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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 19:20
Islam & Sarkozy : des Hypocrisies explosives

Fadéla Amara & Nadine Morano  
« Azzouz Begag et Fadéla Amara avaient occupé presque le même poste ministériel. Le premier est un sociologue, chercheur, écrivain, conférencier… La deuxième est… euh…rien. Oualou. Alors, cette dernière a été gâtée par Sarkozy et dorlotée par Hortefeux pendant que le premier avait subi leurs menaces et leurs mépris, parfois à l’intérieur même du Conseil des ministres. Mais, il vaut mieux être méprisé car respectable que prisé car méprisable. Les contradictions de la politique française donnent des phrases tordues et tortueuses à la langue française.

Crème et beurs ne sont pas antinomiques. Il y a parmi les Français de confession ou d’origine musulmane, des cadres supérieurs, des hauts fonctionnaires, de grands patrons, de grands professeurs dans les hôpitaux ou les universités, des créateurs de richesses, des vecteurs de sagesse, des ingénieurs, des médecins, des avocats, des personnes méritantes qui aiment la France et qui respectent l'islam et la laïcité. Mais certains ne voient que la délinquance et la déliquescence intellectuelle.

Certains regardent les musulmans et l’islam avec les œillères du mépris aveuglant. Comme Nadine Morano, qui déclarait le 14 décembre 2009, lors d’un débat sur l’identité nationale, alors qu’elle était secrétaire d’Etat chargée de la famille: « Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c’est qu’il aime son pays, c'est qu'il trouve un travail, qu'il ne parle pas verlan, c’est qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers ». Si la secrétaire d’Etat avait fréquenté plus la Sorbonne et les centres de recherche, elle aurait pu remarquer le nombre important des « jeunes musulmans » qui parlent une langue plus proche de Voltaire que celle de Morano, qui excellent dans les sciences ou qui rapportent plus de richesses à la France. Alors, il faut avoir un cerveau de moineau pour voir dans la casquette une preuve des différences entre les descendants des Gaulois et les descendants des Maures. »  P 104

Le recteur Boubakeur  
« Cheikh Abbas et Tidjani Haddam, à eux deux, ont passé moins de dix ans à la direction de la mosquée de paris ; Les Boubakeur, père et fils, y ont passé plus de 40 ans. Seule la sinistre famille Assad, père et fils, peuvent se réjouir d’une telle longévité à la tête d’une dictature arabe. Critiquer la dictature des Assad n’est pas une insulte contre la Syrie. Critiquer la forfaiture des Boubakeur n’est pas une insulte contre la mosquée de Paris. Cette institution politico-religieuse sous la nouvelle direction de Dalil Boubakeur a refusé le « plan Dumas » de 1992 qui voulait créer un Institut Musulman de France indépendant de la « Société des Habous » avec un budget annuel de plusieurs millions d’euros. Pourtant, le gouvernement algérien soutenait ce projet. Ici, comme dans d’autres cas, le recteur Boubakeur joue contre le gouvernement algérien. Suite à ce refus, ses relations avec Paul Quilès et le gouvernement socialiste se sont tendues. L’arrivée de Charles Pasqua à Beauvau remettra en scelle Boubakeur. Le terrorisme en Algérie et l’affairisme avec l’Algérie vont unir les deux hommes dans une véritable lune de miel. Mais le successeur de Pasqua à Beauvau, le républicain Jean-Louis Debré, refusa l’imposture Boubakeur-Pasqua, refusa la posture de la mosquée de Paris comme seul représentant de l’Islam en France et récusa le monopole de cette mosquée dans le prélèvement de la taxe halal. Touché dans son orgueil, touché dans sa rente, Dalil Boubakeur réagira en critiquant, dans les colonnes médiatiques et dans les coulisses politiques, les lacunes du ministre Debré dans la lutte contre l’islamisme et même « les expulsions insuffisantes d’imams ». Ici, comme dans d’autres cas, le recteur Boubakeur joue contre le gouvernement français.

Quand Chevènement arrive à Beauvau en juin 1997, il boude pendant presque deux ans la mosquée de Paris. Il rentre en contact avec le recteur Boubakeur quand il décide de lancer « l’Istichara » c’est-à-dire la Consultation destinée à créer un Conseil chargé du culte musulman. Dalil Boubakeur manifesta son hostilité en organisant un meeting couteux financé par l’ambassade algérienne et organisé le 15 avril 2000 à la Mutualité. C’est exactement le même procédé adopté par ce même recteur, onze ans après, au Grand Palais de Lille, évoqué ci-devant. Avec les ministres suivants, le recteur mettra en œuvre ses compétences : le rapport de force, le chantage politique, l’imposture médiatique et la posture bourgeoise d’un caïd. Dalil Boubakeur est l’héritier de son père le recteur et des pratiques de l’islam colonial, de la cooptation et non de la démocratie. Contesté depuis plus de 15 ans, il sera sauvé par les attentats du 11 septembre 2001 qui vont le propulser sur la scène médiatique comme représentant de l’islam tolérant et modéré. Comme le dictateur déchu Ben Ali, Boubakeur était présenté comme « rempart contre l’intégrisme ». Ce qui est complètement faux. Mais dans le royaume des faux-semblants, les pyromanes sont considérés comme des pompiers. Le recteur Dalil Boubakeur partage avec Tarik Ramadan la grande iloquence et le narcissisme, avec les Frères Musulmans l’intolérance et l’affairisme, avec la basse politique la manigance et le clanisme. Mais il est surtout meilleur comédien. Le feuilleton de sa succession aiguise les appétits et les rumeurs, les surenchères et les coups bas. Son successeur doit être approuvé par les gouvernements algériens et français. Vu les rapports tendus entre la France et l’Algérie, nommer un recteur qui ne roule pas contre l’un des deux pays et qui ne trahit pas l’islam sera déjà un grand succès. » P 57

Le racisme de gauche  
« Riposte laïque est une métastase qui soulève plusieurs questions : Pourquoi y-il-a une hémorragie morale de la gauche vers l’extrême-droite ? SOS Racisme qui a détourné la Marche de l’Egalité, travestie en Marche des Beurs, n’a-t-elle pas joué avec le feu, avec le racisme, juste pour exciter le FN et affaiblir la droite républicaine ? Pourquoi la diversité est-elle restée pendant plusieurs décennies le Sahara de la gauche ? Le paternalisme n’est-il pas une forme du racisme ? L’islam et les minorités ne sont pas des tirelires communautaristes et le racisme ne doit pas rester un fonds de commerce électoraliste. Arrêtons d’instrumentaliser les musulmans et les minorités, de les utiliser comme des épouvantails ou comme des béquilles, de les considérer comme une menace ou comme un fief, comme des mineurs à vie ou comme des étrangers à perpétuité. Les Français de confession musulmane sont considérés comme des étrangers et donc sous-traités à des ambassades ou à des puissances étrangères par nos propres représentants, de droite comme de gauche. » P 113

Le Qatar   
« En attendant des révélations sur les voies impénétrables de l’argent du Qatar, de ses mercenaires envoyés en Libye, de ses armes qui ont atterri entre les mains de l’Aqmi, nous pouvons déjà constater que le Qatar refait avec les Américains ce que ces mêmes Américains ont fait avec les Saoudiens il y a plus 20 ans, faire de Ben Laden un combattant de la liberté et faire du terrorisme une carte géopolitique.[…] L’atlantisme myope de l’Elysée et sa cupidité aveuglante dans le Qatar l’empêchent de voir les dangers qui pointent à son nez. Pour donner une raison à Cécilia Sarkozy de rester à l’Elysée en jouant un rôle mondial en tant que première dame de France, pour permettre la libération des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien, le Qatar a déboursé une rançon de presqu’un demi-milliard de dollars. Grâce à cette mallette, le Qatar a mis un doigt dans les manettes de la diplomatie française. C’est cet émirat qui permettra la réhabilitation du dictateur syrien Bachar al Assad. Ce boucher sera invité sur les Champs Elysées pour le Défilé du 14 juillet, malgré que le sang français du Drakkar n’ait pas été lavé, malgré que le sang du président libanais Rafik Hariri n’ait pas encore séché. Le Premier producteur mondial de gaz naturel liquéfié a les ressources suffisantes pour "fluidifier" n’importe quelle impasse géopolitique et n’importe quelle négociation diplomatique. Mais la diplomatie du chéquier est un échec de la civilisation. Le Qatar est pour la France non pas un joker diplomatique, mais un jockey politique. La fameuse et fumeuse Rue arabe du Quai d’Orsay ne doit pas devenir un hippodrome qatari. Les amis français du Qatar ne doivent pas servir de cheval de Troie d’une nouvelle alliance contre l’Europe et contre le Monde arabe. » PP128-129

Sarkozy et le discours de Dakar   
« Je conclurai ce chapitre en paraphrasant le discours noir de l’Homme africain, le fameux discours de Dakar qu’a prononcé, le 26 juillet 2007, le Président français : « Le drame de (Sarkozy), c'est que l'homme (d’Etat) n'est pas assez entré dans l'Histoire. […] (Le candidat politique) ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès. […] Le problème de (l’Elysée) -- permettez à un ami de (l’Elysée)  de le dire --, il est là. Le défi de (l’Elysée), c'est d'entrer davantage dans l'Histoire, c'est de puiser en elle l'énergie, la force, l'envie, la volonté d'écouter et d'épouser sa propre histoire. Le problème de (l’Elysée), c'est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l'éternel retour […]. Le problème de (la France), c'est de rester fidèle à elle-même sans rester immobile. Le défi de (l’Elysée), c'est d'apprendre à regarder son accession à l'universel non comme un reniement de ce qu’ (il) est mais comme un accomplissement. Le défi de (l’Elysée), c'est d'apprendre à se sentir (l'héritier) de tout ce qu'il y a d'universel dans toutes les civilisations humaines, c'est de s'approprier les droits de l'Homme, la démocratie, la liberté, l'égalité, la justice comme l'héritage commun de toutes les civilisations et de tous les Hommes, […]. Ne vous laissez pas, (électeurs français), voler votre avenir par ceux qui ne savent opposer à l'intolérance que l'intolérance, au racisme que le racisme. Ne vous laissez pas, (électeurs français), voler votre avenir par ceux qui veulent vous exproprier d'une histoire qui vous appartient aussi parce qu'elle fut l'histoire douloureuse de vos parents, de vos grands-parents et de vos aïeux. […] ».
Et puisque le Président français conclut le discours de Dakar en citant le Président Senghor, j’imite Sarkozy et j’invoque ce grand Homme franco-africain : « Seigneur, pardonne à la France qui montre la voie droite et emprunte les sentiers obliques !». » P 94

Sarkozy : la religion des doubles-discours.
« Ce livre critique le sarkozysme : un discours de stigmatisation et d’agitation contre l’islam & une politique munichoise face à l’islamisme. Le sarkozysme, ce n’est pas la défaite de l’intégration, mais le défaitisme face à l’intégrisme. Le sarkozysme, c’est le discours contre le multiculturalisme & la promotion du communautarisme. Le sarkozysme, c’est le discours républicain & la promotion des caïds et du clientélisme. Le sarkozysme, c’est la schizophrénie de l’alter égo de Bush & l’altération de la laïcité et du Vivre-ensemble. Le sarkozysme, c’est le discours souverainiste & la promotion de l’ingérence étrangère ou affairiste dans l’islam de France. Le sarkozysme, c’est le double discours. »  P 9

Extraits de l’ebook « Islam & Sarkozy : des Hypocrisies explosives »

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