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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 20:15

La bulle Facebook va-t-elle crever ?


 

Lancée en grandes pompes vendredi en Bourse, l’action Facebook s’est plantée. Modèle économique non consolidé, atteintes à la vie privée, crainte d’une nouvelle bulle, les raisons de ce crash sont nombreuses.


(Entrée en Bourse de Facebook, vendredi - Richard Drew/AP/SIPA)
(Entrée en Bourse de Facebook, vendredi - Richard Drew/AP/SIPA)
Facebook n’est pas ami avec la Bourse. L’action de l’entreprise, lancée vendredi sur le Nasdaq, est passée de 42,05 à 38,23 dollars  à la fin de la journée. De gros investisseurs comme Peter Thiel ou la banque Goldman Sachs ont cédé plus d’actions que prévu. Une vraie débandade. Lundi, Facebook a ouvert sous son prix de départ avec un cours à 35,52 dollars  qui tombera à 34,03 dollars en fin de journée
 
Pourtant, l’arrivée de Facebook en Bourse a été vue comme le symbole de la réussite d’une start-up du Web devenue en quelques années une multinationale avec 3500 salariés et un bénéfice net de 1 milliards de dollars en 2011. Avec 900 millions de comptes ouverts et un PDG, Mark Zuckerberg, plus jeune milliardaire au monde, Facebook avait pourtant un beau potentiel.
 
Mais les choses sont plus compliquées. Tout d’abord parce que Facebook est un colosse aux pieds d’argile voir de coton. Ses 900 millions de comptes ne sont pas 900 millions de clients actifs sur le réseau et prêts à avaler de la pub en masse. Certains n’utilisent peu ou plus leur compte, beaucoup ont plusieurs profils (pour le privé, le professionnel…). Bref, la puissance apparente de Facebook est dopée aux stéroïdes.

Un modèle économique à trouver

D’autre part, Facebook a un modèle économique encore fragile. L’entreprise n’a été lancée qu’en 2004. Ses revenus dépendent à 82% de la publicité. Une modèle peu sûr, General Motors compte d’ailleurs cesser d’acheter des espaces publicitaires sur le réseau, jugeant ce canal peu rentable.
 
Pour rassurer les investisseurs, Zuckerberg a du montrer qu’il était capable de se diversifier  et de chercher de nouvelles sources de revenus. Le rachat d’Instagram (qui permet de publier ses photos à partir de son Smartphone) pour 1 milliard de dollars était justifié au nom de l’investissement dans le marché du mobile.

Plus récemment, Facebook a annoncé la future possibilité de publier des statuts payants pour toucher plus de monde. Une plateforme d’applications payantes (un peu comme les applis pour smartphones) devrait être aussi prochainement disponible. Le but : que Facebook ne soit plus seulement un réseau où partager vos photos de vacances mais un vrai portail d’accès à tout le Web.

Une nouvelle bulle ?

Cela suffira-t-il ? Les marchés craignent surtout que Facebook ne soit qu’une bulle,  le prix de lancement de son action paraissant largement surévalué. L’entreprise est valorisée à 100 milliards de dollars pour 1 milliard de bénéfice soit un rapport capitalisation/bénéfices  de 100 quand Google a un rapport de 19.

Le cas boursier de Facebook en rappelle un autre. En novembre dernier, le site de vente groupée Groupon a connu les mêmes galères. Introduite en Bourse à 20 dollars, l’action est vite montée à 26 dollars pour osciller quelques jours plus tard entre 17 et 17,50 dollars. Ces derniers jours, le cours a encore baissé variant entre 11,58 et 12,41 dollars.

A son entrée sur les marchés, Groupon a pourtant levé 700 millions de dollars, un record dans le secteur depuis Google. Mais l’entreprise vit dans un secteur fortement concurrentiel notamment de la part du site Livingsocial. Les marchés ont aussi sanctionné sa comptabilité hasardeuse. 

Atteintes à la vie privée

L’autre grosse faille de Facebook est juridique : ses atteintes à la vie privée. Une plainte en nom collectif  contre le réseau social vient d’être déposée en Californie. Les plaignants accusent Facebook de surveiller les activités Web de ses utilisateurs même quand ils sont déconnectés. Cette plainte pourrait coûter 15 milliards de dollars à l’entreprise. 
 
Des critiques que l’on retrouve aussi en Europe. Notamment en Allemagne, où Mark Zuckerberg est devenu la bête noire des défenseurs des libertés. En avril 2010, il a du faire face à un appel au boycott  de la Fédération des associations de consommateurs et aux foudres de la ministre de la Consommation pour sa nouvelle politique de confidentialité.

En août 2011, le Land du Schleswig-Holstein a carrément interdit l’utilisation du bouton « Like »  jugeant qu’il servait à une collecte illégale de données. Au même moment, l'agence de protection des données d'Hambourg lançait un ultimatum contre le réseau au sujet de se technologie de reconnaissance faciale. Si on pouvait ajouter des ennemis sur Facebook, Zuckerberg aurait sans doute beaucoup de succès.

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