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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 07:40

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L’homme au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire

US-WEATHER-FISH

Dans la chaîne alimentaire, l'homme ne se situe pas au sommet, comme il pourrait le penser, mais au même niveau que... les anchois et les cochons. Bien loin, donc, d'un super prédateur. C'est la conclusion d'une étude originale, visant à mesurer l'impact de la consommation humaine sur les écosystèmes, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences lundi 2 décembre.

 

Pour arriver à ce résultat déroutant, l'équipe conjointe de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et d'Agrocampus-Ouest a utilisé un outil classique en écologie, mais qui n'avait jamais été appliqué à l'homme auparavant : le niveau trophique, qui permet de positionner les différentes espèces dans la chaîne alimentaire.

A la base de cette échelle, et donc tout en bas de la chaîne alimentaire, la valeur 1 correspond aux plantes et au plancton. Les maillons suivants ont ensuite un indice égal à celui de l'espèce qui assure leur alimentation, plus 1. Ainsi, les herbivores, consommateurs des végétaux, relèvent du deuxième niveau (1 + 1), les carnivores, prédateurs se nourrissant d'herbivores, sont eux rattachés au troisième (2 + 1). Et ainsi de suite. Une vache, qui se nourrit d'herbe, a alors un niveau trophique de 2, tandis qu'un orque, un requin ou un ours polaire, qui mangent d'autres carnivores, atteignent le niveau maximal de 5,5.

Pour situer l'homme, les scientifiques ont utilisé les données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur la consommation humaine (type et quantité de nourriture) pour la période 1961-2009, disponibles pour 176 des 196 pays référencés. Résultat : le niveau trophique obtenu est de 2,21, soit au niveau des anchois et des cochons. "Contrairement à l'idée communément acquise, l'homme n'est pas en haut de la chaîne trophique. Il n'est pas un super prédateur du point de vue de l'alimentation", commente Sylvain Bonhommeau, principal auteur de l'étude et chercheur en écologie marine à l'Ifremer. Pas si étonnant, en réalité, dans la mesure où l'homme est omnivore.

Au-delà de ce positionnement plutôt savoureux par rapport aux autres espèces, l'indice a pour principal intérêt de comparer les régimes alimentaires des différents pays avec la même échelle de valeur, ainsi que de suivre leurs évolutions dans le temps.

Exemple : le Burundi s'avère le pays avec le niveau trophique humain le plus bas (2,04) en raison d'un régime alimentaire composé à presque 97 % de plantes ; à l'opposé, l'Islande obtient le score le plus élevé avec un indice de 2,54, ce qui correspond à une alimentation majoritairement carnivore (plus de 50 %), en l'occurrence très riche en poisson.

HTL-publi-PNAS

Les auteurs notent par ailleurs une hausse de 3 % du niveau trophique de l'homme depuis 1961, une tendance essentiellement due à la Chine et l'Inde qui consomment de plus en plus de poulets et de cochons. Leur indice est maintenant de 2,20, contre 2,05 en 1960. A l'inverse, celui de l'Occident a légèrement fléchi depuis quelques années. "Au final, cet indice nous permet de mieux comprendre l'impact de notre alimentation sur notre capacité future à nourrir les 9 milliards d'êtres humains en 2050", assure Sylvain Bonhommeau.

Car manger un carnivore n'a pas le même impact que manger un végétal. Comme l'explique l'article, pour produire 1 kg de prédateur du niveau 3, il faut 10 kg de proies de l’échelon 2, et 100 kg de végétaux de l’échelon 1. Se nourrir de plantes mobilise donc moins de ressources et de territoires que de manger de la viande. Pour mieux connaître cette pression sur les écosystèmes, l'équipe de scientifiques travaille maintenant à convertir la consommation humaine en production primaire nécessaire.

"Cette étude fournit un outil très utile pour mesurer le régime alimentaire humain. Par contre, elle ne doit pas laisser penser que l'impact de l'homme sur les écosystèmes est mesuré, prévient Franck Courchamp, écologue directeur de recherches au CNRS. Car cet impact ne se réduit pas à son alimentation. La pollution, les espèces invasives, le braconnage d'espèces : tout cela, qui n'est pas mesuré par le niveau trophique, détruit les ressources et altère les écosystèmes. De ce point de vue, l'homme reste un super prédateur."

Audrey Garric

L’homme au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire

US-WEATHER-FISH

Dans la chaîne alimentaire, l'homme ne se situe pas au sommet, comme il pourrait le penser, mais au même niveau que... les anchois et les cochons. Bien loin, donc, d'un super prédateur. C'est la conclusion d'une étude originale, visant à mesurer l'impact de la consommation humaine sur les écosystèmes, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences lundi 2 décembre.

 

Pour arriver à ce résultat déroutant, l'équipe conjointe de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et d'Agrocampus-Ouest a utilisé un outil classique en écologie, mais qui n'avait jamais été appliqué à l'homme auparavant : le niveau trophique, qui permet de positionner les différentes espèces dans la chaîne alimentaire.

A la base de cette échelle, et donc tout en bas de la chaîne alimentaire, la valeur 1 correspond aux plantes et au plancton. Les maillons suivants ont ensuite un indice égal à celui de l'espèce qui assure leur alimentation, plus 1. Ainsi, les herbivores, consommateurs des végétaux, relèvent du deuxième niveau (1 + 1), les carnivores, prédateurs se nourrissant d'herbivores, sont eux rattachés au troisième (2 + 1). Et ainsi de suite. Une vache, qui se nourrit d'herbe, a alors un niveau trophique de 2, tandis qu'un orque, un requin ou un ours polaire, qui mangent d'autres carnivores, atteignent le niveau maximal de 5,5.

Pour situer l'homme, les scientifiques ont utilisé les données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur la consommation humaine (type et quantité de nourriture) pour la période 1961-2009, disponibles pour 176 des 196 pays référencés. Résultat : le niveau trophique obtenu est de 2,21, soit au niveau des anchois et des cochons. "Contrairement à l'idée communément acquise, l'homme n'est pas en haut de la chaîne trophique. Il n'est pas un super prédateur du point de vue de l'alimentation", commente Sylvain Bonhommeau, principal auteur de l'étude et chercheur en écologie marine à l'Ifremer. Pas si étonnant, en réalité, dans la mesure où l'homme est omnivore.

Au-delà de ce positionnement plutôt savoureux par rapport aux autres espèces, l'indice a pour principal intérêt de comparer les régimes alimentaires des différents pays avec la même échelle de valeur, ainsi que de suivre leurs évolutions dans le temps.

Exemple : le Burundi s'avère le pays avec le niveau trophique humain le plus bas (2,04) en raison d'un régime alimentaire composé à presque 97 % de plantes ; à l'opposé, l'Islande obtient le score le plus élevé avec un indice de 2,54, ce qui correspond à une alimentation majoritairement carnivore (plus de 50 %), en l'occurrence très riche en poisson.

HTL-publi-PNAS

Les auteurs notent par ailleurs une hausse de 3 % du niveau trophique de l'homme depuis 1961, une tendance essentiellement due à la Chine et l'Inde qui consomment de plus en plus de poulets et de cochons. Leur indice est maintenant de 2,20, contre 2,05 en 1960. A l'inverse, celui de l'Occident a légèrement fléchi depuis quelques années. "Au final, cet indice nous permet de mieux comprendre l'impact de notre alimentation sur notre capacité future à nourrir les 9 milliards d'êtres humains en 2050", assure Sylvain Bonhommeau.

Car manger un carnivore n'a pas le même impact que manger un végétal. Comme l'explique l'article, pour produire 1 kg de prédateur du niveau 3, il faut 10 kg de proies de l’échelon 2, et 100 kg de végétaux de l’échelon 1. Se nourrir de plantes mobilise donc moins de ressources et de territoires que de manger de la viande. Pour mieux connaître cette pression sur les écosystèmes, l'équipe de scientifiques travaille maintenant à convertir la consommation humaine en production primaire nécessaire.

"Cette étude fournit un outil très utile pour mesurer le régime alimentaire humain. Par contre, elle ne doit pas laisser penser que l'impact de l'homme sur les écosystèmes est mesuré, prévient Franck Courchamp, écologue directeur de recherches au CNRS. Car cet impact ne se réduit pas à son alimentation. La pollution, les espèces invasives, le braconnage d'espèces : tout cela, qui n'est pas mesuré par le niveau trophique, détruit les ressources et altère les écosystèmes. De ce point de vue, l'homme reste un super prédateur."

Audrey Garric

L’homme au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire

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Dans la chaîne alimentaire, l'homme ne se situe pas au sommet, comme il pourrait le penser, mais au même niveau que... les anchois et les cochons. Bien loin, donc, d'un super prédateur. C'est la conclusion d'une étude originale, visant à mesurer l'impact de la consommation humaine sur les écosystèmes, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences lundi 2 décembre.

 

Pour arriver à ce résultat déroutant, l'équipe conjointe de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et d'Agrocampus-Ouest a utilisé un outil classique en écologie, mais qui n'avait jamais été appliqué à l'homme auparavant : le niveau trophique, qui permet de positionner les différentes espèces dans la chaîne alimentaire.

A la base de cette échelle, et donc tout en bas de la chaîne alimentaire, la valeur 1 correspond aux plantes et au plancton. Les maillons suivants ont ensuite un indice égal à celui de l'espèce qui assure leur alimentation, plus 1. Ainsi, les herbivores, consommateurs des végétaux, relèvent du deuxième niveau (1 + 1), les carnivores, prédateurs se nourrissant d'herbivores, sont eux rattachés au troisième (2 + 1). Et ainsi de suite. Une vache, qui se nourrit d'herbe, a alors un niveau trophique de 2, tandis qu'un orque, un requin ou un ours polaire, qui mangent d'autres carnivores, atteignent le niveau maximal de 5,5.

Pour situer l'homme, les scientifiques ont utilisé les données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur la consommation humaine (type et quantité de nourriture) pour la période 1961-2009, disponibles pour 176 des 196 pays référencés. Résultat : le niveau trophique obtenu est de 2,21, soit au niveau des anchois et des cochons. "Contrairement à l'idée communément acquise, l'homme n'est pas en haut de la chaîne trophique. Il n'est pas un super prédateur du point de vue de l'alimentation", commente Sylvain Bonhommeau, principal auteur de l'étude et chercheur en écologie marine à l'Ifremer. Pas si étonnant, en réalité, dans la mesure où l'homme est omnivore.

Au-delà de ce positionnement plutôt savoureux par rapport aux autres espèces, l'indice a pour principal intérêt de comparer les régimes alimentaires des différents pays avec la même échelle de valeur, ainsi que de suivre leurs évolutions dans le temps.

Exemple : le Burundi s'avère le pays avec le niveau trophique humain le plus bas (2,04) en raison d'un régime alimentaire composé à presque 97 % de plantes ; à l'opposé, l'Islande obtient le score le plus élevé avec un indice de 2,54, ce qui correspond à une alimentation majoritairement carnivore (plus de 50 %), en l'occurrence très riche en poisson.

HTL-publi-PNAS

Les auteurs notent par ailleurs une hausse de 3 % du niveau trophique de l'homme depuis 1961, une tendance essentiellement due à la Chine et l'Inde qui consomment de plus en plus de poulets et de cochons. Leur indice est maintenant de 2,20, contre 2,05 en 1960. A l'inverse, celui de l'Occident a légèrement fléchi depuis quelques années. "Au final, cet indice nous permet de mieux comprendre l'impact de notre alimentation sur notre capacité future à nourrir les 9 milliards d'êtres humains en 2050", assure Sylvain Bonhommeau.

Car manger un carnivore n'a pas le même impact que manger un végétal. Comme l'explique l'article, pour produire 1 kg de prédateur du niveau 3, il faut 10 kg de proies de l’échelon 2, et 100 kg de végétaux de l’échelon 1. Se nourrir de plantes mobilise donc moins de ressources et de territoires que de manger de la viande. Pour mieux connaître cette pression sur les écosystèmes, l'équipe de scientifiques travaille maintenant à convertir la consommation humaine en production primaire nécessaire.

"Cette étude fournit un outil très utile pour mesurer le régime alimentaire humain. Par contre, elle ne doit pas laisser penser que l'impact de l'homme sur les écosystèmes est mesuré, prévient Franck Courchamp, écologue directeur de recherches au CNRS. Car cet impact ne se réduit pas à son alimentation. La pollution, les espèces invasives, le braconnage d'espèces : tout cela, qui n'est pas mesuré par le niveau trophique, détruit les ressources et altère les écosystèmes. De ce point de vue, l'homme reste un super prédateur."

Audrey Garric

L’homme au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire

US-WEATHER-FISH

Dans la chaîne alimentaire, l'homme ne se situe pas au sommet, comme il pourrait le penser, mais au même niveau que... les anchois et les cochons. Bien loin, donc, d'un super prédateur. C'est la conclusion d'une étude originale, visant à mesurer l'impact de la consommation humaine sur les écosystèmes, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences lundi 2 décembre.

 

Pour arriver à ce résultat déroutant, l'équipe conjointe de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et d'Agrocampus-Ouest a utilisé un outil classique en écologie, mais qui n'avait jamais été appliqué à l'homme auparavant : le niveau trophique, qui permet de positionner les différentes espèces dans la chaîne alimentaire.

A la base de cette échelle, et donc tout en bas de la chaîne alimentaire, la valeur 1 correspond aux plantes et au plancton. Les maillons suivants ont ensuite un indice égal à celui de l'espèce qui assure leur alimentation, plus 1. Ainsi, les herbivores, consommateurs des végétaux, relèvent du deuxième niveau (1 + 1), les carnivores, prédateurs se nourrissant d'herbivores, sont eux rattachés au troisième (2 + 1). Et ainsi de suite. Une vache, qui se nourrit d'herbe, a alors un niveau trophique de 2, tandis qu'un orque, un requin ou un ours polaire, qui mangent d'autres carnivores, atteignent le niveau maximal de 5,5.

Pour situer l'homme, les scientifiques ont utilisé les données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur la consommation humaine (type et quantité de nourriture) pour la période 1961-2009, disponibles pour 176 des 196 pays référencés. Résultat : le niveau trophique obtenu est de 2,21, soit au niveau des anchois et des cochons. "Contrairement à l'idée communément acquise, l'homme n'est pas en haut de la chaîne trophique. Il n'est pas un super prédateur du point de vue de l'alimentation", commente Sylvain Bonhommeau, principal auteur de l'étude et chercheur en écologie marine à l'Ifremer. Pas si étonnant, en réalité, dans la mesure où l'homme est omnivore.

Au-delà de ce positionnement plutôt savoureux par rapport aux autres espèces, l'indice a pour principal intérêt de comparer les régimes alimentaires des différents pays avec la même échelle de valeur, ainsi que de suivre leurs évolutions dans le temps.

Exemple : le Burundi s'avère le pays avec le niveau trophique humain le plus bas (2,04) en raison d'un régime alimentaire composé à presque 97 % de plantes ; à l'opposé, l'Islande obtient le score le plus élevé avec un indice de 2,54, ce qui correspond à une alimentation majoritairement carnivore (plus de 50 %), en l'occurrence très riche en poisson.

HTL-publi-PNAS

Les auteurs notent par ailleurs une hausse de 3 % du niveau trophique de l'homme depuis 1961, une tendance essentiellement due à la Chine et l'Inde qui consomment de plus en plus de poulets et de cochons. Leur indice est maintenant de 2,20, contre 2,05 en 1960. A l'inverse, celui de l'Occident a légèrement fléchi depuis quelques années. "Au final, cet indice nous permet de mieux comprendre l'impact de notre alimentation sur notre capacité future à nourrir les 9 milliards d'êtres humains en 2050", assure Sylvain Bonhommeau.

Car manger un carnivore n'a pas le même impact que manger un végétal. Comme l'explique l'article, pour produire 1 kg de prédateur du niveau 3, il faut 10 kg de proies de l’échelon 2, et 100 kg de végétaux de l’échelon 1. Se nourrir de plantes mobilise donc moins de ressources et de territoires que de manger de la viande. Pour mieux connaître cette pression sur les écosystèmes, l'équipe de scientifiques travaille maintenant à convertir la consommation humaine en production primaire nécessaire.

"Cette étude fournit un outil très utile pour mesurer le régime alimentaire humain. Par contre, elle ne doit pas laisser penser que l'impact de l'homme sur les écosystèmes est mesuré, prévient Franck Courchamp, écologue directeur de recherches au CNRS. Car cet impact ne se réduit pas à son alimentation. La pollution, les espèces invasives, le braconnage d'espèces : tout cela, qui n'est pas mesuré par le niveau trophique, détruit les ressources et altère les écosystèmes. De ce point de vue, l'homme reste un super prédateur."

Audrey Garric

L’homme au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire

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Dans la chaîne alimentaire, l'homme ne se situe pas au sommet, comme il pourrait le penser, mais au même niveau que... les anchois et les cochons. Bien loin, donc, d'un super prédateur. C'est la conclusion d'une étude originale, visant à mesurer l'impact de la consommation humaine sur les écosystèmes, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences lundi 2 décembre.

 

Pour arriver à ce résultat déroutant, l'équipe conjointe de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et d'Agrocampus-Ouest a utilisé un outil classique en écologie, mais qui n'avait jamais été appliqué à l'homme auparavant : le niveau trophique, qui permet de positionner les différentes espèces dans la chaîne alimentaire.

A la base de cette échelle, et donc tout en bas de la chaîne alimentaire, la valeur 1 correspond aux plantes et au plancton. Les maillons suivants ont ensuite un indice égal à celui de l'espèce qui assure leur alimentation, plus 1. Ainsi, les herbivores, consommateurs des végétaux, relèvent du deuxième niveau (1 + 1), les carnivores, prédateurs se nourrissant d'herbivores, sont eux rattachés au troisième (2 + 1). Et ainsi de suite. Une vache, qui se nourrit d'herbe, a alors un niveau trophique de 2, tandis qu'un orque, un requin ou un ours polaire, qui mangent d'autres carnivores, atteignent le niveau maximal de 5,5.

Pour situer l'homme, les scientifiques ont utilisé les données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur la consommation humaine (type et quantité de nourriture) pour la période 1961-2009, disponibles pour 176 des 196 pays référencés. Résultat : le niveau trophique obtenu est de 2,21, soit au niveau des anchois et des cochons. "Contrairement à l'idée communément acquise, l'homme n'est pas en haut de la chaîne trophique. Il n'est pas un super prédateur du point de vue de l'alimentation", commente Sylvain Bonhommeau, principal auteur de l'étude et chercheur en écologie marine à l'Ifremer. Pas si étonnant, en réalité, dans la mesure où l'homme est omnivore.

Au-delà de ce positionnement plutôt savoureux par rapport aux autres espèces, l'indice a pour principal intérêt de comparer les régimes alimentaires des différents pays avec la même échelle de valeur, ainsi que de suivre leurs évolutions dans le temps.

Exemple : le Burundi s'avère le pays avec le niveau trophique humain le plus bas (2,04) en raison d'un régime alimentaire composé à presque 97 % de plantes ; à l'opposé, l'Islande obtient le score le plus élevé avec un indice de 2,54, ce qui correspond à une alimentation majoritairement carnivore (plus de 50 %), en l'occurrence très riche en poisson.

HTL-publi-PNAS

Les auteurs notent par ailleurs une hausse de 3 % du niveau trophique de l'homme depuis 1961, une tendance essentiellement due à la Chine et l'Inde qui consomment de plus en plus de poulets et de cochons. Leur indice est maintenant de 2,20, contre 2,05 en 1960. A l'inverse, celui de l'Occident a légèrement fléchi depuis quelques années. "Au final, cet indice nous permet de mieux comprendre l'impact de notre alimentation sur notre capacité future à nourrir les 9 milliards d'êtres humains en 2050", assure Sylvain Bonhommeau.

Car manger un carnivore n'a pas le même impact que manger un végétal. Comme l'explique l'article, pour produire 1 kg de prédateur du niveau 3, il faut 10 kg de proies de l’échelon 2, et 100 kg de végétaux de l’échelon 1. Se nourrir de plantes mobilise donc moins de ressources et de territoires que de manger de la viande. Pour mieux connaître cette pression sur les écosystèmes, l'équipe de scientifiques travaille maintenant à convertir la consommation humaine en production primaire nécessaire.

"Cette étude fournit un outil très utile pour mesurer le régime alimentaire humain. Par contre, elle ne doit pas laisser penser que l'impact de l'homme sur les écosystèmes est mesuré, prévient Franck Courchamp, écologue directeur de recherches au CNRS. Car cet impact ne se réduit pas à son alimentation. La pollution, les espèces invasives, le braconnage d'espèces : tout cela, qui n'est pas mesuré par le niveau trophique, détruit les ressources et altère les écosystèmes. De ce point de vue, l'homme reste un super prédateur."

Audrey Garric

L’homme au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire

US-WEATHER-FISH

Dans la chaîne alimentaire, l'homme ne se situe pas au sommet, comme il pourrait le penser, mais au même niveau que... les anchois et les cochons. Bien loin, donc, d'un super prédateur. C'est la conclusion d'une étude originale, visant à mesurer l'impact de la consommation humaine sur les écosystèmes, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences lundi 2 décembre.

 

Pour arriver à ce résultat déroutant, l'équipe conjointe de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et d'Agrocampus-Ouest a utilisé un outil classique en écologie, mais qui n'avait jamais été appliqué à l'homme auparavant : le niveau trophique, qui permet de positionner les différentes espèces dans la chaîne alimentaire.

A la base de cette échelle, et donc tout en bas de la chaîne alimentaire, la valeur 1 correspond aux plantes et au plancton. Les maillons suivants ont ensuite un indice égal à celui de l'espèce qui assure leur alimentation, plus 1. Ainsi, les herbivores, consommateurs des végétaux, relèvent du deuxième niveau (1 + 1), les carnivores, prédateurs se nourrissant d'herbivores, sont eux rattachés au troisième (2 + 1). Et ainsi de suite. Une vache, qui se nourrit d'herbe, a alors un niveau trophique de 2, tandis qu'un orque, un requin ou un ours polaire, qui mangent d'autres carnivores, atteignent le niveau maximal de 5,5.

Pour situer l'homme, les scientifiques ont utilisé les données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur la consommation humaine (type et quantité de nourriture) pour la période 1961-2009, disponibles pour 176 des 196 pays référencés. Résultat : le niveau trophique obtenu est de 2,21, soit au niveau des anchois et des cochons. "Contrairement à l'idée communément acquise, l'homme n'est pas en haut de la chaîne trophique. Il n'est pas un super prédateur du point de vue de l'alimentation", commente Sylvain Bonhommeau, principal auteur de l'étude et chercheur en écologie marine à l'Ifremer. Pas si étonnant, en réalité, dans la mesure où l'homme est omnivore.

Au-delà de ce positionnement plutôt savoureux par rapport aux autres espèces, l'indice a pour principal intérêt de comparer les régimes alimentaires des différents pays avec la même échelle de valeur, ainsi que de suivre leurs évolutions dans le temps.

Exemple : le Burundi s'avère le pays avec le niveau trophique humain le plus bas (2,04) en raison d'un régime alimentaire composé à presque 97 % de plantes ; à l'opposé, l'Islande obtient le score le plus élevé avec un indice de 2,54, ce qui correspond à une alimentation majoritairement carnivore (plus de 50 %), en l'occurrence très riche en poisson.

HTL-publi-PNAS

Les auteurs notent par ailleurs une hausse de 3 % du niveau trophique de l'homme depuis 1961, une tendance essentiellement due à la Chine et l'Inde qui consomment de plus en plus de poulets et de cochons. Leur indice est maintenant de 2,20, contre 2,05 en 1960. A l'inverse, celui de l'Occident a légèrement fléchi depuis quelques années. "Au final, cet indice nous permet de mieux comprendre l'impact de notre alimentation sur notre capacité future à nourrir les 9 milliards d'êtres humains en 2050", assure Sylvain Bonhommeau.

Car manger un carnivore n'a pas le même impact que manger un végétal. Comme l'explique l'article, pour produire 1 kg de prédateur du niveau 3, il faut 10 kg de proies de l’échelon 2, et 100 kg de végétaux de l’échelon 1. Se nourrir de plantes mobilise donc moins de ressources et de territoires que de manger de la viande. Pour mieux connaître cette pression sur les écosystèmes, l'équipe de scientifiques travaille maintenant à convertir la consommation humaine en production primaire nécessaire.

"Cette étude fournit un outil très utile pour mesurer le régime alimentaire humain. Par contre, elle ne doit pas laisser penser que l'impact de l'homme sur les écosystèmes est mesuré, prévient Franck Courchamp, écologue directeur de recherches au CNRS. Car cet impact ne se réduit pas à son alimentation. La pollution, les espèces invasives, le braconnage d'espèces : tout cela, qui n'est pas mesuré par le niveau trophique, détruit les ressources et altère les écosystèmes. De ce point de vue, l'homme reste un super prédateur."

Audrey Garric

L’homme au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire

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Dans la chaîne alimentaire, l'homme ne se situe pas au sommet, comme il pourrait le penser, mais au même niveau que... les anchois et les cochons. Bien loin, donc, d'un super prédateur. C'est la conclusion d'une étude originale, visant à mesurer l'impact de la consommation humaine sur les écosystèmes, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences lundi 2 décembre.

 

Pour arriver à ce résultat déroutant, l'équipe conjointe de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et d'Agrocampus-Ouest a utilisé un outil classique en écologie, mais qui n'avait jamais été appliqué à l'homme auparavant : le niveau trophique, qui permet de positionner les différentes espèces dans la chaîne alimentaire.

A la base de cette échelle, et donc tout en bas de la chaîne alimentaire, la valeur 1 correspond aux plantes et au plancton. Les maillons suivants ont ensuite un indice égal à celui de l'espèce qui assure leur alimentation, plus 1. Ainsi, les herbivores, consommateurs des végétaux, relèvent du deuxième niveau (1 + 1), les carnivores, prédateurs se nourrissant d'herbivores, sont eux rattachés au troisième (2 + 1). Et ainsi de suite. Une vache, qui se nourrit d'herbe, a alors un niveau trophique de 2, tandis qu'un orque, un requin ou un ours polaire, qui mangent d'autres carnivores, atteignent le niveau maximal de 5,5.

Pour situer l'homme, les scientifiques ont utilisé les données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur la consommation humaine (type et quantité de nourriture) pour la période 1961-2009, disponibles pour 176 des 196 pays référencés. Résultat : le niveau trophique obtenu est de 2,21, soit au niveau des anchois et des cochons. "Contrairement à l'idée communément acquise, l'homme n'est pas en haut de la chaîne trophique. Il n'est pas un super prédateur du point de vue de l'alimentation", commente Sylvain Bonhommeau, principal auteur de l'étude et chercheur en écologie marine à l'Ifremer. Pas si étonnant, en réalité, dans la mesure où l'homme est omnivore.

Au-delà de ce positionnement plutôt savoureux par rapport aux autres espèces, l'indice a pour principal intérêt de comparer les régimes alimentaires des différents pays avec la même échelle de valeur, ainsi que de suivre leurs évolutions dans le temps.

Exemple : le Burundi s'avère le pays avec le niveau trophique humain le plus bas (2,04) en raison d'un régime alimentaire composé à presque 97 % de plantes ; à l'opposé, l'Islande obtient le score le plus élevé avec un indice de 2,54, ce qui correspond à une alimentation majoritairement carnivore (plus de 50 %), en l'occurrence très riche en poisson.

HTL-publi-PNAS

Les auteurs notent par ailleurs une hausse de 3 % du niveau trophique de l'homme depuis 1961, une tendance essentiellement due à la Chine et l'Inde qui consomment de plus en plus de poulets et de cochons. Leur indice est maintenant de 2,20, contre 2,05 en 1960. A l'inverse, celui de l'Occident a légèrement fléchi depuis quelques années. "Au final, cet indice nous permet de mieux comprendre l'impact de notre alimentation sur notre capacité future à nourrir les 9 milliards d'êtres humains en 2050", assure Sylvain Bonhommeau.

Car manger un carnivore n'a pas le même impact que manger un végétal. Comme l'explique l'article, pour produire 1 kg de prédateur du niveau 3, il faut 10 kg de proies de l’échelon 2, et 100 kg de végétaux de l’échelon 1. Se nourrir de plantes mobilise donc moins de ressources et de territoires que de manger de la viande. Pour mieux connaître cette pression sur les écosystèmes, l'équipe de scientifiques travaille maintenant à convertir la consommation humaine en production primaire nécessaire.

"Cette étude fournit un outil très utile pour mesurer le régime alimentaire humain. Par contre, elle ne doit pas laisser penser que l'impact de l'homme sur les écosystèmes est mesuré, prévient Franck Courchamp, écologue directeur de recherches au CNRS. Car cet impact ne se réduit pas à son alimentation. La pollution, les espèces invasives, le braconnage d'espèces : tout cela, qui n'est pas mesuré par le niveau trophique, détruit les ressources et altère les écosystèmes. De ce point de vue, l'homme reste un super prédateur."

Audrey Garric

L’homme au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire

US-WEATHER-FISH

Dans la chaîne alimentaire, l'homme ne se situe pas au sommet, comme il pourrait le penser, mais au même niveau que... les anchois et les cochons. Bien loin, donc, d'un super prédateur. C'est la conclusion d'une étude originale, visant à mesurer l'impact de la consommation humaine sur les écosystèmes, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences lundi 2 décembre.

 

Pour arriver à ce résultat déroutant, l'équipe conjointe de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et d'Agrocampus-Ouest a utilisé un outil classique en écologie, mais qui n'avait jamais été appliqué à l'homme auparavant : le niveau trophique, qui permet de positionner les différentes espèces dans la chaîne alimentaire.

A la base de cette échelle, et donc tout en bas de la chaîne alimentaire, la valeur 1 correspond aux plantes et au plancton. Les maillons suivants ont ensuite un indice égal à celui de l'espèce qui assure leur alimentation, plus 1. Ainsi, les herbivores, consommateurs des végétaux, relèvent du deuxième niveau (1 + 1), les carnivores, prédateurs se nourrissant d'herbivores, sont eux rattachés au troisième (2 + 1). Et ainsi de suite. Une vache, qui se nourrit d'herbe, a alors un niveau trophique de 2, tandis qu'un orque, un requin ou un ours polaire, qui mangent d'autres carnivores, atteignent le niveau maximal de 5,5.

Pour situer l'homme, les scientifiques ont utilisé les données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur la consommation humaine (type et quantité de nourriture) pour la période 1961-2009, disponibles pour 176 des 196 pays référencés. Résultat : le niveau trophique obtenu est de 2,21, soit au niveau des anchois et des cochons. "Contrairement à l'idée communément acquise, l'homme n'est pas en haut de la chaîne trophique. Il n'est pas un super prédateur du point de vue de l'alimentation", commente Sylvain Bonhommeau, principal auteur de l'étude et chercheur en écologie marine à l'Ifremer. Pas si étonnant, en réalité, dans la mesure où l'homme est omnivore.

Au-delà de ce positionnement plutôt savoureux par rapport aux autres espèces, l'indice a pour principal intérêt de comparer les régimes alimentaires des différents pays avec la même échelle de valeur, ainsi que de suivre leurs évolutions dans le temps.

Exemple : le Burundi s'avère le pays avec le niveau trophique humain le plus bas (2,04) en raison d'un régime alimentaire composé à presque 97 % de plantes ; à l'opposé, l'Islande obtient le score le plus élevé avec un indice de 2,54, ce qui correspond à une alimentation majoritairement carnivore (plus de 50 %), en l'occurrence très riche en poisson.

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Les auteurs notent par ailleurs une hausse de 3 % du niveau trophique de l'homme depuis 1961, une tendance essentiellement due à la Chine et l'Inde qui consomment de plus en plus de poulets et de cochons. Leur indice est maintenant de 2,20, contre 2,05 en 1960. A l'inverse, celui de l'Occident a légèrement fléchi depuis quelques années. "Au final, cet indice nous permet de mieux comprendre l'impact de notre alimentation sur notre capacité future à nourrir les 9 milliards d'êtres humains en 2050", assure Sylvain Bonhommeau.

Car manger un carnivore n'a pas le même impact que manger un végétal. Comme l'explique l'article, pour produire 1 kg de prédateur du niveau 3, il faut 10 kg de proies de l’échelon 2, et 100 kg de végétaux de l’échelon 1. Se nourrir de plantes mobilise donc moins de ressources et de territoires que de manger de la viande. Pour mieux connaître cette pression sur les écosystèmes, l'équipe de scientifiques travaille maintenant à convertir la consommation humaine en production primaire nécessaire.

"Cette étude fournit un outil très utile pour mesurer le régime alimentaire humain. Par contre, elle ne doit pas laisser penser que l'impact de l'homme sur les écosystèmes est mesuré, prévient Franck Courchamp, écologue directeur de recherches au CNRS. Car cet impact ne se réduit pas à son alimentation. La pollution, les espèces invasives, le braconnage d'espèces : tout cela, qui n'est pas mesuré par le niveau trophique, détruit les ressources et altère les écosystèmes. De ce point de vue, l'homme reste un super prédateur."

Audrey Garric

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