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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 07:11

MIMA

 

Pendant que les avions français survolaient la Libye, les ailes sanglées de missiles, le chef du protocole de Mouammar Kadhafi, Nouri Mesmari, regardait le printemps briller de la fenêtre d’un grand hôtel parisien. Une scène improbable et pourtant bien réelle que les comptes rendus des dernières semaines d’actualité libyenne n’ont pas évoqué.

Et pourtant, ce n’est pas faute d’un titre gueulard : le 23 mars dernier, le quotidien Libero affichait en première page

Sarko manoeuvre la révolte libyenne

Et le journal de décrire par le menu la rocambolesque fuite de ce proche du « raïs » à la veille de l’embrasement du pays et évoquant une trahison au profit de la France. Un article aussi ignoré à Paris qu’en Italie. Peut-être parce que le journal ne cache pas ses proximités avec Silvio Berlusconi. Ou peut-être parce que, privée de ses détails, l’histoire de cet exilé de la cour libyenne ne semble qu’une anecdote de plus dans la décadence du régime. Alors que l’affaire vaut le détour.

Proche de Kadhafi, c’est comme un véritable chef d’État en fuite que Nour Mesmari s’est rendu en France : en prétextant une opération chirurgicale.

Une défection organisée par les services secrets

Le 21 octobre 2010, le haut dignitaire de la Jamahiriya débarque à Paris avec toute sa famille et s’installe à l’hôtel Concorde Lafayette, “sans recevoir aucun médecin” précise le journaliste de Libero. A la place, c’est la police qui vient bientôt frapper à sa porte : suite à un mandat d’arrêt international émis par la Libye le 28 novembre pour “détournement de fonds”, Mesmari est arrêté le lendemain… et placé en résidence surveillée dans un luxueux hôtel de la Porte Maillot. La France refuse d’extrader le chef du protocole déchu. Le chef d’État libyen décide alors de tout mettre en œuvre pour le convaincre de revenir.

C’est d’abord le fils le plus « libéral » de Kadhafi, Saif El-Islam, qui s’avance, par l’intermédiaire de son agence Libyapress pour tenter de convaincre le haut fonctionnaire en fuite de rentrer à Tripoli… sans succès. Selon la lettre d’information Maghreb Confidentiel, le clan des « sécuritaires » proches de Kadhafi décide alors de fermer la société incapable de ramener Mesmari à Tripoli avant d’expédier un autre proche du raïs à Paris. Abdallah Mansour, ancien directeur général de l’Office général de radio et télévision du régime, est dépêché sur place en décembre, porteur d’un message de réconciliation sur le ton de “si tu reviens, on annule tout”. Nouvel échec.

Refusant de lever la demande d’extradition, le pouvoir libyen tente une dernier carte : Moatassim, fils du raïs, conseiller à la sécurité nationale et tenant notoire de la ligne “dure” du régime. “Il est étonnant qu’on ai laissé un tel profil, proche des comités révolutionnaires et des sécuritocrates, pénétrer sur le territoire français”, s’étonne-t-on dans le corps diplomatique français. Le fils Kadhafi descend pourtant à l’hôtel Bristol fin janvier pour continuer la ronde devant la porte de Mesmari. Le 10 février, Maghreb confidentiel publie un aveu d’échec : Moatassim a repris l’avion pour Tripoli le 5 février, laissant à Paris l’ancien chef du protocole. Une semaine plus tard, le mouvement anti-Kadhafi se lève. Et, selon Libero, le retour du fils bredouille ne serait pas pour rien dans cette explosion.

Colonel félon et barbouzes agricoles

Car la défection de Nouri Mesmari serait, selon le quotidien italien, non pas le fait de tour de passe-passe financier mais un échange de bons procédés : asile politique contre informations stratégiques. Avant qu’un mandat d’arrêt international ne passe la Méditerranée, de drôles de Français s’étaient glissés dans une délégation de gros bonnets de l’agro-business : au milieu des cravates de France AgriMer et de Soufflet, une poignée d’agents de la DGSE ont pris l’avion le 18 novembre pour rencontrer à Benghazi, non pas des paysans de Cyrénaïque, mais le colonel Abdallah Gehani, dignitaire de l’armée de l’air proche de Mesmari.

Selon le quotidien italien, les agents des services secrets français vont rencontrer l’homme sur les conseils de l’ancien chef du protocole. De sa résidence parisienne, Nouri Mesmari aurait obtenu l’autorisation de sortir pour aller dîner avec quelques amis libyens, dont certains auraient joué un rôle dans le soulèvement de Benghazi. Conclusion du journaliste du quotidien pro-Berlusconi: Mesmari a été utilisé comme une marionnette par Nicolas Sarkozy pour renverser le dictateur libyen.

Une hypothèse qui se heurte au manque des fameuses “preuves” vantées par Libero. Mais qui n’enlève rien à la pertinence de certaines questions, comme la raison pour laquelle la France a si légèrement décidé de donner refuge à un proche du régime libyen avant d’offrir le séjour au fils le plus radical de la lignée Kadhafi.

Illustration CC FlickR: sludgegulper

 

#5: À Jajce en Bosnie, on reconstruit les âmes et on élimine les ruines

Posted: 30 Mar 2011 11:09 AM PDT

Une histoire rocambolesque de magazine qui a fini par ne jamais voir le jour m’a entrainé jusqu’au fin fond de la Bosnie à l’automne dernier. Fait assez rare pour être souligné – à l’heure où certains médias numériques français sont assez dépourvus de dignité pour oser quémander du pognon au public afin d’envoyer des reporters à l’étranger – le magazine en question avait payé les billets d’avion. Tel qu’on me l’avait vendu, Jajce était censée être une petite ville de 30 000 habitants en ruine peinant à se reconstruire quinze ans après la guerre. Nombre d’habitants, propriétaires à l’époque, auraient fui et ne seraient jamais revenus, préférant rester en terre d’exil plutôt que devoir supporter le poids de la reconstruction. La réalité allait révéler un postulat de départ en partie erroné.

Sur la route menant de Sarajevo à Jajce, les magasins et autres bâtisses en ruines jalonnent méthodiquement le bas-côté. Le pays n’est plus en guerre – en témoignent les enseignes flambantes de quelques bazars chinois – mais c’est une ambiance poisseuse, grise comme cette brume tenace qui domine l’asphalte. Les deux villes ne sont distantes que de cent-soixante kilomètres. Le panorama qui défile est encore plutôt vert à l’heure où la moiteur de l’été cède sa place à la tiédeur de l’automne, le long d’une route modeste, sinueuse et vallonnée. Les minarets et autres convois militaires dépassés au fur et à mesure que le taxi avale les kilomètres sont néanmoins autant de repères qui rappellent à chaque instant que l’on n’est pas dans quelques recoins des Alpes ou du Jura. Passé un gros complexe industriel tombé en désuétude – et un large panneau laminé par la rouille, témoin de la candidature de la ville pour entrer au patrimoine de l’Unesco il y a quelques années – le petit centre-ville de Jajce offre sa virginité souillée au regard du visiteur de passage.

A première vue, tout a l’air sagement en ordre dans ce mélange architectural à la croisée des empires ottomans et austro-hongrois. L’ensemble est bien tenu, aucun stigmate de la guerre, aucune ruine à l’horizon. En s’enfonçant un peu dans la ville, en sortant des quartiers proprets et trop centraux, on découvre bien quelques maisons écorchées et d’autres immeubles criblés de balles ou éventrés par des obus de mortier, mais la réalité est ainsi faite qu’il arrive parfois de partir en reportage sur des bases foireuses. On trouve alors rarement ce qu’on était venu chercher.

Guerre et exode

Si Jajce n’avait rien du tas de décombres qu’on m’avait décrit, la ville n’en avait pas pour autant fini de panser toutes ses blessures de la guerre. Entre 1992 et 1995, ce bout de territoire du centre de la Bosnie a été occupé successivement par les trois armées participant au conflit, Serbes, Croates et Bosniaques donc. Au moment où les combats éclatent, les Serbes qui y vivent se volatilisent en à peine une semaine. Durant les six mois suivants, Bosniaques et Croates restent logiquement sur place, dans l’attente, faute de mieux. Puis au profit de bombardements soutenus et d’une offensive terrestre à la fin de l’été 1992, les Serbes s’emparent de la ville et forcent à leur tour les populations bosniaques et croates à se réfugier dans les environs ou fuir à l’étranger. Trois années durant, alors que les atrocités se multiplient, que le pays sue du sang et que Sarajevo dépérit, la situation reste assez stable. Puis à la fin de l’été 1995, quelques semaines après que Srebrenica ait sombré dans la folie des massacres, la contre-offensive de l’armée croate finit par porter ses fruits et les Croates reviennent s’installer. Les Bosniaques, eux, attendront plusieurs années avant de regagner Jajce, craignant ces dirigeants croates qui bénéficient alors des pleins pouvoirs politiques.

A la fin des combats, comme partout ailleurs dans le pays, la situation dans la ville est déplorable. Les habitants ne comptent plus le nombre de maisons et d’écoles réduites à l’état de gravas et ne peuvent regarder qu’avec dépit les routes défoncées, impraticables. Les bombardements serbes ont été d’une violence telle que la nature même a souffert de la guerre des humains. Les majestueuses chutes d’eau du centre-ville, grande fierté de Jajce, se sont affaissées et ont laissé quatre mètres de hauteur à la bataille, passant de 23 mètres hier à 19 mètres aujourd’hui. Et puis il y a le bilan démographique surtout. Les combats ont entrainé la mort d’environ 500 personnes – un chiffre statistiquement assez faible dans l’absolu – mais c’est surtout l’exode massif qui demeure le plus dur à encaisser. Lors de notre rencontre dans son confortable bureau aux boiseries omniprésentes, Nisvet Hrnjic, le maire de la ville, soulignait ainsi que sur les quarante-cinq mille personnes vivant ici en 1991, quinze mille ne sont jamais revenues, désormais installées dans quelques bourgades prospères de Suède, de Norvège, d’Italie, du Danemark ou encore d’Allemagne. J’étais venu chercher une cicatrice physique à Jajce, je ne trouvai qu’une blessure psychologique infiniment plus douloureuse à l’épreuve du temps.

La guerre terminée, Jajce, est intégrée à la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine, selon découpage consécutif aux accords de Dayton. A l’heure où commence la reconstruction, à partir de 1996, les relations humaines avec les très rares Serbes ayant daigné rester, et entre catholiques croates et musulmans bosniaques sont plutôt tendues. La municipalité et ses habitants réparent ce qui peut l’être – dans le meilleur des cas – ou reconstruisent tout bonnement ce qui a été brisé, à commencer par les lieux de cultes, mosquées et églises catholiques. Aujourd’hui, seule l’église orthodoxe est toujours en ruine, car les Serbes ne sont jamais revenus. Aux côté des quinze mille Croates et quinze mille Bosniaques, ils sont aujourd’hui mille à tout casser. Le temps allant, les relations entre Croates et Bosniaques se sont améliorées. En matière de politique, la mixité a également fini par reprendre le dessus, et si le maire Nisvet Hrnjic est Bosniaque, le président du conseil municipal est pour sa part Croate, signe d’une stabilité retrouvée, formant désormais la communauté bosnienne.

La diaspora bosnienne

Plus que la retape sporadique de quelques bâtisses en ruine, Jajce n’en finit pas de payer cet exode forcé et soigne comme elle peut ses plaies démographiques toujours à vif. Le tour de la discussion avec le maire et sa traductrice en était tristement comique au début. J’étais venu chercher des ruines, et voilà qu’on me parlait d’hommes:

- Quel beau pays que le vôtre. La France! Paris! Je suis venu pour présenter le projet visant à intégrer Jajce au patrimoine de l’Unesco. On est allé au Barrio Latino, on a mangé dans le restaurant de Gérard Depardieu. Gerard Depardieu, vous connaissez?

- Evidemment, c’est l’alcoolique le plus connu de France. Il est incontrôlable, les gens l’aiment beaucoup.

- Ah quel beau voyage. Et Nicolas Karabatic, le joueur de handball, il est né en Bosnie vous savez. C’est un très grand joueur.

- Je ne peux qu’aller dans votre sens en effet… Bon pour en revenir à ce qui m’amène ici, après un petit tour en ville, tout à l’air bien en ordre, ce n’est pas du tout comme ça qu’on m’avait présenté les choses. Où sont-elles ces maisons en ruine alors?

- Je ne sais pas ce qu’on vous a raconté, mais vous savez, il ne reste aujourd’hui qu’assez peu de maisons non-reconstruites. Non, le vrai problème n’est pas là. Le problème c’est que les quinze mille personnes qui ont fui pendant la guerre ne sont jamais revenues. Quinze mille personnes à l’échelle de Paris? C’est rien pour vous évidemment. Mais quinze mille personnes à Jajce, c’est un tiers de la population.

Un tiers de la population envolée. Pfiou. Vous imaginez un peu le nombre de bras en moins que ça fait quand il faut reconstruire? Il est là notre drame, rien à voir avec les maisons détruites.

Parmi ces quinze mille individus à n’être jamais revenus, une petite moitié a gardé des liens forts avec Jajce. Disséminés en Norvège et en Suède, les membres de cette diaspora ont trouvé des emplois, bâti des familles et n’envisagent logiquement pas de revenir au pays. Si les conditions de vie sont évidemment plus douces au nord, leurs enfants nés là-bas et parfaitement assimilés constituent le principal frein au retour. Conscient de cette réalité inaliénable – “une situation normale après la guerre” de ses propres mots – Nisvet Hrnjic ne peut pour autant s’empêcher de penser que de tous les pays de l’ex-Yougoslavie, c’est la Bosnie qui a payé le plus lourd tribut à ce conflit.

Alors pour se rappeler qu’un jour tout ce petit monde vivait ici, une rencontre est organisée chaque année entre ceux qui sont partis et ceux qui restent. Certains d’entre eux reviennent d’ailleurs régulièrement à Jajce pour prendre du bon temps et maintenir le lien avec leur famille. En raison de la manne économique avérée qu’ils représentent avec leurs salaires d’expatriés, la municipalité fait tout pour garder ces liens forts avec eux. Petite victoire pour la ville – car on ne peut pas reconstruire une maison en ruine sans l’accord de son propriétaire – certains ont même accepté de rebâtir leur demeure et l’utilisent aujourd’hui comme résidence secondaire. Dans son effort de normalisation de la situation, la municipalité aimerait d’ailleurs les amener gentiment vers l’idée de payer des taxes. Mais telle une ex-femme qui reviendrait progressivement en odeur de sainteté auprès d’un mari parti dans les bras d’une autre, elle avance tout de même de manière très prudente, de peur que ceux-ci soient indisposés par cette idée et songent à vendre.

« Ne pas répandre la haine »

Du côté de ceux qui restent, on ne verse pas dans le fatalisme. Ce n’est évidemment pas en restant deux jours que je risquais de comprendre l’essence et les ressorts humains d’une ville en phase éternelle de reconstruction quinze ans, après la fin du conflit. Mais au contact d’Alisa Ajkunic, une bosnienne de vingt et un ans, j’ai légèrement entrevu la lumière. Employée par l’office de tourisme de la ville, cette jeune fille parfaitement bilingue en anglais s’est vu confier la tâche particulière de se coltiner un journaliste sorti de nulle part, venu s’intéresser, l’espace de quelques heures, à une ville ayant une trajectoire similaire à des dizaines d’autres en Bosnie. Porte-parole improvisée de toute la jeunesse de ce bled du fin fond de la Bosnie, je revois bien la jeune fille, un sourire honnête au coin des lèvres, l’œil dur et brillant en même temps, se féliciter que la volonté de reconstruire soit restée intacte avec les années.

Selon elle, la situation s’améliore chaque jour à l’image du nombre de maisons en ruine, chaque fois plus petit et souvent lié à des histoires de propriétaires disparus ou n’ayant pas les moyens pour payer les réparations. Depuis son retour à Jajce avec sa famille, il y a une dizaine d’années, elle a grandi au rythme d’une cité qui réapprend à vivre en intégrant des préceptes humanistes, aussi lointains que possible des spectres du passé.

“Quand on est revenu après la guerre – on était parti car notre maison avait été détruite – il y a dix ou onze ans, on pouvait sentir la tension entre les gens. Puis petit à petit, les choses se sont arrangées. Les jeunes essaient de laisser l’histoire derrière eux et de faire les choses de leur façon. On essaie de bâtir un futur paisible pour nos enfants et non pas répandre la haine.”

À des années lumières de notre génération bien en mal de s’émerveiller de quoi que soit ou d’esquisser un début d’empathie quant à la logique viscérale de la guerre, Alisa, elle, est infiniment fière de sa ville, ravie à la simple idée qu’il y ait de plus de plus de touristes venant de toujours plus loin. C’est dans la tolérance sortie des ténèbres de la guerre que cette petite brune puise l’énergie de se réjouir. Quand on l’interroge sur la reconstruction de la ville, sa réponse dévie rapidement des considérations d’ordre urbanistique pour s’ancrer dans le facteur humain. Elle, la petite musulmane est fière de dire que ses meilleurs amis sont catholiques, qu’ils partagent des cafés et des pizzas sans jamais mêler la religion à leurs échanges, préférant laisser à leurs parents le poids de l’histoire et la méfiance à l’égard des voisins. Après la croisade et la reconstruction, c’est le temps de la paix des âmes qui est venu à Jajce.

L’ex patron de la DST en Libye

 

Yves Bonnet, l’ancien patron de la Direction de la surveillance du territoire (DST), devrait s’envoler demain jeudi en Libye pour mener une mission d’observation sur la guerre engagée contre le régime du colonel Kadhafi. Lors d’un entretien téléphonique, il nous a confirmé avoir obtenu l’accord des autorités locales pour se rendre sur les différents sites du conflit en cours:

J’ai reçu hier une lettre du Premier ministre libyen qui nous autorise à nous déplacer en Libye pour réaliser cette évaluation sur les événements.

L’ancien patron de la DST (de 1982 à 1985, sous un gouvernement socialiste) espère être reçu par les deux belligérants, c’est-à-dire à la fois à Tripoli et à Benghazi, où siège le commandement des insurgés:

Notre but consiste à contribuer à l’émergence de la vérité. Il y a indiscutablement des incohérences dans les informations qui viennent du terrain. La propagande du colonel Kadhafi est manifeste, mais les occidentaux ne sont peut-être pas exempts de reproche en ce domaine.

A Benghazi, les murs parlent

Officiellement, six observateurs

Yves Bonnet a invité cinq observateurs – au moins – à se joindre à son périple libyen:

Sollicités par OWNI, Éric Dénécé, André Le Meignen et Albert Farhat ont confirmé qu’ils préparaient ce déplacement. Pour Albert Farhat, les motifs d’interrogation sont nombreux:

Je ne pense pas que les insurgés de Benghazi cachent des membres d’Al-Qaïda comme certains le disent. Mais les frappes aériennes ressemblent à un jeu de massacre. Les Français cassent tout pour s’arroger ensuite le marché de la reconstruction du pays. Et bizarrement, il n’y a jamais beaucoup de victimes civiles.

Cependant, le Canard Enchaîné a publié ce mercredi une enquête évoquant des notes des services secrets français au sujet des relations entre les rebelles libyens et des membres d’AQMI (les réseaux d’Al-Qaïda maghreb islamique). Aux États-Unis, lundi soir, lors d’une intervention télévisée, le président Barak Obama a souhaité marquer ses distances à l’égard des volontés françaises et britanniques contre le colonel Kadhafi :

Élargir notre mission militaire pour inclure un changement de régime serait une erreur.

Dans ce contexte, la mission Bonnet voudrait donc aussi revenir sur le terrain de la diplomatie.

Illustration: portrait d’Yves Bonnet

Image CC FlickR par شبكة برق | B.R.Q

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