les gens de plus en plus pressés. Nous sommes dans une époque où la chronologie s’est imposée.

Cela est-il donc si nouveau ?

Cette quête de vitesse n’est-elle pas une illusion ?

Le progrès et le rythme auquel nous le construisons nous détruit-il nécessairement ?

Pourquoi cherchons-nous systématiquement une utilité au temps qui passe ?

Pourquoi ?

A qui la faute ? Au capitalisme ? A la science ?

On le voit à travers de multiples mouvements dans le monde, ce capitalisme est questionné. Notamment dans sa dimension financière…

Nous sommes entrés dans une crise profonde sans savoir ce qui va en sortir. Des forces de résistance se manifestent effectivement. L’économie sociale et solidaire en est une. Elle incarne une façon de lutter contre cette pression. Si on observe une poussée vers l’agriculture biologique avec des petites et moyennes exploitations et un retour à l’agriculture fermière, c’est parce qu’une grande partie de l’opinion commence à comprendre que les poulets et les porcs industrialisés sont frelatés et dénaturent les sols et la nappe phréatique. Une quête vers les produits artisanaux, les Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, ndlr), indique que nous souhaitons échapper aux grandes surfaces qui, elles-mêmes, exercent une pression du prix minimum sur le producteur et tentent de répercuter un prix maximum sur le consommateur. Le commerce équitable tente, lui aussi, de court-circuiter les intermédiaires prédateurs. Certes, le capitalisme triomphe dans certaines parties du monde, mais une autre frange voit naître des réactions qui ne viennent pas seulement des nouvelles formes de production (coopératives, exploitations bio), mais de l’union consciente des consommateurs. C’est à mes yeux une force inemployée et faible car encore dispersée. Si cette force prend conscience des produits de qualité et des produits nuisibles, superficiels, une force de pression incroyable se mettra en place et permettra d’influer sur la production.

Les politiques et leurs partis ne semblent pas prendre conscience de ces forces émergentes. Ils ne manquent pourtant pas d’intelligence d’analyse…

Par obsession, vous entendez croissance ?

Décélération signifierait décroissance ?

La vitesse en soi n’est donc pas à blâmer ?

Le politique n’est-il pas tout de même censé « prendre le temps de la réflexion » ?

Michel Rocard déplorait il y a peu pour « Terra eco » la disparition de la vision à long terme…

Le président de la République Nicolas Sarkozy n’incarne-t-il pas l’immédiateté et la présence médiatique permanente ?

Edgar Morin, vous avez 90 ans. L’état de perpétuelle urgence de nos sociétés vous rend-il pessimiste ?

Et aujourd’hui ?

La combinaison de ces deux barbaries nous mettrait en danger mortel…

Des femmes et des hommes peuvent-ils aussi avoir ce pouvoir ?

Malheureusement, dans notre époque, le système empêche les esprits de percer. Quand l’Angleterre était menacée à mort, un homme marginal a été porté au pouvoir, qui se nommait Churchill. Quand la France était menacée, ce fut De Gaulle. Pendant la Révolution, de très nombreuses personnes, qui n’avaient aucune formation militaire, sont parvenues à devenir des généraux formidables, comme Hoche ou Bonaparte ; des avocaillons comme Robespierre, de grands tribuns. Des grandes époques de crise épouvantable suscitent des hommes capables de porter la résistance. Nous ne sommes pas encore assez conscients du péril. Nous n’avons pas encore compris que nous allons vers la catastrophe et nous avançons à toute allure comme des somnambules.

Le philosophe Jean-Pierre Dupuy estime que de la catastrophe naît la solution. Partagez-vous son analyse ?

Il est donc possible de rassembler ces forces, d’engager la grande métamorphose, de l’individu puis de la société ?

Nous sommes déjà dans un processus de réformes…

Vous appelez cette démarche « le bien-vivre ». L’expression semble faible au regard de l’ambition que vous lui conférez.

Edgar Morin en dates

1939 Rejoint la Résistance

1941 Entre au Parti communiste, dont il s’éloigne avant d’en être exclu définitivement en 1951

1977 Publication du premier tome de La Méthode

1993 Ecrit Terre-Patrie et appelle à « une prise de conscience de la communauté du destin terrestre »

2009 Publie Edwige, l’inséparable (Fayard)

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 11:41

Du commerce équitable et de la coopération régionale

La Tunisie pour se protéger de la prédation et de la mondialisation devra avoir son propre projet régional se définir en son milieu humain et démarcher ses voisins, pour fonctionner selon ses singularités dans un espace de solidarité et de complémentarité. Envisager un marché à double projection et le proposer à ses partenaire, bien sûr dans ces deux marchés régionaux il est exclu que l'entité sioniste, fasciste et raciste, colonialiste et belliciste, cette entité de l'Apartheid puisse en faire partie. Oui proposer la création d'un marché transméditerranéen et un autre marché transarabe l'importance de ce projet ne tiendra pas au nombre des pays qui y adhéreront au début, c'est sa dynamique et le travail accompli qui feront la différence et inciteront les autres nations à le rejoindre. Il existe de nombreux points communs entre les pays méditerranéens et l'espace arabe, c'est défini par l'histoire et la géographie. La création d'une aire de coopération transméditerranéenne et trans arabe en matière économique pourra favoriser l'émergence d'un espace commun de liberté, de sécurité et de justice. Ce grand marché devra viser quand même et en premier lieu une suppression des obstacles légaux aux échanges économiques et aux investissements.

Nous devrions en tant que démocrates tunisiens avoir une culture économique ouverte et de propositions à la hauteur de notre culture démocratique et républicaine, de notre histoire et de nos traditions d'état nation millénaire ouvert sur les autres doivent s’affirmer nos espoirs d’un monde meilleur. Prétendre fondamentalement à une Economie sociale- libérale au service de l’homme, qui fera la part belle aux Hommes et aux citoyens en priorité et sans aucune distinction qui tient à la couleur, ou à l’origine. La finance, l’argent, le Marché sont de bons serviteurs et de mauvais Maîtres disait à juste titre Keynes, ainsi nous aurons à veiller à ce que l'Homme ne devienne pas une marchandise au propre comme au figuré du terme, pour lutter efficacement contre la misère et l'exclusion. Nos technocrates de part et d'autre des rives de la méditerranée et des frontières travailleront à la réduction des barrières et aux échanges, que ce soit des marchandises, des services, que des capitaux. Et les politiques, eux-mêmes, surtout eux je dirais, pourront avoir des buts communs, une réflexion générale basée sur l’écoute et l’échange pour la promotion de la démocratie, de la paix et de la sécurité, pour une économie à croissance soutenue, pour la promotion du principe du commerce équitable et le rejet de la spéculation, une coopération plus approfondie entre les rives de la méditerranée et en profondeur avec le monde arabe pourra déboucher sur l’émergence d’une puissance pacifique et stabilisatrice. Ce projet et cette proposition tunisienne, venant d'un petit pays pacifique sans aucune prétention hégémonique n'aura pour ambition que d'influencer de l'intérieur le monde politique en réunissant des hommes politiques, des hommes d'affaires et des universitaires de premier plan, pour améliorer la coopération réglementaire, pour abaisser les barrières aux échanges commerciaux sains et équitables, et ainsi améliorer la coordination et rapprocher les positions des acteurs de notre espace de vie au sein des organismes internationaux. Cet espace possède des potentialités énormes aux niveaux de l'innovation et la technologie, de l'investissement, des marchés financiers et de la sécurité du commerce, ainsi que des richesses naturelles. La construction de cet espace devra pouvoir se reposer sur une volonté politique émanant des citoyens aussi, et sur une légitimité démocratique dans la société civile.

Le commerce équitable est un système d'échange, de troc, pour une politique de l’autosuffisance et de l’indépendance et même de consensus national, on devra se fixer rationnellement l'objectif dans notre pays, pour l’exemple, de parvenir à une plus grande équité dans le commerce environnemental de la Tunisie dans un premier temps. La Tunisie a le profil pour intégrer cette démarche du commerce équitable qui consiste en une action collective d'organisation de nouveaux chemins de production et de distribution pour un marché régional à créer, un marché basé sur des normes sociales, économiques et environnementales propres et définies qui respectent les singularités de chacun, ne nécessitant pas l'intermédiaire des États et la modification des législations nationales.

Nous devons comprendre que la pratique transparente et juste du commerce équitable fera force de loi; c'est un partenariat commercial qui sera fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif sera de parvenir à une plus grande équité dans le commerce régional et mondial. Il contribuera indiscutablement au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés par l’ultralibéralisme spéculatif de la mondialisation, tout particulièrement dans nos régions. En amont nos états devront soutenir les producteurs, sensibiliser les opinions et mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce conventionnel. Pour cela et à la base, créer des opportunités pour les producteurs qui sont économiquement en situation de désavantage. Car il faut dans le fond comprendre que le commerce équitable est une stratégie pour le combat contre la pauvreté et pour une vie apaisée et soutenable, son but sera de créer des opportunités pour nos producteurs du sud désavantagés ou marginalisés par le système du commerce conventionnel mondialisé. Nous devrons être exigeants en ce qui concerne la transparence et la crédibilité, car le commerce équitable comprend la gestion de la transparence et les relations commerciales pour faire des affaires entre tous les partenaires commerciaux sur des bases claires et transparentes. Accepter la capacité individuelle, car le commerce équitable est un moyen de développer l'autonomie des producteurs, et les organisations du commerce équitable devront procurer de la continuité durant laquelle les producteurs et les organisations de marché peuvent améliorer leurs capacités de gestion et leur accès aux nouveaux marchés. Promouvoir le commerce équitable, car les organisations du commerce équitable ont pour objectif de sensibiliser leur clientèle ainsi que le grand public aux injustices du système commercial actuel, elles doivent aussi être en mesure de fournir de l'information sur l'origine des produits, et les conditions de travail des producteurs. Le paiement d'un prix juste, un prix juste dans un contexte local ou régional sera accepté après dialogue et concertation entre les partenaires. Cela couvre non seulement les coûts de production mais permet également une production qui est socialement juste et bien pour l'environnement. Cela fournit un prix juste aux producteurs et prend en compte le principe d'un salaire égal pour un travail égal par les hommes et par les femmes. Les organisations de commerce équitable qui seront mises en place assureront un paiement immédiat à leurs partenaires et parfois aident leurs producteurs avec le financement d'un crédit avant la récolte ou avant la production. Les conditions de travail seront traitées à l’aune du droit de travail. Car le commerce équitable signifie un environnement de travail sain et sûr pour les travailleurs. L'environnement. Le commerce équitable encouragera à de meilleures pratiques environnementales et à l'application de méthodes responsables de production .Les relations de commerce devront être visibles. Les organisations de commerce équitable font du commerce en tenant compte du bien-être social, économique et environnemental des petits producteurs marginalisés et ne feront pas de profit derrière leur dos. Elles maintiennent de longues relations qui reposent sur la confiance et le respect mutuel qui contribuent à la promotion et l'agrandissement du commerce équitable. Les producteurs devront être soutenus par des crédits avant la récolte ou avant la production.

Le commerce équitable est un système d'échange, de troc, on devra lui fixer l'objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce environnemental de la Tunisie dans un premier temps. La Tunisie a le profil pour intégrer cette démarche du commerce équitable qui consiste en une action collective d'organisation de nouveaux chemins de production et de distribution pour marché régional à créer, basés sur des normes sociales, économiques et environnementales propres et définies qui respectent les singularités de chacun, ne nécessitant pas l'intermédiaire des États et la modification des législations nationales.

 Du commerce équitable et de la coopération régionale
 Du commerce équitable et de la coopération régionale
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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 13:55

Le vote musulman existe-t-il ?

Par Naïm Loucif |

Existe-t-il à l’heure actuelle un « vote musulman » défini comme un comportement commun, largement répandu à propos du choix électoral fait par les personnes se définissant elles-mêmes comme musulmanes ?

Naïm Loucif

Une période électorale importante s’ouvre devant nous. L’année 2014 verra les électeurs se déplacer à deux reprises, une première pour les municipales, l’autre pour les européennes. Au-delà d’une discussion nécessaire sur l’enjeu réel de ces élections, les citoyens français de confession musulmane vont être encore une fois, comme à chaque élection, soumis à des discours moralisateurs, censés les responsabiliser quant à leur devoir de citoyen modèle ou de musulman pieux. Plusieurs versions de ce discours : tout d’abord, version éducation civique : « Si tu es un bon citoyen tu dois voter. Des hommes et des femmes sont morts pour ce droit. Ingrat !». Ensuite, version éducation religieuse : « Si tu es un bon musulman tu dois voter ! Pour que l’on reconnaisse enfin nos droits. Stupide ignorant !». Puis, une version éducation religieuse bis : « Si tu es un bon musulman tu ne votes pas ! On ne participe pas au système de mécréance et d’idolâtrie. Egaré !». Enfin, et non des moindre, version « circulez, il n’y a rien à voir » : « Quel vote musulman ?! Mais arrêtez, ça n’existe pas. D’ailleurs les musulmans aussi ça n’existe pas. Je dirais même plus, l’islam n’existe pas.»

Le propos ici n’est pas tant de réfléchir sur l’acte civique lui-même (voter ou pas, pourquoi, et surtout pour qui), mais au contraire de mener la discussion en amont. A savoir, existe-t-il à l’heure actuelle un « vote musulman » défini comme un comportement commun, largement répandu à propos du choix électoral fait par les personnes se définissant elles-mêmes comme musulmanes ?

La communauté organisée, au-delà du rêve…la réalité

Au vue tout d’abord des instances censées la représenter, n’en déplaise à certains, la communauté musulmane est loin d’être un corps uniforme, organisé, discipliné, répondant aux consignes d’une direction unique. En effet, celle-ci est traversée par d’innombrables pensées, visions, positions, ainsi que tout un ensemble de subtilités propre à chaque opinion. Si les degrés de religiosité, les origines ethniques et sociales sont divers, les visions du futur et donc les priorités le sont également.

D’ailleurs les acteurs politiques ne s’y trompent pas, privilégiant telle tendance au détriment de telle autre, au gré des intérêts du moment. Ainsi, Nicolas Sarkozy alors ministre de l’intérieur et instigateur du CFCM, reconnaissant l’UOIF comme acteur incontournable de l’Islam de France, se rendant même à la rencontre du Bourget en 2003. Et ce même Nicolas Sarkozy, Président de la république, pris dans l’hystérie des tueries de Toulouse, sabotant la rencontre phare de l’UOIF en 2012, refusant l’entrée sur le territoire de ses plus prestigieux invités1.

Il paraît dès lors compliqué, de trouver des points de concordance, d’une part entre cet individu de culture musulmane se pensant français envers et contre tout, et d’autre part, cet autre individu ne se concevant que dans un départ phantasmé toujours repoussé vers une terre d’Islam à définir. Entre ce musulman qui, quoi qu’il en dise reste très marqué par les origines de ses aïeuls et ne voit sa pratique qu’au travers du prisme d’une culture propre et d’une nation d’origine à laquelle il faudrait rester fidèle, et cet autre musulman imprégné d’un Islam politique et militant transnational ignorant les frontières. Entre ce converti dans le seul but de ne pas froisser le père de la mariée déjà bien déboussolé d’avoir vu ses enfants grandir trop vite dans un pays qui n’est pas le sien, et cet autre converti à la démarche spirituelle longue et réfléchie. Entre ce « ré-islamisé » issu d’une famille peu ou pas pratiquante à l’Islam revendicatif et ce « toujours islamisé » issu d’une famille conservatrice aux valeurs biens définies. Ces réalités ne sont évidemment pas exhaustives, il en existe bien d’autres, avec des évolutions d’une catégorie à l’autre plus ou moins significatives.

De leurs positionnements respectifs, tous, voient l’Islam et conçoivent leur environnement de manières différentes. Bien malin aujourd’hui celui qui prétendrait trouver dans le cerveau du musulman le bouton sur lequel appuyer pour obtenir un comportement uniforme.

Au-delà des différences…

Et pourtant, nier qu’il existe bel et bien un comportement électoral des citoyens de confession musulmane qui sur bien des points est uniforme, reviendrait à rejeter les règles élémentaires de sociologie ou de psychologie. Sans nous risquer à discuter des différentes études menées sur le comportement électoral depuis des décennies maintenant, il est possible d’affirmer sans risque que le jugement politique d’une personne est défini par un certain nombre de facteurs. Lorsque ces facteurs sont identiques, il existe une forte probabilité de produire un même comportement. Bien entendu il s’agit de sciences humaines et non de sciences dures, les résultats ne sont pas aussi précis que dans une équation mathématique, c’est pour cela qu’il convient de parler de « forte probabilité » ou de « tendance ». Voilà pourquoi il est fait état d’un vote « ouvrier », « paysan », « jeune », ou encore « catholique ». Il n’y a en cela aucune réduction de l’individu à un attribut spécifique unique, mais seulement une étude de facteurs influents.

A titre d’exemple, lors de l’élection présidentielle de 2008, les « catholiques pratiquants » se sont prononcés à 77% pour Nicolas Sarkozy au détriment de Ségolène Royal, alors que chez les « non-pratiquants » le pourcentage s’élevait à 62%2. Justifier ces chiffres (sans appel) par le seul fait que ces tranches de la population étaient plus sensibles aux réductions d’impôts sur les transmissions d’héritage serait faire une analyse grotesque de la situation. Pour le coup, se serait « réduire » le comportement électoral au seul gain escompté. Si cette vision de l’intérêt espéré existe bel et bien, elle n’est pas suffisante pour expliquer un choix. Et ceci pour la simple et bonne raison, que l’Homme n’est pas une machine rationnelle à l’extrême, calculant les pertes et les profits escomptés avant chaque acte. Il est aussi et surtout un être complexe, avec un système de valeurs élaboré au cours de nombreuses années d’éducation véhiculées par plusieurs vecteurs tels que la famille, l’école, le milieu socio-culturel, les rencontres, les expériences etc. En un mot, il est le fruit de son environnement culturel, professionnel et social.

Le citoyen musulman n’est pas en cela différent des autres composantes de la société, il est lui aussi le résultat de tout cela. Et quoi qu’on en dise il existe aujourd’hui des facteurs communs à une grande partie des musulmans qui peuvent produire un ou plusieurs comportements en partie semblables. L’erreur à ne pas commettre serait d’identifier de mauvaises corrélations. Ne pas en identifier du tout, relèverait de l’aveuglement. Il serait possible de dire par exemple, qu’il existe une corrélation entre les musulmans et certains goûts alimentaires, de telle sorte que l’on pourrait identifier des habitudes alimentaires communes aux citoyens de confession musulmane qui seraient par ailleurs différentes du reste de la population. Affirmer ensuite que ces habitudes tirent leurs origines de leur conviction religieuse serait de la bêtise. Nier ces points communs serait du pur déni. En revanche, l’expliquer en faisant le lien avec l’origine de la majorité des musulmans de l’Hexagone, à savoir le bassin méditerranéen, serait un début d’analyse sérieuse.

Certes, de nombreux facteurs vont entrer en ligne de compte dans la formulation d’un choix électoral. Toutefois, le citoyen de confession musulmane qu’il soit ouvrier ou chef d’entreprise, déscolarisé très tôt ou doctorant, politisé ou simple citoyen, pratiquant ou profane, aura une vision différente de la question du voile si ce dernier est associé à l’habit de sa grand-mère aimante, le prenant dans ses bras lorsqu’il était chagriné.

Semblablement, il aura une vision tout aussi différente, de la guerre en Afghanistan selon qu’il associe le turban, n’ont pas à une image d’Oussama Ben Laden largement diffusée au lendemain du 11 septembre 2001, mais plutôt au « tabligh3 » souriant, sentant le musc, et ayant par son action, vidé le hall de son immeuble des jeunes s’y réunissant très tard pour fumer et boire. De même, la perception du conflit Israélo-palestinien sera tout autre, si le lanceur de cailloux ressemble physiquement à son petit frère, ou encore si le visage de femmes pleurant la destruction de leurs maisons, ressemble à celui de sa propre mère, de ses sœurs ou de ses tantes.

Enfin, la vision de l’écologie sera foncièrement différente, s’il n’a connu que le béton d’une cité HLM, tout comme celle de la crise économique sera différente selon le degré de précarité matérielle ancrée en lui depuis déjà plusieurs décennies.

Toutes ces valeurs, ces sentiments, ces souvenirs, ces sons, ces odeurs, imprimés en lui, influeront consciemment ou inconsciemment son opinion et son comportement. Et beaucoup de ces concepts, ces valeurs, ces souvenirs, ces sons, ces odeurs sont communs à une large part des citoyens de confession musulmane.

La question pertinente n’est donc pas de savoir s’il existe un vote « musulman », nous renvoyons pour cela aux études de sociologie électorale produites depuis environ un siècle4, ainsi qu’aux études psychologiques, mais plutôt de savoir quelle est sa dynamique propre.

Il en résulte donc, que ce n’est pas un bouton magique caché dans l’esprit du musulman qui produira un jugement politique donné, mais bien un ensemble de manettes aux fonctionnements complexes et précis à manier avec précaution.

Notes

1 http://www.lepoint.fr/societe/la-france-interdit-son-territoire-a-des-predicateurs-extremistes-29-03-2012-1446417_23.php

2 Source : Panel électoral français 2007, vague 2, CEVIPOF/Ministère de l’intérieur.

3 Mouvement piétiste originaire d’Inde fondé dans les années 20 basé sur la rencontre directe avec les musulmans sur leur lieu de vie pour les ramener vers une vigueur religieuse plus intense.

4 Nous pouvons citer l’étude d’André Siegfried, Tableau politique de la France de l’Ouest sous la 3ème République (1913), qui va étudier les comportements électoraux en fonction de la pratique religieuse et même de la nature de la terre travaillée par le paysan
!

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 15:28

DE LA DECENTRALISATION
La décentralisation défend la souveraineté populaire et l'indivisibilité de la République tunisienne, à ce sujet elle fera office de référendum permanent sur le vouloir et les désirs de la grande majorité du peuple tunisien. elle tend à organiser le pouvoir de façon très transparente et très collective, et dénigre d'une façon pratique et pointue toute forme de bureaucratie et de centralisation , afin que le pouvoir politique qui engage l'avenir des tunisiens et de la Tunisie ne soit pas entre les mains d'une petite élite de techniciens, l'éternelle et froide technocratie conformiste et liberticide des technocrates qui ne militent et n'existent que pour étendre leur compétence à tous les échelons géographiques et à tous les domaines de la vie sociale du pays, afin de les rendre uniformes, c'est à dire soumis et faibles, conditionnés et exploités, sous prétexte, de combattre le régionalisme, mais qui en réalité dans leurs stratégies, ils ne cessent de dégénérer les institutions, partout dans le monde c'est le même schéma, essayons d'éviter à notre pays les affres de cette morbide léthargie, qui d’autre projet que d'essayer de dominer la vie publique dans une stratégie de castes aliénés à des intérêts souvent contraires à l'intérêt national, l'intérêt des tunisiens.
Notre décentralisation doit être menée dés le début, juste après la période de transition et les élections tambour battant pour rompre radicalement avec les anciennes pratiques, elle doit surtout être innovante et singulière, une décentralisation à la tunisienne, nous avons le devoir d'être une référence et l'expérience par excellence en ce domaine du champs social et politique, une politique claire, transparente et radicale, de transfert des attributions de l’Etat de droit, vers nos collectivités territoriales et nos institutions publiques, à établir, pour qu'elles disposent d'un pouvoir juridique et d'une autonomie financière totale. Le transfert de ces attributions, qui resteront néanmoins sous la surveillance indirecte de l'Etat de Droit, juste pour la conformité avec les lois et les textes votés au parlement tunisien souverain, et qui permettront à l’Etat républicain tunisien de décharger ses administrations centrales et de confier les responsabilités au niveau le plus adapté, et là, le travail de tout député, de tout élu aura un sens.
La décentralisation gagnerait, par la volonté populaire, à être le fait politique majeur de la démocratie tunisienne naissante, et doit viser à donner aux collectivités locales des compétences propres, distinctes de celles de l'État, à faire élire leurs autorités par la population, par petits secteurs de proximités entre les élus et les contribuables, et à assurer ainsi un meilleur équilibre des pouvoirs sur l'ensemble du territoire de la république tunisienne. La décentralisation rapproche le processus de décision des citoyens, favorisant l'émergence d'une démocratie de proximité, une démocratie directe et participative qui mobilise les citoyens et génère leur ferveur dans la dignité et l'honneur. Elle est une notion bien distincte ; elle vise à améliorer l'efficacité de l'action de l'État en transférant certaines attributions de l'échelon administratif central aux fonctionnaires locaux, c'est à dire aux élues locaux et jusqu’aux conseils de quartiers, aux directeurs départementaux des services de l'Etat et à leurs subordonnés. La décentralisation donne un réel pouvoir économique aux régions, aux gouvernorats et aux mairies. C’est un réel progrès de la démocratie et de la citoyenneté; à la seule condition que la question du partage du pouvoir politique ne soit pas de de l’ordre de la rhétorique mais de l’action, comme la réforme la plus importante qui doit être entreprise par l'Etat tunisien démocratique. Le processus de reforme politique de l ’État tunisien doit absolument aboutir, pour pérenniser la démocratie en Tunisie et mobiliser tous les tunisiens à la restauration matérielle, culturelle et morale de leur pays, avec responsabilité et en assumant pleinement leur nouveau statut de citoyens libres. Cela oblige le politique et le citoyen aussi à veiller à ce que tout changement dans le maillage territorial implique une nouvelle structure de pouvoir, nous devons penser désormais autrement notre citoyenneté, de serfs nous sommes passé à citoyens ayant des droits et des devoirs, la situation n'est plus la même, les possibilités sont nombreuses pour rejoindre le progrès, et les potentialités tunisiennes sont énormes, il suffit que le bon sens s'impose et que les compétences s'expriment, car malheureusement le devant de la scène est toujours piraté par les charognards de la réaction. Le territoire tunisien doit devenir absolument le cadre géographique dans lequel évolue la collectivité humaine qui constitue l’État. L’Etat républicain et démocratique tunisien, après cette nécessaire transition pour l’élaboration d’une constitution moderne transition, devra penser son architecture et son mode de fonctionnement d'une façon moderniste osée, hardie et surtout transparente, pour mobiliser vraiment les tunisiens. Pour cela il est souhaitable d’élargir des formes de partenariat entre l’Etat, la société politique et la société civile, afin de diversifier les modes d’action et de partage du pouvoir. L'affaiblissement du centralisme de l’Etat ne signifie pas son dépérissement, il garde sa place comme garant de la cohésion territoriale, politique et social, mais ni lui ni ses institutions ne peuvent rester immobiles dans une société en pleine mutation et dans un monde en plein changement. Décentraliser c'est donner aussi du pouvoir politique et de la capacité d’action à des groupes sociaux minoritaires qui sont totalement exclus du processus de décision, et c'est à ce niveau que la décentralisation devient la formulation politique du processus démocratique par excellence, et à ce niveau se pose l'essentielle question de savoir quelles sont les marges de manœuvre dont dispose l’État aux différents niveaux (national, régional, municipal) pour mettre en place ses politiques publiques et élaborer une véritable politique économique d’inclusion sociale. Les rapports entre l’Etat tunisien et la société tunisienne se trouveront apaisés par les perspectives de la démocratie représentative, il est plus urgent que jamais de réformer nos rapports à l’Etat en explorant les voies d’une relation nouvelle qui respecteront les institutions et le droit. Dans cette logique, la démocratie représentative et la démocratie participative, loin de s’opposer, se complètent pour densifier le lien social et la fraternité en réhabilitant la politique. L’enjeu est de mettre en place une cogestion entre démocratie représentative et démocratie participative, où les uns et les autres pourront agir en concertation, pour un autre développement territorial intégré et solidaire capable d’affronter l'avenir.
Le gouvernement et le parlement tunisiens élus par le peuple doivent comprendre que pour bâtir ce partenariat il faut accepter que les rapports de pouvoir soient ouverts à la contestation démocratique. Il n’existe pas de développement sans une approche globale et intégrée de la réalité et sans la participation active de la citoyenneté politique. Plus les personnes associées au plan de développement territorial seront nombreuses et représentatives de la diversité sociale, plus la participation sera forte. Alors seulement, les experts du développement local, les intellectuels de la démocratie participative, les professionnels employés par les élus politiques pourront contribuer à redonner vie à la démocratie en permanence, en Tunisie. Alors seulement, les dispositifs de concertation seront réels et permettront d’approfondir les questions qui inquiètent nos concitoyens de façon organisée. Alors seulement, les citoyens pourront être acteurs d’un nouveau développement. L’enjeu est bien de créer des espaces de concertation et d’inclusion politique avec les organisations sociales, en mobilisant les savoirs associatifs, les représentants du monde politique, d’entreprises privées et publiques, des proviseurs de lycées, des présidents d’université, des syndicats, des magistrats, des membres issus des administrations publiques et du monde de la recherche. C’est au travers de tels échanges de savoirs et d’expériences, que nous pourrions analyser et imaginer des réponses concrètes à la crise sociétale à laquelle nous sommes confrontés. L’élargissement des champs de la concertation entre les différents acteurs du développement est impératif. Il ne doit pas se limiter à la simple consultation des citoyens, mais se construire à partir de leur participation dans la formulation des projets et l’élaboration des prises de décisions. Apprendre à se concerter dans l’exercice du pouvoir est nécessaire, parce que la démocratie représentative peut être à tout moment en panne.
Nous ne pourrons construire une Tunisie vraiment citoyenne et participative si nous n’arrivons pas à renouveler notre système de représentation politique.
Nous devons absolument nous mobiliser pour que la démocratie participative, directe et de proximité, ne soit à la merci lobbying politique perverti plutôt que d’une vraie participation à l’élaboration et la mise en œuvre des choix collectifs. La volonté de réconcilier élus et citoyens en rapprochant ces derniers de la vie politique et des processus de choix démocratique, sur un territoire, doit devenir une évidence pour les tunisiens. Entre la rhétorique et la pratique de n’importe quel gouvernement, le paradigme de la démocratie locale, participatif et citoyenne, devra devenir la norme dans les expertises de management local de la décision. Le devenir citoyen est largement conditionné par les réalités locales. Cela présuppose que le citoyen tunisien, deviendra un citoyen-acteur engagé et abandonnera sa passivité d’usager ; un citoyen qui assumera ses responsabilités et qui se mobilisera quand ses droits seront bafoués, mais aussi et c’est important, qui sera capable de proposer des alternatives et acceptera de participer à la modernisation de l’Etat. Les citoyens ne seront pas seulement des usagers des services publics fournis par l’Etat, ils ont aussi des droits et des devoirs envers l’Etat et la collectivité. Et en tant qu’usagers, ils seront les mieux placés pour savoir ce dont ils ont besoin, au moins au niveau local. Décentraliser pour démocratiser l’Etat suppose des rapports équilibrés entre représentants de la société civile et représentants de la société politique. C’est aussi un moyen pour les citoyens acteurs de conquérir leur « empowerment » ( empouvoirment ) afin de démocratiser le pouvoir. Chaque citoyen organisé peut alors participer, en tant que sujet politique, aux transformations sociales. La participation comme « empowerment », signifie que les groupes et les personnes qui étaient exclus du processus de décision en ont pris conscience et voudront entrer dans l’espace politique et inventer des possibilités d’action collective qui promeuvent ces changements. La participation, tout comme la liberté et la démocratie, ne sont solidement acquises que si elles sont le résultat d’un effort collectif. En valorisant le débat, l’inclusion des acteurs dans la prise en compte de leurs arguments, ce type de négociation concertée renforce la démocratie représentative et donne de la légitimité politique à agir pour l’intérêt collectif. A partir du moment où les citoyens et citoyennes sont mobilisés, organisés, formés et informés pour participer à l’élaboration et à la mise en place d’un plan territorial intégré et durable, les chances d’avoir un pays meilleur seront décuplées.
La décentralisation est aussi un processus qui concilie l’écologie, l’économique et le social. Elle établit un cercle vertueux entre ces trois pôles : un développement économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable. C’est en ce sens que les démocrates devront agir, au niveau régional et municipal, pour un développement territorial intégré et solidaire, qui repose sur une nouvelle forme de gouvernance, où la mobilisation et la participation de tous les acteurs de la société civile aux processus de décision doivent prendre le pas sur le simple échange d’informations. Ce type de développement est compatible avec les valeurs de justice sociale, de respect des droits de l’homme, de juste partage du progrès économique, à notre révolution afin de promouvoir la démocratie participative et rénover l’approche citoyenne. En ce sens le développement durable par la décentralisation est incompatible avec le néolibéralisme et une rupture totale avec le népotisme, le féodalisme mafieux prôné par la dictature qui a saigné la Tunisie pendant plus de cinquante ans. La décentralisation devra fondamentalement avoir un rôle de renforcement de la démocratie et de la solidarité territoriale. Son véritable but est plutôt de désengager l’Etat en transférant de nombreuses compétences aux collectivités territoriales en leur donnant dans un premier temps, le temps d’investir et de produire les moyens de financer leurs nouvelles charges. L’Etat central devra être toujours garant de la solidarité nationale, et capable d’assurer l’équité entre les différentes collectivités. Ainsi les inégalités territoriales cesseront de grandir en termes sociaux et économiques et aussi en termes environnementaux. Quand à l’environnement ne devra pas être un sujet à part, qui relève d’une démarche isolée, mais au contraire il faudra l’appréhender par le biais d’une vision systémique du développement territorial se fondant sur la recherche d’intégration et la mise en cohérence de politiques sectorielles. Ceci impose un traitement conjoint des effets économiques, sociaux et environnementaux de toute politique ou action humaine. Refuser les inégalités territoriales, c’est continuer à se mobiliser pour une société équitable, contre la pauvreté ou toute autre forme d’exclusion et exiger le maintien de l’Etat pour garantir des services publics de qualité. Un aménagement territorial équitable signifie, aussi, une meilleure distribution du pouvoir, sans exclusion sociale ni géographique, afin de créer une synergie solidaire entre les territoires. Pour cela il faut élaborer des instruments efficaces de développement et de lutte contre la pauvreté, tout en conciliant ce qui est, pour la droite, inconciliable: croissance économique, respect des écosystèmes, protection environnementale et sociale assurant un avenir pour la Tunisie et son espace de vie régional et universel.
La décentralisation démocratique sera, vitale et fondamentale pour la Tunisie je pense, elle ne peut être effective et surtout efficace et représentative d'un progrès social et politique évident que dans la plus totale subsidiarité, cette dernière viendra s'ajouter à l'action civique et citoyenne générale du pays, pour le renforcer en profondeur, lui donner cette profondeur de la légitimité publique et politique, bien au delà de l'aspect technocratique et administratif de l'état. Décentraliser à l’extrême, c’est établir un cordon sanitaire et civique contre toute forme de tentation liberticide, et contre le retour de la barbarie, c'est pérenniser la démocratie tunisienne quand toute responsabilité qui engage toute la nation sera prise au plus petit niveau d’autorité publique compétent pour résoudre les problèmes collectifs et généraux. C'est donc, pour l'action publique, la recherche du niveau le plus pertinent et le plus proche des citoyens qui doit en toute circonstance et d’une façon systématique, automatique prévaloir. Elle conduit à ne pas faire à un échelon plus élevé ce qui peut être fait avec la même efficacité à un échelon plus bas. Le niveau supérieur n'intervient que si le problème excède les capacités du niveau inférieur, c'est le simple principe de suppléance. En matière de décentralisation, le principe de subsidiarité conduit l'État à déléguer certains de ses pouvoirs aux Collectivités territoriales, il est à signaler que ces dernières sont le seul véritable antidote au régionalisme absurde, primaire, clanique, tribal et destructeur, qui met à mal la cohésion nationale. Les collectivités locales dépassent le cadre des affects et des calculs, elles sont dans l'obligation du résultat et de la solidarité, elles sont, de fait, mieux à même de les assumer, compte tenu de leur proximité aux citoyens. A l'inverse certaines missions remontent ou restent naturellement au niveau de l'Etat comme la diplomatie, la défense, la police, la justice, la recherche fondamentale, les infrastructures de base, la solidarité et la cohésion nationale, mais dans l'absolu, ces missions aussi peuvent être inspirées par les représentants du peuple qui doivent en toute circonstance être à l'écoute de ce dernier. La décentralisation défend la souveraineté populaire et l'indivisibilité de la République tunisienne, à ce sujet elle fera office de référendum permanent sur le vouloir et les désirs de la grande majorité du peuple tunisien. elle tend à organiser le pouvoir de façon très transparente et très collective, et dénigre d'une façon pratique et pointue toute forme de bureaucratie et de centralisation , afin que le pouvoir politique qui engage l'avenir des tunisiens et de la Tunisie ne soit pas entre les mains d'une petite élite de techniciens, l'éternelle et froide technocratie conformiste et liberticide des technocrates qui ne militent et n'existent que pour étendre leur compétence à tous les échelons géographiques et à tous les domaines de la vie sociale, du pays, afin de les rendre uniformes, c'est à dire soumis et faibles, conditionnés et exploités, sous prétexte, de combattre le régionalisme, mais qui en réalité dans leurs stratégies, ils ne cessent, partout dans le monde c'est le même schéma, essayons d'éviter à notre pays les affres de cette morbide léthargie, d'essayer de dominer la vie publique dans une stratégie de castes aliénés à des intérêts souvent contraires à l'intérêt national, l'intérêt des tunisiens.
Notre décentralisation doit être menée dés le début tambour battant qui rompt radicalement et avec les anciennes pratiques, et qui doit surtout être innovante et singulière, une décentralisation à la tunisienne, nous avons le devoir d'être une référence et l'expérience par excellence en ce domaine du champs social et politique, une politique claire, transparente et radicale, de transfert des attributions de l'Etat de droit, vers nos collectivités territoriales et nos institutions publiques, à établir, pour qu'elles disposent d'un pouvoir juridique et d'une autonomie financière totale. Le transfert de ces attributions, qui restent néanmoins sous la surveillance indirecte de l'Etat de Droit, juste pour la conformité avec les lois et les textes votés au parlement tunisien souverain, permet à cet Etat républicain de décharger ses administrations centrales et de confier les responsabilités au niveau le plus adapté.
La décentralisation gagnerait, par la volonté populaire, à être le fait politique majeur de la démocratie tunisienne naissante, et doit viser à donner aux collectivités locales des compétences propres, distinctes de celles de l'État, à faire élire leurs autorités par la population, par petits secteurs de proximités entre les élus et les contribuables, et à assurer ainsi un meilleur équilibre des pouvoirs sur l'ensemble du territoire de la réplique tunisienne. La décentralisation rapproche le processus de décision des citoyens, favorisant l'émergence d'une démocratie de proximité, une démocratie directe et participative qui mobilise les citoyens et génère leur ferveur dans la dignité et l'honneur. La déconcentration est une notion bien distincte ; elle vise à améliorer l'efficacité de l'action de l'État en transférant certaines attributions de l'échelon administratif central aux fonctionnaires locaux, c'est à dire aux élus locaux et aux conseils de quartiers, aux directeurs départementaux des services de l'Etat et à leurs subordonnés
La décentralisation donne un réel pouvoir économique aux régions, aux gouvernorats et aux mairies. C’est un réel progrès de la démocratie et de la citoyenneté ; à la seule condition que la question du partage du pouvoir politique ne soit pas de de l’ordre de la rhétorique mais de l’action, comme la réforme la plus importante qui doit être entreprise par l'Etat tunisien démocratique. Le processus de reforme politique de l ’État tunisien doit absolument aboutir, pour pérenniser la démocratie en TUNISIE et mobiliser TOUS les tunisiens à la restauration matérielle, culturelle et morale de leur pays, avec responsabilité et en assumant pleinement leur nouveau statut de citoyens libres Cela oblige le politique et le citoyen aussi à veiller à ce que tout changement dans le maillage territorial implique une nouvelle structure de pouvoir, nous devons penser désormais autrement notre citoyenneté, de serfs nous sommes passé à citoyens ayant des droits et des devoirs, la situation n'est plus la même, les possibilités sont nombreuses pour rejoindre le progrès, et les potentialités tunisiennes sont énormes, il suffit que le bon sens s'impose et que les compétences s'expriment, car malheureusement le devant de la scène est toujours piraté par les charognards de la réaction. Le territoire tunisien doit devenir absolument le cadre géographique dans lequel évolue la collectivité humaine qui constitue l’ État. L’ Etat républicain et démocratique tunisien post cette calamiteuse transition doit penser son architecture et son mode de fonctionnement d'une façon moderniste osée, hardie et surtout transparente, pour mobiliser vraiment les tunisiens. Pour cela il est souhaitable d’élargir des formes de partenariat entre l’Etat, la société politique et la société civile, afin de diversifier les modes d’action et de partage du pouvoir.
Notre démocratie pour être un sanctuaire pour tous les tunisiens, et une démocratie totale, n'a d'autre choix que décentraliser les centres de pouvoir à leurs extrêmes limites en transférant l'autorité et les responsabilités de fonctions publiques, de l'administration centrale, vers les organisations gouvernementales subordonnées ou quasi autonomes, et laisser aux régions et leurs représentants élus la gestion de leur quotidien . Bien sûr c'est un débat ouvert mais urgent qui doit se définir entre les politiques et les technocrates pour analyser soigneusement la portée de la décentralisation avant d'entreprendre la réorganisation des systèmes financiers, administratifs ou de prestation de services. Il existe plusieurs types de décentralisation, l'idéal est de les englober tous dans un grand système de réformes judicieuses et de les adapter aux réalités tunisiennes ; De la décentralisation politique, administrative, à la décentralisation des finances et la décentralisation du marché, l'essentiel est de travailler dans une approche globale de la question.
-La décentralisation politique confère aux citoyens et à leurs élus des pouvoirs de décision statuaire et importants. Elle coule du pluralisme politique d'un gouvernement central représentatif et démocratique. Elle donne aux citoyens une influence certaine dans la formulation et l'exécution de la politique de l'administration dans son sens le plus large. Les décisions prises avec une plus grande participation citoyenne sont toujours fondées, légitimes, représentatives et répondent mieux aux besoins des intérêts divers de la société que celles prises uniquement par les autorités politiques au niveau central. En plus, la décentralisation politique permet aux citoyens d'être dans la proximité immédiate de leurs élus locaux et permet à ces derniers de mieux connaître les besoins et les aspirations de leurs électeurs.
-La décentralisation politique nécessite souvent des réformes constitutionnelles ou statutaires, la création d'un système politique pluraliste, le renforcement de la législature et l'encouragement de groupes d'intérêt public.
-La décentralisation administrative c'est la répartition, à différents échelons du pouvoir exécutif, de responsabilités et de ressources financières, pour gérer à bon escient et assurer la fourniture de services publics au niveau local avec rigueur et efficacité. C'est le transfert de responsabilité de la planification, du financement et de la gestion liée à certaines fonctions du pouvoir central et de ses organes vers des unités d'administration, sur le terrain, des cellules ou niveaux subalternes de l'administration, des autorités publiques semi-autonomes, des municipalités ou des régions.
La Décentralisation des Finances est un fondement premier de la décentralisation. Pour que les administrations locales et les organisations privées puissent exercer de manière efficace les fonctions administratives décentralisées, elles doivent disposer de revenus d'un niveau adéquat - provenant soit de source locale, soit d'un transfert du gouvernement central - de même qu'elles doivent avoir le pouvoir de décision concernant les dépenses. Pour les collectivités territoriales la décentralisation des finances peut impliquer : a) autofinancement ou recouvrement de coûts en faisant payer les usagers pour les services fournis; b) cofinancement ou arrangements de coproduction par lesquels les usagers participent à la fourniture des services et de l'infrastructure par des contributions financières ou de main-d’œuvre; c) augmentation de recettes locales par les taxes sur les propriétés ou sur les ventes ou encore par les impôts indirects; d) transferts inter-administrations qui envoient une portion des recettes générales des impôts perçus par le gouvernement central vers les administrations locales pour des besoins généraux ou spécifiques; e) autorisations aux municipalités d'emprunter et mobilisation de ressources du gouvernement national ou local (moyennant des cautions). Dans beaucoup de pays en développement, les administrations locales ou les unités de l'administration centrale ont le pouvoir de prélever des impôts mais leurs recettes fiscales sont si peu et leur dépendance des subventions du gouvernement central si forte qu'aucune tentative n'est faite pour exercer ce pouvoir.
La Décentralisation Economique ou Décentralisation du Marché.
Les formes de décentralisation les plus complètes sont la privatisation et la dérégulation car elles transfèrent les responsabilités des fonctions administratives du secteur public au secteur privé. La privatisation et la dérégulation sont, généralement, mais pas toujours, accompagnées de libéralisation économique et de politiques de développement du marché. Elles permettent que des fonctions qui relevaient primordialement ou exclusivement du pouvoir central soit exercées par le secteur privé, les communautés, les coopératives, les associations volontaires privées et d'autres organisations non gouvernementales, cela tient d'une forme de socialisme libéral, libéral est compris ici dans son sens originel altruiste, solidariste, compétitif et libre dans les limites juridiques de l'état de droit.
La décentralisation joue des rôles importants dans l'augmentation de la participation des citoyens dans les activités politiques, économiques et sociales dans les véritables démocraties. Là où elle fonctionne efficacement, la décentralisation contribue à atténuer les goulots d'étranglement dans les prises de décisions, ces derniers étant souvent causés par la planification centrale et le contrôle d'importantes activités économiques et sociales du gouvernement central. La décentralisation réduit des procédures bureaucratiques complexes et impose en temps réel à l'attention des officiels une vue d'ensemble très précise sur les conditions et les besoins locaux. De plus, la décentralisation peut aider les ministères des gouvernements à atteindre un plus grand nombre de collectivités à servir; permettre une plus grande représentation politique des divers groupes politiques, ethniques, religieux et culturels dans le processus des prises de décision; libérer les hauts responsables des tâches de routine afin qu'ils puissent se concentrer sur les politiques de fond. Dans certains pays, la décentralisation peut, rendre plus efficace la coordination des programmes nationaux, étatiques, provinciaux, locaux et même internationaux et peut créer de meilleures possibilités de participation des citoyens dans les prises de décisions, elle peut mener à des programmes plus créatifs, plus innovateurs et plus sensibles aux besoins locaux. Elle peut aussi accroître la stabilité politique et l'unité nationale en permettant aux citoyens de mieux contrôler les programmes publics au niveau local.
La décentralisation territoriale, celle où la possibilité est laissée aux collectivités humaines naturelles qui sont les agglomérations, les régions géographiques : elles vont choisir elles-mêmes celles qui vont régler les problèmes locaux : les communes, les départements, les régions.
Dans le second cas, on parle de décentralisation technique, où on laisse la possibilité à certaines activités de s' autogérer : les universités, les hôpitaux.
La démocratie tunisienne doit légitimer l’autonomie locale, le gouvernement local comme instrument nécessaire à la régulation et à la stabilisation du système politique dans le secteur d’intervention des autorités locales, la capacité décisionnelle des autorités locales, l’accès des élus au pouvoir central. C'est même la condition sine qua non pour maîtriser la croissance urbaine, Aménager le territoire rural et équilibrer l’emploi sur le territoire national.
Notre politique de la ville en général devra respecter un ensemble de mesures, un ensemble de procédures et de pratiques spécifiques orientées d’abord en direction des quartiers, à définir comme prioritaire à partir de critères statistiques, des critères qui soulignent l’état que ces quartiers vont avoir par rapport à la moyenne nécessaire et qui devra être définie par des instruments de mesures scientifiques.
La politique de la ville en désignant les quartiers va impulser une dynamique collective qui va permettre de construire progressivement une réponse concertée aux difficultés sociales, économiques et urbaines de ces quartiers. Une politique de la ville doit être une réponse aux difficultés de toute nature qui affectent une partie de ses habitants et de ses territoires et qui excèdent les seuils d’acceptabilité admis au regard de l’état général de la société et de ses principes directeurs, une population qui vit dans la précarité et dans la grande pauvreté. Mais il existe une très grande diversité de situation de précarité et plus encore de processus qui vont conduire vers cette précarité. Donc L’accent devra être mis sur les accidents, les ruptures qui jalonnent chaque trajectoire individuelle telle que les licenciements, maladies, éclatement de la cellule familiale. La politique de la ville aura un double caractère, elle devra être à la fois interministérielle et contractuelle. Par ce double caractère, elle mettra en jeu autour de l’Etat des acteurs territorial et de nombreux intervenants ou partenaires périphériques. Les instances nationales et les instances locales.

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 16:15

Du développement durable

Les aspects essentiels du développement durable, sur les capacités de la Tunisie et les inégalités d'accès du plus grand nombre de tunisiens aux ressources posent des questions politiques et d'éthiques fondamentales et cruciales.

Le modèle économique de la mondialisation n’est pas viable pour la Tunisie nouvelle, il tient du néo libéralisme le plus pervers et socialement le plus injuste et le plus destructeur, il était parfait pour la sanguinaire dictature qui a saigné plus de 50 ans, et aux néocolonialistes, car il répondait pleinement à leur vision maffieuse de l’économie, de la spéculation et de la spoliation, celle de la prédation, du pillage et de l'exploitation des volontés et des biens par la violence, le détournement et la forfaiture, toutes ces dégénérescences et ce népotisme barbare qui ont réduit la majorité du peuple tunisien à la misère matérielle et morale, à la prostitution, au clientélisme et à la précarité, car il est irrespectueux de notre histoire, de nos attentes, de notre humanité, de notre environnement, irrespectueux d'un devoir vis-à-vis des êtres à venir, des vies potentielles et « vulnérables » qu'ils menacent et il exige de l'Être tunisien, à l'Homme des exigences, et des responsabilités contre nature qui dépassent ses possibilités et flouent, défigurent son ambition naturelle de vivre une vie libre et confortable. Depuis, l'un des thèmes de la politique qui interpelle les démocrates tunisiens soucieux de l’intérêt général de la Tunisie est celui du développement durable et de l'écologie, des vérités qui interrogent sur la place de l'homme dans la nature et de la Tunisie dans le monde. Le développement durable correspond à un nouveau paradigme scientifique, au sens strict du terme, radicalement, pour nous imposer une nouvelle représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie, qui comporte une matrice disciplinaire, et un courant de pensée qui ne récuse ni notre culture arabo-musulmane, ni nos acquis multiculturels; Une philosophie, une spécificité tunisienne dont les lois ne doivent pas être confondues avec celles d'un autre paradigme et qui, le cas échéant, peuvent aussi faire obstacle à l’introduction de nouvelles solutions mieux adaptées, nos choix ne doivent pas être figés dans le temps et l'espace, mais doivent être dans le mouvement et le progrès et le fruit d'autres expériences réussis, proportionnellement, et à l'échelle dans notre petit pays, qui pour pérenniser la démocratie se doit de trouver des solutions adéquates sur le très court terme tellement les attentes sont énormes et les risques aussi, tellement les contre révolutionnaires et les nostalgiques de la dictature qui vomissent l'état de droit, la justice et la démocratie, sont à l'affût et en embuscade, prêts à plonger la Tunisie dans les affres de leur barbarie.

Et comme le dit Dumont il faut désormais « agir local, penser global » pour nous autres tunisiens, cela doit être une stratégie pour agir sur les problématiques de développement durable. Elle montre que la prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux nécessite de nouvelles heuristiques, qui intègrent le caractère global du développement durable. Elle signifie que l'environnement est une partie de l'économie et qu'une économie juste et équilibrée ne peut être dans un environnement chaotique, en jachère et déréglé.

Notre prise de conscience nationale et collective doit comprendre que de la finitude écologique de la Terre doit entraîner dans nos représentations sociétales et politiques un changement radical de la relation entre notre universel et notre singulier, notre temporel et même notre intemporel, remettre en cause le paradigme moderne classique du fait que dans l'univers systémique de l'écologie, comme la biosphère, c'est à dire l'ensemble des êtres vivants et de leur milieu sur la Terre, qui tient du planétaire et les biotopes, c'est à dire le milieu biologique homogène propre au développement d'une ou plusieurs espèces qui tient lui du local, sont interdépendants.

C'est ainsi que les démocrates modernistes et progressistes tunisiens, qui veulent pérenniser la démocratie et le progrès en Tunisie, doivent sensibiliser l'opinion publique sur les enjeux de l'environnement et du développement durable, il n'y 'a pas de surenchères idéologiques à faire sur la question, il y 'va de l'avenir des tunisiens et de la Tunisie.

Il faut à la Base comprendre que le développement durable, doit, dans notre vieille société, définir des schémas viables qui concilient les trois aspects économique, social, et écologique des activités citoyennes, ces aspects que doivent aujourd'hui et en urgence, tellement plus de 50 ans de dictature ont détruit en profondeur la Tunisie, définis par les collectivités comme par les entreprises et les individus. La finalité du développement durable est de trouver un équilibre cohérent et viable à long terme entre ces trois enjeux. Bien sûr à cela s'ajoute en amont un enjeu transversal, pour être clair, c'est une situation qui recouvre plusieurs domaines de connaissance, indispensable à la définition et à la mise en œuvre de politiques et d'actions relatives au développement durable comme la gouvernance, qui consiste en la participation de tous les acteurs, celle des citoyens, des entreprises, et des associations, et élus au processus de décision ; elle est de ce fait une forme de démocratie participative et directe. Le développement durable n'est pas un état statique d'harmonie, mais un processus de transformation dans lequel l'exploitation des ressources naturelles, le choix des investissements, l'orientation des changements techniques et institutionnels sont rendus cohérents avec l'avenir comme avec les besoins du présent.

Intégrer les enjeux environnementaux implique d'adopter une approche éco systémique, c'est à dire une analyse systémique, un champ interdisciplinaire relatif à l'étude d'objets dans leur complexité, oui, j'insiste sur ce point précis car dans notre situation et avec nos potentialités, l'important est dans l'essentiel et dans la rigueur du détail. Il faut à la base avoir une approche systémique, définir une organisation pour ce qu’elle fait et non pour ce qu’elle est, et décrire cette organisation en termes de correspondance, d’adaptation, de réponse appropriée aux conditions de l’environnement.

Il faut aussi comprendre que la logique de l’approche systémique est différente d’une explication causale, qui tente de répondre aux questions du « pourquoi » et du « comment » concernant les causes relatives aux effets, ainsi qu’aux relations entre les deux. Car en pratique il ne s’agit pas de savoir pourquoi quelque chose s’est produit mais de savoir quelles contraintes ont fait que n’importe quoi ne s’est pas produit. L’approche systémique inclut la connaissance des contraintes exercées par le milieu sur les possibilités d’actions, de comportements, d’agencement et de structure, de devenir, et d'évolution et de l’organisation. Toute cette structure implique une stratégie de développement durable qui doit reposer surtout sur des principes de gestion rigoureuse et transparente.

C'est aussi un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre notre avenir et la capacité des générations futures de répondre aux leurs.

Antoine de Saint-Exupéry: « Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants ».

La nécessité de protéger la diversité des gènes, des espèces et de l'ensemble des écosystèmes naturels terrestres et aquatiques, l'ensemble des êtres vivants de notre milieu. Et ce, notamment, par des mesures de protection de la qualité de l'environnement, par la restauration, l'aménagement et le maintien des habitats essentiels aux espèces, ainsi que par une gestion durable de l'utilisation des populations animales et végétales exploitées, elle est urgente et vitale.

Cette préservation de l'environnement doit être accompagnée de la satisfaction des besoins essentiels en ce qui concerne l’emploi, l’alimentation, l’énergie, l’eau, la salubrité, la santé, l'éducation et la culture. Cela étant, il faut définir ce que sont les besoins des générations présentes, et ce que seront les besoins des générations futures, les définir d'une façon scientifique, les programmer, et les planifier avec rigueur. On pourrait retenir par exemple les besoins élémentaires pour se nourrir, se loger, et se déplacer. Etablir une stratégie globale qui tient de l'efficacité et des techniques plus performantes, c'est à dire des techniques utilisées avec parcimonie; et, vital, l'utilisation de ressources renouvelables, comme l'énergie solaire ou les éoliennes, au travers de projets d'électrification rurale.

Le patrimoine culturel tunisien très important ne doit pas être négligé ou oublié; Il nous fut transmis de génération en génération et faisant preuve d'une grande diversité, malgré les pillages, sa préservation participe grandement à notre équilibre psychologique et psychique en tant qu'Hommes libres, et citoyens à part entière. La culture au sens large, ou l'environnement culturel, s'impose d'ailleurs peu à peu comme un important pilier du développement durable.

Le développement économique de la nouvelle démocratie tunisienne, doit prendre en compte dans une approche globale et coordonnée, non seulement les aspects économiques, mais aussi les évolutions sociales, l'environnement et le fonctionnement démocratique des institutions. Il existe une relation équivoque entre l'économie et l'environnement qui dans l'absolu est une partie de l'économie, et l'économie une partie de l’environnement, dans une logique raisonnée, ils sont complémentaires. il faut informer et communiquer en permanence à ce sujet et expliquer que les investissements des entreprises pour la protection de l'environnement, loin d'être une contrainte et un coût, peuvent apporter des bénéfices par un changement des modes de production et une meilleure productivité.

Il faut réfléchir à bon escient le progrès technique dans le développement économique et leur adaptation à la Tunisie par rapport aux problèmes environnementaux, mais aussi sociaux, car le modèle du capitalisme productiviste dans lequel la mondialisation veut nous pousser est en crise, il n'est pas la solution mais le problème le plus grave. Désormais il est clair que cette nouvelle forme de l'économie capitalisme prédateur n’est pas durable mais plutôt destructrice, car ses modèles qui décrivent l'accroissement de la productivité des facteurs de production génèrent misère, pauvreté et faillite pour le plus grand nombre et de loin.

Il faut aussi souligner qu'à mesure que les améliorations techniques augmentent l'efficacité avec laquelle une ressource est employée, la consommation totale de cette ressource peut augmenter au lieu de diminuer. Ce paradoxe, connu sous le nom d'effet rebond, c'est à dire l’augmentation de la consommation liée à la réduction des limites à l’utilisation d’une technologie, ces limites pouvant être monétaires, temporelles, sociales, physiques, liées à l’effort, au danger, à l’organisation( définition en cours d'économie élémentaire). Il en découle le corollaire suivant : les économies d’énergie ou de ressources initialement prévues par l’utilisation d’une nouvelle technologie sont partiellement ou complètement compensées suite à une adaptation du comportement de la société. C'est le paradoxe de Jevons, baptisé du nom de l'économiste britannique William Stanley Jevons, qui énonce qu'à mesure que les améliorations technologiques augmentent l'efficacité avec laquelle une ressource est employée, la consommation totale de cette ressource peut augmenter au lieu de diminuer. En particulier, ce paradoxe implique que l'introduction de technologies plus efficaces en matière d'énergie peut, dans l'agrégat, augmenter la consommation totale de l'énergie, cela a été vérifié, par un exemple simple et évident pour tout le monde, qui est la consommation de carburant des véhicules automobiles.

Les problèmes environnementaux que nous rencontrons aujourd'hui en TUNISIE, et qui mettent à mal d'une façon dramatique l'économique et le social tunisiens sont dû au fait que le facteur de production terre n'a pas été suffisamment pris en compte dans les approches économiques depuis la décolonisation. Un modèle de développement qui permet de concilier progrès technique, productivité, et respect de l'environnement est donc à repenser à enseigner et à mettre en pratique et en place.

Insister sur la rigueur et maîtriser les variables des taux d'actualisation qui sont les éléments cruciaux de la dynamique économique, en ce qu'ils déterminent les décisions d'investissement de tous les agents économiques : ménages, entreprises, État. Une valeur du taux d'actualisation d'environ en temps réel et soutenue, beaucoup plus faible que celle qui est actuellement pratiquée par exemple, serait nécessaire pour tenir compte des intérêts des générations futures à des horizons relativement éloignés, car il faut le reconnaitre et le dire aux tunisiens, depuis plus de cinquante ans, la Tunisie à été mise en jachère sur tous les plans.

Il est évident qu'une révision approfondie des modèles économiques qui dominent les activités centrales du pays doit s'amorcer, en urgence.

les objectifs du développement durable en Tunisie doivent faire l'objet d'un relatif consensus, car, la nature peut être vue de deux manières, complémentaires: il existe d'une part un capital naturel non-renouvelable à l'échelle humaine, la biodiversité qui est la diversité biologique, et d'autre part des ressources renouvelables comme le bois, l'eau…, à partir de là il faut aussi comprendre que la sphère des activités économiques est incluse dans la sphère des activités humaines, elle-même incluse dans la biosphère; le capital naturel n'est dès lors pas substituable, et ne peut-être remplacé. La stratégie de la Tunisie, donc, en faveur du développement durable demande de promouvoir des modes de production et de consommation plus durables, plus vrais et assurément porteurs de grands projets pourvoyeurs d'emplois, il est donc du devoir de l'état de s'investir pleinement dans ce grand projet humain. Il convient pour cela de briser le lien entre la croissance économique et la dégradation de l'environnement, et de tenir compte de ce que les écosystèmes qui sont un ensemble de vie équilibré, autonome stable et complexe, peuvent supporter, notamment en termes d'extraction de ressources naturelles par rapport au capital naturel disponible, et en termes de déchets.

La Tunisie doit pour cela promouvoir les marchés publics écologiques et transparents, définir avec les parties concernées des objectifs de performance environnementale et sociale des produits, accroître la diffusion des innovations environnementales et des techniques écologiques, et développer l'information et le traçage approprié des produits et services.

Le développement durable peut se décliner de manières complémentaires, au niveau politique, sur les territoires, dans les entreprises, voire dans la vie personnelle de chaque tunisien, tout est question d'éducation et de culture républicaine et démocratique pour le vivre ensemble, pour ce faire il doit d'abord être mis en application sur les territoires, les régions, les villes et les quartiers, puis au sein de l'entreprise et de leurs parties prenantes. Il est évident alors que d'une manière législative, exécutive et l'égale dans le respect de l'état de droit, on doit rester dans l'obligation de faire des enquêtes publiques, à chaque étape, d'impact préalables à l'implantation d'industries polluantes ou pas d’ailleurs, ainsi qu'une administration des eaux et forêts beaucoup plus importante, dotée d'un pouvoir réglementaire et coercitif autonome. Oui il est plus qu'urgent de définir et de mettre en œuvre une stratégie nationale de développement durable qui doit être une nécessité et une obligation juridique pour les entreprises de rendre compte des conséquences sociales et environnementales de leurs activités, par rapport aux exigences de la société civile. Cela doit absolument se traduire par une disposition législative sur la communication dans une loi relative aux régulations économiques, poussant à l'élaboration de rapports de développement durable et l'inclure d'une façon claire dans la constitution tunisienne.

Sur tout le territoire, il faut créer des agences de contrôle avec des cadres assermentés, à l'échelle d'une commune, d'un département, d'une région, d'une communauté de communes ou d'une communauté d'agglomération. Elles doivent être définies juridiquement, décentralisation oblige, en concertation avec les acteurs locaux, dans un cadre de démocratie participative et se dérouler en plusieurs phases, la définition des problématiques et priorités sociales, environnementales et économiques du territoire, l'établissement d'un plan d'action précis ciblant ces problématiques, la mise en œuvre du plan d'action, ainsi que l'évaluation et l’ajustement des actions mises en œuvre.

Puissantes au plan national, créatrices de richesses et consommatrices de ressources, les entreprises ont une capacité d’intervention qui peut se révéler particulièrement efficace en faveur du développement durable, elles participent directement au développement économique par leurs investissements, et à travers les conditions de travail qu’elles proposent à leurs salariés, elles participent aussi à créer ou réduire des inégalités sociales; consommatrices de ressources naturelles, productrices de déchets et génératrices de pollutions, leurs activités modifient plus ou moins profondément l’environnement. Pour le respect d'objectifs de développement durable par les entreprises, spécifiquement on doit leur imposer une responsabilité sociale dans le cadre d'une convention collective claire, simple et stricte...

La responsabilité sociétale des entreprises est un concept par lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales, voire de bonne gouvernance dans leurs activités et dans leur interaction avec leurs parties prenantes sur une base volontaire et pragmatique. En effet, à côté des obligations réglementaires et législatives, existe tout un champ d'actions possibles sur la base du volontariat et qui peut s'appuyer notamment sur des normes techniques élaborées.

Ces d'entreprises doivent se doter de Directions du développement durable, et engager des politiques ambitieuses pour faire évoluer les comportements internes et incarner de manière tangible leurs responsabilités sociale et environnementale.

L’éducation est non seulement un droit de l’homme, mais également comme une condition sine qua non du développement durable et comme un outil indispensable à une bonne gouvernance, à des décisions éclairées et à la promotion de la démocratie et du civisme. L'éducation au développement durable conduit à une prise de conscience plus grande et une autonomie accrue permettant l’exploration de nouveaux horizons et concepts et l’élaboration de méthodes nouvelles en Tunisie, des actions sur l'éducation devront être intégrées dans les stratégies nationales de développement durable, l'éducation au développement durable doit être intégrée dans les enseignements, particulièrement en histoire-géographie, en éducation civique, et dans les sciences naturelles, de la vie et de la Terre. Les entreprises doivent adopter dans leur stratégie des chartes de développement durable exigeantes et spécifiques à leurs productions et ces chartes doivent être respectées à la virgule prés et faisant force de loi. Dans la société civile, ce sont les associations et les organisations non gouvernementales qui seront solliciter pour contribuer le plus à la sensibilisation du grand public et aux respects de ces chartes. Des campagnes de sensibilisation doivent être organisées régulièrement par ces ONG et par l’administration sur des aspects particuliers du développement durable qui sont dans l'urgence.

Le produit intérieur brut est un indice très employé dans les comptabilités nationales pour mesurer la croissance économique, au point de conditionner une grande part des raisonnements et stratégies économiques. On dit que l'on est en croissance ou en récession selon que le PIB est en augmentation ou en diminution. Le PIB est censé mesurer la croissance économique sur le long terme, mais il doit aussi veiller à prendre avec plus de rigueur en compte, la variation du stock de ressources naturelles et même éventuellement fossiles qui est un effet de long terme.

Le PIB actuellement en Tunisie est calculé par agrégation de la valeur ajoutée des entreprises, elle-même calculée en comptabilité nationale en fonction de la production et des consommations intermédiaires. Les indicateurs de développement durable ou les indicateurs demandés par la loi sur les régulations économiques en Tunisie, ne sont pas intégrés dans ces calculs, il est vital de changer ce mode de fonctionnement pour coller aux plus prés aux réalités des tunisiens, et pour pouvoir travailler en amont afin de rectifier toutes les projections qui dévient de la stratégie économique et sociale globale décidée par l'état.

Mais même si la question se pose dans l'absolu de savoir si le PIB (produit intérieur brut) est vraiment une mesure fiable de développement durable, c'est aux tables rondes et aux techniciens d'expliquer les tenants et les aboutissants de cette équation et d’adapter les notions théoriques aux seules pratiques possibles à la situation tunisienne. Et il faut reconnaitre que dans certaines vieilles démocratie que les insuffisances du PIB comme mesure de la croissance sur le long terme est à l'origine du fait que l'on parle maintenant de PIB vert et de croissance verte. Donc, il faut faire figurer le PIB comme l'un des indicateurs de la stratégie nationale de développement durable, et avoir une réflexion sur l'utilisation de nouveaux indicateurs dont l'empreinte écologique, qui est est un indicateur et un mode d'évaluation environnementale qui comptabilise la pression exercée par les hommes envers les ressources naturelles et les services écologiques fournis par la nature. Plus précisément, cette empreinte mesure les surfaces biologiquement productives de terres et d'eau nécessaires pour produire les ressources qu´un individu, une population ou une activité consomme et pour absorber les déchets générés, compte tenu des techniques et de la gestion des ressources en vigueur, et communiquer aux différents partenaires sociaux un indice présentant la pression exercée sur l'environnement, émissions de gaz à effet de serre, réduction des espaces naturels, pollution atmosphérique, production de déchets, utilisation des ressources, consommation d'eau et pollution de l'eau, qui accompagnera la publication du PIB et qui fera office de référence, à l'échelle territoriale et humaine de la Tunisie, avec une décentralisation totale, cela est possible.

La mise en œuvre d'une démarche de développement durable en Tunisie est un processus complexe, qui engage toutes les fonctions de l'état. Il s'agit de mettre en place une véritable gestion de programme transverse, c'est à dire un programme dont les problématiques traversent l'ensemble des programmes sectoriels, avec des correspondants dans les principales entités de l'organisation, en impliquant les parties prenantes dans un modèle économique durable.

Les caractéristiques du développement durable que sont les échelles temporelles et spatiales multiples, et l'interconnexion des problèmes, conduisent à des problématiques nouvelles de recherche et développement, à la recomposition de certains champs de recherche, et à l'apparition de nouvelles disciplines. La réponse aux demandes du développement durable passe par un accroissement des travaux de nature interdisciplinaire, entre sciences de la nature et sciences humaines et sociales. Il est nécessaire de structurer la recherche de manière plus fédérative, en organisant des institutions transversales et nationales qui seront à même de coordonner l'ensemble. La demande d'expertise nécessite souvent la coopération de disciplines différentes. La recherche pour le développement durable nécessite aussi de meilleures données, plus abondantes, et des outils plus performants dans le domaine de la modélisation et de la prospective. La recherche doit imaginer de nouvelles formes de coopération avec les autres acteurs, responsables politiques, entreprises, associations, syndicats, et autres composantes de la société civile.

Sur le plan réglementaire, le développement durable doit absolument se traduire par un ensemble de textes juridiques généraux, qui peuvent être établis au niveau national et au niveau des régions en complément avec un minimum de textes spécifiques à chaque région, pour marquer son autonomie. Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable soutenu par des textes législatifs et un arsenal juridique clair. À cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l'environnement, le développement économique et le progrès social. Les marchés publics, soumis à une réglementation stricte, peuvent intégrer des clauses environnementales et sociales, en vertu d’articles de loi à définir dans un code de marchés public défini constitutionnellement, et une loi sur les régulations économiques, qui doit imposer aux entreprises de produire des rapports d'activité qui rendent compte des conséquences environnementales et sociales de leur activité. Le respect de critères environnementaux, sociaux, et économiques dans l'élaboration des produits d'une entreprise dépend non seulement de ses processus internes, mais aussi de la qualité des produits achetés auprès des fournisseurs de l'entreprise, ainsi qu'en amont de ceux-ci. La performance en matière de développement durable dépend donc de l'intégration progressive de la chaîne d'approvisionnement dans le référentiel de responsabilité sociétale des entreprises concernées. Il est nécessaire de revoir la stratégie achats, par exemple la réduction des coûts, l'élimination des déchets, l'augmentation de l'efficacité énergétique, et la conservation des ressources, en faisant participer les partenaires fournisseurs de l'entreprise, les associations de consommateurs et les représentants syndicaux.

Gérer le développement durable dans les achats peut se faire en tenant compte du coût global d'acquisition qui, outre le prix d'achat, intègre le transport, le dédouanement, les garanties, les coûts de stockage, l'obsolescence, les déchets générés lors de la production et en fin de vie.

L'engagement d'un plan d'action développement durable aux achats répond généralement à des arguments de natures différentes, un argument citoyen, comme moyen d'action en vue de permettre aux générations du présent de répondre à leurs besoins sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs, un argument économique, relatif aux économies d'achat qui proviennent d'une meilleure conception produit, un argument communication, relatif aux risques sur l'image, c'est à dire de la crédibilité et la réputation, un argument légal, consistant en la réponse aux obligations réglementaires qui sont le code des marchés publics dans le secteur public en Tunisie.

La mise en œuvre d'une politique de développement durable dans les entreprises dépend largement de l'utilisation des ressources de l'entreprise. Ces ressources peuvent être des actifs physiques, immobilisations au sens classique du terme, mais aussi des actifs immatériels, les immobilisations incorporelles, cet un actif physique d'utilisation durable qui assure une certaine pérennité à l'entreprise.

L'atteinte des objectifs de développement durable dépend en grande partie de la façon dont les entreprises vont orienter l'action de l'ensemble de ces ressources qui sont les employés, les parties prenantes, et l’organisation. Des réflexions approfondies sur les méthodes d'estimation de la valeur financière des entreprises à travers la notion de capital immatériel, ce patrimoine immatériel qui est un élément non monétaire et sans substance physique, constitué par les informations et connaissances détenues, et ayant une valeur positive, par toute organisation rationnelle.

Les actifs financiers que sont les investissements socialement responsables permettent d'orienter les portefeuilles de valeurs financières vers des actifs qui respectent des critères à la fois environnementaux, sociaux et économiques. Investissement socialement responsable a une vision à long terme de nature à donner des résultats meilleurs que ceux des sociétés qui agissent dans le court terme. Il est encore trop récent et le recul insuffisant pour le vérifier de façon tangible et assez large, mais l’observation des fonds des investissements socialement responsables de par le monde et dans les pays les pays les plus avancés en la matière comme les pays scandinaves, les plus anciens laisse penser que leur rentabilité est comparable, voire parfois meilleure que celle des autres fonds.

La question de la communication sur le développement durable ou, comment sensibiliser l’opinion au développement durable, impliquer les professionnels, et aussi convaincre les décideurs, trouve sa réponse dans la création d'une direction du développement durable qui dépend du ministère de la planification géré par les plus hautes autorités de l'état, qui doit être un poste stratégique dans l'entreprise. Une communication efficace suppose de démystifier le développement durable, et de simplifier sa compréhension. Cela implique de mettre en avant les bénéfices concrets de la démarche, de dresser un constat honnête de la situation, de décrire les initiatives en montrant l’implication de celui qui s'engage, et surtout, de donner les modes d’emploi de son contenu.

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