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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 22:00

Abou Iyadh : Une caisse de résonance ou une boite à raison ???

Il se fait certain que personne ne peut aborder la question «jihadiste», essentiellement en Tunisie, sans cette charge émotionnelle, que les médias ont appris à entretenir, question d’auréoler les œuvres journalistiques et leur induire cette charge de «magie» capable d’embellir l’acte (médiatique) et surtout emporter l’acteur (comprendre le journaliste) dans une dimension «chevalesque» tant le paysage est médiéval ou/et s’y prête réellement.

Certes, le commerce est bien «ancré», la machine est huilée, et surtout établie dans une logique de la peur rentable, tant la peur nécessite peu de neurones et pas assez d’une raison qui se rétrécit comme une peau de tous les chagrins…

 

Chacun et tous, doivent jouer leurs rôles, les «jihadistes» doivent «porter une barbe sauvage», s’habiller à la manière d’un Ali Baba misérable, et surtout porter un couteau entre les dents. Chose qui nécessite un retour certain aux grandes œuvres hollywoodiennes, où les plans très larges (à l’image des scènes de combat de Spartacus) nécessitent tant de comparses et surtout des figurants, où l’image de la barbe (mise) importe plus que la barbe elle-même. Les scénarii sont bien rodés… Le commerce aussi (malheureusement)…

Que l’exotisme soit occidental/européen/chrétien, la chose peut se comprendre et surtout se faire prendre et classer dans une logique oscillant entre des «Croisades» qu’on n’a pas encore soldées (entièrement) et nos plages, où notre soleil (indigène) sait bien faire pousser des gigolos pour des européen(ne)s en mal d’un «phallus» introuvable chez eux, ou dans leurs fantasme d’un Orient figé comme celle d’un téléviseurs en manque d’images ou de mages!!!

Certes, nous ne vivons plus malheureusement (sic) le temps des frontières dressées par Camus (comme tant d’autres) entre un «roumi» beau, poli et surtout moralisateur, d’une part, et un arabe qui ne peut trouver sa virilité que dans un couteau qui sert à autre chose que trancher les carottes…

Los indigènes (made in-chez-nous) se sont approprié l’image («jihadiste») exotique et ont fini par la domestiquer, et surtout en faire un repaire non pas identitaire, mais surtout existentialiste, comme si ils ne pouvaient exister que dans la trilogie (non pas divine) mais du prophète juif, du philosophe grec, sans oublier le législateur romain… Cette «projection» qui outrepasse l’appartenance politico-idéologique, s’inscrit en «grand frère», transcendant les familles, les tribus et surtout les failles (politiques) comme les faillites (idéologiques)…

Il se fait certain que l’interview que m’a accordée Abou Iyadh, ne pouvait passer comme un «aujourd’hui ma mère est morte» (encore Camus), elle vient plutôt comme «l’étranger qui vient tout déranger, sous le ciel, sous les fleurs du jasmin» (Chanson de Jeanne Moreau), et sert (avant sa dimension informative certaine) à jouer le rôle du révélateur du ph populaire aussi bien de la haine adjacente que la peur induite, en premier, sans oublier ce «voyeurisme» mitigé par une sédimentation qui ne peut que (en équivalence logique) entrainer ce gabegie généralisé…

Le législateur local, au contraire de son homologue romain, est plus un «applicateur de la loi» qu’un concepteur de la société. Certes, l’intelligence est là, l’intuition aussi, mais la peur surtout, sans oublier un imaginaire stérile et une mémoire tatoué par un ZABA «violeur» (et autres choses) et un Occident «complexeur» (comprendre celui qui invente les complexes et les incruste). La victime tend plus à imiter son bourreau qu’à inventer une négation constructive, mais surtout peut (tant l’excès de zèle est débordant) dépasser les records et abattre toutes les limites. Les moralisateurs sont utiles (à l’image des charognards qui dépossèdent la nature de ses résidus)…

Abou Iyadh était égal à lui-même, en premier, bien encré dans ses pensées, et surtout maitre de son verbe et bon «dresseur» de ses sources. Il a su jouer avec les mots, jongler avec les sens. Mon rôle n’était ni de l’aider, ni de le contrer, mais plutôt de ponctuer son chemin (verbal) d’excitateurs, capables de rendre sa pensée résonatrice, et induire de la sorte une résonance féconde (et espérant absolue). Je ne peux me prendre pour le «défendeur de la démocratie» contre cet «antidémocrate», chose qu’il assume pleinement, car le centre de toutes ses gravités ne peut être terrestre. Il a bien calculé ses mots et exprimé son opinion. Je ne pouvais laisser passer des zones d’ombre ou délaisser des coins obscurs…

Plus important que l’interview même ait (et de loin) cet impact dans cette société en mal d’agitation constructive, tant tout est nihiliste et chacun chante l’apocalypse de l’autre. Une telle interview est venue démontrer combien nous vivons une misère de l’imaginaire et un chagrin de la mémoire. Cet homme ne pouvait être que celui que notre imaginaire en a fait. Son «texte» doit bouillir dans la menace, les insultes et surtout du vitriole qui se vend toujours bien malgré la crise et la récession…

Un pouvoir en mal de «profondeur», une justice «comparative» et nullement constructive, une presse «charognarde», mais surtout un peuple, qui ne peut (et qui ne veut) quitter son rôle, où la peur fait office de conscience…

Il se fait certain que les psychiatres sont déjà l’œuvre pour déraciner, les «fondements du mal» et les «soubassements de la calamité»… Abou Iyadh ne peut en être la cause, mais uniquement ce point d’inflexion sur lequel se réfléchissent toutes nos âmes, en mal d’un repos temporel, tant l’éternité n’est plus à l’ordre du jour pour tous… Ainsi-soit-il… Amen!!!

 

Photo de l"interview

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