Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 20:25

Tunisie: Ghannouchi adopte un discours de fermeté envers le groupe salafiste Ansar al-Charia

Rached Ghannouchi, lors de sa reconduction à la tête du parti Ennahda, le 16 juillet 2012.
Rached Ghannouchi, lors de sa reconduction à la tête du parti Ennahda, le 16 juillet 2012.
REUTERS/Zoubeir Souissi

Par RFI

La confrontation n’a pas eu lieu vendredi 21 septembre entre les forces de l’ordre et les groupes salafistes en Tunisie. L’ambassade de France avait demandé aux autorités de renforcer la sécurité autour de l’ambassade et des institutions qui lui sont rattachées. Les autorités tunisiennes ont répondu à l’appel. Elles ont également, par la voix de plusieurs ministres et celle du leader du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, fait preuve d'un ton plus distancié qu'auparavant envers le groupe salafiste Ansar al-Charia.

Avec notre envoyé spécial à Tunis

Le discours d’Ennahda a sensiblement changé en l’espace d’une semaine vis-à-vis des groupes salafistes violents. Rached Ghannouchi le chef de file du parti, assurait il y a peu qu’ils allaient « s’assagir avec le temps ».

Des cadres d’Ennahda, souvent ceux qui ont connu la prison sous Zine el-abidine Ben Ali, expliquaient aussi que le tout répressif était mal vu au sortir d’une révolution. De leur côté, des chercheurs avançaient qu’un tiers de la base d’Ennahda était proche de la doctrine salafiste, d’où l’hésitation à mettre sous les verrous ceux qui enfreignent la loi.

L’opposition avançait une autre explication : Ansar al-Charia était devenue la branche armée d’Ennahda. Aujourd’hui, Ghannouchi promet de « serrer la vis » devant le danger intégriste. L’attaque de l’ambassade américaine est passée par là. De nombreux salafistes y ont pris part, et Washington a sèchement reproché aux autorités tunisiennes d’avoir failli à leurs obligations.

Enfin, Abou Yadh, le chef de l’association salafiste Ansar al-Charia, qui est recherché par la police, a nargué les autorités en s’affichant en public plusieurs fois. La sincérité de Rached Ghannouchi sera d’ailleurs sans doute jugée à l’aune de l’efficacité de la traque pour interpeler Abou Yadh. Toutes les cartes sont entre les mains du parti de Ghannouchi : les portefeuilles de la Justice et de l’Intérieur sont détenus par Ennahda.

 

Tunisie : la gestion de l’attaque contre l’ambassade américaine divise le parti au pouvoir

Le leader du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi.
Le leader du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi.
REUTERS/Zoubeir Souissi

Par RFI

L’attaque contre l’ambassade américaine provoque des dégâts collatéraux. Sur le plan diplomatique, suite à ces violences à Tunis, les Etats-Unis ont rapatrié une centaine de leurs ressortissants. Sur le plan intérieur, la polémique concernant le dispositif de sécurité devant l’ambassade et la question du maintien ou non du ministre de l’Intérieur, divisent Ennahda, le parti au pouvoir. Ali Larayedh est accusé de ne pas avoir été à la hauteur des débordements de vendredi.

Le vice-président d’Ennahda Abdelhamid Jelassi a renouvelé, au nom du parti, sa confiance envers le ministre de l’Intérieur Ali Larayedh hier.

Abdelhamid Jelassi

Vice-président du parti au pouvoir Ennahda

Peut être il y a des responsables à écarter s'il y a des défaillances mais je porte toujours, et mon parti aussi, mon soutien au ministre de l'Intérieur.

 

18/09/2012 par Nicolas Champeaux

Or plusieurs députés parlementaires d’Ennahda encouragent à mots couverts le ministre à remettre sa démission.

Ferjani Doghmane, président de la commission des finances pour Ennahda déclare : « Avec plus de précautions, normalement, on n’aurait pas du arriver à ce point là. Dans tous les pays du monde, ceux qui se respectent, les responsables qui se respectent doivent réfléchir. Donc, il faut qu’il y ait une commission qui doit déterminer quels sont les tenants et les aboutissants de l’affaire et de conclure ce qu’il faut faire ».

Latifa Habachie, rapporteur de la commission justice et députée d’Ennahda, réclame des explications au ministre de l’Intétieur. « Il serait intéressant de l’inviter à notre assemblée et de l’interroger. On ne peut pas demander sa démission sans comprendre réellement ce qui s’est passé, pour déterminer les responsabilités justement », dit-elle.

Jamais le parti Ennahda n’a étalé ses divisions au point d’envisager la démission de l’un de ses ministres. Les membres du parti se querellent aussi sur la stratégie à adopter face aux éléments salafistes violents.

La direction d’Ennahda estime que le tout répressif risque de faire des martyrs et de radicaliser les membres d’Ansar el-charia. D’autres réclament la stricte application de la loi. En d’autres termes, des interpellations.

Réactions

Pour Washington, les autorités tunisiennes ont clairement failli à leurs obligations, l’ambassadeur américain Jacob Walles l’a dit au ministre tunisien des Affaires étrangères Rafik Abdessalem. Des membres du gouvernement et d’Ennahda, le parti islamiste au pouvoir, regrettent une décision « disproportionnée ». Taxé de complaisance avec les salafistes depuis plusieurs mois, Rached Ghannouchi le patron du parti islamiste a sur i.télé condamné les violences mais dit comprendre la colère face au film islamophobe :

« C'est un acte condamnable selon la loi et selon la charia. Selon la loi, les missions diplomatiques sont sous la protection de la loi de la société et de l'Etat. Et la charia protège les ambassadeurs. Je m'oppose à ce qu' ont fait les manifestants en France comme en Tunisie. Je suis pour la liberté de manifester pacifiquement. Et je comprends qu'il sont atteint dans leur coeur comme moi. Mais s'ils basculent dans la violence, la violence est condamnable ».

Les opposants à Ennahda jugent, en revanche, le parti au pouvoir responsable de la situation. C'est le cas de Nejib Chebbi, député du parti républicain, un parti d’opposition.

Nejib Chebbi

Député du parti républicain, un parti d’opposition

C'est une décision regrettable dans la mesure où c'est la première fois que cela arrive depuis l'indépendance. C'est un mauvais signe pour la Tunisie.

 

18/09/2012 par Nicolas Champeaux

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Articles Récents

Liens