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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 12:39

 

Les musulmans américains se mobilisent contre l'islamophobie

        
 
 

Les musulmans américains se mobiliseront le 16 janvier devant le Capitole, siège du pouvoir législatif (Sénat et la Chambre des représentants) afin de protester contre l'augmentation des actes islamophobes. Cette marche prénommée « journée au Capitole » est organisée par le CAIR (Conseil pour les Relations Americano-Islamique). Selon le magazine Times, 46 % des Américains estiment que l'Islam incite plus à la violence que les autres religions. En septembre 2011, le blog américain "Danger Room" avait rappelé que le FBI, dans le cadre de la formation de ses agents spécialisés dans le contre-terrorisme, dépeignait l’islam comme une religion par nature radicale et violente. C'est ce même FBI qui enregistre et souligne la croissance fulgurante des actes islamophobes (+13 %), contrastant avec les chiffres de la communauté juive, en baisse de 4%.

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 12:36

 

Un hacker saoudien fait trembler Israël et ridiculise son "héros"

oumma
        
 

Il s’appelle Omar et il est saoudien. La semaine dernière, le hacker publiait près de 400 000 coordonnées bancaires d’individus israéliens (14 000 selon un responsable israélien). Dans un communiqué rendu public, le pirate affirmait : " Salut, c’est 0xOmar du groupe-xp, le plus grand groupe de hackers wahhabites d’Arabie saoudite. Nous sommes des hackers saoudiens anonymes. Nous avons décidé de publier la première partie de nos données concernant Israël ".

Dans ce message, Omar publiait des liens de sites web contenant les coordonnées de cartes bancaires israéliennes utilisées pour des dons à "des rabbins sionistes israéliens". Prenant en dérision les israéliens et leur sécurité bancaire, le jeune informaticien lâchait ironiquement "profitez-en, faites vos achats", faisant référence au " plaisir" d’imaginer "400.000 personnes rassemblées devant des sociétés de cartes de crédit et des banques israéliennes" et au fait de "rendre les cartes de crédit israéliennes non fiables dans le monde".

Par la suite, un histrion israélien avait déclaré avoir identifié l’identité du hacker. La réponse du saoudien, qui ne s’est pas faite attendre, a littéralement humilié le pitre israélien : "Si un étudiant stupide pense qu’il peut me trouver en 8 heures de travail, que fait donc le Mossad ? Mais je suis toujours là et personne ne peut me trouver, soyez en sûr, pas de souci, j’attends".

Déterminé, Omar ne veut pas en rester là. Ses prochaines cibles seraient des sociétés sous contrat avec l’armée israélienne et les systèmes SCADA (Supervisory Control and Data Acquisition) car l’homme veut "affecter Israël financièrement et socialement (en créant des vagues de crise et de panique)".

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 12:16
Le feuilleton tunisien de la ''Grande'' réconciliation palestinienne

Par Marc Femsohn pour Guysen International News -
DR 2012

Le Premier ministre du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a entamé une tournée dans plusieurs pays du Moyen-Orient qui pourrait bien sonner le glas de la tentative de réconciliation palestinienne pourtant célébrée à grands renforts médiatiques, il y a quelques mois au Caire.

Après être passé par l'Egypte pour rencontrer les "Frères", puis par le Soudan pour rendre visite à son ami el Béchir sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crime de guerre, crime contre l'humanité et génocide (excusez du peu), après avoir remercié la Turquie et son Premier ministre islamiste Erdogan pour son combat contre "l'entité sioniste", voilà que notre cher Ismaïl est arrivé dans la nouvelle Tunisie islamiste, accueilli à l'aéroport aux cris de "mort aux Juifs" par une foule en délire.

Notons avec plaisir que la démocratie a remplacé la dictature de Ben Ali : on peut enfin s'exprimer librement en Tunisie, merci Monsieur Juppé…

Il est vrai que le parti Ennahda a dénoncé les "slogans antisémites contraires à l'esprit de l'Islam". Des excuses aussi sincères que celles de la députée Israël Beteïnou Anastasia Michaëli après avoir jeté un gobelet d'eau au visage du député travailliste Rajeb Madjadleh…

Le gouvernement islamiste, en accueillant Haniyeh avant Mahmoud Abbas a déjà réussi à se fâcher avec l'Autorité palestinienne qui a tout simplement rejeté d'un revers de manche dédaigneux et irrité, l'invitation à se rendre à Tunis pour la célébration du premier anniversaire de la "révolution du Jasmin". Ce sera l'anonyme ministre des Affaires étrangères Riyad al-Malki qui représentera les Palestiniens aux festivités.

Mais ce qui rend également furieux Abbas, c'est l'exploitation par Haniyeh de son titre de Premier ministre pour lier son mouvement, le Hamas, aux succès du "printemps arabe", affichant une politique étrangère indépendante de celle de l'AP, enfonçant ainsi un nouveau clou dans le cercueil de la réconciliation palestinienne.

En effet, Haniyeh a rencontré non seulement le chef du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, mais il a également été reçu, en grandes pompes, par le Premier ministre Hamadi Jebali et le président Marzouki, ce qui constitue un incontestable succès pour le Hamas avec lequel le "printemps arabe" semble avoir davantage d'affinités.

Et s'il vous faut des preuves concrètes de la qualité des relations entre Haniyeh et Abbas, je vous les livre : l'absence remarquée d'un représentant officiel palestinien pour accueillir le Premier ministre Haniyeh à l'aéroport de Tunis. Et aussi l'ambassadeur palestinien à Tunis, Salman al Herfi, quittant précipitamment la Tunisie la veille de l'arrivée du chef du Hamas, mais prenant tout de même soin de déclarer : "les autorités tunisiennes ne m'ont pas mis au courant des détails de la visite de M. Haniyeh". En outre, un responsable de l'Autorité palestinienne confie, sous couvert d'anonymat : "cette visite ne sert pas les efforts actuels en vue de la réconciliation palestinienne entre le Fatah et le Hamas, il s'agit d'une faute politique".

Lors de sa visite, Haniyeh a exprimé sa joie en constatant que les temps ont changé : "Israël ne peut plus compter sur des alliés en Egypte, en Turquie et en Tunisie". Il n'a peut-être pas tort, car c'est un fait qu'il devient difficile pour Israël de trouver des points d'appui dans la région. Mais il s'avère que cette tâche est encore plus ardue pour l'Autorité palestinienne après l'humiliation que constitue la visite du chef terroriste de Gaza, surtout lorsqu'on se remémore les relations si chaleureuses entre le Fatah et la Tunisie qui hébergea Yasser Arafat de 1982 à 1994.

La Turquie, l'Egypte et la Tunisie ont chacune des raisons bien particulières d'accueillir affectueusement Ismaïl Haniyeh. Les gouvernements de ces pays souhaitent présenter à leur opinion publique une politique étrangère indépendante, audacieuse, et provocante à l'égard des normes internationales imposées par les Occidentaux. Car comment pourrait s'exprimer la politique islamiste de la Tunisie, par exemple, si ce n'est en caressant diplomatiquement dans le sens du poil un autre gouvernement islamiste frère, par exemple celui de Gaza ?

Pour le turc Erdogan comme pour le tunisien Marzouki, c'est une opportunité de gagner des points de popularité au sein de leur opinion publique, sans grand investissement ou risque politique. Ces gouvernements sont également peu disposés à soutenir un processus de réconciliation palestinienne alors qu'une de deux parties, à savoir les "frères" du Hamas, n'y voient pas grand intérêt.

Cette visite aura donc permis de faire un double constat.

D'une part, la faiblesse actuelle du président de l'Autorité palestinienne et chef du Fatah, Mahmoud Abbas. Deux entités politiques palestiniennes, en dépit de toutes les tentatives de réconciliation, agissent et travaillent aujourd'hui l'une contre l'autre. La première entité, l'Autorité palestinienne, tente d'obtenir une légitimité et une reconnaissance au sein du concert des nations, pendant que l'autre entité, le Hamas islamiste, cherche à conquérir les cœurs du monde arabo-musulman. Deux voies parallèles qui nous permettent de douter qu'elles puissent se rencontrer à court et même à moyen terme.

D'autre part, les faits qui contredisent les grands théoriciens défendant l'islamisme "modéré".

La visite de Haniyeh a prouvé la solidarité des soi-disants gouvernements islamistes modérés avec les terroristes islamistes de Gaza.

Voilà le principal enseignement que l'on peut tirer de "printemps arabe" qui a amené "la liberté", surtout celle de haïr.

 Alors, que pouvons-nous attendre des discussions en Jordanie entre l'émissaire de Binyamin Netanyahou, l'avocat Yitshak Molcho et le négociateur palestinien Saëb Erekat représentant d'un Mahmoud Abbas dont nous venons de constater la faiblesse dans une région en pleine ébullition islamiste d'un "printemps" qui ne finit pas ?

Rien, si ce n'est d'appliquer la bonne vieille doctrine du "wait and see".

Pour Israël, il est urgent d'attendre.

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 12:11

 

Tunisie – Le CPR gagne du galon, Ettakatol boit la tasse


Le CPR a le vent en poupe et Ettakatol est en pleine bérézina. C’est du moins ce qui ressort d’un sondage d’opinion réalisé par l’INS, le syndicat des journalistes et l’Association des sciences sociales. Une enquête répondant à des normes académiques rigoureuses contrairement aux études qui fleurissent et dont certains répondent à des contraintes commerciales donc tendancieuses politiquement, tiennent à clarifier les réunis jeudi 12 janvier 2012. L’enquête s’est étendue du 3 au 7 janvier 2012 sur un échantillon de 1200 personnes réparties sur toute la Tunisie et âgées de plus de 18 ans. Retour sur les principaux résultats.

Les poses et les attitudes de Moncef Marzouki séduisent visiblement. Son look de fils du peuple en burnous a charmé 57 % des personnes interrogées qui lui accordent une grande confiance, 30 % lui font moyennement confiance contre seulement 19 % qui accordent une confiance « faible » au président provisoire de la République.
Le style du Premier ministre, Hamadi Jebali, moins dans l’exubérance, plus dans la discrétion provoque moins d’effet. Seulement 37 % des sondés ont une « forte » confiance dans l’action du chef du gouvernement, 36 % lui font moyennement confiance, 19 % éprouvent une faible confiance. Une confiance mitigée.



Un Premier ministre pas très sexy qui déteint sur tout son gouvernement. La réussite du gouvernement dans l’accomplissement des objectifs de la Révolution est une alternative qui laisse perplexe plus de 70 % des Tunisiens (confiance moyenne 51 %, confiance faible 21 %).

Moncef Marzouki plait, indéniablement, et son parti en tire les bénéfices. Bon nombre des électeurs qui ont boudé les urnes le 23 octobre voteraient pour le CPR s’ils venaient à le faire aujourd’hui. Le congrès grignoterait même des voix dans le réservoir électoral de son allié Ettakatol. Donnée troublante qui prend à contre-pieds tous les observateurs, les déçus du parti de Mustapha Ben Jaâfar donneraient leurs voix à Ennahdha et au CPR. Les militants de ce parti appartenant à l’Internationaliste socialiste, déçus par les concessions narcissiques de MBJ, et si on respecte le b.a.-ba.du comportement électoral, auraient donné leurs voix à des partis plus à gauche. Mais que nenni ! 42 % seulement des électeurs d’Ettakatol lui restent fidèles, 7 % voteraient pour Ennahdha si c’était à refaire, 13 % au CPR et 26 % ne se prononcent pas.



Ennahdha et le CPR ont, également, déçu quelques électeurs (18 % pour Ennahdha, 22 % pour le CPR). Mais les deux alliés de la Troïka ont réussi à séduire une partie des récalcitrants qui ont refusé de se déplacer dans les bureaux de vote le 23 octobre. 18 % voteraient pour Ennahdha s’ils venaient à voter aujourd’hui, 13 % pour le CPR, 4 % pour Ettakatol, 3 % pour Al Aridha, 20 % persistent dans leur choix d’abstention, 39 % ne se prononcent pas. Les tendances ne s’inversent pas et les partis d’opposition, qui jouent à la belle au bois dormant n’arrivant à se relever de leur débâcle électorale, continuent de piquer du nez.



Aucun changement radical dans la topographie politique locale, donc, hormis la dégringolade d’Ettakatol et de l’équilibration des poids entre Ennahdha et le CPR. Pendant que les alliés de la Troïka poursuivent leurs manœuvres et peinent à passer à l’action, les Tunisiens se nourrissent d’espoir. Un espoir moins prononcé que l’avance tout de même Rached Ghannouchi. 40 % des sondés ont une confiance forte dans l’avenir (20 % ont une confiance moyenne, 40 % une confiance faible), 46 % croient à le relance de l’emploi ou au rétablissement de la sécurité. Une confiance mitigée à la mesure de la confiance portée aux élus de l’assemblée constituante (47 % confiance forte, 34 % confiance moyenne, 19 % confiance faible).

La popularité des politiques ne bouge pas beaucoup mais les bêtes noires des Tunisiens restent les mêmes. Les hardiesses du gouvernement des derniers jours ne sont pas aussi maladroites que certains l’ont pensé. Le bras de fer avec les médias se légitime quand on sait que seulement 25 % des personnes interrogées ont une forte confiance dans la couverture médiatique de la télévision et de la radio nationales (36 % accordent une confiance moyenne aux médias publics, 39 % une confiance faible).
Le coup de gueule contre les sit-in et les grèves se justifie, également, quand l’enquête estime que seulement 18 % des Tunisiens accordent une confiance forte à l’UGTT (moyenne : 33 %, faible : 49 %).
Dans le classement des mal-aimés, les forces de l’ordre continuent de faire bonne figure. Malgré toutes les campagnes menées pour se rapprocher des citoyens, seulement 31 % des sondés disent avoir une confiance forte dans la police.

Une police qu’on traite toujours avec suspicion mais l’armée nationale reste toujours aussi populaire. L’image dont elle jouit depuis la Révolution n’a pas été écornée et 73 % des personnes interrogées lui accordent une confiance forte.

Des données à manier avec des pincettes et une situation tributaire d’un nombre incalculable et imprévisible de paramètres, mais ce qui est sûr c’est que les gagnants des élections continuent sur leur lancée. Excepté Ettakatol qui se fait phagocyter par ses alliés, les deux autres membres de la Troïka poursuivent leur domination de la scène politique locale. Une domination qui ne lui accorde pas pour autant un blanc-seing. Les Tunisiens croient en un avenir meilleur, mais sans grande exaltation.
Dernière conclusion, ceux qu’on n’aimait pas hier restent ceux qu’on n’aime pas aujourd’hui : les policiers et les journalistes.

Radhouane Soma

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 12:00

La presse subit les dérives autoritaires du nouveau pouvoir

Le Premier ministre a annoncé le 7 janvier de nouvelles nominations à la tête des médias publics. Une décision prise sans consultation et qui rappelle les méthodes du régime de Ben Ali, un an après sa chute.

  | Fathi B’Chir | Kapitalis

 
Manifestation de journalistes à Tunis, le 9 janvier. Sur les pancartes : "Nous voulons une presse libre". "A tous les amoureux de la censure, nous vous conseillons d'aller prendre des cours de couture ou de jardinage."

Manifestation de journalistes à Tunis, le 9 janvier. Sur les pancartes : "Nous voulons une presse libre". "A tous les amoureux de la censure, nous vous conseillons d'aller prendre des cours de couture ou de jardinage."

D'abord, un rappel à l'ordre au Premier ministre, Hamadi Jebali, et à sa mouvance [le parti Ennahda, islamiste] et, même, plus loin, à ceux qui lui servent de caution, à la tête de l'Etat et de l'Assemblée constituante [Moncef Marzouki, Congrès pour la République, et Moustapha Ben Jaafar, Ettakatol, deux partis de gauche et laïcs]. Ni les uns, ni les autres n'ont directement contribué à la révolution dans le pays, même si nul ne songerait à nier leur combat passé qui ne leur confère a priori aucun certificat de "bonne conduite démocratique". Mais avoir reçu des coups de matraque de la police de Ben Ali ne suffit pas à acquérir la qualité de démocrate. Ce sont les actes actuellement appliqués qui permettront d'en juger.

Ce gouvernement jouit d'une légitimité électorale pour un mandat limité pour l'essentiel à la rédaction d'une Constitution et non pour imprimer au pays des modifications durables, ni dans ses orientations politiques, ni sociétales, économiques, diplomatiques, sociales ou culturelles. Les médias sont l'instrument privilégié de la démocratie, un relais utile. Le pouvoir doit s'en rapprocher pour mieux faire valoir ses points de vue, ses arguments sachant que la presse est, par nature, un corps rebelle, car porteur de la sensibilité du citoyen dans sa bonne comme dans sa mauvaise humeur engendrée par la gestion d'une vie quotidienne souvent difficile.

Cette mauvaise humeur est accentuée par les profondes frustrations laissées par l'exercice passé de la politique. De très "mauvaises habitudes" subsistent et il faudra sans doute du temps pour déshabituer le pays ; gouvernants, journalistes et citoyens. Que peut et doit faire le gouvernement ? Travailler avec la presse : parvenir à la convaincre, c'est être sûr de convaincre le citoyen, qui est le votant aux prochaines élections, à moins que l'intention soit de déposséder celui-ci, encore une fois, de son droit de choisir librement ses dirigeants.

Dialogue mais non asservissement par divers biais comme par la désignation de vassaux zélés et redevables de leurs postes et de leurs privilèges. Un responsable de rédaction nommé par décret régalien devrait, par principe et pour l'honneur, refuser ce poste sauf à s'exclure lui-même de la profession. Car son capital de confiance et de crédibilité a d'avance fondu.

Le deuxième rappel à l'ordre vise les journalistes. Ils doivent s'interdire les jugements péremptoires, de se croire en droit de juger sans preuve. Ils doivent s'interdire tout militantisme partisan même si, en leur conscience, en tant que citoyens, leurs choix sont faits. Il est clairement dit (Charte de Munich) : "La mission d'information comporte nécessairement des limites que les journalistes eux-mêmes s'imposent spontanément." Le journaliste doit porter à la connaissance du public tous les faits dont il a connaissance et qui influent sur l'avis du citoyen et guident ses choix démocratiques. Pour atteindre ce but, il "veille à rendre perceptible pour le public la distinction entre l'information proprement dite - soit l'énoncé des faits - et les appréciations relevant du commentaire ou de la critique".

Il serait bon aussi de rappeler que le journaliste a le devoir de "respecter la vérité, quelles qu'en puissent être les conséquences pour lui-même"et de "ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents", de "s'obliger à respecter la vie privée des personnes", de "rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte". Et, enfin, "les journalistes revendiquent le libre accès à toutes les sources d'information et le droit d'enquêter librement sur tous les faits qui conditionnent la vie publique".

Il serait sans doute utile dans le contexte actuel d'inviter tous à relire ces textes et à cesser de se référer au passé récent pour simplement se prévaloir du contraire. L'opposé de la dictature ne doit pas forcément être l'anarchie, le laisser-aller, le dérapage permanent. Il faut revenir sans tarder aux règles de base du métier sans perdre son temps à régler des comptes. La profession doit mieux se structurer, mettre fin aux jeux des personnes, unifier ses rangs et ses représentations, contrer les manipulations, et rappeler chacun à ses devoirs.

 

Jouez tambours, sonnez trompettes, il faut arrêter le délire, il faut à la TUNISIE un code de la presse protecteur de la liberté de la presse et des journalistes, mais la justice doit aussi, se prononcer sur le cas des journalistes félons, véreux et parjures, et ils sont les plus nombreux, ces thuriféraires sans conscience et sans aucune déontologie qui avaient servi la dictature contre le peuple tunisien.

Première page
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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 11:38

 

Tunisie: "ils n'arriveront à rien, quitte à en tuer mille", disait Ben Ali avant de fuir

TUNIS — Le matin du 14 janvier 2011, le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali déclarait à propos des manifestants qui réclamaient son départ: "ils n'arriveront à rien, quitte à en tuer mille ou plus", a raconté jeudi l'ancien Premier ministre Mohammed Ghannouchi.

"Le matin du 14 janvier j'ai appelé le président et lui ai dit ce qui se passait sur l'avenue Bourguiba", à Tunis, a raconté le Premier ministre de l'époque Mohammed Ghannouchi sur la chaîne nationale tunisienne.

Ce jour là, des centaines de manifestants ont commencé à se rassembler sur la grande artère de la capitale tunisienne pour réclamer le départ de Ben Ali, confronté à un soulèvement populaire sans précédent depuis le 17 décembre.

"Ils n'arriveront à rien. Quitte à ce qu'on en tue mille, ou plus", a répondu Ben Ali, selon son Premier ministre. "J'étais sous le choc. Je découvrais un autre homme que celui avec qui je travaillais depuis des années", a poursuivi M. Ghannouchi.

Selon son récit, il assure au président que la répression n'est "pas la bonne solution" et lui demande de "mettre en oeuvre des mesures pour le développement et contre la corruption".

"On en parlera après", réplique Ben Ali. M. Ghannouchi assure alors avoir décidé de quitter son poste pour "ne pas être complice" d'un éventuel bain de sang.

Dans l'après-midi du 14 janvier, vers 17H00, il reçoit un coup de téléphone d'un haut gradé militaire qui lui dit: "Ben Ali est parti, le pays est entre tes mains. Si tu n'assumes pas, il va y avoir un bain de sang".

Le président tunisien, son épouse Leïla et quelques proches se sont rendus à l'aéroport militaire de Carthage et se sont envolés vers l'Arabie Saoudite, dans des circonstances encore mal connues.

A 19H00 ce 14 janvier 2011, Mohammed Ghannouchi déclare à la télévision assurer l'intérim de la présidence en remplacement de Ben Ali qui a quitté la Tunisie après 23 ans de pouvoir.

Mohammed Ghannouchi sera nommé le surlendemain Premier ministre et gouvernera jusqu'au 27 février, date à laquelle il démissionne sous la pression de la rue.

La Tunisie va fêter samedi le premier anniversaire de cette journée historique, qui a vu le premier gouvernant arabe chassé du pouvoir par son peuple et a été le déclencheur du "printemps arabe".

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 10:51



« 2012, ce sera l'année de la démocratie partout »
Interview de Pascal Boniface, directeur de l’IRIS, par Pascal Claude (RTBF Info, )




Le journaliste de la RTBF Pascal Claude s'est entretenu avec Pascal Boniface, le directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques, à propos des grandes échéances électorales qui jalonneront l'année 2012 au niveau international: Etats-Unis, France, Russie, pays arabes,... l'année à venir sera pleine rythmée par les scrutins.

2012 sera synonyme d'élections aux Etats-Unis, en France et en Russie, essentiellement. Avant de nous arrêter dans ces pays, une première question plus générale. Est-ce que, globalement, c’est la crise économique qui va piloter, dicter le déroulement des campagnes pour ces élections ?

Bien sûr, les aspects économiques et sociaux ont toujours été déterminants dans le choix des dirigeants, et ce n’est pas nouveau. Cela a toujours été sauf, bien sûr, en période de guerre ou de crise très profonde. Et donc, la crise économique dans laquelle nous sommes plongés va accentuer ce phénomène mais elle ne va pas réellement le créer.

Cela ne va pas être, malgré tout, le thème-clé ?

Le thème-clé, c’est la confiance dans les dirigeants. Et on voit un peu partout dans le monde qu’il y a de plus en plus de lutte contre la corruption, aussi bien, d’ailleurs, dans les pays démocratiques que dans les pays qui sont encore autoritaires. Le thème de la lutte contre la corruption est beaucoup plus sensible puisque les citoyens sont beaucoup plus sensibles au thème de la corruption quand le système ne fonctionne pas. Quand le système fonctionne, cela passe un peu mieux.

Alors, allons d’abord aux Etats-Unis. Pas de suspens côté démocrate : le candidat à la présidentielle sera Obama. En revanche, dans le camp des républicains, les jeux sont loin d’être faits. Le processus des primaires vient de débuter. Mitt Romney a emporté de justesse un scrutin organisé dans l’Iowa cette semaine. Mardi, deuxième rendez-vous dans le New-Hampshire, où Mitt Romney est, là aussi, donné vainqueur. A côté des fondamentalistes chrétiens et autres qui veulent réduire le rôle et le poids des structures de l’Etat. Est-ce que Mitt Romney, finalement, n’est pas le candidat qui semble être le moins radical ?

Oui, effectivement. Il a déjà pris un petit avantage dans l’Iowa, il devrait le confirmer. Et donc, sans préjugé du résultat final, il semble bien parti parce qu’il a éliminé les candidats qui semblaient lui faire le plus d’ombre, notamment, au départ, Michele Bachmann, et, en même temps, Newt Gingrich. Michele Bachmann a abandonné. Newt Gingrich est en difficulté. Donc il semble bien parti pour remporter cette primaire et, en même temps, il est modéré uniquement par rapport à ses adversaires, parce que son programme en relations internationales est encore plus radical que ne l’était celui de George Bush fils lorsqu’il s’est présenté aux élections. Donc il y a vraiment une dérive plus que droitière chez des candidats républicains, dont le programme, aussi bien sur le plan intérieur que sur le plan international, peut laisser rêveur ou plutôt même effrayer sur bien des points.

Mitt Romney promet que les républicains feront bloc pour faire face à Obama. Vous y croyez ?

Lui a intérêt à le promettre parce que, s’il est désigné, il a intérêt à ce que les candidats qu’il aurait battus le soutiennent. Et ensuite, il faudra voir si le caractère radical de ses positions, qu’il prend pour gagner la primaire républicaine, sera exportable devant l’ensemble du corps électoral américain.

En France, dans un dernier sondage, 7 Français sur 10 estiment que le bilan de Nicolas Sarkozy, après plus de 4 ans à l’Elysée, est négatif. Les Français sont sévères avec leur président. Comment Nicolas Sarkozy peut-il s’y prendre pour renverser la tendance ?

Effectivement, il part avec un retard qui n’a jamais été vu pour un candidat ou un président-candidat qui, ensuite, a gagné le scrutin. Donc, le retard dont Nicolas Sarkozy pâtit dans les sondages par rapport à son principal challenger, François Hollande, semble à ce jour irrattrapable. Que va faire Nicolas Sarkozy ? Il va accentuer, il va jouer sur sa stature –c’est sa stratégie-, sur sa stature d’homme d’Etat, sur l’homme qui fréquente Obama, David Cameron. Il va essayer également de mettre en avant son bilan international. Le problème, c’est que, bien sûr, la crise n’a pas complètement défait l’euro, mais la France risque de perdre son triple A. La réforme de la gouvernance internationale n’a pas été faite. Nicolas Sarkozy annonce une mesure, qui est populaire en France mais qui semble un peu tardive, de créer une taxation internationale. Il peut aussi mettre en avant son bilan sur la Libye, sauf si des troubles surgissaient en Libye d’ici le mois de mai. Donc, l’affaire semble moins mal engagée pour Nicolas Sarkozy. Il faudrait que François Hollande tarde à prendre son envol ou fasse une grosse bévue pour qu’il puisse le rattraper.

Et est-ce que François Hollande pourrait, lui aussi, marquer des points sur la scène internationale pendant cette campagne ?

En tout cas, il ne peut qu’en marquer parce qu’il sort avec un déficit assez important. Lorsqu’il était premier secrétaire, François Hollande n’a pas marqué un goût prononcé pour les affaires internationales. Une fois encore, les Français, comme les autres peuples, vont avant tout voter pour les aspects économiques, pour les aspects sociaux. Quel est l’homme ou la femme qui leur paraitra les mieux protégés de la crise ? Mais François Hollande doit prendre de la hauteur parce que les Français sont également très attachés au rôle de leur pays dans le monde, à une sorte de statut non pas de grande puissance mais de puissance qui compte, et donc il faut quand même que François Hollande sache incarner la France et puisse montrer aux Français qu’il est capable de les représenter, d’avoir la hauteur de vue mondiale que les Français attendent de leur président.

Allez, nous allons en Russie, avec l’élection présidentielle de mars prochain. Ces dernières semaines, la population a rompu le silence et a, en masse, contesté les résultats des élections législatives. Est-ce que la rue pourrait empêcher Vladimir Poutine de redevenir président ?

Non, parce qu’il y a effectivement une très forte contestation que l’on ne connaissait pas en Russie : on peut dire que le charme de Poutine, le fait qu’il est revenu sur les années noires de la Russie qui ont été les années Eltsine de crise économique profonde, de manque de confiance, de dépassement du statut international de la Russie ; tout ceci a été effacé pendant les deux premiers mandats de Poutine et le mandat de Medvedev. Et en même temps, les Russes, comme les autres peuples, ne veulent pas avoir le même dirigeant pour 20 ans. Donc, ils ont envoyé un message de protestation et puis aussi un message de réveil de la société civil, ou d’éveil peut-être de la société civile russe. Mais, simplement, en face de Poutine, il n’y a pas grand monde. Le leader communiste Ziouganov est, lui-même, un homme du passé -il est candidat depuis les années ’90- ; ainsi que le leader ultra-nationaliste Jirinovski. Et d’ailleurs, ces deux adversaires sont aux antipodes. Donc, la grande chance de Poutine, c’est qu’il n’a pas, pour le moment, d’alternative crédible. Il peut être contesté dans la rue, ce qu’il est ; mais il n’y a pas, en face de lui, un homme qui puisse incarner, là aussi, la Russie aux yeux du monde et aux yeux des Russes.

Des élections auront lieu aussi cette année encore dans les pays arabes qui ont renversé leur dictateur en 2011. Est-ce que 2012, à votre avis, sera l’année de la démocratie dans le monde arabe ?

C’est l’année de la démocratie partout : non seulement dans le monde arabe, il y aura une demi-douzaine de scrutins en Afrique. On voit que la démocratie progresse partout et que la démocratie progresse également dans les pays autoritaires. Il n’y a plus qu’un seul régime totalitaire sur la surface de la planète : c’est la Corée du nord. Partout ailleurs, les opinions se font de plus en plus entendre.

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 16:58

Un documentaire sur le printemps tunisien

Sur Arte, I love Democracy ausculte la révolution en Tunisie

 

Un documentaire sur le printemps tunisien
Photo : © DR

 

Un tour du monde de la démocratie

Comme le souligne le producteur Daniel Leconte, « jamais la démocratie n'a été autant plébiscitée dans le monde ». Selon lui, elle est « porteuse d'espoirs » et non une « malade percluse de douleurs » comme on a tendance à le laisser croire.Pour cette raison et parce qu'une vingtaine de pays, dont la France, vont changer d'équipe dirigeante en 2012, il a eu l'idée de la série documen­taire I love democracy. L'occasion de « revisiter les démocraties », les « vieilles » comme les États-Unis ou celles qui sont en construction dans les pays arabes notamment, et de prendre le pouls de la planète à travers six pays (Tunisie, Russie, Turquie, Inde, États-Unis, Maroc) qui « incarnent des déclinaisons différentes de la démocratie ».
C'est donc la Tunisie qui ouvre cette collection mensuelle d'Arte, le pays déclencheur, celui qui a donné le départ au printemps arabe. Le documentaire de Fabrice Gardel et Franck Guérin se divise en deux temps. Le premier, à la façon d'un carnet de route. Les deux journalistes ont parcouru le pays du sud au nord (Nefta, Tozeur, Gafsa, Sfax, Sidi Bouzid, Kairouan, Sousse puis Tunis), une huitaine de jours avant les premières élections libres qui se sont déroulées en octobre dernier, afin de demander aux Tunisiens ce qu'ils en espéraient. Puis, après le verdict des urnes, qui donna la victoire au parti islamiste Ennahda avec 42 % des voix, Daniel Leconte a interviewé les principaux protagonistes de cette élection.
On est d'abord frappé par la maturité politique des jeunes, mêmes ceux qui vivent chichement comme cette famille d'ouvriers agricoles. Ils revendiquent « la liberté, la dignité, une vie décente et une véritable égalité des chances ». En Tunisie, plus de 60 % des jeunes diplômés sont au chômage et certains n'attendent pas grand-chose des élections : « Le mot » démocratie, c'est du bla-bla, tant qu'il n'y a rien de concret pour nous. » Pourtant, ils reconnaissent que durant la dictature de Ben Ali « parler politique était tabou », alors qu'à présent la parole s'est libérée.

Notamment chez les femmes. Elles portent pour la plupart le voile mais discutent entre elles et dans les 200 centres de planning familial du pays, de sexualité et des problèmes qu'elles peuvent rencontrer avec leur mari. Il faut rendre hommage à la politique de Habib Bourguiba, président de la Tunisie en 1957 et qui le restera jusqu'à ce que Ben Ali le destitue en 1987, qui avait autorisé l'avortement en 1973, deux ans avant la France.
Fabrice Gardel et Franck Guérin cheminent à travers le pays. Ils assistent à une manifestation à Sfax entre laïcs et religieux après la diffusion à la télévision du film Persepolis, qui a entraîné l'éviction du patron de la chaîne. « Nous sommes sortis de la dictature, nous n'en voulons pas une autre. » Les pro-Ennahda soutiennent que rien ne changera dans le style de vie en Tunisie. Le documentaire est passionnant de bout en bout, entre espoirs, déceptions, optimisme et inquiétude. « Peut-on faire confiance aux islamistes ? Sont-ils compatibles avec la démocratie ? » se demande Daniel Leconte. L'avenir le dira. Prochain pays : la Russie.

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 12:36
Sarkozy courtise 4 millions de musulmans
 

Alors que les actes islamophobes ont augmenté de plus de 30%, Claude Guéant, le ministre français de l'Intérieur, part à la reconquête de l'électorat musulman.

Comment séduire un réservoir électoral qui peut faire la différence dans la course à l'Elysée? Nicolas Sarkozy qui est devancé dans les sondages par François Hollande, son rival socialiste, veut ratisser large et ne négliger aucun type d'électeur: les musulmans en font partie. Un de ses fidèles «lieutenants» est chargé de cette mission délicate.

C'est en effet le genre de mission impossible si l'on se réfère à toutes les initiatives prises et décidées par la droite classique au pouvoir (UMP). Elles ont eu pour conséquences de stigmatiser la communauté musulmane constituée en grande partie de Maghrébins, d'Algériens en particulier. Ce fut le cas en ce qui concerne le débat sur l'identité et la déchéance de la nationalité française, le port du voile, les lieux de prière...

Claude Guéant va au charbon. Réussira-t-il à recoller les pots cassés après certaines de ses déclarations qui n'étaient pas loin de s'apparenter à celles qui caractérisent l'extrême droite, le Front national en l'occurrence. Courir deux lièvres à la fois peut mener au fiasco.

Peu importe, l'ex-secrétaire général de l'Elysée tente le coup. Il essaie de rectifier le tir. «En 1905, il y avait très peu de musulmans en France, aujourd´hui il y en a entre 5 et 10 millions... Cet accroissement du nombre de fidèles et un certain nombre de comportements posent problème. Il est clair que les prières dans les rues choquent un certain nombre de concitoyens.
Et les responsables des grandes religions ont bien conscience que ce type de pratiques leur porte préjudice», avait souligné le successeur de Brice Hortefeux à la place Beauvau, le 4 avril 2011 en marge d´un déplacement à Nantes (Loire-Atlantique). On était à la veille d'un débat très controversé sur la laïcité qui ciblait essentiellement l´Islam.

C'est pratiquement un virage à 180 degrés qu'opère le ministre français de l'Intérieur qui a souhaité, à l'approche de l'élection présidentielle et législatives de 2012 que «l'Islam ne doit pas être un sujet d'empoignades». Claude Guéant a en outre revu à la baisse le nombre de musulmans en France: «4 millions, dont 800.000 pratiquants» a-t-il indiqué. Un réservoir électoral qui peut faire la différence dans la course à l'Elysée. Comment le séduire?

Le locataire de la place Beauvau veut jouer la carte de l'apaisement et considére pratiquement clos les débats qui ont tourné autour de l'Islam et du voile en particulier. «A notre sens, il faut désormais éviter de légiférer de manière supplémentaire. La jurisprudence qui se dessine - qu'il s'agisse des femmes voilées travaillant dans les crèches, dans les structures privées assurant une mission de service public ou des mères accompagnant les sorties scolaires - est suffisante et nous convient», a confié le premier policier de France dans une interview publiée le 2 janvier 2012 par le journal le Monde.

Le ministre français de l'Intérieur s'est aussi expliqué sur les propos qu'il avait tenus au sujet de l'accroissement du nombre de fidèles musulmans. «Quand j'ai dit que l'accroissement du nombre de fidèles posait problème, certains y ont vu de la stigmatisation, mais c'était exactement l'inverse. Je faisais référence à une donnée objective: la situation n'est plus celle de 1905.», Peut-on lire sur le site du quotidien Le Monde.

Puis il prend acte: «Le fait est que la religion musulmane est désormais la deuxième religion de France, avec 4 millions de personnes, dont 800.000 pratiquants réguliers. Il faut faire en sorte que les choses se passent au mieux pour l'immense majorité des musulmans qui respectent les règles républicaines et adoptent nos valeurs, qui ont besoin de lieux de culte et d'une compréhension de la société.»

Un clin d'oeil aux millions de musulmans dont les voix seront probablement décisives le soir du second tour de la présidentielle de 2012.

Source : L'expression

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 10:20

Facebook en redemande

Après un audit qui aura duré trois mois, l’autorité de protection des données irlandaise – la DPC – a rendu ses conclusions. Facebook devra clarifier sa politique en matière de protection de la vie privée.

D’après la DPC, un équivalent donc de la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) en France, l’entreprise doit “donner des explications plus simples sur sa politique sur la vie privée.” Autrement dit, mieux expliquer ce que deviennent les données personnelles de ses utilisateurs et leur permettre de mieux les contrôler.

En 2008, la société de Palo Alto a installé son QG international à Dublin, en grande partie pour bénéficier des conditions financières attractives offertes par le gouvernement Irlandais. Mais du même coup, Facebook se voit contraint de se soumettre aux lois locales et européennes.

Avant juillet, Facebook devra donc modifier son site pour les quelque 500 millions d’inscrits hors de l’Amérique du Nord. D’après Paula Nerney, de la DPC, le réseau social de Mark Zuckerberg joue le jeu :

[Il] s’engage à respecter la confidentialité des utilisateurs (…) Facebook a pleinement coopéré lors de l’audit, nous leur avons adressé une liste de recommandations, et en juillet nous reviendrons pour un nouvel audit. D’ici là, nous suivrons activement les actions de Facebook Irlande, pour nous assurer que l’entreprise respectera les délais que nous lui avons imposé.

Chez Facebook, on se réjouit officiellement des résultats de l’audit. Anne-Sophie Bordry, directrice des affaires publiques France et Europe du Sud, constate calmement :

L’audit montre que nous sommes vraiment ouverts à la discussion. Nous avons ouvert les portes, pour montrer que nous n’avons rien à cacher. Nous avons mis tout à plat sur le fonctionnement de la plateforme Facebook, et nous travaillerons main dans la main avec la DPC. Nous avons l’occasion de dépassionner certaines angoisses, d’expliquer ce que nous faisons avec les données. Nous sommes très contents.

Bonne humeur chez Facebook, donc. Pourtant, l’entreprise a du pain sur la planche. Elle devra d’abord rendre ses paramètres de confidentialité plus simples et plus clairs. Dans son rapport, la DPC demande à Facebook de simplifier davantage les réglages, qui permettent aux utilisateurs de contrôler ce qui est public ou privé. “Quand on va dans les paramètres de gestion de confidentialité, c’est déjà assez clair, c’est imagé”, lance Anne-Sophie Bordry. “La DPC, mais aussi la CNIL, est d’accord. Vous pouvez avoir un aperçu de votre profil, modifier les paramètres, faire des essais. C’est déjà très bien, mais nous allons améliorer l’outil, le rendre plus clair.”

Pas de détails concrets, pour l’instant, Facebook est en plein “Work in Progress” : “nos ingénieurs planchent sur le sujet“, garantit Michelle Gilbert, directrice de la communication de Facebook France. Elle ajoute :

La DPC a mené son audit avant que sorte la Timeline, la nouvelle version du profil Facebook. Maintenant, on a un plus grand choix, on peut gérer ce qui est visible par d’autres plus facilement. Mais on peut toujours s’améliorer. On va faire en sorte que ce soit plus facile à manier.

Autre point à améliorer, pour l’Autorité de protection des données : la transparence à propos des données récoltées. Si, Facebook insiste, “l’audit était prévu depuis bien plus longtemps”, l’enquête de la DPC fait écho à une série de plaintes, notamment celles de Max Schrems. Cet étudiant autrichien, fondateur du collectif “L’Europe contre Facebook“, avait demandé à Facebook l’intégralité de ses données personnelles, en vertu de la directive européenne 95/46/CE.

Haussement d’épaules de Michelle Gilbert, de Facebook France :

Max a bien réussi à faire parler de lui, mais il nous a accusé de pas mal de choses que nous n’avons pas faites. L’audit l’a prouvé. Ses plaintes reflètent les nombreux fantasmes associés à Facebook. Il n’existe pas, la DPC est d’accord, de “profils fantômes”, des profils de non-inscrits que nous créerions… Nous ne traçons pas non plus les gens. Facebook est un hébergeur : nous stockons des contenus, mais nous ne les regardons pas.

Paula Nerney, de la DPC, trouve légitime l’utilisation par Facebook des informations personnelles de ses membres, afin de continuer à “faire vivre” le site. La DPC ne remet pas en cause l’utilisation d’informations telles que l’âge, le sexe, les relations amoureuses ou la localisation de l’internaute, en direction d’annonceurs à la recherche de publicités très ciblées. Mais “il appartient à Facebook de mieux communiquer sur l’utilisation des données”. Anne-Sophie Bordry insiste sur le “modèle de pub” du réseau social :

Nous ne sommes pas une boîte marketing. Les données des profils vont dans un agrégateur de données anonymisées, et elles ne sont jamais vendues. Nous ne louons pas les données, c’est Facebook qui les utilise pour optimiser les publicités des annonceurs. Mais tout reste à Facebook. De même, comme le confirme la DPC, aucune information collectée n’est associée à l’utilisateur.

Idem pour les données récoltées lorsqu’un utilisateur clique sur le bouton “J’aime”, ce qui permet à Facebook de connaitre ses habitudes de navigation. Les données, comme les informations du profil, “rentrent dans l’agrégateur anonyme que nous utilisons, et elles finissent par être supprimées rapidement.” La DPC demande néanmoins à Facebook d’anonymiser les données plus rapidement, dans les 90 jours, puis de les supprimer. Un délai que Facebook ne respectait pas toujours jusqu’ici. Anne-Sophie Bordry commente :

Même si notre système est déjà convenable, la DPC nous a demandé de supprimer les données plus vite. Nous ferons ce qu’il faut pour raccourcir le délai. Mais nous insistons : Facebook n’utilise pas les données reçues de ce module pour du profilage ou de la publicité ciblée.

Dans son audit, la DPC note que l’utilisateur reconnaît et accepte l’utilisation des données par Facebook lors de son inscription. Après vérification, aucun texte à lire et à accepter. Pour accéder aux informations sur l’usage des données personnelles, il faut se rendre, que l’on soit inscrit ou non, dans les conditions d’utilisation, visibles au bas de chaque page, en petits caractères.

Facebook devra “faire un effort pour rendre ces conditions d’utilisation plus visibles”, indique Billy Hawkes, le commissaire irlandais à la protection des données. Même effort de transparence exigé en ce qui concerne la technologie de reconnaissance faciale utilisée par Facebook pour identifier automatiquement un utilisateur sur une photographie. “Les internautes ne sont pas assez informés quant aux enjeux de cette fonction”, déplore la DPC. En réponse, Facebook s’est engagé à simplifier la procédure de refus d’identification automatique. “Aujourd’hui, on peut refuser les reconnaissances faciales, ou les accepter, il n’y a que deux choix. Nous allons essayer de rendre le système plus fin. Tout cela est en cours d’étude”, lance Michelle Gilbert à Facebook France.

Avant l’entrée en Bourse

Si DPC comme Facebook semblent pleinement satisfaits, au collectif l’Europe contre Facebook, on remarque :

Le rapport de la DPC a été écrit en coopération avec Facebook. Il ne peut donc pas être considéré comme pleinement indépendant…

Pour Facebook, ce rapport apparaît comme une aubaine, l’occasion de peaufiner sa communication dans une période charnière. Le réseau social devrait générer plus de 4 milliards de dollars (3,1 milliards d’euros) de revenus cette année. Au printemps prochain, l’entreprise devrait entrer en Bourse, ce qui pourrait porter sa valeur à 100 milliards de dollars. Un évènement que Facebook ne veut pas voir terni par de nouvelles critiques.

Michelle Gilbert, directrice de la communication de Facebook France, remarque :

Nos utilisateurs doivent se sentir bien. Si nous n’avons pas leur confiance, Facebook n’a plus qu’à mettre la clef sous la porte. C’est pourquoi nous ferons en sorte d’être au point en juillet. Il faut en finir avec les fantasmes autour de Facebook.

“Fantasmes” alimentés par différentes procédures en cours, concernant notamment la nouvelle “Timeline”, et
ses paramètres de confidentialité.

A la DPC, Paula Nerney prévient : “rien n’est joué pour Facebook”. En juillet, un nouvel audit sera réalisé.

Nos conseils vont plus dans le sens d’une “meilleure pratique” que dans celui d’une mise en conformité avec la loi. Si Facebook met en œuvre nos recommandations, l’entreprise sera en conformité avec la loi irlandaise. Mais dans le cas contraire, nous disposons d’importants moyens de coercition, que nous n’hésiterons pas à utiliser. Vu la coopération dont à fait preuve Facebook, nous serions déçus si nous étions obligés d’utiliser de tels moyens…

Selon l’enquêtrice du bureau de protection des données, si Facebook ne met pas en œuvre les modifications nécessaires, la société“risque d’être poursuivie en justice.” Pas sûr que Facebook soit content dans ce cas de figure.


Illustrations par Tsevis, ArnoKath, Sean McEntee et boltron- via Flickr Creative Commons.

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