ECHOS TUNISIENS
Plusieurs dizaines de salariées du fabriquant de lingerie Aubade ont manifesté aujourd'hui près de l'Assemblée nationale pour protester contre la suppression de 104 emplois à Saint-Savin (Vienne)
récemment annoncée par la maison-mère suisse Calida. "Aubade made in China, made in Tunisie, salaires payés neuf euros par jour", "Les actionnaires de Calida vont se remplir les bourses quand
nous n'aurons plus de quoi faire nos courses", pouvait-on lire sur les pancartes.
Lors d'une conférence de presse à l'Assemblée, le député PS de la Vienne Jean-Michel Clément a demandé le remboursement des aides publiques versées à Aubade: "Nous voulons voir dans le détail
combien cette entreprise a pu bénéficier d'aides publiques".
Le fabricant suisse de sous-vêtements et pyjamas Calida a annoncé le 16 juin qu'il allait réorganiser sa filiale française Aubade en prévoyant la suppression de 104 emplois sur son site de
Saint-Savin, en raison de la crise économique. "Ce nouveau plan social frappe des salariées dotées d'un réel savoir-faire sur un territoire déjà sinistré et dans un contexte de crise économique
majeure", affirme M. Clément, dans un communiqué de presse.
Annoncée sous-réserve à la conférence de presse, la présidente de la région Poitou-Charentes Ségolène Royal n'est pas venue en raison de son emploi du temps.
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Grippe porcine, La Tunisie suspend la Omra
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Les autorités tunisiennes ont décidé, au titre de mesures préventives adoptées face aux risques de contraction du virus A(H1N1), de
suspendre les voyages de Omra et de renforcer le contrôle médical pour les pèlerins (Hadj), a indiqué hier le ministre tunisien des Affaires religieuses M. Boubaker El-Akhzouri.
La suspension des opérations de Omra constitue «une nécessité», compte tenu de la pandémie du virus A(H1N1) qui sévit dans le monde, a
expliqué le ministre à la presse en justifiant la mesure par le souci de préservation de la santé et de la sécurité du citoyen, «un principe fondamental des orientations nationales
».
Pour le ministre, la suspension de la Omra n’interfère pas avec le référentiel religieux et théologique de la société tunisienne et
résulte d’une concertation entre les membres de la commission chargée d’examiner la question, composée de représentants des ministères et des institutions concernées.
En ce qui concerne le pèlerinage, un second examen médical sera effectué avant la sélection des candidats au pèlerinage cette année, a
affirmé M. El-Akhzouri en expliquant que les personnes âgées et celles souffrant de maladies chroniques étaient les plus exposées au risque d’infection par le virus A(H1N1).
Pour cela, a-t-il dit, l’opération de sélection a été reportée d’une semaine et aura lieu du 29 juin au le 1er juillet
prochain. Les autorités tunisiennes ont fait état, dans le courant de la semaine, de trois cas d’atteinte du virus A(H1N1) décelés chez des citoyens tunisiens en provenance de l’étranger.
Les personnes atteintes, deux étudiantes venant des Etat-Unis et une hôtesse en provenance d’Arabie Saoudite, ont reçu une prise en charge sanitaire à leur entrée au pays.
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Le textile tunisien à la veille d'un nouveau virage
Le textile-habillement est le secteur le plus touché par la crise économique en Tunisie. Quelque 125 entreprises off shore, sur un millier, ont été jusqu’ici affectées. Elles auraient pu fermer
si le gouvernement ne leur était pas venu en aide avec tout un arsernal de mesures.
La Tunisie est le 2è fournisseur de l'Union européenne en maillots de bain (photo DR)
TUNISIE. La filière textile tunisienne, marquée par la levée de la protection que lui assuraient jusqu'en 2005 les accords multifibres (AMF), puis confrontée à la rude concurrence des
fabricants asiatiques notamment en Chine et en Inde, souffre aujourd'hui de la crise économique.
Elle reste aussi desservie par son image, réductrice, d’un secteur basique poseur d’étiquettes et reposant sur la sous-traitance.
Pour aider les entreprises touchées par la crise, environ 125 sur le millier d'entreprises off shore recensées en Tunisie, le gouvernement a mis en oeuvre une série de mesures
: financement des cotisations sociales, prise en charge travailleurs licenciés, mise en place de facilités financières notamment.
Le
Centre technique tunisien du textile (CETTEX) a également chargé
Jacques-Hervé Levy, directeur régional de l'
Institut
français du textile-habillement, d'étudier l’impact de la crise sur la filière et de proposer des pistes de relance, qui étaient attendues pour la fin juin 2009.
Plus réactif que les producteurs asiatiques à la demande européenne
Dans ses conclusions, Jacques-Hervé Lévy estime que le secteur est "
loin d’être en situation d’urgence".
L'expert français suggère trois issues : la migration vers le textile technique, le ré-endettement de la filière avec garantie de l’Etat, et l’intensification de la promotion.
D’autres experts soulignent que la branche dispose de sérieux avantages compétitifs pour dépasser la crise. Parmi eux, la proximité du plus riche marché du monde, l’Union européenne
(UE), en regard avec la réactivité des sites de production tunisiens.
Selon Hervé Huchet, directeur de la division mode de l'organisateur de salons professionnels
Eurovet, «
cette réactivité est actuellement d’une à deux semaines pour les sites de production en Tunisie, et de trois mois et plus pour les sites
asiatiques".
La Tunisie, 2e fournisseur de l'UE en soutien-gorges en maillots de bain, 3e en jeans et en vêtements professionnels, et 4e en pantalons tissés, peut donc tirer son épingle du jeu pour peu
qu'elle exploite la tendance de la grande distribution européenne à privilégier le
sourcing de proximité, auprès du Sud de la Méditerranée.
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L’UPM va-t-elle sortir de sa voie de garage ?
Passer de projet à réalité demeure le véritable enjeu pour l’Union pour la Méditerranée. Notre enquête et les interviews réalisées sur les deux rives de la Méditerranée montrent que tout n’est
pas aussi évident que le voudraient les politiques européens. L'UPM reste en chantier....
Malgré un ciel assombri par les événements de Gaza, l'UPM veut continuer à réunir Europe et rive Sud de la Méditerranée (photo Frédéric Dubessy)
MEDITERRANEE. Alors que l’Union pour la Méditerranée (UPM), portée sur les fonts baptismaux le 13 juillet 2008 à Paris sous la houlette de la France et de l’Egypte, s’apprête à souffler sa
première bougie, le projet a du mal à séduire sur la rive Sud de la Méditerranée.
Actuellement au point mort, ce véhicule qui voulait embarquer la quarantaine de pays constituant l’Europe et la rive Sud de la Méditerranée, peine à passer la première.
Les principaux freins se nomment événements de Gaza, crise économique, problèmes d’entente entre pays maghrébins, mais aussi changement de nature du projet entre Union de la Méditerranée et
Union pour la Méditerranée que certains n’ont toujours pas digéré...
Se voulant le moteur d’un développement économique qui s’appuie sur une alliance entre les deux rives de la Méditerranée, l’UPM doit d’abord passer par une entente entre les politiques, les
vrais pilotes de cette Union. Même si Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la
Banque européenne d'investissement (BEI), suggère de s'affranchir du politique pour avancer plus vite (lire :
« Il faut accepter de ne pas passer le niveau
politique » ).
Le 25 juin 2009, tout pourrait redémarrer
Le starter pourrait cependant bien être enclenché dès le 25 juin 2009 avec la tenue de la première réunion de l’UPM depuis les événements de Gaza. Sont attendus à Paris, pour
évoquer différents projets communs à mettre en place et notamment ceux sur le solaire et la pollution en Méditerranée, les 43 ministres de l’Environnement des membres de l’UPM. Ils devraient
définir un schéma d’aménagement méditerranéen.
Il en faudra cependant plus pour que l’UPM atteigne sa vitesse de croisière. Notre enquête, menée sur les deux rives de la Méditerranée, nous montre un réel décalage entre les ambitieux
souhaits européens et le degré d’implication des Méditerranéens du Sud.
C'est en tout cas ce qu'il ressort de la dizaine d'interviews réalisées pour ce dossier. Pour nos interlocuteurs, la route reste longue et sinueuse.
En France, Olivier Stirn, conseiller du Président de la république française pour l’UPM, s'affirme optimiste et assure que l’ «
UPM va mettre en œuvre un certain nombre de projets
dans les domaines économique et culturel ». (lire :
Olivier Stirn :
« L'UPM doit créer un axe Euro-Afrique »). Pour son compatriote Gilles Pennequin,
«
la crise est terminée et le processus reprend » (lire :
Gilles Pennequin :« Il ne faut pas attendre la paix pour faire des projets »).
Si la porte reste ouverte au Maroc (lire :
Le Maroc déçu par l'UPM ), où les politiques reconnaissent
volontiers les apports de l’UPM, le monde de l’entreprise fustige l’attitude de la France qui «
vide de son enveloppe l’UPM ». Ils parlent d’ailleurs de rendez-vous manqué.
En Algérie, les chefs d’entreprises interrogés avouent aussi leur scepticisme (lire :
L'UPM ne fait pas recette auprès des Algériens). S’ils croient aux projets en commun, à condition que tout
le monde y trouve son compte, ils soulignent les «
facteurs bloquants » que continuent de constituer certains aspects politiques et culturels dont Gaza, mais aussi le problème du
Sahara. Certains d'entre eux proposent une solution médiane : un rapprochement entre Europe, Maghreb et Turquie.
Cette solution présenterait l'avantage de laisser au bord de la route l'un des principaux blocages : la problématique israélo-palestienne. Pour les Israéliens, l’Union pour la Méditerranée
n’est toujours pas une priorité. Le pays préfère regarder du côté de l'Iran et se mobiliser sur son processus de paix (lire :
Israël n'est pas prêt de s'investir dans l'Union pour la Méditerranée).
Bref, si l'idée est bonne, le pont reliant symboliquement l'Europe à la rive Sud de la Méditerranée reste un beau projet mais encore en chantier. Un chantier qui n'avance pas à la même vitesse
selon la rive...
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Olivier Stirn : "L’UPM doit créer un axe Euro-Afrique"
Conseiller à la Présidence de la république française pour l’Union pour la Méditerranée, cet ancien ministre français reste confiant sur les relations entre les deux rives. Selon lui, l’UPM
doit se prolonger jusqu’à l’Afrique noire et tisser des liens grâce à des projets communs avec l’Union du Maghreb Arabe (UMA).
Olivier Stirn veut associer l'ensemble de l'Afrique au processus UPM (photo Frédéric Dubessy)
FRANCE / MEDITERRANEE.
Econostrum.info : Depuis quelques mois, l’Union pour la Méditerranée laisse l’impression d’un projet mort-né ?
Olivier Stirn : C’est une mauvaise impression. Dans quelques semaines, l’UPM va mettre en œuvre un certain nombre de projets dans les domaines économique et culturel. De plus, les
43 ministres de l’Environnement européens et méditerranéens se réunissent à Paris le 25 juin 2009 pour parler notamment de solutions contre la dégradation de l’environnement en
Méditerranée.
L’ensemble de ces projets avance bien et avec l’unanimité des membres. L’UPM fonctionne donc toujours.
Econostrum.info : De l’autre côté de la Méditerranée, on semble pourtant ne pas partager votre optimisme ?
Olivier Stirn : Les événements de Gaza ont ralenti le déroulement politique de l’UPM. Avant ces problèmes qui divisent, nous avions décidé d’un siège à Barcelone et d’un
secrétariat général en Israël. Si une solution est trouvée au Proche-Orient, et d’ici un an je pense que l’on aura beaucoup avancé, il est évident que cela boosterait
l’ensemble.
Mais, tout ceci n’empêche pas tous les autres projets de progresser. Il faut forcer le destin, nous n’avons jamais été aussi prêts d’une solution aujourd’hui. L’ensemble des peuples arabes, y
compris la Syrie, souhaitent la paix. Je ne constate pas de freins extérieurs forts. Je crois qu’il faut profiter de ces circonstances pour accélérer les questions. Si l’UPM peut faciliter la
solution du Proche-Orient, tant mieux !
D’autres problèmes restent des freins à l’UPM, comme Chypre et les relations Maroc-Algérie. Se rencontrer régulièrement peut faciliter des solutions.
"Il faut rapprocher l'UPM de l'Afrique"
Econostrum.info : Décider d’un siège pour l’UPM à Barcelone, donc en Europe, n’était peut-être pas le meilleur message à envoyer ?
Olivier Stirn : Barcelone a été accepté à l’unanimité ! La France n’était pas hostile à ce que le siège soit de l’autre côté de la Méditerranée, mais les pays du Maghreb
n’étaient pas d’accord entre eux et finalement il y a eu un consensus de l’ensemble des pays.
Econostrum.info : L’absence de la Libye à l’UPM reste un problème.
Olivier Stirn : Kadhafi est hostile à l’UPM car il pense que l’UPM va couper l’Afrique. Mais la Libye veut être présente dans les projets concrets comme le solaire. Kadhafi verra
ce que l’on fait et il évoluera. Le jour où elle le souhaitera, la Libye pourra intégrer l’UPM.
Econostrum.info : Où en est votre mission ?
Olivier Stirn : Le Président de la République (ndlr : française) m’a chargé d’une mission : rapprocher l’UPM de l’Afrique. J’étais voici quelques jours aux obsèques d’Omar
Bongo avec Nicolas Sarkozy et j’ai pu discuter avec une quinzaine de chef d’Etat africains.
Un certain nombre de pays d’Afrique noire craignait qu’avec l’UPM, les fonds de l’Union européenne n’aillent qu’au bord de la Méditerranée. Pourtant, l’UPM est loin d’être un obstacle, mais
au contraire se veut un levier en obligeant tous les pays d’Europe à se réorienter vers le sud au lieu de l’est.
"On ne peut réaliser de grands investissements que rassemblés"
Econostrum.info : Vous pensez donc que l’UPM a vocation à intéresser l’ensemble du continent africain ?
Olivier Stirn : Bien sûr ! Je suis chargé de trouver des projets communs aux deux unions : Union pour la Méditerranée et l’UMA,
Union du Maghreb Arabe. Un certain nombre de projets de l’UPM, comme par exemple l’énergie solaire, vont être étendus à l’Afrique noire.
Nous veillerons donc à ce que l’UPM se prolonge vers l’UMA.
L’UPM doit créer un axe Euro-Afrique. Les deux continents sont complémentaires. L’Afrique se développe et l’Europe doit être un des moteurs de ce développement aux côtés de tous les autres grands
du monde. Le projet UPM entraîne toute l’Europe vers cet axe qui peut être générateur de paix sur ce continent.
L’Euro-Afrique est un objectif à moyen terme pour l’équilibre mondial.
Econostrum.info : L’UPM ne suscite pas l’enthousiasme des pays du Maghreb, et déjà vous envisagez une seconde étape vers l’Afrique ?
Olivier Stirn : Les projets de l’UPM vont s’étendre tout de suite vers l’Afrique. Pas dans un second temps ! Je vais aller dans chacun de ces pays pour voir les projets communs
possibles entre les pays méditerranéens et ceux de l’Afrique noire. Ces projets seront concrets et permettront de tisser des liens.
Dans le monde actuel, on ne peut réaliser de grands investissements que rassemblés. Nous raisonnerons donc de plus en plus avec de grands ensembles et l’UPM doit être l’un de ceux-là.
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NOUVELOBS.COM | 30.06.2009 | 16:33
Sihem Bensedrine, chargée de mission à la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et à l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT), était, lundi 29 juin, l'invitée
des forums du Nouvel Observateur. Elle est co-auteure du rapport : « Délit de solidarité » ( *). Cette journaliste tunisienne a fondé le Conseil National pour les Libertés en Tunisie
(CNLT) en 1998.
Eric Besson, ministre de l’immigration, nie l’existence d’un « délit de solidarité ». Pourtant « c'est un terme qui revient de façon récurrente dans les
interviews que nous avons faites; ce mot exprime un sentiment clair de citoyens français, engagés dans des actions d'aide aux immigrés. Les pouvoirs publics sont en train de
sanctionner leurs gestes de solidarité et de les dissuader d’une posture de citoyenneté vigilante de leur part » explique la journaliste militante des droits humains.
« Le rapport est bourré d'exemples concrets ». La France, pays des droits de l’homme, risque fort d’être un jour montrée du doigt. Le problème se situe bien au delà
des positions d’Eric Besson. « C'est un gouvernement entier qui est responsable de cette politique du "tout sécuritaire" (…) avec ses conséquences désastreuses sur la liberté
des citoyens français ».
Quant aux sans-papiers, ils sont particulièrement mal traités. « J'ai vu à Calais des jeunes diplômés venus de Gaza, du Darfour, et d'autres zones de conflits (qu'on
leur a imposés) et qui croyaient dans le message humaniste de l'Europe, vivre dans des conditions d'indignité intolérables au Nord de la France au vu et au su des autorités
publiques. ». Enfin, l’indignation à géométrie variable des pays occidentaux choque Sihem Bensedrine. « « L'Europe ne s'émeut pas de façon égale des
violations démocratique selon le lieu où elles se produisent. (…) C'est ce qui fait douter de larges franges des populations du Sud de la sincérité du message démocratique de
l'Occident. » Ainsi la France fait preuve d’une grande mansuétude envers la Tunisie, malgré les violations des droits de l’homme qui s’aggravent, explique la
journaliste, elle-même régulièrement victime d’actions policières et juridiques.
Claire Fleury
( *) le rapport est consultable sur :
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