Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 10:03

Tunisie : le Qatar met également la main à la poche

Prsident_Tunisie_Quatar.jpgAprès l'Iran, c'est le Qatar qui met la main à poche pour aider son « frère » musulman, la Tunisie. Les prometteuses ressources pétrolières du pays  pouvant aisément susciter les vocations  ...
Mercredi, le Qatar  a annoncé l'octroi d'un prêt d'un milliard de dollars (759 millions d'euros) à la Tunisie, tout en indiquant être prêt à accueillir 20.000 travailleurs tunisiens diplômés mais chômeurs. Une annonce qui fait suite à la visite que vient d'effectuer le président tunisien Moncef Marzouki à Doha, où il a participé aux travaux de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED). Appelant à cette occasion les bailleurs de fonds à investir dans "la nouvelle Tunisie démocratique". La Banque Centrale de Tunisie a informe quant à elle qu'elle venait de finaliser le 18 avril dernier pour le compte et au profit de l'Etat un emprunt qatari sous forme de placement privé pour un montant de 500 millions de dollars (soit environ 750 millions de dinars) assorti des conditions détaillées ci-après : un taux d'intérêt de 2,5% payable annuellement, une maturité de 5 ans avec une date d'échéance et de paiement unique fixée au 18 avril 2017. Le président tunisien s'est également rendu au Koweït où il a obtenu des promesses de financement de "projets coûteux", notamment pétroliers. M.Marzouki a par ailleurs annoncé la décision de Tunis d'exempter à partir de mai prochain les ressortissants des pays du Golfe du visa d'entrée. L'objectif étant d'obtenir « des répercussions sur le tourisme et l'investissement en Tunisie". Rappelons qu'à la suite des troubles qui ont suivi la chute en janvier 2011 du régime du président Zine el Abidine ben Ali, la Tunisie a enregistré un recul de son produit intérieur brut de 1,8% en 2011, son taux de chômage passant parallèlement de 14% à plus 19% de la population active. A l'heure actuelle, sur les quelque 750.000 sans emploi, près de 200.000 possèdent un diplôme universitaire. Une étude récente du Fonds Monétaire International indique par ailleurs que la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du nord (MOAN) représente «une croissance en panne et des perspectives incertaines». "Les problèmes internes de la région MOAN qui sont illustrés par l'agitation sociale actuelle ont entraîné un accroissement des transferts sociaux" précise également le Fonds. Ce dernier observant que "l'agitation sociale a eu des répercussions majeures ayant touché, surtout, le tourisme et les flux de capitaux qui ont diminué". Sources : Associated Press, L'Economiste

 

Par elkhadra
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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 10:01

Tunisie : l'Iran alloue des fonds pour pétrole, automobile et phosphate

tunisia-map-libya-oil.gifJeu subtil que celui auquel se livre actuellement l'Iran, avançant ses pions au Maghreb ... et dans le secteur pétrolier prometteur de Tunisie. Dans un communiqué publié mardi, le ministère du commerce tunisien a indiqué que Téhéran venait d'allouer "une ligne de crédit d'une valeur de 100 millions d'euros aux investisseurs iraniens en Tunisie".
Une ligne budgétaire annoncée, au cours de la rencontre lundi soir entre le ministre du commerce et de l'artisanat, M.Béchir Zaafouri et le ministre des affaires étrangères iranien, M.Ali akbar Salehi. Le ministre iranien a fait savoir que l'objectif était "d'inciter les investisseurs iraniens à créer des projets de partenariat et de développement, en Tunisie" et notamment "dans des secteurs prometteurs, tels que le phosphate, les composantes automobile, et le pétrole". M.Ali akbar Salehi a par ailleurs indiqué la volonté de son pays de soutenir l'économie tunisienne  et de contribuer à la réussite de cette période de transition à travers l'intensification des échanges commerciaux. M.Zaafouri a quant à lui mis l'accent sur le souci de la Tunisie de renforcer ces relations économiques et commerciales avec les pays arabes et musulmans, soulignant que le potentiel des perspectives  de coopération avec l'Iran, en termes de développement du volume des échanges commerciaux, d'investissements et de création de projets de partenariat dans les domaines d'affaires des deux pays était vaste. Le ministre a notamment souligné la nécessité de développer le cadre réglementaire en vue d'améliorer les échanges bilatéraux et d'identifier des mécanismes permettant de faciliter le financement des échanges bilatéraux. carte-oil-gas-tunisie-libya-petrole_map.JPG"Rien n'empêche les Libyens d'investir à l'avenir en Tunisie, à condition que la situation y soit stable", avait quant à lui souligné Khadafi, au début de l'année 2011, dans des propos qui raisonnent désormais d'une ampleur toute particulière. Rappelons à cet égard que le 12 janvier 2011 (!!!!), la compagnie pétrolière Sonde Resources  avait annoncé qu'elle avait achevé les travaux de forage et d'exploration  de son premier puits  situé dans  le bloc répondant au nom oh combien symbolique  de «  7 Novembre » , situé au large de la Tunisie et de la Libye. Le 7 novembre 1987 étant - rappelons-le - la date de l'arrivée au pouvoir de Ben Ali après un coup d'Etat.  Jack Schanck, PDG de  Sonde Resources s'était alors déclaré  très satisfait des tests qualifiés de « robustes » effectués dans le  puits d'évaluation Nord Zarat -1 dans lequel Sonde  détient  100% des intérêts opérationnels, « l'épaisseur de la colonne d'hydrocarbures étant environ le double de celle prévue initialement pour cet emplacement ». Les trois tests effectués ont conclu à l'existence d'importantes quantités de gaz et de condensats, avec approximativement 750 de barils de condensats et 8 millions de pieds cubes de gaz par jour  avec un pic de condensat  allant jusqu'à 1.100 barils par jour. Les dirigeants de Sonde Resources  avaient alors déclaré être en cours d'élaboration de différents scénarii  relatifs aux réserves récupérables, leurs études visant notamment à déterminer les options envisageables et les coûts associés au développement du champ de Zarat. Parmi un des scénarii possibles : la cession d'intérêts à un ou plusieurs partenaires potentiels. Précisons que selon le groupe pétrolier lui-même, Sonde Ressources travaille en partenariat avec la société Joint Oil  en vue d'explorer et développer le Block 7 Novembre .... Joint Oil étant elle-même le fruit d'un partenariat ... entre les gouvernements tunisiens et libyens d'alors ... En effet, la société tuniso-libyenne créée en 1988  pour exploiter le gisement frontalier 7-Novembre  était à cette date détenue à parts égales par l'Entreprise (publique) tunisienne d'activité pétrolière (Etap) et Libya Oil. "Ce qui se passe en Tunisie est d'un intérêt prioritaire pour la Libye. Mais j'ai peur que la révolution du peuple tunisien ne lui soit volée. Il y a des manoeuvres à l'intérieur et de la part d'intérêts étrangers", avait par ailleurs mis en garde Khadafi. Ces propos précédaient la visite à Tunis du sous-secrétaire d'Etat américain Jeffrey Feltman, lequel s'était entretenu avec les autorités provisoires, avant de se rendre à Paris. La Tunisie subira-t-elle à son tour la malédiction du pétrole ? Sources : TAP, AFP, Oil and gas journal, African Manager, Jeune Afrique Sonde ressources

 

Par elkhadra
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Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 16:45
Bahreïn : la formule 1 au service de la tyrannie

Dans « Répression et résistance à Bahreïn », nous avons écrit : « Le soulèvement populaire à Bahreïn est le produit de décennies d’injustices, d’oppression et d’humiliations. On peut le réprimer, voire l’écraser, mais il renaîtra, tel un phénix, de ses cendres. Car il est né et a grandi sur le sol du despotisme et de l’arbitraire ». [1] Puisque cet arbitraire et ce despotisme perdurent, la résistance du peuple de Bahreïn se poursuit malgré une terrible répression. L’organisation du Grand Prix de Formule 1 dans ce petit royaume ne fait que renforcer la détermination « des révoltés de la Perle » à poursuivre le combat contre un régime suranné mais soutenu par les monarchies du Golfe et bien sûr par les États-Unis et l’Europe.

Le monument de la Perle, symbole de la résistance à la dictature des Al Khalifa, a été détruit. Il est remplacé par les chars de l’armée saoudienne qui encerclent toute la place. Les mosquées et les minarets n’ont pas échappé à cette folie destructrice. Les routes et les autoroutes de ce petit royaume sont littéralement quadrillées. Les forces antiémeutes, surarmées, sont omniprésentes et n’hésitent pas à tirer à balles réelles sur des manifestants pacifiques. Les commissariats de l’archipel sont transformés en centre de torture. Les tribunaux militaires jugent et condamnent des civils. Les blessés ne sont plus soignés au mépris de toutes les conventions internationales. La dynastie des Al Khalifa, au pouvoir depuis plusieurs siècles, le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) dominé par l’Arabie Saoudite, l’impérialisme américain et européen sont satisfaits. Ils pensent que les aspirations du peuple de Bahreïn à la dignité et à la démocratie sont, comme le soulèvement qui les concrétise, définitivement enterrées. La dictature, les privilèges, les intérêts des uns et des autres sont sauvés. Il faut maintenant annoncer et exposer, à la face du monde entier, que la situation est normale et que l’émirat est un pays paisible. Le spectacle du Grand Prix de Formule 1 peut alors commencer. « Je connais les gens qui y vivent, c’est très calme et paisible » disait platement Bernie Ecclestone, homme d’affaires et patron de cette fameuse course. Le sport au service du despotisme !

L’exploitation politique du sport ne date évidemment pas d’aujourd’hui. L’Italie fasciste et l’Allemagne nazie, deux faces hideuses du capitalisme, ont déjà instrumentalisé cette activité pour donner une certaine légitimité à leur pouvoir. L’Italie mussolinienne (1934) et l’Allemagne hitlérienne (1936) avaient organisé respectivement la seconde Coupe du monde de football et les Jeux Olympiques. La FIFA, elle, avait confié l’organisation du « Mundial » de 1978 à l’Argentine de la junte militaire dirigée par le général Videla. Le grand Prix de F1 se déroulait régulièrement en Afrique du Sud en plein régime d’Apartheid. Le cas de Bahreïn s’inscrit donc dans cette « tradition » où l’activité sportive est utilisée par les pouvoirs pour asseoir leur domination de classe. Pendant ce temps-là, dans l’indifférence quasi-générale, sans les médias occidentaux ni Al Jazeera, le peuple de Bahreïn poursuit son combat contre cette dictature d’un autre âge. [2] Des manifestations quotidiennes sont organisées, dans des conditions difficiles, pour protester contre cette nouvelle humiliation que constitue le Grand Prix de Formule1 ou comme l’appellent les bahreïnis « Formule du sang ». Samedi 21 avril 2012, les manifestants ont laissé un des leurs, tué par la police du pouvoir, s’ajoutant ainsi à la liste déjà longue des martyrs du peuple de Bahreïn. Pour prévenir toute contestation lors du Grand Prix, les autorités non seulement ont quadrillé tout le pays, mais ont procédé aussi à des dizaines d’arrestations des militants du mouvement de contestation. [3] Le mutisme des médias bourgeois sur cette répression et cette résistance est édifiant. Il faut que la contestation du régime en place se passe à huis clos.

Le contraste entre le silence sur Bahreïn et l’hystérique propagande contre la Syrie par exemple de ces mêmes médias est éloquent. Il faut dire que les très « démocratiques » dynasties des Al Khalifa, des Al Saoud de l’Arabie Saoudite ou celle encore d’Al Thani du Qatar qui désirent ardemment installer la démocratie en Syrie, sont « nos amis » ; car elles nous sont totalement soumises. Il faut donc les protéger et les mettre à l’abri des tentations et des aspirations du peuple à la liberté et à la démocratie. Le CCG, l’impérialisme américain et européen savent pertinemment que la victoire du peuple sur la dictature dans un pays (Tunisie et Égypte), suscite d’immenses espoirs et encourage les autres peuples dans le monde arabe à se soulever à leur tour contre leurs propres tyrans.

Pendant que les émirs de Bahreïn assistent au spectacle de Formule 1, et les médias occidentaux sont occupés à transmettre les performances des pilotes du Grand Prix, un militant des Droits de l’Homme, Abdel Hadi Al Khawaja, arrêté et condamné à la perpétuité est entre la vie et la mort. Il mène une grève de la faim depuis le 8 février 2012 contre sa détention arbitraire. Sa résistance et sa détermination sont celles de tout un peuple qui se bat quasiment seul contre une tyrannie soutenue par les monarchies du Golfe et par toutes les « démocraties » capitalistes.

Mohamed Belaali

belaali.over-blog.com

Par elkhadra
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Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 16:43
Lettre de Philippe Torreton à Jean Ferrat

Jean,

J’aimerais te laisser tranquille, au repos dans cette terre choisie. J’aurais aimé que ta voix chaude ne serve maintenant qu’à faire éclore les jeunes pousses plus tôt au printemps, la preuve, j’étais à Entraigues il n’y a pas si longtemps et je n’ai pas souhaité faire le pèlerinage. Le repos c’est sacré !

Pardon te t’emmerder, mais l’heure est grave, Jean. Je ne sais pas si là où tu es tu ne reçois que Le Figaro comme dans les hôtels qui ne connaissent pas le débat d’idées, je ne sais pas si tu vois tout de là-haut, ou si tu n’as que les titres d’une presse vendue aux argentiers proche du pouvoir pour te tenir au parfum, mais l’heure est grave !

Jean, écoute-moi, écoute-nous, écoute cette France que tu as si bien chantée, écoute-là craquer, écoute la gémir, cette France qui travaille dur et rentre crevée le soir, celle qui paye et répare sans cesse les erreurs des puissants par son sang et ses petites économies, celle qui meurt au travail, qui s’abîme les poumons, celle qui se blesse, qui subit les méthodes de management, celle qui s’immole devant ses collègues de bureau, celle qui se shoote aux psychotropes, celle à qui on demande sans cesse de faire des efforts alors que ses nerfs sont déjà élimés comme une maigre ficelle, celle qui se fait virer à coups de charters, celle que l’on traque comme d’autres en d’autres temps que tu as chantés, celle qu’on fait circuler à coups de circulaires, celle de ces étudiants affamés ou prostitués, celle de ceux-là qui savent déjà que le meilleur n’est pas pour eux, celle à qui on demande plusieurs fois par jour ses papiers, celle de ces vieux pauvres alors que leur corps témoignent encore du labeur, celle de ces réfugiés dans leur propre pays qui vivent dehors et à qui l’on demande par grand froid de ne pas sortir de chez eux, de cette France qui a mal aux dents, qui se réinvente le scorbut et la rougeole, cette France de bigleux trop pauvres pour changer de lunettes, cette France qui pleure quand le ticket de métro augmente, celle qui par manque de superflu arrête l’essentiel...

Jean, rechante quelque chose je t’en prie, toi, qui en voulais à d’Ormesson de déclarer, déjà dans Le Figaro, qu’un air de liberté flottait sur Saïgon, entends-tu dans cette campagne mugir ce sinistre Guéant qui ose déclarer que toutes les civilisations ne se valent pas ? Qui pourrait le chanter maintenant ? Pas le rock français qui s’est vendu à la Première dame de France. Écris-nous quelque chose à la gloire de Serge Letchimy qui a osé dire devant le peuple français à quelle famille de pensée appartenait Guéant et tout ceux qui le soutiennent !

Jean, l’Huma ne se vend plus aux bouches de métro, c’est Bolloré qui a remporté le marché avec ses gratuits. Maintenant, pour avoir l’info juste, on fait comme les poilus de 14/18 qui ne croyaient plus la propagande, il faut remonter aux sources soi-même, il nous faut fouiller dans les blogs... Tu l’aurais chanté même chez Drucker cette presse insipide, ces journalistes fantoches qui se font mandater par l’Élysée pour avoir l’honneur de poser des questions préparées au Président, tu leur aurais trouvé des rimes sévères et grivoises avec vendu...

Jean, l’argent est sale, toujours, tu le sais, il est taché entre autres du sang de ces ingénieurs français. La justice avance péniblement grâce au courage de quelques uns, et l’on ose donner des leçons de civilisation au monde...

Jean, l’Allemagne n’est plus qu’à un euro de l’heure du STO, et le chômeur est visé, insulté, soupçonné. La Hongrie retourne en arrière ses voiles noires gonflées par l’haleine fétide des renvois populistes de cette droite "décomplexée".

Jean, la montagne saigne, son or blanc dégouline en torrents de boue, l’homme meurt de sa fiente carbonée et irradiée, le poulet n’est plus aux hormones mais aux antibiotiques et nourri au maïs transgénique. Et les écologistes n’en finissent tellement pas de ne pas savoir faire de la politique. Le paysan est mort et ce n’est pas les numéros de cirque du Salon de l’Agriculture qui vont nous prouver le contraire. Les cowboys aussi faisaient tourner les derniers indiens dans les cirques. Le paysan est un employé de maison chargé de refaire les jardins de l’industrie agroalimentaire. On lui dit de couper, il coupe ; on lui dit de tuer son cheptel, il le tue ; on lui dit de s’endetter, il s’endette ; on lui dit de pulvériser, il pulvérise ; on lui dit de voter à droite, il vote à droite... Finies les jacqueries !

Jean, la Commune n’en finit pas de se faire massacrer chaque jour qui passe. Quand chanterons-nous "le Temps des Cerises" ? Elle voulait le peuple instruit, ici et maintenant on le veut soumis, corvéable, vilipendé quand il perd son emploi, bafoué quand il veut prendre sa retraite, carencé quand il tombe malade... Ici on massacre l’École laïque, on lui préfère le curé, on cherche l’excellence comme on chercherait des pépites de hasards, on traque la délinquance dès la petite enfance mais on se moque du savoir et de la culture partagés...

Jean, je te quitte, pardon de t’avoir dérangé, mais mon pays se perd et comme toi j’aime cette France, je l’aime ruisselante de rage et de fatigue, j’aime sa voix rauque de trop de luttes, je l’aime intransigeante, exigeante, je l’aime quand elle prend la rue ou les armes, quand elle se rend compte de son exploitation, quand elle sent la vérité comme on sent la sueur, quand elle passe les Pyrénées pour soutenir son frère ibérique, quand elle donne d’elle même pour le plus pauvre qu’elle, quand elle s’appelle en 54 par temps d’hiver, ou en 40 à l’approche de l’été. Je l’aime quand elle devient universelle, quand elle bouge avant tout le monde sans savoir si les autres suivront, quand elle ne se compare qu’à elle même et puise sa morale et ses valeurs dans le sacrifice de ses morts...

Jean, je voudrais tellement t’annoncer de bonnes nouvelles au mois de mai...

Je t’embrasse.

Philippe Torreton

P.S. Il y a un copain chanteur du Président de la République qui reprend du service dans la grande entreprise de racolage en tout genre et qui chante à ta manière une chanson en ton honneur. N’écoute pas, c’est à gerber.

Par elkhadra
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Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 16:31

 

Le malaise politique des musulmans de France

Par Fouad Bahri |
 
 

Dans la première partie de cet article,  nous avions dressé un état des lieux du débat sur le vote des musulmans de France et tenté de comprendre la nature de la relations idéologique de la gauche avec l'islam. Nous poursuivons cette analyse avec la question du nationalisme défendu par Albert Ali et tenterons modestement de cerner les raisons du retrait politique des Français de confession musulmane et les moyens d'en sortir.   

Ainsi, la République et les valeurs libérales et révolutionnaires qu'elle porta ne lui permit pas, en dépit des espoirs qu'elle souleva, de construire une relation équilibrée, authentique et équitable avec ses fils naturels. En-deça de l'idée, ne gît que l'homme et les hommes ne naissent pas hors sol. Ce qui nous ramène naturellement à Albert Ali, le patriote français musulman, l'homme qui aimait la France et voudrait nous en faire aimer. Le partisan sincère et résolu d'un nationalisme d'adhésion, de conviction, d'enracinement et d'accomplissement quotidien. De sacrifice, aurait-il pu ajouter.

L'idéologie nationaliste que nous propose d'embrasser Albert et qu'il justifie, comme tous ses contradicteurs y compris l'auteur de ces lignes sur une position théologique islamique, mérite qu'on s'y arrête un instant. La Nation, l'amour de la terre maternelle et nourricière, l'identification naturelle et légitime à un enracinement national, à une communauté de destin, de valeurs diront certains, et finalement le sentiment d'appartenir à une famille et à un peuple particulier, singulier, peuvent-ils constituer une option crédible et souhaitable pour les musulmans de France, un énième saut de l'ange politique qui leur offrirait enfin ce dont la gauche les a privés ?

Les discours et les actions politiques des formations de droite et d'extrême droite de ces vingt dernières années acheveraient de nous en dissuader. Pour autant, un examen des fondamentaux nationalistes reste indispensable pour compréhendre les logiques profondes à l'oeuvre dans ce rejet et cette exclusion inévitable des figures d'altérité que l'on rencontre fréquemment chez les nationalistes.

Le combat devant l’Hôtel de ville le 28 juillet 1830. Jean-Victor Schnetz. Paris, Musée du Petit Palais.

Le combat devant l’Hôtel de ville le 28 juillet 1830. Jean-Victor Schnetz. Paris, Musée du Petit Palais. 

 

Le peuple élu, la Terre promise et le mythe des Nations     

Au coeur de ce modèle politique, nous trouvons le monde du judaïsme traditionnel qui a représenté l'une des sources d'inspiration les plus décisives et les plus fécondes de la construction identitaire européenne, image des Nations, dans une relation dialectique complexe faite d'attraction et de répulsion. L'historien Pierre Vidal-Naquet nous retrace le processus qui a mené les peuples d'Europe a puisé leurs récits nationaux dans la double figure grecque de l'Atlandide, visage sublimé de l'Athènes impériale, mais aussi d'Israël. “Au IIe siècle et au IIIe siècle de notre ère, le monde méditerranéen commence à devenir chrétien.Cela signifie notamment pour les intellectuels qui prennent en charge cette mutation, le fait d'avoir à remplacer leur mythologie et leur histoire, de la guerre des Géants à la guerre de Troie, par la mythologie et l'histoire des Hébreux et des Juifs, depuis Adam jusqu'à la naissance du Christ (1).”

Le modèle fondé sur le triptique archétypal du judaïsme (peuple élu (2), Terre promise, Verbe révélé) ne cessera plus d'irriguer et de nourrir les revendications multiples à la suprématie nationale (3) surgies des décombres de l'Empire romain. “Ces “nations naissantes” (…) avaient le choix entre deux modèles de souveraineté : l'impériale romaine ou la royale hébraïque. Il fallait choisir entre César et David. Dans la future France, comme dans la future Espagne, le choix fut – hors le bref intervalle carolingien –  en faveur de la royauté israélite, ce qui eut son importance dans la formation des thaumaturges(4)”. Pour l'historien français, il en résulte ce fait essentiel: “La multiplication des peuples élus, monnayage de l'ancien Israël, multiplication dont il existe des traces aujourd'hui encore (...) a joué un rôle capital dans le paysage idéologique de l'Europe et de l'Amérique. Mais il ne suffit pas d'être le peuple élu, ou plus exactement, cette notion ne saurait s'appliquer à l'ensemble du peuple. Il faut que les aristocraties en place et les familles royales aient leurs propres généalogies (…) Le “sang goth”, sang pur par excellence, devait traverser les siècles (5).”

De l'exclusion par le sang à l'héritage par le sol

L'histoire biblique et les catégories propres au judaïsme déterminèrent en profondeur la structure collective de la culture européenne. La quête obsessionnelle des origines des vieilles nations européennes puisa abondamment dans ce répertoire pour y construire sa propre mythologie politique et se réaproprier la notion d'élection en un sens ethno-culturel éminemment pathologique.

Pour de nombreux érudits et idéologues, l'Amérique devint ainsi “le pays où les dix tribus d'Israël avaient trouvé asile (6)”, tandis que d'autres considéraient que “la tribu de Dan était devenue le Danemark (7) et que le grand William Blake pouvait déclarer dans une profession de foi messianique que “les antiquités de toutes les nations sous le ciel ne sont pas moins sacrées que celle des Juifs (8)”. Le noyau même qui définit le rapport au monde des nationalistes fonctionne sur un tel schéma exclusif et déterministe. La valeur personnel et le choix philosophique individuel n'y joue qu'un rôle secondaire.

Dans cette perspective, la Nation n'est pas un horizon mais un héritage destiné au seul partage de ses ayant-droits. L'origine et la légitimité par le sang, déterminante et sous-jacente dans l'acception courante, populaire et même élitiste de ce qu'est un national de souche, n'a d'ailleurs rien perdu de sa force. La conséquence directe de cette filiation idéologique reproduisant le principe de l'élection fondé sur le sang est l'identification consubstantielle d'une figure d'altérité, celle de l'étranger ou de l'Autre qui, en délimitant ma propre frontière identitaire, contribue à me définir négativement et/ou positivement.

Cathares, protestants, juifs, Vendéens royalistes, immigrés italiens, polonais ou africains, musulmans, ces multiples figures négatives, ces épouvantails de l'être collectif national ont évolué au gré des métamorphoses de l'histoire française, assumant successivement ce rôle fondamental et cette fonction si déterminante de l'étranger.

Comprendre la nature de ce substrat nationaliste, qui n'est pas réductible à la France ou l'Europe mais fonctionne de manière mimétique dans l'ensemble des pays dominés par la passion nationale y compris dans les pays du Sud, c'est aussi saisir l'erreur de jugement qui amène un Albert Ali à croire que l'islamophobie de Marine Le Pen ne serait que l'une “des contradictions historiques de notre pays”. Rien n'est moins vrai.

Bien au contraire, la politique menée vis à vis des harkis, la dénonciation des Juifs qui s'étaient pourtant largement assimilés allant jusqu'à franciser leurs patronymes, le rapprochement actuel de l'extrême droite française avec les officines sionistes y compris en Israël où la libération d'un certain fascisme n'est rien moins que l'aboutissement d'une logique nationale poussée dans ses excès (9), tous ces phénomènes passés ou présents sont la traduction en actes de ces déterminations latentes et en puissance du nationalisme qu'Orwell qualifiait en son temps de “soif du pouvoir”, “la volonté constante de tout nationaliste étant d'accroître celui de son pays, ou du groupe auquel il a choisi de s'assimiler (10).”

  

La constitution de réseaux sociaux réels, informels et performants est la clé de voûte d'une politisation durable et influente pour des citoyens engagés.

 

L'hérésie nationaliste dans le miroir de l'universalisme musulman

Ces éléments ne peuvent qu'invalider a fortioritoute légitimation islamique de ce postulat nationaliste. L'argument développé par Albert Ali selon lequel «la volonté Divine a érigé les peuples en communautés distinctes et homogènes pour s’entre connaître et non se mélanger» est en ce sens un exemple caractéristique d'une lecture nationale et partisane des versets du Coran. Elle feint d'ignorer que l'exil volontaire ou involontaire, l'émigration et la présence de communautés diverses en Europe et en Occident participe de cette entreconnaissance préconisée par le Coran. 

Pire, elle confond dans son appréciation partiale et fragmentaire les formes historiques créées par le Très-Haut (les nations) et le projet anthropologique défendu par l'islam. Les moyens et la finalité. De quelle finalité parlons-nous ? Du tawhid bien sûr, encore et toujours, mais du tawhid comme principe d'unification de l'humain autour du projet divin, processus progressif et ininterrompu, en mouvement perpétuel, qui ne se fige jamais et qui tend à mener l'homme du devenir à l'Etre.

Ce processus est un mouvement hiérarchique global, récital harmonique d'une prestation orchestrale d'ensemble, mettant en action et articulant la totalités des formes humaines opérantes (individu, famille, groupe social, nation, oumma...). Faire de l'une de ces formes particulière (la Nation) l'horizon conceptuelle de l'ensemble équivaut à exiger du violencelliste de renoncer à sa partition et à substituer la flûte ou la basse à son instrument naturel.

La perte de vue de cette globalité harmonique où chaque élément, chaque forme existentielle, à la manière d'un macro-puzzle, a un rôle et participe de la possibilité de l'ensemble explique en grande partie cette propension contemporaine à l'éclatement idéologique qui ne produit dans les faits que du particularisme, de l'exclusivisme et du différentialisme. La même erreur explique l'aveuglement de certains auteurs à proclamer pompeusement et de manière incantatoire la fin de la oumma, et d'autres à l'imposer verbalement, dogmatiquement et à la présumer parfaitement homogène sur le plan culturel sans comprendre sa nature éminemment créatrice, conciliatrice, là-encore «harmonisante», sa capacité remarquable à réconcilier les formes de la vie et où les relations interculturelles dans leur différences historiques deviennent la condition d'une préservation générale de l'humanité, quant à la corruption, la tyrannie ou la suprématie d'une de ces composantes sur les autres. 

Et c'est un autre verset du Coran qui nous le rappelle : «Si Dieu ne repoussait pas certains hommes par d'autres, la Terre serait corrompue. Mais Dieu est Celui qui dispense la grâce aux mondes (2, 251)», formulant par là-même le principe salvateur et précieux de l'équilibre (al-tawâzun). 

L'unité divine et l'unité de la valeur

C'est dire qu'une telle vision transnationale exclusivement orientée vers l'Unique ne pouvait valider une quelconque option néo-tribale comme le disait déjà en son temps le philosophe américain Ismaïl al Farouqi11 qui a développé d'importants travaux autour du principe de l'unité divine comme générateur de l'unité de la valeur. « A l'évidence contraire aux principes qu'impliquent la société islamique, le tribalisme et le nationalisme sont identiques dans leurs fondements, même si la « tribu » de l'un peut se révéler beaucoup plus restreinte et petite que la « nation » de l'autre. Tous deux affirment qu'une valeur est une valeur pour ses membres parce que, disent-ils, c'est le groupe qui fait des valeurs ce qu'elles sont. Il est leur source et leur créateur.

Ce point de vue autorise en même temps tout groupe à établir son propre standard, sa propre valeur, s'il le souhaite (12)».Cette position, selon Ismaïl al Farouqi, est précisément contradictoire avec la vocation universaliste de l'islam qui fonde une société de valeurs et d'adhésion à un impératif catégorique et moral unique, conséquence axiologique directe de l'Unicité divine. «L'unité de Dieu comprise comme unité de la vérité autant que de la valeur, implique que la valeur est une valeur pour toutes les créatures, et donc indépendante de toutes, et que l'obligation morale et la vocation éthique, étant fondements de la créature, s'appliquent également à toutes (…) Quand à la vocation éthique, toute distinction entre un homme et un autre homme est une menace contre l'unité de la valeur, et par voie de conséquence, contre l'unité de Dieu (13)».

Le réseau et les piliers de l'infrapolitique

Cette brève et succinte plongée analytique dans les abysses matricielles des idéologies de gauche et de droite serait incomplète sans entrevoir des pistes de réflexions pratiques pour évaluer quelles formes de solutions politiques s'ouvrent à nous, « si tant est qu'on puisse offrir une solution à son semblable, c'est à dire à une liberté (14)». Disons avant toute chose et pour clarifier notre point de vue qu'il ne s'agit pas d'évaluer des solutions politiques pour les seuls musulmans car, faut-il le rappeler, la politique est l'affaire de tous et on ne gouverne pas pour un groupe communautaire mais pour un peuple entier.

La dimension collective et universelle de la pratique politique doit être définitivement intégrée car elle différencie pour le musulman, comme pour le juif, le chrétien, l'agnostique, celui qui vote et celui qui gouverne, à l'instar de la double éthique wéberienne (15), l'éthique de conviction individuelle et personnelle et l'éthique de responsabilité de ceux qui, au pouvoir, se retrouvent à prendre des décisions qui incombent non à soi mais à tous. Pour autant, on ne fait de la politique qu'à partir d'un point de départ social, économique et culturel précis et non d'une abstraction citoyenne sans contenu.

Si donc nous envisageons la question de l'insertion politique des Français de confession musulmane dans le champ national, c'est à partir d'un point de départ et non d'un objectif final. Ceci étant dit, quelles stratégies pouvons-nous envisager de ce point de vue ? Tout d'abord, il est nécessaire de saisir que l'approche du politique envisagée collectivement et au-delà du simple geste individuel citoyen, est précédée de deux étapes : le niveau infrapolitique lui-même orientée vers le champs métapolitique des valeurs dites transcendantales.

Le niveau infrapolitique concerne la construction de réseaux de pouvoir pour répondre à une exigence très simple : exister politiquement, c'est exister en tant que force politique.  Du reste, rien de révolutionnaire dans ce constat : la société moderne est structurée sur la base de réseaux de pouvoirs, d'influences et d'intérêts. Informels ou organisationnels, privés ou publics, économiques ou politiques, ces réseaux cristallisent des intérêts mais aussi des valeurs portés par des individus ou des groupes sociaux déterminés.

Ils représentent des leviers d'action politique qui permettent, en réunissant des ressources matérielles et financières, mais surtout en mettant en lien et en regroupant des individus animés par des valeurs communes autour de projets sociaux à valeurs ajoutés (ouverture d'écoles pour l'éducation, de centres et d'associations pour les solidarités sociales et intergénérationnelles, les formations professionnelles et l'insertion économique ou la lutte contre la précarité et contre toutes les formes de violence sociales, l'organisation de rencontres interculturelles et de réflexions par des think tanks...) de modeler et d'orienter le cours du développement politique, social et plus largement historique d'une société.

Toutes les expressions politiques et économiques qui émergent au sommet de l'Etat ne surgissent pas de nulle part et ne sont jamais en dernière instance que la face visible de forces sociales sous-jacentes. Force est de constater qu'aujourd'hui ces réseaux ne sont que peu investis par les musulmans, qu'eux-mêmes n'ont pas su en créer mis à part les organisations religieuses et à vocation cultuelle et qu'un retard très lourd en terme de vision et de production a généré une situation de ghéttoïsation et de marginalisation sociale.

Vestige de la République de Salé fondée par des corsaires euromusulmans au XVIIe siècle.

 

Le piège des lobbys communautaires

Il n'y a pas de force politique sans force organisée : l'erreur de n'envisager cette force qu'à travers la mobilisation citoyenne de masse, par nature limitée et conjoncturelle, doit être levée.  En ce sens, le réseau s'avère être un moyen d'action redoutablement efficace, pérenne et rationnalisé. D'aucuns ont parlé de lobby musulman. Là-encore, c'est confondre le moyen et la fin car qu'est-ce qu'un lobby musulman ? Un réseau de pouvoir consacré à défendre unilatéralement les intérêts objectifs ou présumés comme tel des musulmans, en agissant politiquement et économiquement exclusivement en fonction de ces intérêts.

Un lobby est-il une réponse appropriée ? En observant la société française dans sa réalité sociologique, on serait tenté de le croire et c'est la grande difficulté en même temps que le plus grand piège qui nous guette. Oui, notre société est largement communautarisée sur tous les plans (ethno-culturel, social, sexuel) et le lobby est un symptôme de ce mal. Oui, les élites intellectuelles et sociales de ce pays, à de rares exceptions près, défendent des intérêts de classes, de race ou de sexe et n'hésitent pas à recourir à la domination que leurs confèrent  leurs positions pour faire prévaloir leurs vues et neutraliser celles des autres.

Le mimétisme en la matière est-il donc la voie à suivre ? A l'évidence non, car substituer une domination à une autre  n'a jamais été le dessein poursuivi par l'islam. En ce sens, il est fondamental de ne pas confondre lobby et réseau, le premier étant centripète et le second centrifuge dès lors qu'il est orienté vers l'accomplissement de principes universels, communs, islamiques pour les musulmans, évangéliques pour les chrétiens ou Lumiéristes pour les laïcistes et qu'il traduise plus ou moins cette mixité dans les faits ce qui reste le principal challenge à relever.

Loin des considérations théorique nous sommes confrontés ici à des réalités purement humaines.Créer des plateformes plurielles, des coalitions d'hommes et de femmes réunies sur des objectifs de justice commune participant de la maslaha (intérêt général), dans une réhabilitation contemporaineduhilf-al fuddul (16), est devenue une impérieuse nécessité. L'histoire ancienne regorge d'alliance de cette nature propre à changer le visage du monde à l'image des corsaires euromusulmans de la République de Salé au XVIIe siècle une Ligue regroupant des musulmans, des juifs, des Espagnols, auxquel «s’ajoutera une population de «renégats» (…) Français, Hollandais, Allemands et Anglais néoconvertis17» tous unis contre les visées hégémoniques de l'Empire espagnol.

La notion de convergence est ici précieuse car elle permet de dépasser les clivages idéologiques sans les effacer et créent les conditions d'un authentique vivre-ensemble, et mieux, d'un agir-ensemble propre à impulser une dynamique de transformation sociale des plus fécondes. L'élément clé dans cette perspective individuelle ou collective est l'humain, la rencontre, l'échange, la confrontation entre des univers différents mais imbriqués les uns dans les autres.

De nombreux témoignages d'élus, de responsables de la société civile ou de hauts cadres issus d'origine modeste et/ou de confession musulmane relatent cette dimension de la réforme progressive et quotidienne des mentalités que permet l'engagement dans des structures mixtes. Malheureusement, ce champ de l'engagement extra-communautaire demeure encore relativement vierge et n'a pas été investi comme il se doit. L'enjeu est de taille car cette voie correctement tracée dégagerait les contours d'un nouveau modèle politique entre assimilation et communautarisme.Un modèle qui reste à inventer et dont, en ces temps troubles, nous avons plus que jamais besoin.                                       

Notes :

1-Pierre Vidal-Naquet,La démocratie grecque vue d'ailleurs, édition Champs Flammarion.

2-Sur la notion d'élection divine voir L'Exode (19:5-6): « Désormais, si vous êtes dociles à Ma voix, si vous gardez Mon alliance, vous serez mon trésor entre tous les peuples! Car toute la terre est à Moi, mais vous, vous serez pour moi une dynastie de pontifes et une nation sainte» et  le Deutéronome (14:2): «Car tu es un peuple consacré à YHWH, ton Dieu, et c'est toi qu'il a choisi, YHWH, pour lui être un peuple spécial entre tous les peuples répandus sur la terre».

3-  Si la dimension universaliste du monothéisme juif est une donnée incontestable des Ecritures, la forme et la trajectoire du récit et de la destinée des Fils d'Israël a épousé une autre voie, celle du particularisme national ainsi que le souligne le disparu Robert Martin-Achard, professeur d'Ancien Testament à la Faculté de théologie de l'Université de Genève dans son ouvrage Israël et les nations : La perspective missionnaire de l'Ancien Testament. «Le monothéisme conduit naturellement à l'universalisme puisque Yahvé est le seul Dieu, il est le seigneur de toutes les nations, il doit être connu de tous. Les peuples païens lui appartiennent et doivent lui rendre hommage » écrit-il. Mais l'auteur rappelle que d'autres exégètes contestent cet universalisme, relevant « les traits particularistes »de l'Ancien Testament et soulignant que « les peuples païens devront s'incliner non seulement devant Yahvé mais aussi devant Israël », que « les nations travaillent au profit du peuple élu », et que « le prophète de l'exil se préoccupe en premier lieu de la libération de son peuple et de son retour glorieux à Jérusalem et non du salut des nations»

4-La démocratie grecque vue d'ailleurs

5-ibid

6-ibid

7-ibid

8-ibid

9-Dans son ouvrage Race and Nationality, l'un des penseurs du sionisme Vladimir Jabotinsky s’efforce de définir ce qu’est pour lui la nation absolue. Il écrit : «Cette nation devrait vivre depuis des temps immémoriaux sur un territoire aux frontières précises, une île de préférence, capable d’accueillir tous les membres d’une nation, sans exception. Il serait par ailleurs préférable qu’il n’y ait aucune minorité à l’intérieur de ces frontières. Cette nation parlerait une langue radicalement différente de celle des nations frontalières. Mieux encore, une langue radicalement différente de celle de toutes les nations du monde, une langue issue de cette nation elle-même, une langue qui reflèterait toutes les étapes de ses pensées et de ses émotions. Cette nation pratiquerait une religion nationale, non empruntée, comme l’islam en Iran mais issue d’elle depuis les temps les plus anciens comme le bouddhisme en Inde ou le judaïsme des Juifs. Enfin, cette nation serait en possession d’une tradition ininterrompue partagée par tous ses membres depuis la plus haute Antiquité». Pour Jabotinsky, les Juifs sont de par leur substance et leurs attributs l’archétype de la nation. http://zakhor-online.com/?p=3263

10-Orwell, Notes sur le nationalisme, 1945. Il convient de préciser que Georges Orwell distinguait le nationalisme positif ou négatif, d'affirmation ou d'exclusion (celui qui met toute son « énergie à prôner ou vilipender une cause » qu'il pense toujours en termes de « rivalité et prestige (…) victoires, défaites, triomphe et humiliation ») et le nationalisme de transfert (qu'il étend à toutes les formes de détermination idéologique de classe, de race ou de religion). 

11-in Tawhid, philosophie du monothéisme musulman, édition IIIT France. Spécialisé dans l'étude comparée des religions, Ismaïl al Farouqi est l'un des deux philosophes musulmans, avec Fazlur-rahman, à avoir exercé la plus grande influence aux Etats-Unis où il enseigna dans les universités de Chicago et Syracuse.

12-ibid

13-ibid

14- Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, Points essais.

15-En réalité, il s'agit d'une seule et même éthique mais qui correspond à deux moments et à deux positions axiales différentes dans l'espace et le temps, de la même manière que la contemplation d'une oeuvre picturale diffèrera selon la position de l'observateur, l'éclairage et sa distance avec le tableau.

16-Le pacte de la chevalerie établi à la Mecque à l'époque pré-islamique et stipulant un engagement des tribus arabes pour défendre toutes personnes victimes d'une oppression ou d'une injustice. Le Prophète (PBDSL) avait loué cette initiative des années après la révélation.   

17-La République fondée par les Hornachéros qui a précédé l'expulsion des Morisques décrétée par l'Espagne et auxquel s'adjoindront de nombreux peuples n'étaient pas seulement mû par le goût de l'aventure et de la justice. Le gain et l'ambition personnels n'étaient pas absents de leurs coalition. Néanmoins, celle-ci permit d'ouvrir une valeureuse poche de résistance méditerranéenne aux appétits maritimes de l'Empire ibérique. http://fr.zaman.com.tr/article/sal%C3%A9-une-r%C3%A9publique-de-corsaires-euromusulmans

Par elkhadra
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 23:31

 

 

 

La Tunisie réclame l'extradition de Trabelsi

  • Le beau-frère de Ben Ali, Belhassen Trabelsi, n'est pas à son audience

 

 

En parallèle à ses démarches pour récupérer son statut de résident permanent, Belhassen Trabelsi a fait une demande de statut de réfugié au Canada. Ses différents recours auprès de la Commission de l'immigration pourraient lui permettre de demeurer au Canada pendant des mois, voire des années.

 

 

 

Isabelle Hachey,
La Presse

(Tunis) Plus d'un an après la fuite de Belhassen Trabelsi à Montréal, la Tunisie a finalement transmis une demande formelle d'extradition, mercredi dernier, au ministre de la Justice du Canada.

Le volumineux dossier contient les éléments de preuves amassés jusqu'ici sur les nombreuses affaires de corruption du beau-frère de l'ancien président Zine el-Abidine Ben Ali en Tunisie.

« Nous avons transmis aux autorités canadiennes une demande d'extradition, formulée conformément aux exigences et aux conditions requises par le droit canadien », a confirmé à La Presse l'un des responsables du dossier au ministère tunisien de la Justice.  

Il n'existe pas de traité d'extradition entre le Canada et la Tunisie. Toutefois, les deux pays ont signé la Convention internationale de lutte contre la corruption, qui prévoit certaines dispositions à cet égard, souligne ce haut responsable tunisien. « Le traité facilite l'extradition, mais il y a aussi la règle de la réciprocité et la coopération de facto entre les deux pays », ajoute-t-il.

S'il a fallu quinze mois à la Tunisie pour transmettre cette demande, c'est en raison de la complexité des affaires de corruption, explique-t-il. « Cela nécessite des analyses financières exhaustives. La collecte de ces informations a représenté un travail colossal. Nous avons aussi été contraints de traduire tous ces documents de l'arabe au français par des interprètes assermentés. »

Le haut fonctionnaire, qui préfère conserver l'anonymat, assure qu'en cas d'extradition, M. Trabelsi aura droit à un procès équitable en Tunisie. « Nous sommes prêts à fournir toutes les garanties dans ce procès, y compris son droit à la défense, à tous les recours et à la transparence. »

En parallèle à ses démarches pour récupérer son statut de résident permanent, M. Trabelsi a fait une demande de statut de réfugié au Canada. Ses différents recours auprès de la Commission de l'immigration pourraient lui permettre de demeurer au Canada pendant des mois, voire des années.

« Les autorités canadiennes sont souveraines dans leur décision, mais nous espérons que M. Trabelsi sera jugé en Tunisie, dit le haut fonctionnaire. Il faut trouver un équilibre entre le respect des droits de recours et le délai raisonnable, qui est une composante importante du procès équitable. Cela ne peut pas durer éternellement. Le peuple tunisien spolié réclame justice. »

Par elkhadra
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 23:22

 

L’Égypte boycotte Adidas pour cause de collaboration avec Israël


 

L’équipe des Pharaons a décidé de boycotter Adidas en raison de mécénat par cette entreprise du marathon de Jérusalem, et malgré la possibilité que soient perdus 1,7 millions d’euros chaque année. Anouar Saleh, président de l’Association Egyptienne de Football (EFA) a confirmé que l’Egypte allait boycotter la compagnie de vêtements de sport Adidas pour se conformer à la décision des Ministères arabes de la jeunesse et des sports. « Nous allons boycotter la société quelles que soient les conséquences. Ce n’est pas mon appel personnel, car il s’agit d’une décision ministérielle et je ne peux pas l’ignorer », a déclaré Saleh au journal al-Ahram.

Plus tôt ce mois-ci, le prince saoudien Nawaf Bin Faisal, président du Conseil arabe de la Jeunesse et des Sports, a annoncé lors de la réunion du conseil à Jeddah que « toutes les entreprises qui ont parrainé le marathon de Jérusalem, y compris Adidas, seront boycottées. » Le fabricant de vêtements de sport, Adidas, était le seul sponsor non-israélien du marathon que le conseil des sports considèrent comme une tentative par « Israël d’induire en erreur l’opinion publique en lui faisant croire que Jérusalem est sa capitale, ce qui qui constitue une violation de toutes les résolutions de l’ONU. »

Le directeur marketing de l’EFA, Amr Wahbi, a mis en garde contre les lourdes pertes qui nuiront à l’équipe nationale et à l’EFA si la décision est appliquée. « Nous allons avoir environ 1,7 millions d’euros de pertes par an en raison de cette décision. Nous ne serons pas en mesure de trouver un autre parrain dans un délai aussi court, aussi à cause des conditions actuelles en Egypte », a-t-il dit. Les activités du football en Egypte ont été suspendues depuis la catastrophe de Port-Saïd le 1er Février qui a fait 73 morts et des centaines de blessés. Les Pharaons ont organisé des camps de formation au Qatar et les Émirats arabes unis pour se préparer avant la Coupe des Nations d’Afrique des Nations de 2013 et 2014, et les qualifications pour la Coupe du Monde.

Avril 2012 - Al-Ahram -

Traduction Info Palestine

Par elkhadra
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 07:59

Author: Mongi Laroussi
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Il y a 3 ou 4 jours, j’avais rencontré 2 amies de ma fille, l’une d’elle m’avait posé la question si j’étais Nahdhaoui, j’ai bien entendu répondu par la négative, elle m’avait demandé pourquoi alors je prenais la défense d’Ennahdha.
Je lui ai répondu que je ne prenais pas la défense d’Ennahdha mais que j’étais contre toute forme de colportage de fausses informations et d’affirmations malintentionnées, raconter la moitié d’une info par exemple, essayer de montrer l’antipathie d’un tel ministre ou d’un tel responsable en omettant la raison d’un tel ou tel comportement ou d’une telle déclaration.

Hier soir, je me suis retranché sous mon oreiller et essayé de comprendre pourquoi tant d’animosité contre des gens qui juste pour défendre un idéal et aspirer à une vie décente où règne la dignité et la justice, ont passé plus de la moitié de leur vie derrière les barreaux d’une prison et tantôt sous la menace, tantôt sous la torture physique morale et intellectuelle.

Je reconnais que je ne suis pas souvent d’accord avec leur idéologie, mais je constate actuellement qu’ils sont en train de travailler dur et surtout honnêtement afin de réussir leur coriace entreprise dont la route est semée d’embuches de tout bord.

Essayons de voir et d’analyser ce qui se passe réellement sur le terrain et ayons une vision globale et universelle.

La Révolution Tunisienne était inattendue et les puissances internationales ne lui avaient pas souhaité la bienvenue.
Le virus a traversé les frontières, jaloux de ce qui arrive aux Tunisiens, les Egyptiens qui se considèrent leader du monde Arabe ne pouvaient pas accepter de se faire devancer par les doux Tunisiens.
Comme une trainée de poudre, les révolutions éclatent dans pratiquement tout le monde Arabe, même les paisibles Bahreïnis se mettent de la partie.

Tous ces grabuges n’arrangent pas les affaires d’Israël et les faucons du monde maçonnique et impérialiste. Il fallait à tout prix s’y opposer, mais calmement et inintelligemment.

Tout comme en Egypte, la révolution s’avance sur des béquilles (Le cas Egyptien est plus dangereux et significatif pour les sionistes & Co), le cas Tunisien est aussi dangereux, car si la révolution y réussit, c’est une catastrophe en bonne et due forme pour ces puissances coloniales et postcoloniales, le monde serait incontrôlable et delà les emplettes à prix réduit dans le marché des matières premières seraient inabordables.

Un bon Sioniste, Franc-maçon et impérialiste laissera passer et accusera la première vague avec un peu d’énervement mais traficotera un plan de riposte à cette déferlante dont il n’avait pas besoin et planning d’attaque judicieusement préparé.

Dans toute guerre et c’en est une, il faut d’abord bien étudier l’ennemi et déceler ces points faibles, une attaque par les flancs et les arrières est souhaitable et si l’opportunité de compter sur des soutiens de l’intérieur se présente, elle ne peut être que bénéfique et s’il n’y en a pas, eh ben, il faudra les concevoir et les faire proliférer.
Un bon Sioniste, Franc-maçon et impérialiste viendra chez nous et repèrera les éléments susceptibles de faire son affaire, de réaliser son vœux et d’appliquer à la lettre ses directives qu’il prendra soin d’émettre sous forme de suggestions afin de faire croire que l’idée vient justement de notre penseur.
Des exemples de ces espèces d’exécutants foisonnent en Tunisie, n’a-t-on pas vu bon nombre de Tunisiens se convertir au christianisme ou au judaïsme, certes, certaisn pour des papiers ou des aides matérielles substantielles, ces gens-là exécuteraient tout plan préétabli ou suggéré par une idée même perçue sur internet, via un media national qui marche dans le coup, ou directement communiquée.

Je sais de quoi je parle, car un jour juste après la révolution et bien avant les élections, un ami que j’avais perdu de vue, m’a contacté sur Facebook et m’a suggéré l’idée de créer ensemble une association caritative dont le financement viendrait des USA et certain pays Européens via d’autres associations bien établies, il n’a pas voulu me divulguer le nom du contact que nous aurions avec l’ambassade de France et des USA et qui se chargerait de ramener les fonds nécessaires à notre entreprise.
La création d’un parti politique serait plus efficace me diriez-vous, oui mais comme le financement de l’étranger d’un tel parti serait douteux, il fallait créer une association, et c’est l’idée des Américains m’avait-il dit.
On m’avait proposé d’être porte-parole de cette association.
Notre but principal serait de nous opposer à tout prix de la montée en force d’Ennahdha.
Il va de soi que j’ai bien entendu refusé d’être un pion aux mains de Sionistes, Francs-maçons ou autres impérialistes.

Plusieurs Tunisiens se sont inscrits dans ce processus et collaboré avec les entités qui ne veulent pas que du bien à notre pays.
Parmi mes amis de Facebook, j’en rencontre, mais avec la certitude que beaucoup d’entre eux le font inconsciemment, ils sont en train de se faire emporter par un courant qu’ils ne maitrisent pas. Certains par opposition à l’islam, d’autres par sympathie ou le charisme de Jawher M’barek par exemple et même d’autres pour l’antipathie de Rached Ghannouchi, mon propre frère ne m’a-t-il pas dit qu’il ne voterait jamais pour Moncef Marzouki car il ne le trouvait ni beau ni charismatique ni sympathique.
Les Tunisiens qui, par ignorance, par mégarde, irréflexion, inadvertance ou négligence n’ont pas vu venir les coups bas, sont réellement à déplorer et je me demande toujours comment faire pour les raisonner afin que notre chère Tunisie puisse sortir invaincue, je dis bien invaincue, car le combat est à armes inégales, ils ont tout, les médias, l’argent corrupteur et les belles cultures.
Par elkhadra
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Dimanche 22 avril 2012 7 22 /04 /Avr /2012 14:18

Bienvenue en Palestine

Nous ne nous tairons pas, nous continuerons à organiser des campagnes jusqu’à ce que nous soyons libres, et jusqu’à ce qu’Israël se conforme à toutes lois internationales et humanitaires concernées.

Nous n’avons pas eu à montrer à nos 1 500 visiteurs le racisme d’Israël, son arrogance et ses violations des droits humains ; le gouvernement israélien les leur a montré lui-même, et aussi au monde entier. Se prétendant une démocratie, cet État hors-la-loi a nié le droit des personnes de partout dans le monde à venir nous visiter et constater par eux-mêmes la réalité de la vie sous occupation. Nous, peuple palestinien, sommes onze millions d’êtres humains normaux, dont sept millions sont des personnes réfugiées ou déplacées simplement parce qu’elles sont nées sur une terre qui a été voulue pour un État juif. Cinq millions d’entre nous vivent dans des ghettos de plus en plus réduits sur une minuscule partie de notre terre. Nous nous maintenons ici en dépit d’une occupation illégale et brutale, qui pratique la confiscation de la terre, les restrictions aux déplacements, les démolitions de maisons, l’emprisonnement illégal de milliers d’entre nous (et dont beaucoup sont actuellement en grève de la faim), et d’innombrables autres conditions inhumaines.

Nous ne nous attendions pas à ce que cette occupation qui viole quotidiennement les droits humains nous permette, à nous prisonniers qui sommes sous sa botte, de pouvoir recevoir ouvertement et honnêtement des visiteurs. Ces visiteurs qui voulaient venir et voir quelle est la réalité ici ont certainement été choqués par le comportement israélien. Et ceux qui voulaient accueillir nos visiteurs et qui ont eux aussi été violemment agressés se rappelleront comment cette même police israélienne laisse des fanatiques de droite chanter et perturber l’aéroport. Le monde entier a vu maintenant Israël pour ce qu’il est : un État policier qui répond à toutes les exigences d’un État paria d’apartheid selon la Convention sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid (1973). Dans les pays qui autrefois ont soutenu l’apartheid en Afrique du Sud, il y a eu des personnes qui se sont mobilisées contre lui. Maintenant, les personnes de conscience se mobilisent pour dénoncer cet apartheid qui s’est exprimé, aujourd’hui, de la façon la plus explicite.

Celles des compagnies aériennes et ceux des gouvernements qui ont agi comme des sous-traitants du régime d’apartheid israélien sont dénoncés par leurs propres personnels et ressortissants. En refusant l’embarquement d’une passagère, la compagnie Air France l’a informée qu’elle ne pouvait pas monter à bord parce qu’elle n’était ni juive ni israélienne ! (voir : Le racisme d’Israël et d’Air France au grand jour (document exclusif) )

En prétendant, par écrit, que nous avions appelé à des perturbations, et en invoquant « la sécurité » d’Israël, le gouvernement israélien s’est révélé être un menteur. En forçant un passager suédois (qui n’avait rien à voir avec notre campagne) à signer un papier comme quoi il ne comptait pas rencontrer des personnes ou des organisations « pro-palestiniennes », le gouvernement israélien s’est montré comme raciste. Imaginez une semblable exigence adressée à des visiteurs dans n’importe quel autre pays pour savoir s’ils allaient visiter ou rencontrer des personnes ou organisations « pro-Noirs » ! En envoyant une lettre à des militants leur disant qu’ils devraient s’inquiéter de l’Iran et de la Syrie avant de s’inquiéter de ce système d’apartheid, le gouvernement israélien a montré la déficience de son argumentation. En déniant notre droit à recevoir des visiteurs, le gouvernement israélien a montré au monde qu’il a beaucoup à cacher. Pour des exemples de profil de participants qui se virent interdire le droit de nous rendre visite en Palestine, voir : welcometopalestine.info

À la fin de notre conférence de presse à Bethléhem, nous avons distribué des œufs de Pâques colorés. Nous, Palestiniens chrétiens et musulmans, sommes reconnaissants à tous ceux qui agissent selon leur conscience, aux volontaires internationaux, israéliens, et palestiniens. Des milliers d’entre nous disent haut et fort : nous ne nous tairons pas, nous continuerons à organiser des campagnes jusqu’à ce que nous soyons libres, et jusqu’à ce qu’Israël se conforme à toutes lois internationales et humanitaires concernées.

Contact email : media@palestinejn.org
Contacts téléphone :
0599255573 (en arabe, anglais, français)
0568347074 (en arabe, anglais, espagnol)
0598939532 (en arabe, anglais)
0505633044 (en arabe, anglais, hébreu)

Welcome to Palestine 2012

 

 


 

 

bienvenuepalestine.com

Par elkhadra
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Dimanche 22 avril 2012 7 22 /04 /Avr /2012 14:11


Une vision très datée de la psychanalyse

Pour répondre au Nouvel Observateur du 19 avril 2012

Par Clotilde Leguil

 

Alors que le prochain congrès de l’Association Mondiale de Psychanalyse va tenter de tirer les conséquences des transformations de l’ordre symbolique au XXIe siècle qui n’est plus ce qu’il était, en s’interrogeant sur les changements que notre monde contemporain induit sur la cure elle-même, le Nouvel Observateur du 19 avril 2012 présente un dossier sous le titre « Faut-il brûler la psychanalyse ? » révélant, par-delà ce titre un peu moyenâgeux, une vision très années cinquante de la psychanalyse. A lire ce numéro, on pourrait croire que la psychanalyse en France en est restée à ce qu’elle était dans la société de l’après-guerre : une société où le féminisme, les revendications portant sur l’égalité des sexes et la libération sexuelle dont le mouvement de 68 s’est fait le messager, n’existaient pas encore, une société où chacun était bien à sa place, papa, maman, les enfants et les tontons et les tatas, une société où l’inconscient restait gouverné par le complexe d’Œdipe, où les sujets souffraient du trop d’autoritarisme de leurs pères, où les enfants n’avaient pas le droit à la parole à l’école, où on se faisait taper sur les doigts dès que l’on dérogeait au règlement, et où face à cet ordre du monde bien assuré de ses fondements, la psychanalyse pouvait représenter une libération.

Alors chers amis journalistes du Nouvel Observateur, sachez que les psychanalystes du XXIe siècle n’en sont pas restés là. La psychanalyse ne s’est pas coupée de la société, au contraire, elle ne cesse de se confronter aux nouvelles impasses produites par la civilisationhypermoderne occidentale.

Primo Analysants et analystes sommes avertis plus que quiconque de la réalité des changements de l’ordre symbolique. C’est d’ailleurs le titre d’un ouvrage qui vient de paraître, L’inconscient de papa et le nôtre, du psychanalyste Serge Cottet. Sous entendu, pour ceux qui ne l’avaient pas remarqué : notre  inconscient, et du même coup notre malaise et nos impasses existentielles, ne sont plus les mêmes que celles de nos papas et nos mamans, encore moins bien entendu de nos papys et mamies. La psychanalyse du XXIe siècle n’opère pas dans la même atmosphère que celle du temps de Freud, ni non plus que celle du temps de Lacan. Et nous analysants et analystes de cette nouvelle ère sommes là pour en témoigner.

Secundo Où avez-vous vu que pour les psychanalystes d’aujourd’hui l’homosexualité était une maladie ? Réveillez-vous ! Les homosexuels, quand ils le souhaitent, font des analyses, comme les hétérosexuels. Et leur symptômes ne sont pas nécessairement en rapport avec leur orientation sexuelle. D’ailleurs, on ne voit vraiment pas non plus en quoi le fait d’être homosexuel garantirait en aucune façon contre l’angoisse et les difficultés existentielles. Comme tout un chacun, ils peuvent avoir à souffrir des difficultés de leur vie amoureuse et sexuelle, professionnelle, familiale et désirer en parler avec un analyste. On devrait plutôt se demander si les neuroscientistes qui cherchent le gène de l’homosexualité ne considèrent pas qu’être homosexuel pourrait relever d’une anomalie génétique…

Tertio Qu’est-ce qui vous faire dire qu’aux Etats-Unis, le discours analytique apparaît périmé ? Judith Butler principale représentante des Gender’s Studies ne se prive pas de l’apport d’un Jacques Lacan, lorsqu’elle réinterprète son aphorisme selon lequel La Femme n’existe pas, pour interroger le trouble dans le genre. Et si la déconstruction du genre obéit à une logique différente de celle de la démarche lacanienne s’interrogeant sur la féminité et l’impossibilité de définir l’universel féminin, elle lui doit néanmoins quelque chose et s’en inspire à certains égards. Lacan n’a pas raté ce rendez-vous avec son temps et même a anticipé un rendez-vous à venir, celui avec une époque où la question de ce que veulent les femmes est devenu un des enjeux majeurs de la civilisation.

« Rendez-vous manqué avec la science »  finalement selon vous… Pourquoi ? car « les intégristes de l’inconscient continuent de refuser toute évaluation ». Que la psychanalyse se débatte avec les exigences scientistes actuelles, comme celle de l’évaluation quantitative, qui au demeurant semble faire beaucoup de dégâts dans le monde de l’entreprise (ce que vous n’ignorez pas en tant que journalistes), ne signifie pas pour autant qu’elle méconnaisse les enjeux de son époque. Résister à la déshumanisation et à la dissolution du sujet en refusant de se transformer en objet de la statistique, ce n’est pas ignorer le progrès, mais plutôt défendre une autre idée de l’humanité que celle de l’homme neuronal ou de l’homme être vivant comme les autres qui n’aurait plus rien à dire de sa propre destinée. C’est ne pas croire naïvement qu’une pilule ou un conditionnement pourra changer comme par magie notre compulsion à répéter dans notre existence ce qui pourtant nous fait souffrir. C’est croire que nous sommes à certains égards éthiquement responsables de notre existence et que nous pouvons donc y changer quelque chose. Quant aux questions que posent actuellement ce qu’on appelle la techno-maternité, soit toutes les nouvelles possibilités que la science offre aux femmes afin de répondre à leur désir d’enfant, elles sont au cœur des préoccupations des psychanalystes qui ne croient pas que les progrès scientifiques nous permettent de faire l’économie des conséquences psychiques et éthiques qui en découlent.

Si la science enjoint de traiter les angoisses, les phobies, les dépressions, les inhibitions, par la rééducation comportementale, la psychanalyse continue de conférer une valeur à la parole. Pour autant, la façon de parler de son intimité a été radicalement transformée, ce qui ne rend pas la cure plus aisée puisque la marchandisation de l’intime propre à notre civilisation a conduit en même temps à une perte de valeur de la parole elle-même. Les effets de l’interprétation ne peuvent plus se produire selon les mêmes modalités qu’au temps de Freud. C’est pourquoi les cures des sujets du XXIe siècle ne ressemblent que de très loin aux cures d’une Dora, d’un homme aux rats ou d’une jeune homosexuelle. Et peut-être même faut-il dire qu’elles sont aussi différentes des cures que Lacan et ses contemporains ont pu pratiquer.

Ainsi, se confronter aux modalités actuelles de la souffrance en continuant de croire dans les pouvoirs de la parole, à une époque où celle-ci est dévalorisée, ce n’est pas pour autant en être resté à l’inconscient de papa, au complexe d’Œdipe et à l’envie du pénis. Lacan au cours de son enseignement a dépassé cette première version de la psychanalyse, en montrant comment les difficultés que Freud avait lui-même rencontrées, autour de la question de l’angoisse ou de la féminité, devaient indiquer les points à partir desquels la psychanalyse devait avancer. Or, qui oserait dire que notre civilisation voyeuriste et exhibitionniste, ne suscite pas toujours plus d’angoisse et de malaise ? Est-il vraiment prouvé par l’évaluation dite scientifique que la parole n’a plus aucune valeur dès lors que l’on peut obtenir une image du cerveau de celui qui se plaint d’un symptôme ? Est-ce que, sous prétexte qu’il est possible d’être équipé d’une caméra pour filmer ses actes, les sujets du XXIe siècle se portent mieux et sont plus heureux ? Ne veut-on pas voir que les réponses par la technique au malaise des sujets contemporains sont aussi une forme d’abandon et de laisser-tomber ? L’aversion pour les fonctions de la parole, que Lacan avait diagnostiqué au sein du mouvement analytique lui-même, s’est étendue à toutes les sphères de la civilisation. Pour être éduqué, il vaudrait mieux être placé devant des écrans que de devoir écouter un Autre ; pour être soigné d’une dépression, il vaudrait mieux visionner des images sur un ordinateur en cochant des cases correspondant aux types d’émotions que l’on ressent que de parler à un Autre. Bref, toute parole est devenue suspecte au regard de l’exactitude de la science et des machines.

Alors pour finir, la psychanalyse, qui n’a certainement pas réponse à tout, qui a toujours travaillé sur ses échecs, réfléchi à ses difficultés et ses limites et qui ne vend pas ses résultats comme des produits industriels en quête de part de marché, la psychanalyse s’interroge sur la souffrance des sujets dans ce nouvel ordre symbolique qui n’est plus ce qu’il était et ne le redeviendra jamais. Les nouveaux modes d’addiction, la difficulté à arracher un sujet à sa jouissance qui le conduit à la haine de l’autre et à la destruction de lui-même, la fragilité de l’être et du désir dans un monde où on nous fait croire qu’il suffit de rechercher le plaisir, sans limite et sans jamais rencontrer l’Autre, pour être heureux, la solitude des individus soumis aux évaluations de leurs performances quotidiennes, ces nouvelles coordonnées de la condition humaine sont celles auxquelles les psychanalystes du XXIe siècle ont affaire. Alors oui, la psychanalyse est nécessaire pour ceux qui le désirent, car elle n’abandonne pas les êtres à leurs impulsions et à leurs folies. Elle croit encore que la parole a une valeur et que l’être humain peut parvenir à résister au tourbillon vertigineux des appels à la jouissance en retrouvant via le langage la possibilité d’exister en tant que sujet.

Etrange accusation d’intégrisme à l’égard de la psychanalyse de la part de ceux qui se demandent s’il faut « brûler » la psychanalyse. Y voir une référence assumée au régime qui a brûlé les livres de Freud n’est pas envisageable… Peut-être faut-il plutôt y voir une référence au Moyen Age qui brûlait ses sorcières ? Est-ce alors la présence importante des femmes dans le monde de la psychanalyse qui a inspiré au Nouvel Observateur ce titre peu nuancé… Que voulez-vous brûler ? Les livres, les analysants, les analystes ?… Ce n’est qu’une image, bien sûr, mais elle dit peut-être mieux que les articles du dossier le symptôme d’une époque qui ne croit plus dans la parole et préfère faire taire ceux et celles qui osent encore la défendre.

Par elkhadra
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