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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 19:05
Laïquement correct ?

Bien que non laïc par essence, puisqu’il ne distingue pas entre le profane et le sacré, l’Islam préconise non seulement le respect des spécificités communautaires mais milite en faveur de l’autonomie juridique. Ceux qui, au nom d’une laïcité outrancière, s’acharnent à combattre les expressions religieuses au sein de l’espace public en les qualifiant de dérives, n’ont pourtant guère de leçon de tolérance ou de savoir-vivre à donner aux véritables Croyants.

La laïcité, autrement dit « le principe de séparation dans l'État de la société civile et de la société religieuse », est apparue en France à la fin du 19éme siècle en réaction à l’intolérance et aux abus de pouvoir des Églises chrétiennes. Concrétisée par la loi de 1905, elle n’est finalement inscrite dans la Constitution française que depuis 1946. Loin d’être la panacée, d’emporter l’adhésion de toutes les nations et de satisfaire les aspirations des minorités, elle demeure un épiphénomène très marginal à l’échelle mondiale. Censée garantir une « impartialité et une neutralité de l'État à l'égard des Églises et de toute confession religieuse » et une égalité de traitement pour tous les citoyens, elle aurait au contraire de plus en plus tendance à s’illustrer par une hostilité grandissante envers le sacré et une répression lourdingue des expressions religieuses, en totale contravention avec la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1).

Les démocraties occidentales agitent vigoureusement, à dessein, l’épouvantail extrémiste pour chercher à évincer total(itair)ement les religions des affaires temporelles et politiques, quand bien même leurs populations seraient majoritairement religieuses. L’Islam semble être le dernier bastion de résistance spirituelle à s’attacher scrupuleusement à sacraliser toutes les circonstances de la vie (2). Le code comportemental idéal des Musulmans est d’abord défini par le Coran en tant que révélation immuable de DIEU puis par la Sunna qui recense les propos et les actes types du Prophète Mohammed (ص) recueillis par ses Condisciples. En sus des dogmes, des rites, de l’engagement à la bienfaisance et de la désapprobation de la malséance, les sources islamiques renferment nombre d’enseignements profitables aux croyants dans les aspects les plus divers de leur vie, comme les bonnes manières ou le savoir-vivre mais aussi l’économie et la politique. Le message divin ne peut être édulcoré en quoi que ce soit puisque toute corruption et toute transformation le ramèneraient au niveau des faux cultes (3).

Les préceptes de l’Islam sont suffisamment souples pour convenir à tous. Même ceux qui paraissent de prime abord rebutants ou contraignants finissent par devenir simples et faciles à ceux qui prennent la peine de les appliquer assidûment, à l’instar des régimes alimentaires ou de la gymnastique corporelle.

Les Musulmans s’y soumettent volontiers, afin de se purifier et de se surpasser, et en tirent en retour de nombreux bienfaits aussi bien matériels que spirituels. En vouant les actes les plus banaux de la vie quotidienne à leur Créateur et se Le remémorant au moyen d’invocations et de formules appropriées (4), ils cherchent un juste équilibre en veillant à ne pas privilégier un domaine plus qu’un autre (5).

Théoriquement, un Musulman digne de ce nom, œuvrant conformément aux recommandations divines, ne devrait jamais mal se comporter puisque tous ses agissements sont censés être accomplis pour l’amour de DIEU. Un homme pieux, convaincu qu’il a des comptes à rendre à son Seigneur, devrait en principe avoir plus d’attention et de compassion envers ses semblables qu’un « mécréant sans Dieu, ni maître » qui suit ses passions en se souciant fort peu de l’honnêteté, de la philanthropie et de la tolérance.

Daniel-Youssof Leclercq

1. « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites. » (Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 - Article 18). « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. » (Déclaration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789 - Article 10). « La France .. assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » (Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 - Article 1).
2. Le mot religion, du latin « religio », signifie relier le (monde) sacré au (monde) profane.
3. « Celui qui innovera dans notre affaire (religion) ce qui n’en fait pas partie aura accompli œuvre vaine. » (Boukhary 53//5/2 – Mouslim 30/17,18). « Gardez vous de moderniser les affaires (de la religion) car toute modernisation est innovation et toute innovation égarement » (Abou Daoud 39/5).
4. « Ferme ta porte, ô croyant ! en mentionnant le nom de DIEU; éteins ta lampe en mentionnant le nom de DIEU; serre la bouche de ton outre en mentionnant le nom de DIEU; et couvre ton vase en mentionnant le nom de DIEU, ou, tout au moins, pose sur son ouverture quelque chose en travers ». (Boukhary 59/11/12).
5. « Seigneur ! Donne-nous belle par ici-bas, belle part aussi dans l’au-delà ; et garde-nous du châtiment du Feu !» (Coran 2 :201). « Et recherche, en ce que DIEU t'a apporté, la Demeure dernière. Et n'oublie pas ta quote-part en cette vie. Et sois bienfaisant comme DIEU t'a été bienfaisant. Et ne recherche pas le désordre sur terre. DIEU, vraiment, n'aime pas les fauteurs de désordre ». (Coran 28 :77).

 

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