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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 19:44

En Tunisie, la diplomatie française choisit son camp

L’ancien régime plutôt que les représentants musulmans conservateurs : mercredi 7 novembre, le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, recevra Béji Caïd Essebsi, chef du parti d’opposition tunisien Nida Tounes, nous a confirmé le quai d’Orsay ce lundi.

En cette période de transition politique délicate en Tunisie, la réception officielle de « BCE » par le gouvernement est un signe clair. Pourquoi Laurent Fabius reçoit-il un homme, certes chef de parti, mais qui n’exerce plus aucune fonction officielle en Tunisie ?

A 84 ans, Béji Caid Essebsi n’est ni un nouveau venu en politique, pas plus qu’il ne fut un opposant pendant les 23 années de la longue dictature de Ben Ali. Ancien membre du Destour du président Bourguiba, puis cadre du Rassemblement constitutionnel démocratique de Ben Ali, Béji Caïd Essebsi fut le chef du gouvernement de transition de la fin février à décembre 2011, avant l’arrivée du cabinet actuel, dominé par Ennahda.

En Tunisie, son bilan en tant que premier ministre (que nous détaillons dans l'ouvrage La révolution confisquée) est particulièrement contesté : il n’a pas permis de faire avancer les grands dossiers comme celui de la justice transitionnelle, que son gouvernement a parfaitement négligée. Nombre de proches de l’ancien président Ben Ali, tel le gendre Marouane Mabrouk, dirigeant d’Orange Tunisie, n’ont pas même été inquiété par la justice (Lire notre enquête ici). Pis : ses nombreuses interférences dans le travail de la commission présidée par le juriste Yadh Ben Achour, notamment dans l’élaboration de la loi électorale pour l’élection du 23 octobre 2011 (il s’est un temps opposé à ce que l’ensemble des membres du RCD de Ben Ali soient frappés d’inéligibilité) ont clairement démontré sa conception toute personnelle de la démocratie et des rapports entre législatif et exécutif.  

A la tête de Nida Tounes, Béji Caïd Essebsi est aujourd’hui le principal concurrent du parti Ennahda, dans un contexte d’éparpillement des forces politiques en Tunisie. Certains sondages le placent même en tête des intentions de vote d’une élection pour le renouvellement de l’assemblée nationale, qui pourrait avoir lieue en octobre 2013. Pour « BCE », cette réception au quai d’Orsay marque clairement une nouvelle étape dans la construction de son statut d’homme d’Etat, étape essentielle dans le processus qui doit l’amener, dans son esprit, à remporter le scrutin l’an prochain

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