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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 16:02

 

 
 
 
Par Angelo-Gabriel Mikael
Etudiant libanais, co-référent UMP assas

Ça n’a pas tardé. Le Sénat, qui a basculé à gauche récemment, vient d’adopter un texte de loi octroyant le droit de vote aux étrangers résidant en France depuis cinq ans et ce, aux élections locales. C’est une mesure très dangereuse.

Je suis étudiant en droit et je suis étranger. Je réside, sur le territoire de la République Française, depuis le 26 septembre 2010. J’aime la France. Ce Pays qui m’a accueilli avec tant de générosité.

La France m’a offert son Histoire bimillénaire, ses magnifiques jardins publics et ses musées gratuits. La France m’a confié à travers ses somptueuses bibliothèques et ses inchiffrables ouvrages, les prouesses de Napoléon, la résistance de Jeanne d’Arc et de Jean Moulin, l’étoffe de Louis XIV, l’humanisme de Raymond Aron et la subtilité de Tocqueville. Elle m’a appris par le truchement de sa grogne, la rage de Robespierre-quoique démesurée-, l’esprit fougueux de Jean Jaurès et la pugnacité du discret Guy Môquet. J’éprouve un indescriptible plaisir quand j’écoute les sons d’Aznavour et d’Edith Piaf.

Bref, je ne vous cache pas que je suis, à dire vrai, francophile et il  sera fastidieux que je vous énumère tout l’enrichissement que j’ai connu, en séjournant dans le pays de Molière. Mes ami(e)s français, j’espère que vous êtes conscients du patrimoine dont vous êtes les fiers et dignes héritiers. Vous avez en main un patrimoine inqualifiable, « inquantifiable » et incomparable. Vous êtes les descendants d’une « France Eternelle » (selon une formule du Maréchal Pétain, je me contrefous du politiquement correct).

Dangereuse est donc, cette mesure d’octroi du droit de vote aux étrangers. «  Mais Pourquoi ? » me demandèrent à maintes reprises mes amis qui ne surent cacher leur perplexité. Les raisons sont nombreuses.

Primo, le droit de vote est indissociable de la nationalité. Cette dernière incarne l’appartenance à une Nation et, dans le cadre du paradigme contemporain de la démocratie, une prérogative du vote, une arme dont dispose les individus d’une communauté de destin afin de façonner ce dernier suivant leurs aspirations et leurs volontés. Dissocier nationalité et vote sera attentatoire à la ratio legis de la nationalité, ce sera bafouer toute identité nationale, annihiler toute trace du vacillant Etat-Nation vis-à-vis d’une féroce mondialisation.

Secundo, les étrangers ne peuvent, malgré tout, percevoir les enjeux comme les nationaux d’un pays. Le premier réflexe d’un français sera de songer à ses intérêts et ceux de la France. Le réflexe d’un étranger sera de penser à ses intérêts et aux intérêts de sa communauté, d’où la grande différence.  Si l’on remarque une certaine désaffection vis-à-vis du politique de nombreux nationaux, quid alors d’un éventuel intérêt des étrangers pour la vie de la cité ? Tous les maires des 36000 communes de France sont au contact des populations étrangères au quotidien. Il me semble que les préoccupations des étrangers sont à mille lieues de cette revendication idéologique de gauche : Nous connaissons tous la fameuse formule «  nous sommes des citoyens du monde ». Les  Etrangers demandent aux maires des logements, du travail en cas de besoin. Jamais de droit de vote.

Tertio, le grand risque qui procède de cette proposition de gauche est bel et bien le communautarisme. Il est vrai qu’il faut s’adapter à une nouvelle réalité. La France blanche et chrétienne d’hier connait aujourd’hui un métissage qui est le fruit d’une politique migratoire de plus d’un demi-siècle. Il est indéniable que l’immigration économique a été une chance pour un pays comme la France. Mais l’immigration de peuplement s’avère quant à elle, particulièrement inquiétante : Les signes alarmants d’un échec de l’intégration sont évidents, faute de moyens d’un pays pourtant le plus généreux de la planète. République laïque, la France a pour pire ennemi le communautarisme qui exclut, qui divise, qui enferme. Un communautarisme qui divorce avec les auspices et les valeurs de la République « laïque, sociale et indivisible ».

Mais ce genre de droit accordé aux étrangers n’attise-t-il pas le communautarisme ? La concentration massive de certaines communautés étrangères dans de nombreuses régions de France conduirait, inéluctablement hélas, à un « lobbying communautaire » auquel les maires des communes ne sauront y résister. Nous pourrons imaginer dès lors l’impact sur les institutions de la République s’inclinant à certaines revendications particulières et complètement étrangères aux valeurs françaises. Les répercussions sont concrètes : Eventuelle modification des menus des cantines scolaires comme c’est le cas à Strasbourg par exemple. Le maire (PS) de cette ville a déjà fait preuve de laxisme et de double langage : C’est au nom de la laïcité qu’il a interdit le poisson des menus scolaires les vendredis mais au nom de la diversité qu’il proposa des menus halals dans les cantines.

Les piscines et les horaires spéciaux pour femmes à Lille en fournissent une autre illustration et j’en passe…

Bref autant de raisons pour s’opposer viscéralement au droit de vote des étrangers, bien que je sois étranger moi-même. Le droit de vote est pour moi une adhésion à la communauté de destin qui ne se fait que par le biais d’une préalable communion avec les valeurs de la République et donc, in extenso, via l’acquisition de la nationalité.

Libre aux étrangers qui voudraient participer à la vie politique Française. Ils n’ont qu’à se porter candidats à la nationalité du pays de Baudelaire car la citoyenneté française, n’est pas à brader…

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* en référence à l’affaire Omar Raddad : « Omar m’a tuer »

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