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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 14:47

bou
Gilbert Naccache,

Au moment où le mouvement révolutionnaire semble marquer une pause, où les revendications sectorielles se multiplient, généralement appuyées par des grèves, mal perçues par l'opinion, où l'insécurité est loin d'être passée, la question qui se pose aux révolutionnaires, organisés ou non dans les comités régionaux de protection de la révolution est la suivante : quelles sont les priorités ?
Certains, très nombreux, presque l'unanimité dans le pays et donc également le Comité national provisoire de défense de la révolution, avancent le mot d'ordre d'élections d'une assemblée constituante. Ils ont raison, on ne sortira pas de la situation politique actuelle sans rompre complètement avec les structures politiques du passé, mais ces élections posent de nombreuses questions ; à ces questions sont apportées de différents côtés des réponses variées, mais aussi peu convaincantes les unes que les autres : ce n'est certes pas le gouvernement provisoire, qui veut assurer la transition dans la continuité, qui prendra l'initiative, en convoquant une assemblée constituante, de mettre fin à la soi-disant légalité constitutionnelle, qui implique des élections présidentielles et législatives ; le président par intérim, homme du passé, n'a pas de raison sérieuse, en dehors d'une pression importante de l'armée ou d'une formidable mobilisation populaire, de remettre tous les pouvoirs à un comité, qu'il soit issu d'un congrès (dont on ne voit pas très clairement comment on désignera les congressistes) ou qu'il soit le résultat de désignation par des sages ou autres hommes d'expérience, ou même qu'il représente des comités régionaux. On voit bien que la question n'est pas de demander la convocation d'une assemblée constituante, la plupart des gens la demandent, c'est de créer les conditions d'un affaiblissement tel des structures provisoires du pouvoir qu'elles soient amenées à laisser la place, à « dégager », pour qu'un organe représentatif ou qui a la force armée puisse dissoudre le parlement et convoquer une assemblée constituante.
Mais ce n'est pas le seul problème. Il y a aussi le déroulement même des élections : les listes électorales seront-elles révisées, et par qui ? Les électeurs se retrouveront devant de multiples candidatures ; celles-ci seront-elles possibles pour tout le monde, pourra-t-on garantir aux différents partis et à ceux qui veulent faire acte de candidature qu'ils auront eu les moyens d'une campagne électorale ? Aura-t-on laissé à chacun un temps suffisant pour lui permettre de se renforcer, de mettre au clair ses programmes, d'unifier ses rangs, de définir ses alliances ? La question n'est donc pas seulement celle de la convocation des électeurs, elle est aussi celle de savoir à quel moment une telle convocation sera possible, et dans quelles conditions.
On voit donc que, pour être fondamental, le problème de l'assemblée constituante ne peut être la grande priorité des révolutionnaires, qui peuvent d'ailleurs d'ores et déjà définir des exigences constitutionnelles, comme la nécessité de voir garantir une très large décentralisation des pouvoirs et un affaiblissement du pouvoir exécutif par rapport aux deux autres pouvoirs...
Mais la grande priorité doit être de renforcer les organes représentatifs des révolutionnaires et, en premier lieu, les comités locaux et régionaux de protection de la révolution. Ils ont besoin de couvrir tout le territoire national et d'intégrer en leur sein tous ceux qui ont fait la révolution, tous ceux pour qui cette révolution doit être l'occasion de changer complètement leurs rapports aux autres et à la vie. Il n'est pas exclu que puissent exister des comités sectoriels, qui paraissent plus évident pour les artistes, par exemple. Ces comités ont déjà joué un rôle important en matière de sécurité, et peuvent encore le faire, d'autant mieux qu'ils seront plus largement implantés dans les localités et les régions.
Il s'agit donc de renforcer les comités (et donc le comité national), ce qui peut être obtenu de différentes façons simultanée :
1) Une campagne systématique de recrutement, basée sur des textes définissant les comités et leurs tâches : il existe déjà une première déclaration à faire adopter, il faut que soit rapidement préparée et diffusée une charte qui précise les contours et les principes d'action de ces comités : les valeurs de la révolution, l'égaliré, les droits humains, les droits des femmes, ceux des enfants, la non-discrimination entre peuples, individus, régions, etc., ces valeurs doivent être précisées La campagne de recrutement devrait intensifier la présence des comités existants, et s'efforcer d'en susciter la création dans les endroits où ils n'existent pas encore.
2) La tenue régulière de réunions ouvertes à la population par les comités à tous les niveaux. Ces réunions ont pour objet de faire le point sur la marche de la révolution : problèmes d'ordre politique, définition des mots d'ordre et des campagnes de mobilisation pour faire échec aux manœuvres visant à contrarier la révolution ou à la détourner de ses objectifs : les jeunes révolutionnaires ont montré leur capacité à se diriger dans la lutte, ils apprendront dans ces réunions à systématiser leurs politiques.
3) Mais aussi ces réunions doivent aussi définir les besoins de la population, besoins immédiats ou à termes. Elles ont également un objet très important : définir les actions de reconstruction ou de réaménagement des espaces, actions à mener collectivement, avec l'aide des individus et organisations du monde entier qui veulent se solidariser de notre révolution.
4) La constitution, au sein des comités, de cellules de suivi de ces réunions : leur rôle sera d'abord de répercuter au niveau national les conclusions de leurs réunions et de les rendre publiques (rôle d'un journal national à lancer d'urgence, appuyé par des journaux régionaux) ; il sera ensuite de centraliser les projets de développement collectifs, de les faire financer et appuyer au niveau de l'expertise et de l'encadrement technique, et d'en être les responsables devant les partenaires étrangers ou nationaux. Si de tels projets étaient mis en œuvre rapidement, ils apporteraient en même temps des ressources pour la région et des solutions aux problème du chômage, sans parler de la solidarité entre tous les citoyens, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, travailleurs et actuels chômeurs..., qu'ils pérenniseraient.

Par ces actions, coordonnées au niveau national par le Comité National, les comités avanceront dans le processus concret d'alliances entre toutes les classes de la société: petits commerçants, artisans et entrepreneurs qui se verront offrir de nombreuses opportunités, grands entrepreneurs qui fourniront une bonne part des moyens nécessaires à ce « développement par le bas », qui assureront le transport de tout ce qui est nécessaire, ouvriers et employés qui recueilleront leur part des fruits de l'activité économique. Nul doute que les citoyens demanderont l'amélioration et le développement des équipement collectifs, sociaux, culturels et de santé : il y aura ainsi une importante source d'emploi, notamment pour les diplômés, sans parler des acteurs culturels qui seront sollicités à chacune des phases de ce processus...

Soudés autour des comités de protection de la révolution, dans lesquels ils verront leur moyen de lutte et de vie, les tunisiens, véritablement unis par le combat et le travail commun, pourront exiger et obtenir d'un pouvoir central de plus en plus faible, non seulement des choses comme la convocation d'une assemblée constituante, mais aussi son départ au profit d'un pouvoir réellement populaire qui œuvrera à la réalisation d'une véritable démocratie politique, d'une égalité réelle entre tous les citoyens, entre les femmes et les hommes, entre les urbains et les ruraux, entre les riches et les moins riches...

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G.H. 16/02/2011 14:41



auteur de l'article G.H.
Titre : Vers l'instauration urgente d'un Conseil National de la Révolution en Tunisie issu du peuple.
Nous avons appelé dès le 18 janvier 2011 à la création d’un Conseil National pour la sauvegarde de la Révolution du 14 janvier 2011 et nous sommes très heureux aujourd’hui de voir cette
proposition sur le chemin d’une concrétisation pour le bien du peuple tunisien…
Aujourd’ui encore comme jamais, il est urgent et indispensable d’instaurer rapidement un Conseil National tunisien pour la sauvegarde et la protection de la Révolution du 14 janvier 2011,
particulièrement en raison de ce qui se trame à l’encontre de la révolution tunisienne du 14 janvier 2011 aussi bien des dangers qui la guettent de l’intérieur que de l’extérieur, à savoir :
1- des Commissions constituées sans aucune consultation préalable des représentants du Peuple Tunisien, Commissions qui ont la charge de tracer l’avenir de la Tunisie comme bon leur semble, par
des Professeurs de Droit Public en majorité Bénalistes,
2- des nominations récentes des Gouverneurs en majorité issus du R.C.D.
3- des nominations des hauts fonctionnaires de la Police et de la Gendarrmerie, anciennes figures du régime de Ben Ali,
4- les grands partis politiques d’opposition au régime de Ben Ali issus de « ENNAHDHA » de Rached Ghannouchi et de « C.P.R « de Moncef Marzougui n’ont pas été encore légalisés alors que le
Premier Ministre GHANNOUCHI venait depuis le 14 janvier 2011 et jusqu’à ce jour, de légaliser plus d’une quainzaine de petits partis, en majorité de la Gauche Laîque, sachant très bien que ces
petits partis politiques ne constitueront pas, lors des élections prochaines, un danger pour l’équipe actuelle au pouvoir en majorité issue du régime de BEN ALI. En effet, il est toujours d’usage
que les petits partis se rabattent toujours sur les grands partis que ce soit lors des élections présidentielles ou législatives…!
5- des milices Bénalistes semant la terreur dans la population tunisienne pour avorter la Révolution sous la complicité du pouvoir tunisien actuel… Ces milices sont très souvent armées sous les
ordres d’une mafia de l’ancien régime de Ben Ali…!
6- une politique étrangère reconduite actuellement à l’identique comme au temps de Ben Ali, vis-à-vis de l’investissement des étrangers en Tunisie, vis-à-vis de l’Union Européenne,vis-à-vis de la
Ligue Arabe, vis-à-vis de l’Union Pour la Méditarrannée, vis-à-vis de l’Union Africaine, vis-à-vis de l’Union du Maghreb Arabe…Aujourd’hui, le Premier Ministre GHANNOUCHI et son Président par
intérim F.M’BAZZAA ainsi que l’ancien Bureau du R.C.D, et la majorité des députés et des Conseillers actuels, veulent maintenir la même politique étrangère tunisienne qui a été conduite dans le
passé par le régime de Ben ALI…
7- des dangers guettant la révolution tunisienne du 14 janvier 2011 peuvent toujours provenir des Etats-Unis, d’Israël, de l’Union Européenne (Italie, France…), des pays Arabes, comme les pays du
Golfe, de la Lybie, de l’Algérie ou du Maroc où parait-il le dictateur Ben Ali trouve actuellement refuge après avoir quitté discrètement l’Arabie Saoudite… D’ailleurs, beaucoup d’armes ont été
saisies en Tunisie depuis le 14 janvier jusqu’à ce jour, par l’armée tunisienne en provenance des pays étrangers… Malheureusement, d’autres quantités importantes d’armes continuent à circuler en
Tunisie discrètement dans les mains de la mafia Benaliste : ce qui constitue un sérieux danger pour la Sécurité de la population tunisienne…!
L’ensemble de ces éléments laissent à douter sérieusement de l’intention de M.Ghannouchi et son Président par intérim M’BAZZAA de vouloir répondre réellement à la volonté populaire du 14 janvier
2011…!
C’est pour toutes ces raions qu’il est indispensable et urgent d’instaurer un Conseil National pour la sauvegarde et la protection de la Révolution , Conseil qui doit être issu de la base
populaire et non du haut de la hierarchie gouvernementale ou des partis politiques, Conseil qui doit être issu à travers une représentation populaire regroupant bien sûr des représentants au
niveau de chaque Gouvernorat, des Comités élus et formés de citoyens issus de toutes les catégories sociales à savoir : des intellectuels tels que les Avocats,les Enseignants,les Médecins, mais
aussi des Militants du Peuple, des familles des Martyrs, des Syndicalistes de l’U.G.T.T., etc… Au niveau régional des Gouvernorats, ces représentants issus du peuple tunisien et désignés par lui,
formeront des Comités pour la sauvegarde de la Révolution qui seront dans leur ensemble coiffés d’un Conseil National de la Révolution dont les Membres sont désignés à travers ces Comités.
Cette organisation représentative serait encadrée par un Decret-loi, de manière à contrôler son fonctionnement pour qu’il n’y ait pas des Abus, etc…Ainsi, le fonctionnement du Conseil Nationl
pour la sauvegarde et la protection de la Révolution ne prêterait pas à des fantasmes de la peur…Son but unique est de répondre aux revendications du peuple tunisien exprimées a travers la
Révolution du 14 janvier 2011…
Fait par G.H.  le 16 février 2011



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