Samedi 1 septembre 2007



Candide.

Ou réponse au texte"Le débat confisqué" de _Z_

Par

Derbali.

Je crois sincèrement que tes réflexions, si elles sont le fruit des préjugés sociaux qui dominent le microcosme  tunisien, comme tu l’écris, plus précisément dans ton cas,  le petit cercle familial et quelques amis étudiants, je crois et j’affirme qu’elles sont conditionnées par des normes qui ne sont pas représentatives. Le problème au jour d’aujourd’hui , c’est qu’aucune analyse politique ou recherche empirique, grâce à la censure et au conditionnement de la dictature, ne peut être réellement crédible ou fiable, à partir de là,  toute opinion « personnelle » représente  un état d’esprit particulier et obéit  plus ou moins à des codes et des absolus claniques  dans le sens idéologiques ou politicien du terme, la dictature  a enfermé la pensée politique tunisienne dans ses propres contradictions, contradictions  orphelines de toute forme de légitimité, puisqu’' on est tous limité dans l’esprit et la lettre par des préjugés, impuissants à prouver, la preuve reste  l’opinion virtuelle du peuple tunisien et ses vérités multiples, les quelques activités militantes fragmentés de certains et la condition  des prisonniers politiques et leurs familles, familles civiles et politiques bien entendu. Les positions  des uns et des autres  ne pourront être claires que dans la pratique d’une vie politique démocratisée, ou du moins normale, aujourd’hui elle n’existe pas en Tunisie, l’opinion d’un cercle réduit à quelques connaissances ne peut refléter quoique ce soit , ni prétendre à aucune légitimité, par la force des choses, parce que la visibilité fait force de loi , et c’est ce qui se passe pour l’opinion  internationale, grâce aux manipulations de la dictature, la seule force politique constituée et représentative en Tunisie, est bel et bien le RCD, un parti criminel et usurpateur, il fait d’ailleurs partie de l’internationale socialiste, et ce n’est pas le petit groupe timoré de BEN JAAFAR qui appartient à la même internationale  qui pourra y changer quoique ce soit, lui aussi ne possède aucune base réelle, et encore moins que le RCD,  il n’a pas les moyens humains et matériels  de sa pérennité,  nous autres tunisiens nous savons bien que la  légitimité du parti unique le RCD repose sur le mensonge et la calomnie, l’usurpation et le monopole  de la visibilité politique,  par la violence, l’arbitraire,  la torture et la forfaiture, mais ce qui est une réalité cuisante pour les Tunisie, n’est qu’une péripétie pour l’extérieur, or la dictature tunisienne , ce qui légitime son existence, c’est bien l’extérieur, c'est-à-dire l’étranger, et dans tous les termes, pour essayer de répondre à la première partie de ton texte,  ce ne sont pas  les contextes familiaux des uns et des autres , les réflexions conditionnés et fragmentés des uns et des autres qui font une politique d’opposition, une dynamique de renouveau capable de renverser le cours de l’histoire et de démocratiser la Tunisie, mais bel et bien  l’affirmation d’un être tunisien  cohérent, assumant sa condition et ses idées,   qui portera la contradiction à la dictature face à ses pauvres prétentions, cela ne pourra être et se faire que dans une mobilisation et une analyse collective des tunisiens, de tous les tunisiens sans aucune exclusion et  qui refusent la dictature, d’une façon radicale et pragmatique. Oui encore une fois, un front uni de démocrates qui se limitera aux réalités du vécu historique des tunisiens sans aucune exclusion, de ses réalités culturelles présentes  et de la conjoncture où ils se débattent quotidiennement pour survivre. Personne honnêtement ne peut préjuger de l’état des forces qui composent l’opposition tunisienne, dans ce cas, il s’agit donc pour tous les militants des droits de l’homme, quelques soient leurs singularités, de dépasser les contingences, et les préjugés et de se limiter à l’essentiel, c'est-à-dire à se projeter dans l’avenir avec un objectif clair qui peut-être stratégique dans la durée,  mais qui obéit à des règles  modernistes et démocratiques, en clair ceux qui s’engagent dans le combat  contre la dictature doivent accepter l’alternance, le jeu démocratique, les règles , la primauté des institutions sur l’idéologies, sur l’appartenance, le communautarisme, le clan , la tribu ect…


 

Je suis tout à fait d’accord avec toi sur ton  constat, en ce qui concerne la désintégration et le clivage du pays, ainsi que de l’absence de vrai débat, mais à qui la faute ? L’image que donne l’opposition d’elle-même  est puérile, elles reproduit  les mêmes tares qui finiront par détruire la dictature, copinage, clanisme, sectarisme, égocentrisme et j’en passe et des meilleurs, je comprends parfaitement , devant cet état des lieues et ce gâchis, ceux des tunisiens et ils sont nombreux, surtout parmi les jeunes qui se détournent de la politique, qui  ne pensent qu’à profiter de la vie, de préférence loin du pays, et  qui s’enferment dans un égoïsme supposé être protecteur,  mais  malheureusement ,et ceci dit  ce que tu énonces et écris sur ce chapitre , tu le contredis dans le paragraphe précédent  et un peu plus loin aussi. Où je me permettrais  de te le rappeler

 

Les termes que tu utilises, »occidentalisés », « islamisés », « roturiers » , »bourgeois » me semblent  tenir de la confusion, la majorité des «  islamisés », du moins ceux qui sont dans l’action et le radicalisme le plus visible et le plus nihiliste, sont des « occidentalisés » pour schématiser selon  tes codes , en Tunisie et aussi dans le monde arabe, « roturier » et « bourgeois » n’ont aucun sens étymologique, qui est roturier et qui est bourgeois dans notre société post coloniale, jeune et défigurée ? En Tunisie, la vieille bourgeoisie turque qui avait colonisé les NOUZOUHS arabes, n’a aucune survivance dans le subconscient tunisien d’une façon générale, si tu désignes  les nouveaux  riches, des voyous  et des droits communs comme « bourgeois » par opposition à la très grande majorité des tunisiens qui sont pauvres, appauvris  par la piraterie des tyrans, et qui  deviennent par ton  tour de passe-passe des roturiers malgré eux, c’est  accepter le fait que la dictature de ben Ali est une monarchie de droit divin. Dans le fond, les choses sont très claires en ce qui concerne  la société tunisienne, des pauvres qui n’arrêtent pas de sombrer dans la dégénérescence et la misère, la majorité des tunisiens, une classe moyenne plongée jusqu’au cou dans l’affairisme, et  qui survie par l’endettement, sous le chantage et la pratique à une échelle industrielle des pots-de-vin,  et enfin au sommet de la pyramide,  une maffia qui spécule à tout va sur les biens du pays et ses habitants.

 

Nous avons besoin d’un réformisme radical sur tous les plans, c’est en premier lieu  le travail de fond d’intellectuels dignes de ce nom, pas comme la plus part  des intellectuels tunisiens planqués dans le reniement et la médiocratie, alimentaires et serviles , louant un pouvoir illégitime, des  flagorneurs  du fait du prince ; les rares intellectuels tunisiens qui relèvent le défi de l’intégrité et de l’esprit sont impitoyablement censurés, pourchassés et opprimés, le rôle des intellectuels  est un rôle de veille ,du choc des idées et de la remise en cause de tous les pouvoirs, de tous les dogmes pour faire face au triple bouleversement permanent qui secoue la planète, et par voie de conséquence la Tunisie, , bouleversement  technologique , bouleversement géopolitique , bouleversement socioculturel , ces bouleversements  sont inscrits dans l’acte républicain, démocratique et citoyen qui doit être transmis  par  les intellectuels  et vulgarisé pour le peuple, un acte qui permet au plus grand nombre , à ceux qui le désirent d’acquérir l’accession possible à la connaissance, la créativité, la solidarité, la pratique citoyenne,  recherchées en lieu et place de l’ordre hiérarchique et de la compétitivité sauvage ,ainsi que  le civisme, le sens de la justice et du droit, en fait tout ce qui remet en cause  le chaos dictatorial. Voilà ce que je crois être notre réalité de tunisien sous le joug d’une dictature totalitaire, et pour contrer ce danger d’une possible prise de conscience générale de notre peuple, malgré tous les handicaps exogènes ou endogènes qui le saturent,   la dictature se paye avec une stratégie de répression toute azimut contre les quelques intellectuels courageux, tout en faisant la part belle, dans son système de propagande, un de ses piliers et fer de lance, à des « intellectuels » mercenaires, ayant pour mission de sceller par le bas le génie tunisien, et de l’écraser sous une chape de plomb médiocrate, et une main de fer policière.

 



 

 

Les islamisés ? Ce mot qui rappelle plutôt les croisades et que tu emploies en le saupoudrant d’autres qualificatifs méprisants et péjoratifs comme « barbus » ect…, ce mot n’a aucune vérité fondamentale en Tunisie. Dans le cas tunisiens, il est aberrant  de faire croire que l’Islam est le fait d’une petite secte paranoïaque et schizophrénique qui se tient face à un petit groupuscule d’aliénés à l’occident, là c’est du simple verbiage qui fait l’impasse sur toute la réalité historique et le cosmopolitisme culturel tunisien, la très grande majorité des tunisiens sont musulmans bien avant les chaines satellites et les exploits des fous de Dieu, l’intégrisme, dit tunisien,  est une invention de la propagande dictatoriale et certains milieux staliniens, plus rouges-bruns que démocrates, et qui sont eux les véritables alliés de la dictature qui pratiquent une forme d’intégrisme  qui tient du terrorisme intellectuel, affirmer que l’islam politique tunisien avec toute sa diversité  est au service du pouvoir de BEN ALI,  tient de la malhonnêteté intellectuelle, cet islam politique n’est pas/est ENNAHDA , ses caciques et GANNOUCHI, il a existé depuis des siècles , a été dans toutes les luttes pour la libération de la Tunisie, des réformes  et de la diffusion du savoir, pas seulement religieux, mais ton point de vue  sur la question, et  en mettant de côté mon argumentaire, ne tiendra pas le choc  dans une analyse sociale et culturelle approfondie de la société tunisienne ;une société qui, si un jour pourrait librement  se prononcer sans aucune entraves sur sa condition humaine, son devenir, ses choix les plus intimes, ne renoncera jamais  à ses racines et ses repères arabo-musulman , même si  elle est séduite par les biens de consommation importés d’ailleurs, ou copiés en Tunisie, car si elle renonce à ses repères, elle disparaitra tout simplement en tant que nation constitué. D’autres parts si on spécule sur l’avenir  d’un peuple, en retour  on doit tout simplement travailler pour qu’il puisse librement donner son avis.

Si le choix des tunisiens dans le cadre d’une Tunisie démocratique se porte sur un parti  musulman, un parti inscrit dans les limites des institutions et de la constitution ce n’est pas  le  risque d'une islamisation de la république comme tu sembles le craindre, ou comme la propagande de la dictature et des rouges-bruns , ceux d’ETTEJDID et de la légion étrangère le déclarent au monde entier, mais tout simplement l’expression mature, responsable et progressiste d’un peuple qui a subit plus de cinquante années de dictature sanglante, et la stupidité d’un personnel politique incompétent et limité. Ce choix sera un choix normale  dans une Tunisie apaisés  et débarrassée de ses tares, moi, parmi d’autres,  qui met la démocratie et la responsabilité morale et civique des êtres par-dessus tout, qui croit à la rédemption de l’Homme et du tunisien  en particulier par le dialogue, l’ouverture, la pacifisme, je refuse catégoriquement  l'ânonnement des stéréotypes de ce genre, et d’être prisonnier des phantasmes artificiels et fascisants  de la théorie des chocs de civilisation, il faut être limité  et probablement débile pour croire que le mode de vie   des wahhabites, des salafites et des talibans, de tous ces archaïsmes morbides, ou les horreurs staliniens ont  une quelconque chance de séduire la majorité des tunisiens, ou que le discours des gens comme GANNOUCHIS et son émirat, de HERMAL et ses collabos puissent accroché  la très grande majorité des tunisiens pieux et pratiquants, mais pas suicidaires. L'islam étant la religion prédominante des tunisiens, qu’il puisse avoir sa réflexion politique est plus que normal , c’est même nécessaire pour le fonctionnement d’une véritable démocratie tunisienne, et pour la lutte contre toutes les déviances et l’intégrisme , sur quelle base peut-on continuer à mettre en question la légitimité de l’engagement et les prétentions d’un islam politique tunisien, surtout dans une Tunisie où ce dernier  a toujours constitué un pan considérable de l'éventail politique ? La réponse est qu’il n’existe aucune base logique, aucun argument  qui puisse justifier une démocratie sélective.  On ne peut en dire autant de certains « occidentalisés » tunisiens, qui furent  souvent les alliés paradoxaux d’une dictature policière qui les a manipulés, utilisés, et qui continue à s’en servir comme alibi et hommes de paille.
Une Tunisie démocratique doit être  le fruit d’une opinion majoritaire, sans parenthèses, ni virgule, ni exception  et, dans notre pays cette opinion majoritaire ne peut se dégager que d’une alliance entre des forces  différentes et sous l’auspice  d’institutions  modernes et respectueuses des droits humains, c’est l’expression d’un consensus républicain qui affaibli les ambitions idéologiques monopolisatrices des uns et des autres ,le tout dans le respect de la volonté majoritaire de la population pousse au droit, et au respect  des principes d'équité à l'égard des autres composantes de cette société. D’autres part le terme « islamisés » n’a aucun fondement  lexique , historique ou sociétal, il est très choquant, tu l’emploies  légèrement comme si la Tunisie fut islamisée  depuis quelques temps insignifiants,  et au fil de l’épée, alors que l’islam dans notre pays existe depuis des siècles, il a été adopté et même choisi  par les quelques tribus indigènes,  qui grâce à lui sont devenues une nation, il a fédéré, prospéré , participé et donné naissance à une civilisation universelle, il a dépassé largement le cadre religieux pour être dans la cité et la culture, les rapports sociaux et économiques. Il s’agit pour moi, non pas de défendre cette civilisation en qui je me reconnais, coûte que coûte, mais  de reconnaître des  vérités humaines immuables à nos recherches d’émancipation, en bref, notre futur comme notre présent  sont déterminés par notre passé, et le but des démocrates et des progressistes est de travailler à ce que ce futur s’inscrive  dans l’excellence, dans le progrès et la réforme, cela ne pourra se faire qu’avec subtilité et tolérance, en évitant les déchirures et les reniements inutiles, en donnant à la subjectivité de la mémoire collective  sa place, sans se lier  à ses suppliques émotionnelles, tout juste parce que le monde change, et il n’est pas figé dans les paradoxes et les contradictions  du genre, selon qu’on soit riche ou pauvre, faible ou puissant, musulman ou pas.

 

Plus ou moins d’accord avec ton chapitre concernant la référence occidentale, disons plutôt plus , mais encore une fois, il ne s’agit pas de trouver un coupable  aux malheurs de la Tunisie  contemporaine, la faute est largement partagée par tous, y compris par l’environnement  cultuel  tunisien, il ne s’agit pas de dresser des bûchers, il s’agit  de faire en sorte que notre pays  se libère et brise ses chaînes, accède à la modernité et au progrès ;  par la suite bien sûr,  il faudra un travail historique nécessaire, un travail  qui sera complété  par un travail juridique évident aussi, pour pérenniser la justice et le droit dans notre pays et dans les mentalités tunisiennes, c’est le seul véritable moyen que nous aurons pour tourner définitivement  la page de la dictature et de ces plus de cinquante ans vécus  dans l’opprobre par notre peuple et à fond perdu.   Le complexe du colonisé, il faut bien lire F.FANON, dans notre cas, il est dans notre rapport conflictuel avec le colonialisme et le néo-colonialisme, pas avec l’arabité ou l’islam, car ce n’est pas la faute des tunisiens, des marocains, algériens, égyptiens, maliens, sénégalais ect…. si la terreur coloniale d’hier, celle néocoloniale de la mondialisation, de l’ultra libéralisme, et leurs  chiennes de garde, nos dictatures locales et leurs affidés, aujourd’hui  représentent  ce que l’occident  a de plus négatif , de plus opaque , de plus belliciste et de plus virulent.

 

 

Souvent dans ton texte, excellent par ailleurs, ne serais  que parce qu’il invite au débat,  tu confonds l’islam des mœurs et des traditions , celui « officiel » instrumentalisé par la dictature, avec tout ce que cela comporte de fonctionnaires et de miliciens aux ordres, et l’islam politique avec  ses tendances, ses activistes et ses penseurs, tu pourrais lire M.TALBI sur l ’ISLAM  de la cité, KARKER sur l’analyse politique ou économique , dont la pensée  dans l’esprit et la lettre, ce dernier est plus proche du GUEVARISME  et de HACHED sur le plan de l’organisation syndicale que d’un stalinien comme HERMEL ou un gauchiste infantile comme H.HAMMAMI, d’un Tariq Ramadan au niveau du dogme et de la liberté religieuse que d’un GANNOUCHI surfant sur des archaïsmes génétiques, tu pourrais lire l’immense M.MARZOUKI et ses réflexions sur la société tunisienne  démocratique, une société  accomplie de par ses solidarités, ses perceptions et ses teneurs, débarrassée de ses lourdeurs, qu’elles soient religieuses ou idéologiques. Quand aux musulmans djihadistes tunisiens, tes propos à ce sujets  ne sont pas sérieux, en Tunisie et dans la lutte pacifique contre la dictature, il est aberrant de ne pas reconnaître les sacrifices humains de la très grande majorité des musulmans politiques tunisiens, qui n’ont rien à voir avec l’extrémisme armé et  qui n’ont jamais été tenté par la violence, malgré les horreurs du régime de Ben Ali, ceux des djihadistes tunisiens qui ont fini en IRAK ou partout ailleurs, ils ne sont pas nombreux, et ils sont dans une démarche internationaliste qui n’a rien à voir avec l’islam politique tunisien, ces derniers assument leurs choix au prix, souvent de leur jeunesse et de leur vie, et même, c’est à l’histoire de les juger , je refuse que l’ont se sert de ces brebis égarés  dans une stratégie de manipulation et de désinformation, la dictature le fait  mais cela tient de sa mentalité et de sa « morale », mais que des prétendus opposants le fasse, c’est une fatale contradiction  avec le message démocratique, tolérant, transparent  et juste qu’ils essaient de faire passer, péniblement, aux tunisiens.

Désigner la ferveur religieuse, bonne ou pas bonne , là n’est pas la question, tout est relatif en ce domaine comme en politique d’ailleurs, comme un retour  à la religion des tunisiens, ou une opération d’islamisation de la société tunisienne, me paraît pour le moins  hasardeux et sans aucune forme de réalité, ce genre d’analyse à l’emporte pièce,  fausse le débat, et quelques part justifie les pratiques de désinformation du régime, sur le plan purement humain, débiter ce genre  de contre-vérités,  c’est aussi supposer  que la société tunisienne  vivait un âge d’or au dix huitième , dix-neuvième, et vingtième siècles,  où le religieux  n’existait plus dans notre pays, et que ce retour, aujourd’hui,  est un acte de désespoir commis par des tunisiens incultes et ignares, c'est-à-dire  la majorité des tunisiens, cela rejoints en quelques le sorte le discours de la dictature, elle qui accuse la religion d’être la mal absolu dont souffre la Tunisie, et que les tunisiens,  à partir de là, sont irresponsables et immatures  pour prendre  en charge leurs vie et les affaires de leurs pays. Encore une fois,  je ne crois pas que la religion et l’islam en particulier soient le problème en Tunisie, le problème de notre pays, c’est en premier lieu la dictature qui est la source de tout extrémisme, extrémisme, que l’opposition tunisienne  refuse d’en être la victime et mieux encore de le pratiquer, le second problème vient d’une minorité  de politicards matérialistes qui pensent un tunisien nouveau , artificiel, sans racine et sans adresse, et qui nous mijotent  les vieilles recettes d’un rêve matérialiste révolu, un délire qui a coulé corps et âme en ne laissant que ruines et décombres, et des millions de morts par son arbitraire et son terrorisme, bien plus de morts dans le monde par  planification idéologique, que le nazisme par exemple. Affirmer que l’islam politique tunisien est un réflexe impérialiste, conservateur , voire d’extrême droite, c’est nier à ce courant toute son Histoire, c'est-à-dire la plus grande partie de l’Histoire de la Tunisie, l’Islam politique tunisien par sa composition sociologique, humaine et intellectuelle, est au contraire très représentatif  de toutes les classes qui composent la nation tunisienne, dans sa majorité, il est révolutionnaire et  même idéologiquement plus proche de la social démocratie, que de la droite classique et judéo-chrétienne, il suffit de s’arrêter honnêtement à ses structures et ses engagements,   et effectuer une analyse empirique  des origines et du cursus universitaires de ses représentants, des prisonniers politiques tunisiens  qui sont pratiquement tous des islamistes, la plus part d’entre eux, au vu de leurs âge n’ont aucun rapport avec la NAHDA historique et ses rétrogrades caciques, pour constater  que dans leurs immense majorité, ils viennent   des milieux populaires, voire du lump un prolétariat, et qui sont d’un niveau d’étude  supérieur, dans ce cas précis, le niveau des connaissances est important car il donne à ces gens,  les outils nécessaires à des choix déterminés, et à l’assumassion de ces choix, à partir de là, personne n’a le droit,  surtout quand on se prétend démocrates,  de dicter à ces tunisiens leurs conduite, ni à les marginaliser de l’espace et du débat politique, aucune démocratie ne peut faire l’économie d’un dynamique aussi vivante, évidente et authentique sous de fallacieux prétextes idéologiques, et des préjugés racistes, les idées d’un homme comme M.MARZOUKI me touchent beaucoup, et je suis entièrement d’accord avec un de ses écrits, lorsqu’il affirmait  en insistant sur l’alliance des islamistes tunisiens  avec les partis dits de la gauche démocratique, dont son mouvement le CPR, que la plus belle réussite des démocrates tunisiens, c’est d’avoir amener ces islamistes tunisiens à accepter sans aucune condition, les règles du jeu démocratiques.

 


La corruption est aujourd’hui le plus grand drame de la  société tunisienne, érigée en un véritable système de gouvernance et de contrôle par la dictature, elle s’est installée durablement  chez les tunisiens de tout niveau et de toute origine, c’est une des seuls réussites  des régimes tunisiens post coloniaux , elle  prend une dimension culturelle qui ne pourra être combattue  sur le long terme, que par l’éducation  et les programmes scolaires, et cela ne pourra être et se faire, que dans le cadre d’une Tunisie démocratique ; où les recours seront nombreux et le droit  limitatif à toute forme de déviance qui viendrait à attaquer les intérêts collectifs de la nations, ou les rapport normaux entre les citoyens. Donc la corruption des fonctionnaires, des policiers, des personnes, est un phénomène tout à fait « normal » dans une dictature comme la dictature tunisienne, c’est même l’un de ses atouts de survie.   Ce qui est plus grave encore, c’est la part invisible de la corruption, celle qui touche uniquement les administrations publiques et l’argent des contribuables. Les chefs d’entreprise, les entrepreneurs tunisiens, qui font partie pour la majorité d’entre eux du parti unique le RCD,  et du sérail dictatorial, ne sont jamais  condamnés malgré les nombreux scandales, et que dire des politiciens et autres technocrates au service de la dictature , des hauts fonctionnaires coupables des méfaits encore bien  plus graves. Car ces derniers bénéficient de relations, sont protégés par l’immunité « présidentielle » et peuvent se cacher derrière l’opacité des fonds publics. Lorsque la présidence et non pas une administration, comme dans toute démocratie, attribue, par exemple, une subvention à une association d’une utilité imaginaire, il s’agit bel et bien d’une forfaiture, et les associations au service de la propagande de la dictature à un ou deux membres se comptent par dizaine en Tunisie, certaines associations qui se disent démocratiques et d’opposition, comme la fumeuse association des femmes démocrates tunisiennes, émargent aussi à ces pratiques.

 L’interventionnisme de la dictature  à tous les niveaux de vie des tunisiens, par le biais de ses fonctionnaires, du simple policier au général d’armée, du colleur d’affiches-délateurs du parti unique au ministre d’état, instaure des monopoles, crée des formes de corruption et le clientélisme nécessaire à son fonctionnement, qui reste du seul domaine du non-droit. Au-delà des connivences entre décideurs administratifs attentifs à l’offre et la demande des sicaires du régime, la boulimie  excessive des cercles familiaux et proches du dictateur tout puissant, s’avère aussi être une possibilité idéale de création d’un système parallèle de « débrouille » et de clientélisme, qui tient plus de la logique du grand banditisme que de celui  de la simple réaction politique. De même, la pratique de l’intermédiation en matière de marchés publics et de délégations de service public, très  souvent confondus avec les affaires privés de quelques uns,  ont amplifié la corruption. L’argent public tunisien n’est  pas soumis à des contrôles, ainsi  que les aides ou les supposés prêts accordés aux tenant du régime.          .

L’avènement de la démocratie,  fera  émerger la vérité sur la réalité de la dictature qui a dévasté la Tunisie depuis son indépendance,  et remettra en question en question,  sérieusement,  les pratiques des médias tunisiens et les plumes de services qui, par mauvaise foi, par servilité vis-à-vis du pouvoir, avaient  manipulé l’information, et véhiculé une propagande policière digne  des régimes les plus totalitaires  que l’humanité a connu, mais un arbre ne cache pas la forêt , il existe des intellectuels tunisiens qui ne se sont jamais abaissé à être des mercenaires de la dictature, malgré les violences et les horreurs, l’ignominie et l’arbitraire dont ils furent victimes, eux,  leurs familles , leurs proches et leurs amis. Ces médias, qui sont les principaux vecteurs de la propagande des pouvoirs économiques, politiques, policiers qui saignent la Tunisie,  devront aussi assumer l’héritage de la dictature. En Tunisie, les medias sont et resteront au service du pouvoir. Ils mentent avec préméditation. Et lorsque l'on commence à mentir, on n'arrête plus le mensonge. La Tunisie est gérée par le mensonge. Informer signifie définir, et montrer la réalité, en Tunisie informer c’est rédiger  et coller- copier avec zèle le fait du prince. Les médias tunisiens  sont l’administration aux ordres qui sert de lupanar pour de pseudos intellectuels, des fonctionnaires de la plume, alimentaires et indignes. Ce sont tout simplement  les médias d’un régime totalitaire, dans lequel, toujours plus, tout, même la vie quotidienne de chaque citadin, est sous contrôle.

Aujourd'hui en Tunisie, la politique de la dictature est la politique des medias. Cela ne signifie cependant pas que les medias contrôlent les tunisiens, ces derniers ne sont pas naïfs et savent séparer le grain de l’ivraie, pour preuve la médiocrité  des ventes de journaux ou de l’audience des radios et télévisions, battus à plate couture par les médias étrangers libres. Je t’invite à réfléchir  à cette citation du grand ORWELL.
« Le plus effrayant dans le totalitarisme n’est pas qu’il commette des ’’atrocités’’, mais qu’il détruise la notion même de vérité objective : il prétend contrôler le passé aussi bien que l’avenir. »

 

Je crois sincèrement que la démocratisation de la Tunisie correspondra  à l'aptitude des tunisiens, du moins des tunisiens consciencieux et libres à agir, et à agir de façon concertée. A partir de là, il faut éviter les fantasmes homogénéisateurs, il faut absolument composer avec  la diversité des êtres tunisiens, faire du multiple enrichissant un UN mobilisateur et efficace. La démocratie repose sur un fait, la pluralité humaine. L'équation difficile de la politique démocratique qui doit coûte que coûte donner naissance à la Tunisie moderne consisterait alors à bâtir un espace commun sur la base de nos  différences, mais sans les annihiler. Pas de démocratie, en ce sens, sans un pays et un avenir  communs, convergences, réciprocités, solidarités. Mais pas de démocratie non plus sur le cadavre de la pluralité, comme disait SARTRE.

Par elkhadra - Publié dans : elkhadra
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