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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 11:00

TUNISIE Vers une seconde révolution

Des citoyens qui se sentent abandonnés, des brutalités policières, un gouvernement qui campe sur ses positions : comme un air de déjà-vu, deux ans après la chute de Ben Ali.

 

Dessin de -Z-, paru sur debatunisie.com, Tunisie.

Les événements qui se déroulent à Siliana [dans le nord du pays] depuis le 27 novembre sont d’une extrême gravité. Ils remettent en cause la cohésion sociale, le vivre-ensemble de tous les Tunisiens. Un gouvernement issu d’élections libres et transparentes ne conserve sa légitimité que par sa proximité avec le peuple, sa capacité d’écoute et son aptitude à répondre aux problèmes de la population. La légitimité n’est pas un fonds de commerce inusable. Elle se perd avec le non-respect du contrat que constitue le vote. Un gouvernement qui fait tirer la police [à la chevrotine] sur sa population [faisant plus de 300 blessés, dont une vingtaine touchés aux yeux] n’a plus rien de légitime. L’histoire récente fourmille de tels exemples : Ben Ali, Moubarak, Kadhafi, Bachar El-Assad… Il n’est pas exclu qu’il puisse y avoir une quelconque manipulation derrière ces manifestations, voire une instrumentalisation. Cela ne justifie pas pour autant l’usage de la force contre des manifestants désarmés.

Dans la gestion de cette affaire, les positions affichées par les membres du gouvernement sont regrettables. Le chef du gouvernement [Hamadi Jebali, du parti islamiste Ennahda] se cabre, en fait une affaire personnelle : “Je partirai avant que le gouverneur [dont le départ est demandé par les manifestants] ne dégage !” Par une telle position, il ferme les voies au dialogue et à la conciliation ; il se met en position de protagoniste de la rue, alors qu’il aurait fallu qu’il se positionne comme arbitre, comme père de la nation. Le ministre de l’Intérieur, Ali Larayedh, est loin de convaincre quand il invoque pour la police la légitime défense. On aurait pu s’attendre à mieux de la part de quelqu’un à qui bien des analyses ont pu prêter, un moment, la stature d’un homme d’Etat. Toutes les polices du monde démocratique partagent les mêmes consignes, celles de ne tirer qu’après sommation, en situation de légitime défense uniquement et seulement vers les jambes, jamais au niveau du visage. Dans ces affrontements, il n’y aura pas de vainqueur. La Tunisie en sortira meurtrie, Siliana aura du mal à panser ses plaies, le gouvernement, s’il y survit, en sortira affaibli. Le gouverneur n’a aucune chance de gouverner dans ces contrées qui lui seront toujours hostiles [à l’issue de longues négociations avec les syndicats, le gouvernement a annoncé, le 1er décembre, que le gouverneur resterait à son poste mais serait remplacé dans ses fonctions par son adjoint].

Toute personne qui a eu dans ces événements un fils, un frère, un cousin, un ami, un collègue, une connaissance qui a perdu la vue en gardera un ressentiment profond. Il sera tenté par l’esprit de revanche, et cela portera atteinte à notre cohésion sociale, à notre solidarité nationale. Ne pervertissons pas le débat, ne versons pas dans la diversion permanente. Les jeunes de Siliana se lèvent contre les mêmes causes qui avaient fait se lever Bouazizi [dont l’immolation à Sidi Bouzid, le 17 décembre 2010, avait déclenché des manifestations à travers tout le pays] et tous les martyrs de la révolution : le chômage, la pauvreté, les discriminations, le mal-vivre, la marginalisation et le désespoir. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Or ces causes-là n’ont pas connu d’amélioration depuis le 14 janvier 2011 [jour de la chute de Ben Ali]. Au contraire, plusieurs d’entre elles ont empiré. Les populations ont besoin de solutions immédiates, aussi modestes soient-elles. Elles ont besoin de signaux forts pour espérer et attendre. Elles sont les mieux à même de formuler des projets et d’en négocier les modalités de mise en œuvre. C’est cela le développement inclusif, participatif et responsable.

Commentaire :

 


Le problème avec ce genre d'article partisan, c'est de déblatérer dans la désinformation et le terrorisme intellectuel en vidant les mots de leur sens, il désigne les minorités agissantes, à tord ou à travers, sans aucun argumentaire crédi

ble qui tiennent la route, comme le "PEUPLE", alors que la majorité des tunisiens ont élu pour cette période de transition la TROÏKA, et que les élections à venir sauront éclaircir la situation tunisienne. Ces pratiques qui tiennent de l'aliénation sont érigées en stratégie de conquête de pouvoir par des politicards qui ne représentent rien en TUNISIE et que des plumitifs sans conscience qui avaient sévis sous BEN ALI, servent avec la haine et la médiocrité des zélotes de bas-étage...et ils ont le culot de parler du vivre ensemble en ayant la prétention d'exclure la majorité des tunisiens du jeu politique.

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