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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 10:17

 

Sabah el-thawra

15 FÉVRIER 2011
par snony
http://www.youtube.com/watch?v=vmui6OFgZh8&feature=player_embedded
http://www.youtube.com/watch?v=NXH1jH5NPlE&feature=player_embedded

C’est ainsi que l’on se dit bonjour maintenant en Egypte « ‘Matin de révolution ». L’expression a remplacé l’habituel sabah el-kheir (bon matin), ou sabah el-ward (matin de fleur). L’atmosphère qui règne dans les rues de la ville est indescriptible : des badauds partout qui continuent de prendre des photos de famille devant les chars, des chalands vendant drapeaux et fanions révolutionnaires, des rassemblements à tous les coins de rue, des sonos privées qui diffusent des chants patriotiques, des terrasses de bistrot animées de discussions politiques, des jeunes qui nettoient et repeignent la ville (photo ci-contre). Les toc-tocs des banlieues lointaines qui ont envahi le centre ville dont l’accès leur était jusque là interdit contribuent à donner un air de joyeux bazar.

En une journée dans mon quartier j’ai vu un rassemblement de musiciens (ci-contre) réclamant la démission du responsable de leur syndicat, membre du PND corrompu, une manifestation des chauffeurs d’autobus qui sont en grève pour leurs salaires, un rassemblement de jeunes sur la place Talaat Harb réclamant la fin de la corruption. Jusqu’aux policiers qui ont osé venir sur la place Tahrir lire la Fatiha (la première sourate du Coran) devant les portraits des jeunes martyrs. Un millier d’entre eux sont allés manifester devant leur ministère pour réclamer des salaires décents et une reconnaissance de leur dignité (si, si!).

Partout dans le pays, explosent des mouvements revendicatifs certains faisant suite à des luttes antérieures : les ouvriers des entreprises de céramique au Fayoum qui réclament une augmentation de salaire, des habitants de Port Said qui réclament des appartements, les enseignants du Caire qui réclament d’autres conditions de travail… La bonde a sauté, et il va falloir faire face à toutes ces aspirations qui ont été étouffées pendant trente années de censure et de répression. La tache est immense et on sent bien que ce mouvement du 25 janvier doit maintenant relever un défi immense.

En attendant que font les égyptiens ? La fête. Dans tous les quartiers, on danse, on chante, on se raconte des blagues : trois activités quasi- identitaires qui n’ont jamais cessé sur la place, même au plus fort des combats. Témoignages de l’explosion créatrice qui a saisi tout le pays, les chansons et les clips video envahissent le net. Ce film réalisé sur la place montrant une séance de zâr pour exorciser le départ de Mubarak se taille son petit succès.

 

 

Quand aux chansons, celle qu’a écrite mon ami Mohamed et que ses amis ont monté en clip est magnifique : « Mon adresse ce n’est plus notre maison, c’est la place Tahrir ». Elle a fait fureur sur la place et on entend sans cesse des jeunes la fredonner dans la rue. Je mets les paroles sur la page « textes arabes » pour les arabophones.

 

ٍ

Sur ces images fortes mais pleines d’espoir, je tire ma révérence pour une dizaine de jours et donne rendez-vous à mes lecteurs à la fin du mois.

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