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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 08:41

Étude de la Banque Mondiale: Comment Ben Ali et son clan ont fait fortune

NEWS

Selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de la Banque mondiale et publiée jeudi 27 mars 2014 l’ancien régime tunisien s’est servi de la réglementation en vigueur et a créé de nouvelles lois pour servir les intérêts de la famille de l’ex-président Ben Ali et des proches du régime. La réglementation a été manipulée au point que ce groupe de privilégiés avait la mainmise, à la fin de 2010, sur plus de 21 % des bénéfices réalisés par le secteur privé dans le pays.

Cette étude intitulée All in the Family, State Capture in Tunisia, dans le cadre de la série des documents de travail de la Banque mondiale consacrés à la recherche sur les politiques conclue que le « clan » de l’ancien dirigeant tunisien, défini comme le groupe de personnes reconnues coupables de corruption dont les biens ont été confisqués, a investi dans des secteurs lucratifs dont l’accès était protégé, principalement par un système d’autorisations préalables et le recours aux pouvoirs exécutifs pour modifier la législation en faveur du régime, créant ainsi un système à grande échelle de capitalisme de copinage.

L’analyse des données de la commission de confiscation portant sur 220 entreprises révèle que les entreprises étudiées étaient étroitement liées à la famille de l’ancien président. L’examen des données des entreprises et des décrets signés par Ben Ali sur une période de 17 ans prouve que la législation a souvent servi à promouvoir les intérêts du clan et à les protéger de la concurrence. Toujours selon cette étude les données collectées font état de 25 décrets promulgués au cours de cette période qui introduisaient de nouvelles exigences d’autorisation préalable dans 45 secteurs différents et de nouvelles restrictions en matière d’investissements directs étrangers (IDE) dans 28 secteurs. Conséquence : plus d’un cinquième des bénéfices du secteur privé revenait aux entreprises des proches du régime.

Selon le chercheur au Département de la recherche de la Banque mondiale et auteur principal de l’étude Bob Rijkers « Il a été en effet prouvé que l’État a permis aux membres du régime à la recherche de rentes d’accaparer une partie importante du secteur privé en mettant les entreprises proches de la famille à l’abri de la réglementation en vigueur ou en leur octroyant des avantages particuliers . Plus pernicieux encore, nous avons la preuve que les règlements ont été aménagés pour servir des intérêts personnels et favoriser la corruption ».

Source Banque Mondiale

PS/ LE problème c'est que cela ne fut possible qu'avec la complicité d'une véritable mafia tunisienne, et que celle -ci est encore en place en TUNISIE.

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 13:27

Des officiers supérieurs égyptiens reçus avec tous les honneurs en Israël

Soutenue et financée par la moyenâgeuse Arabie Saoudite, la dictature militaire au pouvoir en Egypte, collabore plus que jamais également avec Israël.Témoin cette photo illustrant la récente tournée en Israël d’une brochette d’officiers supérieurs de l’armée égyptienne, qui y ont été reçus avec tous les honneurs.

Israël compte bien sur la clique du général Sisi pour maintenir un strict blocus sur la bande de Gaza et ses 1,8 million de captifs palestiniens, voire pour carrément attaquer le territoire.

Le quotidien israélien Haaretz a révélé, la semaine dernière, qu’Israël faisait même du lobbying auprès de l’administration américaine, pour que celle-ci accepte la livraison de 10 hélicoptères Apache supplémentaires à l’armée égyptienne, alors que Washington se dit un peu (un peu, pas beaucoup) gêné par les méthodes par trop expéditives des généraux au pouvoir au Caire.

Il faut dire que lundi encore, le régime de terreur imposé en Egypte après le renversement du président-élu Mohamed Morsi, a donné un nouvel aperçu de ses talents : un tribunal a ainsi condamné à mort pas moins de 529 sympathisants des Frères Musulmans, tous coupables d’avoir tué un seul et même policier !

Merci signer la pétition lancée par CODEPINK pour empêcher la condamnation à mort de ces 529 personnes :http://codepink.salsalabs.com/o/424...

CAPJPO-EuroPalestine

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 16:53

La présence d’instructeurs américains en Tunisie confirmée par le ministère de la Défense tunisien

Divulguée, le 7 mars, par le site américain « Los Angeles Times » et corroborée, tout récemment, par le porte-parole du ministère de la Défense tunisien, Taoufik Rahmouni, l’information, selon laquelle 50 éléments des forces spéciales US ont été déployés par hélicoptère dans une base de l’Armée Nationale au sud-ouest de la Tunisie, est tout sauf dénuée de fondement.

Sous la plume de David St Cloud, on apprenait alors que le dépêchement, à pas feutrés, de ces instructeurs de la grande muette américaine intervenait dans le cadre d’un accord scellé entre le Pentagone et la Tunisie, dont l’objectif serait de former les soldats tunisiens aux tactiques antiterroristes. Un premier déploiement qui, toujours selon les dires de l’auteur de l’article, s’ensuivrait prochainement d’un second dans le sud et l’ouest du pays, composé d’autres unités militaires américaines.

Conjuguée au conditionnel, cette révélation ne pouvait laisser sans voix le pouvoir tunisien, sauf à vouloir prêter le flanc à toutes les rumeurs. C’est donc en employant le présent que Taoufik Rahmouni a confirmé ce programme d’entraînement commun, privilégiant l’échange d’expériences et les visites mutuelles entre les ministères de la Défense tunisien et américain, entré dans sa première phase concrète : l’envoi sur le sol tunisien d’instructeurs américains, dont le nombre de 50 avancé par le site américain a été formellement démenti par le porte-parole tunisien, le jugeant excessif. Ce dernier a en outre précisé que ce groupe des forces spéciales a été convoyé par hélicoptère dans une caserne, quelque part au sud-ouest de la Tunisie, sans plus de détails, notamment quant à l’endroit exact, soulignant que leur mission première était uniquement la formation.

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 10:51

Peut-on être féministe et défendre le voile, le porno ou la garde alternée ?

ALICE GÉRAUD, CATHERINE MALLAVAL ET QUENTIN GIRARD 8 MARS 2014 À 09:03

DÉCRYPTAGE

A ces trois questions, les mouvements féministes traditionnels ont tendance à répondre «non». Et pourtant...

A chacune son féminisme ? De grands sujets de société traversent, secouent et finalement fracturent ce mouvement. Confrontations autour de trois grands thèmes.

PEUT-ON ÊTRE FÉMINISTE ET DÉFENDRE LE PORT DU VOILE ?

La question a émergé en France au début de la décennie 2000 lors des premiers débats sur le voile à l’école. Soudain, des jeunes filles françaises revendiquaient le droit de porter le foulard islamique. Revendication déstabilisante pour le mouvement féministe français : les religions, historiquement, n’ont pas vraiment été les meilleures amies de la cause des femmes. La fracture a été immédiate. Evidente. Elle est encore présente aujourd’hui. Lors de l’affaire Baby Loup, par exemple, c’est au nom «des valeurs féministes», qu’Elisabeth Badinter a soutenu la directrice de la crèche de Chanteloup-les-Vignes contre sa salariée voilée. Pour Anne-Cécile Mailfert, porte-parole d’Osez le féminisme, les revendications pro voile «ne correspondent pas à (notre) définition du féminisme et de la liberté. Car le voile reste un symbole d’oppression faite aux femmes, une manière de différencier les hommes et les femmes».

Pourtant, selon la sociologue et anthropologue Nacira Guénif-Souilamas (auteur notamment de Les féministes et le garçon arabe), «ce n’est pas seulement une question de religion» : «L’émergence d’un féminisme minoritaire, multiculturel et multiconfessionnel a été vécue contre une sorte de contresens féministe. Etre féministe et voilée serait un oxymore.» Peut-être aussi, ajoute-elle, «parce qu’être française et musulmane est aussi parfois considéré comme un oxymore». Selon la sociologue, «il est évident qu’au nom de l’antisexisme, on a nourri une forme de racisme».

Louiza Belhamici, du Collectif des féministes pour l’égalité (CFPE), qui défend le droit à porter le voile, a le sentiment qu’il existe une «injonction de ce féminisme traditionnel à défendre un seul modèle d’émancipation, qui exclut de fait la femme musulmane». Le collectif des féministes pour l’égalité est né au moment desdiscussions autour de la loi de 2004 sur l’interdiction des signes religieux à l’école par une pétition dénonçant la stigmatisation des femmes musulmanes («Un voile sur les discriminations») qui n’avait trouvé quasi aucun écho chez les féministes.

L’an dernier, ces femmes, pour certains voilées, pour d’autres pas, croyantes ou athées, se sont retrouvées autour d’un autre combat, celui contre la circulaire Chatel, qui permet d’interdire aux mères d’élèves portant le voile d’être accompagnatrices lors des sorties scolaires. Combat qui a donné lieu à une autre pétition, «Nous sommes toutes des femmes voilées», sur laquelle se sont greffées quelques illustres signatures internationales comme celle d’Angela Davis, figure du mouvement pour les droits civiques américains. Mais aucune grande figure du féminisme français.

Selon Nacira Guénif-Souilamas,«la France a une position très à part sur ce sujet. On est en complet décalage horaire». Selon la sociologue, «il y a des tas de pays où la question ne se pose pas. Où des femmes portant le voile sont considérées comme féministes». Pour Louiza Belhacimi, «la crispation française autour du voile a donné un sens nouveau port du voile». Jusqu’à pousser paradoxalement au développement de féminismes musulmans qui n’auraient peut-être jamais vu le jour.

«Pour certaines jeunes femmes, c’est devenu un signe d’émancipation. On ne veut pas que je porte le foulard ? Je le porte aussi pour montrer que je suis libre», explique Louiza Belhamici. Ces dernières années, on a d’ailleurs vu l’émergence de mouvements comme «Femmes dans la Mosquée» qui défend des positions féministes d’un point de vue religieux au sein des communautés de croyants. Ce 8 mars, des femmes portant le voile ou défendant le droit de le porter vont défiler… mais du côté de la manifestation alternative du «8 mars pour toutes».

PEUT-ON ÊTRE FÉMINISTE ET POUR LA GARDE ALTERNÉE ?

Les plus intrépides escaladent des grues. Les plus radicaux crient au «papartheid»ou à l'«aliénation parentale». Objet de la grogne montante de ces hordes de pèresdont les mouvements ne cessent de faire des petits : douze ans après la loi portée par Ségolène Royal, la solution de la garde alternée des enfants en cas de divorce est loin d’être la règle. Selon les dernières statistiques (1), seuls 20% des enfants sont en garde alternée alors que, dans 7 cas sur 10, l’enfant est confié à sa mère. Une injustice criante entre les hommes et les femmes ? Une question à soumettre à toutes celles (et ceux) qui brandissent à l’envi le mot égalité ?

Cette affaire devient un gros caillou dans la chaussure des féministes. Et un point de friction. Déjà, en 2002, lors des débats sur la loi Royal, les féministes avaient joué profil bas, voire avaient critiqué ouvertement cette initiative. Compliqué à gérer ce retour de revendication des pères qui réclament des droits, plus de quarante ans après la suppression de la «puissance paternelle» (remplacée en 1970 par l’autorité parentale partagée).

«Une bande de masculinistes, ces pères sur les grues», persiflent certaines aujourd’hui. «Attention aux situations de violence. Un père oui, un homme violent non !», a très vite réagi la Fédération nationale Solidarité Femmes. Même prévention d'Anne-Cécile Mailfert, d'Osez le féminisme, «il faut rappeler les chiffres des violences faites aux femmes avant de penser que l’on puisse faire de la garde alternée une règle. Il faut faire du cas par cas». Outre la violence de certains hommes, un autre argument est invoqué, un chiffre coup de poing : dans 80% des cas, c’est le couple, dont le père, qui a décidé d’un commun accord de fixer la résidence principale de l’enfant chez la mère. Pour la porte-parole d’Osez le féminisme, «ce n’est pas au moment du divorce qu’il faut demander l’égalité. Les pères devraient assumer dès la naissance le partage des tâches».

Dans son projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes adopté à l’Assemblée en début d’année, si la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, encourage le congé paternité, la résidence alternée comme principe de base est tombée dans un trou noir. Au grand dam de certains défenseurs de l’égalité comme le sociologue François de Singly : «Je trouve triste que le mouvement des pères ne soit pas récupéré par les féministes. Il s’agit de revendications égalitaires»,affirmait-il à Libération en septembre 2013. C’est bien l’avis aussi du Laboratoire de l’égalité, association mixte qui défend, elle aussi, un «vrai» partage équitable de la garde des enfants entre pères et mères.

Sur la même longueur d’ondes aussi, l’eurodéputée Sophie Auconie, dont le groupe UDI compte bien tenter à nouveau sa chance via un amendement lorsqu’il sera question d’adopter définitivement la loi au Sénat après les municipales : «C’est parce que je suis féministe que je défends la garde alternée. C’est un principe de base. Quand on défend l’égalité femmes-hommes, on défend aussi l’égalité hommes-femmes. L’égalité ne marche pas que dans un sens.» L’eurodéputée n’est pas seule sur cette ligne à croire les 1 317 signatures recueillies par sa pétition sur cette question. Parmi, elles, la militante féministe Clémentine Autain ou encore la philosophe Geneviève Fraisse, historienne de la pensée féministe.

Peut-on être féministe et défendre le voile, le porno ou la garde alternée ?
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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 07:11
LIBERTE D'EXPRESSION... FERME TA GUEULE !

Un petit préalable...

Extrait de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme :

Article 19

"Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit."

Salut mes canards,

Surpris ?

Pourquoi me direz vous, une telle mise en scène, un tel cérémonial avant de m'épancher ? C'est vrai quoi, il nous fait quoi le gars ?

Bah, en fait c'est tout simple, je pars toujours du principe que le troupeau est souvent victime d'amnésie et que revenir aux fondamentaux, ça peut permettre de garder quelques repères avant que les esprits ne s'échauffent. Mais là encore, vous allez me dire "mais mirmidon, misère de grenouille, quel lien avec le titre quelque peu grossier de cet article pourtant prometteur ?"

Il est vrai que passer de la Déclaration... à ferme ta gueule, ça interpelle. Soit, je m'explique.

Aujourd'hui, un ministre de la République, Manuel VALLS en l'occurrence, met en danger la liberté d'expression et par là, les fondements de cette même République qu'il est sensé défendre. Etonnant paradoxe mon "cher" !

J'entends déjà les hordes hystériques partisanes bavant leur haine à mon encontre avant même d'imaginer écouter mon propos... même pas étonné !

Calmons nous, surtout vous, les haineux et reprenons les faits.

Il y a quelques jours l'humoriste DIEUDONNE, dont certains lui contestent le talent, même quand il oublie la provocation, s'est à nouveau lâché sur un journaliste, Patrick COHEN, en des termes peu élogieux, sinon très limites du point de vue de la communauté israélite. La direction de Radio France, employeur du-dit journaliste déclare il y a une semaine vouloir intenter une action en justice contre l'artiste, jusque là, rien d'anormal, c'est le droit (le devoir ?) de tout employeur que de prendre la défense d'un de ses salariés si tant est que celui-ci fut attaqué à raison de son activité professionnelle.

Là où je dis stop ! c'est lorsque notre ministre de l'intérieur déclare vouloir "étudier toutes les voies juridiques pour interdire les réunions publiques de l'humoriste Dieudonné" au prétexte de la menace potentielle que font peser ses propos ou spectacles sur l'ordre public.

Pour ma part, je suis loin d'approuver les propos et prises de positions de l'artiste, mais l'affaire fait naître en moi les réflexions suivantes, je vous les livre en toute bonne foi et transparence :

1/ La liberté d'expression peut elle se voir fixer une limite ?

2/ Cette même liberté d'expression peut-elle être bridée par un gouvernant ou un gouvernement ?

3/ Cavanna avait-il raison de déclarer "La liberté, c'est ce que permet de faire a longueur de la chaine" ?

Au deux premières question, je réponds NON, sans hésiter. Je ne peux pas imaginer un instant être muselé au nom de je ne sais quelle idéologie, opinion, démagogie... J'ai le droit de m'exprimer, de livrer mon avis et tu as le droit lecteur, le DEVOIR même, de me contredire si tu n'es pas d'accord avec moi. C'est ton honneur et ton droit les plus absolus et je te les reconnais bien volontiers.

Bon, d'un autre côté, si tu es d'accord avec moi, je ne vais pas te jeter la pierre. Mais je reste persuadé que toute opinion, aussi abjecte, absurde, idiote, futile, vide de sens soit-elle doit pouvoir être exprimée. Reste au peuple d'utiliser son intelligence et ses valeurs pour faire la part des choses et se forger sa PROPRE OPINION. Et là, vu le niveau, c'est vrai, c'est pas gagné !

Pas vrai Nabilla ?

On sait aussi qu'un troupeau ignorant est docile et facile à mener... Merci médias complices et Education Nationale résignée.

A la troisième question je me dis que si ça continue, ben... OUI, il n'avait pas tort le bonhomme.

Mais dans cette triste histoire, ce qui me navre le plus, c'est que c'est le N°2 du Front National qui rappelle VALLS à l'ordre (public ?), j'ai nommé Florient PHILIPPO qui déclare :"S'il parle (d'interdire) ses spectacles, je trouve ça très dangereux. Interdire des spectacles d'un humoriste, là on tombe dans une dérive extrêmement préoccupante pour la liberté d'expression en France. Après, il y a des lois. S'il y a des appels à la violence, des insultes, des diffamations et que des gens se sentent concernés, ils peuvent aller devant la justice. Mais de là à interdire le spectacle d'un humoriste, je trouve cela très inquiétant pour nos libertés publiques et ça en dit long sur Manuel Valls"

Et là, malgré l'absence totale de sympathie que j'ai pour le personnage, ce qu'il véhicule et représente, je dois bien reconnaître que, sur ce coup là... il a raison.

Tu vois Manuel, à cause de toi, sur ce point précis, je suis obligé de me ranger aux côtés de ce mec... et franchement, ça me fait mal au cul !

A+

AU FAIT : Et si le recours de DIEUDONNE, fort de 140 000 signatures pour faire interdire la LICRA, était à l'origine de la vindicte publique ?

je ne fais que poser la question.

LIBERTE D'EXPRESSION... FERME TA GUEULE !
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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 13:23

Quel est le problème avec les dettes ? Dr Eberhardt Unger Un observateur intergalactique de notre monde ferait certainement ce constat : le mécontentement et l'agitation sociale règnent partout sur la Terre. Il se poserait aussi la question : mais pourquoi cela ? L'une des principales raisons de la paralysie de toutes les activités est certainement le surendettement. Les affrontements entre les partisans d'une stricte discipline budgétaire dite d'"austérité" (avec pour objectif : aucun nouveau déficit budgétaire) et les promoteurs de plans de relance financés par de nouveaux déficits budgétaires sont toujours d'actualité. Récemment, ce sont les partisans de la relance à tout prix qui ont repris le dessus et, dans la Zone euro, ce sont en particulier les pays latins qui considèrent le recours aux déficits budgétaires comme la meilleure stratégie. Leurs modèles étant les Etats-Unis et le Japon. Après tout, en quoi la dette serait-elle si mauvaise, si elle stimule l'économie et crée des emplois ? Pourquoi faut-il se méfier de la dette ? Après tout, en quoi la dette serait-elle si mauvaise, si elle stimule l'économie et crée des emplois ? Ou si la banque centrale finance la dette publique par l'achat d'obligations d'Etat ? Le graphique montre, sans avoir besoin de beaucoup d'explications, ce qui est si mauvais. dettes Cliquez sur le graphique pour l'agrandir Il y a 80 ans le niveau de la dette, en pourcent du PIB, n'était pas encore aussi élevé qu'aujourd'hui. Il concerne les Etats-Unis, mais il est le même pour la Zone euro, le Japon, le Royaume-Uni et de nombreux autres pays industrialisés. Le total de la dette financée sur les marchés de crédit a uniquement augmenté dans l'après-guerre. Il y a 80 ans le niveau de la dette, en pourcent du PIB, n'était pas encore aussi élevé qu'aujourd'hui -- mais on n'était qu'au début de la Grande dépression mondiale. Les banques centrales comme la Bundesbank demandent à rapatrier leur or des coffres américains et français. Ce qu'elles ne savent pas, c'est qu'elles risquent fort de ne jamais revoir leurs lingots ! Découvrez pourquoi sans plus attendre : il pourrait y avoir de spectaculaires profits à la clé. Aujourd'hui, le niveau de la dette est encore plus élevé et le recours au aux dépenses déficitaires faisant consensus, il continuera inévitablement d'augmenter. Selon l'agence Standard & Poor's, les niveaux les plus élevés se trouvent aux Etats-Unis, au Japon et en Italie. La dette entraîne les troubles sociaux L'incontournable "service de la dette" a déjà conduit des pays entiers à la faillite. Par exemple le ratio dettes/PIB est tellement haut dans la périphérie sud de la Zone euro qu'il n'existe plus aucune marge pour lutter contre le chômage catastrophique des jeunes. Vivre sans avenir conduit automatiquement à des troubles sociaux graves. Avec un niveau "normal" de taux d'intérêt de 2%, c'est 75% des recettes fiscales japonaises qui seraient captées par le remboursement des intérêts de la dette. Aux Etats-Unis, une augmentation des taux de 2% provoquerait une augmentation des intérêts payés sur la dette de 1 000 milliards de dollars par an. Le nombre d'Américains qui dépendent de l'aide alimentaire du gouvernement augmenterait rapidement des 47 millions actuel à 50-60 millions. Mais laisser les taux à 0% pourrait apporter des inconvénients encore plus grands. A long terme, il n'y a pas de solution au problème du surendettement. Faire des dettes au détriment des générations futures est irresponsable et conduit automatiquement à la prochaine grande dépression. La douceur de vivre à crédit est une drogue dangereuse. L'investisseur doit absolument trouver un "abri sûr" pour son capital.

Quel est le problème avec les dettes ?
Dr Eberhardt Un
ger

Un observateur intergalactique de notre monde ferait certainement ce constat : le mécontentement et l'agitation sociale règnent partout sur la Terre. Il se poserait aussi la question : mais pourquoi cela ?

L'une des principales raisons de la paralysie de toutes les activités est certainement le surendettement. Les affrontements entre les partisans d'une stricte discipline budgétaire dite d'"austérité" (avec pour objectif : aucun nouveau déficit budgétaire) et les promoteurs de plans de relance financés par de nouveaux déficits budgétaires sont toujours d'actualité.

Récemment, ce sont les partisans de la relance à tout prix qui ont repris le dessus et, dans la Zone euro, ce sont en particulier les pays latins qui considèrent le recours aux déficits budgétaires comme la meilleure stratégie. Leurs modèles étant les Etats-Unis et le Japon.

Après tout, en quoi la dette serait-elle si mauvaise, si elle stimule l'économie et crée des emplois ?

Pourquoi faut-il se méfier de la dette ?
Après tout, en quoi la dette serait-elle si mauvaise, si elle stimule l'économie et crée des emplois ? Ou si la banque centrale finance la dette publique par l'achat d'obligations d'Etat ? Le graphique montre, sans avoir besoin de beaucoup d'explications, ce qui est si mauvais.


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Il y a 80 ans le niveau de la dette, en pourcent du PIB, n'était pas encore aussi élevé qu'aujourd'hui.

Il concerne les Etats-Unis, mais il est le même pour la Zone euro, le Japon, le Royaume-Uni et de nombreux autres pays industrialisés. Le total de la dette financée sur les marchés de crédit a uniquement augmenté dans l'après-guerre. Il y a 80 ans le niveau de la dette, en pourcent du PIB, n'était pas encore aussi élevé qu'aujourd'hui -- mais on n'était qu'au début de la Grande dépression mondiale.

Les banques centrales comme la Bundesbank demandent à rapatrier leur or des coffres américains et français.

Ce qu'elles ne savent pas, c'est qu'elles risquent fort de ne jamais revoir leurs lingots !

Découvrez pourquoi sans plus attendre : il pourrait y avoir de spectaculaires profits à la clé.

Aujourd'hui, le niveau de la dette est encore plus élevé et le recours au aux dépenses déficitaires faisant consensus, il continuera inévitablement d'augmenter. Selon l'agence Standard & Poor's, les niveaux les plus élevés se trouvent aux Etats-Unis, au Japon et en Italie.

La dette entraîne les troubles sociaux
L'incontournable "service de la dette" a déjà conduit des pays entiers à la faillite. Par exemple le ratio dettes/PIB est tellement haut dans la périphérie sud de la Zone euro qu'il n'existe plus aucune marge pour lutter contre le chômage catastrophique des jeunes. Vivre sans avenir conduit automatiquement à des troubles sociaux graves.

Avec un niveau "normal" de taux d'intérêt de 2%, c'est 75% des recettes fiscales japonaises qui seraient captées par le remboursement des intérêts de la dette. Aux Etats-Unis, une augmentation des taux de 2% provoquerait une augmentation des intérêts payés sur la dette de 1 000 milliards de dollars par an. Le nombre d'Américains qui dépendent de l'aide alimentaire du gouvernement augmenterait rapidement des 47 millions actuel à 50-60 millions. Mais laisser les taux à 0% pourrait apporter des inconvénients encore plus grands.

A long terme, il n'y a pas de solution au problème du surendettement. Faire des dettes au détriment des générations futures est irresponsable et conduit automatiquement à la prochaine grande dépression. La douceur de vivre à crédit est une drogue dangereuse. L'investisseur doit absolument trouver un "abri sûr" pour son capital.

Quel est le problème avec les dettes ?
Dr Eberhardt Un
ger

Un observateur intergalactique de notre monde ferait certainement ce constat : le mécontentement et l'agitation sociale règnent partout sur la Terre. Il se poserait aussi la question : mais pourquoi cela ?

L'une des principales raisons de la paralysie de toutes les activités est certainement le surendettement. Les affrontements entre les partisans d'une stricte discipline budgétaire dite d'"austérité" (avec pour objectif : aucun nouveau déficit budgétaire) et les promoteurs de plans de relance financés par de nouveaux déficits budgétaires sont toujours d'actualité.

Récemment, ce sont les partisans de la relance à tout prix qui ont repris le dessus et, dans la Zone euro, ce sont en particulier les pays latins qui considèrent le recours aux déficits budgétaires comme la meilleure stratégie. Leurs modèles étant les Etats-Unis et le Japon.

Après tout, en quoi la dette serait-elle si mauvaise, si elle stimule l'économie et crée des emplois ?

Pourquoi faut-il se méfier de la dette ?
Après tout, en quoi la dette serait-elle si mauvaise, si elle stimule l'économie et crée des emplois ? Ou si la banque centrale finance la dette publique par l'achat d'obligations d'Etat ? Le graphique montre, sans avoir besoin de beaucoup d'explications, ce qui est si mauvais.


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Il y a 80 ans le niveau de la dette, en pourcent du PIB, n'était pas encore aussi élevé qu'aujourd'hui.

Il concerne les Etats-Unis, mais il est le même pour la Zone euro, le Japon, le Royaume-Uni et de nombreux autres pays industrialisés. Le total de la dette financée sur les marchés de crédit a uniquement augmenté dans l'après-guerre. Il y a 80 ans le niveau de la dette, en pourcent du PIB, n'était pas encore aussi élevé qu'aujourd'hui -- mais on n'était qu'au début de la Grande dépression mondiale.

Les banques centrales comme la Bundesbank demandent à rapatrier leur or des coffres américains et français.

Ce qu'elles ne savent pas, c'est qu'elles risquent fort de ne jamais revoir leurs lingots !

Découvrez pourquoi sans plus attendre : il pourrait y avoir de spectaculaires profits à la clé.

Aujourd'hui, le niveau de la dette est encore plus élevé et le recours au aux dépenses déficitaires faisant consensus, il continuera inévitablement d'augmenter. Selon l'agence Standard & Poor's, les niveaux les plus élevés se trouvent aux Etats-Unis, au Japon et en Italie.

La dette entraîne les troubles sociaux
L'incontournable "service de la dette" a déjà conduit des pays entiers à la faillite. Par exemple le ratio dettes/PIB est tellement haut dans la périphérie sud de la Zone euro qu'il n'existe plus aucune marge pour lutter contre le chômage catastrophique des jeunes. Vivre sans avenir conduit automatiquement à des troubles sociaux graves.

Avec un niveau "normal" de taux d'intérêt de 2%, c'est 75% des recettes fiscales japonaises qui seraient captées par le remboursement des intérêts de la dette. Aux Etats-Unis, une augmentation des taux de 2% provoquerait une augmentation des intérêts payés sur la dette de 1 000 milliards de dollars par an. Le nombre d'Américains qui dépendent de l'aide alimentaire du gouvernement augmenterait rapidement des 47 millions actuel à 50-60 millions. Mais laisser les taux à 0% pourrait apporter des inconvénients encore plus grands.

A long terme, il n'y a pas de solution au problème du surendettement. Faire des dettes au détriment des générations futures est irresponsable et conduit automatiquement à la prochaine grande dépression. La douceur de vivre à crédit est une drogue dangereuse. L'investisseur doit absolument trouver un "abri sûr" pour son capital.

Quel est le problème avec les dettes ?
Dr Eberhardt Un
ger

Un observateur intergalactique de notre monde ferait certainement ce constat : le mécontentement et l'agitation sociale règnent partout sur la Terre. Il se poserait aussi la question : mais pourquoi cela ?

L'une des principales raisons de la paralysie de toutes les activités est certainement le surendettement. Les affrontements entre les partisans d'une stricte discipline budgétaire dite d'"austérité" (avec pour objectif : aucun nouveau déficit budgétaire) et les promoteurs de plans de relance financés par de nouveaux déficits budgétaires sont toujours d'actualité.

Récemment, ce sont les partisans de la relance à tout prix qui ont repris le dessus et, dans la Zone euro, ce sont en particulier les pays latins qui considèrent le recours aux déficits budgétaires comme la meilleure stratégie. Leurs modèles étant les Etats-Unis et le Japon.

Après tout, en quoi la dette serait-elle si mauvaise, si elle stimule l'économie et crée des emplois ?

Pourquoi faut-il se méfier de la dette ?
Après tout, en quoi la dette serait-elle si mauvaise, si elle stimule l'économie et crée des emplois ? Ou si la banque centrale finance la dette publique par l'achat d'obligations d'Etat ? Le graphique montre, sans avoir besoin de beaucoup d'explications, ce qui est si mauvais.


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Il y a 80 ans le niveau de la dette, en pourcent du PIB, n'était pas encore aussi élevé qu'aujourd'hui.

Il concerne les Etats-Unis, mais il est le même pour la Zone euro, le Japon, le Royaume-Uni et de nombreux autres pays industrialisés. Le total de la dette financée sur les marchés de crédit a uniquement augmenté dans l'après-guerre. Il y a 80 ans le niveau de la dette, en pourcent du PIB, n'était pas encore aussi élevé qu'aujourd'hui -- mais on n'était qu'au début de la Grande dépression mondiale.

Les banques centrales comme la Bundesbank demandent à rapatrier leur or des coffres américains et français.

Ce qu'elles ne savent pas, c'est qu'elles risquent fort de ne jamais revoir leurs lingots !

Découvrez pourquoi sans plus attendre : il pourrait y avoir de spectaculaires profits à la clé.

Aujourd'hui, le niveau de la dette est encore plus élevé et le recours au aux dépenses déficitaires faisant consensus, il continuera inévitablement d'augmenter. Selon l'agence Standard & Poor's, les niveaux les plus élevés se trouvent aux Etats-Unis, au Japon et en Italie.

La dette entraîne les troubles sociaux
L'incontournable "service de la dette" a déjà conduit des pays entiers à la faillite. Par exemple le ratio dettes/PIB est tellement haut dans la périphérie sud de la Zone euro qu'il n'existe plus aucune marge pour lutter contre le chômage catastrophique des jeunes. Vivre sans avenir conduit automatiquement à des troubles sociaux graves.

Avec un niveau "normal" de taux d'intérêt de 2%, c'est 75% des recettes fiscales japonaises qui seraient captées par le remboursement des intérêts de la dette. Aux Etats-Unis, une augmentation des taux de 2% provoquerait une augmentation des intérêts payés sur la dette de 1 000 milliards de dollars par an. Le nombre d'Américains qui dépendent de l'aide alimentaire du gouvernement augmenterait rapidement des 47 millions actuel à 50-60 millions. Mais laisser les taux à 0% pourrait apporter des inconvénients encore plus grands.

A long terme, il n'y a pas de solution au problème du surendettement. Faire des dettes au détriment des générations futures est irresponsable et conduit automatiquement à la prochaine grande dépression. La douceur de vivre à crédit est une drogue dangereuse. L'investisseur doit absolument trouver un "abri sûr" pour son capital.

Quel est le problème avec les dettes ?
Dr Eberhardt Un
ger

Un observateur intergalactique de notre monde ferait certainement ce constat : le mécontentement et l'agitation sociale règnent partout sur la Terre. Il se poserait aussi la question : mais pourquoi cela ?

L'une des principales raisons de la paralysie de toutes les activités est certainement le surendettement. Les affrontements entre les partisans d'une stricte discipline budgétaire dite d'"austérité" (avec pour objectif : aucun nouveau déficit budgétaire) et les promoteurs de plans de relance financés par de nouveaux déficits budgétaires sont toujours d'actualité.

Récemment, ce sont les partisans de la relance à tout prix qui ont repris le dessus et, dans la Zone euro, ce sont en particulier les pays latins qui considèrent le recours aux déficits budgétaires comme la meilleure stratégie. Leurs modèles étant les Etats-Unis et le Japon.

Après tout, en quoi la dette serait-elle si mauvaise, si elle stimule l'économie et crée des emplois ?

Pourquoi faut-il se méfier de la dette ?
Après tout, en quoi la dette serait-elle si mauvaise, si elle stimule l'économie et crée des emplois ? Ou si la banque centrale finance la dette publique par l'achat d'obligations d'Etat ? Le graphique montre, sans avoir besoin de beaucoup d'explications, ce qui est si mauvais.


Cliquez sur le graphique pour l'agrandir

Il y a 80 ans le niveau de la dette, en pourcent du PIB, n'était pas encore aussi élevé qu'aujourd'hui.

Il concerne les Etats-Unis, mais il est le même pour la Zone euro, le Japon, le Royaume-Uni et de nombreux autres pays industrialisés. Le total de la dette financée sur les marchés de crédit a uniquement augmenté dans l'après-guerre. Il y a 80 ans le niveau de la dette, en pourcent du PIB, n'était pas encore aussi élevé qu'aujourd'hui -- mais on n'était qu'au début de la Grande dépression mondiale.

Les banques centrales comme la Bundesbank demandent à rapatrier leur or des coffres américains et français.

Ce qu'elles ne savent pas, c'est qu'elles risquent fort de ne jamais revoir leurs lingots !

Découvrez pourquoi sans plus attendre : il pourrait y avoir de spectaculaires profits à la clé.

Aujourd'hui, le niveau de la dette est encore plus élevé et le recours au aux dépenses déficitaires faisant consensus, il continuera inévitablement d'augmenter. Selon l'agence Standard & Poor's, les niveaux les plus élevés se trouvent aux Etats-Unis, au Japon et en Italie.

La dette entraîne les troubles sociaux
L'incontournable "service de la dette" a déjà conduit des pays entiers à la faillite. Par exemple le ratio dettes/PIB est tellement haut dans la périphérie sud de la Zone euro qu'il n'existe plus aucune marge pour lutter contre le chômage catastrophique des jeunes. Vivre sans avenir conduit automatiquement à des troubles sociaux graves.

Avec un niveau "normal" de taux d'intérêt de 2%, c'est 75% des recettes fiscales japonaises qui seraient captées par le remboursement des intérêts de la dette. Aux Etats-Unis, une augmentation des taux de 2% provoquerait une augmentation des intérêts payés sur la dette de 1 000 milliards de dollars par an. Le nombre d'Américains qui dépendent de l'aide alimentaire du gouvernement augmenterait rapidement des 47 millions actuel à 50-60 millions. Mais laisser les taux à 0% pourrait apporter des inconvénients encore plus grands.

A long terme, il n'y a pas de solution au problème du surendettement. Faire des dettes au détriment des générations futures est irresponsable et conduit automatiquement à la prochaine grande dépression. La douceur de vivre à crédit est une drogue dangereuse. L'investisseur doit absolument trouver un "abri sûr" pour son capital.

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 16:14

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On se fait une petite toile ?

Un peu déprimé par les bruits de botte qui font de plus en plus de raffut en Ukraine et dans les ports de la Mer Noire, j'ai décidé d'emmener ma petit famille se distraire avec le visionnage d'une sorte d'OVNI cinématographique baptisé The Grand Budapest Hotel.

J'aurais dû lire le synopsis plus attentivement : l'intrique débute quelques semaines avant le déclenchement d'une "grande guerre" -- comme de juste en plein hiver -- au centre de l'Europe. Le tout sur fond de décors enneigés aussi joyeux que des photos en noir et blanc du front franco-allemand dans la région de Verdun un matin de brouillard verglaçant.

Les deux héros du film -- l'homme aux clés d'or et son apprenti préféré -- veillent sur le confort des pensionnaires d'un palace improbable et perché, telle une meringue rose acidulée, au sommet d'une montagne aussi éloignée que possible des turpitudes d'un monde de brutes avides (si l'on en juge par le profil de 90% des personnages qui participent à l'intrigue).

Le Grand Hôtel constitue une métaphore de la Civilisation avec un grand "C".

Grandeur et décadence
Le Grand Hôtel constitue une métaphore de la Civilisation avec un grand "C". Cette dernière vise à prospérer dans la douceur et le raffinement des décors et des usages... mais ses portes grandes ouvertes sur le monde extérieur et son personnel trop policé sont infiniment vulnérables à l'irruption de la barbarie.

Il suffit d'un seul plan de caméra au réalisateur pour démontrer que le gris (et même le vert-de-gris) des uniformes d'une milice peut éclipser les couleurs chatoyantes des uniformes de ceux qui sont au service du bien être des résidents "civilisés".

Découvrez l'analyste technique qui défie l'industrie financière pour vous faire profiter d'une stratégie flexible, simple -- et qui pourrait surtout vous aider à engranger des gains de 45%... 60%... 80%... 102%... 165%...

Pour en profiter, c'est tout simple... il suffit de cliquer !

Le film suggère par ailleurs que lorsqu'une guerre éclate, une milice est bien souvent remplacée par une autre, pire encore (peu importe de savoir comment ou pourquoi). Ceux qui ont l'argent comme seul mobile s'accommodent aussi bien des premières que de celles qui leur succèdent... les autres ne trouvent leur salut que dans la fuite.

Après la guerre et la décadence, la civilisation d'autrefois représentée par le Grand Hôtel tombe en décrépitude et rares sont ceux qui cultivent encore la nostalgie des temps heureux. Ils n'ont de toute façon plus les moyens de la faire revivre lorsque les pages de l'histoire sont tournées.

Je ne vous dévoilerai rien de l'intrigue -- à mi-chemin entre les Monty Pythons et Charlie Chaplin, en passant par Hitchcock et Jean-Pierre Jeunet --, et vous me pardonnerez de vous dépeindre le film avec la finesse d'une brosse de colleur d'affiche... mais je suis loin de posséder le talent du réalisateur Wes Anderson.

Vous l'aurez sûrement compris, j'ai bien aimé cette petite fantaisie cinématographique, cette parenthèse en marge des productions cinématographiques bourrées d'effets spéciaux numériques qui visent à faire "plus vrai que le vrai".

Une analogie intéressante...
Je ne suis pas critique de cinéma mais seulement scrutateur du monde financier et interprète du comportement des marchés... De sorte qu'il ne m'a pas fallu plus de quelque minutes pour établir l'analogie entre le parti-pris de la perfection symétrique constituant la structure narrative de Grand Budapest Hotel et la construction de la hausse des indices boursiers occidentaux depuis l'été 2012.

Les retracements baissiers apparaissent parfaitement calibrés, rien ne dépasse du cadre, tout devient prévisible, artificiel.

Toute spontanéité est totalement purgée. Les mêmes structures graphiques se répètent inlassablement, pas une courbe ne sort de son canal. Les retracements baissiers apparaissent parfaitement calibrés, rien ne dépasse du cadre, tout devient prévisible, artificiel.

Les sherpas des marchés ne cherchent même plus à ce que les cours reflètent la conjoncture. Elle se retrouve réduite au statut de vague référent dont la représentation visuelle ne prétend pas à plus de réalisme que les décors en carton-pâte des premiers court-métrages de George Méliès.

Pour conclure, je dirais que les marchés d'aujourd'hui ne sont plus qu'une sorte de rêverie numérique permanente, un paradis artificiel sous perfusion monétaire. Le plus angoissant, c'est que la plupart de ceux qui le commentent ou en vivent ne sont même plus capables de le reconnaître comme tel.

La succession inexorable de plans-séquences où s'enchainent des images parfaitement symétriques, où jamais la caméra ne tremble ni ne s'égare, où les acteurs occupent exactement l'espace prédéfini au centre de l'image... Ils prennent cela pour le réel alors que ce n'est que du cinéma.

Même en forçant l'artifice comme pour The Grand Budapest Hotel, les financiers drogués aux liquidités sont convaincus -- et jureraient sous la torture -- que Wes Anderson a juste filmé le monde réel.

Sauf que notre monde, ce n'est pas du cinéma
Dès que nous allumons nos écrans, nous constatons que la planète regorge de milices vêtues de gris et de kaki qui tuent "de vrais gens pour de vrai"... et que les guerres commencent en hiver, comme dans The Grand Budapest Hotel.

Je subodore que si le pouvoir ukrainien a été renversé en même temps que la flamme olympique s'éteignait à Sotchi, cela fait partie d'un scénario parfaitement planifié. En effet, Moscou ne pouvait pas, en pleine trêve olympique, envoyer ses troupes sauver le régime à l'agonie d'un dictateur allié de la Russie.

Les marchés peuvent-ils encore longtemps faire comme si c'était du cinéma ?

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 11:30

FICHONS BIEN, FICHONS FRANÇAIS !

JEAN MARC MANACH

L'identification par empreinte digitale est un marché en plein boom. Ses leaders mondiaux sont français... mais ne vendent guère en France. Le gouvernement a donc décidé de sévir.

La proposition de loi sur la protection de l’identité, qui va créer un fichier de 45 millions de “gens honnêtes” et de leurs empreintes digitales (voir Vers un fichage généralisé des “gens honnêtes”) ne vise pas qu’à lutter contre l’usurpation d’identité, comme le reconnaît son auteur, le sénateur Jean-René Lecerf :

Les entreprises françaises sont en pointe mais elles ne vendent rien en France, ce qui les pénalise à l’exportation par rapport aux concurrents américains.

Le 31 mai, lors de la discussion au Sénat, Jean-René Lecerf soulignaitainsi que “sur la carte d’identité, nous avons été rattrapés, puis distancés par de nombreux États, dont nombre de nos voisins et amis, au risque de remettre en cause le leadership de notre industrie, qui découvrait alors la pertinence du proverbe selon lequel nul n’est prophète en son pays“.

Le rapport de Philippe Goujon, rapporteur de la proposition de loi à l’Assemblée, est encore plus clair, et ne cherche même pas à masquer l’opération de lobbying dont il s’agit : “Comme les industriels du secteur, regroupés au sein du groupement professionnel des industries de composants et de systèmes électroniques (GIXEL1), l’ont souligné au cours de leur audition, l’industrie française est particulièrement performante en la matière” :

Les principales entreprises mondiales du secteur sont françaises, dont 3 des 5 leaders mondiaux des technologies de la carte à puce, emploient plusieurs dizaines de milliers de salariés très qualifiés et réalisent 90 % de leur chiffre d’affaires à l’exportation.
Dans ce contexte, le choix de la France d’une carte nationale d’identité électronique serait un signal fort en faveur de notre industrie.

Claude Guéant remarquait de son côté que “plusieurs de nos voisins immédiats comme la Belgique, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, ont déjà adopté ce système, alors même que la technologie de la carte à puce est un domaine d’excellence français“. François Pillet, rapporteur de la proposition de loi, a été tout aussi clair :

Le sujet engage aussi des enjeux économiques, industriels : la sécurisation des échanges électroniques est un marché (…) Les entreprises françaises, en pointe sur ce domaine, veulent investir le marché français.

Ils le veulent d’autant plus qu’ils peinent, de fait, à s’implanter dans les pays industrialisés, alors même que trois des quatre premiers acteurs mondiaux des titres d’identités sécurisés, électroniques ou biométriques, sont français (Morpho, Gemalto et Oberthur, le quatrième, Giesiecke & Devrient, étant allemand). Si leurs systèmes biométriques à destination des fichiers policiers équipent tout autant les pays dits “développés” que les pays émergents, les dispositifs permettant de “sécuriser” les titres d’identité n’ont pour l’instant essentiellement été vendus qu’à des monarchies pétrolières, pays pauvres ou émergents (voir Morpho, n° 1 mondial de l’empreinte digitale).

Ce secteur d’activités est pourtant considéré comme prioritaire par le gouvernement et ce, depuis des années. En 2005, Dominique de Villepin, alors ministre de l’intérieur, avait ainsi insisté sur l’importance, en termes de “souveraineté économique, industrielle et technologique“, de la maîtrise des “technologies sensibles“, et notamment de la biométrie, considérée “vitale pour notre sécurité“.

En lui succédant, Nicolas Sarkozy avait quant à lui fait de la création de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), chargée de la modernisation des titres d’identité et maître d’œuvre du passeport biométrique, l’une de ses priorités. Lors de son inauguration, en décembre 2007, Michèle Alliot-Marie avait souligné le fait que l’ANTS était “en première ligne d’une bataille politique et industrielle :

La France doit être en mesure de proposer des solutions françaises et communiquer de manière sécurisée avec les procédures de ses principaux partenaires, sinon elle court le risque de se voir imposer leurs solutions.
Ceci la priverait à la fois d’un moyen d’influence et supprimerait un levier de développement puissant.

En octobre 2008, la France organisait ainsi un séminaire sur “la valorisation des nouveaux titres biométriques en Europe“, à l’occasion de la présidence française de l’Union européenne, dont le programme confidentiel, révélé par Bakchich, faisait de la biométrie “une priorité de la France” :

L’Union européenne est la première entité au monde à développer à l’échelle de plusieurs pays des titres électroniques interopérables, dont les atouts sont importants en termes de sécurité (fraude, circulation transfrontalières) et de vie quotidienne (e-administration/e-services…). Ce dernier aspect (vie quotidienne) est mal connu du grand public et ce séminaire a pour but de mieux le faire connaître.

Les données personnelles ? Une valeur marchande

Ce soutien gouvernemental à l’industrie de la biométrie relève aussi de la compétition internationale, comme le soulignent Bernard Didier et Carole Pellegrino, de la société Morpho, “leader mondial de l’empreinte digitale“, dans un article intitulé “Que fait l’Europe face aux Etats-Unis ?“, paru dans L’identification biométrique, recueil de textes sorti récemment aux éditions de la maison des Sciences de l’Homme.

Les deux auteurs rappellent en effet que, suite aux attentats de 2001, les États-Unis ont massivement soutenu, favorisé et subventionné leurs propres industriels spécialisés dans la biométrie.

Dans le même temps, l’Europe peinait pour sa part à se positionner sur ces enjeux, du fait de sa “diversité, tant dans la manière dont est appréhendée la problématique liberté/sécurité qu’en ce qui concerne la manière dont est perçue l’industrie de souveraineté par chacun des États membres“, qui varie notamment “selon que les États ont ou non connu des attentats terroristes sur leur propre territoire” :

C’est la raison pour laquelle on constate des retards ou des “décalages” dans les calendriers initialement déterminés au niveau des principaux programmes nationaux ou européens

Le programme français a ainsi constamment été repoussé, et les Britanniques viennent même de renoncer à leur projet de carte d’identité, en déchiquetant publiquement les disques durs comportant les données personnelles de ceux qui s’étaient enrôlés dans le système.

Bernard Didier et Carole Pellegrino déplorent également le fait qu’un certain nombre d’autorités de protection des données personnelles s’opposent au croisement des fichiers, mais également que la CNIL et son homologue espagnole aient interdit, contrairement à d’autres pays, la prise d’empreintes digitales à l’école “comme moyen de contrôle de l’identité des élèves afin de leur permettre d’accéder à la bibliothèque ou à la cantine“.

Plus globalement, ils déplorent l’attitude des autorités de protection des données personnelles, et notamment le G29 (qui réunit les CNIL européennes), qui “s’évertue à rester, à nos yeux, dans une posture de “censeur éclairé” alors que d’autres pays, comme le Canada par exemple, participent au débat et à la recherche transformant le handicap industriel en avantage compétitif“, le modèle idéal étant celui des États-Unis :

Selon l’approche américaine, les données personnelles ne sont pas considérées comme un attribut de la personne, mais comme une valeur marchande régie par les règles du marché.
Par ailleurs, aux États-Unis, il n’existe pas de règles de protection équivalant à celles dont dispose l’Union européenne, ni d’autorité fédérale de protections des données semblable à celles qui sont en place en Europe.

Après avoir rappelé que l’Europe subventionne des programmes de recherche visant à “développer des solutions d’identité innovantes” intégrant des dispositifs de protection des données personnelles au sein même de leurs dispositifs de contrôle biométrique, les deux auteurs estiment qu’il en va du ressort des institutions européennes :

Une feuille de route pour un cadre paneuropéen de la gestion de l’identité en 2010 vise à garantir les modes d’identification électroniques qui maximisent le confort de l’utilisateur tout en respectant la protection des données. Un tel projet devrait faciliter l’adoption de normes européennes relatives à la biométrie.

Sous peine de devenir un acteur politique et industriel de second rang, il est temps pour l’Europe de relancer la dynamique des grands programmes sur la gestion d’identité.

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 11:26

VERS UN FICHAGE GÉNÉRALISÉ DES “GENS HONNÊTES”

JEAN MARC MANACH

Pour lutter contre l'usurpation d'identité, qui représente moins de 15 000 faits constatés chaque année, le projet de carte d'identité biométrique sécurisée propose de ficher 45 millions de Français.

La future carte d’identité, débattue au Parlement ce 7 juillet, reposera sur la création d’un “fichier des gens honnêtes” (sic) répertoriant les noms, prénoms, sexe, dates et lieux de naissance, adresses, tailles et couleurs des yeux, empreintes digitales et photographies de 45 millions de Français voire, à terme, de l’ensemble de la population.

L’expression “fichier des gens honnêtes” a été utilisée par François Pillet, sénateur (UMP) du Cher et rapporteur de la proposition de loi sur la protection de l’identité (voir le dossier), adoptée en première lecture au Sénat, et qui sera discutée à l’Assemblée le 6 juillet:

Pour atteindre l’objectif du texte, il faut une base centralisant les données. Or cette base serait unique dans l’histoire de notre pays au regard de sa taille, puisqu’elle porterait sur 45 millions d’individus, si elle existait à l’heure actuelle. À terme, elle est susceptible de concerner 60 millions de Français. Ce sera de surcroît le premier « fichier des gens honnêtes ».

Ce fichier n’a donc pas d’équivalent. Toutes les personnes auditionnées ont mis en garde, plus ou moins expressément, contre son usage à d’autres fins que la lutte contre l’usurpation d’identité, ce qui présenterait des risques pour les libertés publiques.

Le gouvernement cherche depuis 10 ans à moderniser la carte d’identité, afin d’y rajouter une “puce électronique sécurisée“, et de centraliser dans une base de données les identifiants, notamment biométriques, des personnes fichées. Ce qui pose de nombreux problèmes techniques, juridiques et politiques. Au point, comme le reconnait François Pillet, qu’”aucun des (trois) projets de loi rédigés sur le sujet par les gouvernements successifs n’ont finalement été présentés au Parlement“.

“Zorro n’étant pas disponible…”

Le projet de carte INES (pour Identité Nationale Électronique Sécurisée), sévèrement critiqué par le Forum des droits de l’Internet et par la CNIL, avait ainsi été abandonné en 2005. Il s’agissait alors de lutter contre le terrorisme et l’immigration irrégulière, comme l’expliqua alors Dominique de Villepin aux députés, dans une formule toute en sobriété :

L’usage de faux papiers coûte en outre plusieurs milliards à la nation chaque année. Pour régler le problème, nous pouvions bien sûr nous adresser à Zorro (…) Mais il n’était pas disponible, et c’est pour cela que nous avons sollicité INES.

Dans un article paru dans un ouvrage collectif passionnant, L’identification biométrique, Clément Lacouette-Fougère, auteur d’un mémoire de recherche sur INES, le qualifie de “solution à la recherche de problèmes (…) électoralement risqué et techniquement instable“.

A l’époque, le ministère de l’Intérieur voulait pouvoir s’en servir afin d’identifier les propriétaires d’empreintes digitales non fichés au Fichier automatisé des empreintes digitales (FAED), qui répertorie 3,6 millions d’individus, mais aussi 212 000 traces non identifiées. Mais la CNIL notamment s’y était fermement opposée.

Peinant à apporter des preuves tangibles du lien entre le rôle des fraudes à l’identité et la lutte contre le terrorisme, mis à mal par le débat public, souffrant de nombreuses incohérences bureaucratiques, les porteurs du projet délaissèrent alors l’argument sécuritaire, et cherchèrent d’autres justifications.

On avait ainsi vu les deux policiers responsables du projet reconnaître qu’ils n’avaient pas, eux-mêmes, de carte d’identité (elle n’est pas obligatoire), tout en vantant les mérites du projet de carte d’identité sécurisée au motif que cela allait favoriser… le commerce électronique :

A quoi sert une carte d’identité ? A lutter contre le terrorisme ? Oui, un petit peu, mais ce n’est pas la seule raison, et ce n’est pas la première.

A votre avis, combien de lettres recommandées sont envoyées en France chaque année ? 240 millions. Combien de temps perdez-vous à aller chercher une lettre recommandée à la Poste ? L’année prochaine, tous les ordinateurs seront livrés avec un lecteur de carte. Il n’y aura plus à se déplacer.

Cinq ans plus tard, les ordinateurs ne sont toujours pas livrés avec un lecteur de carte. Mais le nouveau projet en reprend l’idée, avec une seconde puce, facultative et commerciale, “portant la signature électronique de la personne, autorisant l’authentification à distance, ce qui remplacerait le recours à des sociétés commerciales“, comme l’a expliqué Claude Guéant :

Concrètement, l’authentification par le second composant de la carte s’effectuera via un boîtier relié à l’ordinateur personnel, dont les utilisateurs intéressés par ce service devront se doter.

En 2001, un projet similaire, Cyber-comm, lecteur personnel de carte à puce censé “envahir le marché et faire entrer massivement la France dans l’ère du commerce électronique sécurisé“, avait fait un énorme flop, et l’on peut raisonnablement douter du fait que les internautes dépenseront plusieurs dizaines d’euros dans de tels boîtiers alors qu’il existe de nombreux mécanismes de paiement et d’identification sécurisés.

“L’objectif annoncé est, par essence, inaccessible”

Les précédents argumentaires censés justifier la carte d’identité biométrique ayant échoué, la proposition de loi de Jean-René Lecerf (UMP) vise aujourd’hui officiellement à lutter contre les usurpations d’identité qui, d’après un sondage du Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), toucherait 4,2% de la population française :

Cela représente plus de 210 00 cas avérés chaque année, un chiffre plus important que les cambriolages à domicile (150 000) et que les vols d’automobile (130 000)

François Pillet, le rapporteur de la proposition de loi, souligne cela dit que ces données “n’ont pas été scientifiquement établies, le chiffre de 210 000 cas (ayant) été obtenu en suivant une méthode unanimement critiquée (et) d’une fiabilité douteuse“, et à la demande d’une société spécialisée dans les broyeuses de documents, et qui avait donc intérêt à gonfler les chiffres de l’usurpation d’identité.

L’Observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale a, quant à lui, répertorié, en 2009, 13 900 faits de fraude documentaire ou d’identité, quand la direction des affaires criminelles et des grâces répertoriait de son côté 11 627 condamnations la même année, bien loin donc des 210 000 cas avancés par le Credoc.

Alain Bauer, conseiller de Nicolas Sarkozy pour ce qui est des questions de sécurité, et président de l’Observatoire national de la délinquance, avait d’ailleurs lui-même émis des doutes (.pdf)lorsqu’il avait été auditionné par la CNIL, en 2005, rappelant notamment que la fraude à l’identité porte essentiellement sur le permis de conduire et les passeports et qu’”en revanche, celle-ci existe quantitativement très peu dans les affaires de terrorisme et de crimes organisés (à l’exception de la traite des êtres humains)” :

Quant à l’objectif annoncé d’éradiquer la contrefaçon des pièces d’identité, j’estime qu’il est, par essence, inaccessible. En effet, malgré tous les raffinements technologiques utilisés, je suis convaincu que la nouvelle carte d’identité sera contrefaite dans un futur plus ou moins proche, car les faussaires s’adaptent toujours aux nouveaux moyens technologiques.

Un dispositif contraire à la convention européenne des droits de l’homme ?

L’objectif du gouvernement est aujourd’hui de fusionner les bases de données du passeport biométrique et de la carte d’identité. En 2007, dans son avis sur le passeport biométrique, la CNIL avait dénoncé le recours à une base centralisée pour conserver les données, ainsi que le recueil de 8 empreintes digitales, là où les autres pays européens n’en exigent que deux :

Si légitimes soient-elles, les finalités invoquées ne justifient pas la conservation, au plan national, de données biométriques telles que les empreintes digitales et que les traitements ainsi mis en œuvre seraient de nature à porter une atteinte excessive à la liberté individuelle.

Vertement critiquée par les associations de défense des droits de l’homme, la base de données des empreintes digitales du passeport biométrique avait fait l’objet, en 2008, de quatre recours devant le Conseil d’État. En juin 2010, le rapporteur public avait recommandé l’annulation de la collecte de 6 des 8 empreintes digitales, mais pas l’annulation de la création d’une base centralisée.

A ce jour le Conseil d’État ne s’est toujours pas prononcé définitivement sur la licéité de la base de données, et du nombre d’empreintes susceptibles d’y être stockées. Mais c’est probablement, estime l’opposition, pour pouvoir précisément contourner l’avis du Conseil d’État, et éviter d’avoir à consulter la CNIL, que le projet revient aujourd’hui sous la forme d’une proposition de loi, déposée non par le gouvernement, mais par un sénateur.

“Nous ne voulons pas laisser derrière nous une bombe”

Le problème se pose aussi à l’échelle européenne : la Cour européenne des droits de l’homme a ainsi condamné la Grande-Bretagne pour avoir conservé les empreintes ADN d’innocents dans le fichier génétique de police britannique, au motif, rappelle Éliane Assassi, sénatrice communiste, que l’ensemble des citoyens ne peuvent être traitées de la même manière que les personnes coupables ou inculpées.

Soucieux de respecter la convention européenne des droits de l’homme, les sénateurs, qui ont adopté le texte en première lecture le 31 mai dernier, ont dès lors voulu éviter tout détournement de la base de données, et notamment toute utilisation en matière de police judiciaire afin de rendre impossible l’identification d’un individu à partir de ses empreintes digitales ou de sa photographie, comme l’a expliqué François Pillet :

Nous ne voulons pas laisser derrière nous une bombe : c’est pourquoi nous créons un fichier qui ne peut être modifié.

A cette fin, ils ont proposé de rajouter des “garanties matérielles (rendant) techniquement impossibles un usage du fichier différent de celui qui a été originellement prévu“, à savoir lutter contre l’usurpation d’identité, et ont proposé de recourir à une technologie dite “à liens faibles“, qui a notamment fait l’objet d’un brevet déposé par Sagem. Concrètement, ces “liens faibles” permettent de s’assurer que la personne figure bien dans le fichier, mais empêchent de l’identifier à partir de ses données personnelles telles que ses empreintes digitales ou de sa photo.

Le gouvernement, tout comme Philippe Goujon, rapporteur de la proposition de loi à l’Assemblée, sont fermement opposés à ce dispositif, au motif qu’”en cas d’usurpation d’identité, il sera impossible d’identifier l’usurpateur, à moins de faire une enquête longue et coûteuse” :

Si un usurpateur tentait de faire établir un document d’identité avant son titulaire légitime, il faudrait enquêter sur plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de personnes pour le démasquer, ce qui constituerait une atteinte à la vie privée bien plus grave que le recours à une identification directe du fraudeur.

En outre, l’architecture du fichier central conçue par le Sénat rendra celui-ci inutilisable pour une recherche criminelle. Or, j’estime qu’une telle recherche, qui n’interviendrait que sur réquisition judiciaire, doit être possible.

Pour Delphine Batho, députée socialiste, “le véritable objectif de ce texte, c’est le fichage biométrique de la totalité de la population à des fins de lutte contre la délinquance” :

Il existe un fichier permettant d’identifier les fraudeurs : le fichier automatisé des empreintes digitales (FAED), qui recense 3 millions d’individus, soit 5 % de la population, et qui a permis de détecter 61 273 usurpations d’identité. Cet outil me semble suffisant.

Les auteurs de cette proposition de loi estiment, pour résumer, que pour détecter un fraudeur, il faut ficher tout le monde.

Pour Sandrine Mazetier, députée PS, la proposition de loi bafouerait également les principes de finalité et de proportionnalité “pierre angulaire de la loi Informatique et libertés” :

Il semble totalement disproportionné de mettre en place un fichage généralisé de la population française pour lutter contre 15 000 faits d’usurpation d’identité constatés par la police.

Disproportionné, peut-être. Mais il en va aussi des intérêts souverains de l’économie française : Morpho, fialiale de Safran, qui avait déjà emporté l’appel d’offres du passeport biométrique, est en effet le “n°1 mondial de l’empreinte digitale“, et n°1 mondial des titres d’identité biométrique sécurisés…

NB : comme le rappelle très opportunément Pierrick en commentaire, la carte d’identité n’est pas obligatoire. Si on vous demande de justifier de votre identité, voilà ce qu’il vous faut savoir : La carte d’identité n’est pas un document obligatoire. L’identité peut être justifiée par un autre titre (passeport ou permis de conduire), une autre pièce (document d’état civil indiquant la filiation, livret militaire, carte d’électeur ou de sécurité sociale), voire un témoignage.

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 15:35

Une copie d’examen défraie la chronique en Tunisie

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« 1 sur 20 », c’est la note sans appel qu’un étudiant tunisien, en troisième année de Finance, dans un institut de gestion de Tunis, ne risque pas d’encadrer pour l’accrocher dans sa chambre, ou alors seulement pour se souvenir de faire mieux la prochaine fois !

L’histoire ne dit pas comment cette copie d’examen anonyme s’est retrouvée sur Facebook, créant un incroyable buzz, mais en tout cas elle donne matière à réfléchir ou à polémiquer à tous ceux qui se sont penchés sur son contenu particulièrement indigent.

Si elle ne reflète pas le niveau des étudiants tunisiens dans leur ensemble, la copie, qui défraie la chronique sur le Net, remet toutefois sur le tapis la question relative à la qualité de la formation dispensée par l’université tunisienne, et l’adéquation entre diplômes et emplois. Une question d’une actualité brûlante, alors qu’un récent rapport publié par l’International colleges and universities, un site web spécialisé dans le classement web des collèges et universités dans le monde, ne fait figurer que deux universités tunisiennes dans son classement.

Pour friser le zéro pointé, cette copie, dont il n’y a manifestement pas grand-chose à sauver, se révélera peut-être doublement salutaire : à la fois pour l’étudiant qui, devant l’opprobre, se jurera de donner un grand coup de collier pour se mettre à niveau, et pour le nécessaire débat public sur la refonte du système universitaire tunisien qui semble reparti de plus belle.

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