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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 09:20

LA REPUBLIQUE DE FATMA  

 Par

CHABBI. M

  

 

Ce que j'aime bien avec elle, c'est qu'elle me dit toujours ce qu’elle pense, et des fois même ce que je pense. elle me dit les choses au bon moment, un timing de tonnerre de Dieu qui me fout les boules et  mes certitudes en l'air , même si elle sait , elle sent "senssait" pertinemment que je n'ai aucune envie de les entendre ,on a l'âge de ses artères , et justement à mon âge des fois il vaut mieux être sourd que d'entendre certaines vérités , ou subir les rictus du balancier de l'horloge du salon , maudit soit le jour où je l'ai déniché chez un brocanteur gitan des puces de Montreuil , je veux seulement entendre sa chevelure , les rêves de FATMA , et les vagues de la mer , des fois qu'elle s'emmène aux portes de Paname ,entendre son sourire , son rire éclatant comme la fin du monde , mort aux cons et putain de mort , le destin et la vie ont été généreux et bons avec moi , plus que je ne le serais jamais avec eux. Du coup, quand elle me rassure, je la crois sans rien comprendre de ce qui me berce et m’endort, j'apprivoise les cobras royaux et je marche sur l’eau, personne n'est obligé de me croire, mort aux cons. Et quand elle me remet en place, je m'énerve contre mes rêves , mes illusions , mes morts et béatement,  je me mets à aimer mes semblables , la fin des fins , j'ai honte pour mes nuits blanches et mes tatouages, puis j'y repense, et je constate qu'elle a raison , l'amour est immortel , il n'y' a  que les cons qui meurent sans savoir pourquoi ils ont vécu. 

 

Je t'aime FATMA.

 

Ce que j'aime bien chez elle aussi, c'est qu 'elle ne se trompe jamais sur les gens, fallait voir comment elle ridiculise le CLOWN quand je l'emmène au cirque AMAR. Même sur ceux qu'elle n'a jamais rencontrés elle a par procuration sa petite idée. Elle est toujours capable, à partir de ce que j'en dis, de me dire le trait fondamental de la personnalité des gens que je fréquente, des problèmes qui vont se poser et des choses que je peux en attendre. A chaque fois, je ne l'écoute pas, à chaque fois, je lui dis : "Tu ne le connais même pas ! Les gens ne se résument pas comme ça en deux phrases ! ", Mais à chaque fois, 2 ou 3 semaines plus tard, paf, je constate qu'elle avait raison sur toute la ligne.

 

Ce que j'aime bien, c'est qu'elle est toujours là et qu'elle est toujours à l'écoute même quand elle a autre chose en tête, comme son centre de loisir ou ses anniversaires chez MACDO. Avec elle, j'arrive à geindre parfois, et à dire que je ne vais pas bien. J'arrive à avouer mes faiblesses et mes petites ou grosses déprimes, alors qu'en général, j'essaie de les cacher (même si je n'y arrive pas toujours), conneries de vieux finissant, qui veut des fois démontré qu'il peut encore.

 

 

Ce que je n'aime pas chez elle, par contre, c'est que je me sens totalement incapable de lui renvoyer un centième de ce qu'elle me donne. Mais enfin, j'essaierai de m'améliorer.

 

Mes certitudes en toi, FATMA,  comme en la vie divine , comme en ce souffle qui fait mon crépuscule et ma charnière , sont des certitudes de vision qui me donnent assez de lumière , de fureur et de mots pour agrandir mon territoire de l’impossible , l’impossible étoile , elle dans la paume de ta main , dans ta fossette de l’impudeur , dans ton rire de la quintessence , dans ce rien de ton silence qui fait ma tristesse , dans cette ombre qui me frôle et me désespère, dans ton baiser qui fait tout mon sommeil , le tour de mon cœur, ma fille mon amour ma petite mère qui perpétue mon innocence. Des jours, des nuits et des murmures incandescents jaillissent de tes forges étincelantes et démontent mes masures, mes rides, mes malformations et le temps qui se croit inaccessible. Mes luttes sont fortes de l'absence , qui les écoute sans rien demander, c’est rien que pour cela mon amour que je crois en ta république, les femmes de chez nous sont la terre et le sphinx, le feu et l’eau, l’espoir et l’horizon et je hais toutes les déchéances qui vous font de l’ombre, toujours par l’ignorance et la barbarie.

 

 

Je t'aime FATMA.

 

En t’observant attentivement, je t’arrache tes secrets comme un pirate, un flibustier sur la marre aux canards, et ça te fais sourire, car tu sais toi qui aime la vie et qui m’aime que je ne serais jamais un détrousseur de tombes .Tu es ma tombe, et mon linceul au front de l’ignominie. Je sais que j’existe à cause de toi dans le pli de millions de cœurs, ici, ailleurs, ou quelque part au bout du monde, où des hommes dignes et des chiens de la tendresse se tiennent debout. Tu m’as appris à entendre et surtout à écouter les effluves de ma chaire , et même les chimères et les mirages de l’acceptable , sans quoi la vie n’est qu’un volcan en furie , flaire la part des choses qu’ils disent quand il faut aller tout au fond de toutes les choses , nous tunisiens nous mourrons dans le compromis et les compromissions , et notre parole est viciée

J’aime les artistes , je ne peux que les aimer puisque je t’aime ma FATMA, mon guéret au plaisir de l’esprit et de l’œil ! Les artistes , toujours à la révérence de mon galurin , de la tchatche et de la tendresse de mes bourgs et de mes errances, ces enfants de la quille éternelle qui jouent avec l'ombre , la mousse , l’essentiel , le superflu et les frissons pour faire vivre à jamais la lumière de nos propres dénis! Les poètes, FATMA qui brodent mon âme, ils rient sur mon cœur comme il rit dans ton cri l’extase et l’orgasme futurs .Les artistes que tes yeux me poussent à corrompre, ces témoins de ma douce servitude, tu sais tes alarmes brillent sous le ciel de mes attentes comme l’exigence d'une conscience!| elles ont envahi nos lieux communs de leurs espoirs et de mes échecs. Les véritables artistes en Tunisie sont les résistants, les torturés et les suppliciés, quand tu écoutes un le cri de notre nation aux vépres des crépuscules des tyrans, arracher à la mort et à l'oubli la dépouille de mon enfant, de ton frére MOHAMMED BOUAZIZI.. tu saisis en pleine horreur , dans la chevauchée  du bonheur à venir, parce que lui, parce que TOI, l’âme de ma terre et le dérisoire , l’art authentique FATMA comme tes yeux qui ne font pas dans mes demi-mesures , suppose fondamentalement d'être VIVANT , comme la rue , comme le peuple , l’art c’est la voix de la vraie vie , l'un ne peut vivre sans l'autre , l’un sans l’autre c’est le règne de la barbarie , des ténèbres et de la mort La résistance est la sève de l'art, parce que l'art est dedans la vie , Et si l'Art c’est la vie , les artistes tunisiens « officiels »de leur désormais ancien ordre établi ne sont que des bricoleurs de « mort ». L'émotion comme mètre étalon du message, voilà le GRAAL. "Créer n'est pas communiquer, c'est résister". Gilles Deleuze in "Pourparlers»

 

 Dis leur FATMA aux troubadours tunisiens du fait du prince, aux flagorneurs professionnels, aux pleutres qui font honte à la peur humaine, que c'est fini, RIDEAU. Quand un peuple est en résistance, c'est que la situation « normale » d’un pays est  ENCORE celle d'une dictature, comme notre Tunisie FATMA. Dès lors, l'art, le vrai,  devient un signe de ralliement pour tous nos rêves et nos projections, le reste, les vautours s’écoutent digérer à coups de prébendes et de baisers de la veuve.

Dis leur ma FATMA que l'art est une expression de la volonté de liberté qui est un des moteurs principaux de la création. L'art n’est jamais symbolique, et ne doit jamais être innocent si on met la liberté et le bonheur au-dessus de tout, on doit donc l'utiliser pour faire passer des messages subversifs contre la dictature et pour dénoncer les agissements de ses auteurs, c’est l'acte d’amour ultime de l’artiste avec la matière. Passe l’éponge ma FATMA, je divague, SEPTIQUE ET JE DOUTE DE LEUR FIN, je suis encore plus exsangue que ma terre, heureusement que tu existes et encore des milliers comme toi, mettez le feu pour nous sortir de cet éternel hiver mon amour, vivrais-je assez longtemps pour apercevoir, ou même pourquoi pas, une fois dans ma vie, vivre un printemps entier ? Caresse encore mes rides et mes instants ma FATMA, tu as bien raison, l’art, et ce mot me coûte et me brûle la bouche en tant que tunisien, c’est résistance et libération ou ne l’est pas.

 

Mort, coquille vide ? Pire en Tunisie, arme de destruction en Tunisie, c’est un assommoir, un somnifère, du Gardénal, de l’opium à la grande pharmacie GOBBELS devant laquelle des légions de zombies se prostitueaint avec le néant .C’est une licence IV d’alcools frelatés, d’alcool à brûler, d’acide, un vulgaire bar Carthaginois sphincter de 10 millions d’âmes. l’impuissance mortelle de ma vie c’est d’oublier de vivre loin de ces racines qui me bouffent le goût et l’odorat , et je ressemble de plus en plus à un braconnier qui verse des pots de vin pour son propre plaisir, les vrais artistes de ta république FATMA sont les ramoneurs de nos labyrinthes , où nous nous sommes perdus depuis si longtemps sous l’indifférence lâche des artistes du dérisoire ,ceux qui possèdent les patentes , les temps de parole aseptisée , la haine d’eux même et le déni de leurs passions , ceux qui possèdent la technique mais pas l’honneur ni le savoir , ni la rigueur ni la rage des chiens. Un artiste qui n’est pas au plus profond de l’intime de son peuple, rouille l’art, pouvons nous imaginer Picasso sans Guernica ? HIMINGWAY sans Cuba ? BEETHOVEN sans sa surdité ? VILLON sans sa corde de pendu ? LORCA sans douze balles dans la peau, GAVROCHE sans Paris ? TAHA sans sa cécité ? OMAR sans le désert de Libye ? NIZAR sans sa poésie ? YASSINE sans son sourire d'ange et sa chaise roulante ? La PALESTINE sans le GOLAN et l'Oliver? Et la lumière sans les rivages de ma Tunisie ? Tu sais FATMA, Les corps des emmurés pressés sur le mien, me tatouaient la marque des pires infamies, et depuis l’éternité de ta naissance, appellent ton corps et tes mots. Tu peux donner une voix à mes silences, la capter dans tes souvenirs où je prendrais vie, je sais que j’aurais moins de regrets mais jamais l’amnésie. Toucher ton nom et toujours t’espérer si prés de moi, c'est te toucher dans l'absence, au-delà du lien narratif et poétique, c’est vaincre un tant soi peu la déchéance.

Si jamais je meurs d’avoir trahi ta république, je voudrais que tu rencontres un besoin de folie qui te donne toute la tendresse que je n'ai pas pu te donner. Et ne crois jamais que je suis un caprice du destin, de la biologie ou un hasard comme un autre, je vais te dire FATMA mon amour, c’est un tordu le hasard, c’est juste un riff de guitare qui déchire le conforme et démasque le fard, un riff de guitare de mon Andalousie, qui se soucie peu des hommes, et qui déride les chromosomes de cette histoire qui nous oublie.

Tu m’as bluffé le tour de l’univers dans ton clin d’œil et j’ai compris que l’on peut aimer la politique comme la poésie, les autres et des fois même soi. Même, tunisiens sous les décombres de son histoire, dans l’impuissance de sa déroute je t’aime aussi pour ça FATMA de mon unicité, aimer la politique comme le verbe, sommes nous devenus des humains à essayer de comprendre l’horreur ? Tu ne m’as pas laissé le choix, mais trop d’amour ne tuera jamais l’amour, trop d’amour tu as bien raison, fait les saisons, la pluie et le beau temps, FATMA, la politique comme la poésie, une vision épique du destin de ta Tunisie. Elle se tient au point d’un tout, le tout de l’amour fraternel et du partage et de l’existence en commun, un tout totalisant, qui est en un sens la reconquête de sa propre humanité. 

Que tes nuits soient longues, ton sommeil  enchanté et tes jours sans fin, déridés de la folie douce de ton vieux vampire.

 

Ta petite vie d’ange et d’éther , FATMA mon amour , appelle exclusivement à la conscience de ceux qui subissaient , ceux qui gisaient dans leurs lâchetés , ceux qui tournaient en rond dans leur impuissance , ceux qui se taisaient , ceux qui criaient face au néant , ceux qui se sont levés et ceux qui meurent ; et plus encore , tu me déchires , de ceux qui persécutaient, qui torturaient , qui violaient , qui tourmentaient, qui ruinaient et qui tuaient les autres, sous prétexte de civilisation barbare , où certains hommes sont l’enfer pour d’autres. Ceux qui poursuivent par le fer et par le feu l’œuvre de Satan , ceux qui sont entachés de vices énormes, qui trônent sur  nos vies, aujourd'hui encore,  que même toi et encore moins Dieu ne pourraient jamais pardonner .Ceux qui ,dans la démence et loin de tes petites mains qui dessinent ma vieillesse et rient de mes humeurs , dépouillaient les autres de leurs biens, qu'ils leur infligaient des peines corporelles, psychologiques , qu'ils les faisaient périr de faim et de froid dans des cachots obscurs, en un mot, qu'ils leur ôtent la vie. La difficulté, tu me dis, toi qui a lu dans une autre vie, mon amour réincarné, tout LUTHER KING, que ce n'est pas de rêver, c'est d'accepter et de comprendre les rêves des autres. Et que comme dit la sagesse arabe, que nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. FATMA ma nostalgie, dans une autre vie, on jouait aux cow-boys et aux indiens, c’était pesé, donné ce n’était pas cher et trois fois rien, comme moi mon amour, en cet instant précis, les filles d’alors, dans mes décors, avaient du chien.

Je t’aime FATMA, et je ne peux qu’aimer toutes les femmes d’un amour incommensurable.

Je t’aime FATMA.

A suivre.....

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