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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 10:33

 

ROGER ROMAIN

Chapitre premier

LTAT DE LCITE DU VATICAN

Le Vatican est tout à la fois un État microscopique enclavé dans Rome et le centre de l'Église catholique romaine (1) .

II est devenu un État aux termes du traité de Latran, conclu en 1929 entre Pie XI et le gouvernement fasciste de Mussolini. L'article 3 de ce traité stipule: «L'Italie reconnaît au Saint-Siège l'entière propriété, le pouvoir exclusif et absolu, et la juridiction souveraine sur le Vatican dans sa composition actuelle, avec toutes ses dépendances et dotations, instituant ainsi, à des fins particulières et dans les modalités stipulées au présent traité, la Cite du Vatican.»

L'État du Vatican ne ressemble à aucun autre État du monde en ce sens qu'il n'a ni ouvriers, ni paysans, ni industrie, ni agriculture. C'est un minuscule État ecclésiastique dont le souverainabsolu esle pape de Rome, chef de la catholicité.

(pages 1, 2, 3)

   Le Vatican est une colline située sur la rive droite du Tibre, dans lnord-ouest de Rome. Ce fut dans l' antiquité un lieu de culte et de vaticinations, d'où, vraisemblablement, son appellation. L'un des dieux de la mythologie romaine était Vaticanuqui, assurait-on, faisait pousser à l'enfant son premier cri(Voir Gaston Boissier: La religion romaind'Auguste aux Antonins, Paris 1906,(page 4). Après que le christianisme fut devenu la religion d' État de l'Empire romain, le Vaticadevinun haut lieu du culte chrétien. C'est à la fin du Ve siècle et au début du VIquIon a commencé à bâtiles édifices de l' évêché de Rome. Depuis la fin du XIVsiècle, le Vatican est la résidence permanente des papes. 

Pendant onze siècles, de 756 a 1870, il a existé sur le territoire de l' Italie actuelle des États pontificaux (ou États de l'Église) où la plénitude du pouvoir temporel appartenait au clergé catholique. Le pape de Rome était chef de cet État caractérisé par l'exploitation féodale des masses populaires et le joug de l'Église catholique. Sur la fin, les États pontificaux comptaient parmi les puissances les plus réactionnaires d'Europe.

Laissons parler l'Histoire universelle de Schlosser (1776-1861): « Les États pontificaux étaient régis par un enchevêtrement de lois, édictées depuis des siècles; les législations civile et ecclésiastique étaient confondues. .. Partout sévissaient les espions et les délateurs ... Le pape et ses conseillers n'avaient ni le temps ni l'envie de s'occuper de leurs sujets ... Aussi, l'idée que des réformes fussent nécessaires ne pouvait leur venir à l'esprit. »

Un contemporain du pape Grégoire XVI (dont le pontificat dura de 1831 a 1846) nous rapporte que toutes les provinces des États de l'Église «se trouvaient en état de siège; la cour martiale siégeait en permanence; les prisons et les lieux de déportation étaient bondés; le gibet et l'échafaud rivalisaient d'activité (2) ».

Dans l'ouvrage qu'il fit paraître en 1901 sur l'histoire de l' Italie, le célèbre historien russe Eugène Tarlé écrivait au sujet du régime des États pontificaux: « Rome était administrée par un cardinal, exerçant les fonctions de préfet de police... Le désordre administratif était épouvantable, parce que les prélats, les prêtres subalternes et les moines-policiers s'acquittaient de leurs devoirs de façon détestable, ils volaient, et étaient connus pour leurs concussions et leurs dérèglements..."

1 F. Schlosser: Weltgeschichte tur das deutsche Volk, 2.Ausg. 
Bd.16, Oberhausen und Leipzig 1874, S. 404.

2 M. Pinto: Pie IX et La révolution, voir dans la revue Vestnik Evropy (Courrier de l'Europe), juin 1867, p. 264.

La justice était rendue par quatorze tribunaux ecclésiastiques, dispersés à travers le pays et composés exclusivement de clercs désignés. La censure était monstrueusement tatillonne. Dante était à l'index, et aussi l' Ancien Testament, et Pétrarque. On était emprisonné pour avoir lu Boccace ... Les jésuites avaient la haute main sur les universités de Rome et de Bologne, ils châtiaient durement les étudiants qui osaient parler de la rotation de la Terre. La misère des populations n'empêchait nullement l'administration ecclésiastique de les pressurer d'impôts et de redevances. Par sa cruauté irréfléchie, la fiscalité abusive pratiquée dans les États pontificaux obligeait les habitants des villages à fuir au hasard ... ». Tel était le régime institué dans l'État où le pouvoir absolu était exercé par le pape et son clergé.

Selon Stendhal: « Le pape exerce donc deux pouvoirs fort différents: il peut faire, comme prêtre, le bonheur éternel de l'homme qu'il fait assommer comme roi (1)

L'arbitraire sévissant dans les États pontificaux suscitait les protestations du peuple. Mais celles-ci étaient réprimées avec une extrême dureté. Dans ses dernières années, le pouvoir temporel du pape s' appuyait sur les baïonnettes françaises et autrichiennes. Les meilleurs fils du peuple italien, luttant pour l'unification du pays, désiraient aussi la suppression des États pontificaux, qui constituaient un grave obstacle à l'unité nationale.

En 1870 l'unification définitive de l'Italie mit un terme à l'existence des États pontificaux. Leur territoire de 16000 milles carrés, avec sa population de plus de trois millions d'habitants, s'intégra dans le royaume d'Italie. Le pape se vit dépouillé de son pouvoir temporel; et, dans ce pays où l'influence de l'Église catholique était et est encore très forte, il ne trouva guère de défenseurs.

1 Promenades dans Rome, t.1, Paris 1829, p. 7.

V
 

 

 

(Pages 4 et 5)

 

A l'heure actuellele pape et l'épiscopat catholique, qui répandenparmi leurouailledes notions fausses sur lcommunisme, voudraient lepersuader que seulla strictobservation des préceptes du catholicismpeut conduire l'humanité à unsociété meilleure. Or, lpape eses évêques avaient unmagnifiquoccasion de faire éclater lsupériorité de lvoie où ils voudraient que s'engagent les hommes. Pendant onze siècles, ilont gouverné tout un Etat! Maiiln'y onpas fait régnertant s'en fautunvie dbonheur et d'équité pour les masses populaires.

La superficidlCité du Vatican est aujourd'hui de 108,acres (sancompte13 édifices à Romhors de l'enceintdu Vatican)Sa population esd'umillier dpersonnes, dont 700 sujets duSaint-Siège. Le Vatican possède une ligne de chemin de fer de quelques centaines de mètres, rattachée au réseau ferroviaire italien; une centrale électrique, une station de radiodiffusion, une monnaie, des timbres - Poste, une école primaire et même une prison. Cet Etagouverné par le vicaire du Christ, et qui compte à peine mille habitants, ne peut spasser d'une prison !

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