Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 15:08

La Tunisie vise 10 millions de touristes d'ici à 2016

 
À Tunis, le musée Bardo, rénové, vient de rouvrir ses portes. La Tunisie veut développer l'offre touristique dans différents domaines, dont celui de la culture.
À Tunis, le musée Bardo, rénové, vient de rouvrir ses portes. La Tunisie veut développer l'offre touristique dans différents domaines, dont celui de la culture. Crédits photo : FETHI BELAID/AFP
  •  

Le pays mise sur une montée en gamme de l'offre touristique pour accroître les revenus d'un secteur qui, avec l'artisanat, pèse entre 10 et 11% du PIB.

Après la révolution de Jasmin, qui a vu le nombre de visiteurs chuter de 33% l'an dernier, le tourisme va mieux en Tunisie. «Compte tenu des réservations, nous misons sur six millions de visiteurs pour l'ensemble de l'année 2012, ce qui représentera un bond de 25% par rapport à 2010», explique Elyes Fakhfakh, ministre tunisien du Tourisme.

Et les ambitions sont très élevées: «nous attendons un retour à sept millions de touristes, le niveau de 2010, pour l'an prochain. Ensuite, nous visons un gain d'un million par an jusqu'en 2016 où nous devrions atteindre la barre des 10 millions».

Pour y parvenir, il mise sur un plan global permettant de repenser ce secteur en Tunisie. «Nous avons les atouts pour sortir de l'image «prix» aujourd'hui liée à la Tunisie», explique le ministre. Avec plus de 1000 kilomètres de côtes, l'aspect balnéaire restera dominant, mais l'objectif est d'élargir l'offre avec le développement de «la thalassothérapie, la plaisance, le golf, la culture ou l'écotourisme».

Montée en gamme

Une montée en gamme qui doit permettre d'accroître les revenus liés au tourisme dans des proportions bien plus importantes que l'augmentation des visiteurs. «Nous visons environ 40% de visiteurs en plus entre 2010 et 2016, mais un doublement du chiffre d'affaires qu'ils génèrent, à 4 milliards d'euros», détaille Elyes Fakhfakh.

Un bol d'air nécessaire compte tenu de l'importance du secteur pour le pays. Le tourisme et l'artisanat pèsent entre 10 à 11% du produit intérieur brut (PIB) tunisien. Et pas moins de 14% des emplois. «Lors de la révolution de Jasmin, les Tunisiens ont demandé plus de liberté et de dignité, ce qui passe par du travail», souligne le ministre.

 

 

Le printemps arabe pèse encore sur le tourisme

Les ventes de voyages à destination de l'Egypte sont encore loin de leur niveau de 2010.
Les ventes de voyages à destination de l'Egypte sont encore loin de leur niveau de 2010. Crédits photo : © Amr Dalsh / Reuters/REUTERS

De novembre à fin février, les ventes de voyages à forfait pour l'Afrique du Nord ont accusé un recul de 26,6%, selon le Ceto, l'association des tour-opérateurs français.

Un peu plus d'un an après le début du printemps arabe, l'activité des tour-opérateurs français reste difficile en Tunisie, au Maroc et en Égypte, qui sont historiquement les trois destinations de voyages préférées des Français. De novembre à fin février, les ventes de voyages à forfait (vol + hébergement) en Afrique du Nord accusent un recul de 26,6%, selon le Ceto, l'association des tour-opérateurs français, annoncés jeudi au Salon mondial du tourisme. «L'Égypte est à - 32%, le Maroc à - 29% et la Tunisie à - 1 %, précise René-Marc Chikli, président du Ceto. Ces trois pays restent pénalisés par le printemps arabe. Heureusement, certaines destinations long-courriers, comme le Mexique, la République dominicaine et l'Asie, permettent de limiter les dégâts». Selon lui, toutes destinations confondues, l'hiver finira au mieux stable en chiffre d'affaires mais le trafic devrait baisser de 5 à 8%. C'est la tendance à fin février (stabilité des volumes, recul de 5,3% du nombre de passagers, mais hausse de 5,6% de la dépense moyenne à 1253 euros). «Ensuite, c'est l'incertitude totale pour l'été, sauf pour les formules club, qui sont les seules à progresser», déclare René-Marc Chikli.

«L'an dernier, nous avons perdu 500000 clients français par rapport à 2010, une année record, avec 1,4 million de touristes, déplore Amel Hachani, directrice de l'Office du tourisme tunisien en France. Le recul des recettes a été du même ordre, environ 40%.»

Concurrence de l'Espagne

Ce recul a plombé les professionnels du tourisme français car la Tunisie était une destination prisée des familles attirée par des packages souvent à prix très compétitifs. Prudente pour 2012, année d'élections présidentielles et de crise économique en France, Amel Hachani constate toutefois une nette amélioration, après le creux sans précédent du début 2011. «Sur février, le nombre de visiteurs français a progressé de 65% par rapport à février 2011, assure cette spécialiste. Ce chiffre reste en recul par rapport à la même période de 2010, mais nous commençons à rattraper notre retard. Notre objectif est de retrouver d'ici 2013 le niveau de 2010, tout en augmentant les recettes en développant des produits plus haut de gamme.»

La situation est différente au Maroc, un marché qui échappe de plus en plus aux tour-opérateurs, les Français ayant tendance à se débrouiller seuls pour passer quelques jours dans le pays, à Marrakech surtout. «Nous avons accueilli 3,3 millions de touristes français en 2011, soit 1% de moins qu'en 2010, affirme Saad Bezzate, directeur de l'Office national marocain du tourisme en France. Cette bonne résistance s'explique par la croissance de la clientèle individuelle, qui représente désormais 70% des visiteurs. L'activité des tour-opérateurs a, elle, chuté de 10 à 15% en 2011.»

Estimant que l'Espagne est la destination qui fait le plus de concurrence au Maroc, Saad Bezzate s'attend à une année 2012 «difficile». «Notre clientèle est plutôt CSP +, souligne-t-il. Nous ne casserons pas les prix, ce n'est pas une politique gagnante sur le long terme.» Selon le Ceto, si le Maroc arrive en tête des destinations les plus vendues en février, la destination reste loin de ces niveaux de 2011 (- 35,4% pour les ventes de voyages à forfait). La Tunisie (+ 155,5%) et l'Égypte (+ 260%) décollent, mais après un passage à vide sans précédent début 2011. «Nous bénéficions d'un effet de base positif sur la Tunisie et l'Égypte, mais pas encore sur le Maroc», confirme une porte-parole du Club Med.

«Les réservations d'été ont bien démarré en Tunisie, surtout pour Djerba, constate pour sa part Rachel Picard, directrice générale de Thomas Cook France. Mais on ne retrouvera pas les niveaux de 2010 cette année. Vers le Maroc, on reste également en dessous d'une activité normale. Mais la situation la plus difficile est en Égypte en termes de ventes et il faudra au moins deux ans pour que la destination retrouve son rythme de croisière.» Ces trois pays avaient représenté 40% des clients de Thomas Cook France en 2010.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Emploi tourisme 16/10/2012 14:23


C'est très bien !!

Articles Récents

Liens