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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 11:19

Les députés autorisent le président à gouverner par décrets

 

Mohamed Ghannouchi, 69 ans, est premier ministre depuis le 17 novembre 199.9

Photo: AFP/Fethi Belaid

Mohamed Ghannouchi (archives)

Le chef du gouvernement, Mohammed Ghannouchi, a obtenu des députés l'autorisation pour le président par intérim de gouverner par décrets afin de contourner le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), l'ex-parti au pouvoir majoritaire au Parlement.

Le texte de loi adopté lundi par les députés sera soumis au Sénat vendredi, avant d'être ratifié par le président Foued Mebazaa, puis publié au journal officiel.

Le Parlement tunisien compte 214 députés, dont 80 % sont issus du RCD, l'ancien parti au pouvoir. Sur les 195 députés présents au vote lundi, 177 ont voté pour et 16, contre (des représentants des petits partis d'opposition légaux). Deux élus du RCD se sont abstenus.

Devant les membres du Parlement réunis pour la première fois depuis la chute de Zine el-Abidine Ben Ali, le premier ministre tunisien a appelé les élus à préserver les acquis de la révolution populaire. « Il y a des personnes qui veulent faire revenir la Tunisie en arrière, mais nous devons honorer nos martyrs, qui se sont battus pour la liberté », a déclaré Mohammed Ghannouchi.

Le temps est précieux. Ces décrets, la Tunisie en a vraiment besoin pour écarter les dangers.

— Mohammed Ghannouchi

Dimanche déjà, une première bataille avait été engagée contre le RCD avec l'annonce par le ministère de l'Intérieur de la suspension du parti avant une prochaine dissolution.

Blocus devant le parlement

Le gouvernement tente ainsi de répondre à la pression de la rue, qui réclame la disparition pure et simple de l'ancien parti au pouvoir.

Lundi matin, des centaines de manifestants ont bloqué l'accès de l'enceinte parlementaire. Selon Rachida Neïfer, une enseignante à la faculté des sciences juridiques de Tunis qui participe au mouvement, les protestataires réclament « l'élection d'une assemblée constituante qui devra être chargée de l'élaboration d'une nouvelle Constitution et de l'adoption des lois nécessaires à la transition ».

Les députés ont malgré tout réussi à pénétrer dans l'assemblée par les portes de service et la séance, qui a donné lieu à des débats houleux, a pu se tenir.

Ennahdh se réorganise

Le mouvement islamiste Ennahdh s'est doté de nouvelles instances dirigeantes : un comité constitutif de 33 membres, dont quatre femmes, et un bureau exécutif de 13 membres, dont deux femmes. On y retrouve notamment des enseignants universitaires, des médecins, des ingénieurs, des avocats et des journalistes.

Ces nouvelles structures viennent remplacer le bureau exécutif et le conseil de la Choura qui avaient été mis en place pendant l'exil du chef Rached Ghannouchi. Celui-ci est revenu en Tunisie il y a huit jours après avoir séjourné à Londres pendant 23 ans. Après avoir été interdit depuis 1991 par l'ancien président Ben Ali, Ennahdh a déposé il y a une semaine une demande de légalisation.

Les forces de l'ordre mobilisées

Alors que les actes de violence se sont multipliés dans la dernière semaine, le ministère de la Défense a par ailleurs mobilisé les réservistes de l'armée de terre, de la marine et de l'aviation pour rétablir l'ordre dans le pays.

Ces derniers jours, des groupes non identifiés munis d'armes blanches ont tenté de semer la panique au sein de la population dans plusieurs régions de l'intérieur de la Tunisie.

Le ministère de Défense a aussi demandé aux militaires partis à la retraite au cours des cinq dernières années de rejoindre dès dimanche les centres régionaux de conscription et de mobilisation les plus proches de leur lieu de résidence.

Le ministère de l'Intérieur a de son côté ordonné aux policiers de reprendre leur mission de maintien de l'ordre. Depuis la « révolution du jasmin », l'armée s'est déployée pour assurer l'ordre public tandis que la police, vue comme le bras armé de la répression sous le régime de Ben Ali, a subi désertions et absentéisme en série.

L'armée compte 45 000 hommes, contre près de 50 000 pour les forces de sécurité.

Radio-Canada.ca avec

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