Vendredi 14 juillet 2006 5 14 /07 /Juil /2006 08:57
LE PATRIOTISME ECONOMIQUE-POLITIQUE
Par
POSSE ANTI-ZINETRON*


Ce thème mérite plus d'approfondissement , je vais essayer de donner un premier aperçu , puis je reviendrais sur la question avec plus de détails.D'abord l'exemple de BATAM est un mauvais exemple , BATAM en terme économique propre , n'a rien à voir avec le commerce et les marchés nationaux , qui dit marché dit emplois , formation , lutte contre la précarité et le chômage , investissement et bénéfices bien sûr , mais pas au prix de certains dérèglement ; en fait BATAM est une OPA financière qui procédé par le monopole et la mise sous contrôle du marché avec des capitaux volatiles et qui tablaient sur le toujours plus d'endettement , c'est la base même de la spéculation , les grands perdants de cette affaire sont sûrement les actionnaires s'il y'en a et les employés surtout.
Le patriotisme économique, repose sur trois principes. D'abord la volonté de lutter à armes égales avec nos partenaires et concurrents , en Tunisie si BATAM avait la volonté politique et sociale de le faire , il en avait les moyens face à AUCHAN et les autres qui eux ont des méthodes de synergie et des stratégies limitées pour prendre des risques à long terme dans un pays pas aussi sûr que l'on croit comme la Tunisie , où ils sont juridiquement à la merci des prédateurs locaux , d'ailleurs ils s'en aperçoivent de plus en plus , cela suppose aussi de se doter des outils et d'une stratégie tirés de l'apprentissage des partenaires. Ensuite, promouvoir la transparence dans les relations économiques nationales et internationales pour se donner les moyens d'identifier les méthodes déloyales utilisées par les concurrents et qui altèrent la compétitivité. Enfin développer l'éthique, le respect de la force du droit, le refus du droit de la force. Principe qui donne sa légitimité à l’action économique et son efficacité dans un contexte de rapports de force complexes. Le patriotisme économique c'est refuser, en somme, sur les marchés, toutes les formes de « dopages » !".Malheureusement ces principes de base sont totalement et consciemment ignorée en Tunisie, où tout est affaire de spéculation et de gains prohibitifs

FAOUZIA

 

BATAM n'est pas à la base cotée en bourse elle a démarré "petit et très petit même" dans la région de Sfax avec une boutique au centre ville et une ancienne ma3sra comme dépôt. C'est une entreprise familiale Créée en août 1988 par les frères Maher et Taieb Ben Ayed. Au bout de 10 ans elle s'est développée pour atteindre 50 points de vente et elle employait plus de 1000 personnes.
Le souvenir que j'ai de BATAM c'est que nous n'avons ni téléviseur, ni réfrigérateur, ni gaz (on prépare à manger sur ce qu'on appel babour à pétrole) avec ma première salaire on a pu s'équiper de tout ça ..... Avec une facilité de paiement pour des prix compétitifs sur le marché car si j'ai fais une demande de prêt bancaire ça va me coûter plus de 10 % plus chère en plus des faibles chances de l'avoir ..............
Voilà le souvenir que j'ai de BATAM est ce que tu penses encore que BATAM est un mauvais exemple ?
Peux-tu me dire ce que tu connais sur BATAM stp ?
_________________CLOWN

 

Je crois d’un point de vue personnel qu’il faut être très prudent avec ces notions de patriotisme économique et ne pas tomber dans le piége du protectionnisme , la limite entre les deux notions est très mince et les spéculateurs et autres pilleurs économiques savent très bien jouer de la nuance. A partir d’une vision démocratique, sociale et libérale au sein du marché c’est à l’acte et à l’engagement citoyen je crois, qu’il convient de donner le ton en ce qui concerne la configuration du marché de consommation et de ses acteurs sans qu’il y’est aucun interventionnisme, ni privilège ni monopole. Sur un marché tunisien institutionnalisé par la loi , les règlements , la justice et la libre entreprise , il reste plus évident et dans une pratique citoyenne et autonome au citoyen libre d’exprimer toutes les idées de son libre choix , c’est son intelligence , qui ne sera pas limité par la spéculation et les monopoles , qui définira les espaces et les réputations des sociétés et des entreprises engagées dans le mouvement économique.Je crois que l’exemple de BATAM est très mauvais (sur cette , contrairement à ce qu’on croit BATAM ne fait pas du social ni de la philanthropie, il agissait selon des normes privilégiées qui tuaient toute forme de concurrence , la ligne d’endettement de BATAM sur les avoirs publics dépassent et de loin les investissements privés de ses propriétaires , rien qu’au niveau de cette situation et les drames qui en résultes encore aujourd’hui , c’est un cas d’école de spéculation et détournements de fonds publics , ce qui a pour effet d’affaiblir le marché intérieur , de pousser à une consommation bête qui réduit des pans entiers de la société à la misère , à la pauvreté et à la dépendance , l’aile BATAM à la prison du 9 avril n’est pas une chimère , les spéculateurs par le biais de BATAM gagnent sur tous les tableaux ; détourner les prêts bancaires et jouir des saisies d’huissiers au niveau des biens privés dévalorisés « légalement » et par voie de conséquences agresser et spolier même , les exemples ne manquent pas , les investisseurs étrangers honnêtes qui veulent jouer la concurrence.La réussite des multinationales étrangères en Tunisie , la mise à sac des sociétés tunisiennes et la mise en faillite de BATAM en Tunisie est certainement planifiés par les habituels affairistes de la dictature qui sont gagnant sur tous les plans , faire main basse sur tous les crédits pris au nom de BATAM sans avoir aucune obligation de les rembourser , et participer avec de l’argent frais aux capitaux des multinationales étrangères nouvelles victimes sur l’autel de leurs stratégies de pillage des biens publics , en plus vulgaire refaire le même coup de bluff avec ces derniers qu’avec BATAM qui n’est qu’une vulgaire enseigne pour des coups financiers , voire de blanchiment d’argent sale .Les banques tunisiennes sont à leur service ainsi que tous les services de l’état.
Autrement Le patriotisme économique peut effectivement dans une société libre et démocratique , une société d’initiative et de libre concurrence désigner un comportement spécifique et intelligent , affectif et patriote dans le sens du partage et de la sauvegarde du tissu économique du pays , ainsi que de l’emploi et du progrès civilisateur du citoyen libre et consommateur, des sociétés nationales inscrite dans une stratégie patriotique et des représentants de la souveraineté populaire consistant à favoriser le bien ou le service produit au sein de leur pays ou même de l’espace socioculturel dont dépend ce dernier , c’est l'intelligence économique au service d’une idée et d’un projet politique.

DERBALI

 

Parler de PATRIOTISME ECONOMIQUE et ne pas parler de politique , surtout dans la dictature de ben Ali , c'est un non sens.....c'est en Tunisie où sévit dans un mortel combat les notions théoriques et idéologiques , et là plus qu'ailleurs , tout est politique de l'histoire à la culture en passant par le prix du pain et des olives.J'ai bien suivi le débat sur MAC125 , comme d'habitude et je comprends leur situation , c'est assez creux et vide de sens parce qu'il est limité par les interdictions et la censure...BIJU

 

Le rôle du journalisme d'information ou d'investigation n'a rien à voir avec la politique. Celui qui dénonce l'injustice n'est pas forcément quelqu'un qui fait de la politique. Un écrivain ne fait pas de la politique, un chanteur non plus ..... Un militant des droits de l'homme ne fait pas de la politique forcément, un écologiste non plus .....................

La maîtrise de l'art de la politique est la technique de mesurer les rapports de force pour les balancer à son faveur et atteindre ses objectifs.

Comment on ne peut pas soulever le débat sur le Patriotisme économique sans passer par la politique si l'économie a besoin d'institutions apolitique pour se développer et créer des richesses.

Est ce que "parler politique"* c'est de répéter en boucle dictature, zibla, 7ajjama, mafia, flic, rcd, lambouba, homme voilé, identité .......... a tort et à travers.

Sur le MAC125 je n'ai pas eu le sentiment d'une quelconque censure contrairement à d'autres sites qui se croient plein et non creux ... mais ils pratiquent la censure et ils tournent en rond ........ Mais notre sujet n'est pas le MAC125 et j'espère qu'on évite de tomber dans le piège de se taper les uns sur les autres pour oublier l'essentiel.

Je trouve que Derbali, a bien mis le doigt sur l'essentiel ne pas tomber dans le piége du protectionnisme
Mais, la question qui se pose comment atteindre un équilibre pour échapper aux spéculateurs des valeurs et des opportunistes pour ne pas tomber dans le piège du pessimisme, du dégoût, de la perte de confiance, de la méfiance, de je m'enfou car ce n'est pas à moi ............ C'est de la Tunisie des Tunisiens et non pas celle de zayed ou 3amr ...........
Le combat pour la démocratie, la liberté ....... Doit avoir des motivations et si les gens ne se sentent pas concèrnés on ne fait que tourner en rond car ce n'est pas en changeant ras bsal bras thoum qu'on aura la libèrté ou la démocratie ..........

La question qui se pose : Sommes-nous concèrnés par notre economie ?
Si notre l'economie de note pays nous concèrne devons-nous imposer nos concepts aux autres ou nous devons chercher à trouver des compromis ?


*La politique ne se parle pas mais elle se pratique.
_________________CLOWN

 

Sous une dictature comme celle de ben Ali et toute autre forme de dictature aussi sale et sanguinaire , faire du journalisme , du vrai et de l'honnête , c'est forcément faire de la politique sinon c'est servir la soupe , faire de l'éloge et de la propagande comme c'est le cas aujourd'hui..Idem pour l'art et toutes les activités publique.dis moi s'il te plaît c'est quoi le journalisme tunisien , l'art , la culture , la littérature , tout n'est que stérilité et absurdité , c'est du KAFKA...et ceux qui à l'étranger ou loin de la ictature font du journalisme , de l'art ou de la littérature , lire les MANAÏ , MARZOUKI , KARKER , TRAOULI ect...la réalité tunisienne est un cas d'espéce en la matiére , tout est POLITIQUE .Et partout où la liberté existe , le journalisme d'investigation , contrairement à tes affirmations , c'est de la politique pure , je ne sais pas mais je crois qu'il y'a confusion dans le sens des mots.

Comment l'économie partout dans le monde a-t-elle besoin d'institutions apolitiques ? Alors que plus que jamais aujourd'hui la finalité de toute politique est l’économie, et que toute procédure économique est politique.C'est quoi une institution apolitique? Encore un terme creux, un seul exemple? Même les institutions dites caritatives sont d'inspiration politique.

Parler de la politique tunisienne , oui c'est entre autres choses , porter le débat sur les infrastructures et les personnes qui sont dans l'arène politique , les termes zible lambouba machin truc n'ont aucune importance , l'essentiel du discours est dans son fondement , pas dans les mots , ou les termes employés , chacun emploie les mots qu'il veut selon ses états d'âme , son niveau , son caractère ect...il ne peut y avoir un dialogue serein et normalisé avec une dictature barbare ou des individus sans aucun principes.
Je n'ai pas tapé sur la MAC125, mais c'est un constat évident , on y pratique l'autocensure par obligation et par un rapport de force imposé par les services de ben Ali , les gens de MAC 125 n'y sont pour rien , c'est encore une preuve vivante du désastre ben Ali , des dizaines d'amis , certains écrivent ici sont sur ce site ,et à lire MAC 125 j'ai comme un malaise devant la nuisance qui empoisonne la vie des tunisiens qui ne se lâchent pas , et qui chaque fois qu'ils osent un mot ou une idée de travers sont rappelés à l'ordre par la censure et la violence , alors on les enferme dans des discussions byzantines , sur les flirts , les minijupe , le voile , les moeurs ect..Les produits vendus par le régime et qui font tourner sa machine ect.



*La politique ne se parle pas mais elle se pratique.


C'est marrant comme phrase , en Tunisie celui qui parle ou pratique la politique sait ce qui l'attend , l'économie est mise en coupe réglée , on ne peut pas parler d'économie nationale tunisienne , c'est une économie de subsistance , artisanale qui génère des bénéfices hors de tout contrôle législatif ,la spoliation , la spéculation , l'expropriation , 'endettement planifié sont une stratégie économique maffieuse et donc des techniques politiques qui doivent et ne peuvent être combattues et résolus que politiquement par l'investigation journalistique , la mobilisation politique , l'art social et critique , la littérature réaliste et pragmatique , le cinéma qui parle de la société tunisienne , donc forcément de ses moeurs , coutumes , ses vérités et ses ambitions et ses rêves , si tout cela n'est pas politique , j'aimerais que tu me dises ce qu'il en est .D'ailleurs la Tunisie , c'est un des pays du monde où tout est dans le très court terme et où la fuite des capitaux et celle des cerveaux est la plus importante dans le monde , delà à parler de patriotisme économique , cela me semble surréaliste .BIJU

 

Une idée de travers sont rappelée à l'ordre par la censure et la violence, alors on les enferme dans des discussions byzantines, sur les flirts, la minijupe, le voile, les moeurs ect. Ce n'est pas spécifique au MAC125 car j'ai vu pire mais le MAC125 reste le site communautaire Tunisien le plus équilibré et le plus engagé ....... La stérilité des débats sur les autres forums d'autres site est plus alarmante ......

Je te rejoins pour ce qui est de la confusion du contexte d'utilisation du vocable politique et si je vais suivre ta logique un juge doit faire la politique, un avocat doit faire la politique, un médecin doit faire la politique, un imam doit faire la politique ..... Le problème majeur c'est qu'en Tunisie c'est ce qui se passe actuellement tout est Boulitique pour servir les intérêts d'un clan qui a le pouvoir et ceux qui pensent qui ont tout compris ne font qu'aggraver la situation car ils ne metrisent pas la politqiue qui est l'art d'agir c'est pour celà que j'insiste sur la poliqtique ne se prale pas mais elle se pratique.

Si tout est politique alors qu'est ce qui fait la différence entre

Organisations internationales
Organisations non gouvernementales
Organisations syndicales

Idées politiques
Mouvements politiques
Mouvements sociaux
Parti politique
Philosophie politique
Science politique
Sociologie politique
L'État
L'Expression publique

Vote
Révolution
Coup d'État
Résistance
Non-violence
Désobéissance civile
Conflit non-violent
Stochocratie

Quels sont les modes d'action politique ?

La fuite des capitaux et celle des cerveaux sont les plus importants dans le monde Peux-tu donner des chiffres pour soutenir tes affirmations ?

Pour ceux et celles qui n'ont pas vécu en Tunisie le patriotisme économique peut paraître surréaliste. Dés qu'il y a une perte des repères et tout est mélangé il vaut mieux commencer par faire de l'ordre pour ne pas continuer de tourner en rond.
_________________CLOWN

 

Une idée de travers sont rappelés à l'ordre par la censure et la violence, alors on les enferme dans des discussions byzantines, sur les flirts, les minijupe, le voile, les moeurs ect.. Ce n'est pas spécifique au MAC125 car j'ai vu pire mais le MAC125 reste le site communautaire Tunisien le plus équilibré et le plus engagé ....... La stérilité des débats sur les autres forums d’autres sites est plus alarmante .....


Tout d'abord MAC 125 que je crois connaître un peu mieux que toi , je te renvoie à un TOPIC où tu as pris part avec mon ami AIGLE NOIR , n'est pas un site communautaire , c'est tout simplement un site tunisien qui a les autorisations de l'ATI pour exister , souvent elle lui avait été enlevée , cette autorisation indique bien qu'il ne peut y avoir aucun débat critique d'aucune sorte sur la question tunisienne , parce que comme on le sait tout va bien dans notre pays , par contre on peut critiquer le monde entier et même l'arabité et l'islam , pour la dictature cela lui permet d'apparaître aux yeux des forumiers de MAC 125 comme le paradis , je te défis hors toute volonté de polémiques de me trouver un seul débat qui remet en cause quoique ce soit sur le système ben Ali , comme si la Tunisie était une démocratie accomplie , je crois volontiers que tu as des comptes à régler avec d'autres sites , ce n'est pas un problème , mais il faut de la transparence , on était et on est plusieurs depuis le début à MAC 125 à essayer d'aborder les problèmes avec une certaine forme d'intelligence et de pédagogie , et tu ne peux imaginer la force des rappels à l'ordre et des menaces encourues.La liberté sur le net , c'est hors de la Tunisie , des internautes au pays qui ont payé chèrement leur intéressement , tu en trouves à la pelle , et bien sûr tu veux nous faire croire à la version officielle de terrorisme , les jeunes de Zarzis , de l'Ariana , de Bizerte sont des terroristes? Le moindre des écrits qui passe sur TUNISNEWS , NAWAAT , ELKHADRA ,NAHDA , LIQUA , le libre tunisien et certains blogs doivent être considérés comme quoi alors ? comme une rébellion armée ?Je ne sais pas si tu vis en Tunisie mais j'ai l'impression que tu es déconnecté ou ...parler de patriotisme économique sous la dictature de ben Ali n'a aucun sens , l'économie tunisienne est complètement sous contrôle de pirates genre GANZAOUI , les TRABELSI ect...une économie saine et qui peut prétendre aux réflexes patriotiques et nationalistes doit être régie dans la transparence , sous contrôle d'institutions qui réglementent le marché par un minimum de droit qui protége et les investisseurs et les actionnaires, contrôlent les recettes fiscales pour investir dans le social , abolir les privilèges et les passe droit et surtout permettre l'égalité des chances, la concurrence et la liberté du marché.Or la Tunisie c'est le règne de l'oligarchie et du fait du prince , c'est actuellement une économie maffieuse donc forcément antinationale et antipatriotique.NEJIB

 

A chaque fois on tombe dans le même piège de taper les uns sur les autres pour ne pas parler de l'essentiel. Notre sujet n'est pas MAC125 et je n'ai aucun compte à régler avec personne car chacun est maître chez lui.


Si on revient au patriotisme économique CLOWN

 

Salem,

Nejib ne tape pas sur MAC il y est dedans jusqu'au cou , je crois plutôt qu'il évoque certaines réalités , ce n'est pas le site MAC ni ses gestionnaires qui sont en cause et pour cause , c'est plutôt les limites plus que draconiennes , criminelles que la dictature de ben Ali lui fixe , personne ne peut ignorer cela , beaucoup de fondateurs de MAC encore actifs ou pas peuvent t'affirmer cela.Je te donne un exemple de quelqu'un que je connais très bien SI MOHAMMED TALBI , il avait dans le temps accepté de répondre sur le problème de l'islam tunisien aux forumiers de MAC , relis les questions posées , même NOUR qui était à l'époque à Tunis avait posé des questions hors de toutes polémiques politiques visant la dictature , toutes les questions n'avaient rien à voir avec la dictature et le régime , mais étaient des questions de fond très intelligentes , relis les , la dictature même si elle n'est pas le sujet ni la cible d'attaques comme sur ce sujet , n'aime pas et combat toute forme d'intelligence , sur cette question MAC avait reçu des pressions et des chantages à la fermeture du site s'il publie les réponses du professeurs TALBI.Je pourrais te donner des milliers d'exemple...ALI

 

Ce dont nous avons besoin, c’est d’ébauches de solutions sur la manière de faire face aux défis qu'‘ils soient économiques , sociaux , culturels ou autres lancés par la dictature , je suis assez d’accord avec l’idée émise dans ce débat que tout pensée , tout acte du tunisien vivant sous le joug de ben Ali est totalement politique (à ce sujet il est clair que lorsqu’on aborde la question économique en Tunisie , la question politique est en filigrane , ignorer cela c’est tourner en rond et…), et l’économie qui est à la base de tout aujourd’hui dans l’existence des peuples et des nations n’échappe pas à la règle , elle est même devenue par la forces des choses qui nous sont imposés la seule règle .Cet ultralibéralisme maffieux est l’opposée et la mortelle contradiction de toute forme de patriotisme , ou de nationalisme qu’il soit économique ou autre , cette dictature de fait qui met sur le marché des milliers d’individus traités comme des esclaves mal payés , corvéables à merci , de la main-d’œuvre sans aucun droit et qui constitue une concurrence redoutable pour les pays qui essaient de sauvegarder leur économie et des conditions de travail humaines , la délocalisation des usines dans les pays démocratiques ne sont pas un bien ni pour l les ouvriers tunisiens ni pour ceux des pays d’origines , généralement des démocraties ,ces délocalisations sont l’œuvre de spéculateurs qui exploitent et ruinent toute forme d’économie basé sur le progrès et la justice sociale , certainement ceux qui en souffrent le plus sont les peuples sous domination dictatoriale. Le patriotisme économique , plaidoyer en faveur d’un ordre économique reposant sur l’égalité des droits et la dignité humaine dans un pays , ne peut exulter et être que dans un système libéral et démocratique et au grand jamais dans une dictature comme celle de ben Ali.
La situation semble grave, très grave en Tunisie sous la double domination de la dictature du FMI et celle plus crapuleuse encore de ben Ali. La prétendue panacée, le remède miracle contre la pauvreté dans notre pays et pour une croissance illimitée que l’on nous serine inlassablement, c’est-à-dire le tout à l’économie de marché un marché mis sous contrôle par la violence , l’arbitraire , les expropriations et la spéculation maffieuses des castes et des clans au pouvoir et qui font le régime et l "état" tunisien , ou cette mondialisation ultralibérale sans aucun contrôle législatif et social , c’est d’une banalité affligeante que de le constater et de le dénoncer dans la situation tunisienne, cette vision primaire de nos jours qui veut séparer le politique de l’économique et vice-versa est plus qu’aberrante , je dirais même irresponsable , tant les choses sont visibles , les situations dramatiques et les chiffres têtus en Tunisie , même dans les puissances économiques qui sont des démocraties ,cela est remis en question. Non pas par des adversaires notoires et militants de la globalisation qui prennent de plus en plus d’importance dans le monde entier, et c’est ce qui est grave ,mais par la condition de vie générale des tunisiens et sur tous les plans.Pas de libertés républicaines , pas de droits citoyens , ils sont de ce fait politiquement victimes de tyrans qui non seulement leurs confisquent tous leurs droit humains les plus élémentaires , mais naturellement ayant tous les pouvoirs répressifs , les exploitent et les plongent dans la pauvreté , l’indigence et la misère pour bonifier encore plus leurs intérêts privés , parler de patriotisme économique dans cette situation , c’est parler forcément de politique et de patriotisme tout court , et là , pour l’instant la seule et unique expression et action patriotique tunisienne c’est justement se libérer de la tyrannie de ben Ali et une de ses armes les plus redoutables , sa politique économique faite de spoliations , de détournements et de spéculations .
LE PATRIOTISME POLITIQUE ET ECONOMIQUE DANS UNE TUNISIE DEMOCRATIQUE EST POSSIBLE, SOUHAITABLE PEUT-ÊTRE UN POSTULAT.
Au commencement elle fut élaborée par Adam Smith (1723–1790) et David Ricardo (1772–1823) et affinée par John Stuart Mill (1806–1873), la théorie du libre-échange qui se veut universelle et humaniste dit en gros que chaque pays doit se spécialiser dans les marchandises ou les services qu’il peut produire mieux ou meilleur marché que les autres pays. Et les pays échangent ces marchandises. Or nous savons tous que l’application de cette théorie n’a enrichi que l’occident conquérant cette époque, militariste, violent, colonialiste, raciste et guerrier. Nous vivons aujourd’hui pas autrement que nos ancêtres d’il y a 800 ans , et cette hégémonie impérialiste dure encore grâce entre autre à nos dictateurs qui représentent malgré nous notre triste réalité POLITIQUE et ECONOMIQUE , le tout dans une évidence antinationale et naturellement antipatriotique , le contraire ne pourrait être et se faire que dans une pratique démocratique visible et normale , et même là le patriotisme économique ne pourra être sans le politique , mais bien entendu tout se fera dans la libre concurrence et le libre choix , le protectionnisme et les contrôles des marchés est une pratique dictatoriale qui veut imposer aux individus ce qu’ils consomment , comme elle leur impose ce qu’ils lisent , pensent ect….. Historiquement aussi, si on prend la peine de visiter les lieux communs à la puissance de l’occident nous constaterons que ce dernier n’a revendiqué le libre-échange que dès le moment où ses usines, après une période de protectionnisme dû aux droits de douane, ont été suffisamment fortes pour résister à la concurrence internationale. Ceux qui, alors, durent affronter l’occident, furent d’emblée défavorisés. Il nous vole nos matières premières, notre force de travail et nous continuons à acheter ses produits. Ceux qui se rebellaient furent écrasés militairement, ceux qui se rebellent aussi de nos jours le sont aussi. Ce fut l’époque du colonialisme et de l’impérialisme. Puis vinrent le néocolonialisme et le néo impérialisme, qui sont institutionnalisés par les traités de l’OMC et jusqu’à nos jours c’est la règle qui domine, alors parler de patriotisme économique c’est avant tout pour les tunisiens se donner les moyens politiques de l’appliquer ou d’avoir le choix de l’appliquer, et il est impossible de la faire sous une dictature liberticide, armée, soutenue et aidée sur tous les plans par nos éternels exploiteurs..DERBALI

Je suis d'accord sur la forme puisque Toute personne qui ne s'intéresse pas qu'à soi-même, pratique donc, de fait, la politique

Mais on diverge sur le fond par cette approche qui se limite à conjuguer l'économie en un passé conditionné par la politique dans son sens le plus restreint, qui nous renvoie à des luttes de pouvoirs et de représentativité entre hommes et femmes de pouvoir et les différents partis politiques auxquels ils appartiennent.

Il suffit d'observer le discours de la majorité des acteurs qui dominent la scène politique, dans son sens le plus restreint, Tunisiennes pour le résumer en une lutte de clans dont la seule motivation est le pouvoir et chaque clan cherche à nous séduire par Si j'aurai le pouvoir vous aurez la belle vie.

Mon Constat
Un désengagement citoyen qui se traduit par un ensemble de facteurs laissant l'espace libre aux protestataires d'un coté et l'injustice de l'autre.

Or, une démocratie n'est jamais acquise, c'est une chose fragile qu'il faut aimer, protéger et surtout mériter. Il suffit de regarder dans l'Histoire pour apprendre que lorsque seule les minorités et les extrêmes s'expriment, la Démocratie "chancelle".

Il faut remettre le citoyen au coeur du débat et l'Homme au coeur de la patrie pour ne pas continuer à tourner en rond.

Quelle ébauche pourrons-nous avoir si on ne fait que taper les uns sur les autres et se coller des étiquettes ?
Quelle ébauche pourrons-nous avoir sans diagnostique et analyse ?
Quel ébauche pourrons-nous avoir si on ne fait que jouer au jeu du mal-dominant ?
Quel ébauche pourrons-nous avoir si on ne fait qu'ecrire des lettre à la présidence de la république ?
Quel ébauche pourrons-nous avoir si on ne fait que lancer des appels avant même de composer un numéro ?
Quel ébauche pourrons-nous avoir si on ne fait que penser à soi et ne pas respecter les autres ?
Quel ébauche Quel ébauche ........ Sans hommes et femmes qui vont le mettre en application ?

.............

Cordialement CLOWN

 

Dans la situation tunisienne actuelle et tant que cette classe moyenne enrichie à l’ombre de la dictature, très souvent sans avoir collaboré politiquement avec elle, tant que cette classe n’assumera pas ses responsabilités historiques et n’aurait pas exigé ses droits politiques, le patriotisme économique est une notion surannée et qu'il aura toujours du mal à s'imposer dans l'économie ultralibérale imposée par les clans maffieux de la dictature aujourd'hui.

Mais dans une TUNISIE démocratisée le patriotisme économique aura toujours sa place et, il ne pourra s'exercer efficacement que si l'on respecte un certain nombre de conditions. D'abord, il faut que l'opération projetée apparaisse légitime au regard de l'intérêt général et non pas dictée par les intérêts de quelques-uns comme c’est le cas aujourd’hui. Ensuite, l'unanimité doit être réelle au sein d'une TUNISIE voulant garder les fleurons de ses activités économiques (industrie touristique, de service, ect….) sous pavillon national. Et il ne faut jamais oublier
qu'une stratégie de défense des intérêts vitaux d’un pays comme la Tunisie demande à tout le moins un peu de suite dans les idées, c'est-à-dire la définition d'une stratégie à long terme, de la transparence, de la qualité et de la confiance. Que penser dès lors d'un projet qui revient à privatiser un grand secteur public , le tourisme, et l’offrir presque pour le franc symbolique à des individus possédant des crédits bancaires de l’"état" tunisien sans aucun intérêts , et que ces individus avec leurs complices étrangers bien souvent sont les décideurs du régime , quand ils ne sont pas de la famille même de ben Ali , avec tout ce que cela suppose de détournements encore et d’opérations illicites aux dépends du contribuable tunisien .
Lorsque ces conditions, entre beaucoup d’autres, ne sont pas réunies il est à craindre que le patriotisme économique ne soit qu'un thème de discours, une « ligne Maginot » avec des soldats de plomb.FAOUZIA

C'est de cette confiance que nous sommes entrain de parler.

Alors, comment sortir du cercle vicieux du doute ?
C'est, probablement la question la plus difficile a laquelle il faut répondre.

Mais pour que ces classes moyennes que tu leur "reproche" qu'il s'enrichissent assume leurs responsabilité il doivent avoir un minimum de patriotisme économique. C'est vraie que nous sommes à l'abri et on peut reprocher aux Tunisiens de l'intérieur de n'avoir comme ambition que de se permettre un minimum d'une qualité de vie et je suis bien placé pour répondre car je suis né dans un bidon-ville ou on s'abrite et on n'habite pas ou les sacrifices se font tous les jours pour survivre.
Même si Seul on va plus vite, mais Ensemble, on va plus loin Il faut alors commencer par ce qui nous rassemble.

Le patriotisme economique contrairement à celui politique se vie au quotidien contrairement au discours qui focalise sur des objectifs hors d'atteinte.

Le patriotisme economique est l'un des conditions qu'il faut réuir pour que les gens se sentent concèrnés par l'economie de notre patrie.
_________________CLOWN

Tout d’abords essayons d’éclaircir le débat qui semble un peu partir en sucettes , j’ai l’impression sans aucun parti pris que monsieur le clown passe du coq à l’âne sans savoir vraiment la finalité du débat qu’il a lancé , dans le cas où j’ai mal compris , mes plates excuses.
Le terme patriotisme politique est impropre et ne veut rien dire, ou plutôt dans le cas tunisien philosophiquement il veut dire quelque chose de profond:
Pour la dictature :patriotisme politique veut seulement dire , l’éloge du chef , croire en sa grandeur et sa destinée , digérer dans la soumission ses rages , ses suffisances et ses crimes , marcher droit derrière le guide et le combattant suprême seul et unique après Dieu.Militer au RCD parti unique , avaler ses couleuvres , boire ses horreurs et mourir dans son fascisme corrupteurs et corrompu.
Pour les démocrates : Patriotisme politique veut dire : S’engager dans n’importe quel parti, ou mouvement de la société civile qui croit aux institutions libres et responsables, à la souveraineté du peuple, à l’alternative, au progrès et au respect des droits de l’Homme, à la défense des droits, de la justice, de la démocratie.
La Tunisie aujourd’hui est un pays en déliquescence, un territoire dépeuplé de ses cerveaux et de ses créateurs, une nation bloquée par une distorsion politicienne d’un autre âge, un héritage civilisateur , cosmopolite gaspillé que ses enfants n’auront pas, un mode de vie où il est impossible de concilier travail et famille, la discrimination, le racisme, la violence , les détournements , les destructions vont font des ravages grâce à la dictature qui dure depuis un peu plus de cinquante ans , tout cela grâce au « patriotisme politique » voulu et imposée par ben Ali héritier de Bourguiba.Quand certains humanistes tunisiens veulent que la Tunisie soit le pays où flottent les oripeaux du bonheur , de la paix sociale , il en a les moyens et les potentialités, où l’enthousiasme va de pair avec la confiance en soi, celui que les visiteurs venus de tous les pays du monde trouvent propre et ordonné, gai et hospitalier, beau et prospère , c’est juste cela le « patriotisme politique » des démocrates , si cette association de termes impropres à mon avis a un sens pratique et non philosophique . Notre réalité nationale qu’elle soit économique ou politique depuis l "’indépendance" , au fil des générations,nous transmet , à nous autres tunisiens , inertes , naïfs et suffisants cet enseignement plus que fondamental qui veut que le succès de l’action soit conditionné notamment et essentiellement par la limpidité de la pensée , nous enfermer dans le questionnement des patriotismes nous force pour être crédibles à faire la part des choses et à désigner les priorités , les priorités aujourd’hui sont d’une autre nature que le simple être et avoir et le débat académique des idées, la démocratisation de nos attitudes , de nos mentalités et de notre pays et ses institutions est la condition sine qua non à toute forme de défi patriotique ou national pour sauvegarder en fin de compte , à notre stade aujourd’hui , ce qui apparaît comme les intérêts secondaires de la nation tunisienne , plus vulgairement à mon avis la première victoire de l’esclave est de briser ses chaînes et de retrouver son humanité , le reste c'est-à-dire les formulations politiques , économiques ect..Suivront et seront dépendants de l’environnement et des conjonctures, la victoire pour les tunisiens serait alors d’avoir un libre-arbitre et le choix de faire et de défaire ce qui semblerait juste ou pas.
A entendre les arguments échangés ces derniers mois tant dans le champ du discours politique que dans celui de l’action oppositionnelle au sujet de la notion de « patriotisme » tout court, il est permis de craindre que certaines de nos élites aient choisi de renoncer à cette vérité première de l’esprit tunisien
Il est inévitable, dans un pays comme la Tunisie où la culture politique frise le niveau zéro et où la simple utilisation du mot « patrie » évoque dans l’esprit de nombre de bien-pensants un nationalisme rétrograde, que la conjonction de ces deux notions suscite l’éveil de tous les phantasmes, les frustrations et les aliénations léguées à la société tunisienne par le mégalomane Bourguiba, dictateur éclairé à sa propre folie. Quand le débat politique dans l’espace tunisien et sa visibilité la plus évidente et qui reste malgré tout le net , s’enlise à ce point, personne ne rechignera devant un tel os à ronger , il suffit de constater les atermoiements de certains professionnels et autres leaders autoproclamés de la politique tunisienne , pour constater le désert sibérien et le paysage lunaire qui font face aux hordes barbares du RCD et à la maffia ben Ali , à ce sujet pour les démocrates de l’opposition , chefs , sous-chefs et bidasses de deuxième pompes , il faudrait peut-être arrêter de se regarder le nombril , et au moins de mettre en place une esquisse de programme qui peut donner à la masse tunisienne des raisons d’agir ou du moins , nom d’un chien , d’espérer.Oui il y’a eu YEZZI , puis la grève de la faim , qui, surtout pour la seconde action , sans aucune stratégie ni projection dans l’avenir avait tenu le pays en haleine (je suis très étonné de la réaction du juge qui est pour moi illisible quand il affirme « Le collectif de 18 Octobre je ne fais pas parti et je n'ai jamais fait parti mon retrait de cette initiative été connu par la majorité avant la fin de la grève de la faim et je l'ai publiquement annoncé avant l'annonce constitution de ce collectif » soit je n’avais pas compris cela à l’époque et ce n’est pas grave , soit je l'ai bien compris et je suis un idiot. Le soufflet étant temporairement retombé après quelques semaines d’agitation politico médiatique stérile , stérilité dû à l’ensemble des protagonistes , nous sommes tous coupables de cet état de choses , et de l’état général de notre pays, il est temps sans doute de tenter de jeter un tant soit peu de lumière sur cette question de l’opposition démocratique , qui est qui ?Quel est le travail à accomplir ?Et s’inscrire dans une division du travail rationnelle qui ne peut souffrir des copinages , des sympathies et des antipathies des uns et des autres du moment qu’on soit d’accord sur l’objectif à atteindre , c’est pour moi , militant pour la démocratie totale en Tunisie le seul Patriotisme à tout point de vue , par opposition à la trahison à tout point de vue de la dictature de ben Ali , et tout cela dans le fond et la forme , dans mon esprit , est valable sur le plan politique , économique , social et le culturel
Ecartons d’emblée les visions normalisée de la situation tunisienne évoquées par le CLOWN ou tel ou tel ; comme si la pratique citoyenne sous la botte de ben Ali est une chose possible et naturelle qui permet au tunisien d’avoir un libre arbitre et un sens civique, ou d’avoir la simple liberté de choix de dépasser les monopoles et de faire jouer la concurrence à n’importe quel niveau. La politique économique s’accorde mal des solutions toutes faites et des idées préfabriquées qui, sans coup férir, viennent généralement s’écraser avec pertes et fracas contre les murs de l’histoire politique et civique de la Tunisie moderne , c'est-à-dire post-colonial , or dans ce cas précis , encore une fois toute formulation républicaine est plus que surannée , l’embolismique de la société tunisienne n’existe que dans une lecture très restreinte et limitée par tout un arsenal répressif dans les quelques articles ou plutôt ordres de route ânonnés par ben Ali , ses tueurs , ses tortionnaires , ses sicaires et ses chiens de garde , et à ce propos ma réponse est claire et nette pour le CLOWN ou ceux qui se posent ce genre de questions :oui désigner avec mépris et les mots de disgrâce la tyrannie et ses servants est le seul langage qu’ils comprennent , nous n’avons pas à être polis avec l’ordure ou prendre des gants avec la voyoucratie , nous ne sommes pas là pour prendre le thé avec ben Ali et les siens , nous sommes tout juste des milliers à être l’acte d’accusation de sa mise à mort espérée . Le modèle néolibéral qui nous est imposé par ben Ali et ses complices, ce modèle maffieux qui dépasse et de loin ses sources d’inspirations internationales est l’ennemi mortel de tout PATRIOTISME, et il n’existe que dans les cauchemars des tenants d’expériences d’une économie totalement administrée par la force brutale, la haine et la violence, dont tout le monde sait comment elles ont fini. Comme les organismes génétiquement modifiés, les politiques « économiques » des dictatures maffieuses finissent toujours par se retrouver en champ ouvert, confrontées à la réalité de ce monde , et surtout à la volonté de vivre et d’exister des peuples qu’elles oppriment , il serait trop long ici d’en faire la liste , le dernier cas évident chez nous les arabes c’est bel et bien SADDAM HUSSEIN , mais il ne faut pas se faire des illusions , toutes les momies de la ligue arabes sont ses clones ou ses frères jumeaux .BILEL

Le « patriotisme économique » en général , et dans la plus part des cas cela ne s’applique pas à la situation tunisienne qui est viciée à la base , les très bons textes de ce débat en sont la démonstration politique, ce n’est en réalité que la nouvelle appellation de ce qu’autrefois on appelait la « politique économique » pleine de projets , de bonnes intentions et d’ambitions, avec ses volets fiscal, monétaire et industriel , Mais cette politique économique annoncée a été tellement dénaturée et vidée de son sens par des décennies d’abandon et de lâcheté , de détournements , d’incompétences et de dictatures que cette notion est devenue inopérante. Ce qui autrefois tombait sous le sens, que le rôle de tout décideur politique ou économique tunisien anticolonialiste et patriote consiste dans son travail quotidien à défendre les intérêts de la Tunisie, est aujourd’hui devenu à ce point abstrait qu’il a semblé à certains important et nécessaire de rappeler par le vocabulaire que la politique, une politique qui se veut civilisée, digne, transparente, républicaine, citoyenne et démocratique est, par nature même, d’essence patriotique. Le citoyen tunisien post dictature, on peut en être certain, n’accordera pas son suffrage à un homme politique pour voir celui-ci défendre les intérêts privées, ou au service d’une quelconque aliénation. Pas plus que le salarié tunisien n’acceptera de voir celui qui l’emploie s’asseoir sur l’intérêt national dans ses choix stratégiques avec les conséquences économiques et sociales que l’on sait. Il ne s’agit pas ici de faire l’éloge de je ne sais quel égoïsme national mais de défendre ce qui est nôtre au même titre que toutes les nations du monde défendent légitimement ce qui est leur. La Tunisie de l’avenir, nous devrons absolument y travailler ne devra pas avoir pour vocation à dilapider ses richesses hors de ses frontières ni à servir de faire valoir, de bastion et de sanctuaire à tous les manipulateurs de la planète.
Ce débat sur le patriotisme économique n’est donc pas le symptôme de l’irruption sur la scène tunisienne d’un nouvel avatar du colbertisme ou le signe précurseur d’une mise sous cloche de l’économie nationale visible de la part de cette dictature tunisienne destructrice. Depuis toujours le tunisien fabrique, commerce et consomme, la règle première du marché est l’échange, cette règle est inscrite dans sa culture et son histoire. L’échelle de ces échanges est aujourd’hui le monde , nous n’y retrouverons notre place dans la paix , la sérénité et la justice que lorsque nous aurions défaits la dictature ,on ne peut mettre les charrues avant les bœufs , ni les tapis avant d’avoir bâtis la mosquée. Que l’on parle de grands groupes ou de PME, le dynamisme économique et social de l’entreprise tunisienne sans l’horreur ben Ali et sa maffia résidera dans l’exploitation la plus efficace des possibilités offertes par cette « mondialisation » des échanges. A cette fin, l’Etat légitime et souverain et l’entreprise auront le devoir de collaborer à ce que les économistes appellent la meilleure allocation des ressources. L’objectif du patriotisme économique ne doit pas être de prôner une crispation sur la réalité économique d’aujourd’hui, qui est déjà celle d’hier. Une politique économique responsable doit aujourd’hui se placer au service conjoint de la Nation et de ses entreprises pour détecter dès maintenant ce que seront demain les avantages concurrentiels de notre économie et tout mettre en œuvre pour les renforcer.FAOUZIA

*Le clown ne fait pas partie du POSSE, mais il avait déclanché les débats sur ces thémes.

 

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Vendredi 14 juillet 2006 5 14 /07 /Juil /2006 08:55
CHRONIQUES PALESTINIENNES

Du bon usage des bains de sang

 

L’horreur à son comble portée n’était pas seulement dans ces cadavres - des centaines et des centaines de cadavres de femmes, de vieillards, de jeunes et d’enfants massacrés, violentés, terrorisés, mutilés, dépecés, éclatés, jetés à même la rue, enfouis sous les décombres des maisons et dans les fosses communes. L’horreur est surtout dans ces bains de sang ininterrompus qui depuis les années 1945 (depuis que le projet sioniste d’établir un Etat juif en Palestine a commencé à prendre forme et consistance) jalonnent et ponctuent l’histoire de cet établissement. Dans cette violence continuée qui ordonne et commande la relation de cet Etat aux Palestiniens.

Qu’on ne s’y trompe pas. Le bain de sang de Sabra-Chatila n’est pas un accident. Et même s’il était prouvé que les soldats juifs de l’armée d’Israël n’y ont pas directement trempé, il demeure que le gouvernement d’Israël en est moralement et directement responsable ; parce qu’il l’a voulu (pour épargner la vie des soldats juifs de l’armée d’Israël) ou n’a pas voulu l’empêcher ni l’arrêter - alors même qu’il pressentait - peut-être pas clairement, comme ces vœux secrets, opacifiés par l’ardent désir refoulé de les voir se réaliser - la suite tragique. Le rejet de la responsabilité sur les seules milices chrétiennes, sous réserve qu’elles seules (ou certaines d’entre elles) y ont directement trempé, est irrecevable.

Ce bain de sang n’est pas un accident. L’Etat sioniste d’Israël en est responsable parce que ce bain de sang, comme tous les autres bains de sang qui jalonnent et ponctuent l’histoire de l’Etat sioniste d’Israël, s’origine dans cette violence recèle qui définit, depuis ses commencements, le rapport qui lie cet Etat aux Palestiniens.

Dans la nuit du 9 au 10 avril 1948, le village de Deir Yasîn tombe aux mains des terroristes de l’Irgoun et du Stern. Un bain de sang s’ensuivit. « Lorsque la tuerie prit fin, les autorités juives s’efforcèrent d’empêcher une inspection impartiale. Un policier signalera la mort d’un seul Arabe (Palestinien)... Cependant le 10 avril la Croix-Rouge internationale devait découvrir et dénombrer les cadavres de 254 hommes, femmes et enfants. » (Jacques de Reynier, A Jérusalem un drapeau flottait sur la ligne de feu, Neuchâtel, éd. de la Baconnière, 1950 (1).)

Deir Yasîn, le plus spectaculaire des bains de sang. Un modèle archétype. Le plus absurde aussi, le plus aberrant apparemment, puisque « Deir Yasîn était l’un des rares villages arabes (palestiniens) dont les habitants avaient refusé aux volontaires arabes étrangers la permission de s’en servir comme base pour mener des opérations contre l’axe vital qui desservait Jérusalem ; à l’occasion, ils avaient collaboré avec l’Agence juive ». (John Kimche, historiographe sioniste, Seven Fallen Pillars, London, Secker and Warburg, 1950 (2).) Les frères Findley ajoutent dans leur journal, Labor Action, du 27 décembre 1948, que « les villageois avaient passé un accord de non-agression avec les colonies juives qui l’entouraient » et qu’ils l’avaient scrupuleusement respecté (3).

Alors pourquoi Deir Yasîn ?

M. Begin, alors chef de l’Irgoun (auteur de Deir Yasîn) et Premier ministre de l’Etat sioniste d’Israël au moment du bain de sang de Sabra-Chatila, insiste dans son livre The Revolt Story of the Irgun (Schuman, N. Y., 1951) sur le fait que l’effet de Deir Yasîn fut décisif en ce qui concerne la fuite des Arabes (Palestiniens) de Haïfa : « La légende de Deir Yasîn nous aida en particulier à sauver Tibériade et conquérir Haïfa. [après avoir donné l’assaut à Haïfa] Toutes les forces juives se mirent à avancer dans Haïfa comme un couteau dans du beurre. Les Arabes (les Palestiniens) se mirent à fuir affolés en criant “Deir Yasîn” (4) ».

Voilà pour l’effet immédiat. Une rhétorique de la terreur au service d’une entreprise d’expulsion massive des Palestiniens de leur terre. Or Deir Yasîn n’est pas un accident, ni un fait d’exception, isolé, ou une entreprise unique en son genre. Dans la nuit du 30 au 31 décembre 1947, une force conjointe groupant le 1er bataillon du Palmach et la « Brigade Carmel », placée sous le commandement de Haïm Avinoam, attaque le village de Balad al-Cheikh. « Dans cette opération, plus de soixante ennemis (Palestiniens) furent tués dans leurs maisons... Les unités d’attaque avaient pénétré dans le village et étaient aussitôt passées à l’action à l’intérieur des maisons. A cause de l’intensité du feu dans les chambres, il fut impossible d’épargner les femmes et les enfants. » (Ha Sefer Ha-Palmach, Tel-Aviv, Ha Kibbutz Ha-Meuchad, 1955 (5).) Dans la nuit du 14 au 15 février 1948, une force du 3e bataillon du Palmach effectue un raid sur le village de Sasa. Au cours de cette opération, qui fut longtemps considérée comme un modèle du genre à cause de la qualité de son exécution, vingt maisons seront dynamitées sur leurs habitants. Près de soixante Palestiniens furent tués, pour la plupart des femmes et des enfants. (Arieh Yitzhaqi, Yediot Aharonot, 14 avril 1972 (6).) Le 22 avril 1948, les Juifs attaquent Haïfa, peu après minuit, occupant les rues et les immeubles. Cinquante Palestiniens évacuent leurs femmes et leurs enfants vers la zone du port pour les envoyer à Saint-Jean-d’Acre. En plein exode, les réfugiés palestiniens sont attaqués par les avant-postes juifs : cent Palestiniens seront alors tués et deux cents autres blessés. (The Times, 23 avril 1948, et Major R. D. Wilson, Cordon and Search : With 6th Airborne Division in Palestine, Aldershot, Gale and Polen, 1949 (7)) le 25 avril 1948, le bombardement massif et systématique de Jaffa sème la panique parmi les habitants palestiniens de la ville qui commencent à l’abandonner par mer et par routes. Leur exode sera accéléré par la dimension inouïe et sans précédent que prendront le pillage et la destruction de leurs maisons par les forces d’assaut juives. (John Kimche, op. cit. (8)) Le 12 décembre 1947, le 14 décembre 1947, le 20 décembre 1947, le 29 décembre 1947, le 19 janvier 1948, le 10 février 1948, le 20 février 1948, le 13 mars 1948, le 5 avril 1948, le 12 avril 1948, le 16 avril 1948, le 20 avril 1948, le 25 avril 1948, le 28 avril 1948, les 11 et 12 juillet 1948... (la liste n’est nullement exhaustive) des villes et des villages palestinien (Qazaza, Jaffa à plusieurs reprises, Tannoura, Tireh, Kfar Husseinia, Haïfa à plusieurs reprises, Sarafand, Kolonia, Abou Shusha, Saris, Biddu, Lod, Bayt Surik...) sont bombardés, pris, détruits, pillés, leurs habitants palestiniens tués, massacrés, les survivants évacués, chassés, expulsés (9).

Non, le bain de sang de Deir Yasîn ne fut pas un accident. Car parallèlement à l’effet immédiat recherché, il en est un autre, originaire et fondamental. Evoquant la fuite des Palestiniens de leur terre, « le docteur Weizmann me parla avec émotion de cette “miraculeuse simplification des tâches d’Israël” », rapporte l’ambassadeur des Etats-Unis James G. Mac Donald (actif propagandiste sioniste) dans son livre My Mission in Israel, 1948-1951 (Simon and Schuster, N. Y., 1951 (10).) « Cette fuite, commente Hal Draft, fut accueillie comme un “miracle”, et pas seulement par Haïm Weizmann ; comme tous les gens pieux, ces sionistes ne rechignaient pas à aider un peu la réalisation d’un miracle... Le 1er août, Moshé Sharett, ministre des Affaires étrangères, déclarait que “l’exode palestinien de 1948 constitue l’un des cataclysmes, qui, selon l’expérience de ce qui s’est passé dans d’autres pays, changent le cours de l’histoire. Pendant que les soldats israéliens chassaient de leurs maisons des Arabes (des Palestiniens) innocents, le gouvernement expliquait déjà clairement qu’il passerait bien de l’eau sous les ponts avant que les réfugiés ne puissent revenir (11) ». Et voilà pour l’effet permanent : Une stratégie de massacres collectifs - des bains de sang - au service du principe fondateur du sionisme. Une terre sans peuple pour un peuple sans terre.

Jusqu’en 1948, année de la proclamation de l’Etat sioniste d’Israël, nul, ni les Juifs (à part quelques esprits lucides, dont par exemple

Nathan Chofsi (12), ni le monde occidental n’a pu imaginer de reconnaître en ces actes de violence, de terreur et de massacres de civils - par quoi l’on définit un bain de sang - des bains de sang. Le souvenir de l’Holocauste (puisqu’il faut l’appeler ainsi (13)) sanctifiait le peuple juif et rendait cette violence acceptable14. La caution et le statut du Peuple Martyr, à ses propres yeux et aux yeux du monde occidental, sacralisait les origines de l’Etat sioniste d’Israël et légitimait son entreprise : « Les intérêts de l’Etat d’Israël se confondaient alors avec ceux de la Morale et du Droit. Il incarnait le triomphe des Valeurs Universelles sur les ténèbres du nihilisme où l’Holocauste avait plongé l’Humanité. » En regard, les Palestiniens étaient de peu de poids dans la mémoire de ces lieux (la Palestine) et de cette histoire (occidentale). Ils furent l’objet non pas d’un génocide. Mais de tout autre chose. Tout aussi radical bien que différent : d’un autre procès, un procès sociocidaire, « acceptable » et mené dans des termes extrêmes. Un sociocide totalitaire dont les bains de sang constituent le moyen privilégié.

Et depuis les choses n’ont pas beaucoup changé. Sauf que vers les années cinquante, une violente polémique s’engagea dans l’armée et la société d’Israël. Son enjeu : « L’armée était divisée et critiquée. Le passage vers une armée d’occupation et un corps expéditionnaire punitif était difficile. Quand les journaux comme Haaretz et Al-Hamishmar critiquaient l’armée, cela signifiait qu’une partie de l’armée critiquait l’armée (15). » Le courant extrémiste - qui défendait précisément cette transformation de « Tsahal » en armée d’occupation et en corps expéditionnaire punitif, avec comme figures de proue Ben Gourion, Menahem Begin, Moshé Dayan, Ariel Sharon - l’emporta. Les 14 et 15 octobre 1953, un détachement israélien, estimé à la moitié des effectifs d’un bataillon (la fameuse unité 101), attaque le village jordanien de Qibiya, fait sauter quarante et une maisons et une école, puis assassine de sang-froid quarante-deux hommes, femmes et enfants (Commander E. H. Hutchinson, Violent Truce : A Military Observer Looks at the Arab-Israeli Conflict, 1951-1955, London, John Calder, 1956 (16)).

Qibiya, un tournant dans la politique israélienne des bains de sang. La première « grande opération » de l’unité 101 (créée en août 1953 - soit un mois et demi avant cette « opération exemplaire » - par Moshé Dayan, alors chef d’état-major, et commandée par Ariel Sharon, ministre de la Défense au moment de Sabra-Chatila). Une opération qui devait inaugurer un nouveau style de lutte, écrit Eli Lobel (17). « L’opération de Qibiya devait se distinguer des autres opérations par son but et sa répercussion. C’était une opération ambitieuse qui dépassait tout ce qui se fit dans le passé : le dynamitage de dizaines de maisons à Qibiya. Il fallait effacer une fois pour toutes la tache des défaites passées de Tsahal dans les opérations de représailles, lit-on dans l’histoire officieuse des parachutistes. Soixante-neuf civils arabes (Palestiniens) trouvèrent la mort sous les décombres de leurs maisons (18). »

De Deir Yasîn à Qibiya, ce qui a changé : la stratégie des bains de sang est institutionnalisée. Si en 1948, à l’époque de Deir Yasîn, la direction reconnue du mouvement sioniste pouvait rejeter la responsabilité de tels actes de violence, de terreur et de massacre de civils sur « les organisations dissidentes » (Irgoun, Stern...) et les condamner, hypocritement (19), en faisant valoir sa position morale et de principe qui ne les tolère ni ne les admet, dans les années cinquante, à l’époque de Qibiya, et alors que c’était l’armée d’Israël qui devait elle-même exécuter ce « sale boulot », il n’était plus question de les condamner. Certes, devant l’horreur suscitée par l’affaire Qibiya, et du fait qu’« une partie de l’armée, les milieux dirigeants et la majorité de la population n’étaient pas prêts à accepter de telles opérations... David Ben Gourion se vit forcé, dans un discours radiotélévisé le 19 octobre 1953, de nier la responsabilité de l’armée (20) ».

Mais avec le temps, et son statut de Peuple Martyr aidant, l’Etat d’Israël s’installa à nouveau dans sa bonne conscience. « La nouvelle ligne d’action violente, imposée par les “activistes” (malgré les véhémentes protestations)... s’imposa rapidement à l’armée tout entière (21) » Et avec le temps une légende d’héroïsme se tissa autour de l’unité 101, et « Tsahal » revendiqua officiellement la responsabilité du bain de sang de Qibiya (22). Le 29 octobre 1956, à la veille de la campagne du Sinaï, l’armée d’Israël avait imposé un couvre-feu à tous les villages palestiniens situés près de la frontière égyptienne, dont le village de Kafr Kassem. « Au cours de la conversation, le colonel Shadmi spécifia au commandant Melinky que le couvre-feu devait être observé cette fois-ci avec rigueur et imposé avec vigueur, non pas par des arrestations, mais en ouvrant le feu. Il ajouta : “mieux valait un mort” (selon une autre version : “quelques morts”) que des embêtements avec des arrestations (23). » Melinky s’inquiéta auprès de Shadmi du sort des villageois travaillant à l’extérieur et revenant chez eux le soir sans être avertis de l’obligation du couvre-feu. Il demanda des instructions pour le cas plus que vraisemblable où, à l’entrée du village, ils se trouveraient en face des détachements de gardes-frontières. Shadmi répondit : « Pas de sentiments » et « Que Dieu les ait en pitié (24) ». Plusieurs des habitants de Kafr Kassem travaillaient encore dans les champs, loin de leur village, et ne pouvaient donc être informés de la nouvelle du couvre-feu. Alors qu’ils rentraient chez eux, sans méfiance, après 17 heures, ils furent froidement abattus par les gardes-frontières qui tuèrent quarante-sept personnes dont neuf femmes et sept enfants (25).

Au matin du 3 novembre 1956, la ville de Khan Younis et le camp construit par l’UNRWA qui lui est adjacent furent occupés par l’armée d’Israël. Un grand nombre de civils palestiniens furent alors massacrés. Pour « excuser » le massacre, les autorités israéliennes affirmèrent qu’il y eut résistance à l’occupation de la ville mais les réfugiés palestiniens du camp affirmèrent, quant à eux, que toute résistance avait cessé au moment de la tuerie et que plusieurs civils désarmés avaient été assassinés alors que les troupes israéliennes ratissaient la ville et le camp, à la recherche des détenteurs d’armes. Le directeur de l’UNRWA a reçu, de sources dignes de confiance, une liste de 275 noms de personnes tuées ce 3 novembre (26). Le 12 novembre 1956, c’est le tour du camp de réfugiés de l’UNRWA installé à Rafah, Même scénario, mêmes acteurs, Bilan : 111 personnes tuées (27).

Et de 1948 à 1982, d’abord pour créer et établir l’Etat sioniste d’Israël, ensuite pour consolider et étendre sa mainmise sur la « Palestine de 48 », enfin pour s’approprier la « Palestine de 67 » - La Cisjordanie que Begin s’obstine à appeler de son nom biblique de Judée-Samarie - l’histoire de l’Etat sioniste d’Israël recèle une longue série ininterrompue d’actes de violence, de terreur et de massacre de Palestiniens, pour vider cette terre de tous ces autochtones, en conformité au principe de base du sionisme. Il est probable que tous ces actes de violence, de terreur et de massacre ne furent pas, tous, des bains de sang caractérisés. Il est certain que ceux qui ne le furent pas, en furent des métaphores caractérisés.

Si Deir Yasîn (pour réduire les bains de sang perpétrés par les sionistes à un référent, et ce référent à un symbole) a inauguré un cycle : les bains de sang « internes » à la Palestine biblique, la campagne du Liban et le bain de sang de Sabra-Chatila (même perpétré par les milices chrétiennes, ces nouveaux « dissidents ») en inaugure un autre : celui des bains de sang « externes » à la Palestine biblique, dans le but manifeste de poursuivre les Palestiniens et de les pourchasser dès lors qu’ils ont décidé de faire renaître leur société. Qu’on ne s’y trompe pas. Quand les sionistes affirment qu’ils veulent « détruire » et « liquider » l’OLP, ce n’est pas le « terrorisme » qu’ils veulent détruire et liquider, mais toute possibilité de renaissance de la société palestinienne, dont l’OLP est l’artisan principal.

Non, la bande des Trois (Begin, Sharon, Shamir) n’a pas perverti le « rêve sioniste ». Dès ses commencements, il était perverti. Il s’origine dans cette hantise finale, impressionnante, obsédante, d’une entreprise de sociocide totalitaire. Dans cette violence qui définit le rapport du sionisme aux Palestiniens. Et cette violence n’a jamais visé à contraindre le peuple palestinien, ou l’OLP, à céder : à accepter la défaite militaire et, défait mais néanmoins reconnu dans sa spécificité, à engager des négociations avec le vainqueur (ce qui est l’ordinaire et la logique de toute guerre). Mais le contraindre à se nier lui-même, à se renier, à se dénier et à s’annuler. « Cet étrange refus d’Israël d’examiner la solution palestinienne... comme si l’affirmation d’une nation juive commandait le déni de l’existence d’une nation palestinienne (28). » Et ce que cette violence recèle, c’est précisément ce « déni d’existence » : le projet d’un sociocide totalitaire dont les bains de sang et leurs métaphores sont les moyens privilégiés.

Roger Nab’aa
Professeur de philosophie à l’International college de l’Université ameriaine de Beyrouth
REVUE D’ETUDES PALESTINIENNES
(REP n° 2, hiver 1982)

Notes

1.      Cité dans Qui sont les terroristes ? Aspects du terrorisme sioniste et israélien, publication de l’Institut des études palestiniennes, Beyrouth, 1972.
2. Cité par Hal Draper, « La minorité arabe en Israël : le début d’une tragédie », in Partisans n° 52, « Le peuple palestinien en marche », Paris, Maspero, mars-avril 1970.
3. Idem.
4. Idem.
5. ln Qui sont les terroristes ?..., op. cit.
6. Idem.
7. Idem.
8. Idem.
9. Idem, cf. The Times, 13, 15 et 30 décembre 1947, 20 janvier 1948, 11 février 1948, 6, 13, 17 et 21 avril 1948 ; Keesing’s, VI (1946-1948). 9237 ; Middle East Journal, avril 1948 ; Arthur Koestler, Analyse d’un miracle : Naissance d’Israël, Paris, Calman-Lévy, 1949.
10. Cilé par Hal Draper in Partisans, op. cit. Souligné par nous.
11. Idem.
12. Nathan Chofsi, l’un des premiers pionniers juifs installés en Palestine, réfute vigoureusement, dans un article paru dans le Jewish Newsletter (New York) du 9 février 1959, les allégations d’un rabbin sioniste américain, qui faisait état, pour innocenter les sionistes, d’ordres d’évacuation adressés aux Palestiniens avant la prise des villes et villages : « Si le rabbin Kaplan veut réellement savoir ce qui s’est passé, nous, anciens immigrés en Palestine qui avons été témoins de la lutte, pourrions lui dire comment et de quelle manière, nous, Juifs, avons forcé les Arabes (les Palestiniens) à abandonner villes et villages... Certains furent expulsés par la force des armes ; d’autres furent amenés à s’en aller à la suite de promesses fausses, mensongères et illusoires. Il suffit de citer parmi un nombre illimité de villes, celles de Jaffa, Lyda, Ramleh, Beersheba, Saint-Jean-d’Acre. »
13. Sur les équivoques d’une telle appellation, cf. Boaz Evron, « Les interprétations de l’Holocauste : un danger pour le peuple juif », Revue d’études palestiniennes, n° 2, Paris, 1982.
14. Sur cette notion d’acceptabilité et de violence acceptable, cf. Noam Chomsky et E. S. Herman, Bains de sang, Paris, Seghers-Laffont, 1975.
15. Eli Lobel, « L’escalade à l’intérieur de la société israélienne », in Partisans, op. cit. Souligné par nous. 16. In Qui sont les terroristes ?..., op. cit. Cf. la version qu’en donne Ariel Sharon dans l’entretien qu’il a accordé à Oriana Fallaci, Le Nouvel Observateur, 28 août-3 septembre 1982.
17. Eli Lobel, in Partisans, op. cit. Souligné par nous. 18. Le Livre des parachutistes, en hébreu, Tel-Aviv, 1969, cité par Eli Lobel, in Partisans, op. cit.
19. Hypocritement ? « Bien des choses restent obscures en ce qui concerne les relations entre la Haganah gouvernementale et l’Irgoun (et les “groupes dissidents” en général). Pour des raisons que l’on comprendra, le gouvernement ne pensait pas que le temps était venu de raconter toute l’histoire dans sa totalité et en toute franchise... » Harry Sacher, historien sioniste notoire, Israel, The Establishment of a State, British Book Center, New York, 1952, cité par Hal Draper in Partisans, op. cit. Cf. aussi (idem) les commentaires sarcastiques de ce même Hal Draper sur la nature des relations équivoques et troublantes qui se sont tissées entre ces « groupes dissidents » et la direction reconnue du mouvement sioniste.
20. Rapporté par Eli Lobel, in Partisans, op. cit.
21. Eli Lobel, in Partisans, op. cit.
22. Idem.
23. Psakim Mekhoziim (Décisions des tribunaux de district), n° 17, 90, p. 101, cité par Sabri Geries, Les Arabes en Israël, Paris, Maspero, « Cahiers libres », 151, 152, 1969 ; cf. Tom Seguev, Haaretz, 23 octobre 1981, et Revue d’études palestiniennes, n° 4, Paris, 1982.
24. Idem.
25. Sabri Geries, op. cit.
26. Rapport spécial du directeur de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens au Proche-Orient (UNRWA) pour la période du 1er novembre 1956 à la mi-décembre 1956, Assemblée générale, Documents officiels, XIe session, supplément n° 14A (A/3211/Add.1).
27. Idem.
28. John Kimche, Palestine ou Israël, Paris, Albin Michel, 1973. Souligné par nous

2.      *************************

3.       

4.                  Les Palestiniens punis avant même d'arriver en Palestine

5.      Par Rapyja

6.                 

7.      Aujourd'hui nous partons pour la Palestine, en utilisant le seul accès possible pour les Palestiniens.

8.      C’est d'ailleurs aussi le seul point de passage ou les Jordaniens ne délivrent pas de visa sur place aux étrangers qui voudraient entrer depuis cette partie de Cisjordanie occupée par Israël...coïncidence?

9.      Le premier passage n'est prévu qu’à 07h30 mais on nous a prévenus: il va y avoir du monde.

10.   

11.  C'est la période des vacances en Jordanie et dans les pays du Golfe, et nombreux sont les Palestiniens exilés qui vont rejoindre la famille.

12.   

13.  Quand on arrive au secteur jordanien d'Allenby, il y a déjà plusieurs centaines de voitures qui attendent, en file sur la route d'accès sous la surveillance de la police jordanienne.

14.  Pas question de ruser, personne n'est autorise a descendre et tenter de finir a pied pour éviter l'attente dans les voitures.

15.   

16.  A 6h00 on descend de la voiture, on récupère les bagages et on rejoint "la file d'attente" pour une bataille qu'on devine longue et pénible compte tenu de la densité de la foule et de la chaleur déjà forte à cette heure.

17.   

18.  Ce matin je pensais qu'on avait encore pris trop de bagages mais je réalise maintenant la modestie de notre chargement.

19.  Tout autour de nous, hommes et femmes poussent des chariots lourdement charges, cahotant sur le chemin d'accès et qui menacent de s'écrouler a tout instant.

20.   

21.  On se bouscule, mais pas trop et déjà la résignation se lit sur de nombreux visages.

22.   

23.  On achète les tickets qu'il faudra donner tout a l'heure dans le bus jordanien qui nous emmènera jusqu'au secteur israélien.

24.   

25.  Plus loin on dépose les gros bagages .Apres être passés dans la machine de détection semblable à celles qu'on voit dans les aéroports, ils vont être acheminés à proximité des bus.

26.   

27.  Puis c'est le contrôle des documents de voyage.

28.   

29.  La bousculade s'intensifie car le traitement varie suivant la nature des passeports dont les gens sont porteurs. La distinction principale repose sur leur situation au regard des critères israéliens que les autorités jordaniennes appliquent avec zèle.

30.   

31.  Il y a ceux qui ont une "identité palestinienne", autrement dit enregistrés dans les fichiers israéliens constitués depuis juste après 67 quand les Israéliens ont "recensés" tous les Palestiniens habitant les "territoires palestiniens" occupés cette année là.

32.   

33.  Israël contrôle ainsi l’ensemble des Palestiniens des territoires et l'arrivée de l'Autorité n' y a rien change.

34.   

35.  Depuis, eux et leurs descendants bénéficient de cette « nationalité palestinienne » attribuée et contrôlée par les Israéliens qui ne tiennent aucun compte des doubles nationalités acquises et des passeports attribues par des Etats nationaux a des ressortissants d'origine palestinienne.

36.  Les autres doivent solliciter des autorisations spéciales, éventuellement accordées par les Israéliens sur production d’invitations, de justifications de situation familiale etc.

37.   

38.  Pour la troisième fois depuis le début du parcours, un fonctionnaire jordanien m'explique que je me suis trompe de circuit.

39.  J'aurais du prendre celui réserve aux "vrais étrangers", ceux qui n'ont pas d'identité palestinienne et de double nationalité.

40.  Je le sais parfaitement et je réponds que j'accompagne ma famille. J’irai faire les formalités après, quand je serai certain qu'ils on passe les différentes étapes... Justement, on y est.

41.   

42.  Je rejoins le secteur réserve aux étrangers et j'entame mon parcours en repassant des contrôles de sécurité similaires a ceux déjà subis cote secteur réserve aux Palestiniens.

43.   

44.  Un premier fonctionnaire jordanien examine mon passeport, accomplit quelques formalités et le transmet a un autre situe dans un bureau adjacent.

45.   

46.  Je remarque que celui-ci le pose sur une pile, attend quelques minutes, apparemment songeur devant l'écran de son ordinateur puis se lève, ferme la porte et s'en va...

47.   

48.  Nous sommes quelques uns à attendre et, sur notre insistance, nous allons bientôt apprendre que l'ordinateur central, situé à Amman, est en panne.

49.   

50.  Impossible de se connecter et de retrouver trace de notre entrée en Jordanie, donc impossible de sortir...Les dix minutes d'attente annoncées vont durer 2 heures.

51.   

52.  Après avoir payé les taxes de sortie du territoire jordanien et récupèré mon passeport, il me faut encore négocier avec un gradé pour qu' il appose sa signature validant le fait que je voyage dans un des bus utilisé par les Palestiniens et non celui réserve aux étrangers.

53.   

54.  Muni de la précieuse signature, je file rejoindre le point de départ des bus.

55.  Il est maintenant près de 11h00 et la température monte, au propre comme au figuré.

56.   

57.  Chacun doit récupérer ses bagages entassés ici et là, au gré des transferts effectués par des employés jordaniens après les contrôles de sécurité.

58.   

59.  C'est l'assaut des bus, d'abord pour y caser les bagages qui iront s'entasser sur les toits quand les coffres sont pleins.

60.   

61.  Inutile de vouloir prendre place dans le bus où sont les bagages, il est déjà plein à craquer et le chauffeur fait évacuer les passagers en surnombre.

62.   

63.  La frontière qui sépare la Jordanie de la Cisjordanie occupée par l'armée israélienne est une bande de terre large de plusieurs kilomètres.

64.   

65.  Les bus roulent en convoi, sur une route bordée de grillages et barbelés, lentement et seulement séparés de quelques mètres.

66.   

67.  Après plusieurs arrêts devant des barrières métalliques surmontées de miradors, on atteint le pont qui enjambe le Jourdain. Notre bus stoppe au beau milieu du pont, à quelques centaines de mètres des constructions du poste frontière israélien.

68.   

69.  Nous y resterons immobilisés deux heures.

70.   

71.  Les explications commencent à circuler. "Jéricho a été attaque par les Israéliens"

72.  Peut-être va-t-on devoir retourner en Jordanie...

73.   

74.  Les portables rentrent en action. Rien à signaler à Jéricho, excepté une incursion israélienne de deux véhicules militaires ce matin, la routine...

75.   

76.  Normalement on devrait maintenant passer des contrôles, d'abord les passagers puis les bus.

77.  Mais bizarrement, alors que le chauffeur a demandé de se préparer à descendre sans aucun sac, on repart sans contrôle et sans explications.

78.   

79.  On arrive enfin après plus de deux heures dans le bus, pour faire peut-être 3 kilomètres.

80.   

81.  C'est la ruée pour récupérer les bagages débarqués sans ménagement des coffres et des toits des bus.

82.  Tous les gros bagages doivent être immédiatement présentés pour enregistrement et contrôle.

83.   

84.  Ils partent sur des tapis roulants et ne seront récupèrés qu'en sortie du terminal, après avoir accompli toutes les formalités de contrôle des passeports et identités.

85.   

86.  A ce niveau beaucoup d'employés sont palestiniens avec seulement quelques juifs israéliens pour superviser.

87.  On entre ensuite dans les bâtiments du terminal. Il y a un point d'entrée séparé pour les étrangers et les circuits de contrôle de sécurité sont distincts suivant le statut de l'arrivant.

88.   

89.  Je découvre un nouveau dispositif de sécurité, un portillon sous lequel on doit passer et s'immobiliser. Des jets d'air fusent de part et d'autre, tout le long du corps et des membres.

90.  Aucune explication n'est donnée et l'employée israélienne me regarde d'un air très absent quand je lui demande à quoi sert cette machine.

91.   

92.  On passe ensuite par des portillons plus classiques détectant toute pièce métallique.

93.  On accède ensuite à un grand hall ou tout le monde se retrouve. Maintenant c'est le contrôle des documents de voyage et identités.

94.   

95.  Il y a des files séparées pour étrangers et Palestiniens mais, mis à part l'imprimé que les étrangers doivent remplir et qui servira de "visa" lors du séjour en Israël et dans les territoires, les conditions et procédures sont semblables.

96.   

97.  C'est après que s'opèrent les distinctions, pour la récupération des bagages avant sortie définitive du terminal.

98.   

99.  Les Israéliens ont créé une zone d'attente dont on ne sort que si les bagages ont été délivrés après contrôle.

100.                      

101.                     Tandis que les étrangers prennent une nouvelle file, présentent leur passeport et le reçu des bagages déposés à l'entrée du terminal et passent si la sortie bagage a été enregistrée après contrôle de sécurité, les Palestiniens se retrouvent dans une zone d’attente.

102.                      

103.                     Ils sont appelés à tour de rôle par haut-parleur et là, soit ils peuvent sortir de la zone pour aller récupérer leurs bagages, soit on les informe qu’au moins un de leurs bagages nécéssite un "contrôle approfondi".

104.                      

105.                     On leur confisque leur document d’identité et ils restent bloqués dans la zone.

106.                      

107.                     Il y a probablement beaucoup de bagages suspects aujourd'hui car la grande majorité des Palestiniens, du moins celui ou celle qui a enregistré les bagages à l'entrée du terminal, reste bloquée dans la zone d'attente, passeports confisqués.

108.                      

109.                     A moins que ce soit autre chose car, bizarrement, j’ai récupèré tous les bagages, y compris ceux enregistrés par ma compagne palestinienne à qui on expliqué, de l’autre côté des barrières qui séparent les deux zones, qu'on ne peut pas encore lui rendre son passeport parce que "l'un de ses bagages pose problème"...

110.                      

111.                     Les autres passent et se retrouvent de l'autre côté des barrières, au niveau des tapis roulants qui amènent les bagages après passage au contrôle de sécurité.

Par elkhadra - Publié dans : elkhadra
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Vendredi 14 juillet 2006 5 14 /07 /Juil /2006 08:54
-Le règne des prédateurs
-Mieux vaut opter pour la dynamique unitaire
Par
HOUSSINE


Le règne des prédateurs

 

Houssine

 

           

 

A bien des égards, la situation actuelle du monde est tellement complexe qu’une analyse aussi scientifique soit - elle se bornant à étudier un seul de ces aspects ne peut se prévaloir d’en saisir tous les contours et restera en deçà d’une vision globale intégrant tous les paramètres aidant à la compréhension du présent de l’humanité pour la simple raison qu’un changement s’accompagne d’une multitude d’impacts touchant aux différents domaines de la vie humaine.

 

Le moins qu’on puisse dire est que l’humanité a outrepassé un certain modus vivendi caractérisé par ses équilibres, par sa relative stabilité et par ses utopies pour s’engager dans des sentiers labyrinthiques qui ne laissent pas se dessiner des horizons bien clairs. Le monde s’engouffre dans une période de transition dont on méconnaît la durée et les ultimes accouchements. Ce qui se trame, pendant cette phase de gestation, n’augure pas de lendemains joyeux. Ceci fait régner un climat de peur et de frayeur quant à l’avenir de l’humanité à cause de ces revirements de la pensée et des actions vers des options considérées, naguère, comme caduques et révolues. De la sorte, l’humanité se retrouve ébahie face aux tournures que prennent les événements pour en conclure par des questionnements sur « le sens du monde ». C’est ce que Jean Luc Nancy évoque comme suit : « bien loin de croire, comme beaucoup aujourd’hui, que nous vivons dans un monde de simulacres et d’irréalités frénétiques et autodestructrices, je crois que nous sommes en plein accouchement d’une nouvelle conscience et de nouvelles interrogations. Le libéralisme économique qui triomphe n’a plus grand chose de l’assurance conquérante de la bourgeoisie passée : il reste à la fois plus fou, plus débridé et plus cynique (ou à plus grande échelle), mais il est aussi plus inquiet, car de plus en plus dénudé dans la pauvre vérité de son propre développement privé de sens. C’est aussi pourquoi il nous renvoie et il se renvoie, en pleine figure, une question du « sens »(1). Il parait difficile d’appréhender tout ce dont regorge ce passage en idées et en pensées. Toujours est - il qu’il insiste sur le fait que le projet ultralibéral est « privé de sens ». Ce non - sens, qu’il véhicule, témoigne, probablement, d’une ère caractérisée par la fin des certitudes sur le devenir du monde. Il induit, également, des inquiétudes sur le sort réservé à cet ultralibéralisme et, par là, à des interrogations sur le destin de l’humanité. Cette humanité appelée à s’investir dans la quête de recouvrer un sens au monde.

 

Par la faute des ultralibéraux, le monde culmine vers la destruction de tout le patrimoine humain et humaniste bâti à force de luttes, généralement disproportionnées, pendant lesquelles le militantisme patient et persévérant du Tiers état, à travers les siècles, est confronté aux pires exactions et aux plus dures répressions. Qu’il s’agisse des progrès de la science, des libertés individuelles ou politiques, de la démocratie, ... ; le Tiers état et ses élites intellectuelles et politiques ont eu, constamment, à payer, de leurs vies et de leurs peaux, le prix de leur hardiesse et de leur courage à réclamer, en temps opportun, le changement au lieu de d’être mis devant le fait accompli et de proposer les voies de salut exigées pour sortir des situations de crise et pour bâtir le monde de demain sur d’autres bases et d’autres règles de conduite à même d’améliorer les conditions de vie de l’humanité. Le cours de l’Histoire a toujours été marqué par des scènes atroces que le Tiers état parvient, par l’âpreté de ses luttes et sa bravoure, à dépasser pour des lendemains meilleurs. Les cumuls historiques, des différentes batailles entre la réaction et le progrès, devaient conduire à un monde plus humaniste et plus réceptif des valeurs de fraternité, d’égalité, de liberté, de justice, de paix, ...

 

Or, depuis la fin des années 70 du siècle passé, les ultralibéraux, sous la conduite de Reagan, de Tatcher et de leurs théoriciens extrémistes, se sont attelés activement à contrer et à contrarier le cours de l’histoire. Ainsi, ils ont remis à l’ordre du jour des problèmes et des péripéties noires de l’Histoire de l’humanité. Ces épisodes que les humains considèrent comme de tristes souvenirs qu’ils n’auront jamais plus à rencontrer dans le futur. Les ultralibéraux ont vite fait de renouer avec l’injustice, le despotisme, les inégalités, la guerre, le colonialisme, les tortures, la répression, l’oppression, la paupérisation des peuples et des nations, la précarisation de la vie des citoyens, ... C’est-à-dire qu’ils ont fait subir au cours de l’Histoire un de ces virages réactionnaires en le renvoyant aux petits débuts de l’émergence du système capitaliste.

 

Ce qu’on observe, actuellement, comme dérives, présentées en tant que conquêtes de l’ultralibéralisme, laisse tous les humains, ne serait - ce que cela, pensifs à plus d’un titre. Ils sont effarés par ce summum de l’ « inhumanisme » et de l’anti-humanisme dont se congratulent les ultralibéraux. Ceci amène les humains à s’interroger sur les rapprochements possibles entre ces créatures inhumaines et les humains tant leurs valeurs égoїstes et leurs pratiques déshumanisantes en font des êtres anachroniques au regard du présent de l’humanité.

 

Ces créatures, avides d’argent et de pouvoir, ne reculent devant rien pour mettre à genou les humains tout en leur ôtant l’envie de vivre par suite de leur inondation par la culture de la consommation qui les transforme en des êtres sans goût pour la soif de la vie, pour l’esthétique, pour la musique, ... Si bien que les humains se sentent placés dans un monde où sévit l’absurde et dans lequel il n’existe plus de préoccupations autres que de garantir des besoins physiologiques élémentaires pour la survie. Les politiques ultralibérales, par leurs désastres et leurs atrocités, ne riment qu’à instaurer un état de fait dans lequel une minorité de prédateurs vit dans ses tours de Babel tandis que la majorité écrasante des humains fait semblant de vivre. Toutes les actions des ultralibéraux s’inscrivent dans cette perspective.

 

L’ultralibéralisme va de pair avec le darwinisme social tant à l’intérieur des pays que vis-à-vis des nations. Le darwinisme social à l’échelle des pays se traduit par des hiérarchisations des sociétés avec certaines castes minoritaires aux sommets de ces hiérarchies et la majorité de la population à la base. Les fossés existant entre les sommets et les bases sont très profonds et ils continuent à s’approfondir au fur et à mesure que les richesses nationales augmentent. Cette « sélection naturelle », au détriment des plus démunis, se traduit par l’exclusion d’un nombre de plus en plus grand de citoyens métamorphosés en laissés - pour - comptes et par l’enrichissement de plus en plus de la minorité de capitalistes ultralibéraux.

 

Le darwinisme social vis-à-vis des nations se fonde sur les mêmes procédés de marginalisation des nations sombrant dans la pauvreté proportionnellement à l’intensité de l’exploitation de leurs richesses naturelles et de leurs biens communs par les sociétés transnationales aux mains des prédateurs financiers. Par conséquent, les pays sont classés, selon des critères donnés, au niveau international en se fondant sur cette « sélection naturelle » qui postule que chaque pays doit préparer son intégration au système ultralibéral mondial pour se faire une place de choix sous peine de se voir reléguer au rang des nations exclues et des nations laissées - pour - comptes.

 

Le résultat de ce darwinisme social local ou international, suite au processus de paupérisation qui en découle, est de faire en sorte qu’une majorité de peuples et de pays soient relégués comme des laissés - pour - compte pour qu’une infime minorité d’ultralibéraux accapare toutes les ressources de la planète - Terre. Ce qui donne ce tableau noir : « le club mondial et très sélect des millionnaires (en dollars) s’est élargi de 500 000 membres en 2005, pour atteindre 8,2 millions, selon l’étude publiée, mardi 20 juin, par la banque américaine Merrill Lynch et la société de services informatiques française Capgemini. Même si certains d’entre-eux ont quitté le classement, leur nombre a augmenté de 6,5 % en un an. Et leur fortune cumulée a atteint 33 300 milliards de dollars (26 400 milliards d’euros) en hausse de 8,5 % par rapport à 2004  »(2). Voilà, donc, où mène la « sélection naturelle » chère aux ultralibéraux. Quelques millions d’individus cumulent une fortune de 33.300 milliards de dollars, sans compter leurs avoirs en immobilier, en yachts, ..., pendant que des milliards d’humains crèvent de faim. Ce montant équivaut à presque le triple du produit intérieur brut des Etats-Unis égal à 12628.80 milliards de dollars pour le premier trimestre 2006 (3) pour une population avoisinant 300 millions de personnes. Il ne faut pas oublier que les Etats-Unis sont une fédération d’une cinquantaine d’Etats réputés pour être les plus riches de la planète - Terre. C’est-à-dire que le montant possédé par les riches du monde peut subvenir aux besoins d’environ 900 millions de personnes vivant au niveau de vie des citoyens des Etats-Unis. Pour les pays du Tiers - Monde, ces sommes d’argent pourraient servir à nourrir on ne sait combien d’Etats et de milliards de citoyens.

 

Parmi ces riches du monde, on dénombre « le groupe des "ultra" riches - ceux qui détiennent plus de 30 millions de dollars - s’est également élargi. Il a grimpé de plus de 10 % en 2005 pour constituer une communauté de quelque 85 400 individus »(4). Le nombre des « ultra - riches » est plus restreint et il ne représente que quelques poussières pour cent de la population mondiale dépassant les six milliards de personnes. Ce groupuscule de quelques milliers d’individus est le produit de la « sélection naturelle » à en croire les ultralibéraux.

 

Pour assurer la conservation de leur espèce, ces riches et « ultra - riches » s’appuient sur l’adage « la raison du plus fort est toujours la meilleure ». Ces gens sont parce qu’ils sont fortunés et parce que de multiples d’institutions militaires, financières, commerciales et autres leur rendent des services. Leurs « raisons » ne sont, en réalité, que des justifications fictives qu’ils utilisent comme prétextes pour défendre leurs intérêts de castes. Dans la plupart des cas, ces mensonges sont acceptés comme allant de soi par un nombre, plus ou moins grand, d’Etats, ... à force de pressions, de chantages, de campagnes de désinformation, ... Certains Etats se rallient aux thèses mensongères des « plus forts » et deviennent des parties prenantes de leurs aventures en les monnayant et en y participant activement. Ces « raisons » sont appréciées par cette coalition comme étant les « meilleures » même si, après coup, on découvre leurs caractères mensongers.

 

Alors que les sociétés transnationales, propriétés des riches, ambitionnent d’avoir la mainmise sur les ressources naturelles des différents pays, certains Etats mettent à leur disposition leurs arsenaux militaires et ceux de leurs alliés pour porter les coups nécessaires aux Etats récalcitrants en vue de les « assagir » et de les pousser à ouvrir leurs frontières à ces sociétés pour exploiter ces biens comme bon leur semble. Ces Etats se chargent de découvrir « la raison » permettant de mettre ces Etats « voyous » ou de « l’axe du mal », ... sous la tutelle de ces sociétés soit en les envahissant, soit en renversant leurs régimes, soit en finançant les « oppositions », ... Que d’interventions militaires ou autres ont été entreprises en confectionnant des scénarios semblables dans de nombreux pays.

 

C’est la « raison du plus fort » que les ultralibéraux présentent comme voie d’adaptation au contexte de la mondialisation sauvage. Les peuples et les pays, incapables de s’adapter, seront les proies des prédateurs financiers « sélectionnés naturellement » pour « veiller » sur les destinées de l’humanité. Les groupuscules des riches et ultra - riches prédateurs continuent de façonner le monde selon leurs désirs en ancrant leurs valeurs néfastes et en marginalisant plus d’humains de par le monde.

 

Les humains ne peuvent se retrouver dans cette « loi de la jungle » combien antagoniste des idéaux humanistes du patrimoine multiséculaire de l’humanité.

 

1 - Rien que le monde, entretien avec Jean-Luc Nancy, Vacarme 11, Printemps 2000.

 

2 - Maguy Day, Le nombre des très riches a crû de 500 000 dans le monde en 2005, Le Monde, Article paru dans l’édition du 23/06/2006.

 

3 - www.boursorama.com

 

4 - Maguy Day, Le nombre des très riches a crû de 500 000 dans le monde en 2005, Le Monde, Article paru dans l’édition du 23/06/2006.

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Mieux vaut opter pour la dynamique unitaire

 

Houssine

 

           

 

Les mouvements d’émancipation humaine sont, parfois, confrontés à des situations sociales et politiques pendant lesquelles ils sont appelés à faire des choix cruciaux pour leur avenir et pour l’avenir de leurs pays. Dans de tels moments, les choix, qui se présentent, sont ramenés à leur juste minimum de telle façon que ces mouvements ont à déterminer ce qu’ils doivent choisir à partir de cette dualité « de deux choses l’une » du fait que, en de semblables circonstances, l’enjeu est de taille. Il s’agit, ni plus ni moins, d’opter pour un choix stratégique à même de changer les paramètres de la politique officielle suivie durant des décennies et ayant acquis le statut de consensus aux regards des principales forces politiques s’alternant et partageant le pouvoir. C’est ce jeu d’alternance de façade qui demande à être dépassé en proposant une alternative autre que l’ultralibéralisme dont s’abreuvent la droite extrême et le social - libéralisme en train de s’initier à la surenchère sécuritaire.

 

Cet état de fait prévaut à des tournants sensibles de l’Histoire quand les pays se retrouvent à la croisée des chemins où il est de l’intérêt suprême des Etats de ne plus persister dans la conduite des affaires publiques suivant les vieux schémas, dans le cadre du capitalisme sauvage, ayant prouvé leur inaptitude à promouvoir la croissance, la justice sociale et l’équité dans la redistribution des richesses nationales. Pour ne pas que les Etats s’enlisent plus profondément dans les crises, un changement d’orientation s’impose afin de doter les pays de visions et d’idées nouvelles pour le sortir de ces ancrages capitalistes dans lesquels ils sont mis à mal par la faute des capitalistes sauvages et de leurs serviteurs qui se sont succédés aux commandes du pouvoir et qui ont préféré mettre leurs services au profit des prédateurs financiers. Ce qui veut dire que le problème réside dans le fait de ne pas choisir de s’aligner sur le courant capitaliste et qu’il faut embrasser d’autres horizons à contre - courant de la droite extrême et du social - libéralisme. C’est une façon de ne pas emprunter les chemins battus par les laquais du capitalisme sauvage pour s’introduire dans des chemins non - battus par les serviles serviteurs du capital pour œuvrer dans le sens de l’émancipation humaine. C’est-à-dire que les mouvements d’émancipation sont invités à un changement de cap vis-à-vis de l’ultralibéralisme et du capitalisme sauvage pour construire un monde autre au service des intérêts des citoyens.

 

Il va sans dire que le choix d’une alternative autre dépend des conditions objectives et subjectives propres aux pays et à ses forces politiques dans des phases données de leur histoire. Il s’agit, d’abord, de procéder à « une analyse concrète d’une situation concrète » permettant de bien appréhender la réalité nationale dans toute sa complexité en clarifiant ses multiples rouages sociaux et politiques. Ce travail de fond, dans lequel se côtoient des études d’essence sociologique et politique, est appelé à mettre en lumière, de façon aussi précise que possible, les dysfonctionnements du pouvoir d’un côté et tout ce qui est en gestation au sein de la société à tous les points de vue de l’autre. Il convient d’accorder une attention particulière au rapport des forces entre les organisations politiques en présence à l’intérieur des nations de telle manière que toutes les composantes politiques soient étudiées avec le plus de précision possible pour dégager les poids effectifs qu’elles représentent au niveau du champ national tout en intégrant dans cette analyse les forces politiques gouvernementales et les autres pour avoir une vue globale et proche de la réalité. Comme il faut se consacrer à l’estimation du degré de maturité du mouvement social ou du mouvement des masses et à ses capacités organisationnelles. C’est à partir des constats et des conclusions dégagées que les choix alternatifs, dans leurs grandes lignes et éventuellement dans leurs menus détails, se clarifient et deviennent de plus en plus concrets du fait de la mise en évidence de la situation objective et subjective réelle des pays.

 

Le problème des conditions objectives se rapporte au vécu des masses populaires sur les plans social, politique, économique et culturel. Les conditions de vie des citoyens résultent, en fait, des orientations politiques des équipes partisanes au pouvoir. Lorsque ces citoyens voient se dégrader leur niveau de vie et qu’ils sont démunis de leurs droits les plus élémentaires, il est bien évident qu’ils prennent leurs distances par rapport à ces gouvernants qui ne sont pas faits pour servir leurs intérêts surtout quand ils observent de leurs propres yeux que certaines castes, que servent les gouvernants, bénéficient de tous les avantages et accumulent les capitaux en exploitant les masses. Cette méfiance et cette contestation émanant des citoyens affaiblissent le pouvoir qui devient incapable de satisfaire les intérêts des classes qu’il représente. Cette faiblesse des gouvernants s’amplifie par l’affleurement de dissensions et de divergences des équipes au pouvoir résultant, essentiellement, de la contestation populaire à tel point que le pouvoir ne peut plus gouverner et que les citoyens ne veulent plus être gouvernés par ce pouvoir. Cela veut dire que, quand la situation en arrive à ce stade, les conditions objectives sont réunies pour le changement.

 

Ces conditions objectives ne peuvent seules apporter le changement espéré. Les conditions subjectives, relatives à l’organisation du mouvement social, doivent être, aussi, réunies. A ce niveau, il est question des différentes structures d’organisation de la société civile capables de mobiliser les citoyens, victimes des politiques suivies par les gouvernants, pour réaliser le changement escompté. Ceci veut dire qu’un mouvement de masses non organisé ne peut se targuer de réussir dans les tournants de l’Histoire faute de structures organisationnelles adéquates à même d’encadrer et de permettre la mobilisation des citoyens pour concrétiser le changement voulu par une vraie rupture avec les politiques antipopulaires des gouvernants à la solde du capital.

 

En ces temps de mondialisation sauvage, la véritable ligne de rupture se trouve entre les partis ultralibéraux et sociaux - libéraux d’une part et les courants militant pour une mondialisation humaniste et humaine d’autre part. Le courant social - libéral, à l’instar des ultralibéraux, ne prône pas autre chose qui aille à l’encontre du capitalisme sauvage. Au contraire, certaines tendances de ce courant s’adonnent à la surenchère vis-à-vis de la droite ultralibérale dans les domaines de la sécurité, de l’éducation, de la politique antisociale relative aux allocations familiales, ... Il est à signaler, également, qu’une rupture ne peut se concevoir au sein de la droite ultralibérale. Le slogan de rupture, clamé par la droite extrême, ne peut être compris que comme une simple divergence entre les ultralibéraux pour plus d’extrémisme en matière d’adoption et d’application de lois ou de mesures conduisant à l’instauration d’un capitalisme pur et dur et au sujet de « tactiques » à suivre pour mieux servir les intérêts des capitalistes sauvages.

 

La rupture, par rapport à la mondialisation ultralibérale, est assimilable à un tournant historique en ce sens qu’elle s’insurge contre son essence capitaliste. Elle se veut une alternative au capitalisme dans le cadre de la mondialisation tout en se fixant, comme objectif ultime, l’émancipation de l’Homme. Elle ne peut être que l’œuvre des diverses tendances partisanes et associatives luttant contre la mondialisation ultralibérale et pour les intérêts des citoyens qui souffrent des retombées de cette machine sauvage sur leurs conditions d’existence. De cette manière, nul ne doit se faire des illusions à propos des forces politiques porteuses d’espoir de changement. C’est à celles ayant un projet altermondialiste clair que revient d’assumer leur entière responsabilité pour cette noble alternative.

 

Lorsque la rupture transparaît et qu’elle devient même visible dans le vécu quotidien de la nation, les forces altermondialistes n’ont d’autre choix à faire que de préparer l’avènement de cette rupture. Pour être à la hauteur de leurs taches historiques, il importe que ces forces élèvent les intérêts de la nation et des citoyens au dessus de toutes les considérations partisanes ou individuelles. Ces considérations qui ne vont paraître que telles des vues égoїstes ou politiciennes étroites et, par ailleurs, de moindre importance relativement aux attentes des citoyens en pareilles circonstances. Les divergences idéologiques ou politiques, de surcroît secondaires tant que tout le monde s’accorde sur la lutte contre la mondialisation ultralibérale, ne doivent pas empêcher ces forces d’unir leurs efforts, lors de tous les combats et de toutes les échéances politiques, pour que les citoyens reprennent confiance dans leurs potentialités et leurs capacités créatrices et qu’elles adhèrent activement au processus de changement souhaité. Cette dynamique unitaire, dans la lutte contre la mondialisation ultralibérale, ne fera que renforcer et crédibiliser le camp des forces altermondialistes et des citoyens conscients de mener un combat salutaire pour leurs nations et pour l’humanité entière. Dans de telles étapes, le repli ou l’isolement dans de telles étapes, pour cause de particularisme ou de surenchère partisane, n’aboutira qu’à l’avortement des prémisses de changement que les citoyens, affectés durement par les conséquences de la mondialisation ultralibérale, appellent de leurs vœux.

 

Les forces altermondialistes, celles se réclamant de la gauche de la gauche en particulier, commettront des « fautes mortelles », selon l’expression du martyr Mehdi Ben Barka, si chacune d’elles « fait cavalier seul » dans un contexte dans lequel toutes les conditions objectives et subjectives, décrites brièvement auparavant, sont réunies qu’il s’agisse de manifestations ou d’élections présidentielles. Dans de telles conjonctures caractérisées par l’affaiblissement du pouvoir, par l’existence de plusieurs réseaux formés d’organisations et d’associations altermondialistes et par des manifestations mobilisant des millions de citoyens lors des luttes contre les lois ultralibérales visant à la précarisation de leurs situations, les nuances et les points de désaccord doivent être évalués à leur juste valeur et ils ne doivent, en aucun cas, être pris pour des justifications conduisant à s’écarter de la dynamique unitaire et pour ne pas se consacrer aux taches incombant aux forces altermondialistes. Dans de semblables occasions, l’échec de la dynamique unitaire sert, objectivement, les ultralibéraux en même temps qu’il affaiblit les forces altermondialistes et qu’il crée un climat de désespoir parmi les citoyens.

 

C’est pour cela qu’il faut que les forces politiques et associatives doivent se garder de prendre des positions isolationnistes qui sapent la dynamique unitaire dans les périodes prometteuses pour le changement pendant lesquelles les citoyens démontrent, par la recrudescence et l’intensité de leurs actions militantes, qu’ils croient fermement qu’ « un autre monde est possible ». Contrairement à ces attitudes contre l’unité du mouvement altermondialiste, toutes ces forces se doivent d’unir leurs forces et agir ensemble, lors des présidentielles par exemple, en faisant d’un fort esprit de militantisme pour se mettre d’accord sur un candidat unique, non obligatoirement membre d’un parti, en vue de vaincre les présidentiables défenseurs de la mondialisation sauvage. C’est là la tache prioritaire et le défi auxquels les forces altermondialistes doivent relever pour sauvegarder les intérêts de la nation et des citoyens des désastres de la mondialisation sauvage.

Par elkhadra - Publié dans : elkhadra
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Vendredi 14 juillet 2006 5 14 /07 /Juil /2006 08:52
Pourquoi le foot me fait si peur...
Mohamed MOURAS


Voici quelques semaines la coupe du monde de football débutait...et les calculs « politico-migratoires » aussi.

Pour un grand nombre de personnes, le mondial est synonyme de joie, de célébrations, d’argent ou peu importe. Pour ma part, outre le fait que cette année les matchs sont d’une qualité plus que moyenne, je me dois de commencer à faire mes petits calculs politiques.

La France, nation de football (enfin c’est ce qu’on nous rabâche à tous les JT, moi ce que j’en dis...), semble fortement lier politique et ballon rond. Lorsqu’il est mention de politique il faut comprendre politique d’immigration et non pas seulement politique.

Nous avons tous encore à l’esprit la déconfiture qu’à subie notre équipe nationale lors de la dernière coupe du monde en Corée-Japon, or il se trouve qu’un an auparavant le front national réalisait une percée historique dans le paysage politique français, une entrée des plus impressionnantes mais aussi et surtout des plus inquiétantes.

Ce mondial, fort mal entamé, me force à me poser des questions. Que va-t-il advenir des prochaines présidentielles, dans un an justement ? Si lorsque la France porte haut la flamme du FN, l’équipe de France se retrouve à rentrer au bercail au premier tour que pourrait-il bien advenir lorsque la France, quatre ans plus tard, réitère le même scénario footballistique. D’aucuns diront que nous ne sommes sûr de rien pour le moment, je répondrais de revisionner les matchs France-Suisse et France-Corée.

Si le même scénario footballistique est donc réitéré, il y a fort à parier que le même schéma politique le sera aussi.

Cela ne peut apparaitre qu’étant plus évident encore parce que cette fois les calendriers sont inversés. Si les « petits étrangers » de l’équipe de France ne prouvent pas qu’ils font bien partie du lot des « bons immigrés », il est quasi certain que nombres d’électeurs vont exprimer leur mécontentement, en votant massivement pour l’extrême-droite. Ainsi la France n’aura plus à subir ces maudits Zidane mais pourra enfin mettre en œuvre sa politique d’immigration choisie.

La France à malheureusement maintes fois prouvé qu’elle ne supportait les « étrangers » que lorsqu’ils marquaient des buts. L’icône Zidane est démodé. A vrai dire il est à remarquer que 4000 voitures brulées ont fait réagir la France infiniment plus que trois buts marqués en phase finale de coupe du monde. Il est fort agréable de sentir que dans son propre pays on ne vous considère que lorsque vous êtes utile, et j’entends par là corvéable exclusivement. Il est fort agréable de sentir que dans son propre pays on s’évertue à ne vous reconnaitre que des devoirs, sans jamais ou presque reconnaitre vos droits. Le droit de vivre simplement, sans devoir prouver que l’on est ceci ou que l’on n’est pas cela.

 

 

Ecce homo interger !...
Voici l’homme intègre !...

Michel Berthelot



 

Quand on sait l’honnêteté, la correction, la droiture, la rigueur, la rectitude, le sens de la retenue, que Zinédine Zidane a montré et démontré tout au long de sa carrière de footballeur... On imagine assez aisément ce que cet "enfoiré de tatoué transalpin" a dû lui susurrer lâchement à maintes reprises, lui signifier en gestes odieux et lui cracher en termes abjectes pour le mettre hors de lui et le faire sortir ainsi de ses gonds lui le modeste, le sobre, le réservé, le timide...

Quelle force de caractère dans l’insupportable, quelle maîtrise de soi dans l’inacceptable... Réagir juste ce qu’il faut pour laver l’outrage sans blesser l’immonde qui l’insultait dans ce qu’il a de plus cher... Alors qu’il lui suffisait de hausser simplement d’un cran le coup de boule en pleine gueule au lieu de la poitrine pour lui éclater la tronche et lui interdire de se moucher pendant plusieurs semaines !...

Je sais, je sais !... D’aucuns que j’entends bien me précisent astucieusement "qu’il aurait dû attendre d’être de retour dans les vestiaires pour lui casser abondamment la gueule parce que sur le terrain c’est indigne d’un grand sportif !... Que sans cette expulsion il pouvait faire gagner l’équipe de France en fin de prolongation ou lors des tirs au but... Et qu’ensuite quel départ avec panache... Quelle retraite glorieuse !..."

Bien sûr et pourquoi pas un panache avec des plumes dans le cul pour ajouter à la beauté du spectacle... Et mettre par-ci, par-là une légère touche de brio, de clinquant et d’allant supplémentaires... La cerise sur le glaviot en quelque sorte !... Après tout, comme l’a si bien dit un précédent empanaché : "Paris vaut bien une messe !"... Donc, logiquement, "Enculé d’arabe, va niquer ta mère", ça tu le mets paisiblement dans la poche de ton short afin d’être pour de bon cet enculé qu’on te demande d’être juste le temps que ton pays soit champion du monde... Tu comprends bien que c’est ça l’important... Tape dans le ballon comme tu le dois, jongle avec la baballe pour le prix qu’on te paie... C’est primordial, le reste... Au vestiaire !... Ta fierté, au vestiaire !... Ta mère, au vestiaire !... Ton honneur, au vestiaire !... Ta vie, au vestiaire !...

Ce qui importe c’est que le ballon tourne rond pour ta patrie... Alors comprends-le et sois cet enculé juste le temps de gagner, cela seul est méritoire et fait bander le citoyen... Meurs de honte et d’humiliation s’il le faut mais surtout que la France gagne... Ça c’est honorable... Et que le spectacle soit à la hauteur de nos investissements en téléviseurs "HD Ready" afin d’amortir le contenant par le contenu... À propos de contenu, Patron, resservez-nous donc avant le coup de sifflet final !...

Tandis que là... C’est Cyrano, c’est d’Artagnan, c’est Ruy Blas, C’est le Cid... Victor Hugo, Molière, Dumas auraient été fiers de ce français-là... Quant à Shakespeare il en aurait aussitôt fait une nouvelle tragédie pour les tréteaux du Globe avant que Ben Jonson ne lui soufflât le sujet... C’est beau... C’est rare... C’est humain comme ça n’ose plus assez l’être de nos jours... C’est même très politiquement incorrect... C’est d’ailleurs pour cela que le président Chirac l’a immédiatement soutenu et réconforté...

Je dois dire que j’ai si peu eu l’occasion depuis douze ans d’être en phase et en harmonie avec notre monarque que je n’ai pas boudé mon plaisir !... En effet, l’hommage dithyrambique à François Mitterrand lors de son décès et le soutien à Zinédine Zidane auront probablement été tout au long de ces douzes interminables années de règne les deux uniques satisfactions que m’aura apporté Jacques Chirac !... C’est donc suffisamment exceptionnel et inattendu pour que je le note ici... Que voulez-vous je suis ainsi fait... Provocateur né, j’adore choquer à la fois le bourgeois et le crypto-communiste... Je suis un vilain petit canard boiteux de l’altermondialisme... Pourtant on me l’a répété plusieurs fois... "Fais pas le con, t’as une bonne place !"... Mais c’est plus fort que moi, faut que je la ramène !...

"On n’ose plus être simplement humain de cette façon de nos jours", disais-je avant que vous ne me forciez à vous confier mes plaisirs honteux, mes turpitudes ignominieuses et mes satisfactions contre nature en la douteuse compagnie de notre monarchie présidentielle...

Moi j’aime l’intégrité de cet homme simple aux jambes intelligentes et aux pieds magiques... Pour lequel l’image médiatique, le ballon rond, l’intérêt financier, la vaine gloriole régressent brusquement au second plan au bénéfice de ce qui lui importe le plus finalement dans sa vie : sa famille et sa qualité d’homme qu’il ne tolère pas qu’on avilisse, qu’on bafoue et qu’on humilie impunément...

Michel Berthelot

 

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Le football aux footballeurs » - 9 juillet 2006 - par PROPOS RECUEILLIS PAR FAOUZI MAHJOUB Avec les programmes PAF, Goal et « Gagner en Afrique avec l’Afrique », vous avez, depuis votre accession à la présidence de la Fifa, lancé une sorte de plan Marshall à destination des fédérations africaines. Est-ce le meilleur moyen de venir en aide au football du continent ?

Joseph S. Blatter : Ces trois programmes ne sont pas des projets à court terme, mais bien des outils de développement du football inscrits dans la durée. La Fifa assure un suivi permanent des infrastructures réalisées. Elle participe aussi à la formation des cadres qui en ont la gestion. Notre objectif est de donner à l’Afrique tous les moyens de se prendre en charge dignement. La philosophie de nos programmes intègre la notion de durabilité.

À l’occasion de la 38e session ordinaire du comité exécutif du Conseil supérieur du sport en Afrique (CSSA), Yahia Guidoum, le ministre algérien de la Jeunesse et des Sports, qui préside actuellement le CSSA, a dénoncé « la position inique, unilatérale et expéditive de la Fifa à l’endroit de certaines fédérations nationales de certains pays africains, dont l’Algérie ». Le leader libyen Mouammar Kaddafi, considère, lui, la Fifa comme un organe opaque au service des intérêts de quelques-uns et le football comme la source de bien des fléaux comme le racisme, la corruption ou l’esclavage moderne. Les relations ne semblent pas s’améliorer entre vous et un certain nombre de pays africains…

Soulignons d’abord que la Fifa respecte évidemment la souveraineté des États. Mais en autorisant leur fédération à rejoindre notre institution, ces derniers acceptent aussi de limiter le pouvoir dont ils disposent sur leur football. Personne n’est contraint d’adhérer à la Fifa et donc d’en respecter les principes et d’en suivre les décisions. En outre, les compétences ne doivent pas être confondues. Le foot doit être géré par les gens du foot et non par les politiques, qui ont d’autres objectifs. Tout se passe bien du reste dans la majorité des pays. Il n’y en a que peu où les ministres des Sports ne réalisent pas qu’ils ne sont pas « ministres du Football ».

Les fléaux dénoncés par Mouammar Kaddafi ne trouvent pas leur origine dans le football, mais dans nos sociétés. Le racisme n’est pas « dans » le football, mais « autour » du football. J’ajouterais même que le foot est un exemple d’intégration. Ce qui n’empêchera pas la Fifa de poursuivre sa lutte contre cette dérive. Nous avons récemment frappé fort pour bouter le racisme hors des stades et nous allons continuer aussi longtemps qu’il le faudra pour l’éradiquer. Enfin, comment Mouammar Kaddafi peut-il nous accuser d’esclavagisme avec les joueurs africains, alors qu’en organisant la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud nous manifestons notre attachement à ce continent et à son football ?

La Fifa exige plus particulièrement des fédérations nationales démocratie et bonne gouvernance. Ces pratiques sont-elles exportables ?

Depuis trois ans, nous faisons un énorme effort de réorganisation des fédérations sur tous les continents : indépendance, élections, refonte et démocratisation des statuts, élimination des dirigeants malhonnêtes, association des acteurs du foot aux mécanismes de décision, etc. Tout n’est pas parfait, mais les progrès sont notables.

À plus ou moins long terme, envisagez-vous de faire réviser les statuts de la Fifa dans le sens d’une plus grande démocratisation (rotation entre les continents à la tête de l’organisation, limitation des mandats du président et des membres du comité exécutif, parité entre les continents au CE) ?

Depuis sa fondation en 1904, la Fifa s’adapte régulièrement pour épouser les évolutions du football. Ainsi l’Afrique y a-t-elle gagné la place qu’elle mérite. De futurs amendements sont, par conséquent, envisageables. La démocratie au sein de la Fifa, elle, est déjà forte et vivante. L’équation « une fédération égale une voix au congrès » en est la meilleure illustration. Mais je ne suis pas en faveur de la rotation. Je préfère que le candidat en qui le congrès se reconnaît l’emporte, quelle que soit son origine géographique. Je suis également opposé à la limitation des mandats. Pourquoi se priver d’un président compétent à partir du moment où le congrès peut en changer quand il le juge opportun ?

D’un côté, vous menez une lutte sans merci contre le racisme dans le foot. De l’autre, vous êtes en faveur de l’identité locale, régionale ou nationale au sein des clubs et avez critiqué ceux qui disposent d’une ossature à forte dominance étrangère. Vous avez même proposé que soit instaurée la règle du 6 (nationaux) + 5 (étrangers). Pour l’organisateur de spectacles sportifs qu’est la Fifa, le talent ne compte donc pas plus que les passeports ?

Il n’y a aucune contradiction. Dans le football européen, le nombre moyen de joueurs étrangers s’élève à 45 % alors que ce chiffre n’atteint que 8 % à 9 % au sein de la population de l’Union européenne. Le football est donc très en avance sur ce plan. En fait le « 6+5 » vise à rééquilibrer le niveau entre les clubs, les plus riches - ou présumés tels - privilégiant le recrutement des meilleurs joueurs de la planète au détriment de la formation des jeunes, du travail à long terme et finalement de l’incertitude de la compétition.

Pourquoi les chaînes de télévision nationales d’Afrique du Nord n’ont-elles pas eu droit à la gratuité des images du Mondial 2006, comme le reste du continent (sauf en Afrique du Sud) ? Pourquoi la Fifa a-t-elle négocié un contrat avec un opérateur privé propriétaire d’une chaîne à péage ?

La Fifa n’a pas négocié directement

 

 

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Vendredi 14 juillet 2006 5 14 /07 /Juil /2006 08:51
TARIK RAMADAN

Quel humanisme pour l’islam ?

par Tariq Ramadan

 

Le rôle de la Révélation

Après avoir évoqué tous ces aspects de l’homme, il reste, en ce qui concerne l’humanisme, une véritable question dont on parle d’ailleurs assez peu dans les traditions philosophiques ou religieuses de l’Occident, catholique ou protestant.

Quel est le rôle de la Révélation ?

On ne peut pas parler de l’homme et de l’humanisme sans se poser cette question. Quelle est en effet l’autonomie de l’homme ? On vient de parler de limites. On vient de dire que la raison est libre, mais qui fixe la limite ? Est-ce uniquement la raison qui s’autorégule ou est-ce qu’il y a une "révélation" qui régule notre pratique rationnelle ? Pour l’Islam, la seconde éventualité demeure la plus vraie, car c’est le Coran qui contient cette Révélation.

Mais faut-il considérer qu’on est enfermé dans les Ecritures parce qu’on les cite sans arrêt ? Tout dépend de la façon dont on cite ; est-ce pour s’enfermer ou pour s’orienter ? grande différence. On peut citer un texte en perdant son humanité ou en la valorisant : en perdant mon humanité, c’est que le texte m’ignore ; en valorisant mon humanité, c’est que le texte appelle chez moi une humanité à faire, et non une humanité à nier.

La question, en vérité, n’est pas la fréquence des citations mais le contexte dans lequel elles sont insérées. Si l’on ne comprend pas le type de proximité que les musulmans ont avec le texte, on ne les comprendra pas. Une des choses les plus importantes dans la tradition musulmane est l’acquisition du texte et son assimilation. Il y a des centaines de milliers de gens qui connaissent tout le Coran par cœur : c’est l’aspect de la connaissance du texte, connaissance par le cœur, dans le cœur et pas seulement dans la tête (un enseignant musulman dans une banlieue française s’indignait : ils savent un dixième du Coran et ce sont des délinquants !). Un texte acquis dans le cœur illumine le réel, il n’enferme pas. Toute la question est donc bien de savoir comment on cite.

Cela étant dit quant à la place et au rôle du texte, que dit la Révélation et comment s’exprime-t-elle ?

La Révélation est d’abord une confirmation.

On ne peut pas comprendre le rôle de la Révélation selon la tradition musulmane si l’on n’a pas compris tout ce qui a été dit plus haut sur la conception de l’homme. Nous sommes ici à mille lieues de toute la pensée existentialiste, au premier rang de laquelle on peut mettre celle de Kierkegaard. Rien n’est plus étranger à la pensée musulmane que la pensée de Kierkegaard, ne serait-ce que par le statut qu’il donne à la Révélation (celui d’une interpellation surnaturelle adressée à l’homme et qui intervient de l’extérieur, en rupture avec l’ordre de la nature)

Pour la pensée musulmane, la Révélation n’est pas un événement qui sort de l’ordre naturel, mais au contraire le confirme : Lumière sur lumière, dit une formule coranique ; la lumière de la Révélation vient confirmer la lumière du cœur. Il faut s’attacher à une formule tout à fait intéressante de Abu Hâmid al-Ghazali : le message, dans sa lettre, est une révélation extérieure ; la raison est une révélation intérieure. En d’autre termes, mon intelligence m’apporte une révélation qui vient de l’intérieur et qui est confirmée par la Révélation ; je porte en moi une révélation que la Révélation vient confirmer. Cette façon de voir est très importante dans la tradition musulmane.

Montaigne, par exemple, nous parle du "Grand Livre du Monde". Cette idée provient en fait d’une tradition orientale qui est reprise dès le VIIIème siècle dans la tradition musulmane et qui met en évidence l’idée d’un livre révélé (le Coran, qui comprend la Bible hébraïque, la Torah,, les psaumes, L’évangile et qui reconnaît tous les prophètes) et l’idée d’un livre déployé qui est l’Univers. Tout ce qui rappelle Dieu dans l’Univers est un signe ; et tous les versets de la Bible et du Coran sont stipulés comme étant également des signes (c’est le même mot). Le signe du texte écrit renvoie au signe du "texte" créé, c’est-à-dire la création. Il y a tout un jeu de correspondances entre le microcosme et le macrocosme.

La Révélation est donc une "lumière" qui vient confirmer une autre lumière et qui doit stimuler l’intelligence. C’est pourquoi, à maintes reprises, Dieu interpelle dans le Coran ceux qui sont doués d’intelligence. Qu’est-ce que le discernement : c’est voir avec le cœur ce que la raison voit comme élément. Le cœur ajoute la dimension du signe. Tous les mots, dans le Coran, renvoient à cette idée de la confirmation de ce qui nous habite déjà.

La Révélation est ensuite une orientation

La Révélation oriente ce qui nous appelle. Nous cherchons ; elle nous oriente. Par rapport à Dieu il y a des exigences. Par rapport au monde, la Révélation va nous donner des orientations dans quatre domaines (pour simplifier).

- le rapport au Divin

La Révélation oriente dans le rapport que l’on a avec le divin. Raison pour laquelle le terme Islam signifie avant tout soumission à Dieu (qui dépasse d’ailleurs le cadre des seuls musulmans : Abraham était soumis à Dieu). L’Islam se traduit par un acte de foi, et non par la référence à un homme, ni à un peuple, ni à une tradition. Par cet acte lui-même, par l’acte par lequel le cœur reconnaît ce qui l’appelle, l’homme revient à son origine. C’est le chemin vers la Source vive. Lors de la mort d’une personne, nous disons : nous sommes à Dieu, c’est vers Lui que nous retournons. Dans cette première orientation, ce que nous trouvons dans le texte, c’est le rappel du rapport au Divin : comment être avec Dieu ? se connaître pour cheminer vers la Source. Pour devenir musulman, il faut reconnaître qu’il n’y a qu’un Dieu et que le dernier prophète est Son prophète.

Ensuite il nous faut savoir comment être musulman, c’est-à-dire comment revenir à cette Source : Il faut se chercher, retourner à son cœur, s’analyser et faire un bilan de conscience, ce qui est véritablement renvoyer l’homme à lui-même.

Dans la tradition musulmane il n’est pas déclaré que l’homme soit à l’image de Dieu. Dieu est au-delà de tout ce que l’on peut imaginer. Rien ne Lui est semblable et rien ne peut s’approcher de Lui. On peut s’orienter intellectuellement vers la compréhension de Ses qualités mais jamais dans la définition de Son Etre. Ce qui nous rapproche de Dieu c’est une réflexion sur l’étincelle qu’Il a mise en nous, mais jamais pour Le définir, toujours pour nous rapprocher. Le rapport à Dieu n’est jamais un rapport de définition ou de captation intellectuelle, mais un rapport de proximité spirituelle. On doit sentir cette proximité : c’est toute la tradition soufie, mais c’est aussi la tradition orthodoxe.

- le rapport de soi à soi

Il va y avoir ici, systématiquement, une valorisation de la dimension de l’homme, au nom de son innocence, au nom de sa responsabilité, avec l’exigence de son humilité. En permanence on relèvera dans la confiance les qualités que l’homme a, mais dans le souci d’être méfiant. chacun d’entre nous sait que certaines de ses qualités, dans certaines conditions, peuvent devenir des défauts. L’émotion et la sensibilité sont en soi positives. Mais une sensibilité mal placée peut se retourner et devenir un défaut. Une générosité peut devenir un défaut si elle est excessive. C’est là un aspect fondamental de ce que l’on peut appeler l’humanisme musulman : mettre en évidence une valorisation importante de ces qualités, mais avec le souci de cette maîtrise à tous les niveaux. Il nous faut reconnaître que nous sommes avant tout un don de celui qui nous a créés. La tradition prophétique dit que notre corps ne nous appartient pas et que chaque élément de notre être a des droits sur nous.

C’est la raison pour laquelle l’Islam commence toujours par l’universalité de la responsabilité avant l’universalité du droit. C’est la source d’un débat sur la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. On peut reconnaître sa valeur universelle en matière de droits. Mais on peut s’interroger sur sa pertinence à guider les hommes en matière de responsabilité.

Nos religions, en effet, nous enseignent que c’est notre responsabilité qui oriente nos droits. Si, en revanche, seul le droit circonscrit la responsabilité, chaque homme peut devenir, au nom de son droit, un être des plus destructeurs, qui légitime tout au nom du droit, ce que l’on a appelé la dictature du droit. Or nous sommes effectivement aujourd’hui dans une société du droit. Mais la vraie question est alors que, si nous avons des droits, quelle est la responsabilité qui habille notre droit ? Un droit "non habillé" de responsabilité est au risque de l’orgueil. Nous avons la responsabilité de la liberté de notre corps. Nous ne pouvons pas faire n’importe quoi de notre corps. C’est là une orientation éthique.

- le rapport de soi à sa famille

On ne peut que souligner avec force que le noyau de l’humanisme islamique n’est pas l’individu seulement. L’être humain est un être de sociabilité et sa première sociabilité est la famille. Lorsqu’on dit en occident que l’autonomie de la raison et le primat de l’individu sont deux fondements de la modernité, cela pose un problème en Islam. Il n’y a pas pour l’Islam de primat de l’individu en ce sens qu’il serait dégagé de tout lien d’humanité ; son premier lien d’humanité est le lien avec la famille. Il y a omniprésence de cette préoccupation : un humanisme au cœur même de la première relation sociale qui est celle de la reconnaissance des père et mère. Ce sont des valeurs déterminantes. Le droit de l’individu ne peut jamais faire fi de la responsabilité familiale. Reste à voir comment tout cela peut être géré, car cela peut devenir oppressant. Toute la question est de savoir où est l’équilibre.

- le rapport de soi à la société

Nous n’entrerons pas dans tous les détails. Il ne peut y avoir non plus ni science ni économie sans orientation, c’est-à-dire sans éthique. Ce qui gêne aujourd’hui dans tout le débat actuel sur la mondialisation, c’est qu’il faudra bien que l’on exige véritablement du consommateur et de l’ordre économique, d’aller plus loin. Il va falloir s’interroger non seulement sur le primat de l’économique au regard de tout autre type de rapport humain, mais finalement aussi sur l’éthique en économie. Au nom de quoi fait-on ce que l’on fait ? peut-on dégager d’aussi importantes sommes de bénéfices ?

La culture nous interpelle aussi profondément : Y a-t-il, ou non, une éthique en matière culturelle ? Peut-on, au nom de la liberté d’expression, admettre n’importe quelle expression et dire : libre est mon expression et elle peut dépasser tout limite éthique ? Sans doute l’expression artistique a son domaine spécifique. Mais quand une société est questionnée, de façon profonde, sur la liberté d’expression, au niveau de la sexualité par exemple, quand elle est placée en face d’un certain public, un public d’enfants ou d’adolescents notamment, elle ne peut pas systématiser un mode unique d’expression. Nous ne nous cachons pas de poser les vraies questions, quitte à paraître réactionnaires, alors que nous aimerions plutôt nous dire responsables. Quels principes gèrent la production culturelle ? Est-ce-que ce ne sont que des principes financiers ? Nous sommes tous confrontés aux mêmes problèmes.

Pour terminer, nous dirons que cet humanisme musulman, fondé sur une orientation, aboutit à la plus difficile des notions : en toutes choses, entre l’innocence, la raison et les choix que nous sommes amenés à faire, la position de l’équilibre est déterminante ; ne rien nier de ce que nous sommes, mais savoir nous maîtriser, pour tendre vers ce que nous voulons être. C’est une humanité qui fait face à elle-même, qui se valorise en connaissant les risques mais en exigeant de maîtriser ces risques et de maîtriser les excès.

Telles sont les lignes essentielles de l’humanisme musulman, qui se traduit au travers de la philosophie, au travers de la théologie et aussi au travers des perspectives, et qui recoupe dans ses conclusions, beaucoup de ce que l’on trouve dans les traditions chrétiennes et dans les traditions juives. Mais il est vrai qu’aujourd’hui - et nous y insistons beaucoup - au nom de la conception de l’homme, il est extrêmement difficile, au cœur même de l’Occident, pour quelqu’un de tradition musulmane, d’accepter sans réagir l’affirmation d’une primauté absolue des droits des êtres humains, sans qu’il soit insisté, en rapport précisément avec la Transcendance, sur l’obligation d’une responsabilité active.D’où les débats et les confrontations intéressantes et possibles entre les deux traditions.

 

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Avec le Prophète Muhammad (Paix soit sur lui)

 

La douceur, l’attention et l’amour

 

Par Tariq Ramadan

 

La douceur, l’attention et l’amour

Dans son quotidien, alors qu’il était préoccupé par les attaques, les trahisons et la soif de vengeance des ennemis, il restait attentif aux détails de la vie et aux attentes de chacun mêlant de façon permanente la rigueur et la générosité de la fraternité et du pardon. Ses compagnons l’observaient prier durant de longues heures de la nuit, seul, loin des hommes, isolé dans le murmure de ses prières et de ses invocations qui nourrissaient son dialogue avec l’Unique. `Aïsha, son épouse, en était impressionnée et étonnée : « Ne t’imposes-tu pas trop [d’actes de dévotion] alors que Dieu t’a déjà pardonné tes fautes passées et futures ? Et le Prophète de répondre : Comment pourrais-je ne point être un serviteur reconnaissant [qui remercie] ? »[1] Il n’imposait point à ses compagnons ce qu’il s’imposait de pratiques, de jeûnes, de méditations. Au contraire, il exigeait d’eux qu’ils allègent leur fardeau et qu’ils évitent l’excès : à certains compagnons qui voulaient mettre un terme à leur vie sexuelle, prier durant les nuits entières ou jeûner sans discontinuer (comme ‘Uthmân ibn Maz’ûn ou ‘Abd Allah ibn ‘Amr ibn al-‘As), il disait : « N’en fais rien ! Mais jeûne certains jours et mange certains jours. Dors une partie de la nuit et veille une autre partie en accomplissant la prière. Car ton corps a sur toi des droits, tes yeux ont sur toi un droit, ta femme a sur toi un droit, ton hôte a sur toi un droit... »[2] Il s’exclama un jour, et répéta trois fois : « Malheur aux exagérateurs [rigoristes] !!! »[3] et, en une autre circonstance : « La modération, la modération ! Car c’est seulement par la modération que vous arriverez à bon port. »[4]

Il n’avait de cesse d’apaiser la conscience des croyants qui avaient peur de leurs faiblesses et de leurs manquements. Un jour, le compagnon Handhala al-Usaydî rencontra Abû Bakr et lui confia être persuadé de sa profonde hypocrisie tant il se sentait traversé de sentiments contradictoires : dans la présence du Prophète, il n’était pas loin de voir le paradis et l’enfer mais lorsqu’il s’en éloignait, il était distrait par sa femme, ses enfants et ses affaires. Abû Bakr lui confia à son tour qu’il vivait les mêmes tensions. Ils s’en allèrent voir le Prophète et le questionner sur cet apparemment triste état de leur spiritualité. Handhala lui exposa la nature de ses doutes et Muhammad lui répondit : « Par Celui qui détient mon âme entre Ses mains, si vous aviez le pouvoir de demeurer dans l’état [spirituel] où vous êtes en ma compagnie et dans le souvenir permanent de Dieu, les anges vous serreraient la main dans vos lits et sur les chemins. Mais il n’en est rien, Handhala, il est une heure pour cela [la dévotion, le souvenir] et une heure pour cela [le repos, la distraction]. »[5] Il n’y avait donc là aucune des dimensions de l’hypocrisie mais simplement la réalité de la nature humaine qui se souvient et oublie, qui a besoin de se souvenir justement parce qu’elle oublie. Parce que les humains ne sont point des anges.

En d’autres circonstances, il les surprenait en affirmant que c’était au cœur même de leurs besoins les plus humains, dans l’humble reconnaissance de leur humanité, que s’exprimait la sincérité d’une prière, d’une aumône ou d’un acte d’adoration. « La prescription du bien est une aumône, la proscription du mal est une aumône. Dans vos relations sexuelles avec vos épouses, il y a une aumône. » Ses compagnons, surpris, lui dirent : « O Messager de Dieu, quand l’un de nous satisfait son désir [sexuel] et il en reçoit en plus une récompense ? » Muhammad répondit : « Dites-moi, si l’un d’entre vous avait eu une relation illicite, n’aurait-il point commis un péché ? C’est pourquoi lorsqu’il a une relation licite, il en reçoit la récompense. »[6] Ainsi les invitait-il à ne rien nier ou mépriser de leur humanité mais il leur enseignait qu’il s’agissait, au fond, d’apprendre à se contrôler. La spiritualité c’est à la fois accepter ses instincts et les maîtriser : vivre ses désirs naturels à la lumière de ses principes est une prière. Jamais une faute, encore moins de l’hypocrisie.

Le Prophète détestait entretenir chez ses compagnons un inutile sentiment de culpabilité. Il leur répétait de ne jamais cesser de dialoguer avec l’Unique qui est l’Infiniment Bon, le Miséricordieux qui accueille chacun dans Sa grâce et Sa bonté et aime la sincérité des cœurs qui regrettent et reviennent à lui. C’est le sens profond de « at-tawba » offerte à chaque conscience : le « retour sincère à Dieu », après un oubli, un écart, une faute. Dieu aime ce retour sincère auprès de Lui et Il pardonne et purifie. Le Prophète en donnait l’exemple lui-même en de nombreuses circonstances. Un Bédouin vint un jour uriner dans la mosquée et les compagnons se précipitèrent sur lui et voulurent le battre. Le Prophète intervint et leur dit : « Laissez-le en paix et versez simplement un seau d’eau sur son urine. Dieu ne vous a suscités que pour faciliter les obligations et non point pour les rendre difficiles. »[7] `Aïsha rapporte par ailleurs qu’un homme vint un jour trouver le Prophète et lui dit : « Je suis perdu ! » Le Prophète lui demanda « Pourquoi donc ? » Celui-ci lui confia : « J’ai eu commerce avec ma femme pendant les heures de jeûne du mois du Ramadan ! » Muhammad lui répondit : « Fais donc l’aumône ! » à quoi l’homme répondit : « Je ne possède rien ! » puis il s’assit non loin du Prophète. Un homme vint alors apporter au Prophète un plat de nourriture[8]. Le Prophète appela : « Où est donc l’homme perdu ? - Ici, répondit-il. » Muhammad lui dit : « Prends cette nourriture et va la donner en aumône ! - A plus pauvre que moi ? Mais ma famille n’a rien à manger ?! - Alors mangez-la vous-mêmes. » répondit le Prophète en souriant.[9] Cette douceur et cette bonté étaient l’essence même de son enseignement et il répétait : « Dieu est doux (Rafîq) et Il aime la douceur (ar-rifq) en toute chose »[10] en ajoutant : « Il donne pour la douceur ce qu’Il ne donne pas pour la violence ou toute autre chose. »[11] Il confia à l’un de ses compagnons : « Il y a en toi deux qualités que Dieu aime : la clémence (al-hilm) et la longanimité [la grandeur d’âme, la tolérance] (al-anâ) »[12] et il invitait tous les compagnons à ce constant effort de la douceur et du pardon : « S’il te parvient de ton frère une chose que tu désapprouves, cherche-lui une à soixante-dix excuses. Si tu ne trouves pas, dis [persuade-toi] que c’est une excuse que tu ne connais pas. »[13]

Autour de la mosquée, à proximité de la demeure du Prophète, s’étaient installés certains nouveaux convertis à l’islam qui n’avaient pas de toit et étaient souvent privés de nourriture. Démunis (parfois volontairement car certains désiraient vivre l’ascèse loin des biens du monde), leur subsistance dépendait des aumônes et des dons des musulmans : leur nombre ne cessait d’augmenter et ils furent bientôt appelés « ahl as-suffa » (les gens du banc).[14] Le Prophète était très concerné par leur situation et manifestait une solidarité permanente à leur égard. Il les écoutait, répondait à leurs questions et était attentif aux besoins de chacun. C’était une des particularités de sa personnalité et de ses enseignements avec ahl as-suffa comme avec l’ensemble de sa communauté : à la même question sur la spiritualité, la foi, l’éducation ou le doute, il apportait des réponses différentes et adaptées qui tenaient compte de la psychologie, du vécu et de l’intelligence de celle ou de celui qui l’apostrophait. Ceux-ci se sentaient vus, respectés, compris, aimés et, en effet, il les aimait, le leur disait et leur conseillait, en sus, de ne jamais oublier de se confier mutuellement leur amour : « Quand quelqu’un aime son frère [sa sœur] qu’il lui fasse part de son amour pour lui [elle]. »[15] Au jeune Mu’âdh ibn Jabal, qu’il saisit un jour par la main, il murmura : « O Mu’âdh, par Dieu, je t’aime. Et je te conseille, ô Mu’âdh, de ne pas oublier de dire, à la suite de chaque prière rituelle : ‘O Dieu, aide-moi à me souvenir de Toi, à Te remercier et à parfaire mon adoration à Ton égard’ »[16] Le jeune homme s’est ainsi vu offrir en un seul élan et l’amour et l’enseignement spirituel et ce dernier était d’autant plus profondément assimilé qu’il était enveloppé de cet amour.

[1] Hadîth rapporté par al-Bukhârî et Muslim

 

[2] Hadîth rapporté par al-Bukhârî.

 

[3] Hadîth rapporté par Muslim

 

[4] Hadîth rapporté par al-Bukhârî

 

[5] Hadîth rapporté par al-Bukhârî et Muslim

 

[6] Hadîth rapporté par al-Bukhârî et Muslim.

 

[7] Hadîth rapporté par al-Bukhârî

 

[8] Selon une version, il s’agissait de dattes. Un autre transmetteur, du nom de ‘Abd ar-Rahmân, indiquait quant à lui ne pas savoir de quoi il s’agissait exactement.

 

[9] Hadîth rapporté par al-Bukhârî et Muslim

 

[10] Hadîth rapporté par al-Bukhârî et Muslim

 

[11] Hadîth rapporté par al-Bukhârî

 

[12] Hadîth rapporté par Muslim

 

[13] Hadîth rapporté par al-Bayhaqî

 

[14] Un banc avait été installé à leur intention à proximité de la mosquée. Certains commentateurs, cherchant l’origine du mot « sûfî » (sufisme), l’ont lié à ces « ahl as-suffa » dont certains avaient fait le choix délibéré de la pauvreté et de l’éloignement du monde, des désirs et de la possession.

 

[15] Hadîth hassan (bon) rapporté par Abû Dâwud et at-Tirmidhî

 

[16] Hadîth rapporté par Abû Dâwud et an-Nasâ’î

 

Par elkhadra - Publié dans : elkhadra
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Vendredi 14 juillet 2006 5 14 /07 /Juil /2006 08:48
ISLAM EN MOUVEMANT
Federal Judge Says Government Must Act on Muslim Scholar’s Visa Request
par ACLU



NEW YORK — A federal judge today ruled that the government cannot continue to stonewall the visa application of Tariq Ramadan, a prominent European Muslim scholar, and that the government cannot bar non-citizens from the United States simply because of their political views. The decision comes in a lawsuit brought by the American Civil Liberties Union and the New York Civil Liberties Union challenging a part of the Patriot Act known as the “ideological exclusion” provision.

 

 

 

“Today’s ruling reaffirms that the government cannot use the immigration laws to silence and stigmatize its political critics,” said Jameel Jaffer, Deputy Director of the ACLU’s National Security Program and lead attorney in the case. “As the court recognized, the ideological misuse of the immigration laws has significant effects on the freedom of academic and political debate inside the United States.”

The ACLU brought the lawsuit on behalf of the American Academy of Religion, the American Association of University Professors and PEN American Center. The groups say that the government’s refusal to allow Ramadan into the country is violating their right to hear constitutionally protected speech.

In 2004, Ramadan accepted a tenured position at the University of Notre Dame, but the government later revoked his visa, referring to a provision of the Patriot Act that applies to non-citizens who have “endorsed or espoused terrorism.” In the decision issued today, however, Judge Paul A. Crotty of the U.S. District Court for the Second Circuit noted that Ramadan “shuns violence as a form of activism and has consistently spoken out against terrorism and radical Islamists.” Judge Crotty also pointed out that, “while the United States has not granted Ramadan a visa to enter the country, Great Britain, its one staunch ally in the battle against terrorism, has not only admitted him into England so that he may teach at Oxford, but has enlisted him in the fight against terrorism.”

Ramadan submitted a new visa application in September 2005 but the government has not acted upon it, arguing that Ramadan might make future comments that would render him inadmissible under the Patriot Act provision. Judge Crotty emphatically rejected that argument.

“Allowing the government to wait for ‘possible future discovery of statements’ would mean that the government could delay final adjudication indefinitely, evading constitutional review by its own failure to render a decision on Ramadan’s application. The Court will not allow this,” wrote Judge Crotty.

Throughout his ruling, Judge Crotty underscored the need for judicial review in this case, stating that the government may not invoke national security “as a protective shroud to justify the exclusion” of people whose political views it disfavors.

“While the Executive may exclude an alien for almost any reason, it cannot do so solely because the Executive disagrees with the content of the alien’s speech and therefore wants to prevent the alien from sharing this speech with a willing American audience,” wrote Judge Crotty.

“Americans have a right to meet with foreign scholars and to hear speech that is protected by the First Amendment,” said ACLU attorney Melissa Goodman. “The free exchange of ideas is a fundamental cornerstone of our democracy that should not be abandoned simply because the administration is afraid of its critics.”In addition to Jaffer and Goodman, attorneys in the case are Judy Rabinovitz and Lucas Guttentag of the ACLU Immigrants’ Rights Project ; Arthur N. Eisenberg of the NYCLU ; and New York immigration lawyer Claudia Slovinsky. The lawsuit was brought against Department of Homeland Security Secretary Michael Chertoff and Secretary of State Condoleezza Rice.

Source : ACLU

 

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DECLARATION D’ISTANBUL

 

(Topkapı Declaration)

In the Name of God, the Compassionate, the Merciful.

 

“O mankind ! Behold, We have created you from a male and a female, and have made you into nations and tribes, so that you might come to know one another. Verily, the noblest of you in the sight of God is the most pious among you.. Behold, God is All-Knowing, All-Aware.” (Al-Hujurat, 49:13).

• Islam’s presence in Europe is not a new phenomenon but a historically long and culturally rich one. Its interaction with European society sparked a flowering in knowledge. Large numbers of Muslims have continuously inhabited the Balkans, Eastern and Central Europe for hundreds of years. Muslims have played an important role in the transfer and production of knowledge to and in Europe. They have subsequently helped to rebuild the economies of a war torn continent in the 1950s, arriving as immigrants seeking employment and settling to make Europe their home. In almost every field of life Muslims have thus been an integral part of the European tapestry. European Muslims today are at home in Europe ; they have been contributors to Europe ’s past and are stakeholders in its future.

• We recognise that European societies value openness, inclusiveness and democracy. European Muslims have a great opportunity to flourish as citizens in a pluralistic environment benefiting from access to education, prosperity and development. As citizens Muslims are obliged by Islamic law to obey the legislation of their countries particularly when they enjoy freedom of worship and benefit from social justice. As loyal citizens they are obliged to defend their countries against aggressors.

• Similarly in accordance with the teachings of Islam, Muslims also have a duty to promote social harmony and good relations with their neighbours. The virtues of decency, goodness and ethical conduct in all aspects of life are espoused repeatedly in the Holy Qur’an. They are given primary importance and govern Muslim behaviour in all roles of life including that of active citizenship. Following the teachings of the Holy Qur’an and the high standard which it sets, Muslims can enrich Europe as exemplary members of society and role models of decency and goodness ( ma’ruf ), as the Holy Qur’an stipulates :

 

“Behold, God enjoins justice, and the doing of good, and generosity towards one’s fellow-men” (Al-Nahl, 16:90).

• One of the principles of a democratic society is freedom of religion. Islam also recognises freedom of religion, and like Europe today, gives this ethical ethos particularly strict importance. As stated by God in the Holy Qur’an , people cannot be coerced into belief :“There is no compulsion in religion. The right direction is henceforth distinct from error” ( Al-Baqarah, 2:256).“Then whosoever will, let him believe, and whosoever will, let him disbelieve” (Al-Kahf, 18:29).

• As full and dynamic citizens aware of their rights as well as their responsibilities, European Muslims have the right to criticise, dissent and protest, as do all European citizens. This right is in accordance with the democratic processes of Europe and in accordance with their faith. Islam calls upon all Muslims to promote the common good and welfare ( maslaha) of society as a whole and prevent what is wrong ( munkar).

• However, we witness with great sadness the challenges that face many European Muslims, who suffer at the hands of those who resent their presence in Europe or those whose crude sentiments leave no place for people of different colour, culture or creed. It is a challenge to which we must all rise. We condemn Islamophobia and discrimination in all their forms. If Europe’s Muslims are treated as second class citizens, or seen as a burden or even a threat to society, then the level of trust built up over the centuries which is essential for the establishment of peace across the world will be jeopardised. There have also been problems of disenfranchisement and poverty particularly amongst Muslim youth. European Muslim youth should be seen as a positive force, which can benefit the labour force and social fabric of Europe.

• We strongly urge European governments to promote inclusiveness and dialogue. This should be done through measures such as education, to encourage greater mutual knowledge and understanding, as well as social programmes to tackle socio-economic disadvantage. We applaud those European governments who have taken active measures to stem racism and who have legislated against overt and institutionalised forms of discrimination against minorities. We also acknowledge that the media has a role in ensuring accurate and responsible coverage.

• Terrorism in all its forms is an affront to our humanity. Under no circumstances does Islam permit terrorism and the killing of civilians. Terrorism is in direct contravention to the principles of Islam and the vast majority of Muslims remain faithful to these teachings. We condemn and abhor the violent actions of a tiny minority of Muslims who have unleashed violence and terror-by distorting the teaching of Islam-upon innocent neighbours and fellow citizens. The Holy Qur’an clearly declares that killing an innocent person is tantamount to killing all of mankind and likewise saving a single life is as if one had saved the life of all mankind ( Al-Mai’dah, 5:32 ). This is both a principle and a command.

• We remain committed to working to ensure that the voice of the peaceful majority of Muslims overcomes that of the tiny minority who seek to promote distorted misinterpretations of Islam. We join our voices to those of scholars from across the world to say that we reject the cancer of terrorism. We pray for the guidance of those to whom extremism and violence may seem an attractive route.

• We also call on the world to work harder and more consistently to eliminate the injustices and grievances, like in Palestine , that have contributed to the hopelessness and despair of many Muslims and peoples across the world. Wars are not the way to solve conflict and we should work together to find a humane and moral ways to solve problems.

• Finally, we concur with and respect the Amman Message of November 2004 ; with the Final Declaration issued by the International Islamic Conference held in Jordan in July 2005 ; with the statements and fatawa of numerous scholars from across the Muslim world that preceded this conference and upon which this conference was based ; with the Makkah Declaration and Final Summaries of the OIC Summit held in December 2005, the final statement of the Islamic Fiqh Academy held in Jordan in June 2006 ; as well as the 15 th session of the European Council for Fatwa and Research in its declaration concerning engagement with society and positive integration and the declaration of European Muslims made by the Supreme Council of the Islamic Community of Bosnia and Herzegovina of 2005 - in essence to develop solidarity amongst Muslims and establish justice. We recognise that solidarity of the Ummah is a key priority for all Muslims - both in Europe and throughout the world. We join our fellow Muslims the world over to challenge those who seek to misuse our faith corrupting its message. We call for solidarity between us and the upholding of Islam’s universal vision of peace, fraternity, tolerance and social harmony.

2 July 2006, Istanbul

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Des responsables musulmans européens affichent leur rejet du terrorisme.

ISTANBUL,

 

 

 

Quelque 180 responsables musulmans ont affirmé la volonté des musulmans d’Europe d’être des citoyens à part entière et leur rejet de la violence et du terrorisme, lors d’une conférence ce week-end à Istanbul.

Dans une déclaration adoptée à l’issue de leurs travaux dimanche soir, ils ont souligné que les quelque 15 millions de musulmans européens « sont aujourd’hui chez eux en Europe » et condamnent « les actions violentes d’une petite minorité de musulmans qui ont déclenché la violence et la terreur en détournant les enseignements de l’islam ».

« Nous rejetons le cancer du terrorisme », poursuit le texte, « l’islam n’autorise en aucune circonstance le terrorisme et le meurtre de civils ».

Après les attentats de Londres et de Madrid et la controverse sur les caricatures de Mahomet, ce message va dans le sens de déclarations similaires, faites notamment au sommet de l’Organisation de la conférence islamique en décembre.

La conférence, organisée avec le soutien du Foreign Office, réunissait des sensibilités musulmanes très diverses.

Outre l’influent cheikh qatari d’origine égyptienne Youssouf al-Qaradaoui, président du Conseil européen de la fatwa, le professeur suisse Tariq Ramadan, qui enseigne à l’université britannique d’Oxford, le prédicateur égyptien Amr Khaled, le grand mufti de Bosnie Moustapha Ceric étaient présent.

Les responsables de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) Lhaj Thami Breze et Fouad Alaoui, également vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), le cheikh soufi Khaled Bentounes, l’ancien Premier ministre de Malaisie Anouar Ibrahim ou le Tunisien Rachid Ghannouchi y participaient également.

La déclaration finale souligne que l’islam reconnaît la liberté de religion. Les musulmans se doivent d’assumer « une citoyenneté active » avec droit de critique et d’être « des citoyens loyaux obligés de défendre leurs pays en cas d’agression ».

Mais beaucoup souffrent d’islamophobie et de discriminations, en particulier les jeunes, regrette le texte, appelant à éliminer « les injustices, comme en Palestine, qui ont contribué au désespoir de nombreux musulmans et populations à travers le monde ».

« Il y a une véritable réticence politique en Europe à reconnaître la visibilité des musulmans dans l’espace citoyen », a noté Mohamed Mestiri, responsable de l’Institut international de la pensée islamique, soulignant la nécessité de prendre en compte la pluralité des identités musulmanes. « Le radicalisme est l’expression d’une frustration identitaire ».

De son côté, le cheikh Qaradaoui s’est élevé contre toute idée de vie retranchée pour les musulmans européens. « Notre présence en Europe n’a rien d’étrange, le monde est devenu un village », a-t-il poursuivi. Mais « nous voulons vivre sur cette terre comme des musulmans », avec notamment l’obligation selon lui de porter le voile pour la femme musulmane.

« L’intégration religieuse est faite, maintenant il est temps d’apporter notre contribution à la société » en aidant à créer « un nouveau Nous pour réconcilier nos sociétés avec leurs propres valeurs », a estimé Tariq Ramadan, également président de l’European Muslim Network (EMN).

Il a appelé les musulmans à « éviter le piège de la victimisation », soulignant que « notre nouvelle visibilité soulève des questions légitimes pour nos concitoyens, nous devons y répondre ».

 

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Youssouf Al-Qaradawi, président du Conseil européen de la fatwa

 

"Les aspects politiques de la loi islamique ne s'opposent pas à la démocratie"

LE MONDE

Le Conseil européen de la fatwa et de la recherche, que vous présidez, vient de consacrer sa session annuelle - du 3 au 9 juillet, à Istanbul - à la participation des musulmans à la vie politique en Europe. Quelles sont les questions qui lui ont été posées par des musulmans européens ?

 

La première porte sur la participation : les musulmans peuvent-ils voter ? Se présenter aux élections ? Les autres concernent des aspects plus particuliers. Les musulmans doivent-ils participer à la vie politique en tant qu'individus ou en tant que groupe ? Misent-ils sur un parti existant ou doivent-ils en créer un ? La réponse dépend de la situation et du système politique.

 

Certains courants, comme les salafistes et le Tabligh (mouvement prosélyte et piétiste) estiment qu'il ne faut pas participer à la vie politique ?

 

La position des salafistes ne s'applique pas qu'à l'Europe, mais aussi au monde musulman. Ils refusent la démocratie, affirment que c'est un péché, une impiété. Pour moi, les aspects politiques de la loi islamique (charia) ne s'opposent pas à la démocratie. La démocratie réelle signifie qu'un groupe peut choisir ses représentants. C'est ce que l'islam demande.

 

Dans les pays européens, pour quels partis les musulmans doivent-ils voter ? Selon quels critères ?

 

D'abord, le programme. Est-il proche des valeurs islamiques ? Pas seulement la morale islamique, mais aussi la justice sociale, l'aide aux plus démunis, l'environnement. La défense des causes justes, comme la cause palestinienne. Et aussi la critique de la politique américaine actuelle. Ensuite, vient la dimension personnelle : le candidat est-il honnête, droit ?

 

Entre un candidat musulman et un non-musulman, pour qui un musulman européen doit-il voter ?

 

Si le musulman est honnête et qu'il remplit les critères que j'ai énumérés, il faut voter pour lui. Sinon, il n'y a aucun mal à choisir un non-musulman.

 

L'islam penche-t-il vers la droite de l'échiquier politique ou vers la gauche ?

 

L'important, ce sont les critères que je viens d'évoquer. Parfois, la droite défend les valeurs morales, mais elle est favorable aux discriminations et hostile aux droits des minorités. Dans ce cas, il est préférable de voter pour d'autres partis.

 

Que pensez-vous d'un parti qui défendrait les droits des musulmans, mais serait favorable, par ailleurs, au mariage des homosexuels, comme, par exemple, le parti des Verts en France ?

 

Le fait qu'ils défendent le mariage homosexuel représente un obstacle. Un musulman ne peut pas voter pour eux. Toutes les religions sont d'accord là-dessus. Le parti dont vous me parlez doit être un parti faible, qui cherche uniquement à capter les voix des musulmans par intérêt...

 

Pourquoi n'y a-t-il pas de femmes au Conseil européen de la fatwa ? Et pas de musulmans européens de la deuxième génération non plus ?

 

Je n'ai rien contre la participation des femmes. Malheureusement, nous n'en trouvons pas assez qui aient fait des études de droit musulman en Europe. J'ai bon espoir qu'il y en ait un jour. Pour les musulmans de la deuxième génération, c'est la même chose. Cela dit, certains Européens vont se former à l'université Al-Azhar, au Caire, ou dans les instituts islamiques en Europe. Je pense qu'ils pourront un jour entrer au Conseil.

 

Pour la première fois, le 18 mars 2005 à New York, une femme musulmane, Amina Wadud, a dirigé la prière du vendredi. Pourquoi avoir condamné cette initiative ?

 

Une femme peut jouer le rôle d'imam dans son foyer, dans sa famille. Mais elle ne peut pas être imam devant des hommes. Pendant la prière, le corps de la femme va pratiquer certains mouvements. C'est une question de décence. Quand pendant la prière, on pense à Dieu, on ne doit pas contempler le corps d'une femme. Cette position n'est pas propre à l'islam. Je crois savoir qu'il n'y a pas de femmes cardinal dans l'Eglise catholique...

 

Propos recueillis par Xavier Ternisien

 


 

Définition


 

Le Conseil européen de la fatwa et de la recherche est une instance théologique composée de 32 membres, dont 4 Français. Constitué par cooptation autour de son président, le Qatari Youssouf Al-Qaradawi, prédicateur vedette sur la chaîne Al-Jazira, il répond aux questions qui lui sont adressées par des musulmans vivant en Europe. Il se donne pour mission d'"émettre des fatwas [avis juridiques] qui répondent aux besoins des musulmans en Europe, qui résolvent leurs problèmes, conformément aux règles et aux objectifs de la charia [loi musulmane]." Il prend pour base la notion de "fiqh de minorité", c'est-à-dire le minimum de droit musulman qui peut s'appliquer dans une situation où l'islam est minoritaire.

La référence du conseil est la wassatiyya ("voie du juste milieu"), proche de la pensée des Frères musulmans.

 

Par elkhadra - Publié dans : elkhadra
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Jeudi 29 juin 2006 4 29 /06 /Juin /2006 19:22
Audit et Dépendances
Par
L’anti-Zinetron Posse.


Vraiment il est plus que jamais temps , que certains  caciques qui ont basés leur petite carrière sur du vent , s’écartent d’eux même et emportent avec eux leur sale impoge d’imposture , qu’ils se dégrisent  de l’ivresse que leur donnait leur pouvoir de nuisance, , le temps de faire oublier leur rôle au sein « du club des usurpateurs » et de reprendre d’autres délires rémunérateurs qui ne nuiront plus aux intérêts vitaux  de l’opposition démocratique tunisienne , il faut mobiliser contre ces gens là  et faire le tri  entre le bon grain et l’ivraie , dans le fond ils sont aussi nuisibles  que les services amorphes de la dictature.

En cette période post grève de la faim du 18 octobre , encore et toujours pour les cons qui veulent dégommer cette excellente initiative , il faut le reconnaître grâce entre autre  à la réaction tunisienne et certains caciques incompétentes de l’opposition nous sommes toujours  au même point .Encore ,   Nous plongeons dans l’inconnu. Avec optimisme ou pessimisme ?le débat des idées est une  Alternative superflue penseront d’aucun : la réalité commande ; les états d’âme n’importent guère. Nous sommes beaucoup à ne pas partager  ce fatalisme , mais aussi nous sommes beaucoup à ne plus être naïfs et avaler n’importe quoi : une révolution authentique qui sera  vécue avec bonheur, pour nous ,  ne se déroulera  pas comme si elle avait l’angoisse pour toile de fond. Au jeu sans fin des paris pascaliens nous misons , pour notre  part, sur l’optimisme, et les capacités  des tunisiens  au pragmatisme et à la responsabilité , Notre société et depuis  50ans  est  cette société sans élite traditionnelle,depuis les ethnocides  sournois du mégalomane Bourguiba ,elle est  donc sans nous,elle est encore à conquérir .  Les pseudos  élites stéréotypés et salonnards, la plus part thuriféraires ,  sont vomies par le peuple tunisien. La raison est pourtant simple : parce que celui-ci n’a plus les moyens de vivre honorablement, qu’il voit avec angoisse augmenter inexorablement la violence et l’insécurité, la misère, la haine de soi  et toutes sortes de catastrophes provoquées, et qu’il comprend que ceux qui l’ont dirigé pendant plus de cinquante ans  et beaucoup qui voulaient donner l’illusion mercantile de s’opposer à eux ,  sont entièrement responsables de ce chaos.

La dictature, tous ceux qui en vivent et tous ceux qui en profitent ont pillé toutes les richesses produites par ceux qui croient aux vertus du travail, de l’effort et de l’épargne. La Tunisie n’est plus qu’un champ de ruines, alors que, libre, démocratique  bien gouvernée , elle aurait été prospère. Voilà pourquoi la Tunisie des bouges, la Tunisie profonde ne veut plus se soumettre et payer le  tribut de l’infâmie à la horde des prédateurs. Le tocsin a sonné chez les tunisiens opprimés dans tous les sens du mot : ils se rassembleront dés qu’une visibilité responsable et intègre se prononce et plus rien ne les arrêtera.

 BIJU

 

Depuis plus de cinquante ans déjà, en Tunisie, la politique ne ressemble plus à rien, ne rassemble plus grand monde. Sauf quelques caciques d’un parti unique habitués aux cirques organisés et aux marches soûlantes et titubantes d’un cérémonial propagandiste qui ferait honte à la dernière des républiques bananières sur cette incroyable planète , la « politique » de la dictature , c’est l’éradication de toute forme de politique et toute expression de sa noblesse , la « politique » de l’opposition , à quelques exceptions prés , mes sympathies premières vont à des gens comme SI(s) KARKER , MANAÏ , MARZOUKI ,M.YAHYAOUI , est la gestion des frustrations , des apparats et l’occupation du vide par l’ego et le dérisoire. L’éloge de la décadence morale, de la déchéance citoyenne, aux Unes des uns et des autres. En plus de quelques militants RCD , et surtout de certains chefs de famille désargentés , alimentaires qui profitent de cette permanente kermesse, organisée de fil en aiguilles par un régime qui tient de l’insoluble et l’incurie , mendigote et indigne pour tuer leur temps imparti au prorata de leur ignominie et de leur trahison , en compagnie de leurs enfants, éduqué dans la soumission et le culte de la personnalité d’un chef qui sent le sapin et la pitié , que le bal des casquettes , des bottes et des matraques , et des slogans griffonnés par des mains tremblantes et filantes sur des morceaux de toile de jute amusent. Le rêve d’indépendance et de liberté d’antan, celui de nos fellagas et de nos âmes résistantes, inscrites sur le livre de l’éternité s’est défilé, peut-être, à jamais de nos souffles.
Un constat qui au lieu d’inquiéter l’opposition et les intellectuels les réjouissent ! Alors que d’aucuns admettent que la mort des actions initiatrices aux actions de masse , encore une fois comme le mouvement du 18 octobre , ou YEZZI FOCK qui semble avoir été une OPA pour flatter le cul des vaches , et les ego de quelques uns qui se donnent une importance qu'ils n'ont pas par rapport aux figures politiques de l'opposition démocratique ,figures qui même vieillissantes , ces dernières restent quand même emblématiques , elles ont faits et font leurs preuves depuis toujours , même dans la lueur , même dans la brise et la rumeur , quand même ils FONT , même si c'est timide et peu ; après celle des politiques et des médias , est du terrain béni laissé aux « marchands du temple ». . Surtout que ceux qui pensent que la soi-disant société civile tunisienne, composée-en réalité- d’opportunistes en mal de publicité et d’arrivistes presque tous habillés de vestes réversibles, se trompent gravement. Mieux : les démocrates tunisiens , sous cette pluie acide du renoncement et des incompétences qui les cerne que ce soit dans le visuel ou le virtuel, encore conscients et en activité vont connaître le même sort que leurs camarades qui ont tout perdu, et leurs armes et leurs esprits dans les oubliettes de ben Ali , pour eux , les derniers des Mohicans , les rues de Tunis en sont une réplique grandeur nature, demandez un peu à M.YAHYAOUI , M.MARZOUKI , HOSNI , HAMAMMI , MAATAR , ZOUARI , JEBALI ce qu'est leur vie en Tunisie.

 

NASSER HAMAMMI

 

La voix des tunisiens, un levier unique pour moderniser l'action de l'opposition démocratique
Le vrai moteur de la modernisation de l’opposition en Tunisie sera l'engagement régulier et responsable des tunisiens relayé par des élites politiques légitimées et efficaces. Les nouvelles technologies et le net en premier, permettront aujourd'hui de canaliser cet engagement, c'est-à-dire de retrouver l'exercice de la démocratie directe que nous n’avions jamais connus.
L'adaptation de notre sphère militante à un environnement économique, social et techno logique en pleine mutation est un enjeu capital pour démocratiser efficacement notre pays.
Les déterminants de l'action selon que l'on s'intéresse au pouvoir à tout prix et avec n’importe quel moyen , ou à la démocratisation de la Tunisie ne sont pas à la même échelle , c’est déjà à ce niveau , au jour d’aujourd’hui qu’on doit définir et donner un sens à notre combat , et surtout une bonne fois pour toute lui donner une adresse et un visage de références pour éviter les malentendus et la perte de temps , notre seule faiblesse , et la l’unique force de ben Ali , qui joue de notre suffisance comme sur du velours. L'organisation actuelle de notre opposition consacre la décharge de la responsabilité du tunisien vers sa seule responsabilité. La timidité des hommes politiques de l’opposition, du bloc démocratique à agir, de peur de troubles sociaux et de réaction violente de la machine répressive de ben Ali, reflète notre réticence collective au changement, ou tout au moins la perception que nous en avons.
Tous nos efforts doivent porter sur la recherche d'un consensus encore plus fort et plus déterminant à l’intérieur du bloc démocratique qui, seul, permettra la mise en oeuvre d’actions adaptées et acceptées. Or, dans nos courants et partis de plus en plus diverses et fragmentées, il est difficile d'obtenir un tel consensus. Et parallèlement, les tunisiens dans leur immense majorité ne peuvent plus accepter l'exercice d'un pouvoir autoritaire sans concertation démocratique, il est donc vital et urgent de pallier à ces faiblesses, et cela ne pourra se faire que dans la cohérence et la concertation.

La démocratie directe, outre sa vertu légitimatrice, a un rôle fonctionnel à jouer dans la gouvernance des affaires publiques , elle doit donc pour l’efficacité de nos actions voir le jour à l’intérieur même du bloc démocratique et éviter les arrangements , les captations et les dérives claniques comme se fut le cas dans le parasitage du mouvement de grève du 18 octobres par les habituels opportunistes et autres arrivistes qui vraiment dans notre cas épuisent bien plus les services de ben Ali tout travail transparent et ordonnés des personnalités intègres au sein du mouvement démocratique. Elle nous permettra de sortir de l'impasse des discours idéologiques stériles relayés par certains sites et autre porte-parole autoproclamés qui salissent par réputation toute image de marque quelque soit sa stature, et de rechercher des solutions concrètes. Les responsables politiques du bloc démocratique pourront ainsi trouver dans l'expression directe à grande échelle de tunisiens responsables et engagés, un stimulant et un guide de leur action. C'est une vraie chance de disposer des moyens d'y parvenir aujourd'hui.
Dans le concert des cris d'offrais et d'examens de conscience propre à l'humeur du temps, pour certains désaxés, il n'est pas inutile de faire entendre un son de voix un peu optimiste en cette fin de déroute. La Tunisie va très mal, sauf que les tunisiens se maintiennent malgré tout debout et ont la rage plus que jamais. La Tunisie va très mal va mal, sauf qu'il existe encore un sens, une vitalité du bonheur tunisien qui fait peur à la dictature , et que les opposants , trop puérils pour beaucoup d’entre eux , n’ont pas réussi à déchiffrer.

 

Je crois que le fait d’être extrêmement mal dans son quotidien , son pays , sa terre , ses proches , ses rêves , ses visions et ses projections, c’est quand même l’ état le plus primitif , le plus bestial et dégradant de la nature humaine , c’est la cas de la majorité des tunisiens , qui par la force des choses et l’horreur de la dictature , vivent dans le renoncement , la lâcheté et l’imposture . Je crois que c’est cette habitude au compromis , à l’arrangement , à une certaine forme d’atavisme socioculturel qui nous le donne , et c’est la société humaine qui nous entoure,celle , minoritaire de l’excellence , et l’autre majoritaire de la déchéance , encore plus que nous , c’est notre regard soumis porté sur eux qui nous le donne et nous fige dans la suffisance ,la surenchère , l’autosatisfaction , la frilosité et la prudence qui sont véritablement les chaînes qui nous clouent à la passivité mortelle , et à ce laisser aller , ce laisser mourir qui frappent toutes les classes et toutes les générations confondus de cette Tunisie formatée, pour toutes les desiderata du système, paupérisée sous vide, et face à ça, je ne suis pas seule dans ce cas à tourner en rond , je lis des textes limitatifs et stylistiques qui ne veulent rien dire ,des textes inquisiteurs et qui ne proposent rien , ne poussent à rien d’autre qu’à donner l’illusion de déranger les espaces lunaires de notre chère opposition , des textes réquisitoire où il est question d’islamisme et de laïcité , de lâcheté, résignation et double pensée , des discours pédants à dégorger toutes et les rares bonnes volontés .Des textes qui dénoncent évidemment comme toujours chez les autres , leurs propres tares , la facilité est aussi une forme de lâcheté et de résignation et tient toujours sans aucun doute de la multiplicité des discours. Moi qui fais partie des inexpérimentés néophytes en tout, je vois tellement d’esquisse de projets défiler,de délires avortés ect…mais ce que je vois bien , surtout, c’est qu’il n’y a que les jeunes tunisiens qui vivent la réalité tunisienne , les hittistes , les diplômés , les chômeurs , et comble de l’horreur les « harragua » les kamikaze d’un genre nouveau , notre Intifada à nous les tunisiens , qui se sacrifient pour essayer de nous libérer de cet autre colonialisme qui nous spolie de nos vies , je crois qu’il n’y’a pratiquement que ces jeunes là qui vivent vraiment le cancer qui peu à peu se généralise chez nous , et qui ont une conscience d’eux-mêmes , et de notre patrie , qui est une conscience flamboyante et dramatique. La plupart des tunisiens sont « assassinés » sur place. La plupart, ça ne les rend même pas irréductibles parce qu’ils n’ont pas conscience d’être assassinés sur place, tout cela est devenu naturel et coule de source pour eux. Même l’immonde et l’inacceptable quand ils sont matraqués finissent par trouver leur place dans le décor des peuples faibles, nous sommes un peuple faible, par manque de reconnaissance à la vie tout simplement, et par manque de respect envers nous-même.

Nous ne sommes pas né tunisiens , proclamés par le sang et la terre et le destin tunisien , pour être esclave de ce despotisme abject , pour le regarder ou pour le subir ; notre destin n’est pas la servitude , nous sommes morts à nous laisser aller à ce pernicieux fatalisme des lâches , ainsi nous nous trahissons , nous trahissons notre pays , les nôtres , la bonté et l’humanité dans tout ce qu’elle a de meilleur et de divin en elle ; il n’ y a que l’ action qui peut prendre appui sur ce qui est , pour faire exister ce que nous voulons être ; ce que nous devons être à l’instar de la beauté et de la lumière ; maintenant et plus que jamais renoncer à nos scories , à nos faiblesses et à nos égoïsmes .Comprendre que nous sommes des naïfs et des frileux est déjà un pas hors de la condition de naïveté et de la frilosité, et surtout comprendre pourquoi nous le sommes en est déjà un deuxième , pour surtout arrêter de tourner ridiculement en rond à dilapider nos énergies et à désespérer nos forces vives. Il faut comprendre et digérer une bonne fois pour toute et passer à autre chose , cet autre chose qui ne doit être que l’essentiel ( le dernier texte de M.M est assez éloquent pour cela , malgré la critique confuse et aberrante , de certains qui n’apportent rien au débat , du verbiage limité aux humeurs de ceux qui réfléchissent avec les pieds , défoncent des portes ouvertes et rêvent la Tunisie d’une façon passéiste , dépassée , archaïque , figée dans des combats d’arrière garde qui feraient sourire toutes les momies de l’histoire , de Napoléon à MAO, ,consternant !!!qu’au au-delà d’une activité non consciente de ses vraies fins et de ses résultats réels, au-delà d’une technique qui d’après des stratégies cohérentes et exemplaires sur le plan de la tolérance et de l’intégrité des sentiments des uns et des autres modifie un objet sans que rien de nouveau en résulte, il peut et il doit y avoir une praxis historique qui transforme le pays en se transformant elle-même, qui se laisse éduquer en éduquant, qui prépare le nouveau en se refusant à le prédéterminer car elle sait que les hommes font leur propre histoire.

 

biju
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les structures de l’action libre qui nous incombe aujourd'hui en tant que tunisiens libres , refusant le despotisme et la dictature de ben Ali et ses maffias, doivent être le credo de tous les courants du mouvement patriotique et démocratique tunisien


c’est une question de survie et de bon sens , conduire n’importe quelle action susceptible d’ébranler un tant soi peu la dictature de ben Ali, alors on dois rassembler un certain nombre de conditions matérielles , humaines et intellectuelles , qui tiennent aussi bien à nos aptitudes , à nos possibilités , à nos raisonnement et à nos vérités qu’aux choses mêmes et/ou aux réalités du vécu tunisien ,
La justice , l'institution fondamentale qui doit accomplir notre futur de l'après dictature est l’outil d’articulation des libertés : ma liberté ne s’arrête pas là où commence celle de l’autre, mais au contraire commence là où, plus exactement au moment où commence celle de l’autre. Si une loi n’augmente pas la liberté collective, elle est illégitime et peut entraîner un devoir de désobéissance, mais plutôt de résistance et de révolte, le pouvoir dans une démocratie tunisienne future doit être confronté à cette vérité, c'est à cela que que aurions acquis, nous tuniiens, la culture citoyenne, républicaine, et que nous serions devenus des hommes libres.
Tout interdit ne peut alors se justifier que par ce qu’il autorise : les « devoirs » sont la conséquence de l’exercice effectif des droits.Ni plus, ni moins en toute égalité et en toute légalité.

 

DERBALI

Par elkhadra - Publié dans : elkhadra
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Jeudi 29 juin 2006 4 29 /06 /Juin /2006 19:20
Les arabes se sont mis d’accord...
... pour ne jamais se mettre d’accord !...


Cette « blague » que j’ai entendu pour la première fois dans la bouche d’un humoriste algérien, Fellag, est on ne peut plus criante de vérité, même à une époque où tout bon média qui se respecte (qu’il soit occidental ou oriental d’ailleurs) veut faire croire à une « unité » des peuples arabes ou plutôt arabo-musulman. Pour les télévisions occidentales, tout bon arabe de par la planète se doit d’applaudir lorsqu’il regarde deux tours new-yorkaises s’effondrer. Il exulte lorsque les « impies » sont frappés « dans leur cœur ».

Pour commencer, il ne serait même pas bon de discuter de la véracité de tel propos mais bien de débuter en se demandant qu’est ce qu’un arabe ? Un musulman ? pas forcément, il est vrai que les deux sont très liés, nous le reconnaissons, mais il existe des arabes chrétiens ou encore juifs.Le fait est que le mot arabe est une simplification extrême qui arrange toutes lesadministrations et tous les médias. Tout occidental est amené à penser la relation qu’ilentretient avec LES arabes comme une sorte de « dualité » de laquelle on ne peut raisonnablement s’extraire. On peut résumer ce combat manichéen par la phrase : « c’est eux contre nous ».

Pour faire court les arabes, il y en a très peu. Les musulmans, il y en a beaucoup. Les deux sont intimement mêlés du fait des différentes politiques et des différents médias qui peuvent leur « asséner » l’information. D’un coté comme de l’autre, les dirigeants ont tout intérêt à prôner cette unité. La réalité est tout autre. L’unité, elle est avant tout un fantasme ancré au plus profond de l’esprit de ceux qui la prônent en premier lieu et de ceux qui veulent bien y croire bien évidemment. Tout d’abord le problème est un problème d’appellation.

Un algérien ou un égyptien peut-il être appelé « arabe » ? Les algériens et les égyptiens n’en doutent pas ! Les « vrais » arabes leurs contestent ce « privilège ». Pour un saoudien ou un koweïtien, le terme arabeleur est exclusivement réservés, à tort ou à raison là n’est pas le problème. Or pour ces vrais arabes, l’algérien et l’égyptien sont tout deux exclusivement Africains et non pas arabe. Deuxième partie du problème, est-ce que les asiatiques (quels qu’ils soient) peuvent se permettre d’être appelé arabes ? On commence a voir les limites du ridicule, n’est ce pas ? ils ne le veulent pas et ne le demandent même pas ! Pourtant il s’agit là d’une véritable contradiction, l’Asie est aujourd’hui la plus grande réserve de musulmans au monde. Encore une fois le problème de la confusion orchestré entre les arabes et la religion musulmane.

L’unité, certains prétexteront qu’elle se fait dans les cœurs, sous la bannière de l’Islam. Peut-être pour le peuple alors mais certainement pas pour les dirigeants. Tout comme pourl’occident chrétien, l’orient musulman (blanc ou noir à vous de choisir) n’a plus rien à voir avec le sommet de leurs institutions. Toute personne doué d’un semblant d’intelligence à compris qu’un Bush ou un Sarkozy ont arrêté depuis longtemps de travailler pour leur pays respectif, ils se sont mis à leurs comptestout simplement, avec l’argent du peuple comme assurance pour leur avenir. Eh bien c’est tout aussi vrai dans le monde arabe. Les pays arabe (ici nous parlons de l’acception populaire de ce mot) ont des intérêts qui divergent, et cela va de la petite divergence à la très grande. D’ailleurs comment pourrait-il en être autrement ? Comment un africain qui souffre mille misères pour manger à sa faim tous les jours pourrait-il avoir les mêmes problèmes ou encore les mêmes centres d’intérêt qu’un Saoudien qui ne sait plus quoi faire de ses pétrodollars ?

La réalité est que dans cette grande folie qu’est la diabolisation de l’orient afin de servir « la guerre contre le terrorisme », les dirigeants mais aussi les médias ne souffrent pas de grandesquestions qui induiraient obligatoirement des réponses encore plus grandes. Le combat se doit d’être double, comme il est écrit plus haut, un combat manichéen, c’est eux contre nous, en clair le Bien contre le mal. Dans une guerre pas très propre avec des enjeux pas très clairs, les longs discours ne sont pas les bienvenus. Bush contre (son meilleur ami) Ben Laden, voilà qui sonne bien. Cette simplification n’a qu’un seul et unique but faire accepter une sale guerre avec des moyensinhumains à un maximum de personnes. Tout est fait pour que les événements relayés passent directement dans le cœur, foyer des passions plutôt que par le cerveau, foyer du raisonnement. Un homme qui se laisse aller à ses passions ne peut plus réfléchir de manière lucide et c’est exactement ce que nos dirigeants veulent, d’un coté comme de l’autre !

 

LE PROBLEME, C’EST LE CHOIX

 

Cette phrase résonne... personne n’a vraiment le choix ! Nous nous occupons non par choix mais par obligation. Il est vrai que cette vie n’offre pas beaucoup de choix, sinon de faux choix. Des choix dictés par des obligations.

Lorsque la vie nous laisse vraiment le choix, c’est rare, mais cela arrive, il est à remarquer que l’homme choisi bien souvent, trop souvent la passion. La passion est ennemie de la raison et en conséquence n’entraîne pas que de bons choix. Le cœur sans la tête ne s’occupe que très rarement des conséquences. La tête sans le coeur ne s’encombre que très rarement de sentiments, d’humanité, d’amour ou d’amitié. Les deux vont de pair, personne n’a vraiment le choix.

La vérité est que si nous avions vraiment le choix, nous ferions probablement les mauvais choix. Nous avons déjà choisi de nous en remettre à d’autres pour choisir à nos places. Un choix que personne ne contestera, cela va de soi ! Les grands choix entraînent indubitablement de grandes conséquences et donc d’irrémédiables responsabilités, c’est certain personne n’en voudrait !

Causes - Effets, Actions - Réactions. C’est ainsi, si nous avions le choix personne n’assumerait ses mauvais choix. Et c’est là le cœur du problème, le vrai ! Personne ne peut rien obtenir sans donner avant, c’est une loi et non pas un choix.

Contrevenir à cette loi revient à faire le pire des choix parce que les conséquences d’un tel choix sont telles les ondes que provoque un galet sur la surface d’un étang en pleine montagne. Personne ne peut les prévoir et encore moins calculer leurs effets. Nous dirons que tout le monde récolte ce qu’il à préalablement semé, pas le choix !

La nature humaine agit puis oublie. C’est ainsi ! La nature (dans son acception la plus globale), elle, n’oublie rien, jamais !

Il est à noter que les peuples qui ornent cette terre n’ont pas tous été élevés à notre niveau de vie...occidental. Pensez-vous qu’ils avaient le choix ? Nos sociétés se sont construites sur les ruines des leurs, pensez-vous que nous avions le droit ? DIEU donne et DIEU reprend ! C’est une vérité ! Mais ce que ces peuples n’ont plus, seul l’homme peut se targuer de leur avoir enlevé. DIEU est justice, c’est une vérité !

DIEU ne respecterait-il pas SA loi ? Toute cause, même la plus minime entraîne IRREMEDIABLEMENT une conséquence proportionnelle et de même ordre que la cause.

Notre civilisation ne s’est pas contentée de jeter un galet dans un étang, mais elle a remué tous les fonds marins de cette planète, provoquant autant de perturbations à la surface de ces gigantesques étendue d’eau !

Nous avons bâti notre satisfaction sur leur insatisfaction, nos joies sur leurs peines, nos réussites sur leurs échecs. Ne croyez pas que les remous que subissent nos « glorieuses » civilisations occidentales aujourd’hui ne sont que les fruits d’obscurantistes, de fanatiques, d’extrémistes, appelez les comme il vous siéra, vous avez le choix !

Tout bon festin se termine IRREMEDIABLEMENT par une facture ! Celle que l’occident à accumulé est TRES salée !

 


Mohamed MOURAS
Par elkhadra - Publié dans : elkhadra
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Jeudi 29 juin 2006 4 29 /06 /Juin /2006 19:19
Le corollaire de l’Islam politique
Par
Derbali


Les clichés donnent souvent à l’islam une image de doctrine strictement religieuse et c’est plus qu'un tort, c'est un arbitraire négationniste de l'essence même du message de cette religion révélée. La plupart des pseudos analystes tunisiens considèrent que c’est son seul domaine d’existence. Or, l’islamisme, ou l’islam politique moderniste est avant tout une philosophie réaliste et pragmatique dans la gestion sociétale d’un pays , et du quotidien de la vie de la cité , elle est un tout , et doit être considérée en tant que telle dans la confrontation , le débat politique naturel et normal qui définie une société démocratique , une société civilisée où toutes les forces en présence auraient accepté les fondamentaux de la démocratie moderne et libérale , c'est à dire l'alternance , les urnes , la souveraineté du peuple , la primauté de la constitution et des institutions , la justice , le droit , le dialogue , la paix et la tolérance.
Par ailleurs, beaucoup des tenants de la philosophie laïcarde (dans le cas tunisien pratiquement toujours aliénée , belliciste , diffamatrice ) affirment que le pouvoir politique est au-dessus des sentiments culturels et historiques du peuple , que l’éthique ne fait pas partie de son champ d’investigation , et qu'il revient non pas au législateur légitimé par la souveraineté populaire de fixer les règles et les moyens de l'application du programme politique sur lequel il a été élu , dans les limites de la constitution bien sûr , mais dans une sorte d'arrangements édulcorés , des compromis entre les appareils qui répondent aux habituels intérêts impérialistes des uns , et privés des autres. Les uns comme les autres par le chantage du chaos et leurs pouvoirs de nuisance essaient toujours par ces moyens indignes de confisquer les victoires et les choix les plus intimes du plus grand nombre .Dans notre pays une partie du RDC et la grande majorité de cette petite minorité sont sur cette ligne opportuniste et aussi illégitime que le pouvoir de ben ALI , une sorte de KEMALISME qui fera ad libitum de la Tunisie une république bananière et un état vassal où les élus du peuple tunisien ne seront que des potiches.Ces tunisiens là sont dans la compromission avec les stratégies néocoloniales et à leurs façon , comme la dictature , au service du néocolonialisme , ils combattent la Tunisie arabo-musulmane. Tout au plus expriment-ils que l’éthique est une question de choix personnel, alors que dans la société arabo-musulmane , dans la grande majorité de cette population , ce choix personnel est fait depuis très longtemps, autrement nous n'aurions jamais résisté à l'ethnocide et dans certains cas au génocide programmé par les forces colonialistes (du Yémen à la Mauritanie).Aujourd'hui encore , plus encore sous la pression conjuguée des dictatures et du néocolonialisme , nous sommes dans l'affirmation d'une culture singulière par son cosmopolitisme et évidente par ses signes de reconnaissance et ses sources , oui par les mouvements , les échanges et les occupations des espaces , par la diversité des attitudes , des engagements et l’intégration des populations musulmanes à travers , les cultures , les sociétés , les pays et les continents , quoiqu’en disent les loosers et les éternels oiseaux de mauvaise augure , le temps est à l’optimisme .
En définissant le concept d’éthique dans notre supra culture , faite de plusieurs cultures ,et qui dépasse les limites du cadre strictement religieux et ses ordonnances, la réalité est toute autre , tout , de plus en plus est dans la demande de la transparence , de la morale choisie et l’éthique.
L’éthique est la science qui s’appuie sur le comportement humain en relation avec les valeurs, les principes et les normes morales, l’islam de l’origine, l’islam Mouhamétan ne dit pas, n’affirme pas et n’ordonne pas autre chose,c’ est aujourd’hui plus que jamais , cette façon de voir et de faire qui oblige à la réforme et au progrès et qui est totalement POLITIQUE. L’éthique intervient donc dans tous les domaines de la société et également dans tous nos choix personnels , ceci est dans la logique de l’islam social , celui des pratiques de la cité , volontaire et solidariste , avec ses penseurs et ses militants et qui est totalement différent de celui de la pratique strictement religieuse , celui des mosquées et celui qui inspire certains caciques hors –jeu , comme certains anciens cadres tunisiens , souvent autoproclamés et toujours liberticides du mouvement ENNAHDA par exemple , cet islam qui est politique et par exigence moral , culturel , social . En effet,pour nous il est impossible de séparer l’acte libre du jugement éthique, car tout acte libre et conscient possède un contenu qui n’est jamais indifférent ou neutre objectivement. On agit forcément pour quelque chose, sur quelque chose ou en direction de quelqu’un , c’est vivre en société , défendre ses idées et faire le choix de réunir le plus grand nombre de citoyens autour de ses idées , c’est somme tout et d’une façon basique la pratique élémentaire de la citoyenneté et de la démocratie , acceptée intellectuellement et philosophiquement par tous les militants musulmans réformateurs .ces derniers dans tout le sens du mot font figures de révolutionnaires par rapport à la pensée générale de tous les courants de l'espace arabo-musulman ,qui depuis des siècles de décadence nous ont maintenu à l’écart du monde qui s’affirme et qui s’impose, c’est un islam libre , humaniste et révolutionnaire , car il résiste dans le même élan à deux sortes d'archaïsmes qui servent d'alibi et nourrissent les ambitions des uns et des autres , celui d'une dictature qui ne survit que par ses/NOS contradictions ignobles, celui des idéologies aliénés , rétrogrades et assimilatrices d'ordres destructeurs et liberticides , et celui d'un islam fanatique contre ses propres valeurs, rétrograde , momifié et mortifié par les impostures et la barbarie.Pour revenir à la question morale et essayer de faire comprendre sa signification citoyenne pour l'islam politique , et que certains esprits faibles et malades , d'autres usurpateurs et diffamateurs la limitent à la consommation et à l'apparence , à la mini jupe , la consommation de l'alcool ect ….. Ces choix de vie personnels, qui dans le fond quand c'est dans le respect de la loi et la vie collective tiennent de l'intime conviction et sont plus que secondaires.
A chaque fois que nous devons prendre une décision, notre choix est toujours précédé d’un jugement moral qui va guider notre volonté , c’est la sève même de la pensée musulmane, toute déviance à ce principe de base a de graves conséquences , et l’acte politique pour un musulman civilisé et respectueux de l’esprit et de la lettre du saint Coran doit être conforme à cela : « ce que je veux faire est-il conforme à ma conscience ? » , c’est la question que se pose , ou doit se poser chaque militant honnête de n’importe quel parti d’ailleurs, pourquoi les musulmans engagés en politiques n’auraient-ils pas le droit de se la poser même si leurs « consciences » à eux ne se limite pas à la charte idéologique d’un parti , mais aux textes saints , je dis bien le texte saint et je parle de société , de gestion de la cité et d’évolution dans l’espace et le temps , j’entends d’ici les cris d’offrais des pleureuses professionnelles du poulailler tunisien , oui je parle de textes saints et non de traditions et de Charia qui de mon point de vue n’ont rien à voir avec la politique , et qui quelques part sont dépassés par les événements , les structures et l’histoire , seul le saint Coran m’impose , seul le Coran m’oblige.Pourquoi les musulmans politiques doivent-ils éviter de démarcher les tunisiens pour ce faire , au nom de quoi ? De quelle logique ? De quelle démocratie ?
De la même manière, les décisions politiques, économiques, etc.. font nécessairement appel à un jugement moral pour les musulmans , et rien dans une constitution qui se respecte et qui obéit aux principes des libertés et du droit , entre autre celui des droits de l’homme , ne peut le leur interdire , autrement s’installera dans le pays un ersatz de démocratie ,une filouterie de plus , un cirque et une mascarade que certains clans d’arrivistes tunisiens espèrent de tout leur cœur ; où à la place de la dictature de ben Ali , nous aurons à subir celle de cette frileuse coalition des arrivistes et des opportunistes , des gauchistes éradicateurs et des femmes pas démocrates du tout , ce que je ne saisis pas c’est pourquoi cette haine et cet étalage des interdits qui leur sert de petite pensée politique , pire que celui de ben Ali à l’encontre de des tunisiens en général et de l’islam politique en particulier qui subit depuis toujours leurs traitements de faveur sous la flagornerie de quelques uns et des moindres.Quand on se dit démocrates , le plus simple et le plus logique pour eux c’est simplement d’essayer de convaincre les autres partis du bloc démocratique qui font alliance avec les islamistes de briser cette alliance , exclure par principe les islamistes et former avec eux un bloc sans ces derniers , dans ce cas de figure il n’y aurait vraiment aucun problème d’éthique et de rigueur politique , mais je doute fort que cela puisse advenir , les leaders du bloc démocratiques qui se sont alliés avec l’islam politique savent bien sa valeur patriotique et de mobilisation , ses ambitions démocratiques et sa représentativité , et connaissent les forfaitures de ces quelques parasites qui instrumentalisent le combat et les souffrances des autres quitte à servir indirectement ben Ali (ce blaireau , lâche et inculte de BOUJEDI me fera toujours rire , l’imbécile n’a même pas le « courage » alimentaire d’un taré comme SAHBI et sa suffisance). L’éthique est donc une exigence qu’il n’est pas possible de supprimer de la vie humaine et principalement de celle des tunisiens qui restent avant toute chose un peuple profondément arabo-musulman. Elle est présente dans tous les actes de leur humanité même mise sous contrôle et écrasée par les bottes policière d’un népotisme d’un âge ténébriste.
Les individus comme les décisionnaires d’institutions ou de formations politiques peuvent avoir une conception différente de la morale qui les amène à prendre des options répondant à une logique propre. C’est pourquoi il est nécessaire de clarifier le débat moral dans notre recherche en tant que peuple tunisien opprimé dans notre combat contre l’une des dictatures les plus brutales que l’humanité n’a jamais connue.
La morale dans l’islam ne peut se baser sur des valeurs objectives ou transcendantes, mais seulement sur les choix autonomes du croyant. En fait, le choix est le fondement de l’agir moral, comment alors le musulman pourrait-il se détourner de la gestion de la cité, de l’engagement social et politique, et comme pourra –t-il s’engager à défendre d’autres valeurs qui sont souvent contraires à sa morale ? Comme le lui signifient certains politiciens , sous le fallacieux prétexte que nés musulmans dans une société musulmane ,pour les musulmans tunisiens l’islam doit être maintenu hors de l’espace politique et des affaires citoyennes , c’est non seulement aberrant , mais c’est liberticide et contraire à toute pratique démocratique , le musulman moderne qui respecte le pacte démocratique , les institutions et le jeu politique est dans l’obligation de défendre ses valeurs . La seule limite à cette action politique revendiquée est la liberté d’autrui. La liberté est le point de référence suprême mais aussi le but ultime dans notre engagement, l’islam réformateur n’a pas d’autres objectifs.
Il existe une difficulté pour ce courant d’opportunistes à poser une norme sociale en particulier pour ceux qui au nom du principe d’autonomie n’acceptent que l’autocontrainte. Pour éviter de recourir à la fonction coercitive de l’état Léviathan, ils proposent « le principe de tolérance » ou le critère « d’absence de dommage important » à autrui. Il s’agit en fait de renoncer au fondement rationnel de la morale et cela pour les militants musulmans est inacceptable, c’est un des problèmes qui a poussé beaucoup d’entre nous à nous éloigner d’ENNAHDA par exemple ( je ne parle pas pour moi , n’ayant jamais été militant encarté d’aucun parti je ne soumets mon jugement et mon analyse à aucune subjectivité , à ce propos ma fraternité à SALAH KARKER pour son grand courage de militant , d’esprit libre et son honneur face à la maladie).

Il faut différencier le fondamentalisme musulman du traditionalisme, partout où l'islam politique moderne et réformateur a des ambitions, car il est en butte avec des contradictions énormes , des contradictions qui portent en elles des nuisances et des dérives dramatiques pour lequel l'environnement religieux est encore proche mais en train de disparaître. Le fondamentalisme aujourd’hui est une volonté politique de rebâtir un ordre religieux lorsqu'il n'y a plus de traditions. C'est un signe de la profonde « dé traditionalisation » du monde musulman. Le choc de la modernité a ébranlé ces sociétés. L'une des autres raisons de la force du mouvement est la proximité historique de l'islam avec le judaïsme et le christianisme la modernité,  la modernité dont il fut une des sources importantes. L'islam se voit et se vit au quotidien comme la révélation la plus aboutie, le « sceau de la prophétie ». D'où l'intensité de cette rivalité , mais au-delà de la religiosité , la pratique , l’exercice des responsabilités civiques et humaines de la cité doivent être prise en charge par l’action et la participation des musulmans .
La démocratie s'est longtemps affrontée à l’islam puisqu'elle portait atteinte à son autorité globale sur les phénomènes humains. Aujourd'hui, cette bataille est largement derrière nous. La démocratie fait place aux religions, à leur libre expression et l’islam porte en lui certaines de ses valeurs les plus fondamentales , l’islam politique à partir de là ne peut être et exister que dans la pratique démocratique et libérale des institutions .Car comme l’Islam la démocratie libérale et sociale ignore et combat les lourdeurs idéologiques et les hégémonismes prédateurs , tout est contenu dans une morale et une éthique politique qui donne un sens aux libertés et aux respects des limites naturelles des uns et des autres.

À la fin du XIXe siècle,pour limiter  la pensée  à l’occident moderniste dont,  qu’on le veuille ou non , l’islam en générale et surtout sa réforme est désormais dépendant , il est devenu pour nous et par la force des choses un modèle , il s’agit surtout pour nos élites de s’inspirer  des bons côtes et des apports  valorisants et humanistes de cet occident  et de refuser ses déchéances et ses horreurs , cela est plus que possible pour nous aujourd’hui  grâce au progrès  et à nos potentialités humaines , donc  la science a eu pour ambition de se substituer à la vision religieuse de l'Univers , elle a échouée , plus que jamais le religieux est au centre de tout , il s’agit pour nous justement de le positiver dans son sens original et sa grandeur et barrer la route aux forces rétrogrades  qui le minent , le détruisent et nous détruisent avec lui. Nous n'en sommes plus là pour la majorité des musulmans civilisés mais le danger  d’un repli sur soi existe et il faut demeurer vigilant. Aujourd'hui la science n'a pas vocation à remplacer les religions comme système ultime et global d'explication de ce qui est, au contraire une  entente cordiale et une coexistence pacifique  existent désormais entre eux. La science a toujours présenté  une image de la réalité, mais ne dit pas le sens de ce qui est .Tout au long de son histoire et son apogée, l’islam fut scientifique à sa manière, c'est-à-dire qu’il a toujours encouragé et reconnu  le pouvoir scientifique en donnant une image de la réalité et en donnant un sens à ce qui est non pas par la contrainte, mais par l’exemple et l’engagement. Les sciences sont spécialisées, elles ont une validité circonscrite. Elles sont en avancée permanente. Elles ne parlent pas de l'ensemble de la culture , mais à l’essentiel de la vie publique et l’islam politique aussi. Science et religion sont deux démarches distinctes qui sont vouées à coexister malgré tout.l'islam politique  est une réalité parallèle à ces deux évidences car il est dans la réalité de l’humain et dans le mouvement. 

La démocratie et l’islam politique ne sont pas incompatibles, au contraire. La démocratie fournit le meilleur cadre à la liberté politique et celle de la  conscience, à l’exercice de la foi et au pluralisme des idées et des engagements. De son côté, l’islam , de par son engagement moral , éthique et  les valeurs qu’il  défend, son sens critique et son expression culturelle, peut être une partenaire valable de tous ceux qui sont partie prenante de cette réalité

Si l’islam  relève, pour l'essentiel, d'un choix de la conscience individuelle, il  n'en appartient pas moins au domaine public dans notre espace culturel et social, car le rituel religieux a une dimension sociale et, à ce titre, interfère dans le domaine public, c'est-à-dire politique et il doit s’assumer en tant que tel sans aucun renoncement. Par ailleurs, le choix religieux des individus engendre des comportements dont on mesure les conséquences sociopolitiques, et toute démocratie qui se respecte doit les respecter. Qu'on le veuille ou non, l’Islam  a une fonction sociale et politique, parce que l'homme est un tout et qu'il ne peut faire arbitrairement abstraction de ses convictions religieuses dans son comportement citoyen. Pour l’islam politique  la religion en général, le fait religieux et la  démocratie ne sont pas deux entités  distinctes et différenciées,  leurs rapports s'harmonisent de plus en plus  grâce à l’ouverture et à la modernité dans une configuration originale. Cette exception qui se perpétue ne peut qu'alimenter la réflexion en la matière et tempérer les ardeurs de tous ceux qui veulent reléguer le fait religieux dans le domaine de la vie privée, quand ce n'est pas dans les limbes de l'histoire. Avec la démocratie, l’islam politique s'ouvre, s'articule mieux sur la liberté des individus, alors que dans les dictatures qui oppriment le monde arabe et musulman en général et en Tunisie en particulier ,  cette liberté élémentaire n'est pas honorée , elle est au contraire combattue , niée  et bafouée stratégiquement. C'est donc bien la condition concrète de l'homme qui se joue dans la démocratie comme dans l’islam politique, ainsi que les possibilités d'un progrès culturel et humaniste qui tient de l’universel. Or il se trouve que cette démocratie, véritable espace citoyen de la liberté humaine, si elle est pratiquée  d’une façon loyale et transparente ne peut avoir de  problèmes avec l’islam politique, celui de la réforme et de la lumière, face à qui  elle n’a nul besoin à se situer, il est vivant en elle et elle en lui.

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Jeudi 29 juin 2006 4 29 /06 /Juin /2006 19:18
Femmes en pays musulmans

A l’occasion d’un sondage organisé en 2005 par l’Institut Gallup auprès de 8 000 personnes de huit pays musulmans (1) (tous les entretiens ont eu lieu en tête à tête, dans la demeure des intéressés), la grande majorité des femmes ont affirmé qu’elles devaient avoir le droit de voter sans influence extérieure, de travailler en dehors de la maison et d’occuper des postes à responsabilités. L’étude montre que les femmes ne considèrent pas les questions liées à leur situation comme prioritaires. Elles pensent que les problèmes essentiels sont ceux de la désunion des pays musulmans, de la violence extrémiste et de la corruption politique et économique. Elles ne se considèrent pas comme conditionnées pour accepter une statut de « seconde classe », ni comme « opprimées ». La question du foulard ou de la burqa, remarque la journaliste américaine Helena Andrews (2), « n’a jamais été mentionnée par les répondantes durant les longs entretiens avec elles ». Bien que 78 % des Marocaines, 71 % des Libanaises et 48 % des Saoudiennes associent égalité juridique des sexes et Occident, une majorité ne pense pas qu’adopter les valeurs occidentales aiderait le progrès économique ou politique des pays musulmans. Une écrasante majorité des femmes interrogées estiment que l’aspect le plus positif de leur société est son « attachement aux valeurs morales et spirituelles » ; 53 % des Pakistanaises et 59 % des Egyptiennes voient dans l’amour de la religion le trait le plus positif de leur pays.
A la question « est-ce que les femmes devraient être autorisées à occuper des positions dirigeantes au gouvernement ou au parlement », les proportions de réponses positives chez les femmes sont les suivantes : 45 % en Arabie saoudite, 61 % en Jordanie, 63 % au Pakistan, 67 % en Egypte, 74 % en Iran, 89 % en Turquie, 93 % au Maroc, et 93 % au Liban. Dans sept de ces huit pays, la même question posée à des hommes aboutit à des résultats inférieurs (les différences les plus importantes avec les positions des femmes apparaissent au Maroc et en Egypte, où seulement 54 % et 41 % des hommes pensent que les femmes devraient pouvoir occuper des positions de responsabilité). En Iran, en revanche, les hommes sont 83 % à l’accepter. L’étude montre aussi qu’il n’y a pas de grande différence selon les classes d’âge, et que les jeunes ne sont, en général, pas plus favorables que leurs aînés à l’obtention par les femmes de postes à responsabilités.

 


(1) Ces pays sont la Jordanie, l’Arabie saoudite, l’Egypte, l’Iran, le Pakistan, la Turquie, le Maroc et le Liban. « What women want : Listening to the Voices of Muslim Women », http://poll.gallup.com
(2) Lire The New York Times, 8 juin 2006.


 
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