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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 09:46

Grande première : la violence des colons israéliens qualifiée de "terrorisme" par le Département d'Etat US

L’instant est historique et à marquer d’une pierre blanche, et c'est le journal israélien Haaretz qui s'en fait l'écho.

 
 

L’instant est historique et à marquer d’une pierre blanche, et c'est le journal israélien Haaretz qui s'en fait l'écho. Pour la première fois, un rapport du Département d’Etat américain se départit de l’hypocrisie d’usage et de la langue de bois diplomatique, pour appeler un chat un chat : en d’autres termes pour qualifier les violences perpétrées par des colons israéliens en Cisjordanie d’actes de terrorisme.

Ou plutôt les requalifier comme tels, tant ces exactions, qui s'autorisent depuis des lustres à tout transgresser, jouissent d’une prime à l’impunité qui a franchi les limites du politiquement correct et de l’humainement tolérable...

Gravé dans le marbre, le colonialisme forcené et meurtrier d’Israël a été confondu au grand jour dans l’état des lieux annuel  intitulé « Country Reports on Terrorism », produit par le Département d’Etat et présenté au Congrès américain. Un chapitre édifiant, dénué des  nuances indulgentes qui édulcorent  la nature guerrière et raciste de la seule «démocratie du Proche-orient », jette une lumière crue sur les agressions commises contre les Palestiniens et leurs biens par des colons fanatiques, ivres de vengeance. 

Le rapport relate notamment une attaque fomentée par un groupe de colons israéliens, visant  le quartier général de l’armée israélienne Efraim Brigade Régionale en Cisjordanie.  Cet assaut  "a suscité un débat public en Israël sur le phénomène de la violence des colons, les responsables politiques et de sécurité se sont engagés à mettre en œuvre plusieurs mesures pour freiner et réprimer ces actes de violence", souligne le rapport.

Fait notable, le ministre de la Défense Ehud Barak, ardent promoteur du raid aérien contre l’Iran, est cité pour avoir considéré que ces attaques relevaient d'actes terroristes, de même que l'ancien chef du Commandement central des FDI Mizrahi Avi, qui a décrit le règne de «la terreur».

Très étayé, le rapport indique qu’en 2011, dix mosquées en Cisjordanie et à Jérusalem ont été incendiées, soit une augmentation spectaculaire par rapport aux années passées. Un triste record que les autorités israéliennes ont imputé aux commandos de choc formés par les colons, estimant que "six incidents de ce type en 2010 et un en 2009 étaient perpétrés par des colons." On se réjouit d’apprendre que le pouvoir israélien savait, mais n’a rien fait !

Sous le titre "2011, incidents terroristes", le rapport passe en revue les principales attaques terroristes qui ont meurtri la bande de Gaza,, tout au long de l'année écoulée. En plus des tirs de roquettes,  le rapport mentionne sept incidents, dont trois ont été considérés comme des "prix-tag" attaques : la profanation de tombes musulmanes à coups de tags haineux dans le cimetière de Mamilla à Jérusalem, l'incendie d'une mosquée à Jérusalem, et le saccage d'une mosquée dans le village de Burqa.

En marge de la médiatisation de ce rapport, le Département d'Etat américain a vivement condamné l'attaque qui a pris pour cible, jeudi dernier, un taxi palestinien, et qui portait la signature des colons extrémistes. "Les Etats-Unis condamnent dans les termes les plus forts l'attentat d'hier sur un taxi palestinien en Cisjordanie", a déclaré la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland.

"Nous adressons nos plus sincères condoléances aux victimes, dont des enfants, et nous leur souhaitons un prompt rétablissement. Nous notons que le Gouvernement israélien a également condamné cette attaque odieuse et s'est engagé à traduire les auteurs en justice. Nous nous tournons vers les Israéliens, responsables de l'application de la loi, pour qu'ils la fassent respecter rapidement. Nous exhortons toutes les parties à éviter toute action qui pourrait conduire à une escalade de la violence", a-t-elle martelé.

Alors que plane sur la présidentielle américaine l’épée de Damoclès du bellicisme israélien en Iran, toutes les circonlocutions qui absolvent habituellement Israël de toutes ses fautes semblent proscrites au sein de l’administration américaine. Ce changement de ton augurerait-il d’un changement de cap ?

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